|
Accueil
Consultations et réformes politiques
L'effet Mehri
En participant aux
consultations sur les réformes politiques, Abdelhamid Mehri a ravivé
le débat politique. Mais a-t-il été porteur d'idées nouvelles ?
Revoilà donc
Abdelhamid Mehri, cette fois-ci en arbitre inattendu des
consultations politiques autour des réformes de Abdelaziz Bouteflika.
Bien qu'il connaisse les convictions de celui-ci et ce qu'il était
en mesure de dire à la presse, Abdelkader Bensalah a tout de même dû
pousser un grand ouf de soulagement en apprenant que Mehri a accepté
son invitation, ravivant l'intérêt du public pour ces consultations
jusque-là boudées par l'opposition, car Abdelhamid Mehri, bien que
présenté comme une personnalité nationale, est vu à la fois comme le
chef de file d'une aile du FLN, les "exclus", dont Mouloud Hamrouche
et l'ambassadeur du FFS et du FIS dans ce qui peut encore les
réunir. Parce qu'on lui prête toutes ces casquettes à la fois,
Abdelhamid Mehri s'est tout de suite imposé comme un invité de poids
de la commission Bensalah. Cela est si vrai d'ailleurs qu'il a suffi
que M. Mehri entre en scène pour que soient oubliés tous les autres
invités de ladite commission qui, eux, ont fini par apparaître comme
de simples nuances d'une seule et même couleur. Et même si sa venue
a relevé de la crédibilité des consultations, on finit donc avec
l'impression générale qu'il n'y aurait eu que Bensalah et ses
assistants d'un côté et Mehri de l'autre, durant toutes ces
consultations.
Mais que propose
Mehri ? L'ancien secrétaire général du FLN n'a en fait pas d'idée
neuve à proposer. Il est favorable à une conférence nationale où
seront invitées toutes les forces politiques pour jeter les bases
d'un nouveau système politique.
Cette idée date de
bien longtemps. Elle aurait plutôt mal vieilli. Il ne s'agit pas des
vingt ans qui bientôt nous séparent du Contrat national signé à Sant
Egidio, mais de la validité d'une telle idée qui depuis a pourtant
connu nombre d'événements qui en ont fait un document de moins en
moins en phase avec la réalité. On se souvient ainsi que l'idée
d'une conférence nationale "sans exclusive" (c'est-à-dire incluant
les chefs du FIS à la table du dialogue) ne devait avoir pour autre
ordre du jour que de régler le problème posé par l'arrêt du
processus électoral en janvier 1992. Conférence à laquelle Mehri et
les personnalités qui partageaient ses positions au sein et en
dehors du FLN, voyaient un seul et unique aboutissement :
l'annulation de la dissolution du FIS et son autorisation à
participer à de nouvelles élections. Telle était alors l'offre faite
par ce qu'on avait fini par appeler le contrat de Sant' Egidio et
dont on est en droit aujourd'hui de se demander si encore son
contenu est de l'ordre du réalisme.
Tout d'abord,
l'offre du dialogue lancée par Abdelaziz Bouteflika, mené dans le
cadre de la commission Bensalah, se place dans la perspective d'un
enrichissement des réformes dont l'agenda et certainement aussi les
grandes lignes ont été clarifiés, sinon insinués, par le chef de
l'Etat. Ce dont parle Abdelhamid Mehri s'apparente à une solution à
une crise politique qui a existé mais qui, aujourd'hui, n'existe
plus. Quand le Contrat national appelait en 1994 à une conférence
nationale, celle-ci devait servir à mettre fin au cycle de violence
dans lequel l'Algérie entrait de plain-pied. Rien de tel aujourd'hui
quand non seulement le terrorisme est défait politiquement, mais
qu'en plus les groupes armés, qui activent en Algérie, ne se
définissent plus par rapport à la situation politique de l'Algérie,
mais se présentent comme partie intégrante d'Al Qaïda dont ils se
chargent de mettre en œuvre un agenda transnational. Ne parlons pas
des différentes étapes de la réconciliation nationale qui, à mesure
qu'elle a été mise en œuvre par le président Bouteflika, a fini par
vider le Contrat national de son contenu revendicatif.
En tout état de
cause, ce document n'est plus un élément mobilisateur, pas même au
sein de la mouvance islamiste et seuls quelques irréductibles
s'acharnent encore, mais en sourdine, à parler du retour du FIS.
En outre, si l'on
tient compte du contexte général qui a présidé à ces réformes, on ne
doit pas omettre qu'elles sont dictées par un contexte régional, qui
est celui des révoltes arabes qui, à l'évidence, se nourrissent les
unes des autres. Mais c'est de révoltes démocratiques qu'il s'agit
et non d'une vague islamiste comme celle que le monde arabe a vécue
dans les années 70 et 80, du siècle écoulé.
Les réformes de
Bouteflika entendent officiellement renforcer la démocratie et
absorber les éléments d'une instabilité future. M. Mehri évoque,
quant à lui, une démarche propre à une crise politique qu'on a du
mal à constater sur le terrain. Ce qui existe, ce sont des
mouvements sociaux et cela ne fait pas un mouvement politique et
encore moins une crise politique.
Il aurait été très
édifiant pour l'opinion nationale, si l'on admet qu'il y a une
évolution dans les idées de M. Mehri, que celui-ci nous ait donné
son analyse de la situation et en quoi alors une conférence
nationale serait le remède. On saurait alors quelles sont les
parties que ce dernier souhaite voir participer à pareil rendez-vous
qui, avouons-le, n'est qu'une autre appellation de compromis de
l'Assemblée constituante - mais où la désignation des sièges serait
tributaire du compromis politique et non à des élections.
Si l'on doit
reconnaître à Abdelhamid Mehri la constance de ses idées, ce qui le
rend à la fois un homme politique lisible et digne du débat
politique, au contraire d'autres qui sont beaucoup moins intègres de
ce côté-ci, il faut tout de même noter un peu de maladresse de sa
part quand il parle du "pouvoir occulte", des propos qui seraient de
nature à lui aliéner l'oreille du chef de l'Etat, puisqu'il dit
implicitement que le pouvoir que l'on voit n'est pas celui qui est.
A vrai dire, en
dehors de son acceptation d'aller chez Bensalah, Abdelhamid Mehri
n'aura pas étonné les observateurs. Il est à l'image de sa famille
politique qui répète la même chose quand il s'agit d'analyser la
crise algérienne. Pour cette partie de la classe politique, il y a
les nationalistes et les islamistes, il n'y a qu'eux qui ont composé
le mouvement national. C'est leur union qui a amené l'indépendance,
c'est leur désunion qui a généré la crise. Et ce n'est donc que par
la réconciliation de ces deux ailes que la stabilité politique sera
possible. Quelle place pour le progrès démocratique ici ? Voilà le
débat qui n'a toujours pas eu lieu, car l'on continue à dire que la
réconciliation est le prélude à une Algérie démocratique. Mais cela
suffit à autoriser certains à dire que puisque la réconciliation est
achevée, autant aller vers la liberté à l'activité politique pour
tous, le FIS compris.
On ne s'attardera
pas sur le débat au sujet de ce que vaut ce parti dissous
aujourd'hui. Mais la situation actuelle démontre, une fois de plus,
qu'être un opposant ne veut pas forcément dire que l'on est
automatiquement un militant démocrate. En réalité, Abdelhamid Mehri
s'inscrit dans un débat interne au système, dont il est un dissident
clair et net. Mais cela reste un débat entre conservateurs qui, par
la propre lecture qu'ils ont toujours eue au sujet du mouvement
national, sont encore convaincus de l'hégémonie de leur idéologie
dans la société.
Par Nabil
Benali
Haut
Invité par Bouteflika aux débats sur les réformes
Refus de Ali
Kafi
Les premiers
boycotteurs des consultations sur les réformes politiques étaient
distinctement les deux partis politiques de l'opposition à savoir
le Front des forces socialistes (FFS) du chef historique M. Hocine
Aït-Ahmed, et le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD),
voilà un ex chef d'Etat M. Ali Kafi qui rejette à son tour les
consultations initiées par le Président de la République. " Je ne
participerai pas à ces consultations" c'est à travers ces mots
décisifs que l'ancien président du Haut comité d'État (HCE,
présidence collégiale de transition) a confirmé son boycott dans une
déclaration accordée au quotidien Echorouk.
L'ancien colonel
de l'Armée de Libération nationale (ALN) qui semble désintéressé par
la commission du président du Sénat Abdelkader Bensalah, et ses deux
conseillers, a pointé du doigt le régime actuel, "Je ne crois pas à
ces consultations, car le régime en place ne veut pas d'un véritable
changement.
Tout ce qu'il
fait, vise à son maintien", a ajouté M. Kafi Dans le cadre de ces
consultations, le président " Bouteflika a prévu de recevoir
personnellement ses quatre prédécesseurs encore en vie " a rapporté
la presse. Depuis janvier, simultanément avec les révolutions
arabes, des manifestations, marches, émeutes, ont émaillé le vécu
algérien.
Les protestataires
réclament des augmentations de salaire, mais aussi des emplois, des
logements. Les consultations une fois achevées, doivent déboucher
sur des propositions qui seront soumises à M. Bouteflika.
Ce dernier
présentera sa version finale au gouvernement qui élaborera des
projets de loi à soumettre à l'Assemblée nationale (APN) en
septembre. A rappeler que M. Ali Kafi a succédé au premier président
du HCE, M. Mohamed Boudiaf, assassiné en juin 1992 à Annaba. Le HCE
a été dissous en janvier 1994 à la suite de la nomination du général
Liamine Zeroual au poste de chef d'État.
Par Messaoudene
Mourad
Haut
Alain Juppé en visite aujourd'hui
Rapprocher les
points de vue entre Alger et Paris
Le ministre
français des Affaires étrangères, Alain Juppé, effectuera
aujourd'hui une visite de travail à Alger, où il rencontrera son
homologue algérien, Mourad Medelci, ainsi que le chef de l'Etat,
Abdelaziz Bouteflika, et le Premier ministre, Ahmed Ouyahia.
La visite du chef
de la diplomatie française revêt un caractère assez spécifique, en
ce sens qu'elle permettra de lever un certain nombre d'équivoques
qui entourent de grandes questions régionales, à l'instar de la
situation en Libye et au Sahara occidental. En effet, cette
concertation diplomatique en haut lieu entre Alger et Paris est de
matière à clarifier les visions des uns et des autres sur ces
conflits régionaux qui minent désormais la région du Maghreb. La
France, dont la position vis-à-vis du conflit en Libye est connue de
tout, sachant que c'est le premier pays qui avait bombardé les
forces loyalistes fidèles à Mouammar Kadhafi, et l'Algérie qui s'est
toujours remise aux résolutions de l'Union africaine favorisant la
solution politique négociée en Libye voisine, devraient s'entendre à
trouver un consensus autour de la question. Les deux parties
«aborderont toutes les dimensions de la relation bilatérale et
partageront leurs analyses sur les sujets de politique
internationale et régionale d'intérêt commun (Libye, processus de
paix au Proche-Orient, Sahara occidental, lutte contre le
terrorisme, UPM, relations avec l'Union européenne...)», selon le
porte-parole du ministère des Affaires étrangères algérien.
Une lecture
s'impose cependant quant à cette dynamique politique, diplomatique
et économique qui va crescendo entre l'Algérie et la France, pour
dire que le rapprochement entre les deux pays croît chaque jour un
peu plus, synonyme d'un regain d'intérêt et de l'enterrement de la
hache de guerre à chaque fois déterrée par le passé colonial de la
France. C'est ce que confirme le porte-parole des AE algérien qui
note que «les nombreux échanges de visites entre les deux pays et la
mise en place de nouveaux mécanismes de concertation politique et de
facilitation des investissements ont permis de consolider et de
diversifier la coopération bilatérale et de l'élargir à tous les
secteurs d'intérêt commun».
Outre les
questions économiques déjà en bonne voie suite à la visite de
Jean-Pierre Raffarin, le chef de la diplomatie française
s'entretiendra donc avec les responsables algériens sur les grandes
questions régionales, en l'occurrence les épineux dossiers de la
Libye et du Sahara occidental. Il s'agit de clarifier les visions
des uns et des autres qui, faut-il le dire, souvent contradictoires,
dans la perspective de parvenir à un consensus qui satisfera les uns
et les autres.
Autant de
problèmes en suspens que la visite de Juppé saura plus ou moins
aplanir. C'est dire qu'entre Alger et Paris l'heure est aux
explications sur diverses questions en suspens, question de donner
un coup d'accélérateur aux relations bilatérales entre ces deux pays
qui font preuve d'un réel rapprochement ces derniers mois, à la
faveur des visites à répétition de la part des officiels des deux
pays. Après avoir remis en marche les segments économiques qui eux
aussi ont connu un frein, Alger et Paris veulent désormais tourner
la page et hausser la concertation politique et diplomatique à un
haut degré d'amitié.
Par M. Aït
Chabane
«Pour un
partenariat d'exception»
La visite du chef
de la diplomatie française Alain Juppé répond à une «volonté commune
d'édifier un partenariat d'exception», a déclaré hier le
porte-parole algérien du ministère des Affaires étrangères, Amar
Belani. Rappelons que le dernier ministre des Affaires étrangères
français à s'être rendu en Algérie est Bernard Kouchner, en mai
2008. Cette visite «s'inscrit dans le cadre du renforcement du
dialogue politique entre les deux pays et participe de leur volonté
commune d'édifier un partenariat d'exception qui soit à la mesure
des liens multiformes qui les unissent en termes d'histoire, de
voisinage et de densité des rapports humains», a précisé M. Belani.
Et d'ajouter : «Les nombreux échanges de visites entre les deux
pays et la mise en place de nouveaux mécanismes de concertation
politique et de facilitation des investissements ont permis de
consolider et de diversifier la coopération bilatérale et de
l'élargir à tous les secteurs d'intérêt commun».
M. B.
Haut
Rencontre journalistes/députés à Oran
Un conseil
d'éthique contre les dérives de la presse
Après la
rencontre, dimanche dernier, qui a réuni le ministre de la
Communication et les professionnels de la presse à Oran, ce fut
autour des parlementaires de se réunir hier avec les journalistes et
d'écouter leurs propositions. En tant que députés siégeant au niveau
des deux chambres parlementaires pour voter les lois, ils ont voulu
aborder avec la corporation l'amendement de l'article 140 bis du
code pénal relatif au délit de presse. Le projet d'amendement de cet
article, qui a toujours fait polémique, sera présenté par le
ministre de la Justice et Garde des sceaux révisé pour être débattu
en plénière à l'APN. Pendant trois heures, journalistes et députés
ont passé en revue la question de la dépénalisation du délit de
presse et notamment les peines de prison prévues à l'encontre des
gens de la profession. Le souci majeur pour les journalistes reste
la définition de la diffamation avant de prononcer toute
condamnation. Une condamnation qui porte un lourd préjudice à la
personne sachant que les plaintes déposées devant la justice sont,
souvent, infondées après la présentation du journaliste devant le
juge. Pour la corporation, la dignité du journaliste doit être
préservée et il ne doit pas être considéré comme un criminel. En
prenant la parole, un député a tenu à clarifier un point précis
devant l'assistance, en déclarant que la mission des dix
parlementaires présents à cette rencontre est de discuter avec les
journalistes des conditions de leur travail et des articles du code
pénal sous aucune couleur partisane. Le but est de pouvoir véhiculer
leurs préoccupations devant les deux chambres. Quant aux
journalistes, ils ont tenu à rappeler la manifestation organisée, il
y a dix ans, à Oran, pour protester contre les
dispositions du
code de l'information promulgué à l'époque du gouvernement d'Ahmed
Ouyahia. Pour la corporation, le journaliste doit défendre ses
droits et aussi assumer ses devoirs et ne pas porter atteinte à
l'intégrité des personnes ou
leur dignité. Il
est aussi important de préserver la vie privée des personnes dans
l'exercice de cette profession. C'est dans ce cadre que les
journalistes insistent pour l'institution d'un conseil de l'éthique
qui sera un moyen de contrôle contre toutes les dérives de la
presse. Toutes les propositions émises par les professionnels de la
presse seront transmises dans un rapport par les parlementaires à l'APN,
en attendant l'examen du statut du journaliste au mois de septembre
par les députés.
Par Loubna
Zahaf
Haut
Assises nationales sur la société civile
Bouteflika voudrait en faire un outil pour «libérer la parole»
Les assises
nationales sur la société civile qui se déroulent en ateliers
spécialisés, et qui devront déboucher sur des recommandations à même
de faire participer pleinement la société civile à la vie politique
et sociale du pays, ont débuté hier au palais des Nations, en
présence d'un millier de participants venus de divers horizons.
Entreprises par le
Conseil national économique et social (CNES) dans une conjoncture
marquée par une effervescence sociale et politique, lesdites assises
s'inscrivent, il n'est pas inutile de le rappeler, en droite ligne
des directives développées par le Président de la République, le 15
avril dernier, concernant la nécessité de faire du mouvement
associatif le véritable relais entre la société politique et la
société civile. Par cette démarche inédite, le Président,
apprend-on, voudrait «libérer la parole» des différentes
composantes de la société civile dans le cadre d'une approche basée
sur de nouveaux rapports consensuels entre la base et le sommet de
la pyramide sociale. C'est ce que venait d'affirmer, hier, le
président du Conseil national économique et social (CNES), M.
Mohamed Seghir Babes, qui dira à l'ouverture des premiers états
généraux de la société civile algérienne : «Le Président de la
République m'a demandé de transmettre à l'ensemble des participants
son sentiment intime de soutien et d'écoute. Il entend, en
particulier, libérer la parole de la société civile dans l'ordre
d'un nouveau système de gouvernance pour dire que nous sommes dans
une approche de la base vers le sommet». M. Babes a également relevé
la nécessité de dégager des «consensus» autour des thèmes qui seront
débattus lors de ces assises. «Le Président de la République nous a
donné l'occasion de dialoguer et de partager nos points de vue et a
voulu faire participer toutes les potentialités nationales en toute
transparence», dira encore M. Babes, qui a assuré que les
recommandations qui seront issues de cette réunion seraient soumises
au premier magistrat du pays. Il s'agit, selon lui, «d'un nouveau
modèle de gouvernance qui nous est ainsi proposé». Pour sa part,
l'ambassadeur de l'UE en Algérie, Mme Laura Baeza, qui a assisté à
l'ouverture, a déclaré : «Nous sommes convaincus que les réformes
annoncées vont dans le sens d'une juste réponse aux aspirations de
la société algérienne.» Elle qualifiera ces assises, d'«extrêmement
importantes» dès lors qu'il s'agit pour les autorités publiques
algériennes, d'« écouter tout le monde» dans le sillage des réformes
engagées. Pour rappel, cinq thèmes seront débattus en ateliers
thématiques qui sont : «Economie et croissance», «Protection sociale
et solidarité», «Rénovation du système de gouvernance», «La jeunesse
et ses aspirations», «Le cadre organique et de fonctionnement autour
d'une charte de la société civile». Notons que des personnalités et
intellectuels nationaux établis en Algérie et à l'étranger, des
organisations estudiantines et de la jeunesse et des conseils de
déontologie et d'éthique ainsi que des cercles citoyens de réflexion
et d'action et des sociétés savantes prendront également part à
cette rencontre qui va de paire avec les réformes politiques
«profondes» annoncées par le chef de l'Etat et dont l'exécution est
l'objet, depuis le 21 mai, de consultations avec des partis et des
personnalités politiques.
Par Hamid Fekhart
Haut
Selon Oxford Business Group ( OBG )
Vers une hausse
de l’usage d’Internet et des abonnements en Algérie
« Les capacités
haut débit de l’Algérie devraient presque doubler cette année, ce
qui, au vu des plans ambitieux en termes de nouvelles connexions à
la boucle locale, de généralisation de l’accès aux services
électroniques, et d’accroissement de la connectivité internet
mobile, devrait entraîner une hausse de l’usage d’internet et des
abonnements », affirme Oxford Business Group (OBG) dans un récent
document consacré à la question.
Selon OBG, les
derniers chiffres de l’Union Internationale des Télécommunications
des Nations unies, attribuent à l’Algérie 4,1 millions d’usagers d’internet
en 2009 et un taux de pénétration de 12 %. Par ailleurs, se basant
sur les chiffres de l’Autorité de Régulation de la Poste et des
Télécommunications (ARPT), le document estime que le nombre d’
abonnements ADSL s’élevait fin février 2011 à 830.000, ce qui
représente une croissance de plus 18 % par rapport à l’année 2009,
« au cours de laquelle le nombre d’ abonnements a plus que doublé,
passant de 300.000 en 2008 à 700.000 en 2009 ». Les projets
d’Algérie Télécom d’extension du réseau à haut débit, prévoient de
passer à 6 millions d’abonnés à l’horizon 2014, et la mise en
service de 500.000 lignes MSAN (nœuds d’accès multi-services) au
cours de cette seule année, ajoute OBG. Cette extension des
capacités d’abonnement sera accompagnée par une augmentation de la
capacité totale de la bande passante internet nationale, « qui est
actuellement de 45,9 gigaoctets par seconde (gbps) (et qui) va plus
que doubler pour atteindre 100 gbps à fin 2011 ». « La hausse de la
capacité sera donc de 400 % par rapport à 2009, lorsqu’elle
s’élevait à 20 gbps », affirme OBG. Algérie Télécom pourra ainsi
proposer de « nouvelles offres haut débit » pouvant atteindre 8
mégaoctets par seconde (mbps) et 20 mbps respectivement pour les
particuliers et les professionnels. « L’arrivée en Algérie de la
téléphonie mobile 3G devrait également donner un large coup
d’accélérateur à la disponibilité et à l’usage d’internet, en
particulier pour ce qui concerne les taux de pénétration de la
téléphonie mobile qui sont nettement supérieurs aux taux
d’installation de la téléphonie fixe », indique le document.
Néanmoins, Oxford Business Group estime que ce qui a le plus freiné
l’utilisation des services internet en Algérie c’est « le manque de
contenu, en particulier dans le domaine des e-services » (vente par
Internet, services de e-Banking…). A noter que les documents d’OBG
sont destinés à donner aux investisseurs étrangers une image sur la
situation de différents secteurs économiques en Algérie.
Abdelkader
Djalil
Haut
Mekidèche sur les états généraux de la société civile :
«Pour des
assises apolitiques»
Après une révision
en profondeur des textes régissant le mouvement associatif, le
gouvernement a élaboré un plan d'action pour désamorcer les tensions
sociales. Ce plan tourne autour du dialogue entre les pouvoirs
publics et la société par le biais du mouvement associatif en dehors
du cadre politique. Dans ce cadre, l'invité de la rédaction de la
Chaîne III, Mustapha Mekidèche, vice-président du Conseil national
économique et social (CNES), a hier affirmé que les premiers états
généraux de la société civile algérienne, dont les travaux ont
débuté le même jour au palais des Nations à Alger, ont pour but
principal la restitution de la parole aux associations et aux
syndicats et non pas d'arriver à un «compromis politique». A travers
ses réponses, M. Mekidèche s'est étalé sur l'objectif de ces
premiers états généraux de la société civile qui, selon lui, doit
restituer la parole aux associations et aux syndicats, reconnus,
formels ou non formels, et leur donner un espace de discussion, de
libération de la parole. Dans ce sens, l'invité de la radio a
souligné la nécessité de réussir l'émergence «des analyses
convergentes, pour ne pas dire des consensus minima, sur un certain
nombre de problématiques lourdes que traverse le pays que ce soit
l'économique ou le social», dans une situation caractérisée par un
bouillonnement politique et social, en Algérie en particulier et
dans le monde arabe en général. Le vice-président du CNES a encore
assuré que «le compromis politique n'est pas notre couloir. Ce n'est
ni le lieu ni l'endroit». Pour lui, le but fondamental de ces débats
est bien autre chose que de faire de la politique, c'est, plutôt,
l'ouverture d'un espace pour que la société civile, quel que soit
l'état de son émergence, son organisation, ses différentes
composantes dans le mouvement associatif, puisse s'exprimer, se
retrouver et se reconnaître comme étant un contre-pouvoir pour le
bien de la société et de l'économie nationale. L'absence du
mouvement associatif sur le terrain est à l'issue de toutes formes
de criminalité. Le plan du gouvernement prévoit donc de nouveaux
textes pour la mise à jour du mouvement associatif simultanément à
une lutte renforcée contre les fléaux de la société. En un mot,
l'écrin du plan est la concertation. «Nous ne sommes pas dans un
exercice de compétition politique mais dans un champ de concertation
sociale entre les différents acteurs de la société civile avec leurs
sensibilités, leurs problématiques spécifiques et leur volonté de
faire avancer la société civile», a-t-il expliqué. Mustapha
Mekidèche a, par ailleurs, considéré que cette première rencontre de
la société civile ne faisait pas doublon avec les consultations que
mène la commission de M. Abdelkader Bensalah depuis le 21 mai
dernier avec différents acteurs politiques et sociaux du pays.
M. M.
Haut
Dernier rapport du BIT sur le dialogue social
Une nouvelle
approche du syndicalisme est indispensable
«De la discussion
jaillit la lumière» est un proverbe qui n’a nul besoin d’être mis à
jour. Nul doute qu’il soit toujours de mise et qu’il le restera tant
que les hommes habiteront la planète bleue. Le dialogue a souvent
été plus fort que les blindés et les bombardiers, et les propos d’un
diplomate ont souvent été plus convaincants que la détermination de
toute une armée, quoiqu’ils soient quelquefois complémentaires.
C’est certainement
dans cette logique que l’Algérie a amorcé un processus de dialogue
touchant à tous les niveaux : politique, économique, social,
culturel… On assiste, d’ailleurs, depuis presque un mois à des
consultations en vue de réformes politiques et depuis hier aux
assises nationales sur la société civile. Une tripartite éminemment
économique a été également tenue il y a quelques jour de cela.
Toutes ces rencontres, cette dynamique et ce débat qui sont loin
d’être fortuits se veulent un remède à une situation qui peut ne pas
être uniquement conjoncturelle. Le monde du travail qui est en
pleine mutation ne peut, dans ce contexte, être mis en quarantaine
du fait qu’il soit même au centre de la prospérité, sous toutes ses
formes, de tout pays. Et pour ce faire, une culture de dialogue
social devrait être consolidée entre les partenaires sociaux en vue
de créer un équilibre sans lequel l’appareil économique connaîtra
des «pannes» à n’en pas finir avec, bien évidemment, tout ce que
cela peut induire comme pertes et malaises. Depuis plusieurs années,
l’Algérie a, à cet effet, montré une volonté certaine en matière de
dialogue social, ce qui a abouti, entre autres, à la négociation
tripartite, à l’élaboration et à la signature du pacte national.
Des efforts
salués par le Bureau international du travail
Les services
spécialisés du Bureau international du travail (BIT), dans un
rapport sur l’expérience algérienne en matière de dialogue social,
de renforcement et de modernisation de l’administration et de
l’Inspection du travail ont met en valeur «l’importance des cadres
de concertation mis en place en Algérie et considère que le dialogue
social a contribué à la préservation de la stabilité et de la
cohésion social durant la période de mutations économiques et
sociales» que connaît le pays. Le résultat de la pratique,
rappelle-t-on de même source, s’est traduit par la tenue de la 12e
tripartite portant sur la conclusion d’un pacte national économique
et social entre la gouvernement et les partenaires socioéconomiques
et sa reconduction pour une nouvelle période après enrichissement
lors de la 13e tripartite de décembre 2009. Les experts, cités dans
le rapport, ont souligné que «la conjugaison des efforts de toutes
les parties au dialogue en Algérie a permis une amélioration
constante des indicateurs du développement économique et social»
dans l’objectif de favoriser plus l’intégration du pays dans
l’économie mondiale fondée sur les principes de la productivité et
la compétitivité. Parallèlement, le BIT a tenu à enregistrer les
grandes réalisations en matière de renforcement, de modernisation et
d’amélioration de l’organisation de l’Inspection du travail
algérienne.
L’Algérie :
presque une exception dans le monde arabe
Notre pays, compte
tenu de son expérience de plus de 20 ans en matière de dialogue
social, fait presque exception dans le monde arabe qui connaît une
instabilité sur tous les plans. C’est là l’avis des personnalités
présentes à une réunion lundi à Genève du conseil d’administration
du Bureau international du travail (BIT). Cette réunion à laquelle
ont participé des représentants algériens, était, rappelons-le,
consacrée exclusivement à la situation dans la région arabe et aux
moyens pour y faire face. Elle a eu comme toile de fond l’«appui
des peuples arabes dans leur action pour plus de liberté et de
justice». L’Algérie a été, à cette occasion, classée parmi les pays
ayant très bien avancé en matière de démocratie, et de là exclue du
cercle des pays arabes en crise. Le secrétaire général de l’Union
générale des travailleurs algériens (UGTA), M. Abdelmadjid Sidi
Saïd, dira à cette occasion que «les analystes de toutes tendances
ne croient pas à un effet domino en Algérie, comparativement à la
contestation apparue dernièrement dans le monde arabe», et qu’
«aujourd’hui, la majorité des Algériens refuse de se laisser
entraîner dans une aventure aux conséquences désastreuses pour
l’Algérie».
Selon le
syndicaliste, « les changements attendus se réalisent dans la
stabilité retrouvée grâce à la politique volontariste du Président
de la République pour la réconciliation nationale».
Disant que
l’Algérie, a «déjà fait sa Révolution en octobre 1988», Sidi Saïd a
assuré qu’ «entre l’Algérie et ce qui se passe dans le monde arabe,
la situation n’est nullement comparable».
«Aujourd’hui,
dira-t-il, la préoccupation principale de l’Algérie est de concourir
à une stabilité durable, facteur déterminant de confortement de la
démocratie et du développement économique et social». Ont, en
outre, salué les efforts et les avancées de l’Algérie en matière de
dialogue social le directeur général du BIT, le Chilien Juan Somavia,
le porte-parole du groupe Travail de cette organisation, M. Trotman
Leroy, le porte-parole du groupe Travailleurs, M. Michael Sommer, le
porte-parole du groupe Employeurs, M. Affunes, le secrétaire général
de l’Organisation de l’unité syndicale africaine (OUSA), le Nigérian
Hassène Sunmonu, et le SG du syndicat de Guinée.
Beaucoup reste
à faire...
La série de grèves
enclenchées durant le premier semestre de cette année dont les unes
sont toujours en cours dénote un déficit qui attend d’être comblé en
matière de dialogue social. Les canaux de communication entre les
différents partenaires sociaux, si dans quelques secteurs sont bien
établis, dans d’autres ils restent parfois inexistants. Nous nous
rappelons tous de la grève des postiers qui a démontré cette tare à
laquelle tous les partenaires doivent penser à remédier. En effet,
la direction de cette entité avait reconnu qu’elle ne voyait même de
partenaire avec qui négocier, car les grévistes n’avaient pas de
représentant après s’être démarqués de la centrale syndicale.
Ce cas est loin
d’être le seul, bien évidemment. Abdelaziz Bouteflika, lui-même,
avait mis l’accent sur «la nécessité de procéder à la correction des
insuffisances apparues dans la communication, la concertation
préalable et l’anticipation au niveau des pouvoirs publics». Une
mission dont la mise en œuvre, dira-t-il, «doit être impérativement
accélérée et approfondie».
«La série de
revendications qui s’est développée –au-delà de la question du
bien-fondé qui renvoie dans chaque cas aux principes d’équité ainsi
qu’aux contraintes d’une gestion responsable, soucieuse autant
d’efficacité immédiate que des exigences de l’avenir–, cette série
de revendications a montré la dimension des déficiences du dialogue
social», a indiqué le chef de l’Etat dans un message à l’occasion de
la Fête du travail, lu en son nom par Mohamed Ali Boughazi,
conseiller à la présidence de la République. Il a, par la même
occasion, appelé à «remédier à l’inadéquation qui s’est révélée dans
les modalités et les mécanismes de la représentation professionnelle
et du fonctionnement syndical par rapport à un dynamisme social
renouvelé».
Le dialogue
social, un autre outil de lutte contre la corruption
Une culture de
dialogue social ne servira pas seulement à «civiliser les conflits
sociaux», les rendant moins nuisibles à la bonne marche de
l’économie, mais peut également constituer un outil efficace de
lutte contre la corruption. Etant un outil de valorisation du
travail et des forces productrices, le dialogue social peut, au même
moment, extirper ce fléau, en renforçant la transparence dans la
gestion des entités et en permettant un regard plus clair aux
partenaires sociaux.
Par Hamid
Fekhart
Haut
Vol, drogue et maltraitance
La situation
désastreuse des enfants de la rue
A la nuit tombée,
les rues de la capitale commencent à se vider et le va-et-vient des
piétons commence aussi à s'estomper. La cohue de la journée laisse
place à un calme relatif.
Au milieu de ce
décor, des enfants, livrés à eux-mêmes, continuent leur quête de la
journée. La rue est leur seul refuge. A tort ou à raison, ils
portent le sobriquet de «enfants de la rue». Leur situation est
réelle. Ils mangent, ils dorment et ils…se droguent dans la rue.
Même si plusieurs acquis ont été enregistrés en Algérie, la
situation des droits de l’enfant reste en deçà des espérances. Des
enfants continuent de vivre dans la rue, d’autres d’être maltraités
ou violentés.
Dans ce cadre, le
président de la Forem, le professeur Mustapha Khiatia, a évalué le
nombre d’enfants de la rue entre 15 et 20 000. Chaque année,
l’Algérie enregistre la naissance de 3 à 5 000 enfants issus d’une
relation illégitime, a-t-il ajouté.
Malgré les rares
acquis, notamment la loi portant orientation scolaire et la bourse
scolaire, la situation de l’enfance en Algérie est «désastreuse».
Dans cette optique, il a affirmé qu’une grande partie des enfants de
la rue consomme de la drogue et vole pour se nourrir. Par ailleurs,
il a indiqué que la violence à l’égard des enfants est une réalité
dans notre pays. Annuellement, les services concernés dénombrent pas
moins de 20 000 enfants maltraités. Cette situation s’est répercutée
négativement sur leur santé mentale. En effet, durant l’année
dernière, 1 250 enfants ont tenté de mettre un terme à leur vie. Il
a été aussi enregistré 87 cas de kidnapping, selon notre
interlocuteur. Dans ce contexte, selon les statistiques du
ministère de la Solidarité nationale, l’Algérie compte
250 000 orphelins.
Pour cela, les responsables de l’Observatoire des droits de l’enfant
avaient annoncé la création du Conseil Kafil El yatim. «Nous ne
pouvons pas prétendre améliorer la santé des enfants abandonnés,
sans améliorer leurs conditions de vie», a affirmé le professeur
Khiati. Ce projet, selon ses initiateurs, vise à prendre en charge
l’orphelin dans son milieu familial. Autrement dit, il n’est pas
question de le placer dans un centre d’accueil. De leur part, des
représentants du réseau NADA pour la protection et la promotion des
droits des enfants ont indiqué que, depuis le lancement du projet
«Je t’écoute» et son numéro vert, 4 000 appels téléphoniques ont été
reçus pour dénoncer des actes de violence contre des enfants.
Selon le rapport
d’activités présenté, il est aussi mentionné que les appels reçus
durant une période de six mois ont concerné 1 920 cas juridiques
(divorce, garde d’enfants...), 1 650 cas psychologiques dus,
notamment aux différentes sortes de violences (incestes et disputes
conjugales) et 430 appels de demandes d’informations sur la mission
et le rôle de ce numéro vert. Pour les dossiers traités, le même
rapport, montre que 220 dossiers ont été ouverts et traités au
niveau du comité consultatif du Réseau, dont 150 dossiers de cas
d’ordre psychologique, 30 juridique et 40 divers. A ce sujet, la
ministre déléguée chargée de la Famille et de la condition féminine,
Mme Nouara Saâdia Djaâfar, avait souligné qu’«évoquer les questions
de l’enfance et de la famille est une tâche difficile et
compliquée», avant d’ajouter : «le plus important est cette prise de
conscience au sein de la société et des différentes parties
concernées». Elle a salué l’aptitude de contribution constatée chez
l’ensemble des partenaires économiques et juridiques ainsi que «les
représentants des sociétés publiques et privées et le mouvement
associatif, appelant, par ailleurs, l’ensemble des témoins d’actes
de violences, notamment à l’égard des enfants, à ne pas hésiter à
les dénoncer».
Abondant dans ce
sens, un défenseur des droits de l’homme a signalé que les enfants
en Algérie «se trouvent victimes d’abus sexuels, d’autres de
violences commises, soit par des parents, soit par des tierces
personnes», soulignant, à cet égard, la nécessité «absolue»
d’assurer leur protection.
Il a plaidé pour
«une application correcte et précise» des textes de lois relatives
au droit de l’enfant, notamment à sa protection contre la violence,
soulignant aussi l’importance de leur «amélioration et renforcement»
car, selon lui, «tous ces textes sont susceptibles d’être améliorés
et révisés, afin que la protection de l’enfant dans notre pays soit
totale».
Il a souligné,
dans ce contexte, l’importance de la prise de «dispositions légales
réprimant les violences faites aux enfants, entre autres, les abus
sexuels, avec une répression extrêmement sévère», surtout que les
enfants sont, a-t-il signalé, «une catégorie de personnes très
fragiles et vulnérables et ont besoin d’une surprotection».
Par Tassadit
Saili
Haut
Promotion de la femme algérienne
La loi n'est
pas appliquée
Malgré l’arsenal
juridique, la femme algérienne peine toujours à trouver une place
dans la société, et ce à cause des idées «obsolètes», mais surtout
de l'égoïsme de l'homme qui n'hésite pas à lui barrer la route par
peur de perdre son poste. Quand bien même ces lois élaborées sont
bien faites, elles ne vaudront, tout compte fait, que par leur
application.
La tenue des états
généraux de la société civile qui ont débuté hier était une occasion
pour plusieurs militantes du mouvement associatif féminin de lancer
un appel pressant afin que les femmes algériennes ne soient plus
l'objet de «marginalisation» et qu'elles soient «réellement
impliquées dans la vie de la cité et notamment dans la sphère
politique». Toutes unanimes elles sont quant à la nécessité de lever
les entraves qui empêchent des citoyennes à part entière d'accéder
aux fonctions politiques et à des niveaux de décision.
La présidente de
l'Association de solidarité avec la femme rurale, Saïda Benhabylès,
qui a déjà reproché à la commission Ben Salah le fait de ne pas
avoir convié les associations féminines pour consultation, a mis
l'accent sur la participation massive de la femme algérienne rurale
à un certain nombre d'évènements «vitaux» pour le pays à l'image de
la Charte pour la réconciliation nationale, relevant au passage son
rôle lors de la période de lutte contre le terrorisme.
Selon elle, la
question à laquelle il y a lieu de répondre est celle de savoir
pourquoi ces «sacrifices» n'ont pas été récompensés ni sérieusement
pris en compte par les pouvoirs publics.
La députée du
Parti des travailleurs (PT) Chouitem Nadia a, pour sa part, estimé
que l'on ne peut parler de l'implication de la femme en politique
sans au préalable évoquer les obstacles qui l'empêchent de
réellement s'impliquer dans ce domaine. Chouitem a également affirmé
que pour la femme algérienne, la citoyenneté est presque «un vain
mot», car il existe des «obstacles», tel que le code de la famille,
qui la freinent dans son «élan». La vice-présidente chargée de
l'éducation et du social au niveau de l'APN, Houria Oulebsir a,
pour sa part, fustigé le fait que les femmes soient relégués «au
second plan» lors des élections électorales. «Souvent, pour ne pas
dire toujours, les femmes sont en queue de liste. et n'ont pas droit
de cité dès lors qu'il s'agit d'intérêt et de pouvoir", a-t-elle
analysé ajoutant que même si des femmes occupent des postes de
décision, force est de constater que cela reste insuffisant»,
a-t-elle souligné.
Pour elle, il est
impératif que les partis politiques, les associations, les syndicats
et la société civile toute entière s'impliquent pour changer le
cours des choses. De son côté, la vice-présidente de la commission
santé, formation et emploi à l'APN, Mme Ourida Aït Merrar a observé
que le débat sur la participation de la femme en politique doit
s'inscrire dans le cadre général des réformes politiques initiées
par le Président de la République. Elle a estimé que c'est d'abord
le parti politique dans lequel active la femme qui doit aider
celle-ci et la promouvoir. La présidente de l'Union nationale des
femmes algériennes, Nouria Hafsi, est, de son côté, revenue sur la
faiblesse de la représentativité de la femme au sein des différentes
assemblées du pays. «Il est clair qu'avec des taux de présence de 1,
4 et 7,75 %, respectivement à l'APC, au Sénat et à l'APN, le moins
que l'on puisse dire est que la femme est très mal lotie», a observé
dit Mme Hafsi. Affirmant que le degré de développement d'une nation
se mesure à ses ressources humaines et au degré de respect de la
femme et de ses droits, Mme Hafsi a insisté sur la nécessité de la
sensibilisation de la femme au sujet du rôle qu’elle doit jouer et
de la mission qu’elle a au sein de la société.
Par Nassima
Hannat
Haut
|