Voir un film algérien est devenu un évènement. La raison est connue. Elle tient à l'effondrement quasi total du réseau des salles de cinéma. Il n'y en a plus qu'une dizaine aujourd'hui, à l'échelle du territoire national, en état de fonctionnement. C'est un désastre dont les incidences sont aussi bien culturelles qu'économiques.

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 Regards                    

Voter est devenu un travail

C’est fini, on peut passer à autre chose. Les élections législatives ont désigné ceux qui vont représenter le peuple. En prime, les abstentionnistes n'ont pas été plus nombreux que les Cassandre le prévoyaient. Donc, tout est bien qui finit bien. Entre ceux qui ont un engagement et ceux qui ont obéi à l'appel de Bouteflika, le quorum honorable a été atteint. Cela dit, il fallait bien de la patience pour accomplir son opération de vote. Vous imaginez ce que cela coûte de ramasser un à un la quarantaine de bulletins. Sans préjudice de l'irritation que suscite le sentiment que c'est pour les jeter, parce qu'on n'a besoin que d'un seul. Ensuite, il fallait retrouver son candidat en feuilletant le tout, dans un isoloir exigu et sur un pupitre réduit à une planchette de quelques centimètres. Une galère. On se dit bien après que l'on aurait dû mettre l'élu au-dessus ou en dessous de la pile. Signalons, tout de même, ce pincement de cœur que l'on a de jeter tout ce papier dans une poubelle, en se consolant qu'il servira peut-être de brouillon à notre administration papivore, si elle a l'idée de récupérer le verso. Le temps compte peu, alors on ne s'offusque pas de le perdre, quoiqu’il fût possible de raccourcir le délai d'attente. Il suffisait de revoir la configuration de l'isoloir et de son pupitre, afin d'y placer les bulletins au lieu de les placer dans la salle. L'idée est que tout en préservant le secret du choix, l'électeur n'aurait plus à se soumettre à la corvée. Il lui suffit du geste de prendre, seulement, la feuille qu'il faut et de la mettre dans l'enveloppe, en laissant le reste en ordre et bien empilé. Ce qui, du reste, facilitera la tâche de récupération des bulletins non utilisés. C'est une idée comme ça, qui peut servir, si aux prochaines élections la liste de candidats est aussi longue ou rallongée de nouveaux prétendants. Reste une curiosité que la télévision n'a pas satisfaite. Une vieille de 116 ans est venu voter. On ne l'a vu suivre la procédure et on en est, encore, à se demander comment elle a pu se débrouiller là où les plus valides ont été mis en difficulté. Passons sur la désagréable obligation de se salir l'index d'une encre tenace  pour se conformer aux règles de contrôle. Vient ensuite, chez certains,  le doute sur le bien-fondé de leur décision. En revenant sur la campagne électorale, ils se rendent compte qu'ils n'ont pu suivre qu'un petit nombre de discours. Car il fallait vraiment en vouloir, pour se soumettre à une écoute autant fastidieuse qu'héroïque de dizaines d'intervenants qui se succédaient à la télévision. Sans préjudice de la bonne reconnaissance et de la mémorisation exacte du sigle. Chaque soir, il aurait fallu sacrifier, tout sacrifier, aux candidats, se munir d'un bloc-notes et concentrer son attention autant sur les propos que sur les différences qu'ils présentent. Un travail en soi. On n'en connaît pas de ceux qui l'auraient accompli. Ce qui mène à se poser la question de savoir en quoi une telle multiplication d'acteurs peut servir la liberté d'expression, en particulier, et la démocratie, en général. Alors que jamais l'on n'a assisté à une telle confusion.     

Par Ahmed Halfaoui 

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samedi 12 mai 2012

Revers des islamistes

Large victoire du FLN

Les résultats du scrutin sur les élections législatives de jeudi dernier ont été mitigés. Loin des prévisions des observateurs, le Front de libération nationale (FLN) d'Abdelaziz Belkhadem a raflé la mise, contre toute attente, ratant de quelques sièges près, la majorité absolue au nouveau Parlement.

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LES TITRES           

- Taux de participation de 42,36%

 

- 145 femmes députées

 

- Le scrutin entaché d'incidents


LA 24

 

Ils sont scolarisés dans des écoles françaises

Des enfants d'émigrés s'intéressent à la langue arabe 

Plus de 4000 élèves du cycle primaire des écoles françaises ont bénéficié de cours d'enseignement de la langue arabe dans la ville de Marseille durant l'année scolaire 2011-2012, a indiqué mercredi la responsable régionale du programme d'enseignement des langues et cultures d'origine, Melle Leila Nouali. Les cours d'enseignement de la langue arabe sont dispensés trois fois par semaine dans les écoles françaises, conformément à la convention signée entre les deux pays (Algérie-France) en 1981, en dehors des cours ordinaires, après régulation des programmes d'enseignement de cette langue avec les écoles concernées. Dans le cadre des classes d'enseignement de la langue arabe, ces écoles accueillent 12 élèves par classe au moins. Ce nombre pourrait atteindre 20 élèves en cas d'une forte demande de la part des associations ou des autres communautés établies en France intéressées par cette langue, a-t-elle précisé. Melle Nouali a affirmé que la dispense des cours d'enseignement de la langue arabe s'est limitée jusqu'à présent aux classes primaires, qui apprennent en premier lieu les lettres de l'alphabet puis font des exercices de prononciation à travers les chants et finissent par apprendre à construire des phrases et à écrire des lettres courtes. M. Hassan Abbad, chargé de la pédagogie au programme d'enseignement des langues et des cultures d'origine a estimé que l'enseignement de la langue arabe aux enfants issus de l'émigration "est partie intégrante" des fondements de l'identité nationale, soulignant la nécessité de "sensibiliser" les parents à cet aspect. Il a en outre cité les difficultés rencontrées pour recruter des enseignants de la langue arabe. Il a appelé le ministère de l'Education qui supervise cette opération en coordination avec le ministère français de l'Education, à recruter des enseignants pour ces écoles et étendre l'enseignement de la langue arabe aux autres cycles et aux universités en tant que langue "vivante". Le ministère de l'éducation nationale envoyait auparavant des enseignants en France pour l'enseignement de la langue arabe, cependant, les difficultés d'obtention des visas rencontrées ces dernières années par les Algériens ont ralenti ce processus et contraint les encadreurs de ce programme à recourir au recrutement d'enseignantes ayant bénéficié de la pré-retraite après avoir contracté un mariage en France. M. Abbad a appelé le ministère concerné à définir un statut pour l'enseignement de la langue arabe en France et à enrichir ce programme reconnu dans le cadre éducatif européen d'enseignement des langues.

Les programmes d'enseignement de la langue arabe en France remontent aux années 1980, avec la réalisation de cinq manuels aux enfants bénéficiaires de ces cours, tandis que les encadreurs de cette opération veillent à l'actualisation et à la modernisation de ces manuels.

Tahar F.

 

Région Moyen-Orient et Afrique du nord (MENA)

L'approche stratégique américaine redéfinie

Les Etats-Unis ont "reconceptualisé leur approche stratégique aux nouvelles réalités" de la région Moyen-Orient et Afrique du nord (MENA) et il est "trop tôt de prédire quels types de systèmes politiques peuvent émerger" de certains pays, a déclaré devant le Congrès le secrétaire d'Etat adjoint américain pour les affaires du Proche-Orient, M. Jeffrey Feltman.

Intervenant devant la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants lors d'une audition consacrée aux priorités de la politique américaine dans les pays du MENA, M. Feltman a souligné que les profonds changements intervenus dans cette région ont "remodelé l'approche américaine pour cette région".

Abordant les cas de la Libye, de la Tunisie et de l'Egypte, ce haut responsable du département d'Etat a considéré qu'il était "trop tôt pour prédire quels types de systèmes politiques peuvent émerger dans ces pays ou combien de temps dureront les transitions". 

Aussi, a-t-il ressasé,: "Nous ne pouvons pas dire avec certitude comment les autres gouvernements de la région pourraient évoluer".

Selon lui, si les Etats-Unis ne savent pas encore quelles seront leurs relations sur le long terme avec les nouveaux gouvernements et parlements,  ils savent qu'il leur sera "essentiel d'établir et de maintenir des types de partenariats qui les aident à protéger et à promouvoir leurs intérêts".

Dans ce sens, il a soutenu que "cela demande de la patience, de la créativité et de la flexibilité dans un environnement en constante évolution".

Abordant les réformes économiques dans la région, M. Feltman a indiqué qu'un réel changement ne se fera que par "un nouveau modèle de croissance, un cadre fondé sur des règles, un rôle beaucoup plus important pour le secteur privé, et une économie plus inclusive articulée sur la concurrence au lieu que sur  d'étroits intérêts privés basés sur la corruption et d'autres activités destructrices du bien commun".  En conséquence, a précisé le même responsable, l'une des priorités du gouvernement américain est de continuer à promouvoir les réformes politiques et économiques dans la région, et de faire en sorte que l'aide et l'engagement diplomatique des Etats-Unis dépendront "des dimensions qui comptent pour les citoyens de la région". Sur ce point, il a cité "des institutions gouvernementales transparentes qui répondent mieux aux besoins des citoyens, l'emploi et la croissance économique et l'accès des citoyens au processus politique et décisionnel de leur pays." "Les gouvernements anciens et nouveaux de la région doivent reconnaître et répondre aux aspirations légitimes de leur peuple s'ils veulent conserver leur légitimité à gouverner", a-t-il ajouté. 

Tahar F.

 

En Tarf

Saisie de 4,5 kg de corail à El Kala

Les éléments de la Sûreté de la daïra d'El Kala (El Tarf) ont saisi 4,5 kg de corail destinés à la contrebande, selon la Sûreté de wilaya. Cette saisie a été opérée mardi au cours d'un barrage de routine sur la RN 84 où les éléments de la Sûreté de        daïra ont découvert, après vérification d'un véhicule, cette quantité de corail dissimulée dans des sachets en plastique sous les sièges de la voiture.

Les deux individus qui se trouvaient à bord du véhicule ont été arrêtés, selon la même source qui a souligné que de corail de contrebande devait être acheminé vers la commune frontalière d'Oum-Teboul pour son exportation frauduleuse vers la Tunisie.

Présentées mercredi devant le procureur de la République, les deux personnes interpellées ont été placées sous mandat de dépôt, a-t-on ajouté à la Sûreté de wilaya.

Bilal L.

 

Des boissons alcoolisées découvertes dans le véhicule incriminé

Un chauffard tue une fillette et blesse 5 enfants 

Une fillette de 11 ans est morte et 5 autres enfants, des filles et des garçons âgés entre 4 et 12 ans, ont été blessés après avoir été percutés mardi soir par une voiture à Batna, selon les services de la Sûreté de wilaya.

Les six victimes, qui jouaient dans la cour de leur cité populaire Bouakal, ont été évacuées vers le centre hospitalo-universitaire de Batna, où l'une d'elles a rendu l'âme des suites de ses graves blessures, a indiqué la même source.

Les services de Sûreté de la wilaya ont fait part de la découverte, dans le véhicule incriminé, d'importantes quantités de boissons alcoolisées.

Le conducteur, âgé d'une trentaine d'années, qui avait pris la fuite a pu être identifié puis rapidement arrêté par les éléments de la sûreté de wilaya, a-t-on ajouté.

Salem M.

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Banlieue

Par

Amine Esseghir

Le cercle des écrans disparus

Voir un film algérien est devenu un évènement. La raison est connue. Elle tient à l'effondrement quasi total du réseau des salles de cinéma. Il n'y en a plus qu'une dizaine aujourd'hui, à l'échelle du territoire national, en état de fonctionnement. C'est un désastre dont les incidences sont aussi bien culturelles qu'économiques. La bonne santé d'un cinéma national tient à la pérennité de l'indice de fréquentation selon le principe que l'argent du cinéma va au cinéma. C'est l'usage du ticket modérateur qui prévoit qu'une partie des recettes aux guichets est injectée dans le financement de la production cinématographique. Ce n'est plus le cas depuis de nombreuses années et d'autres formes d'aides institutionnelles se sont substituées aux flux financiers générés par la fréquentation du réseau de salles de cinéma. Il n'est plus possible de voir des films algériens que dans quelques rarissimes salles, pour les nouvelles productions, et à la télévision pour ce que l'on pourrait considérer comme les grands classiques du cinéma national. Il s'agit de classiques dans le sens où ce sont des oeuvres qui datent des années soixante à quatre-vingts du siècle dernier. C'est-à-dire aux années durant lesquelles l'Etat s'est désengagé de sa mission de production avec pour conséquence la dissolution des entreprises cinématographiques et audiovisuelles publiques. Cela n'empêche pas l'existence d'un patrimoine constiué de titres emblématiques qui sont des références pour les nouvelles générations car elles attestent d'une période durant laquelle l'Algérie a formé des réalisateurs et des techniciens émérites dans les filières de la création cinématographique. La question, loin d'être accessoire, est celle de connaître le sort de ce fonds dont la valeur historique et culturelle ne fait pas de doute, à la lumière de l'irruption des nouvelles technologies de diffusion et notamment celles qui sont à l'oeuvre sur Internet. Des films algériens sont accessibles sur la toile sans que l'on sache si les droits du producteur, en l'occurence l'Etat algérien, et des ayants droits, c'est-à-dire l'ensemble des corps de métiers qui ont ccontribué aux oeuvres cinématographiques et télévisuelles nationales, sont préservés. C'est une chose que de voir Patrouille à l'est, L'opium et le bâton, les vacances de l'inspecteur Tahar, Hassan Terro, pour ne citer que ces films-culte, diffusés par la télévision algérienne avec les garanties qu'impose la réglementation, c'en est une autre que de les découvrir sur des réseaux sociaux. Il y a dans cette question une dimension éthique au moment où la lutte contre la piraterie est érigée comme un impératif international. Force est de constater que le combat en la matière reste encore inégal lorsque y compris des films récents, qui ont coûté de lourds investissements, au nombre desquels figurent les aides publiques prévues par la loi, sont dans les circuits informels avant même d'avoir entamé leur carrière. Il n'est besoin que de se référer aux DVD en circulation de certains titres que le public algérien aurait dû découvrir dans des salles de cinéma ou à la télévision après épuisement des droits commerciaux comme cela se fait partout dans le monde. C'est un aspect déterminant d'une problématique   cinématographique     algérienne qui pourrait réunir de meilleures conditions de décollage mais qui se heurte à un double obstacle dans sa quête du public qui lui est nécessaire pour s'exprimer et d'exister. C'est celui des ressources et des moyens de diffusion réduits à la peau de chagrin.    

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