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samedi 12 mai 2012

Dépouillement à huis clos, triche, fichiers électoraux incomplets…

Le scrutin entaché d'incidents

Lés électeurs étaient venus tous en même temps

Bousculade au centre de vote de Marseille

Résultats des élections législatives

Victoire du FLN et débâcle des islamistes

RND

Les législatives du 10 mai, "victoire de l'Algérie"

FLN

Les résultats traduisent une "confiance entière du peuple"

La prochaine assemblée sera dominée par deux formations

Les gagnants, les perdants et les figurants

Commission de surveillance des élections

Saisines pour agressions, anarchie et urnes non scellées

Chef de la mission d'observation de l'UE

«Le vote s'est bien déroulé d'une manière générale»

Il était souriant et accompagné de deux enfants

Bouteflika a voté à l'école Mohamed El-Bachir El-Ibrahimi

Selon le président de la Commission de supervision

Un scrutin dans de «bonnes conditions»

La participation diffère d'une wilaya à une autre

Le discours de Bouteflika fait la différence

Le score des partis islamiques, le grand enjeu

Le scrutin vu par la presse étrangère

Le concept de rupture

Comme sortie de crise

 

 

 

 Evenement 


Accueil

Dépouillement à huis clos, triche, fichiers électoraux incomplets…

Le scrutin entaché d'incidents

Singularité du scrutin législatif de ce jeudi, nombre de citoyens qui se sont rendus aux bureaux de vote pour exprimer leurs choix, n'ont pu le faire. La Commission Nationale indépendante de Surveillance des élections législatives (CNISEL) parle d'une douzaine de saisines sur les 60, qui relèvent du pénal et ont donc été transmises à la commission nationale de supervision des législatives (CNSEL). 

Ceci constitue pour la  CNISEL une "atteinte à la citoyenneté". "Les autorités doivent assumer leurs responsabilités en la matière ", a déclaré Mohamed Seddiki, président de la commission, dans une conférence de presse au siège de la wilaya d'Alger. Parmi ces citoyens rabroués, une candidate à ces législatives.

Ils'agit de Louz Si Bachir Soraya, candidate sur la liste du FFS à Alger qui n'a pu accomplir le vote faute, donc, de figurer sur le fichier électoral du lycée Zineb Oum El Massakine au Bd K. Belkacem, alors qu'elle détenait deux cartes de vote, et affirmait avoir toujours voté dans ce centre. "J'ai eu à voter depuis mon changement de résidence car jusqu'avant mon mariage, je votais à El-Biar".

Elle s'est indignée, devant un parterre de journalistes de la presse nationale et étrangère: cela contrarie l'esprit démocratique et de transparence conféré à ces élections que le président n'a pourtant de cesse de professer.

Le cas n'est pas isolé, des cas assez nombreux ont été constatés au niveau de quatre bureaux de vote que nous avons visités à l'occasion comme le lycée Zineb Oum El Massakine, les écoles primaires, Jardin Sahel, Ali Hamouène et Moula Henine d'El Biar.

Présent sur les lieux le Wali d'Alger Mohamed Kebir Addou tentera d'expliquer ce phénomène d'absence de noms de bien d'électeurs sur les fichiers électoraux, affirmant qu'en 2002, une vaste opération d'assainissement  de ces listes a été opérée pour rayer tous ceux, dira-t-il, qui ne votaient pas et ceux qui ont dû changer de résidence  sans prendre le soin de se faire supprimer sur les listes électorales.

Dépouillement à huis-clos

Alors que la loi électorale est claire et stipule que les opérations de dépouillement des urnes est ouverte au grand public, la pratique inverse est fort malheureusement de mise, du moins dans deux centres de vote que nous avons visités à ce moment-là. Les écoles primaires, Ali Hamoutène et Moula Henine, juxtaposées l'une de l'autre au centre d'El BIar, étaient totalement fermées à l'heure de cette opération de dépouillement. Il a fallu montrer le badge de presse de circonstance pour y accéder, suscitant presque étonnement chez le personnel d'encadrement. Pas un citoyen à l'intérieur des bureaux de vote au moment du dépouillement. Interpellé à ce sujet, le staff chargé de l'encadrement du scrutin était étonné, visiblement habitué à accomplir cette opération à huis-clos.

Deux ministres visés par des plaintes en pénal

Deux ministres du gouvernent algérien, l'un candidat du RND l'autre FLN, aux élections législatives, seront déférés devant la justice pour des infractions pénales, a annoncé jeudi soir la Commission nationale indépendante de surveillance des élections législatives (CNISL). Les deux ministres sont soupçonnés de triche.

" Chérif Rahmani, ministre de l'Environnement qui se présente à Djelfa a fait l'objet d'une plainte de 14 partis pour avoir visité tous les centres de vote de la wilaya " durant les opérations de vote, a expliqué la commission à l'AFP. Le vice-président de la CNSL, Ali Moussaoui, a précisé à l'AFP que cette plainte " relevait du pénal " car  Rahmani " incitait les gens à voter pour lui ", alors que la campagne électorale avait pris fin dimanche 5 mai à minuit. Tayeb Louh ministre du Travail, lui est le second ministre incriminé, selon la CNISL.

Il a "visité les différents centres de Tlemcen pour inciter les gens à voter pour lui" et la plainte avait été transférée au pénal, a indiqué Hafid Kadri, également vice-président de la CNISL. Tayeb Louh est candidat du Front de libération nationale (FLN), le parti présidentiel, dirigé par Abdelaziz Belkadem.    

Par Rebiha Akriche

 

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Lés électeurs étaient venus tous en même temps

Bousculade au centre de vote de Marseille

Les représentants des partis politiques en lice pour les législatives de 2012 ont imputé la bousculade survenue mercredi au centre de vote du parc Chanot à Marseille à "la forte affluence" des électeurs venus tous en même temps. Présents sur place, les représentants de certains partis dont celui de Jil Jadid, M. Boualem Misbih ont relevé "des lacunes en matière de gestion" d'autant que 50 à 60 électeurs ont afflué, tous à la fois, sur les bureaux n°2 et 3. M. Misbih a indiqué "avoir vu des encadreurs distribuer des bulletins de vote aux électeurs à l'extérieur du centre". Par ailleurs, le représentant du parti Jil Jadid a imputé cette bousculade à certains électeurs qui voulaient se montrer devant les caméras des chaînes de télévision.  Pour le directeur de communication du Parti des nationalistes libres, M. Kourib Houssam, la forte affluence a créé un dysfonctionnement au centre de vote de Marseille.  De son côté, M. Lakhzoum Salim, tête de liste de l'Alliance de l'Algérie verte a souligné que les dysfonctionnements enregistrés durant les premières heures du scrutin sont dus au nombre élevé d' électeurs. Pour sa part, M. Bouchareb Damr, candidat du Rassemblement national démocratique (RND) a affirmé que l'arrivée en même temps des autobus transportant les candidats a engendré une bousculade au centre de vote de Marseille.            

Asmaa A

 

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Résultats des élections législatives

Victoire du FLN et débâcle des islamistes

Les résultats du scrutin sur les élections législatives de jeudi dernier ont donné lieu à des résultats mitigés. Loin des prévisions des observateurs, le Front de libération nationale (FLN) d'Abdelaziz Belkhadem a raflé la mise, contre toute attente, ratant de quelques sièges, la majorité absolue au nouveau Parlement.

Le Vieux parti a en effet obtenu 220 sièges sur les 462 en jeu, soignant sa présence à l'hémicycle de près d'une centaine de sièges de plus que la précédente législature (136 sièges en 2007). Loin derrière, le Rassemblement national démocratique (RND) a conforté sa deuxième place en obtenant 68 sièges. Le parti d'Ahmed Ouyahia a néanmoins amélioré son score de six sièges supplémentaires qu'en 2007. L'Alliance de l'Algérie Verte(AAV) née de la fusion du Mouvement de la société pour la paix (MSP) et les Mouvements Nahdha et Islah n'ont pu décrocher que 48 sièges à l'issue du scrutin de jeudi dernier. La déception de cette mouvance est d'autant plus grande avec les résultats, bien au-deçà des attentes, obtenus par le Front de la justice et de la liberté (FJD) d'Abdallah Djaballah (7 sièges) et du Front du changement d'Abdelmadjid Menasra (4 sièges). Ainsi, tous les partis islamistes réunis, soit 59 sièges, ne rivalisent même pas avec le score réalisé par le RND, le FLN les dépassant d'au moins 4 fois. De son côté, le Front des forces socialistes (FFS) a obtenu 21 sièges. A l'occasion de son retour sur la scène après plusieurs années de boycott, le parti de Hocine Ait Ahmed réalise deux sièges de plus que sa dernière participation à des élections législatives, car en 1997 il a eu 19 sièges à l'APN. L'autre déception est à mettre à l'actif du Parti des Travailleurs (PT). Le parti de Louiza Hanoune n'a pu arracher plus de 20 sièges à la future Assemblée, perdant de la sorte six sièges par rapport à la législature précédente. Idem pour le Front national algérien (FNA) de Moussa Touati qui perd du terrain à l'APN en ne réussissant à propulser que 9 députés à la prochaine Assemblée. Par ailleurs, les indépendants qui se sont présentés aux élections législatives ont obtenu 19 sièges, selon le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales.

En somme, la nouvelle Assemblée populaire nationale comptera en son sein 317 députés hommes (68,61 %) et 145 femmes (31,39%), soit en parfaite conformité avec la loi organique relative à la représentativité des femmes dans les assemblées élues, promulguée par le chef de l'Etat.

Par M. Ait Chabane

 

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RND

Les législatives du 10 mai, "victoire de l'Algérie"

Les élections législatives du 10 mai 2012 "sont la victoire de l'Algérie", a éstimé hier, le Rassemblement national démocratique (RND) qui a félicité le parti du Front de libération nationale (FLN) qui a remporté la première place avec 220 sièges

Le chargé de communication du RND, M. Belkacem Mellah a affirmé que les résultats du scrutin "reflètent une grande victoire de l'Algérie et constituent la meilleure réponse aux partisans du boycott". L'important taux de participation au scrutin "traduit la maturité politique du peuple algérien", a-t-il souligné, attribuant le mérite au président de la République , M. Abdelaziz Bouteflika qui a sensibilisé dans son discours le peuple à l'importance de cette consultation. Après avoir relevé l'impact positif du discours du président Bouteflika,

M. Mellah a affirmé que le RND "se félicite des résultats des urnes, seul arbitre". Commentant le nombre de sièges remportés par les femmes, l'intervenant a expliqué que ce taux a été réalisé grâce à la politique adoptée par le président de la République pour renforcer la présence de la femme dans les assemblées élues".

Les femmes ont remporté 145 sièges dans la nouvelle Assemblée populaire nationale (APN) contre seulement 31 sièges précédemment.

Resa A.

 

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FLN

Les résultats traduisent une "confiance entière du peuple"

Les résultats obtenus par le parti du Front de libération nationale (FLN) aux élections législatives montrent que le peuple a toujours confiance en cette formation et en son programme, a affirmé le secrétaire général du parti, M. Abdelaziz Belkhadem.

Commentant les résultats réalisés par son parti aux législatives avec 220 sièges sur 462 à l'Assemblée Populaire Nationale (APN), M. Belkhadem a souligné que sa formation "a prouvé à ceux qui veulent semer le doute que la confiance du peuple en le parti du FLN et en son programme est intacte".

M. Belkhadem a rendu grâce à Dieu et salué le peuple algérien pour sa confiance renouvelée en le parti séculaire, garant de la stabilité politique et socio-économique.

Asmaa A.

 

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La prochaine assemblée sera dominée par deux formations

Les gagnants, les perdants et les figurants

La prochaine Assemblée populaire nationale sera dominée par le Front de libération nationale, dont le score, (220 sièges) a frôlé la majorité. Le Vieux parti aura certainement à s'allier avec le Rassemblement national démocratique (RND), chapeauté par le Premier ministre. Ces deux formations, déjà membres d'une alliance, devraient faire front commun pour imposer leurs choix à l'élaboration de la prochaine Constitution. Le grand perdant, de cette élection, demeure l'Alliance de l'Algérie verte. Une Alliance de trois partis islamistes, à savoir, le Mouvement de la société pour la paix (MSP) et les Mouvements Islah et  Ennahda. Ces formations, inspirées par le retour en force des islamistes dans les pays voisins, ont crié victoire depuis plusieurs semaines, allant jusqu'à entamer des consultations pour former un gouvernement juste à la fin de la campagne électorale. Pis, les partis de l'Alliance verte avaient fait des prévisions selon lesquelles, ils seraient classés en seconde position. Ce qui s'est avéré faux. Du moins, selon les chiffres communiqués par le ministère de l'Intérieur, en attendant leur confirmation par le Conseil constitutionnel. Ainsi, la première conclusion à tirer est incontestablement le maintien, en tant que majorité, des partis membres du gouvernement, excepté le MSP, qui était membre de l'Alliance présidentielle, engagée à soutenir le programme du Président de la République, avant de se retirer. Ce dernier est le plus grand perdant, n'étant plus aux commandes et dont le poids est désormais insignifiant. Aussi, faut-il relever que la surprise d'un raz-de-marrée islamiste, n'a-telle pas eu lieu. Les partis islamistes en lice, même s'ils décident de faire alliance et imposer leurs idées et propositions resteront minoritaires, étant sérieusement laminés.

En fait, ce n'est pas Djaballah, président du Front de la justice et le développement (FJD) avec ses 7 sièges, ni le Front du Changement de Menasra avec 4 sièges qui parviendront à peser sur le cours des choses. Il est par ailleurs à préciser que le grand score réalisé par le Front de libération nationale et le peu de sièges remportés par les partis islamistes, sont les principales surprises de ce scrutin. Compte tenu de ce qui a été dit et déclaré avant l'annonce officielle des résultats par Dahou Ould Kablia, nul ne s'attendait à un tel classement. Sur un autre plan, le Front de libération nationale (FFS), le grand revenant, a remporté 21 sièges et est parvenu à se positionner en 4e position. Hormis, le nombre de sièges qui demeure infime et ne lui permettra pas de jouer pleinement son rôle d'opposition au sein de la prochaine Assemblée, la quatrième place, démontre toutefois, que le parti de Da L'hocine reste parmi les principales formations politiques du pays. Le parti des travailleurs de Louisa Hanoune, lui, ne devrait pas être satisfait de ses 20 sièges. Cette dernière est appelée à faire front commun avec d'autres, formations éventuellement le FFS pour pouvoir dire son mot. Aussi, il n'est pas à perdre de vue la débâcle du Front national algérien (FNA) de Moussa Touati, qui n'a décroché, lui aussi, que 9 petits sièges, risquant de l'enfoncer d'une véritable crise. Tout compte fait, la prochaine assemblée verra une forte présence des nationalistes et démocrates. Les islamistes eux, devraient se contenter d'une place marginale, tout comme les petits et nouveaux partis, qui ont pu récolter quelques sièges, qui ne leur permettront que de jouer le rôle de figurants. 

Par Aomar Fekrache           

 

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Commission de surveillance des élections

Saisines pour agressions, anarchie et urnes non scellées

Plus de 150 saisines ont été transmises par les commissions de surveillance de wilaya à  la Commission nationale de surveillance des élections législatives (CNISEL), a déclaré le président de cette commission Mohamed Seddiki.

M. Seddiki s'est cependant refusé, lors d'une conférence de presse au siège de la wilaya d'Alger, de commenter ce bilan et s'est contenté de rappeler que le rapport final de la commission, ainsi que ses observations, seront présentés juste après l'annonce des résultats provisoires du scrutin, lundi matin. Parmi les 150 saisines, reçues "exclusivement par écrit" et envoyées toutes à la commission nationale de supervision (Cnsel), la commission a enregistré trois saisines portant sur "l'agression physique", un dépassement que la commission "rejette formellement". Cette infraction, relevant du pénal, a été commise, selon M. Seddiki, par la première responsable d'un centre de vote dans la commune d'El-Makaria (Est-d'Alger) contre un membre de la commission, contre un citoyen par un parent d'un ministre en campagne à l'intérieur d'un centre de vote à Tlemcen et contre un membre de la commission de wilaya de Chlef.

L'utilisation de la force par certains chefs de centre de vote envers les représentants de la commission a été en outre enregistrée, selon un rapport préliminaire de la commission, présenté lors d'une conférence de presse.

"La poursuite de la campagne électorale à proximité de certains bureaux de vote et même à l'intérieur d'eux, a également fait l'objet de plusieurs saisines signalées à Alger, Boumerdès, Djelfa et Sétif", a ajouté M. Seddiki. Les autres saisines sont notamment relatives à l'existence d'urnes non scellées (Alger-Msila et Tlemcen), le "remplissage préalable d'enveloppes ayant été distribuées aux électeurs dans la wilaya de Msila, l'existence d'urnes déjà pleines au centre de Kliouen dans la commune de Ain Errahmane (Relizane)", l'absence de bulletins de vote de certains partis (Tébessa-Mostaghanem), l'existence en double d'autres bulletins et au "non-respect du classement des bulletins conformément au tirage au sort comme ce fut le cas dans une commune à Tizi-Ouzou", a-t-il détaillé.

L'"anarchie totale" dans un centre de vote, la désignation d'un seul chef de centre pour superviser deux centres de vote, a également fait l'objet de saisine de même que l'interdiction de membres de la commission d'accéder aux bureaux de vote.  Un bon nombre de saisines portait par ailleurs sur "l'absence des noms de citoyens des listes".

Cette dernière défaillance, relevée d'ailleurs par des observateurs étrangers, est surtout due au "manque de financement chez les partis notamment les plus petits", a déclaré M. Seddiki. D'autres saisines ont porté sur la faible présence des représentants des partis politiques au niveau des bureaux de vote, une défaillance relevée par des observateurs étrangers et imputée par M. Seddiki au manque des moyens financiers pour certains partis, qui n'ont pas les moyens de payer leurs ces personnes.

Tahar F

 

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Chef de la mission d'observation de l'UE

«Le vote s'est bien déroulé d'une manière générale»

Le chef de la Mission des observateurs de l'Union européenne (UE), M. Jose Ignacio Salafranca, a indiqué jeudi, lors d'une visite de travail qui l'a conduit au lycée Zineb Oum Almassakine (Bd K. Belkacem) à Alger que les élections se sont déroulées dans des conditions " généralement satisfaisantes excepté quelques petits incidents très limités. Ces derniers ne perturbent pas le déroulement des élections ". Jose Ignacio a basé son constat sur la base des rapports qui lui sont parvenus des équipes de sa mission déployées sur les 48 wilayas. " Entre 85 et 90% des rapports des observateurs (de l'UE) sont satisfaisants " à propos du déroulement de l'opération électorale, alors qu' "aucune tentative de fraude n'a été enregistrée ", a-t-il fait savoir. Il a également affirmé que les moyens nécessaires pour assurer un bon scrutin ont été déployés par les services concernés. Néanmoins, l'interlocuteur a précisé que ce qu'il vient d'annoncer n'est qu'une appréciation. En effet, un rapport final sera élaboré par ses équipes dans les prochains jours. Interrogé sur la demande non satisfaite de sa délégation relative à l'accès au fichier électoral national, Jose Ignacio Slafranca dira que ce point ne va pas être abordé le jour des élections. "Nous n'allons pas nous exprimer sur le fichier électoral national le jour du vote. Nous allons donner notre avis sur le question au moment opportun", a-t-il répondu. S'agissant des contacts avec les autres observateurs, il a informé les journalistes que sa délégation est en contact permanent avec les observateurs de l'Union africaine, de la Ligue arabe et l'ONG américaine NDI. Notons que la mission d'observation de l'Union européenne a déployé environ 150 observateurs européens sur les 48 wilayas. Ces derniers sont aidés d' une trentaine d'Algériens recrutés à cet effet, et par le personnel des ambassades des pays de l'UE accrédités en Algérie.   

Par Rachid Chiheb

 

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Il était souriant et accompagné de deux enfants

Bouteflika a voté à l'école Mohamed El-Bachir El-Ibrahimi

Le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a accompli jeudi matin son devoir électoral pour les élections législatives 2012 à l'école Mohamed El-Bachir El-Ibrahimi d'El Biar, à Alger.  Le chef de l'Etat est arrivé aux environs de 11h00 au centre de vote, accompagné de ses deux frères et de ses neveux. Au bureau de vote N°34, le président a pris toutes les listes électorales des candidats en lice, avant d'entrer dans l'isoloir et faire son choix parmi les candidats à ces élections législatives. Au moment où le Président Bouteflika, souriant, allait glisser le bulletin dans l'urne transparente, photographes et caméramen de la presse nationale et internationale en ont profité pour immortaliser le moment et, surtout, prendre des photos et des images du chef de l'Etat accomplisant son devoir électoral.

Riad D

 

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Selon le président de la Commission de supervision

Un scrutin dans de «bonnes conditions»

Le président de la Commission nationale de supervision des élections législatives (CNSEL), M. Slimane Boudi, a souligné que le scrutin  s'est déroulé dans de "bonnes conditions" à travers l'ensemble des centres et bureaux de vote. Il a précisé, dans une déclaration à la presse au siège de la commission au Palais des Nations (Alger) à l'issue de la clôture du scrutin, que les infractions enregistrées n'ont eu aucune incidence sur le bon déroulement de l'opération électorale, les qualifiant d'"incidents mineurs". Le même responsable a ajouté que depuis l'ouverture du scrutin à 8h jusqu'à la clôture des urnes à 20h, la commission a tranché 200 saisines, précisant que 70% des cas ont été relevés à travers des auto-saisines des membres de cette structure de supervision. M. Boudi a indiqué que la plupart de ces infractions sont de "simples incidents" qui ont été tranchés dans "l'immédiat" et qui concernent la non-conformité des urnes aux caractéristiques définies par la loi, le mauvais classement des bulletins de vote et le nombre d'enveloppes insuffisant par rapport à celui des bulletins de vote. La Commission a également soumis à la justice, selon son président, 10 plaintes, parvenues à son niveau par le biais de ses sous-commissions locales, car elles portent sur des "infractions à caractère pénal".  Selon le même responsable, ces plaintes concernent des manquements de militants de certaines formations politiques à la sécurité des bureaux et centres de vote et d'autres irrégularités comme la poursuite de la campagne électorale après l'expiration du délai légal.  La CNSEL a rejeté, en revanche, 40 plaintes n'ayant pas de fondement légal, a relevé M. Boudi, assurant que toutes les saisines qui lui sont parvenues ont été tranchées, en dépit de la "rapidité" qu'exige cette opération. Il a, par ailleurs, souligné qu'une heure après le début de l'opération de dépouillement, la commission n'avait reçu aucune plainte sur d'éventuelles infractions.

Farid D

 

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La participation diffère d'une wilaya à une autre

Le discours de Bouteflika fait la différence

Bab El-Oued, l'un des plus grands quartiers au monde, hautement peuplé, hautement symploque, témoin de siècles d'histoire... Le soleil avait déjà projeté ses généreux rayons sur les orgueilleuses battisses et sur les étroites ruelles qui commencent, comme jamais ailleurs, à fourmiller dès le petit matin.

Dans les cafés, sur les trottoirs, dans les marchés… on commençait déjà à parler vote. Votera-t-on ? Ne votera-t-on pas ? Qui l'emportera ?... On parlait aussi du discours du président, de ses mises en garde, de ses promesses… bref, le climat semblait différent, et les partisans d'abstention se faisaient plus bavards que les partisans.  Le 10 mai, une journée pas comme les autres : examen de démocratie, de confiance entre les gouvernants et les gouvernés, heure de vérité, de récolte, d'aboutissement  ou non d'un long processus de " réformes", de tentative de redonner un nouveau souffle à la pratique politique… A celui qui voudrait prendre la température, Bab El-Oued reste le meilleur thermomètre. Les trois horloges s'accordent à annoncer en chœur les huit heures du matin.  Les bureaux de vote étaient déjà prêts à recevoir les premiers électeurs, et le tout semblait en place : personnels, bulletins, cachets, bouteilles d'encre… et surtout les urnes, cette fois, bien transparentes, si transparentes qu'on peut y voir le moindre insecte, si infime soit-il.. L'école primaire, Kamel Berkane, fait office d'un bureau de vote. Dans la petite cour se tiennent les représentants des partis politiques, quelques dix-neuf salles sont aménagées pour un meilleur accueil, les unes pour les femmes, d'autres pour les hommes. Quelques vieux matinaux, radieux, souriants, cherchant l'urne des yeux, commençaient à affluer et… quelques jeunes, hommes et jeunes femmes, qu'on pouvait compter sur les doigts d'une main  " N'voti ledzair (je vote pour l'Algérie ndlr)", déclare une femme d'un certain âge. " Je n'allais pas venir", déclare une autre, la trentaine, un voile entourant nonchalamment la tête,  et d'ajouter : " c'est le discours de Bouteflika qui m'a convaincue de l'utilité de voter, notamment quand il a parlé de l'ingérence. Je ne veux pas que mon pays soit proie des vautours occidentaux". D'autres personnes interrogées évoqueront le discours du Président. " C'était chaleureux et ça m'a vraiment touché, surtout quand il a parlé de remettre le flambeau aux jeunes. Je ne m'y connais pas trop en politique, pour savoir comment cela se fera, mais j'ai l'impression qu'il disait vrai ! ", rétorque Mohamed à notre question ayant trait à ses motivations.    

10 heures, le bureau s'anime et le brouhaha va s'accentuant. Quelques électeurs pénètrent dans la cour. chacun est orienté vers la salle où se trouve son nom. Les uns viennent pour voter pour des proches, d'autres pour un idéal politique, et d'autres encore par "devoir". "C'est un droit que j'exerce depuis que je suis majeu ", déclare un quinquagénaire. "Oui ! C'est un droit et un devoi ", renchérit son compagnon, plus jeune, montrant la tâche bleue sur son index.  "Un ami à moi est sur la liste d'un parti. Je suis là pour lui donner un coup de pouce", répond un autre, la quarantaine.

Midi. A présent, le calme est imposant. Que les représentants des partis politiques et les agents qui s'occupaient de l'organisation parlaient d'aller manger. Le calme durera jusqu'à 14 heures, peut-être plus. Que quelques âmes pénétrèrent dans l'enceinte de l'école.  Aux environs de coups de 15 heures, le mouvement reprend légèrement. Des groupes de jeunes, de filles, des couples, aussi, des vieux et des vieilles, mais moins nombreux que le matin, viennent " accomplir leurdevoir " et " exercer leur droit ". Beaucoup ont évoqué l'appel du Président de République au vote à partir de Sétif.  " Sans cela, je n'aurais pas voté ", assure Kamel qui ajoute avec un ton des plus sérieux : " Je crois que nous devons tous mettre la main pour sauver notre pays, le président a certainement raison ! ". A Dix-huit heures, les représentants des partis parlent de 23% de participation. Les votants se faisaient de plus en plus rares…Un peu plus haut. Au lycée Touati Saïd qui s'est lui aussi transformé en bureau de vote, l'ambiance  n'a pas été trop différente. Idem pour la majeure partie des autres bureaux de vote d'Alger. Pis encore dans ceux de la Kabylie… 

Forte participation au Sud

Dans les autres régions, Est, Ouest et surtout Sud une affluence relative d'électeurs a été observée dans de nombreux bureaux de vote. A Sétif, la  plus importante circonscription de l'Est algérien avec 880.280 électeurs inscrits, répartis dans 589 centres et 2018 bureaux de vote, l'affluence, une heure après l'ouverture, était globalement moyenne. Les femmes, comme il est de tradition, étaient peu nombreuses durant la matinée. Mais l'après-midi, elles se sont, tout comme les hommes, précipitées sur lesdits bureaux. La même chose pour Khenchela, Jijel…

A l'Ouest du pays, l'opération de vote a été marquée, aux premières heures, par un bon déroulement et une affluence qui diffère d'une région à une autre. A Oran, il a été observé des files d'attente dans nombre de centres de vote comme à Bethioua, Hassi Mefsoukh, Mers El Hadjadj, Mers El Kebir, Ain El Beida et également au centre-ville de la capitale de l'ouest du pays, augurant d'une participation appréciable.  A Relizane et à l'exception du chef-lieu de wilaya où la participation a débuté timide comme au centre de vote à l'école "Bendjabbar", les autres communes ont enregistré une affluence bien meilleure, à l'instar de la commune "El Matmar".

Pour le Sud, les 4120 bureaux de vote dans les wilayas du Sud du pays ont commencé jeudi dès 8h00 à recevoir leurs premiers électeurs sur les 1.861.385 personnes constituant leur fichier électoral de cette région du pays. Ces premiers électeurs, des personnes relativement âgées mais aussi des jeunes, chose que l'on avait pas l'habitude de voir aux premières heures du scrutin lors de précédentes consultations électorales, ont commencé à affluer par petits groupes aux bureaux de vote ou est remarquée la présence de membres de la sous-commissions de supervision des élections législatives, et des représentants des candidats, partisans et indépendants...Au final le Sud, enregistrera le taux de participation le plus élevé.  

Par Hamid Fekhart

 

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Le score des partis islamiques, le grand enjeu

Le scrutin vu par la presse étrangère

Les plus grands titres étrangers et les médias lourds ont accordé un intérêt très particulier aux élections législatives algériennes. C'était logique et attendu à la fois, dans la mesure où, le scrutin en Algérie intervient dans une conjoncture cruciale, à savoir le " Printemps Arabe ". Un événement très attendu par les médias étrangers dans la mesure où, nombreux furent ceux qui attendaient une victoire écrasante des partis islamistes, comme ce fut le cas dans les autres pays arabes. Au moment où de nombreux pays arabe ont sombré dans l'islamisme, après avoir renversé les anciens régimes par des jeunes révoltés, l'Algérie est, contrairement à plusieurs prévisions, sortie indemne grâce aux élections législatives. Un scrutin suivi de plus près et couvert par plusieurs médias lourds, étrangers et nationaux

. En effet, le journal français, " Le Figaro " a dépêché, à Alger, ses journalistes pour couvrir cet événement à l'instar d'autres journaux français, espagnols, suisses, libanais, koweitiens, saoudiens et belges. Les chaînes satellitaires étrangères étaient elles aussi en force, à Alger, pour la même mission. France 24, France 2, BBC Arabic, Al Arabia, Nesma TV et la liste est longue, ont couvert les élections législatives avec grand intérêt. Pour " Le Figaro ", le premier scrutin organisé après le printemps arabe a rassemblé plus de votants qu'aux dernières élections législatives de 2007. Le même journal s'attendait à une victoire islamiste lors de ces élections. D'ailleurs, le score des partis islamiques et la participation  sont les deux enjeux des élections législatives du 10 mai pour élire  les membres de l'Assemblée populaire nationale (APN), estime, substantiellement, la presse  internationale, qui réserve à l'occasion,  de larges échos à ce scrutin. L'hebdomadaire Le Nouvel Observateur indique que " 21 millions  d'Algériens élisent leurs députés ce jeudi. La principale interrogation est le score que vont réaliser les islamistes ". Pour le quotidien français le Monde, " les Algériens élisent jeudi leurs  députés, après des réformes mises en œuvre (...) pour parer à un printemps arabe, et avec pour enjeu le score des islamistes, et la participation ". De son côté, The Sun, publication anglophone,  rapporte que " les Algériens voteront pour  un nouveau parlement le 10 mai ". " Ce qui rend cette élection intéressante, c'est que les partis d'opposition,  comme le Front des forces socialistes (FFS), qui ont boycotté les élections en 2002  et en 2007, participent cette fois. Son S.G., Ali Laskri, a expliqué que la participation de son parti est dans l'intérêt de l'unité du pays ", note le même  quotidien. Pour le quotidien libanais Ennahar, " Les Algériens iront aux urnes pour choisir les membres de l'Assemblée populaire nationale. Le même journal note que " les analystes et les diplomates s'attendent à ce que ces élections mènent, pour la première fois, les partis islamistes  à former le plus grand bloc dans l'Assemblée constituée de 462 députés à l'instar  de ce qui a été réalisé par les partis islamistes en Tunisie et en Egypte ". A l'instar des autres titres de la presse internationale, Echarq El  Awsat rapporte que " plus de 21 millions d'Algériens élisent aujourd'hui un cinquième Parlement pluraliste ".  Selon ce journal, " ce qui caractérise ces législatives, ce sont  les incessants appels des autorités pour un vote massif des Algériens afin de ne pas faire l'exception dans une région qui a vécu des expériences électorales réussies. A son tour le Parisien note que les électeurs algériens ont commencé à se rendre jeudi aux urnes pour élire leurs députés.  Sous le titre, " La campagne électorale débute en Algérie, un test pour les réformes de Bouteflika " le quotidien marocain, la Nouvelle tribune dans son article consacré aux législatives,  revient sur le discours du président, tout en mettant l'accent sur la participation  qui demeure la grande interrogation ainsi que le score des islamistes.            

Lotfi Itou

 

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Le concept de rupture

Comme sortie de crise

L'installation de la crise algérienne au début des années 1990, a inspiré aux intellectuels de gauche une réflexion autour du concept de rupture comme nécessité historique de sortie de crise.

Dans son ouvrage Algérie, Modernité, Enjeux en jeu, El Hachemi Cherif, Secrétaire général du parti communiste El Tahhadi (ex Pags) explique longuement l'impossible réconciliation avec l'islamisme, dont il reconnaît cependant l'importance à la fois numérique et, donc forcément, politique. L'islamisme est perçu naturellement en des termes extrêmement négatifs, et réduit à ses effets intégristes, voire terroristes. Il n'est pas ici question de discuter le phénomène (islamiste) dans sa genèse, sa sociologie, son enracinement culturel et populaire ni comme riposte aux multiples dysfonctionnements d'un Etat défaillant. Il n'est pas non plus question d'examiner les réponses qu'il apporte, les remèdes qu'il propose, et la " foi " qu'il suscite chez ses nombreux partisans. On ne retiendra du long plaidoyer - mais plutôt du réquisitoire - du Secrétaire général que l'aspect " infâme " et " barbare " qu'il aura retenu de l'islam politique. Nous sommes sur un terrain de la polémique, du dénigrement, de la diabolisation contre l'adversaire ; et non sur celui de la compréhension objective auquel pourtant semble aspirer le propos général de Hachemi Chérif. Il ne va pas de soi, comme le suggèrent ou le clament tant de militants, habitués aux engagements spectaculaires, qu'une telle approche, pour le moins " combative ", soit d'un effet quelconque. Réservée à un type précis de mobilisation politique, et/ou médiatique, il s'avère souvent inutile même de la discuter…

Plus intéressante apparaît l'idée capitale développée à travers l'ouvrage, et dans ses conclusions les plus claires, celle de la rupture hic et nunc. Nous sommes en 1996, lorsque le livre est édité. Il se présente comme une " première synthèse " des idées d'un auteur qui a mené de concert réflexion et action. Outre son passage à la télévision où il fut le réalisateur d'un long métrage de fiction (Ettarfa) et de quelques documentaires, il a, vers la fin de la guerre, pris le maquis, puis exercé des fonctions administratives avant d'être promu à la tête du parti communiste algérien qui fut, pour beaucoup, un inspirateur des idées dont se prévalent les gauchistes du FLN. Et pas seulement eux, puisque le nombre de jeunes, et moins jeunes journalistes, des médias algériens qui les répètent et les propagent, parfois à leur insu - semble-t-il - est conséquent. La rupture dont parle El Hachemi Chérif a eu beaucoup d'écho dans la presse, comme mot d'ordre et concept, avant et après la parution dudit ouvrage. Beaucoup de politiques, parmi les dirigeants compris, l'ont repris à leur compte. Aujourd'hui encore, on le propose, mais du bout des lèvres, comme alternative à la politique de réconciliation nationale, menée par Bouteflika. C'est tout à l'honneur de l'auteur que d'avoir tenté de le définir.

Qu'est-ce que donc cette idée de rupture et en quoi pourrait-elle alimenter une réflexion plus vaste, par delà l'Algérie, sur les problèmes de modernité qui se posent au monde arabe et musulman? D'emblée une grande déception : l'auteur, sans doute englué dans des considérations tactiques et des calculs politiques - n'oublions pas ses " responsabilités " à cet égard -, se refuse d'y répondre franchement. Il fournit cependant un certain nombre de pistes pour la cerner, et commence par insister sur son caractère " impérieux " et " radical ". Le lecteur est sommé de bien comprendre le contexte dans lequel cette proposition de rupture est envisagée, " un moment décisif du mouvement de l'Histoire ", rien de moins, " ce moment risque de ne plus  jamais se reproduire, ou de ne plus se reproduire avant très longtemps ! Car, en cas de manquement au rendez-vous avec cette opportunité historique, c'est une véritable régression à l'échelle de l'Histoire qui terrasserait notre pays ". Nous sommes donc prévenus. La rupture, comme son nom l'indique, n'est pas la réforme. " L'esprit de réforme, la réforme même, n'est ni opératoire, ni efficace, qu'elle ait la prétention de porter sur le tout ou sur telle ou telle sphère, telle ou telle partie de ce tout. " Elle est globale - systématique diraient certains - révolutionnaire en un mot. " Un tel bond - la rupture - ne peut être opérée que par le moyen d'une révolution, conformément aux enseignements de l'Histoire " mais, attention, " Exigence d'une révolution qui ne peut, en aucune manière, être la répétition mécanique des révolutions bourgeoises des pays européens et de l'Amérique - qui se sont réalisées dans des contextes historiques différents quant au niveau de mûrissement des facteurs de développement. "Nous y voilà : la révolution doit être naturellement de gauche, communiste pour tout dire, et non pas " bourgeoise " comme  en Europe ou en Amérique. On croit rêver… Néanmoins, édifié sur l'impérieuse nécessité historique de la rupture et son caractère global et radical, le lecteur comprend qu'il s'agit de rompre avec l'intégrisme et les forces " rentières et bureaucratiques " qui lui sont alliées, voir soumises. Voici donc identifiée la source de blocage et des malheurs que connaît le pays, et avec laquelle le Secrétaire général du parti communiste se propose, nous propose, de " rompre ". Reste à savoir comment ?Surtout pas grâce au suffrage universel ! prévient-il. Ceux qui estiment que le recours aux urnes est la direction vers laquelle il faut s'orienter pour opérer la rupture avec les forces du mal " ceux-là se trompent de société ". Ils " posent cette problématique comme si l'Algérie était déjà un acquis intangible et irréversible (…) Dans leur analyse, ils se trompent carrément de peuple ". El Hachemi Chérif insiste sur l'idée " qu'il ne saurait y avoir de choix conscient " à cause de l'islam politique (dont il reconnaît cependant l'emprise sur le peuple, même si cette emprise n'est que l'effet pervers de son " fonctionnement fasciste ". La démocratie et ses attributs étant le but à poursuivre par la mise en œuvre de la rupture, avoir recours à un processus électoral, donc à la démocratie, est un non-sens. " Jamais, affirme l'auteur, un tel processus n'a tranché la question de la modernité, dans l'histoire de la modernité ".Que faire alors ? Il faut mettre en œuvre " un consensus stabilisateur, à un niveau supérieur, destiné à dépasser des fractures, des cassures déjà existantes "(...) " C'est la rupture qui élargira la base du mouvement et favorisera la création d'un nouveau consensus beaucoup plus large ". " Un tel bond ne peut être opéré que par le moyen d'une révolution, conformément aux enseignements de l'Histoire ". Consensus stabilisateur ? Niveau supérieur ? Révolution ? Enseignements de l'Histoire… Nous n'en saurons pas davantage. Si les acteurs de cette rupture doivent se recruter au sein des forces vives de la nation (c'est-à-dire " tous ceux qui ont objectivement intérêt à l'édification d'un Etat moderne et de droit (…) les forces du travail, de la production, de la science et de la culture. "), il reste à déterminer par quel moyen les regrouper (sous la houlette du parti communiste ?) et comment les amener ensuite à opérer " la rupture radicale" sans leur expliquer de quelle manière, puisque les élections en sont exclues. A coups de fusil ? Par un coup d'Etat des "masses" ? Si l'auteur n'y répond jamais, signalons toutefois, en fin du livre, cet aveu de taille : " Il faut trouver d'autres formes - que celle d'un "acte historique majeur, peu probable" ou celle d'une "succession de moments ou de phases de transition" trop complexe "à maîtriser et animer" - pour consacrer le passage de notre Etat et de notre société à la modernité, passage qui ne peut, de toutes les façons, se réaliser qu'en y intéressant la société elle-même. " En d'autres termes, le Secrétaire général du parti communiste - Dieu ait son âme - 1) ressent le besoin d'une rupture révolutionnaire "urgente et radicale" avec l'islamisme et ses "alliés", 2) avertit qu'il ne faut pas compter sur des élections car le peuple, inconscient, est pollué par l'islamisme, 3) sait que cette rupture doit être le fait des forces productives, 4) mais ignore totalement comment la mener à bout, puisque aussi bien "un fait capital majeur" qu'une "succession de phases" sont peu probables. 5) "il faut donc trouver d'autres formes "… Le combat contre l'intégrisme d'El Hachemi Chérif n'est pas à remettre en cause. Ce sont ses idées qu'il s'agit de préciser pour ceux qui n'ont pas lu son ouvrage ou ses articles de presse. Ses idées sont importantes, par delà l'influence qu'elles ont exercée, et qu'elles exercent toujours, sur une partie de la classe politique -gouvernants compris - et l'opinion. Par delà, c'est la position historique du parti communiste dans la grave crise qui a affecté l'Algérie qu'il faudra mettre au clair et, le cas échéant, dénoncer. Dénoncer les idées communistes ne revient pas systématiquement à mettre en cause les sentiments patriotiques des individus qui le composent. Encore moins à louer les idées islamistes, comme peuvent le penser, à tort, les adeptes confucéens de " l'ennemi de mon ami est mon ennemi ". Ou, comme le clame ce stupide et nuisible président américain, W.J. Buch, " ceux qui ne sont pas d'accord moi sont contre moi ". Si la pensée pouvait se résumer à de telles équations, on s'interdirait volontiers de penser.

L'ouvrage de Hachemi Chérif, s'il se résumait à son seul auteur, serait l'expression d'une colère ; c'est d'ailleurs son principal défaut. Nulle analyse objective de la situation politique algérienne n'y est réellement aboutie. L'islam politique est, certes, le facteur principal qui a alimenté le terrorisme. Mais comment combattre ce dernier sur le terrain de violence même où il veut situer son action dévastatrice ? N'est-ce pas plutôt lui rendre service ? Une des nombreuses contradictions dont l'ouvrage est parsemé est de reconnaître le caractère politique de l'islamisme tout en prônant la violence radicale de lutte contre lui, au moment même où la réalité indique clairement que l'islamisme n'est pas constitué que d'adeptes du terrorisme - autrement, les quatre ou cinq millions d'électeurs du FIS n'auraient pas hésité à prendre le maquis, et les événements auraient pris une autre tournure. Où va-t-on chercher cette idée saugrenue que les sympathisants islamistes, censés être les sympathisants du terrorisme - ce qui reste à démontrer - doivent être " éradiqués " ? Et comment concevoir que, par glissement, il faut viser les " forces alliées " de l'islamisme, c'est-à-dire les non islamistes eux-mêmes, c'est-à-dire tous ceux qui se trouvent dans d'autres " sphères " mais qui participent, directement ou indirectement - on laissera aux militants de Hachemi Chérif le soin de les identifier et les inventorier - à l'existence de l'islamisme ? Buch et Hachemi se rejoignent par la voie de l'extrémisme. La rupture révolutionnaire prônée par l'ouvrage, en "faveur de la modernité", montre clairement qu'elle dépasse le simple phénomène islamiste sur lequel elle s'appuie pour inspirer son intensité et sa ferveur. Ce qui est visé, en fait, ce sont les (ré)-articulations d'un Etat algérien, en voie de libéralisation. Il s'agit de se saisir d'une "opportunité", d'une "chance" historiques, selon l'auteur, pour mobiliser les "forces productives" afin de libérer la patrie d'une transition en cours vers la libéralisation et son corollaire "bourgeois", la démocratisation. Confier une telle tâche à des élections aux suffrage universel, c'est aller à l'encontre des "enseignements de l'Histoire", que le communiste peut lire à son gré, étant entendu que c'est là la pire option qui soit.            En somme, une vision stalinienne bâtie sur un rêve, aussi vieux que celui d'Octobre 1917. 

Par Aïssa Khelladi

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