Puisqu'on a du pétrole pourquoi vouloir des touristes, des investisseurs étrangers, ou tout ce qui peut modifier nos rapports à nous-mêmes ? Imaginez, monsieur, avec l'argent du pétrole, on peut faire ce qu'on veut.

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Côte d'Ivoire : la liberté retrouvée

Voilà, la Côte d'Ivoire a été finalement démocratisée selon les vœux de l'ONU et de la «communauté internationale». Le nouveau pouvoir a, bien sûr, eu besoin d'un coup de pouce militaire, mais il a fini par être instauré, en attendant qu'un ou plusieurs grands de ce monde vienne parapher l'installation de son chef, préalablement certifié, pour lui donner la solennité voulue. Ce qui ne nous empêche pas de le voir, d'ores et déjà, à l'œuvre dans le pays à travers l'expression de son autorité par son bras armé, «Les Forces nouvelles» dont les chefs se partagent la capitale Abidjan. La ville serait repartie en quatre secteurs. Pour ceux qui connaissent la capitale ivoirienne, l'ancien chef suprême des Forces nouvelles Issiaka Ouattara, dit Wattao, a pris Marcory, Koumassi, Port-Bouët et Treichville. Chérif Ousmane, chef de Bouaké, a pris les communes du Plateau et d'Adjamé, laissant aux sous-fifres les quartiers de Yopougon, Abobo, Anyama, Cocody et Attécoubé. Peu importe l'impossibilité, pour les gendarmes et policiers, de regagner des casernes et des commissariats annexés, pour la cause. Tout est de bonne guerre, ce groupe de chefs avec leurs hommes ont assuré le déroulement «démocratique» des élections présidentielles, dans une grande partie du pays où ils faisaient régner l'ordre. On ne sait pas comment, mais cela a été affirmé par les grandes démocraties et attesté par le représentant des Nations unies. Donc c'est indéniable et, de toute façon, c'est Alassane Ouattara qui est aujourd'hui président et tout est rentré dans l'ordre avec l'éviction et l'incarcération de Laurent Gbagbo. Celui qui refusait que d'autres que le peuple ivoirien puisse décider du destin de la Côte d'Ivoire. Mais, le monde est ainsi fait et on n'y peut rien pour le moment. Donc, la «démocratie» est là, triomphante et tout le monde est content, sauf les Ivoiriens et quelques sceptiques. Force est restée à l'ordre international en vigueur. Les Ivoiriens, personne ne veut plus leur demander leur avis. Ils sont devenus inutiles et s'apprêtent à devenir dangereux. Parce que, à ce qu'on dit, ils sont nombreux à vouloir montrer qu'ils ne sont pas d'accord avec le bonhomme de l'ONU qui a voté pour Ouattara. Si on ne les écoute pas, ils vont faire comme ce dernier a fait. C'est-à-dire se rebeller, mais sans le soutien de personne, du moins, sans le soutien de la «communauté internationale». D'ailleurs, on les traite de «pro Gbagbo», de façon à ce qu'ils n'aient pas la prétention de se réclamer de la démocratie. Car la démocratie, comme on le sait désormais, c'est comme un diplôme qui vous est remis. Il n'est valable que s'il est estampillé par qui de droit. Et, comme il a été officiellement décerné à Ouattara et à ses troupes, il sera difficile, voire impossible, de revenir là-dessus sans beaucoup de dégâts et sans subir les foudres des autorités compétentes en la matière, qui veillent au grain. De plus, des «pro Gbagbo» cela ne peut pas revendiquer autre chose que le retour à la dictature. En attendant, le peuple ivoirien aura tout le loisir de goûter aux délices de la «liberté» retrouvée.

Par Ahmed Halfaoui 

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samedi 21 mai 2011

Barrack Obama et les Arabes

Un plan Marshall pour les démocraties

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LES TITRES  

«Caligula», présentée à la salle Atlas

«Le libre arbitre en règle de vie absolue»

 

Il réclame son départ avant les prochaines législatives

Soltani critique Ouyahia

 

Réunion des MAE des pays du Sahel à Bamako

Crise libyenne, sécurité et développement au menu

 

Ils promettent trois jours de grève chaque semaine

Les travailleurs et fonctionnaires de l'université d'Alger en colère

 

Le Sahel sombre dans l'insécurité

Entre terrorisme et risque d'intervention étrangère

 

Samira Saïd

Mettre à jour son art


LA 24

 Après une grève de 4 jours

Le port d'Alger retrouve son rythme

Après une grève qui a duré quatre jours durant lesquels l'Entreprise portuaire d'Alger (EPAL) a été complétement paralysée, les quais, les ateliers et les hangars du port ont retrouvé leur rythme habituel depuis la matinée d’avant-hier. Mieux encore : les ex-protestataires se sont même mobilisés pour rattraper le retard qu'a causé le débrayage, en travaillant d'arrache-pied hier. Ce sont là les effets de l'annonce du DG de l'EPAL, dans la soirée de mercredi, qui a assuré aux grévistes que «l'application de la généralisation de l'attribution de l'indemnité de travail posté aux personnels concernés interviendra au plus tard avant le 31 du mois en cours.

Il a annoncé, à la même occasion, que la direction a décidé que l'octroi du bénéfice du repos compensatoire aux ouvriers manutentionnaires contractuels sera appliqué à la même date. La direction s'est, en outre, engagée à ouvrir «par anticipation» le dossier relatif à l'intégration des ouvriers manutentionnaires journaliers dans les effectifs de l'entreprise par des contrats de travail d'une année à plein temps, à compter du 1er juin prochain, ainsi que la régularisation de  l'ensemble des ouvriers manutentionnaires journaliers restant, au plus tard avant le 31 décembre de l'année en cours.

Après le conflit et le bras de fer qui ont opposé les travailleurs à la direction de l'entreprise portuaire, les deux parties se sont mises d'accord pour que les navires qui attendaient leur déchargement soient traités en premier pour que viennent ensuite les tâches quotidiennes laissées à l'abandon quatre jours durant. Rappelons que le mouvement de protestation, considéré  comme étant «illégal» par la direction du port, porte principalement sur trois revendications : la revalorisation des salaires de 24%, la permanisation de plus de 240 journaliers, et l'amélioration des conditions de travail, notamment la prise en charge médicale et la disponibilités des équipements de travail.

Par Hamid Fekhart

 

 

 Réformes

Début des consultations avec les partis et les personnalités

L’Instance de consultation sur les réformes politiques a adressé des invitations aux partis politiques agréés, alors que le processus est en cours pour les personnalités nationales et les acteurs de la société civile qui vont être reçus à partir de samedi jusqu 'à la fin juin prochain, a-t-on annoncé vendredi de source officielle. Ces représentants de la classe politique et de la société civile ainsi que les personnalités nationales seront contactés officiellement. La liste des invités sera annoncée à la veille de chaque rencontre. Se conformant aux instructions du président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, l'instance dirigée par M. Abdelkader Bensalah s'attellera «scrupuleusement et fidèlement» à donner la possibilité à toutes les parties consultées d'exprimer leurs avis et propositions dans le respect des constantes de la société algérienne et des éléments constitutifs de l'identité nationale. Concrètement, ces réformes toucheront aussi bien la Constitution que les lois sur le régime électoral, les partis politiques et le mouvement associatif, celle relative à la représentation des femmes aux Assemblées élues, mais aussi la loi sur l'incompatibilité avec le mandat parlementaire et le code de la wilaya. La loi sur l'information est également inscrite au programme de ce débat sur les  réformes.

 

Investissements

La Berd veut élargir sa mission à l'Afrique du Nord

La Berd, qui soutient depuis vingt ans les pays d'Europe de l'Est et de l'ex-URSS, a appelé vendredi ses Etats actionnaires, réunis pour deux jours au Kazakhstan, à l'autoriser à investir en Afrique du Nord. Le président de l'institution, Thomas Mirow, a plaidé pour une évolution de ses statuts, qui ne lui permettent pour l'instant d'intervenir qu'en Europe, en ex-URSS, et en Mongolie. Selon les indications qui ont filtré ces dernières semaines, les actionnaires de la Berd, dont la décision sera annoncée aujourd'hui, devraient approuver largement un tel élargissement de sa mission. Principaux contributeurs de la Berd, la France, l'Allemagne et les Etats-Unis ont affirmé ces derniers jours leur soutien à cette démarche. La Berd est active aujourd'hui dans 29 pays, allant de l'Europe centrale et orientale à l'Asie centrale et de la Baltique au Bosphore.

 

 Véhicule utilitaire

Près de 10 000 professionnels ont visité le Salon d'Oran

Près de 10 000 professionnels ont visité le 4e Salon du véhicule utilitaire et industriel de l'Ouest (VU-VI 2011) qui a pris fin hier, au palais des Expositions de haï Medina-Djedida d’Oran. Cette manifestation économique a accueilli près de 10 000 opérateurs versés dans divers segments, tels le transport de personnes, de marchandises et de carburant, ainsi que le bâtiment, les travaux publics, l'hydraulique, l'électricité et la manutention, a précisé le commissaire du Salon, M. Abdelkader Rezzoug. Cette 4e édition, qui a débuté le 15 mai dernier, a vu la participation de plus de quarante marques internationales, «enregistrant une évolution de 30 % par rapport à l'édition précédente», a-t-il indiqué. Ce Salon a permis de mettre en relief les formules de financement faisant partie des différents dispositifs publics d'aide à la création d'entreprises ou dans le cadre du leasing (crédit-bail).

 

 Tunisie

Une  voiture «chargée de matériel sophistiqué» interceptée  

Les forces de sécurité tunisiennes ont intercepté à Djerba (sud) une voiture «chargée de matériel hautement sophistiqué» appartenant «à un ressortissant libyen résidant dans un pays asiatique», a indiqué avant-hier l'agence officielle TAP citant une source sécuritaire. Selon l'agence, des opérations de fouille (dans le véhicule) ont permis de saisir 10 appareils sans fil ultrasophistiqués et 10 jumelles de vision de jour et de nuit. Il s'agit, selon l'agence, «de la quatrième voiture de ce genre interceptée par la police de Djerba au cours de ces derniers jours».

 

 Effondrement d'un immeuble à Oran

29 familles à la rue

Les plafonds et les escaliers d'un immeuble (R+4) se sont effondrés, hier, au quartier Bel Air à Oran, au moment où des habitants s'apprêtaient à monter les escaliers. Bilan : 5 blessés graves qui ont été transférés aux urgences et qui sont actuellement sous surveillance médicale.  L'incident s'est produit juste après la prière du vendredi. Les habitants ont été surpris par un bruit semblable à une déflagration croyant qu’il s’agissait d’une explosion  de gaz butane. Le temps de réaliser ce qui s'est réellement passé, les plafonds et les escaliers de l'immeuble étaient déjà en ruine. Un homme de 50 ans et une femme de 40 ont été blessés, ainsi que trois enfants âgés entre 6 et 9 ans. Ces derniers  ont reçu des pierres et des planches sur la tête. Ils s’en sont sortis  avec des fractures aux bras et aux  pied, un traumatisme crânien, et des blessures au visage. Ils ont vite été transférés aux urgences de l’hôpital le plus proche. En attendant l'arrivée des agents de la Protection civile et de la police, les habitants du quartier étaient dans un état de grande panique. Les 29 familles qui habitaient l'immeuble se sont retrouvées à la rue. Concernant l’immeuble en question, il avait déjà fait objet d'un P.-V. de péril et a été classé rouge, vue sa vétusté et son état de délabrement avancé. Seulement, les familles n'ont pas été relogées et sont restées dans cette bâtisse. Le pire est arrivé et le sort de ces citoyens reste pour le moment inconnu.       

Par Loubna Zahaf

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L'édito

Par

Farid Chekroune

C'est leur pays

Puisqu'on a du pétrole pourquoi vouloir des touristes, des investisseurs étrangers, ou tout ce qui peut modifier nos rapports à nous-mêmes ? Imaginez, monsieur, avec l'argent du pétrole, on peut faire ce qu'on veut. Par-ci par-là, construire des logements ou des autoroutes, augmenter les salaires, élaborer des projets sur cinq ou trente ans, discuter de l'après-pétrole et rester entre nous. Le touriste est un intrus. Il veut nous obliger à changer de mentalité. Prendre soin de notre environnement, avoir le sens du commerce, devenir agréables, se soucier du moindre détail… Depuis l'indépendance, nous avons toujours voulu donner une belle image de notre pays, et quiconque la «salissait» était considéré comme un traître. Mais cette belle image, il fallait la donner de loin. Tout étranger qui lui succombait était stoppé net à l'aéroport. Nos vaillants douaniers, si généreux avec les multiples réseaux de l'informel, devenaient intraitables avec le touriste, qu'il soit d'ailleurs étranger ou algérien. On les accueillait chez nous, enfin chez ceux qui nous confondaient             avec eux,  comme des suspects hautement dangereux. Depuis, on a quelque peu amélioré la dissuasion. Le touriste pourra toujours venir si ça lui chante, mais il ne trouvera rien - sinon de l'ennui et des ennuis. A Alger, par exemple, il n'y a plus de cinémas, de terrasses de café, de restaurants, de théâtre, de bars, de musées et de tous  lieux de divertissements légitimes pour un touriste que comptés sur les doigts d'une seule main. En outre, la mauvaise qualité est de rigueur. Le pays n'est manifestement pas soucieux de son tourisme, bien au contraire. Et il a raison : l'argent du pétrole est là, pourquoi s'en faire ? D'autant qu'il existe des enjeux derrière cette affaire. Le touriste, c'est comme l'investisseur. La séduction qu'il faut déployer pour les intéresser à la destination Algérie suppose des changements et des remises en question qui affectent de nombreux intérêts en place. C'est même franchement d'ouverture qu'il est question et donc de risque d'instabilité. Ceux qui tirent profit du repli sur soi actuel, qu'ils soient les rentiers d'une situation économique et politique ou les idéologues conservateurs et religieux qui rêvent d'un désert arabique, refusent que l'Algérie soit une destination touristique. Ils n'ont que faire de l'avis de tous ceux qui vont rechercher en Tunisie ou ailleurs un endroit agréable pour passer leurs vacances. Mieux : ils aimeraient les voir partir pour ne plus revenir. Encore une fois, ils n'ont que faire de l'argent de ces étrangers qu'ils considèrent comme des rivaux, au mieux, des virus, au pire. Ils rêvent, et leur ministre l'a dit haut et fort, d'un tourisme islamique. Les visiteurs seraient alors accueillis, comme il se doit, avec des dattes et hébergés sous des tentes. Pour eux, monsieur, la belle image de l'Algérie c'est ça. C'est leur pays, que voulez-vous?  

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