samedi 21 mai 2011

 

«Caligula», présentée à la salle Atlas

«Le libre arbitre en règle de vie absolue»

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 «Caligula», présentée à la salle Atlas

«Le libre arbitre en règle de vie absolue»

Stéphane Olivié Bisson a souligné que «Camus a retrouvé cette Algérie qui était  l'espace tout entier de  son imaginaire et de son engagement, mais aussi Alger, la mère de tous ses éblouissements, lieu de son refuge et de sa consolation», à travers une tournée qui entre dans le cadre des échanges culturels avec l'Office national de la culture et de l'information.

A près une représentation qui a connu un grand succès au théâtre régional de Béjaïa, la pièce «Caligula» d’Albert Camus, dans la mise en scène de Stéphane Olivié Bisson avec Bruno Putzulu dans le rôle-titre, a donné une autre réplique jeudi dernier à la salle Atlas. Produite par Avant Seine du Théâtre de Colombes et la Cie Lamberto Maggioranni, «Caligula» est une pièce de théâtre écrite par Albert Camus, entamée en 1938 (le premier manuscrit date de 1939), et publiée pour la première fois en mai 1944 aux éditions Gallimard. La pièce fera par la suite l’objet de nombreuses retouches. Elle fait partie, avec L’Étranger (roman, 1942) et Le Mythe de Sisyphe (essai, 1942) de ce que l’auteur a appelé le «cycle de l’absurde». Certains critiques perçurent la pièce comme existentialiste, courant philosophique auquel Camus se défendit cependant toujours d’appartenir. Elle met en scène Caligula, empereur romain déchiré par la mort de Drusilla, sa sœur et amante. Caligula est un enfant, un empereur «comme il faut, scrupuleux et sans expérience», et aimable. Jusqu’au jour où meurt Drusilla, sa sœur et son unique amour. Ravagé, révolté, il érige le libre arbitre en règle de vie absolue. Croyant prendre en main son destin, il décide d’établir une liste de personnes à tuer «arbitrairement». La terreur règne alors dans son royaume, qu’il se plaît à violenter à tort et à travers, au nom d’une logique implacable. Caligula s’imagine libre, mais s’enferme dans ses contradictions. Stéphane Olivié Bisson met en scène la version de Caligula que Camus a écrite en 1941. C’est la cruelle «récréation d’un fou» épris d’absolu et d’une liberté qui lui échappe, «la chronique d’une mort annoncée», répondant ainsi au souhait de Camus, qui, plutôt qu’une pièce philosophique, la considérait comme «l’histoire d’un suicide supérieur». L’écrivain n’aurait pas renié l’interprétation de Bruno Putzulu, investi par le personnage à l’instar de Gérard Philippe qui le créa. Chemise blanche tombant sur ses pieds nus, le comédien compose un tyran ambigu, pathétique et pitoyable, machiavélique et émouvant. Le côté farce noire, tragi-comique et crépusculaire est appréciable. On aime beaucoup moins les hauts caissons de bois du décor, le lit ridicule de la Princesse au Petit Pois sur lequel trône Caligula, et les costumes. Cette production est une tragédie qui commence et se termine dans la mort, mais qui n’empêche pas de s’arrêter, chaque fois que le besoin se fait sentir, sur les vrais sens de la vie, comme pour mieux la sublimer. Des questionnements d’ordre philosophique et existentiel, rythment son déroulement, égrenés dans une démarche de quête absolue de vérité et de solutions optimistes. «Si la vie est absurde, c’est à l’homme de lui donner tout son sens», réplique Caligula. Bruno Putzulu, dans un rôle ambigu qui va du tyrannique sanguinaire à l’enfant puéril, explore, en fait, des vérités têtues, en s’appuyant sur des logiques implacables. L’objectif repose sur la seule idée obsédante d’atteindre l’absolu.

Par Timouche Idir

 

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Les passeurs de culture

Ils n'ont pas d'existence légale et, le plus souvent, les services de police leur font la chasse, les contraignant à fréquemment changer d'endroit, ce qui nous oblige, nous lecteurs, à aller à leur recherche comme l'on cherche sa route dans le désert. Si dans d'autres pays, ils font partie intégrante du décor et si certains lieux réputés ne sauraient vivre sans leur présence bénéfique, ici ils n'ont pas plus de considération que le plus éphémère des petits trabendistes occasionnels qui vous fourgue sa marchandise à la va-vite quelque part dans un recoin de rue de quelque  quartier populaire. Au lendemain de l'indépendance du pays, Alger en comptait bien une dizaine, véritables bouquinistes, puisque c'est d'eux qu'ils s'agit, ayant pignon sur rue, de vraies boutiques quoi ! A l'heure qu'il est et pour pratiquement toute la ville, il n'en reste plus qu'un seul qui, vaille que vaille, tente de répondre chaque jour que Dieu fait aux attentes d'une clientèle tout aussi fidèle qu'intéressée par l'éventail des ouvrages recouvrant tous les genres qui peuplent les étagères des murs de sa petite boutique. Lui, c'est Mouloud, le plus ancien, le plus connu et sans aucun doute le mieux formé à ce métier en voie de disparition. Un véritable passeur de culture, celui-là ! Pas de ceux-là pour lesquels le livre est un bien personnel qui ne doit jamais quitter la place qu'on lui aura assigné quelque part sur l'étagère de sa bibliothèque non moins personnelle. Mouloud fait figure de privilégié si on le compare à ces quelques autres qui hantent épisodiquement la Grange-Poste ou les ruelles discrètes des environs de la place Maurice-Audin. Démarches administratives, requêtes, doléances écrites, demandes d'audience, individuelles ou collectives auprès aussi bien de la wilaya d'Alger que des services de police, rien n'y a jamais fait. Toujours ce même refus systématique, toujours cette fin de non recevoir au moment même où les vendeurs à la sauvette de tout et de rien ne se gênent plus pour littéralement squatter un bout de trottoir avec une régularité telle qu'on en finit par le considérer comme leur appartenant en propre.

Par Malik Bellil

 

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Samira Saïd

Mettre à jour son art

«Je suis prête à interpréter une chanson marocaine, à condition qu'elle parvienne à me convaincre que je suis en train d'apporter de nouvelles idées et un nouveau concept à mon public. Je refuse d'interpréter comme je l'ai fait il y a 20 ans. Le résultat de ces chansons était conforme à l'esprit artistique de l'époque. Si je dois chanter en marocain aujourd'hui, cette chanson doit être capable de me donner la conviction que je contribue concrètement à l'évolution de la chanson marocaine», souligne Samira Saïd, très exigeante pour parler de son travail artistique. 

Samira Saïd, de son vrai nom Samira Ben Saïd, est une chanteuse, compositrice et pianiste marocaine. Elle est née à Rabat le 10 janvier 1959. Après avoir connu plusieurs succès avec des chansons marocaines, Samira Saïd a séduit un public international à travers l'interprétation de chansons à tonalités arabe, égyptienne, marocaine et bien d'autres. À huit ans, elle est remarquée par Abdel Halim Hafez, «le rossignol» de la chanson arabe, lors de sa tournée au Maroc, et à 14 ans elle débarque au Caire où elle fait la connaissance de plusieurs poètes et compositeurs arabes tels que Mohammed Abdel Wahab et Baligh Hamdi et commence à travailler sur ses premiers albums. En 1980, Samira Saïd représente le Maroc au Concours Eurovision de la chanson, à La Haye, avec la chanson «Bitaqat hob» (Une carte pour l'Amour). Elle a été distinguée par le roi du Maroc de l'époque, Hassan II. En 1986, Samira Saïd sort l'album «Al Gani baad youmine», considéré comme l'un des plus grands succès des années quatre-vingts. Il s'est vendu à des millions d'exemplaires dans le monde arabe. Deux tubes de cet album «Al Ghani baad youmine» et «Mosh hatnazl annak» marquent un tournant radical dans l'histoire de la musique arabe. Ils marquent une rupture nette avec le style classique de la génération Oum Kalthoum et Mohammed Abdel Wahab. Les arrangements sont plus modernes et l'influence de la musique occidentale est forte. En 2003, elle obtient le World Music Award (WMA) en tant que Best Arabian singer dans la catégorie Afrique-Moyen-Orient pour les ventes de son disque «Youm Wara Youm» qui dépasse les trois millions d'unités vendues et dont est tirée la chanson «Youm Wara Youm» en duo avec Cheb Mami. En 2006, Samira Saïd interprète une nouvelle chanson en français, anglais et arabe pour la Coupe d'Afrique des nations, qu'elle chante lors de la cérémonie d'ouverture de la compétition, au stade du Caire. Fin 2007, Samira Saïd reprend les chemins des studios d'enregistrement pour lancer son nouvel album «Ayam Hayati», quelque peu autobiographique en juillet 2008. Depuis sa  consécration, en 2003 notamment, Samira Saïd est devenue très exigeante quant au choix du registre et des moyens techniques avec lesquels elle réalise ses projets. Il est évident que le chemin qu'elle a emprunté depuis le succès de «Youm Wara Youm», et le genre de musique qu'elle compte désormais interpréter touchera une audience internationale.

 

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