mardi 05 avril 2011

 

Echec de la zone d’exclusion aérienne

L’Otan cherche une solution politique en Libye

Libye

Armes et diplomatie de pair pour éviter l’enlisement

 

 

 

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  Echec de la zone d’exclusion aérienne

L’Otan cherche une solution politique en Libye

Face à l’enlisement des combats en Libye, malgré l’intervention de l’Otan, les initiatives diplomatiques se multiplient pour une solution politique dont les contours n’ont pas pour autant l’air de se préciser. 

Présentement, les regards se tournent vers la Turquie. Ankara pourrait jouer un rôle de médiateur dans le conflit libyen afin de trouver un éventuel compromis entre Kadhafi et le CNT basé à Benghazi. Sous couvert d’une intervention humanitaire, Ankara a commencé à avancer ses pions. Un navire-hôpital turc a pu évacuer 250 blessés dimanche. Le bâtiment a été dépêché sur ordre du ministère turc des Affaires étrangères et a passé quatre jours au large à attendre d’avoir l’autorisation de mouiller dans le port pour procéder aux évacuations. Hier, un émissaire du gouvernement libyen était attendu à Ankara afin de «demander l’aide de la Turquie» pour l’instauration d’un cessez-le-feu en Libye, selon le ministère turc des Affaires étrangères. Ce dernier a confirmé l’existence d’une demande faite à la Turquie et provenant des deux parties belligérantes en Libye. Des sources diplomatiques turques ont confirmé que le vice-ministre des Affaires étrangères libyen, Abdelati Laabidi, qui a eu dimanche des contacts en Grèce, était en route pour Ankara afin de discuter de la possibilité d’un cessez-le-feu. L’on sait de même source que des représentants de l’opposition pourraient aussi se rendre dans les tous prochains jours en Turquie afin d’évoquer le même sujet. A Athènes, l’émissaire du colonel Kadhafi, qui doit aussi se rendre à Malte, a rencontré le Premier ministre grec, Georges Papandréou, et, à travers les mots utilisés par l’envoyé libyen, il apparaît que le régime cherche une solution au conflit en cours, selon des diplomates grecs. Cette option d’une solution politique, dont le cessez-le-feu serait le préalable, a été suggérée, en réalité, il y a quelques jours par le secrétaire général de l’Otan. En effet, mardi dernier, le secrétaire général de cette organisation, Anders Fogh Rasmussen, a estimé que «la solution militaire ne parviendra pas à elle seule à résoudre la crise en Libye, tout en se disant «incapable de prédire la durée des opérations dans ce pays». Il faut savoir à cet égard que des responsables militaires ont dit que l’Alliance prévoyait des opérations en Libye qui dureraient trois mois, mais tout dépendra des décisions des Nations unies. Il est à rappeler aussi que cela fait déjà sept jours que l’Otan a accepté de prendre le commandement des opérations militaires, jusque-là menées par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, et devrait être totalement opérationnelle prochainement. Quant à l’option d’une solution dont accoucheraient les démarches diplomatiques, il faut noter que la visite du vice-ministre libyen dans la capitale turque coïncide avec celle du secrétaire général de l’Otan , Anders Fogh Rasmussen, qui discutera avec les dirigeants turcs de la mission de l’Otan en Libye à laquelle participe la Turquie avec une force navale. M. Rassmussen doit s’entretenir à huis clos avec le Premier ministre turque, Recep Tayyip Erdogan. Les ministres de la Défense et des Affaires étrangères, respectivement Vecdi Gönül et Ahmet Davutoglu, seront présents à cette entrevue. La Turquie, opposée depuis le départ à une intervention militaire en Libye semble bien placée pour mener une mission de bons offices auprès des deux parties en conflit. Ankara est la seule capitale disposant de représentations aussi bien à Tripoli qu’à Benghazi, fief des insurgés. La Turquie s’oppose également à un armement des rebelles, prônant surtout un arrêt des combats pour la mise en place d’un réseau de distribution d’aide humanitaire. Les observateurs s’interrogent aussi sur la nature du compromis sur lequel pourrait travailler la diplomatie turque. Le fossé et le passif en combats sont tellement grands que les positions des deux parties paraissent impossibles à rapprocher. Selon le «New York Times», le fils du leader libyen, Seif Al Islam, aurait proposé une transition vers une démocratie constitutionnelle qui prévoirait le retrait du pouvoir de leur père. Les deux fils «veulent avancer pour faire changer le pays» sans leur père. Citant un diplomate sous couvert de l’anonymat et un responsable libyen informés du projet, le quotidien américain indique que la transition serait pilotée par Seif Al Islam. Aussitôt, c’est-à-dire hier, des représentants du Conseil national de transition ont fait savoir qu’une solution impliquant Kadhafi ou l’un de ses fils ou tout membre du régime libyen était tout simplement exclue. Malgré les difficultés rencontrées sur le terrain, face à la résistance, voire les offensives dans certaines zones des forces loyalistes à Kadhafi, les rebelles semblent avoir repris confiance. Ils sont sur le terrain plus organisés, selon des comptes rendus de correspondants de presse, mais aussi confortés par davantage de reconnaissance internationale. Hier, Rome a annoncé reconnaître le CNT comme le «seul interlocuteur légitime», estimant, selon  le chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini, que «les propositions de sortie de crise du régime de Kadhafi ne sont pas crédibles. Interviewé par la télévision Rai Due à Benghazi, le chef du CNT, Moustapha Abdeljalil, a estimé, de son côté, qu’il n’y a que deux chemins possibles: «ou l’Otan nous aide à nous libérer des tireurs embusqués ou elle nous procure les armes pour que nos combattants le fassent», a-t-il indiqué. Cette position inflexible du CNT intervient au jour de la visite du président de l’Union africaine (UA), Jean Ping, à Bruxelles pour des entretiens avec les dirigeants de l’Otan et de l’Union européenne sur les moyens de remédier «pacifiquement» à la situation en Libye. Le chef de l’UA devrait proposer une feuille de route mise au point par l’organisation panafricaine pour trouver une solution politique à  la crise en Libye. Le président de l’UA n’a pas assisté à la conférence internationale sur la Libye, mardi passé à Londres,  ni au sommet de Paris du 19 mars, exprimant ainsi l’opposition de l’organisation continentale à toute forme d’ingérence militaire en Libye. Mais dans le contexte d’enlisement militaire, qui confirme l’échec de la zone d’exclusion à atteindre son principal objectif, soit la chute de Mouammar Kadhafi, les entretiens de Jean Ping pourraient amener les dirigeants de l’Otan à sérieusement examiner les propositions africaines, et ce dans le sens coïncidant de la médiation turque. Quel que soit le résultat des efforts diplomatiques en cours, il reste certain, cela dit, qu’il y a consensus sur les limites l’intervention militaire en Libye et que l’Otan cherche à s’en dépêtrer au plus vite. Des analystes s’exprimant dans plusieurs journaux européens ont souligné, à ce sujet, plusieurs failles dans l’organisation de la zone d’exclusion aérienne. Pour beaucoup, la précipitation avec laquelle Paris et Londres ont «emballé» le reste de leurs alliés n’a pas pris le temps de poser les bonnes questions. L’Otan n’a, semble-t-il, pas suffisamment examiné l’état des troupes kadhafistes, la nature exacte de leurs armements, mais aussi la réalité des éventuelles divisions et contradictions au sein du pouvoir libyen et, enfin, la nature politique de la révolution libyenne, de sa ligne politique, et des éventuelles connections avec Al-Qaïda au Maghreb. Des questions qui, à l’épreuve du terrain, se posent avec acuité et qui, en l’absence de réponses, se soldent aujourd’hui par une grande hésitation sur des choix tactiques, comme la question de distribuer des armes ou non, sans compter les formidables appréhensions qui entourent l’option d’une intervention au sol. Et pour tout dire, on reproche à cette guerre d’être la plus idéologique de l’histoire de la guerre, dans laquelle les plus élémentaires des théories militaires ont été mises de côté.       

Par Nabil Benali

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Armes et diplomatie de pair pour éviter l’enlisement

Des combats qui se poursuivent sans que les positions des uns des autres des deux belligérants n’aient tendance à devenir définitive, l’Italie qui à son tour reconnaît officiellement le Conseil national libyen de transition comme son seul interlocuteur et la Turquie qui propose sa médiation, tels sont les faits saillants qui ont marqué la journée d’hier dans une Libye toujours en proie aux pires inquiétudes et menaces sur son intégrité territoriale.Les rebelles libyens poursuivent, toujours très lentement, leur offensive vers l’ouest. Ils ont repoussé hier, les forces fidèles à Mouammar Kadhafi à l’extérieur du centre de Brega, une ville située à 800km de Tripoli. Le port pétrolier, qui s’étend sur 25 kilomètres, a changé plusieurs fois de camp au cours du mois écoulé, dans la bataille qui oppose insurgés et les kadhafistes sur la route stratégique du golfe de Syrte.Visiblement mieux organisés que les semaines passées, les rebelles, épaulés par les raids aériens de la coalition internationale, avancent plus prudemment et tiennent davantage leurs positions. En début de semaine dernière, les rebelles, constitués principalement de jeunes combattants pas forcément très bien équipés, avaient progressé au-delà de Bin Djaouad, à 525 km à l’est de Tripoli. Mais ils ont été repoussés en quelques jours sur 200km de route côtière par les forces loyalistes, jusqu’à ce que le front se fige au cours du week-end autour de Brega. A 250 km de Tripoli, toujours sur la côte, les combats font rage à Misrata, contrôlée par les insurgés. Les forces loyales à Mouammar Kadhafi pilonnent depuis le début de la matinée la ville. «Le pilonnage a débuté aux petites heures de la matinée et se poursuit à l’aide d’obus de mortier et de pièces d’artillerie», a expliqué à l’agence Reuters un porte-parole rebelle prénommé Gemal joint au téléphone. «C’est du terrorisme à l’état pur. Les bombardements visent les quartiers résidentiels. Nous savons qu’il y a des victimes, sans savoir leur nombre.» Sur le plan diplomatique, l’Italie a reconnu hier le Conseil national de transition (CNT) formé par les insurgés libyens comme le «seul interlocuteur légitime» de la communauté internationale. Franco Frattini, ministre italien des Affaires étrangères, a déclaré que Mouammar Kadhafi et sa famille devaient s’en aller.        

Malik Bellil

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