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«Caligula»,
présentée à la salle Atlas
«Le libre
arbitre en règle de vie absolue»
Stéphane Olivié
Bisson a souligné que «Camus a retrouvé cette Algérie qui était
l'espace tout entier de son imaginaire et de son engagement, mais
aussi Alger, la mère de tous ses éblouissements, lieu de son refuge
et de sa consolation», à travers une tournée qui entre dans le cadre
des échanges culturels avec l'Office national de la culture et de
l'information.
A près une
représentation qui a connu un grand succès au théâtre régional de
Béjaïa, la pièce «Caligula» d’Albert Camus, dans la mise en scène de
Stéphane Olivié Bisson avec Bruno Putzulu dans le rôle-titre, a
donné une autre réplique jeudi dernier à la salle Atlas. Produite
par Avant Seine du Théâtre de Colombes et la Cie Lamberto
Maggioranni, «Caligula» est une pièce de théâtre écrite par Albert
Camus, entamée en 1938 (le premier manuscrit date de 1939), et
publiée pour la première fois en mai 1944 aux éditions Gallimard. La
pièce fera par la suite l’objet de nombreuses retouches. Elle fait
partie, avec L’Étranger (roman, 1942) et Le Mythe de Sisyphe (essai,
1942) de ce que l’auteur a appelé le «cycle de l’absurde». Certains
critiques perçurent la pièce comme existentialiste, courant
philosophique auquel Camus se défendit cependant toujours
d’appartenir. Elle met en scène Caligula, empereur romain déchiré
par la mort de Drusilla, sa sœur et amante. Caligula est un enfant,
un empereur «comme il faut, scrupuleux et sans expérience», et
aimable. Jusqu’au jour où meurt Drusilla, sa sœur et son unique
amour. Ravagé, révolté, il érige le libre arbitre en règle de vie
absolue. Croyant prendre en main son destin, il décide d’établir une
liste de personnes à tuer «arbitrairement». La terreur règne alors
dans son royaume, qu’il se plaît à violenter à tort et à travers, au
nom d’une logique implacable. Caligula s’imagine libre, mais
s’enferme dans ses contradictions. Stéphane Olivié Bisson met en
scène la version de Caligula que Camus a écrite en 1941. C’est la
cruelle «récréation d’un fou» épris d’absolu et d’une liberté qui
lui échappe, «la chronique d’une mort annoncée», répondant ainsi au
souhait de Camus, qui, plutôt qu’une pièce philosophique, la
considérait comme «l’histoire d’un suicide supérieur». L’écrivain
n’aurait pas renié l’interprétation de Bruno Putzulu, investi par le
personnage à l’instar de Gérard Philippe qui le créa. Chemise
blanche tombant sur ses pieds nus, le comédien compose un tyran
ambigu, pathétique et pitoyable, machiavélique et émouvant. Le côté
farce noire, tragi-comique et crépusculaire est appréciable. On aime
beaucoup moins les hauts caissons de bois du décor, le lit ridicule
de la Princesse au Petit Pois sur lequel trône Caligula, et les
costumes. Cette production est une tragédie qui commence et se
termine dans la mort, mais qui n’empêche pas de s’arrêter, chaque
fois que le besoin se fait sentir, sur les vrais sens de la vie,
comme pour mieux la sublimer. Des questionnements d’ordre
philosophique et existentiel, rythment son déroulement, égrenés dans
une démarche de quête absolue de vérité et de solutions optimistes.
«Si la vie est absurde, c’est à l’homme de lui donner tout son
sens», réplique Caligula. Bruno Putzulu, dans un rôle ambigu qui va
du tyrannique sanguinaire à l’enfant puéril, explore, en fait, des
vérités têtues, en s’appuyant sur des logiques implacables.
L’objectif repose sur la seule idée obsédante d’atteindre l’absolu.
Par Timouche
Idir
Haut
point a la ligne
Les passeurs de
culture
Ils n'ont pas
d'existence légale et, le plus souvent, les services de police leur
font la chasse, les contraignant à fréquemment changer d'endroit, ce
qui nous oblige, nous lecteurs, à aller à leur recherche comme l'on
cherche sa route dans le désert. Si dans d'autres pays, ils font
partie intégrante du décor et si certains lieux réputés ne sauraient
vivre sans leur présence bénéfique, ici ils n'ont pas plus de
considération que le plus éphémère des petits trabendistes
occasionnels qui vous fourgue sa marchandise à la va-vite quelque
part dans un recoin de rue de quelque quartier populaire. Au
lendemain de l'indépendance du pays, Alger en comptait bien une
dizaine, véritables bouquinistes, puisque c'est d'eux qu'ils s'agit,
ayant pignon sur rue, de vraies boutiques quoi ! A l'heure qu'il est
et pour pratiquement toute la ville, il n'en reste plus qu'un seul
qui, vaille que vaille, tente de répondre chaque jour que Dieu fait
aux attentes d'une clientèle tout aussi fidèle qu'intéressée par
l'éventail des ouvrages recouvrant tous les genres qui peuplent les
étagères des murs de sa petite boutique. Lui, c'est Mouloud, le plus
ancien, le plus connu et sans aucun doute le mieux formé à ce métier
en voie de disparition. Un véritable passeur de culture, celui-là !
Pas de ceux-là pour lesquels le livre est un bien personnel qui ne
doit jamais quitter la place qu'on lui aura assigné quelque part sur
l'étagère de sa bibliothèque non moins personnelle. Mouloud fait
figure de privilégié si on le compare à ces quelques autres qui
hantent épisodiquement la Grange-Poste ou les ruelles discrètes des
environs de la place Maurice-Audin. Démarches administratives,
requêtes, doléances écrites, demandes d'audience, individuelles ou
collectives auprès aussi bien de la wilaya d'Alger que des services
de police, rien n'y a jamais fait. Toujours ce même refus
systématique, toujours cette fin de non recevoir au moment même où
les vendeurs à la sauvette de tout et de rien ne se gênent plus pour
littéralement squatter un bout de trottoir avec une régularité telle
qu'on en finit par le considérer comme leur appartenant en propre.
Par Malik
Bellil
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Samira Saïd
Mettre à jour
son art
«Je suis prête à
interpréter une chanson marocaine, à condition qu'elle parvienne à
me convaincre que je suis en train d'apporter de nouvelles idées et
un nouveau concept à mon public. Je refuse d'interpréter comme je
l'ai fait il y a 20 ans. Le résultat de ces chansons était conforme
à l'esprit artistique de l'époque. Si je dois chanter en marocain
aujourd'hui, cette chanson doit être capable de me donner la
conviction que je contribue concrètement à l'évolution de la chanson
marocaine», souligne Samira Saïd, très exigeante pour parler de son
travail artistique.
Samira Saïd, de
son vrai nom Samira Ben Saïd, est une chanteuse, compositrice et
pianiste marocaine. Elle est née à Rabat le 10 janvier 1959. Après
avoir connu plusieurs succès avec des chansons marocaines, Samira
Saïd a séduit un public international à travers l'interprétation de
chansons à tonalités arabe, égyptienne, marocaine et bien d'autres.
À huit ans, elle est remarquée par Abdel Halim Hafez, «le rossignol»
de la chanson arabe, lors de sa tournée au Maroc, et à 14 ans elle
débarque au Caire où elle fait la connaissance de plusieurs poètes
et compositeurs arabes tels que Mohammed Abdel Wahab et Baligh Hamdi
et commence à travailler sur ses premiers albums. En 1980, Samira
Saïd représente le Maroc au Concours Eurovision de la chanson, à La
Haye, avec la chanson «Bitaqat hob» (Une carte pour l'Amour). Elle a
été distinguée par le roi du Maroc de l'époque, Hassan II. En 1986,
Samira Saïd sort l'album «Al Gani baad youmine», considéré comme
l'un des plus grands succès des années quatre-vingts. Il s'est vendu
à des millions d'exemplaires dans le monde arabe. Deux tubes de cet
album «Al Ghani baad youmine» et «Mosh hatnazl annak» marquent un
tournant radical dans l'histoire de la musique arabe. Ils marquent
une rupture nette avec le style classique de la génération Oum
Kalthoum et Mohammed Abdel Wahab. Les arrangements sont plus
modernes et l'influence de la musique occidentale est forte. En
2003, elle obtient le World Music Award (WMA) en tant que Best
Arabian singer dans la catégorie Afrique-Moyen-Orient pour les
ventes de son disque «Youm Wara Youm» qui dépasse les trois millions
d'unités vendues et dont est tirée la chanson «Youm Wara Youm» en
duo avec Cheb Mami. En 2006, Samira Saïd interprète une nouvelle
chanson en français, anglais et arabe pour la Coupe d'Afrique des
nations, qu'elle chante lors de la cérémonie d'ouverture de la
compétition, au stade du Caire. Fin 2007, Samira Saïd reprend les
chemins des studios d'enregistrement pour lancer son nouvel album «Ayam
Hayati», quelque peu autobiographique en juillet 2008. Depuis sa
consécration, en 2003 notamment, Samira Saïd est devenue très
exigeante quant au choix du registre et des moyens techniques avec
lesquels elle réalise ses projets. Il est évident que le chemin
qu'elle a emprunté depuis le succès de «Youm Wara Youm», et le genre
de musique qu'elle compte désormais interpréter touchera une
audience internationale.
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