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Appel au boycott des viandes
Flambée des
prix à la veille du Ramadan
La fédération
algérienne des consommateurs (FAC) va lancer aujourd'hui, une
campagne de boycott pour l'achat de la viande rouge et dénoncer les
prix élevés. L'arme du boycott mettra-t-elle les spéculateurs au
pied du mur ?
Ce boycott a pour
but, selon ses initiateurs, d'agir à l'approche du mois de Ramadhan
connu pour être un mois de hausse généralisée de tous les produits
alimentaire prisés par les jeûneurs notamment les viandes.
Pour la FAC, il
est temps de former un front des consommateurs contre la flambée des
prix qui a déjà pour conséquence 60% des ménages s'abstiennent
d'acheter de la viande. Cette hausse des prix ne trouve aucune
explication alors que les maquignons et les bouchers se rejettent
chacun la balle.
En effet, les
animateurs de la FAC ont entamé un plan de sensibilisation il y a
quelques semaines déjà. Pour mettre en pratique leurs actions qui
visent aussi à amener les bouchers à faire baisser les prix, tous
les moyens sont bons. Des conférences de presse, du bouche à
oreille, mais aussi des campagnes de sensibilisation via les réseaux
sociaux. Sur facebook, la campagne a fait le buzz depuis qu'elle est
annoncée. Les commentaires laissés par les internautes révèlent que
cette campagne est une peine perdue. "Boycotter quoi devant la
léthargie des DCP ? Boycotter quoi devant une mafia qui a appauvri
presque la totalité d'un peuple, devant un gouvernement qui fait le
spectateur", s'interroge, un internaute qui a choisi le pseudonyme
Antar. Un autre, enchaîne : "Pourquoi boycotter les viandes
puisqu'elles nous boycottent depuis toujours ?", une façon de
montrer qu'en Algérie, c'est la viande qui toise le citoyen, il la
boycotte contre sa volonté vu son prix excessif. Un autre ironise:
"en fait, la viande est à combien de Carat", pour signifier le prix
de la viande qui vaut de l'or.
Dans un message
adressé au consommateur algérien, diffusé justement sur ce réseau,
la FAC et le groupe "Nass elkhir", expliquent comment cette
initiative pourrait parvenir à diminuer les prix de 20 à 25% sous
l'effet de la pression.
Ces deux entités
appartenant au mouvement associatif, qui voient de cette action un
geste de civisme, invitent le consommateur à boycotter l'achat de la
viande toutes catégories confondues pour une semaine seulement du 10
au 16 juillet 2012, et de compenser la carence en protéine animal
par la protéine végétale existant dans les légumes frais et secs.
Actuellement, les
prix des viandes rouges oscillent entre 830 DA avec os et 1.400 DA
sans os le kilogramme pour le bovin, avec des sommets atteints par
les "parties nobles "notamment le filet et le foie qui s'affichent
allègrement à 1.700DA voire à 1.800 DA/kg chez certains bouchers. La
viande ovine s'affiche, quant à elle, entre 1.100 DA et 1.300
DA/kg.
Les prix de gros
sont estimés à 850 DA/kg pour la viande bovine et 1.000 à 1200 DA/kg
pour la viande ovine. Les viandes blanches ne sont pas, elles aussi,
épargnées par la fièvre des prix. Elle sont cédées entre 310 DA/kg
et 350 DA/kg pour le poulet vidé alors que la dinde se vend entre
350 et 550 DA le kilogramme.
Par Rebiha
Akriche
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Flambée des prix durant le Ramadhan
Le ministère de
l'Agriculture tente de rassurer
Au cours de son
passage à la chaîne III de la radio nationale, le Secrétaire général
du ministère de l'agriculture et du développement rural, Mr Sid
Ahmed Feroukhi, a indiqué qu'un grand travail a été fait pour
stabiliser les marchés et répondre aux attentes des consommateurs,
notamment pour le mois de Ramadhan qui interviendra dans quelques
jours. A cet effet,, annoncera-t-il, la viande rouge importée sera
commercialisée à partir de 450 DA, tandis que le prix du poulet vidé
congelé sera cédé à partir de 250 DA le kilo. Le dispositif qui est
en place permettra d'approvisionner les citoyens en viande par 600
points de vente. Par ailleurs, Sid-Ahmed Ferroukhi, indiquera que
la demande algérienne en matière de produits alimentaires, connaît
une augmentation remarquable, durant le mois sacré par rapport aux
autres périodes de l'année, précisant que la consommation réelle
commence deux semaines avant le mois de Ramadhan et s'étalera
jusqu'au 15ème jour après l'Aïd. Chose qui fait que l'offre reste
aujourd'hui, l'un des éléments les plus importants dans la
détermination des prix des denrées alimentaires". En ce qui concerne
la filiale viande, l'orateur dira que, aujourd'hui, le pays produit
8 millions de tonnes entre viande rouge et blanche. "Les quantités
de viandes importées représentent 10% de la production nationale en
la matière, il s'agit d'importation d'appoint ayant pour objectif de
créer un système de concurrence pour accrocher les prix "indiquera
l'orateur avant de préciser que les prix de références ne se mettent
pas en place au niveau des marchés. Pour le secretaire général du
ministère de l'agriculture, le prix de la viande importée ne sera
cédé qu'à partir de 450 DA, suivant les quartiers. Il précisera que
le plus important est que certaines catégories de consommateurs
pourront accéder à ces prix qui sont abordables et obéissant à la
logique de rentabilité y compris la production nationale. Ce qui
offre, selon l'intervenant à la chaîne III, l'opportunité pour
certains ménages qui n'ont pas de moyens pour s'approvisionner en
viande locale et pouvoir accéder à une protéine à un prix
relativement raisonnable. En ce qui concerne les viandes blanches,
l'orateur dira que : "nous avons lancé, depuis 3 ans, avec des
entreprises privées et publiques, un dispositif pour pouvoir
produire des viandes congelées de très bonne qualité" dira-t-il.
"Aujourd'hui, nous constituons des stocks au fur et à mesure pour
atteindre notre objectif qui se situe à hauteur de 10 tonnes" ,
soulignera-t-il, avant de préciser que, plus de 16 grands dépôts ont
été réhabilités depuis le début de ce dispositif. Ce qui, selon Sid
Ahmed Feroukhi, permettra aux opérateurs de pouvoir réguler les prix
et approvisionner les marchés, durant les périodes de crise,
notamment pour le mois de Ramadhan prochain. En ce qui concerne les
filières des céréales, des légumes secs, du lait ou encore de la
pomme de terre, l'orateur a tenu à rassurer quant à la disponibilité
de ces produits à des prix abordables "Nous travaillons pour une
disponibilité des produits agricoles, et nous essayons d'éviter les
amplitudes de prix" a-t-il tenu à préciser.
Par Kamal
Lembrouk
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Lutte antiterroriste et relance de l'UMA
Priorité à
l’insécurité
La réunion des
ministres des Affaires étrangères de l'Union du Maghreb arabe (UMA),
dont les travaux ont été ouverts hier à Alger, ont permis, pour la
première fois, d'asseoir les jalons d'une stratégie commune de lutte
contre le phénomène du terrorisme et ses corollaires immédiats.
Alger qui
chapeaute les travaux, sur son initiative d'ailleurs, semble avoir
convaincu ses hôtes du Maroc, de Tunisie, de Mauritanie et de Libye
sur la nécessaire coopération sécuritaire, en cette conjoncture très
difficile, seule et unique gage d'une réelle relance de l'Union du
Maghreb arabe (UMA), devenue de surcroît un impératif vital dans un
monde en pleine mutation. Pour ce faire, la réunion d'Alger devrait
sortir avec "une vision intégrée et coordonnée pour une coopération
maghrébine qui repose sur des bases solides et efficientes", a
affirmé hier, à Alger le ministre des Affaires étrangères, Mourad
Medelci. Les participants à cette réunion "devront identifier les
risques qui menacent la sécurité dans la région du Maghreb arabe,
définir un concept unifié de ces risques et oeuvrer à dégager une
vision intégrée et coordonnée pour une coopération maghrébine qui
repose sur des bases solides et efficientes", a-t-il précisé à
l'ouverture de la réunion. Il a ajouté que cette réunion importante,
la première du genre sur la problématique de la sécurité dans la
région, traduisait "la volonté et la détermination d'examiner et de
relever les défis sécuritaires qui se posent à notre espace
maghrébin". Le chef de la diplomatie algérienne a par ailleurs
souligné l'importance de tenir compte de la conjoncture qui exige,
a-t-il dit, "davantage d'efforts en faveur du renforcement de la
coopération bilatérale et régionale pour faire face aux défis
actuels". L'activité terroriste dans la région du Maghreb constitue
une "grande menace" pour la paix et la stabilité régionales, a jouté
Mourad Medelci."Plus grave encore, il existe un lien direct entre
les groupes terroristes et les réseaux criminels, tout comme on ne
peut faire l'impasse sur le phénomène du blanchiment d'argent qui a
pris de l'ampleur dans notre région et qui constitue, d'une manière
ou d'une autre, un soutien au terrorisme et au crime dans la
région", a-t-il encore indiqué. Et au chef de l diplomatie
algérienne d'insister sur la nécessité de parvenir à élaborer une
vision commune sur les défis sécuritaires dont fait face la région
maghrébine. Cela doit se faire, a-t-il expliqué, à travers la
consolidation des liens entre les pays de l'UMA, la mise en place
d'instruments et de mécanismes adéquats pour une coopération
opérationnelle dans le domaine de la lutte antiterroriste, le crime
transnational et le blanchiment d'argent. "Il est tout autant
important de renforcer notre coopération juridique et judiciaire et
redynamiser les conventions conclues entre nos pays respectifs, tout
en oeuvrant à sécuriser nos frontières communes pour les préserver
contre toutes ces menaces", a ajouté Mourad Medelci. Par ailleurs,
Medelci a formulé le voeux pour une participation"active" de tous
les pays maghrébins à la deuxième conférence sur le "partenariat, la
paix et le développement" qui aura lieu, durant les mois prochains,
probablement à Niamey (Niger) après celle tenue à Alger en septembre
2011. En somme, la réunion d'Alger, exclusive en la matière, est une
aubaine pour Alger de fédérer les efforts des pays du Maghreb dans
le cadre de la stratégie de lutte contre le terrorisme, et les
impliquer de là même dans cette optique. Excepté le Maroc, l'Algérie
est le seul pays maghrébin épargné par le désordre généré par les
révolutions qui ont secoué la Libye et la Tunisie, la Mauritanie
tant peut-être le pays le plus exposé à la menace d'AQMI. L'adhésion
de ces pays au plan de sécurité proposé par l'Algérie, forte de son
expérience et de sa stabilité politique, ne manquera pas de donner
plus de crédit aux efforts consentis jusque-là.
Par M. Ait
Chabane
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Accès avec carte d'identité sur son territoire
La Tunisie
revient sur sa décision
La Tunisie
continue de fonctionner concernant l'entrée sur son sol sur la base
de la présentation de Passeport. C'est ce qu'a affirmé hier, le
ministre des Affaires étrangères tunisien, M. Rafik Abdesslam.
Dans une
déclaration à la presse en marge des travaux de la réunion des
ministres des affaires étrangères maghrébins, M. Abdesslam a
expliqué que son pays n'a pas formulé une demande pour l'usage de la
carte d'identité leur permettant d’accéder aux pays
maghrébins.
Pour rappel, le
Gouvernement tunisien a annoncé, il y a quelques jours, la
permission aux ressortissants maghrébins, sauf la Libye, d'entrer
sur son territoire avec seulement une carte d'identité nationale.
Mais les agents de la police des frontières et des douanes
algériennes ont refusé l'accès à des Algériens qui se sont rendus
aux points de passage de la frontière entre l'Algérie et la Tunisie
pour entrer sans passeport.
Dans ce cadre, le
ministre tunisien a expliqué que pour l'instant, aucune mesure n'a
été prise pour permettre l'accès à son territoire avec la
présentation de la carte d'identité donc, cet accès se fait toujours
à la base de présentation d'un passeport. Toutefois, le responsable
tunisien a défendu le principe de plus d'ouverture entre les pays du
Maghreb.
Il est à noter que
les autorités algériennes ont refusé la décision du Gouvernement
tunisien, de permette aux ressortissants algériens l'accès sans
passeport et avec seulement la carte d'identité nationale au
territoire tunisien.
L'Algérie a
indiqué qu'elle n'est pas intéressée par cette décision et a
expliqué son refus par des exigences de sécurité compte tenu de
l'insécurité qui règne dans la zone "partagée entre l'Algérie, la
Tunisie et la Libye" et qui "ne favorise pas en ce moment, la mise
en œuvre de cette décision."
Dans ce cadre, une
source auprès du ministère des Affaires étrangères avait déclaré
précédemment que "La décision du Gouvernement tunisien entre dans le
cadre des mesures pro-actives et prises par une seule partie" en
soulignant que "les autorités algériennes ne sont pas concernées par
cette décision, qu'elles n'ont pas été consultées et qu'elles n'ont
pas participé à l'élaboration d’une telle décision".
Cette source avait
expliqué que "Pour le moment et en raison de la situation
sécuritaire qui prévaut dans certains pays voisins de l'Est et plus
précisément en Libye, on ne peut pas appliquer le principe de
réciprocité".
Ainsi, l'Algérie
ne se voit pas dans l'obligation de respecter les pratiques
diplomatiques qui sont la politique de la réciprocité. Ce qui veut
dire que l'Algérie refusera de permettre aux ressortissants
tunisiens l'entrée sur son territoire, avec seulement une carte
d'identité nationale et ce, en raison de l'évolution de l'insécurité
au niveau du triangle frontalier situé entre l'Algérie, la Tunisie
et la Libye.
Par Nacera
Bechar
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Ils voulaient marcher sur Alger
Affrontements
entre gardes communaux et services de sécurité
Une imposante
marche a été organisée hier, par des milliers de gardes communaux.
Les marcheurs ont démarré tôt dans la matinée à partir de Blida en
direction de la capitale. Plusieurs wilayas du pays ont été
représentées.
Compte tenu du
nombre important de gardes communaux ayant participé à cette marche,
l'autoroute menant d'Alger vers la wilaya de Blida a été bloquée sur
les deux voies.
A midi, la
circulation automobile a été quasiment impossible en raison de la
présence d'un côté, des communaux en colère et de l'autre côté du
dispositif sécuritaire dépêché pour empêcher les contestataires
d'accéder à la capitale.
Certains d'entre
eux, apprend-on, ont tenté de parvenir à la présidence de la
République. Selon les représentants des gardes communaux, quelque
45.000 agents ont pris part à cette action de protestation. Un
chiffre qui demeure toutefois difficile à confirmer. Les
protestataires dont la procession s'étalait sur plusieurs
kilomètres, étaient déterminés à entrer à Alger et faire entendre
leurs voix. A 17 heures, des affrontements entre gardes communaux et
services de sécurité ont éclaté. Certains marcheurs ont été arrêtés,
apprend-on.
L'invitation au
dialogue faite, dans l'après midi, par le ministère de l'Intérieur,
ne semble pas beaucoup les convaincre. Les représentants des gardes
communaux ont indiqué qu'ils voulaient du concret et il ne sert à
rien de prendre langue avec la tutelle du moment que la tutelle
connaît bien leurs revendications. A 16 heures, les communaux ont
observé une halte à quelques mètres du dispositif de sécurité. Ils
attendaient une réaction de la part des autorités publiques pour
régler définitivement leurs problèmes et améliorer leur situation
socio-professionnelle. "Nous avons combattu le terrorisme et nous
nous sommes sacrifiés pour ce pays. En retour, nous récoltons le
mépris, l'oubli et la marginalisation" s'indigne un d'entre eux. Il
est à rappeler que ce corps armé revendiquait l'alignement des
salaires sur ceux de l'Armée nationale populaire (ANP) pour les
familles des victimes. L'octroi d'indemnités de services et la
reclassification de leur statut en catégorie 12. Ils demandent
également une augmentation des primes avec effet rétroactif, comme
c'est le cas de la fonction publique.
Le payement des
heures supplémentaires ; des mesures concernant les retraites et un
quota dans le cadre du logement rural. Il est à rappeler également
que le nombre de gardes communaux handicapés est de 1700 agents.
Leur nombre global, selon leurs représentants, est de 88.000
éléments.
Par Aomar
Ferkache
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Après 100 jours de captivité au Mali
Crainte sur la
vie des diplomates algériens
Plus de trois mois
que les sept diplomates algériens sont détenus par des groupes armés
islamistes. En cent jours de captivité, le spectre d'un avenir
incertain pour nos diplomates, plane. Par ailleurs, le nord du Mali
est également pris par un futur inquiétant. Sur le fond, on assiste
déjà à des scènes de tortures, viols, violations, assassinats,
brimades et saccages, commis par des islamistes armés.
La désacralisation
des sanctuaires, la profanation des tombeaux, la destruction des
mausolées. Après cent jours, le Mali n'est pas près de voir le bout
du tunnel. Cent jours, aussi, que les sept diplomates algériens sont
détenus par les terroristes du Mouvement pour l'Unicité et le Jihad
en Afrique de l'Ouest (MUJAO). Ces terroristes qui disent, dans un
communiqué récent, que la vie des diplomates algériens serait
sérieusement en danger si les autorités algériennes parvenaient à
déclencher une opération militaire ciblant ces derniers. Cette
sérieuse menace du MUJAO intervient alors que les sept algériens,
dont le Consul Boualem Sias, viennent de boucler leur 100ème jour de
captivité. Une longue détention qui laisse prédire que les
négociations entre les ravisseurs du MUJAO et les intermédiaires
(dépêchés par l'Algérie), n'ont rien donné de nouveau. Une impasse.
Cela nous emmène tout droit à nous poser des questions sur l'avenir
des sept diplomates algériens. Seront-ils exécutés tout comme
l'ex-otage français Michel Germaneau ? Que vont faire les
terroristes ? En cas d'une intervention militaire au Mali, la vie
des otages algériens sera-t-elle épargnée ? Des questions qui
restent posées. En tout état de cause, ce qui est certain,
aujourd'hui, c'est que le sort des Algériens au Mali est
malheureusement lié aux négociations et à l'intervention étrangère.
Si les pays de la Cédéao décident de lancer leur opération militaire
au nord du Mali, eh bien ce sont nos otages qui seront certainement
monnayés par les terroristes.
La "somalisation"
du Mali se précise
L'occupation, par
les terroristes islamistes, des trois régions du nord et d'une
grande partie de celle de Mopti, consacre la "somalisation" du Mali.
Depuis le 30 mars dernier, cette zone, qui représente plus des deux
tiers du territoire national, est contrôlée par des groupes
salafistes armés. Mais cette "somalisation" n'est pas seulement une
partition schématique du pays en nord et sud, mais se révèle encore
plus complexe. En fait, de ces groupes armés, seuls quelques uns
contrôlent effectivement le nord. Il s'agit principalement du MNLA
(Mouvement national de libération de l'Azawad, indépendantiste et
séparatiste), d'Ansar Edine (armée ou pouvoir de la religion,
mouvement islamiste), d'Aqmi (Al Qaida au Maghreb islamique) et du
MUJAO (Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest,
intégriste religieux). La divergence d'intérêts et d'objectifs entre
ces groupes, consacre une autre partition, cette fois celle du nord
même en différentes zones d'influence. Depuis la conquête totale du
septentrion, le MNLA n'a cessé de perdre de l'influence et du
terrain. Il avait fini par jeter son dévolu sur Gao, une ville
choisie comme capitale de son Etat indépendant. Sa déconfiture a été
complète ; après sa défaite dans la bataille pour le contrôle de
cette ville, face aux éléments du MUJAO. Cependant, le MNLA est
toujours présent dans la région de Gao, mais aussi dans celle de
Tombouctou où il a opéré un "repli stratégique" pour se regrouper à
Léré, non loin de la frontière mauritanienne.
MUJAO, entre la
drogue et la prise d'otage
Si le MUJAO a été
créé essentiellement par des dissidents maliens et mauritaniens d'Aqmi,
il a été renforcé depuis par des Arabes implantés à Gao depuis des
décennies. Ils ont excellé et prospéré dans l'enlèvement et la vente
d'Occidentaux.
Ceux-ci étaient
vendus à Aqmi dont le MUJAO assurait également la sécurisation des
convois de drogue.
Ils se sont
dissociés d'Aqmi pour "travailler" à leur propre compte, notamment
dans le narcotrafic, et faire en même temps l'économie de la
redevance grâce à laquelle Aqmi, seule branche vraiment
opérationnelle et rentable, finance les autres branches d'Al Qaida.
Mais en plus du MUJAO, d'Ansar Eddine et du MNLA, existent d'autres
groupes armés dont on parle peu.
Il s'agit des
milices locales d'autodéfense, Ganda Koy et Ganda Izo, composées des
populations sédentaires. Faiblement armées et ne bénéficiant pas de
grandes marges de manœuvres, elles sont pour le moment peu actives,
mais pourraient être d'un apport capital et décisif pour les forces
armées et de sécurité du Mali ou de la communauté internationale en
cas d'intervention militaire pour libérer et reconquérir les régions
du nord.
Tombouctou est une
toute autre réalité. Si le MNLA, réfugié à Léré, n'est pas
totalement parti de la région, c'est Aqmi qui y fait sa loi,
accentuant sa mainmise sur la Cité. Au début, la branche maghrébine
du réseau terroriste avait eu le soutie ostentatoire ou secret,
d'une partie de la population, très conservatrice, attachée aux
valeurs fondamentales de l'islam, réfractaire à la libéralisation
accrue des mœurs. Néanmoins, l'atteinte aux symboles mêmes de la
"sainteté" de cette ville, a conduit les conservateurs à se
démarquer (passivement, il est vrai) des envahisseurs. Là également,
l'armée pourrait avoir le soutien d'un groupe armé, le FNLA.
Ce front est
composé essentiellement d'Arabes et de Maures, humiliés par Aqmi et
Ansar Eddine qui les ont chassés de Tombouctou, leur terroir
naturel. Ils sont aguerris puisque provenant pour la plupart des
milices arabes créées et armées pour, officiellement, protéger la
région des narcotrafiquants et des terroristes, mais en réalité pour
sécuriser essentiellement les circuits de la drogue dont
profiteraient de "gros bonnets" de Bamako.
Des milices pour
sauver Tombouctou. Pour avoir favorisé la prise de Tombouctou et
contribué à son pillage, les miliciens ont récemment été réprimandés
lors d'une rencontre, en Mauritanie, entre communautés arabes. Ils
pourraient se racheter en tant qu'auxiliaires de l'armée, surtout
qu'ils ont également une grande expertise du terrain.
C'est dans la
ville de Kidal et dans d'autres localités de la région, qu'Ansar
Eddine règne vraiment en maître. Laissant le reste à Aqmi.
Cependant la
situation est en train de changer.
Notamment à la
suite de manifestations de protestations des femmes et des jeunes
contre le rigorisme d'Ansar Eddine, le vieil Amenokal des Touaregs,
Intallah Ag Attaher est sorti de sa réserve pour inviter ses fils,
ses co-religionnaires et compatriotes à se démarquer d'Ansar Eddine,
"un parti d'Aqmi". Par ailleurs, en voulant affermir son influence
et son emprise sur Gao et en s'appuyant sur le MUJAO, Iyad Ag Ghali
est de plus en plus désavoué par les différentes fractions
touarègues, accusé d'avoir "laissé" le MUJAO déloger le MNLA de son
"territoire naturel", l'Azawad.
Depuis, le chef d'Ansar
Eddine envisage des négociations avec les autorités maliennes.
Par Lotfi Itou
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Bras de fer entre président et militaires en Egypte
Vers une
impasse politique
C’est un véritable
bras de fer qui s'annonce entre les frères musulmans et les
militaires en Egypte. Et il y a bien risque que la situation
dégénère dans ce pays qui est à sa première expérience démocratique.
Le tout, à vrai dire, tourne autour du pouvoir législatif que
l'institution militaire s'est arrogée après la dissolution du
parlement Egyptien à la mi-juin de l'année en cours. Soucieux de
"récupérer" l'Assemblée, puisque elle est essentiellement composée
d'élus des frères musulmans, Mohamed Morsi, fraîchement élu
président, a décidé, par décret, d'annuler l'arrêt de la Haute cour
constitutionnelle la dissolvant. C'est, on ne peut mieux, une
tentative, quelque peu hâtive, selon les observateurs, de la part du
président d'écarter les militaires de la scène politique, eux qui
ont eu à gérer la période post-Moubarek. Ils ne vont pas, ça va de
soi, se faire avoir aussi facilement. D'ailleurs dès l'annonce de
Morsi de la réactivation du parlement, les militaires du Conseil
suprême des forces armées (CSFA), se sont aussitôt réunis pour
"étudier et débattre des répercussions de la décision du président
Mohamed Morsi de réunir à nouveau le Parlement", rapporte le Mena,
l'agence de presse égyptienne. Cette réunion, précise l'agence,
était présidée par le maréchal Hussein Tantaoui, président du CSFA.
Le décret a également poussé la Haute cour constitutionnelle à
convoquer une session d'urgence hier, pour étudier la mesure, a
déclaré son vice-président, Maher Sami, à l'agence officielle Mena.
À l'appel du parti Liberté et Justice (PLJ) des Frères musulmans,
quelques centaines de personnes se sont rassemblées dimanche place
Tahrir pour soutenir la décision de Mohamed Morsi. "Nous t'aimons,
Morsi, ont-ils scandé. À bas le régime militaire." Impopulaires
soient-ils, les militaires ont bel et bien la force de s'opposer à
une telle décision synonyme d'une tentative de leur affaiblissement.
Leur riposte ne tardera d'ailleurs pas. Ils ont pris, en premier, la
résolution d'empêcher tout accès au parlement. Mais les Frères ne
veulent pas l’entendre de cette oreille. Contre vent et marée, les
députés ont décidé de se réunir malgré que les militaires, au moment
ou nous mettons sous presse, n'ont rendu public aucun communiqué.
Rappelons que le Parlement égyptien avait été dissout en application
d'une décision de justice le déclarant illégal, une mesure contestée
par les Frères musulmans, première force politique de l'Assemblée.
Dans son arrêt, la Haute cour constitutionnelle avait invalidé les
élections législatives qui s'étaient achevées en janvier, en raison
d'un vide juridique dans la loi électorale ayant régi le scrutin.
Les Frères musulmans sont allés jusqu'à qualifier cette dissolution
d'un coup d'Etat accusant les militaires de ne procéder de la sorte
que pour s'adjuger le pouvoir législatif. Cette décision inattendue
de Morsi de réactiver le Parlement, qui vise la récupération du
pouvoir législatif, pourrait également provoquer une bataille
juridique pour déterminer si le nouveau président est en droit
d'annuler une décision de la Haute Cour constitutionnelle. Le décret
présidentiel prévoit également "l'organisation d'élections
anticipées pour la Chambr, 60 jours après l'approbation par
référendum de la nouvelle Constitution du pays, et l'adoption d'une
nouvelle loi régissant le Parlement". De ce fait, l'on se demande si
le Président égyptien, après quelques jours d'exercice du pouvoir,
ne fait pas dans la hâte. Car, il est clair que la puissante armée
égyptienne, n'acceptera pas d'être en marge des mutations politiques
que vit l'Egypte et qui risquent bien de prendre une mauvaise
tournure. Une impasse politique est d'ailleurs, bel et bien
envisageable.
Par Hamid
Fekhart
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L'enseignement universitaire face aux besoins de l'économie
Quelle place
pour l’université ?
Après l'épreuve du
baccalauréat, qui a permis à plus de 58% des élèves de terminale de
prétendre à l'enseignement supérieur, les regards se dirigent
justement sur cette institution : l'université, qui est censée
recevoir une nouvelle population composée de 230.989 bacheliers.
Ainsi, les
établissements universitaires algériens (centres universitaires ou
universités de plein exercice) vont voir, dès la rentrée prochaine,
de nouvelles charges peser sur eux, sachant que le climat
pédagogique et la situation «sociale» des ces entités sont déjà loin
de l'idéal qui puisse assurer un minimum de sérénité pour l'ensemble
de la communauté universitaire.
En effet, au cours
de ces cinq dernières années, l'université algérienne s'est fait
plus connaître par les remous et perturbations, ayant grevé la
marche des enseignements qui y sont dispensés, que par des réformes
hardies qui feraient projeter cette institution majeure du savoir
dans une orbite qui puisse faire jonction avec les besoins
économiques du pays et les grandes préoccupations de la société.
Entre ambitions de développement économique et de formation des
élites pour lesquels l'université est censée travailler, d'une part,
et la situation dans laquelle elle évolue aujourd'hui – capharnaüm
où se liguent, dans une fatidique «mixture», baisse du niveau
pédagogique, profils peu adaptés aux débouchés économiques, tensions
permanentes et grèves récurrentes – d'autre part, les observateurs,
les responsables gestionnaires et la société tout entière sont
aujourd'hui interpellés et tirent, chacun selon sa position, la
sonnette d'alarme. Tous ces acteurs et parties prenantes espèrent un
terrain d'entente minimale pour faire valoir un «contrat social»
devant service de base consensuelle pour une véritable réforme de
l'université. Une université qui puisse se hisser au diapason des
ambitions de toute la société sur les plans de l'amélioration du
savoir et de la connaissance, du rehaussement du niveau technique et
technologique et l'élévation du niveau de développement économique.
En plus des
nouvelles vagues d'étudiants qui arrivent chaque année au portail de
l'université et qui confèrent à cette dernière une dimension
toujours plus étendue, les lieux d'enseignement supérieur (en
graduation ou post-graduation) sont souvent le réceptacle de
perturbations qui ponctuent l'année universitaire par des grèves,
des sit-in, des marches et autres actions de revendication. Ces
dernières ratissent tous les domaines de la logistique et de
l'intendance, où se trouvent mêlés tous les autres problèmes que vit
toute la société en dehors de l'enceinte universitaire : qualité et
quantité des repas servis au foyer, surcharge des chambres,
insuffisance de transport, absence de logements de fonction pour les
enseignants, insécurité dans la cours et à la périphérie, accès des
personnes étrangères…. On n'a que faiblement aperçu des
revendications de type pédagogique afférentes à l'amélioration du
niveau d'enseignement, à la démarche didactique. Certes, la
contestation de la notation est chose courante. Elle a même été à
l'origine d'agressions mortelles sur des professeurs, comme ce fut
le cas en 2008, lorsqu'un un prof a été poignardé à mort par son
étudiant à Mostaganem. Mais, on feint d'ignorer que la note est la
traduction d'un niveau, d'une pédagogie et d'une assiduité que l'on
ne peut pas faire valoir en dernière minute, au moment même
d'analyser et de noter la feuille d'examen.
Il se trouve donc
que l'ensemble de ces revendications, fondées ou factices, sociales,
logistiques ou pédagogiques, n'ont pas manqué de prendre en otage
l'institution universitaire et de la projeter dans le bivouac des
incertitudes.
Une dommageable
dévalorisation
De graves et de
déterminantes interrogations sont souvent formulées par les parents
d'élèves, la société civile et les experts en matière d'enseignement
sur le devenir de l'université algérienne dans un climat de
mondialisation avancée des échanges matériels et des savoirs
scientifiques, et dans un contexte d'intelligence économique que
plusieurs pays ont, au cours de ces dix dernières années, transformé
en un instrument précieux de développement économique et de
croissance.
Les espoirs
nourris depuis le début de l'Indépendance du pays que l'université
algérienne puisse former les cadres de la nation et permettre aux
enfants du peuple une ascension sociale méritée commencent à
s'effriter progressivement après la fin des années 1980, lorsque le
sort le plus répandu des diplômés universitaires allait devenir le
chômage. Au bout de quelques années, le renversement des valeurs se
confirma et s'imposa presque définitivement dans les esprits. Ceux,
parmi les jeunes très tôt déscolarisés, qui se sont investis dans le
marché noir (trandendo) ou dans une autre branche de l'économie
informelle, ont connu une ascension sociale fulgurante, roulant
carrosse et achetant appartements et villas ; tandis que l'ingénieur
ou le licencié de l'université se verra offrir un contrat pré-emploi
de 7.000 DA. Ce pécule évoluera pour atteindre aujourd'hui 12.000
Da. Même si l'on tient encore au prestige de l'examen du
baccalauréat, l'on ne se fait pas trop d'illusions sur le cursus et
le diplôme universitaires. Aux yeux de la société, une dommageable
dévalorisation a affecté d'une manière profonde l'université. Ce
jugement de régression se prolonge à l'échelle internationale,
puisque, sur un échantillon de 1.000 universités à travers le monde,
la classification effectuée par l'institut international Webometrics,
spécialisé dans le suivi des activités pédagogiques et scientifiques
des différentes universités du monde, aucune université algérienne
ne figure. Les critères retenus pour une telle classification sont
l'efficacité, la méthodologie, le rendement, la qualité, le nombre
d'ouvrages publiés et la participation dans les forums et colloques
scientifiques. A la modeste échelle du continent africain,
l'université de Tlemcen est classée 39e dans le domaine de la
recherche, des publications et études. L'université de Dar Essalam,
en Tanzanie, est classée à la 13e place ; celle du Caire (université
américaine) se situe à la 9e place et les universités sud-africaines
aux huit premières places.
En Algérie, la
sonnette d'alarme a été maintes fois tirée par des spécialistes, des
enseignants universitaires et même des officiels quant au niveau
général de l'enseignement universitaire et de l'impasse sociale à
laquelle il destine un grand nombre de diplômés.
Il y a quelques
semaines, le 26 mai dernier, s'est tenu à Oran un séminaire sous
l'intitulé «Repenser l'université», organisé par la faculté des
sciences sociales. À cette occasion, Djamal Guerid, professeur de
sociologie à l'université d'Oran, soutient, en réponse à une
question du Quotidien d'Oran du 26 mai 2012 portant sur l'urgence
de faire d'abord l'état des lieux de l'université algérienne, que
«la chose à entreprendre n'est pas l'état des lieux de l'université
seule, mais celui du système d'enseignement dans son ensemble. Mais
cet état des lieux ne peut avoir de pertinence que s'il est compris
comme la première étape d'une réforme profonde devenue impérieuse.
En raison du décalage école-société en Algérie et du décalage école
algérienne-école internationale. Il s'agit alors de mettre l'école
en adéquation avec nous-mêmes et avec notre environnement
international marqué par les avancées de la démocratie, du savoir et
de la technologie».
université/économie : un décalage manifeste
Pour analyser le
grand hiatus qui s'est installé entre la formation universitaire et
le monde du travail tel qu'il se décline actuellement dans la
nouvelle économie algérienne, le professeur Mohamed Bahloul,
économiste et directeur de l'Institut des ressources humaines d'Oran
(IDRH), fera état d'un constat général «de plus en plus partagé par
les entrepreneurs, les experts et les régulateurs: l'offre de
ressources humaines répond de moins en moins à la demande des
entreprises. C'est un point faible qui revient dans toutes les
évaluations du climat d'affaires en Algérie. Il est fortement
corroboré par les rapports de mise à niveau des entreprises
publiques et privées. Les chefs d'entreprises, en particulier ceux
du secteur privé, portent un jugement souvent plus sévère sur la
qualité des produits de l'université et manifestent en toute
occasion de grandes réserves. Ils parlent de diplômés sans
compétences et mettent en relief l'investissement complémentaire
qu'ils sont obligés de consentir pour rendre ‘’opérationnelles’’ les
nouvelles recrues de l'enseignement supérieur. Il faut, en effet,
aujourd'hui de 12 à 18 mois de formation pour les compétences
techniques (ingénieurs et techniciens) et de 24 à 30 mois pour les
compétences économiques et managériales. Ce qui constitue un coût
important que toutes les entreprises ne sont pas prêtes à payer».
Par rapport, donc,
à ces enjeux majeurs par lesquels se justifie même l'existence de
l'université, la nature certaines revendications qui ont fini par
prendre en otage l'université algérienne – revendications itératives
et houleuses inhérentes à l'intendance, au transport et à la
restauration – se montre en déphasage patent. Ce qui, au niveau du
management de l'activité universitaire et de l'action syndicale,
risque de conduire à une fausse hiérarchisation des priorités.
Logiquement, dans un contexte d'aisance financière du pays, l'on
serait mal inspiré de s'éterniser sur des questions de logistique et
d'intendance, lorsque le challenge se pose en termes d'efficacité
pédagogique, d'adéquation, la plus étendue possible, avec les
secteurs de l'économie et de l'innovation technologique recherchée
par les entreprises.
Les gestionnaires
de l'économie nationale et les entrepreneurs (privés et publics),
sommés de se conformer aux normes de la compétitivité et de la
rentabilité imposées par le nouveau paysage de la mondialisation,
commencent à exprimer leurs inquiétudes quant à la relève en
ressources humaines, dont sont censées bénéficier les entités
économiques dont ils ont la charge. Ces inquiétudes sont alimentées
par le décalage entre l'enseignement universitaire (profil et
niveau) et les postes d'encadrement ou de direction à pourvoir au
sein des entreprises. Les postes d'exécution ne sont pas logés à
meilleure enseigne, puisque les «contingents» sortis de la formation
professionnelle ont mille difficultés à trouver du travail pour des
raisons similaires : profil de formation et niveau.
Au vu de multiples
dysfonctionnements, les efforts à faire pour redresser la situation
de l'université ne peuvent pas se limiter à un changement de système
de graduation/post-graduation, fût-il inspiré par l'expérience de
pays avancés. Ceux (experts en pédagogie, économistes, sociologues)
qui se sont penchés sur le cas de l'université algérienne appellent
à des réformes profondes qui resitueraient la place de l'université
au sein de l'économie algérienne et de la société tout entière.
Par Saâd
Taferka
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