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mercredi 15 juin 2011

 

Consultations et réformes politiques

L'effet Mehri

Invité par Bouteflika aux débats sur les réformes

Refus  de Ali Kafi

Alain Juppé en visite aujourd'hui

Rapprocher les points de vue entre Alger et Paris

Rencontre journalistes/députés à Oran

Un conseil d'éthique contre les dérives de la presse

Assises nationales sur la société civile

Bouteflika voudrait en faire un outil pour «libérer la parole»

Selon Oxford Business Group ( OBG )

Vers une hausse de l’usage d’Internet et des abonnements en Algérie

Mekidèche sur les états généraux de la société civile :

«Pour des assises apolitiques»

Dernier rapport du BIT sur le dialogue social

Une nouvelle approche du syndicalisme est indispensable

Vol, drogue et maltraitance

La situation désastreuse des enfants de la rue

Promotion de la femme algérienne

La loi n'est pas appliquée

 

 

 

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Consultations et réformes politiques

L'effet Mehri

En participant aux consultations sur les réformes politiques, Abdelhamid Mehri a ravivé le débat politique. Mais a-t-il été porteur d'idées nouvelles ?

Revoilà donc Abdelhamid Mehri, cette fois-ci en arbitre inattendu des consultations politiques autour des réformes de Abdelaziz Bouteflika. Bien qu'il connaisse  les convictions de celui-ci et ce qu'il était en mesure de dire à la presse, Abdelkader Bensalah a tout de même dû pousser un grand ouf de soulagement en apprenant que Mehri a accepté son invitation, ravivant l'intérêt du public pour ces consultations jusque-là boudées par l'opposition, car Abdelhamid Mehri, bien que présenté comme une personnalité nationale, est vu à la fois comme le chef de file d'une aile du FLN, les "exclus", dont Mouloud Hamrouche et l'ambassadeur du FFS et du FIS dans ce qui peut encore les réunir. Parce qu'on lui prête toutes ces casquettes à la fois, Abdelhamid Mehri s'est tout de suite imposé comme un invité de poids de la commission Bensalah. Cela est si vrai d'ailleurs qu'il a suffi que M. Mehri entre en scène pour que soient oubliés tous les autres invités de ladite commission qui, eux, ont fini par apparaître comme de simples nuances d'une seule et même couleur. Et même si sa venue a relevé de la crédibilité des consultations, on finit donc avec l'impression générale qu'il n'y aurait eu que Bensalah et ses assistants d'un côté et Mehri de l'autre, durant toutes ces consultations.

Mais que propose Mehri ? L'ancien secrétaire général du FLN n'a en fait pas d'idée neuve à proposer. Il est favorable à une conférence nationale où seront invitées toutes les forces politiques pour jeter les bases d'un nouveau système politique.

Cette idée date de bien longtemps. Elle aurait plutôt mal vieilli. Il ne s'agit pas des vingt ans qui bientôt nous séparent du Contrat national signé à Sant Egidio, mais de la validité d'une telle idée qui depuis a pourtant connu nombre d'événements qui en ont fait un document de moins en moins en phase avec la réalité. On se souvient ainsi que l'idée d'une conférence nationale "sans exclusive" (c'est-à-dire incluant les chefs du FIS à la table du dialogue) ne devait avoir pour autre ordre du jour que de régler le problème posé par l'arrêt du processus électoral en janvier 1992. Conférence à laquelle Mehri et les personnalités qui partageaient ses positions au sein et en dehors du FLN, voyaient un seul et unique aboutissement : l'annulation de la dissolution du FIS et son autorisation à participer à de nouvelles élections. Telle était alors l'offre faite par ce qu'on avait fini par appeler le contrat de Sant' Egidio et dont on est en droit aujourd'hui de se demander si encore son contenu est de l'ordre du réalisme.

Tout d'abord, l'offre du dialogue lancée par Abdelaziz Bouteflika, mené dans le cadre de la commission Bensalah, se place dans la perspective d'un enrichissement des réformes dont l'agenda et certainement aussi les grandes lignes ont été clarifiés, sinon insinués, par le chef de l'Etat. Ce dont parle Abdelhamid Mehri s'apparente à une solution à une crise politique qui a existé mais qui, aujourd'hui, n'existe plus. Quand le Contrat national appelait en 1994 à une conférence nationale, celle-ci devait servir à mettre fin au cycle de violence dans lequel l'Algérie entrait de plain-pied. Rien de tel aujourd'hui quand non seulement le terrorisme est défait politiquement, mais qu'en plus les groupes armés, qui activent en Algérie, ne se définissent plus par rapport à la situation politique de l'Algérie, mais se présentent comme partie intégrante d'Al Qaïda dont ils se chargent de mettre en œuvre un agenda transnational. Ne parlons pas  des différentes étapes de la réconciliation nationale qui, à mesure qu'elle a été mise en œuvre par le président Bouteflika, a fini par vider le Contrat national de son contenu revendicatif.

En tout état de cause, ce document n'est plus un élément mobilisateur, pas même au sein de la mouvance islamiste et seuls quelques irréductibles s'acharnent encore, mais en sourdine, à parler du retour du FIS.

En outre, si l'on tient compte du contexte général qui a présidé à ces réformes, on ne doit pas omettre qu'elles sont dictées par un contexte régional, qui est celui des révoltes arabes qui, à l'évidence, se nourrissent les unes des autres. Mais c'est de révoltes démocratiques qu'il s'agit et non d'une vague islamiste comme celle que le monde arabe a vécue dans les années 70 et 80, du siècle écoulé.

Les réformes de Bouteflika entendent officiellement renforcer la démocratie et absorber les éléments d'une instabilité future. M. Mehri évoque, quant à lui, une démarche propre à une crise politique qu'on a du mal à constater sur le terrain. Ce qui existe, ce sont des mouvements sociaux et cela ne fait pas un mouvement politique et encore moins une crise politique.

Il aurait été très édifiant pour l'opinion nationale, si l'on admet qu'il y a une évolution dans les idées de M. Mehri, que celui-ci nous ait donné son analyse de la situation et en quoi alors une conférence nationale serait le remède. On saurait alors quelles sont les parties que ce dernier souhaite voir participer à pareil rendez-vous qui, avouons-le, n'est qu'une autre appellation de compromis de l'Assemblée constituante - mais où la désignation des sièges serait tributaire du compromis politique et non à des élections.

Si l'on doit reconnaître à Abdelhamid Mehri la constance de ses idées, ce qui le rend à la fois un homme politique lisible et digne du débat politique, au contraire d'autres qui sont beaucoup moins intègres de ce côté-ci, il faut tout de même noter un peu de maladresse de sa part quand il parle du "pouvoir occulte", des propos qui seraient de nature à lui aliéner l'oreille du chef de l'Etat, puisqu'il dit implicitement que le pouvoir que l'on voit n'est pas celui qui est.

A vrai dire, en dehors de son acceptation d'aller chez Bensalah, Abdelhamid Mehri n'aura pas étonné les observateurs. Il est à l'image de sa famille politique qui répète la même chose quand il s'agit d'analyser la crise algérienne. Pour cette partie de la classe politique, il y a les nationalistes et les islamistes, il n'y a qu'eux qui ont composé le mouvement national. C'est leur union qui a amené l'indépendance, c'est leur désunion qui a généré la crise. Et ce n'est donc que par la réconciliation de ces deux ailes que la stabilité politique sera possible. Quelle place pour le progrès démocratique ici ? Voilà le débat qui n'a toujours pas eu lieu, car l'on continue à dire que la réconciliation est le prélude à une Algérie démocratique. Mais cela suffit à autoriser certains à dire que puisque la réconciliation est achevée, autant aller vers la liberté à l'activité politique pour tous, le FIS compris.

On ne s'attardera pas sur le débat au sujet de ce que vaut ce parti dissous aujourd'hui. Mais la situation actuelle démontre, une fois de plus, qu'être un opposant ne veut pas forcément dire que l'on est automatiquement un militant démocrate. En réalité, Abdelhamid Mehri s'inscrit dans un débat interne au système, dont il est un dissident clair et net. Mais cela reste un débat entre conservateurs qui, par la propre lecture qu'ils ont toujours eue au sujet du mouvement national, sont encore convaincus de l'hégémonie de leur idéologie dans la société.

Par Nabil Benali

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Invité par Bouteflika aux débats sur les réformes

Refus  de Ali Kafi  

Les premiers boycotteurs des consultations sur les réformes politiques étaient distinctement les deux partis politiques de l'opposition  à savoir le Front des forces socialistes (FFS) du chef historique M. Hocine Aït-Ahmed, et le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), voilà un ex chef d'Etat M. Ali Kafi qui rejette à son tour les consultations initiées par le Président de la République.  " Je ne participerai pas à ces consultations" c'est à travers ces mots décisifs que l'ancien président du Haut comité d'État (HCE, présidence collégiale de transition) a confirmé son boycott dans une déclaration accordée au quotidien Echorouk.

L'ancien colonel de l'Armée de Libération nationale (ALN) qui semble désintéressé par la commission du président du Sénat Abdelkader Bensalah, et ses deux conseillers, a pointé du doigt le régime actuel, "Je ne crois pas à ces consultations, car le régime en place ne veut pas d'un véritable changement.

Tout ce qu'il fait, vise à son maintien", a ajouté M. Kafi  Dans le cadre de ces consultations, le président " Bouteflika a prévu de recevoir personnellement ses quatre prédécesseurs encore en vie " a rapporté la presse. Depuis janvier, simultanément avec les révolutions arabes,  des manifestations, marches, émeutes, ont émaillé le vécu algérien.

Les protestataires réclament des augmentations de salaire, mais aussi des emplois, des logements. Les consultations une fois achevées, doivent déboucher sur des propositions qui seront soumises à M. Bouteflika.

Ce dernier présentera sa version finale au gouvernement qui élaborera des projets de loi à soumettre à l'Assemblée nationale (APN) en septembre. A rappeler que M. Ali Kafi a succédé au premier président du HCE, M. Mohamed Boudiaf, assassiné en juin 1992 à Annaba. Le HCE a été dissous en janvier 1994 à la suite de la nomination du général Liamine Zeroual au poste de chef d'État.

Par Messaoudene Mourad

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Alain Juppé en visite aujourd'hui

Rapprocher les points de vue entre Alger et Paris

Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, effectuera aujourd'hui une visite de travail à Alger, où il rencontrera son homologue algérien, Mourad Medelci, ainsi que le chef de l'Etat, Abdelaziz Bouteflika, et le Premier ministre, Ahmed Ouyahia.

La visite du chef de la diplomatie française revêt un caractère assez spécifique, en ce sens qu'elle permettra de lever un certain nombre d'équivoques qui entourent de grandes questions régionales, à l'instar de la situation en Libye et au Sahara occidental. En effet, cette concertation diplomatique en haut lieu entre Alger et Paris est de matière à clarifier les visions des uns et des autres sur ces conflits régionaux qui minent désormais la région du Maghreb. La France, dont la position vis-à-vis du conflit en Libye est connue de tout, sachant que c'est le premier pays qui avait bombardé les forces loyalistes fidèles à Mouammar Kadhafi, et l'Algérie qui s'est toujours remise aux résolutions de l'Union africaine favorisant la solution politique négociée en Libye voisine, devraient s'entendre à trouver un consensus autour de la question. Les deux parties «aborderont toutes les dimensions de la relation bilatérale et partageront leurs analyses sur les sujets de politique internationale et régionale d'intérêt commun (Libye, processus de paix au Proche-Orient, Sahara occidental, lutte contre le terrorisme, UPM, relations avec l'Union européenne...)», selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères algérien.

Une lecture s'impose cependant quant à cette dynamique politique, diplomatique et économique qui va crescendo entre l'Algérie et la France, pour dire que le rapprochement entre les deux pays croît chaque jour un peu plus, synonyme d'un regain d'intérêt et de l'enterrement de la hache de guerre à chaque fois déterrée par le passé colonial de la France. C'est ce que confirme le porte-parole des AE algérien qui note que «les nombreux échanges de visites entre les deux pays et la mise en place de nouveaux mécanismes de concertation politique et de facilitation des investissements ont permis de consolider et de diversifier la coopération bilatérale et de l'élargir à tous les secteurs d'intérêt commun».

Outre les questions économiques déjà en bonne voie suite à la visite de Jean-Pierre Raffarin, le chef de la diplomatie française s'entretiendra donc avec les responsables algériens sur les grandes questions régionales, en l'occurrence les épineux dossiers de la Libye et du Sahara occidental. Il s'agit de clarifier les visions des uns et des autres qui, faut-il le dire, souvent contradictoires, dans la perspective de parvenir à un consensus qui satisfera les uns et les autres.

Autant de problèmes en suspens que la visite de Juppé saura plus ou moins aplanir. C'est dire qu'entre Alger et Paris l'heure est aux explications sur diverses questions en suspens, question de donner un coup d'accélérateur aux relations bilatérales entre ces deux pays qui font preuve d'un réel rapprochement ces derniers mois, à la faveur des visites à répétition de la part des officiels des deux pays. Après avoir remis en marche les segments économiques qui eux aussi ont connu un frein, Alger et Paris veulent désormais tourner la page et hausser la concertation politique et diplomatique à un haut degré d'amitié.           

Par M. Aït Chabane

 

«Pour un partenariat d'exception»

La visite du chef de la diplomatie française Alain Juppé répond à une «volonté commune d'édifier un partenariat d'exception», a déclaré hier le porte-parole algérien du ministère des Affaires étrangères, Amar Belani. Rappelons que le dernier ministre des Affaires étrangères français à s'être rendu en Algérie est Bernard Kouchner, en mai 2008. Cette visite «s'inscrit dans le cadre du renforcement du dialogue politique entre les deux pays et participe de leur volonté commune d'édifier un partenariat d'exception qui soit à la mesure des liens multiformes qui les unissent en termes d'histoire, de voisinage et de densité des rapports humains», a précisé M. Belani. Et d'ajouter :  «Les nombreux échanges de visites entre les deux pays et la mise en place de nouveaux mécanismes de concertation politique et de facilitation des investissements ont permis de consolider et de diversifier la coopération bilatérale et de l'élargir à tous les secteurs d'intérêt commun».           

M.  B. 

 

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Rencontre journalistes/députés à Oran

Un conseil d'éthique contre les dérives de la presse

Après la rencontre, dimanche dernier, qui a réuni le ministre de la Communication et les professionnels de la presse à Oran, ce fut autour des parlementaires de se réunir hier avec les journalistes et d'écouter leurs propositions. En tant que députés siégeant au niveau des deux chambres parlementaires pour voter les lois, ils ont voulu aborder avec la corporation l'amendement de l'article 140 bis du code pénal relatif au délit de presse. Le projet d'amendement de cet article, qui a toujours fait polémique, sera présenté par le ministre de la Justice et Garde des sceaux révisé pour être débattu en plénière à l'APN. Pendant trois heures, journalistes et députés ont passé en revue la question de la dépénalisation du délit de presse et notamment les peines de prison prévues à l'encontre des gens de la profession. Le souci majeur pour les journalistes reste la définition de la diffamation avant de prononcer toute condamnation.  Une condamnation qui porte un lourd préjudice à la personne sachant que  les plaintes déposées devant la justice sont, souvent, infondées après la présentation du journaliste devant le juge. Pour la corporation, la dignité du journaliste doit être préservée et il ne doit pas être considéré comme un criminel. En prenant la parole, un député a tenu à clarifier un point précis devant l'assistance, en déclarant que la mission des dix parlementaires présents à cette rencontre  est de discuter avec les journalistes des conditions de leur travail et des articles du code pénal sous aucune couleur partisane. Le but est de pouvoir véhiculer leurs préoccupations devant les deux chambres. Quant aux journalistes, ils ont tenu à rappeler la manifestation organisée, il y a dix ans, à  Oran, pour protester contre les

dispositions du code de l'information promulgué à l'époque du gouvernement d'Ahmed Ouyahia. Pour la corporation, le journaliste doit défendre ses droits et aussi assumer ses devoirs et ne pas porter atteinte à l'intégrité des personnes ou

leur dignité. Il est aussi important de préserver la vie privée des personnes dans l'exercice de cette profession. C'est dans ce cadre que les journalistes insistent pour l'institution d'un conseil de l'éthique qui sera un moyen de contrôle contre toutes les dérives de la presse. Toutes les propositions émises par les professionnels de la presse seront transmises dans un rapport par les parlementaires à l'APN, en attendant l'examen du statut du journaliste au mois de septembre par les députés.

Par Loubna Zahaf

 

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Assises nationales sur la société civile

Bouteflika voudrait en faire un outil pour «libérer la parole»

Les assises nationales sur la société civile qui se déroulent en ateliers spécialisés, et qui devront déboucher sur des recommandations à même de faire participer pleinement la société civile à la vie politique et sociale du pays, ont débuté hier au palais des Nations, en présence d'un millier de participants venus de divers horizons.

Entreprises par le Conseil national économique et social (CNES) dans une conjoncture marquée par une effervescence sociale et politique, lesdites assises s'inscrivent, il n'est pas inutile de le rappeler, en droite ligne des directives développées par le Président de la République, le 15 avril dernier, concernant la nécessité de faire du mouvement associatif le véritable relais entre la société politique et la société civile. Par cette démarche inédite, le Président, apprend-on, voudrait  «libérer la parole» des différentes composantes de la société civile dans le cadre d'une approche basée sur de nouveaux rapports consensuels entre la base et le sommet de la pyramide sociale. C'est ce que venait d'affirmer, hier, le président du Conseil national économique et social (CNES), M. Mohamed Seghir Babes, qui dira à l'ouverture des premiers états généraux de la société civile algérienne : «Le Président de la République m'a demandé de transmettre à l'ensemble des participants son sentiment intime de soutien et d'écoute. Il entend, en particulier, libérer la parole de la société civile dans l'ordre d'un nouveau système de gouvernance pour dire que nous sommes dans une approche de la base vers le sommet». M. Babes a également relevé la nécessité de dégager des «consensus» autour des thèmes qui seront débattus lors de ces assises.  «Le Président de la République nous a donné l'occasion de dialoguer et de partager nos points de vue et a voulu faire participer toutes les potentialités nationales en toute transparence», dira encore M. Babes, qui a assuré que les recommandations qui seront issues de cette réunion seraient soumises au premier magistrat du pays. Il s'agit, selon lui, «d'un nouveau modèle de gouvernance qui nous est ainsi proposé». Pour sa part, l'ambassadeur de l'UE en Algérie, Mme Laura Baeza, qui a assisté à l'ouverture, a déclaré : «Nous sommes convaincus que les réformes annoncées vont dans le sens d'une juste réponse aux aspirations de la société algérienne.» Elle qualifiera ces assises, d'«extrêmement importantes» dès lors qu'il s'agit pour les autorités publiques algériennes, d'« écouter tout le monde» dans le sillage des réformes engagées. Pour rappel, cinq thèmes seront débattus en ateliers thématiques qui sont : «Economie et croissance», «Protection sociale et solidarité», «Rénovation du système de gouvernance», «La jeunesse et ses aspirations», «Le cadre organique et de fonctionnement autour d'une charte de la société civile». Notons que des personnalités et intellectuels nationaux établis en Algérie et à l'étranger, des organisations estudiantines et de la jeunesse et des conseils de déontologie et d'éthique ainsi que des cercles citoyens de réflexion et d'action et des sociétés savantes prendront également part à cette rencontre qui va de paire avec  les réformes politiques «profondes» annoncées par le chef de l'Etat et dont l'exécution est l'objet, depuis le 21 mai, de consultations avec des partis et des personnalités politiques.

Par Hamid Fekhart

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Selon Oxford Business Group ( OBG )

Vers une hausse de l’usage d’Internet et des abonnements en Algérie

 « Les capacités haut débit de l’Algérie devraient presque doubler cette année, ce qui, au vu des plans ambitieux en termes de nouvelles connexions à la boucle locale, de généralisation de l’accès aux services électroniques, et d’accroissement de la connectivité internet mobile, devrait entraîner une hausse de l’usage d’internet et des abonnements », affirme Oxford Business Group (OBG) dans un récent document consacré à la question.

Selon OBG, les derniers chiffres de l’Union Internationale des Télécommunications des Nations unies, attribuent à l’Algérie 4,1 millions d’usagers d’internet en 2009 et un taux de pénétration de 12 %. Par ailleurs, se basant sur les chiffres de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications (ARPT), le document estime que le nombre d’ abonnements ADSL s’élevait fin février 2011 à 830.000, ce qui représente une croissance de plus 18 % par rapport à l’année 2009, « au cours de laquelle le nombre d’ abonnements a plus que doublé, passant de 300.000 en 2008 à 700.000 en 2009 ». Les projets d’Algérie Télécom d’extension du réseau à haut débit, prévoient de passer à 6 millions d’abonnés à l’horizon 2014, et la mise en service de 500.000 lignes MSAN (nœuds d’accès multi-services) au cours de cette seule année, ajoute OBG. Cette extension des capacités d’abonnement sera accompagnée par une augmentation de la capacité totale de la bande passante internet nationale, « qui est actuellement de 45,9 gigaoctets par seconde (gbps) (et qui) va plus que doubler pour atteindre 100 gbps à fin 2011 ». « La hausse de la capacité sera donc de 400 % par rapport à 2009, lorsqu’elle s’élevait à 20 gbps », affirme OBG. Algérie Télécom pourra ainsi proposer de « nouvelles offres haut débit » pouvant atteindre 8 mégaoctets par seconde (mbps) et 20 mbps respectivement pour les particuliers et les professionnels. « L’arrivée en Algérie de la téléphonie mobile 3G devrait également donner un large coup d’accélérateur à la disponibilité et à l’usage d’internet, en particulier pour ce qui concerne les taux de pénétration de la téléphonie mobile qui sont nettement supérieurs aux taux d’installation de la téléphonie fixe », indique le document. Néanmoins, Oxford Business Group estime que ce qui a le plus freiné l’utilisation des services internet en Algérie c’est « le manque de contenu, en particulier dans le domaine des e-services » (vente par Internet, services de e-Banking…). A noter que les documents d’OBG sont destinés à donner aux investisseurs étrangers une image sur la situation de différents secteurs économiques en Algérie.

Abdelkader Djalil

 

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Mekidèche sur les états généraux de la société civile :

«Pour des assises apolitiques»

Après une révision en profondeur des textes régissant le mouvement associatif,  le gouvernement a élaboré un plan d'action pour désamorcer les tensions sociales. Ce plan tourne autour du dialogue entre les pouvoirs publics et la société par le biais du mouvement associatif en dehors du cadre politique. Dans ce cadre, l'invité de la rédaction de la   Chaîne III, Mustapha Mekidèche, vice-président du Conseil national économique et social (CNES), a hier affirmé que les premiers états généraux de la société civile algérienne, dont les travaux ont débuté le même jour au palais des Nations à Alger, ont pour but principal la restitution de la parole aux associations et aux syndicats et non pas d'arriver à un «compromis politique». A travers ses réponses, M. Mekidèche s'est étalé sur l'objectif de ces premiers états généraux de la société civile qui, selon lui, doit restituer la parole aux associations et aux syndicats, reconnus, formels ou non formels, et leur donner un espace de discussion, de libération de la parole. Dans ce sens, l'invité de la radio a souligné la nécessité de réussir l'émergence «des analyses convergentes, pour ne pas dire des consensus minima, sur un certain nombre de problématiques lourdes que traverse le pays que ce soit l'économique ou le social», dans une situation caractérisée par un bouillonnement politique et social, en Algérie en particulier et dans le monde arabe en général. Le vice-président du CNES a encore assuré que «le compromis politique n'est pas notre couloir. Ce n'est ni le lieu ni l'endroit». Pour lui, le but fondamental de ces débats est bien autre chose que de faire de la politique, c'est, plutôt, l'ouverture d'un espace pour que  la société civile, quel que soit l'état de son émergence, son organisation, ses différentes composantes dans le mouvement associatif, puisse s'exprimer, se retrouver et se reconnaître comme étant un contre-pouvoir pour le bien de la société et de l'économie nationale. L'absence du mouvement associatif sur le terrain est à l'issue de toutes formes de criminalité. Le plan du gouvernement prévoit donc de nouveaux textes pour la mise à jour du mouvement associatif simultanément à une lutte renforcée contre les fléaux de la société. En un mot, l'écrin du plan est la concertation. «Nous ne sommes pas dans un exercice de compétition politique mais dans un champ de concertation sociale entre les différents acteurs de la société civile avec leurs sensibilités, leurs problématiques spécifiques et leur volonté de faire avancer la société civile», a-t-il expliqué. Mustapha Mekidèche a, par ailleurs, considéré que cette première rencontre de la société civile ne faisait pas doublon avec les consultations que mène la commission de M. Abdelkader Bensalah depuis le 21 mai dernier avec différents acteurs politiques et sociaux du pays.            

M. M.

 

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Dernier rapport du BIT sur le dialogue social

Une nouvelle approche du syndicalisme est indispensable

«De la discussion jaillit la lumière» est un proverbe qui n’a nul besoin d’être mis à jour. Nul doute qu’il soit toujours de mise et qu’il le restera tant que les hommes habiteront la planète bleue. Le dialogue a souvent été plus fort que les blindés et les bombardiers, et les propos d’un diplomate ont souvent été plus convaincants que la détermination de toute une armée, quoiqu’ils soient quelquefois complémentaires.

C’est certainement dans cette logique que l’Algérie a amorcé un processus de dialogue touchant à tous les niveaux : politique, économique, social, culturel… On assiste, d’ailleurs, depuis presque un mois à des consultations en vue de réformes politiques et depuis hier aux assises nationales sur la société civile.  Une tripartite éminemment économique a été également tenue il y a quelques jour de cela. Toutes ces rencontres, cette dynamique et ce débat qui sont loin d’être fortuits se veulent un remède à une situation qui peut ne pas être uniquement conjoncturelle. Le monde du travail qui est en pleine mutation ne peut, dans ce contexte, être mis en quarantaine du fait qu’il soit même au centre de la prospérité, sous toutes ses formes, de tout pays. Et pour ce faire, une culture de dialogue social devrait être consolidée entre les partenaires sociaux en vue de créer un équilibre sans lequel l’appareil économique connaîtra des «pannes» à n’en pas finir avec, bien évidemment, tout ce que cela peut induire comme pertes et malaises. Depuis plusieurs années, l’Algérie a, à cet effet, montré une volonté certaine en matière de dialogue social, ce qui a abouti, entre autres, à la négociation tripartite, à l’élaboration et à la signature du pacte national.

Des efforts salués par le Bureau international du travail  

Les services spécialisés du Bureau international du travail (BIT), dans un rapport sur l’expérience algérienne en matière de dialogue social, de renforcement et de modernisation de l’administration et de l’Inspection du travail ont met en valeur «l’importance des cadres de concertation mis en place en Algérie et considère que le dialogue social a contribué à la préservation de la stabilité et de la cohésion social durant la période de mutations économiques et sociales» que connaît le pays.  Le résultat de la pratique, rappelle-t-on de même source, s’est traduit par la tenue de la 12e tripartite portant sur la conclusion d’un pacte national économique et social entre la gouvernement et les partenaires socioéconomiques et sa reconduction pour une nouvelle période après enrichissement lors de la 13e tripartite de décembre 2009. Les experts, cités dans le rapport, ont souligné que «la conjugaison des efforts de toutes les parties au dialogue en Algérie a permis une amélioration constante des indicateurs du développement économique et social» dans l’objectif de favoriser plus l’intégration du pays dans l’économie mondiale fondée sur les principes de la productivité et la compétitivité. Parallèlement, le BIT a tenu à enregistrer les grandes réalisations en matière de renforcement, de modernisation et d’amélioration de l’organisation de l’Inspection du travail algérienne.

L’Algérie : presque une exception dans le monde arabe

Notre pays, compte tenu de son expérience de plus de 20 ans en matière de dialogue social, fait presque exception dans le monde arabe qui connaît une instabilité sur tous les plans. C’est là l’avis des personnalités présentes à une réunion lundi à Genève du conseil d’administration du Bureau international du travail (BIT). Cette réunion à laquelle ont participé des représentants algériens, était, rappelons-le, consacrée exclusivement à la situation dans la région arabe et aux moyens pour y faire face.  Elle a eu comme toile de fond l’«appui des peuples arabes dans leur action pour plus de liberté et de justice». L’Algérie a été, à cette occasion, classée parmi les pays ayant très bien avancé en matière de démocratie, et de là exclue du cercle des pays arabes en crise. Le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), M. Abdelmadjid Sidi Saïd, dira à cette occasion que «les analystes de toutes tendances ne croient pas à un effet domino en Algérie, comparativement à la contestation apparue dernièrement dans le monde arabe», et qu’ «aujourd’hui, la majorité des Algériens refuse de se laisser entraîner dans une aventure aux conséquences désastreuses pour l’Algérie».

Selon le syndicaliste, « les changements attendus se réalisent dans la stabilité retrouvée grâce à la politique volontariste du Président de la République pour la réconciliation nationale».

Disant que l’Algérie, a «déjà fait sa Révolution en octobre 1988», Sidi Saïd a assuré qu’ «entre l’Algérie et ce qui se passe dans le monde arabe, la situation n’est nullement comparable».

«Aujourd’hui, dira-t-il, la préoccupation principale de l’Algérie est de concourir à une stabilité durable, facteur déterminant de confortement de la démocratie et du développement économique et social».  Ont, en outre, salué les efforts et les avancées de l’Algérie en matière de dialogue social le directeur général du BIT, le Chilien Juan Somavia, le porte-parole du groupe Travail de cette organisation, M. Trotman Leroy, le porte-parole du groupe Travailleurs, M. Michael Sommer, le porte-parole du groupe Employeurs, M. Affunes, le secrétaire général de l’Organisation de l’unité syndicale africaine (OUSA), le Nigérian Hassène Sunmonu, et le SG du syndicat de Guinée.

Beaucoup reste à faire...

La série de grèves enclenchées durant le premier semestre de cette année dont les unes sont toujours en cours dénote un déficit qui attend d’être comblé en matière de dialogue social. Les canaux de communication entre les différents partenaires sociaux, si dans quelques secteurs sont bien établis, dans d’autres ils restent parfois inexistants. Nous nous rappelons tous de la grève des postiers qui a démontré cette tare à laquelle tous les partenaires doivent penser à remédier. En effet, la direction de cette entité avait reconnu qu’elle ne voyait même de partenaire avec qui négocier, car les grévistes n’avaient pas de représentant après s’être démarqués de la centrale syndicale.

Ce cas est loin d’être le seul, bien évidemment. Abdelaziz Bouteflika, lui-même, avait mis l’accent sur «la nécessité de procéder à la correction des insuffisances apparues dans la communication, la concertation préalable et l’anticipation au niveau des pouvoirs publics». Une mission dont la mise en œuvre, dira-t-il, «doit être impérativement accélérée et approfondie».

«La série de revendications qui s’est développée –au-delà de la question du bien-fondé qui renvoie dans chaque cas aux principes d’équité ainsi qu’aux contraintes d’une gestion responsable, soucieuse autant d’efficacité immédiate que des exigences de l’avenir–, cette série de revendications a montré la dimension des déficiences du dialogue social», a indiqué le chef de l’Etat dans un message à l’occasion de la Fête du travail, lu en son nom par Mohamed Ali Boughazi, conseiller à la présidence de la République. Il a, par la même occasion, appelé à «remédier à l’inadéquation qui s’est révélée dans les modalités et les mécanismes de la représentation professionnelle et du fonctionnement syndical par rapport à un dynamisme social renouvelé».

Le dialogue social, un autre outil de lutte contre la corruption

Une culture de dialogue social ne servira pas seulement à «civiliser les conflits sociaux», les rendant moins nuisibles à la bonne marche de l’économie, mais peut également constituer un outil efficace de lutte contre la corruption. Etant un outil de valorisation du travail et des forces productrices, le dialogue social peut, au même moment, extirper ce fléau, en renforçant la transparence dans la gestion des entités et en permettant un regard plus clair aux partenaires sociaux.

Par Hamid Fekhart

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Vol, drogue et maltraitance

La situation désastreuse des enfants de la rue

A la nuit tombée, les rues de la capitale commencent à se vider et le va-et-vient des piétons commence aussi à s'estomper. La cohue de la journée laisse place à un calme relatif. 

Au milieu de ce décor, des enfants, livrés à eux-mêmes, continuent leur quête de la journée. La rue est leur seul refuge. A tort ou à raison, ils portent le sobriquet de «enfants de la rue».  Leur situation est réelle. Ils mangent, ils dorment et ils…se droguent dans la rue.  Même si plusieurs acquis ont été enregistrés en Algérie, la situation des droits de l’enfant reste en deçà des espérances. Des enfants continuent de vivre dans la rue, d’autres d’être maltraités ou violentés.

Dans ce cadre, le président de la Forem, le professeur Mustapha Khiatia, a évalué le   nombre d’enfants de la rue entre 15 et 20 000.  Chaque année, l’Algérie enregistre la naissance de 3 à 5 000 enfants issus d’une relation illégitime, a-t-il ajouté.

Malgré les rares acquis, notamment la loi portant orientation scolaire et la bourse scolaire, la situation de l’enfance en Algérie est «désastreuse».  Dans cette optique, il a affirmé qu’une grande partie des enfants de la rue consomme de la drogue et vole pour se nourrir. Par ailleurs, il a indiqué que la violence à l’égard des enfants est une réalité dans notre pays. Annuellement, les services concernés dénombrent pas moins de 20 000 enfants maltraités. Cette situation s’est répercutée négativement sur leur santé mentale. En effet, durant l’année dernière, 1 250 enfants ont tenté de mettre un terme à leur vie. Il a été aussi enregistré 87 cas de kidnapping, selon notre interlocuteur.  Dans ce contexte, selon les statistiques du ministère de la Solidarité nationale, l’Algérie compte

250 000 orphelins. Pour cela, les responsables de l’Observatoire des droits de l’enfant avaient annoncé la création du Conseil Kafil El yatim. «Nous ne pouvons pas prétendre  améliorer la santé des enfants abandonnés, sans améliorer leurs conditions de vie», a affirmé le professeur Khiati. Ce projet, selon ses initiateurs, vise à prendre en charge l’orphelin dans son milieu familial. Autrement dit, il n’est pas question de le placer dans un centre d’accueil.  De leur part, des représentants du réseau NADA pour la protection et la promotion des droits des enfants ont indiqué que, depuis le lancement du projet «Je t’écoute» et son numéro vert, 4 000 appels téléphoniques ont été reçus pour dénoncer des actes de violence contre des enfants.  

Selon le rapport d’activités présenté, il est aussi mentionné que les appels reçus durant une période de six mois ont concerné 1 920 cas juridiques (divorce, garde d’enfants...), 1 650 cas psychologiques dus, notamment aux différentes sortes de violences (incestes et disputes conjugales) et 430 appels de demandes d’informations sur la mission et le rôle de ce numéro vert.   Pour les dossiers traités, le même rapport, montre que 220 dossiers ont été ouverts et traités au niveau du comité consultatif du Réseau, dont 150 dossiers de cas d’ordre psychologique, 30 juridique et 40 divers.    A ce sujet, la ministre déléguée chargée de la Famille et de la condition féminine, Mme Nouara Saâdia Djaâfar, avait souligné qu’«évoquer les questions de l’enfance et de la famille est une tâche difficile et compliquée», avant d’ajouter : «le plus important est cette prise de conscience au sein de la société et des différentes parties concernées». Elle a salué l’aptitude de contribution constatée chez l’ensemble des partenaires économiques et juridiques ainsi que «les représentants des sociétés publiques et privées et le mouvement associatif, appelant, par ailleurs, l’ensemble des témoins d’actes de violences, notamment à l’égard des enfants, à ne pas hésiter à les dénoncer».

Abondant dans ce sens, un défenseur des droits de l’homme a signalé que les enfants en Algérie «se trouvent victimes d’abus sexuels, d’autres de violences commises, soit par des parents, soit par des tierces personnes», soulignant, à cet égard, la nécessité «absolue» d’assurer leur protection.

Il a plaidé pour «une application correcte et précise» des textes de lois relatives au droit de l’enfant, notamment à sa protection contre la violence, soulignant aussi l’importance de leur «amélioration et renforcement» car, selon lui, «tous ces textes sont susceptibles d’être améliorés et révisés, afin que la protection de l’enfant dans notre pays soit totale».

Il a souligné, dans ce contexte, l’importance de la prise de «dispositions légales réprimant les violences faites aux enfants, entre autres, les abus sexuels, avec une répression extrêmement sévère», surtout que les enfants sont, a-t-il signalé, «une catégorie de personnes très fragiles et vulnérables et ont besoin d’une surprotection».

Par Tassadit Saili

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Promotion de la femme algérienne

La loi n'est pas appliquée

Malgré l’arsenal juridique, la femme algérienne peine toujours à trouver une place dans la société, et ce à cause des idées «obsolètes», mais surtout de l'égoïsme de l'homme qui n'hésite pas à lui barrer la route par peur de perdre son poste. Quand bien même ces lois élaborées sont bien faites, elles ne vaudront, tout compte fait, que par leur application. 

La tenue des états généraux de la société civile qui ont débuté hier était une occasion pour plusieurs militantes du mouvement associatif féminin de lancer un appel pressant afin que les femmes algériennes ne soient plus l'objet de «marginalisation» et qu'elles soient «réellement impliquées dans la vie de la cité et notamment dans la sphère politique». Toutes unanimes elles sont quant à la nécessité de lever les entraves qui empêchent des citoyennes à part entière d'accéder aux fonctions politiques et à des niveaux de décision.        

 La présidente de l'Association de solidarité avec la femme rurale, Saïda Benhabylès, qui a déjà reproché à la commission Ben Salah le fait de ne pas avoir convié les associations féminines pour consultation, a mis l'accent sur la participation massive de la femme algérienne rurale à un certain nombre d'évènements «vitaux» pour le pays à l'image de la Charte pour la réconciliation nationale, relevant au passage son rôle lors de la période de lutte contre le terrorisme.

Selon elle, la question à laquelle il y a lieu de répondre est celle de savoir pourquoi ces «sacrifices» n'ont pas été récompensés ni sérieusement pris en compte par les pouvoirs publics.        

La députée du Parti des travailleurs (PT) Chouitem Nadia a, pour sa part, estimé que l'on ne peut parler de l'implication de la femme en politique sans au préalable évoquer les obstacles qui l'empêchent de réellement s'impliquer dans ce domaine. Chouitem a également affirmé que pour la femme algérienne, la citoyenneté est presque «un vain mot», car il existe des «obstacles», tel que le code de la famille, qui la freinent dans son «élan». La vice-présidente chargée de l'éducation et du social au niveau de l'APN,  Houria Oulebsir a, pour sa part, fustigé le fait que les femmes soient relégués «au second plan» lors des élections électorales.  «Souvent, pour ne pas dire toujours, les femmes sont en queue de liste. et n'ont pas droit de cité dès lors qu'il s'agit d'intérêt et de pouvoir", a-t-elle analysé ajoutant que même si des femmes occupent des postes de décision, force est de constater que cela reste insuffisant», a-t-elle souligné.

Pour elle, il est impératif que les partis politiques, les associations, les syndicats et la société civile toute entière s'impliquent pour changer le cours des choses.  De son côté, la vice-présidente de la commission santé, formation et emploi à l'APN, Mme Ourida Aït Merrar a observé que le débat sur la participation de la femme en politique doit s'inscrire dans le cadre général des réformes politiques initiées par le Président de la République.  Elle a estimé que c'est d'abord le parti politique dans lequel active la femme qui doit aider celle-ci et la promouvoir.  La présidente de l'Union nationale des femmes algériennes, Nouria Hafsi, est, de son côté, revenue sur la faiblesse de la représentativité de la femme au sein des différentes assemblées du pays. «Il est clair qu'avec des taux de présence de 1, 4 et 7,75 %, respectivement à l'APC, au Sénat et à l'APN, le moins que l'on puisse dire est que la femme est très mal lotie», a observé dit Mme Hafsi. Affirmant que le degré de développement d'une nation se mesure à ses ressources humaines et au degré de respect de la femme et de ses droits, Mme Hafsi a insisté sur la nécessité de la sensibilisation de la femme au sujet du rôle qu’elle doit jouer et de la mission qu’elle a au sein de la société.

Par Nassima Hannat

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