dimanche 12 février 2012

 

Commémoration du cinquantenaire de la mort de Frantz Fanon

«Un ardent défenseur» de l'idéologie anticoloniale

Exposition à l'Institut culturel italien

«Arlequin dans tous ses états»

Point a la ligne

Revoilà Fanon

 

 

 

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  Commémoration du cinquantenaire de la mort de Frantz Fanon

«Un ardent défenseur» de l'idéologie anticoloniale

Le 6 décembre 1961, disparaissait à New-York d'une longue maladie Frantz Fanon, l'un des hommes les plus brillants que le 20 siècle ait connus, pour la dimension de sa pensée politico philosophique, au service de la dignité du Monde Noir, contre toutes les formes d'humiliation de colonialisme et d'impérialisme que nos peuples ont connues, au profit des seuls intérêts de l'Occident.

En cette période du 50e anniversaire de sa mort, un hommage lui a été rendu jeudi dernier au Centre culturel algérien à Paris, en présence d'un public venu en grand nombre malgré le froid intense, pour revenir sur le parcours de ce militant de la liberté et des luttes anticoloniales né en Martinique et enterré en Algérie. Cette rencontre s'est articulée autour de la projection du documentaire du cinéaste Cheikh Djemai, «Frantz Fanon, une vie, un combat, une œuvre», suivie d'un débat animé en présence du réalisateur, de l'écrivain et chercheur Abdelkader Benarab, et du fils de Frantz Fanon, Olivier. S'appuyant sur les témoignages croisés des proches de Frantz Fanon, d'universitaires martiniquais et de personnalités politiques nationales, à l'image de Rédha Malek, M'Hamed Yazid, Ali Haroun et Mohamed Harbi, le documentaire de Cheikh Djemai dévoile la personnalité d'un militant qui a marqué de son empreinte indélébile la période de la décolonisation et eu une influence remarquée sur la prise de conscience des peuples sous domination coloniale. Frantz Fanon décide très jeune de quitter son milieu natal. Engagé volontaire pendant la Seconde Guerre mondiale, puis étudiant en médecine à Lyon, il subit pendant ces années de formation l'expérience mortifère du racisme, cette «déviation existentielle». «Le Noir n'est pas un homme», écrit-il dans «Peau noire masques blancs». Il  refuse alors l'assimilation, se révolte contre le déni des cultures «indigènes», l'oppression économique et identitaire des colonisés, la violence faite aux peuples dominés. Psychiatre à l’hôpital de Blida en algérie, Frantz Fanon va mener un double combat. Celui du médecin qui pourfend les théories raciales et lutte pour désaliéner les malades mentaux victimes des traumatismes de la colonisation, qu'il analyse en clinicien et celui  de l'homme engagé pour le renversement du colonialisme et la restauration de la dignité de l'homme. En 1956, deux ans après le déclenchement de la guerre de Libération nationale, il choisit son camp, celui des peuples colonisés et donne sa démission de l'hôpital de Blida, part pour Tunis où il  rejoint les rangs du FLN pour en devenir un membre actif, avant de mourir d'une leucémie en 1961.  Fanon ne verra pas l'Indépendance de  l'Algérie. De «Peaux noirs, masques blancs» aux «Damnés de la terre», Frantz Fanon, a été «un penseur et un homme d'action qui n'a cessé de décrypter les formes et les conséquences des structures idéologiques d'asservissements et d'assujettissements du colonialisme», ont souligné les animateurs du débat sur le film de Frantz Fanon. «Ce militant des causes justes a su formuler les aspirations profondes des combats des peuples du tiers- monde qui se sont dressés contre un système capitaliste, et colonisateur», ont-ils ajouté. Olivier, le fils de Frantz Fanon a apporté des témoignages sur les convictions militantes de son père et la forte relation qu'il avait avec lui. L'écrivain Abdelkader Benarab a estimé que trois dimensions distinguent la personnalité de Fanon, homme de pensée et d'action, soulignant en lui «le psychiatre praticien, le militant de la cause algérienne et l'intellectuel qui a contribué à donner des bases au courant intellectuel tiers-mondiste». Auteur de l'ouvrage «Frantz Fanon, l'homme de rupture», cet universitaire a relevé que «très peu de personnages ont pu  réunir ces trois dimensions en si peu de temps et avec une activité aussi extraordinaire que celle de Fanon». Il a rappelé également que Fanon fut «un ardent défenseur» de l'idéologie anticoloniale dont il porta avec le défunt  M'Hamed Yazid  le message grâce à une information activement menée à travers  l'organe de presse du FLN, El Moudjahid, dont il était membre de l'équipe rédactionnelle. «Il a insufflé la conscience révolutionnaire à ses lecteurs en utilisant ses articles comme support de témoignage des massacres coloniaux», a souligné M. Benarab. Cheikh Djemaï est réalisateur franco-algérien, qui a à son actif plusieurs documentaires qui ont été sélectionnés et consacrés dans de nombreux festivals. Parmi ses films, il y a lieu de citer «La nuit du doute» (une fiction), «Paroles d'exil»,  «Le onze du FLN" et  «Les charbonniers de surface».        

Par Timouche Idir

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Exposition à l'Institut culturel italien

«Arlequin dans tous ses états»

C'est une exposition itinérante comportant une cinquantaine de portraits et autres illustrations autour de ce personnage italien mythique de la Commedia dell'arte, qui a été inaugurée jeudi soir à Alger.  Réalisés par trente-trois artistes européens, les portraits dans lesquels Arlequin est représenté dans des situations diverses, selon l'imaginaire des dessinateurs, sont exposés à l'Institut culturel italien jusqu'au 21 février. Outre les portraits illustrant ce personnage paru au 16e siècle, réalisés par différents styles de peinture et techniques de dessin, trois histoires tirées du coffret collectif «Arlequins», paru en 2009 chez «Les éditeurs associés», sont également exposées avec leurs illustrations agrandies. Il s'agit des petits livres «L'arlequin du petit train», «Arlequin a faim» et «Arlequin devenu prince des clowns», édités par ce groupe de quatre éditeurs indépendants de France, de Belgique et de Suisse, fondé en 2004, et qui a consacré six volumes illustrés au personnage le plus célèbre de ce genre théâtral populaire dans lequel les acteurs improvisent.

De fabuleux masques utilisés dans cette forme théâtrale ainsi que dans l'une des plus célèbres manifestations annuelles italiennes, le Carnaval de Venise, avec leurs remarquables expressions, formes et couleurs sont aussi présents à l'exposition. «Nous avons organisé cette exposition en hommage au personnage emblématique de la Commedia dell'arte, Arlequin, dans un esprit de valorisation de cette forme théâtrale parue entre le 16e et le 17e siècles, et qui représente aujourd'hui une partie du patrimoine culturel italien et même universel», a indiqué à l'APS la directrice de l'Institut culturel italien, Mme Maria Concetta Battaglia. «Nous avons aussi voulu présenter au public algérien le masque italien porté par les comédiens et notamment lors du Carnaval de Venise», a-t-elle ajouté, en souhaitant voir les élèves de l'Ecole nationale des beaux-arts visiter l'exposition afin de pouvoir s'inspirer et faire par la suite leurs propres créations artistiques autour du personnage.

 

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Point a la ligne

Revoilà Fanon

Dans le documentaire qui lui est consacré, le réalisateur Cheikh Djemai met en exergue la présence du psychiatre et militant Frantz Fanon  en tant qu'homme qui a contribué à donner ses bases au courant intellectuel tiers-mondiste. " Ce documentaire est présentement projeté dans la capitale française dans le cadre de la célébration du cinquantième anniversaire de la disparition du célèbre Martiniquais. Cette approche est d'autant plus intéressante qu'elle permet diachroniquement parlant de reconstruire tout une époque, tout  un climat politique dont la finalité avortée dans les conditions que l'on sait (ou ne sait pas) aura essentiellement été synthétisée par la fameuse Tricontinentale hissée haut et fort sur les épaules d'hommes comme Patrice Lumumba, Mehdi Ben Barka, Che Guevara et Amilcar Cabral. Cette époque fut aussi contemporaine de l'une des plus importantestentatives d'édification et de construction d'une stratégie internationale de lutte contre le colonialisme et ses immédiats avatars hérités de la période des grandes libérations nationales notamment africaines. Cette époque est aussi restée dans l'histoire comme témoin d'une réaction, également internationale, des grandes puissances occidentales et qui n'a pas fait de détails quant à l'accomplissement par elles du but visé : l'élimination physique pure et simple de ces véritables leaders tiers-mondistes, l'un après l'autre, par les services tout autant français, qu'américains. Cette réaction, concertée et collégialement planifiée, démontre en tout cas les capacités d'anticipation de l'ordre post-colonial qui, alors même que la période impériale n'était pas encore totalement dépassée, avait déjà mis en place les moyens à mettre en œuvre pour pérenniser la domination du tiers-monde par notamment la poursuite effrénée de la politique de pillage des ressources notamment du continent africain. Alors bien sûr que ces brefs rappels sont d'abord de l'ordre de l'historique et de l'histoire mais ils rappellent aussi et à coup sur combien la violence sous toutes ses formes aura été l'un des fondements de la domination d'un monde sur l'autre. C'est aussi de cela que Fanon fut notamment et précocement témoin.        

Par Malik Bellil

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