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Bande
dessinée
Appel à
candidature pour le concours international de manga
Le concours du
sixième prix international du manga à l'adresse des dessinateurs et
éditeurs de bandes dessinées japonaises est ouvert jusqu'au 10 juin
prochain, annonce un communiqué de l’ambassade du Japon à Alger.
Ce concours
international est ouvert à toutes les œuvres réalisées, au moins en
partie, en dehors du Japon afin de promouvoir cette spécialité
nipponne du 9e art. Toutes les œuvres déjà éditées ou non sont
concernées par cet appel à candidature sur accord, au moins, du
dessinateur. Les lauréats de ce concours recevront le trophée d’or
et trois trophées de mérites, et seront invités à Tokyo (Japon) pour
la remise des prix en janvier 2013. En plus du trophée, un séjour de
10 jours au Japon est prévu pour les lauréats des quatre
distinctions. Phénomène de masse au Japon, le manga, très ancré dans
la culture japonaise où son apparition remonte à la fin du XIXe
siècle, avant de gagner l’occident dans les années 1980, relayé par
la télévision sous forme d’adaptation en dessins animés. Depuis le
début des années 2000, le manga fait son entrée en Algérie avec
l’apparition de quelques dessinateurs bédéistes qui adaptent cette
forme d’expression à la culture de la bande dessiné algérienne. Cet
engouement pour le manga, qui désigne aussi d’autre formes de BD qui
s’en rapprochent a donné naissance à quelques maisons d’édition
spécialisées, à un ciné club dédié aux comics et au manga ainsi
qu’au Festival international de la bande dessinée d’Alger (Fibda).
Le concours du sixième prix international du manga est pris en
charge à Alger par l’ambassade du Japon à qui doivent être adressées
les candidatures algériennes, accompagnées des formulaires
d'inscription téléchargeables sur le site internet de l'ambassade :
dz.emb-japan.go.jp. Les candidatures doivent être envoyées à
l'ambassade avant le 10 juin prochain.
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Point a la ligne
Ode à la ville
Chaque despote
l'aura voulue sienne, à ses pieds. Chacun aura rêvé de lui donner
son nom définitif. Pour nous, qui sommes condamnés à l'aimer et à la
chérir mieux encore qu'une femme ou que notre propre mère, l'urgence
des urgences est qu'enfin l'on s'occupe d'elle, de son devenir et de
son passé, de ses pierres et de son incomparable lumière. On dit
d'elle qu'elle est orpheline de ses enfants, qu'elle les a répudiés
ou qu'ils l'ont quittée. Après tout, peu importe puisque le constat
est bel et bien là : ils rasent les murs et éprouvent les pires
difficultés à parler d'eux-mêmes depuis qu'ils ont été installés à
la marge par l'inassouvi et insatiable désir de tous ceux avides de
prendre possession d'elle. Quelle hérésie ! Prendre possession
d'Alger ! Il faut vraiment n'être qu'un vulgaire parvenu, un mauvais
clown ou un "boudjadi" pour imaginer possible pareille entreprise.
La ville a démesurément grossi, elle enfle de toutes parts, tout le
monde en veut, ses flancs sont devenus indéfinissables, un peu à la
façon d'une vieille catin ou d'un royaume au comble de sa splendeur,
elle ouvre indifféremment ses bras à tous ceux qui la sollicitent,
sa protection n'a pas de prix. Elle finit aux limites de la mer mais
nul ne peut plus vous dire où, véritablement, elle prend ses
sources, où elle commence. Par commodité et aussi par vanité, tout
un chacun prétend connaître la date exacte de sa naissance. Mais
elle n'en a cure et laisse les uns et les autres donner libre cours
à ce qui n'est, elle le sait, que l'expression de leur impuissance à
se saisir d'elle ; fluide et évanescente, elle glisse entre leurs
doigts crochus sans que jamais une seule de leurs empreintes
s'immisce, à l'heure du chien et du loup, entre les pores d'une peau
qu'elle a voulue de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. C'est que,
et contrairement à toutes les idées reçues et préconçues, c'est
depuis ses ruelles incroyablement sales et défigurées que
parviennent au passant, au flâneur ou à l'errant, les élans
mystiques de ses saints postés telles des sentinelles de marbre en
amont de chacune de ses sept portes dont pourtant ne subsistent plus
aujourd'hui que pierres muettes à délivrer leurs secrets aux
indiscrètes sollicitations de tous ceux qui ne parlent pas sa
langue. C'est aussi que cette cité a aussi profité du temps passé,
des ans et des siècles, pour forger sa propre langue. Un idiome
bizarre mais incroyablement efficace en même temps, fait de mots, de
bribes de toutes les langues passées par là, de gestes, de signes,
de clins d'œil, de senteurs à mi-chemin entre le lilas et le basilic
qu'elle délivre pudiquement à chaque crépuscule mais qu'elle se
dépêche de reprendre sitôt le manteau de la nuit devenu maître d'un
monde que l'on dit de ténèbres. Alger, ses enfants des rues, ses
ruelles borgnes, son indescriptible saleté devenue, ses rêves, ses
petits voyous, ses grands escrocs, ses marins, ses filles, sa
lumière…
Par Malik
Bellil
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