Cinquante années d’indépendance et nous peinons encore à ériger un Etat de droit. Certes, nous venons de loin, un pays colonisé, et ce n’est pas peu dire, une guerre d’indépendance ravageuse suivie d’un effondrement total des institutions existantes et d’un départ massif d’une population européenne qui avait prise sur tout ce qui bougeait.

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Le FMI aide les «révolutions»

Deux «révolutions» ont eu lieu, en Tunisie et en Egypte ou du moins, pour le moment,  a-t-on assisté au départ de deux dictateurs. Dans les deux cas ce sont des manifestations populaires qui ont fait l'évènement, «aidées» par des décisions des armées des deux pays soucieuses de limiter les dégâts. Mais la question du changement reste entière dans une ambiance où le temps semble suspendu entre un «avant» qui n'a pas tellement été dérangé et un  «après» qui  tarde à se dessiner. En attendant, les Tunisiens et les Egyptiens continuent à pousser et ne veulent pas s'arrêter en si bon chemin. Mais on leur dit qu'il faut se remettre au travail, arrêter de faire grève et de manifester. Différemment selon qu'on soit en Egypte ou en Tunisie. En Egypte l'armée a annoncé, cette semaine, qu'elle allait réactiver «la loi interdisant les grèves et autres manifestations susceptibles de perturber la production». En Tunisie le Premier ministre provisoire s'est contenté de faire un appel en ce sens. A ceux qui lui demandaient de produire une loi, il a répondu qu'une loi exige les moyens de son application. Pour se justifier, les deux autorités transitionnelles argumentent abondamment sur la nécessité de créer les conditions d'une relance économique. Ce qui, à première vue, n'est pas contestable en soi. Surtout quand on constate que l'investissement se gèle, que des usines ferment, que les touristes se détournent et que la production tourne au ralenti. A cet égard, un rapport de l'IIF (Institute of International Finance) estime que «plus les réformes sont repoussées dans le temps, plus les performances économiques seront faibles et plus les ajustements seront douloureux…». Il s'agit donc de se calmer et laisser les choses se faire. Mais il y a un problème. Les recettes proposées passent toutes par les mêmes centres de décision qu'auparavant. C'est-à-dire celles des institutions financières internationales qui, jusqu'aux dernières secondes précédant les chutes de Ben Ali et de Moubarak applaudissaient à leurs performances économiques, jugées conformes aux directives du FMI et de la Banque Mondiale. Des performances qui ont justement conduit à la révolte. Alors quelles solutions  «révolutionnaires» peuvent bien proposer ces deux organismes ? Des solutions qui soient différentes et qui ne produisent ni chômage ni compressions drastiques des salaires, ni coupes sombres dans les budgets sociaux, ni démantèlement du service public, entre autres mesures en faveur de l'économie de marché. Tels ces programmes d'ajustement structurel du FMI qui ont mis à la rue des centaines de milliers de travailleurs égyptiens. Pourtant on remet ça, sans sourciller, sans patienter quelques mois, jusqu'à l'élection en principe démocratique des gouvernants légitimes. Comme, par ailleurs, on sait la propension qu'ont les économies périphériques de n'attirer que les investissements spéculatifs, on comprend aisément que les jeunes démocraties auront bien du mal à se maintenir, quand il faudra tôt ou tard offrir au marché, fort peu préoccupé des droits et plutôt soucieux des profits obtenus, les conditions d'une paix sociale très peu compatible avec les revendications trop bruyantes et trop mouvementées. Tout se joue maintenant.  

Par Ahmed Halfaoui 

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mercredi 15 juin 2011

Vol, drogue et maltraitance

La situation désastreuse

des enfants de la rue

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LES TITRES  

Alain Juppé en visite aujourd'hui

Rapprocher les points de vue entre Alger et Paris

 

Rencontre journalistes et députés à Oran

Un conseil d'éthique contre les dérives de la presse

 

Assises nationales sur la société civile

Bouteflika voudrait en faire un outil pour «libérer la parole»

 

Selon Oxford Business Group ( OBG )

Vers une hausse de l'usage d'Internet et des abonnements en Algérie

 

Promotion de la femme algérienne

L'application de la loi fait défaut

 

Consultations et réformes politiques

L'effet Mehri

 

Nadine Labaki

Faire beaucoup avec peu de choses

 


LA 24

 Ali Haroun,  invité du Forum d'El moudjahid :

«La démocratie réelle respecte les droits des minorités»

En Algérie, la démocratie est plus "apparente" que réelle, et il devient "impératif" de préserver les acquis de la République et de l'Etat de droit, a estimé hier,  à Alger, Me Ali Haroun, avocat et figure de la révolution algérienne. Partant de l'idée que la démocratie réelle "est celle qui respecte les droits des minorités", Ali Haroun, qui s'exprimait au forum d'El Moudjahid, consacré à la présentation de son nouveau livre "L'Eclaircie, promotion des droits de l'homme et inquiétudes (1991-1992)", a considéré que "là où il n'y a pas de respect des droits de l'homme, il n'y a pas d'avenir"."La pratique démocratique est une culture qui nécessite une éducation. La démocratie s'acquiert par le sacrifice du peuple. Nous avons vécu, depuis l'indépendance, sous un régime de démocratie de façade. La démocratie n'est pas anarchie.

C'est un système qui a ses règles", a précisé Me Haroun pour qui, la "préservation des (acquis) de la démocratie, de la République et de l'Etat de droit est impérative".

A la question de savoir s'il prenait part au cycle de discussions entamé le 21 mai avec des acteurs politiques, par l'Instance de consultations sur les réformes politiques, Ali Haroun, ancien président de l'Association des anciens moudjahidine de la Fédération de France et ancien membre du Haut comité d'Etat (HCE) entre 1992-1994, s'est contenté de répondre : "Attendez d'abord de savoir si je suis invité par cette instance ou pas ...".

Le fait que le système lui même, estime-t-il à ce sujet, "reconnaît actuellement la nécessité d'engager des réformes profondes", explique, selon lui, qu'"il n'a pas procédé aux réformes promises et qu'il a besoin de beaucoup d'améliorations".

A propos de la situation qui prévaut dans le monde arabe, marquée par une vague sans précédent de contestations populaires contre les régimes en place, l'orateur considère que "les peuples ont compris que la démocratie pratiquée dans leurs pays est insuffisante et ont décidé de prendre leur destin en main.

 

 Tizi Ouzou 

Des  chômeurs bloquent l'ENIEM

Environ 120 jeunes chômeurs de la localité de Tizi Rached, 17 kilomètres à l'est de la ville de Tizi Ouzou, ont procédé hier  matin,   à la fermeture de l'accès à l'entreprise ENIEM, sise dans la zone industrielle de Oued Aissi, pour réclamer du travail. Très tôt dans la matinée, à partir de 6 h, les protestataires commençaient à se rassembler devant l'entrée principale de cette entreprise publique de fabrication de produits électroménagers. A 8 h, tous les travailleurs du complexe ont été empêchés de rejoindre leur lieu de travail par les chômeurs, a-t-on appris de sources locales. Le directeur général de l'entreprise a rencontré sur les lieux des représentants de ces jeunes. Cette manifestation fait suite à l'annonce, par l'ENIEM, d'une opération de  recrutement de 50 salariés. Des jeunes des villages avoisinants se sont mobilisés pour exiger que ces postes soient attribués aux demandeurs d'emploi issus de la région. Lors de sa rencontre  avec les représentants des protestataires, le directeur de l'ENIEM a expliqué que ces recrutements se feront sur la base des profils recherchés et non pas sur des bases régionales.

 

 Produits cosmétiques

Neuf  tonnes de déodorants  refoulées au port d'Oran

Neuf tonnes de déodorants importées, représentant une valeur de 1,13 million de dinars, ont été refoulées au mois de juin courant au port d'Oran, a-t-on appris auprès de la direction du Commerce d'Oran. Ce lot de produits cosmétiques et d'hygiène corporelle en provenance de l'Union européenne a été refusé à l'admission au port d'Oran par les services de contrôle aux frontières pour défaut d'étiquetage, a indiqué le chef de service de contrôle et planification, M. Tayeb Fayçal.  Les services de contrôle ont également refoulé, pour les mêmes motifs, à savoir pour défaut d'étiquetage, près de 1,3 tonne d'articles de bains importés

de Chine d'une valeur de 33,5 millions DA, ainsi que 7,8 tonnes d'articles d'outillage

importés d'Allemagne d'une valeur de 670 millions DA ont été refoulées du port d'Oran, a ajouté le même responsable.

 

 Sœurs siamoises de Mila

Elles seront séparées dans un hôpital français

Les sœurs siamoises Zakat et Salsabil, âgées de 30 mois, de Oued Athmania, dans la wilaya de Mila, seront transférées dans un hôpital français où sera tentée une opération de séparation de leurs têtes, a indiqué  la wilaya de Mila dans un communiqué. La Commission nationale médicale de transfert pour soins à l'étranger a signifié son " accord pour la prise en charge de ce cas " qui vient de faire l'objet d'un large élan de solidarité, rapporte l'APS en citant le communiqué. Une page sur le réseau social facebook, dédiée au cas des sœurs jumelles, attire chaque jour un grand nombre d'Algériens, de l'intérieur et de l'extérieur du pays, qui tiennent à exprimer leur solidarité avec Zakat et Salsabil qui pourront peut - être bientôt, à l'issue d'une intervention extrêmement délicate, mener une vie normale.

 

 FLN  

Quatre  rencontres régionales à partir de vendredi

Le parti du Front de libération nationale (FLN) organise, à partir de vendredi, quatre rencontres régionales avec les bases militantes sous la présidence du Secrétaire général du parti, M. Abdelaziz Belkhadem. Ces rencontres qui dureront jusqu'au 25 juin seront consacrées à la présentation des résultats de la 4ème session du Comité central et du contenu

des propositions présentées par le parti à l'instance de consultations sur les réformes politiques, a indiqué mardi un communiqué du FLN.   Il sera également question de nombre de questions relatives à la situation réglementaire et au programme général du parti pour les mois à venir en prélude aux élections législatives et locales. Ces rencontres régionales seront organisées à Constantine, Mascara, Alger et Ghardaïa. 

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Banlieue

Par

Aïssa Khelladi    

Pas de toilettes pour les voyageurs

Question d'actu est une émission édifiante sur Canal+.  Lundi, le thème était consacré aux conditions d'accueil des voyageurs au port d'Alger, conditions exécrables si l'on en croit les voyageurs eux-mêmes. Le reportage a été réalisé la veille et on y voit les gens se plaindre de l'accueil qui leur est réservé. Quatre invités, représentant la douane, la police des frontières, la compagnie de transport et le secrétariat de la communauté algérienne établie à l'étranger. Le responsable du port, dont on aurait pu penser qu'il est le premier concerné, n'a pas daigné. Pourquoi un tel mauvais accueil qui dure depuis des années ? Pas de réponse, sinon que l'Etat fait des «efforts considérables», comme il n'a jamais cessé de le faire d'ailleurs. Des améliorations sont en cours, dixit le chef du cabinet du ministre. La preuve : cette année, trois cabines d'accueil supplémentaires vont s'ajouter aux trois qui existaient déjà, soit une quinzaine de guichets. Considérable en effet… Petit accrochage subliminal, on est entre soi : le policier dénonce l'importance du flux, estimé au double des capacités du port, le représentant de la compagnie des transports récuse les chiffres, mais sans fournir de preuves. Visiblement, la compagnie a chargé à sa guise, sans coordination avec les autres parties. Mais que faire devant le zèle - c'est un euphémisme- de certains agents ? La douane dit qu'ils sont contrôlés. Le policier nie l'existence de zèle -ou de tout dysfonctionnement de cet ordre, d'ailleurs. Le chef de cabinet nous refait le discours sur les améliorations en cours. Tout va très bien, même quand tout va très mal. Pourquoi de si longues attentes ? La sécurité a ses exigences, assène le policier. Des exemples sont donnés, qui montrent toute la vigilance à accorder à ce paramètre. Sauf que personne ne nous explique comment on procède dans tous les autres pays du monde pour faire passer aussi vite le voyageur. Serions-nous les seuls à être aussi vigilants ? On aura droit pendant de longues minutes à une publicité conséquente sur un dépliant, un vulgaire prospectus, qui a nécessité des «efforts considérables» et «pluridisciplinaires» du ministère du Tourisme pour être réalisé -mine grave, entendue, satisfaire du devoir accompli sur le visage sympathique du chef de cabinet. Pompeusement intitulé «L'Algérie dans le cœur», ce dépliant censé informer -mais sur lequel on informe- prévoit un numéro d'appel pour les voyageurs en cas de zèle d'agents. Mais comme il n'y a jamais eu de zèle, dit le policier, alors à quoi sert ce téléphone ? Poursuivons : l'animateur nous apprend que non seulement il n'existe pas une buvette où les gens, les enfants, les femmes, les vieux peuvent aller se désaltérer durant leur longue attente caniculaire, mais il n'existe même pas les moindres toilettes pour faire ses besoins ! L'animateur, lisse comme tout, a failli s'énerver. Silence gêné de tous. Il n'y a pas de toilettes pour les milliers de voyageurs dans les ports d'Alger, chers lecteurs, est-ce possible ? Mais rassurez-vous, on fait des efforts considérables. Et, pour finir, l'émission nous invite à méditer cette vérité fameuse sur le sale caractère de nos compatriotes, qu'ils soient voyageurs ou pas. Nous sommes connus, nous autres Algériens, pour notre comportement,            lance le sympathique animateur, un sourire aux lèvres, avant de demander à ses invités s'il n'ont pas un message à nous délivrer -histoire de nous calmer un peu. Emission édifiante.

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