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Barrack Obama
et les Arabes
Un plan
marshall pour les démocraties
Il y a tout juste
deux années de cela, le président américain Barak Obama prononçait
un retentissant mais inefficace discours à l’intention du monde
arabe et musulman depuis la capitale égyptienne.
Prenant acte du
vent de révoltes populaires et de volonté affichées par nombre de
pays arabes d'engager des réformes politiques à plus ou moins
longue échéance, il a, ce jeudi, pris la parole depuis le
Département d'Etat pour engager son pays dans la direction «d'un
nouveau chapitre de la diplomatie américaine», considérant que
l'avenir des Etats-Unis et celui du monde arabe sont liés tout à la
fois par les forces de l'économie, la sécurité et l'histoire. Cette
véritable redéfinition de la politique étrangère américaine dans la
régions repose sur deux objectifs essentiels : «primo soutenir
l'élan démocratique du printemps arabe» et secundo «contribuer à
faire avancer le processus de paix israélo-palestinien. Mais c'est
d'abord parce qu'il considère que les peuples seuls ont leur destin
entre leurs mains, c'est-à-dire que le mouvement de réformes
indispensables ne peut être qu'endogène, que le président américain
a tant insisté sur le rôle de premier plan que son pays entend jouer
à l'échelle de toute la région. C'est aussi en se basant sur le
respect de la volonté des peuples qu'Obama prend la peine d'appeler
les populations concernées à la patience car, et les exemples de la
Tunisie et de l'Egypte sont éloquents à ce sujet, «les changements
espérés ne viendront pas facilement. Il faudra des années pour que
ces réformes touchent à leur fin.» C'est pourquoi, et donnant à son
intervention un ton résolument novateur, Obama insiste pour que les
concernés comprennent bien que si les Etats-Unis sont d'abord
préoccupés par leur sécurité à travers la lutte contre le
terrorisme, il n'en demeure pas moins qu'ils ne sauraient se limiter
à la défense de leurs seuls intérêts mais très rapidement s'orienter
vers une stratégie fondée sur des intérêts et du respect mutuels, et
ce compte tenu de «l'importance de la stabilité des nations et de
l'autodétermination des individus.» Le statu quo n'est plus viable,
a-t-il soutenu. Les sociétés maintenues par la peur et la répression
peuvent offrir l'illusion de la stabilité pour un temps mais les
lignes de faille sur lesquels reposent ces ordres politiques
finissent inéluctablement par craquer. Mais les observateurs
estiment que l'on est loin de ce «plan Marshall» évoqué notamment
par la presse américaine. Barack Obama a donc promis un nouveau
programme d'aide destiné «aux pays démocratiques» issu du «printemps
arabe», à commencer par la Tunisie et l'Egypte. Il va notamment
proposer à ses partenaires du G8 d'alléger la dette égyptienne d'un
milliard de dollars et de mettre en place un programme pour
promouvoir l'investissement privé dans la région. Il a promis
l'assistance «diplomatique et économique» des Etats-Unis pour
soutenir les mouvements en cours. Pour le président américain, la
Syrie doit «réformer ou s'écarter». L'Iran, le Yémen et Bahrein «ne
peuvent prétendre avoir un dialogue démocratique s'ils emprisonnent
les opposants». Concernant la Libye, Obama s'en est dit persuadé :
«Le mouvement est inéluctable, Kadhafi finira par partir ou par être
chassé.»L'autre volet de cette allocution adressée aux pays arabes
concerne inévitablement la question de la reprise du processus de
paix israélo-palestinien. Même s'il est difficile de parler
d'avancée notoires sur ce plan, il y a tout de même lieu de
souligner que le fait d'avoir fait clairement référence à une
solution à deux Etats souverains sur la base des frontières de 1967
n'a pas été pour plaire à l'allier stratégique et traditionnel dans
la région qu'est Israël. Les réactions immédiates de Tel-Aviv sont
là, le cas échéant, pour le prouver, et ce d'autant que cette
déclaration a été faite un jour avant la visite
qu'effectuait hier à Washington Benjamin Netanyahu. Pour Barack
Obama, «être amis, c'est se dire les choses en face». Il faut
reconnaître que la situation «n'a pas avancé», avec «une poursuite
de la violence et de la colonisation».
Par Malik
Bellil
Haut
Moyen-Orient
Le discours d'Obama
suscite des réactions mitigées
Le discours sur le
Moyen-Orient, prononcé jeudi soir par le président américain Barack
Obama, a suscité vendredi des réactions mitigées, certains pays lui
reprochant son manque d'audace sur la question palestinienne,
notamment. Premier à réagir, le mouvement palestinien Hamas, par la
voix de M. Mahmoud Zahar, a récusé le discours d'Obama, l'accusant
«de soutenir Israël». «Obama a adopté la position d'Israël dans le
cadre de sa campagne électorale», a estimé M. Zahar. De son côté,
Sami Abou Zouhri, porte-parole du Hamas, a appelé le président
américain «à accomplir des actions concrètes pour protéger les
droits des Palestiniens». «Ce que Obama doit faire, ce n'est pas
ajouter des slogans mais accomplir des actes concrets pour protéger
les droits des Palestiniens et de la nation arabe», a-t-il insisté.
En Arabie saoudite, le quotidien saoudien «Arab News» a reproché au
président Obama son «manque de propositions» concrètes notamment sur
la question palestinienne. Ce quotidien a souligné que «les discours
de M. Obama n'intéressent désormais plus le monde arabe : il
pourrait tout aussi bien avoir parlé dans une pièce insonorisée»,
ajoutant que «si Obama veut notre confiance et notre amitié, il doit
travailler dans un domaine sur lequel il a jusqu'ici honteusement
échoué : la Palestine». De leur côté, la Syrie et l'Iran ont
vivement critiqué le discours, estimant qu'il «n'offre rien de
nouveau» et le qualifiant de «contradictoire». «Le discours du
président Obama sur le Moyen-Orient n'offre rien de nouveau quant à
la politique (des Etats-Unis) concernant le processus de paix, la
situation en Irak ou la sécurité et la stabilité régionales», ont
estimé des responsables syriens, cités par l'agence de presse Sana.
En Iran, M. Saïd Jalili, secrétaire du Conseil suprême de la
sécurité
nationale, a estimé que «le désespoir, les contradictions et les
tromperies sont visibles dans le discours d'Obama». Le secrétaire
général sortant de la Ligue arabe, Amr Moussa,
a, pour sa part,
appelé les Etats-Unis à l'application sur le terrain des propos du
président Obama pour la création du futur Etat palestinien aux
frontières de 1967.
Malik B. avec
agences
Haut
Le Sahel sombre dans l'insécurité
Entre
terrorisme et risque d'intervention étrangère
Si la région du
Sahel est historiquement connue pour avoir jadis été un lieu de
passage obligé pour les caravanes, le commerce du sel, de l'or et
des esclaves, elle n'a par contre en aucune façon marqué l'histoire
ou du moins eu une incidence quelconque sur son déroulement.
La région du Sahel
est confrontée aujourd'hui à un réel danger dont le terrorisme
représente le noyau principal, sans oublier le crime organisé, le
trafic d'armes, celui de la drogue, et les risques d'intervention
étrangère ou de présence militaire. Ces ramifications ou maillons
gravitent autour de ce noyau, sous l'effet du phénomène physique de
l'attraction. Par effet physique, il est entendu ici le corollaire
politico-stratégico-sécuritaire sous-tendant cette présence. Ce
facteur constitue, à son tour, un enjeu où s'entrecroisent à la fois
les intérêts des forces étrangères et le désir des diverses
organisations terroristes affiliées à Al Qaïda au Maghreb de se
positionner et de s'installer dans cette zone pour en faire une base
arrière d'où seront menées ses opérations, mais aussi pour y édifier
des centres d'entraînements surtout dans le cas où les «Arabes
afghans» des différentes zones de conflits devaient revenir. Ces
derniers ont combattu les forces occidentales et américaines, en
particulier (en Irak, en Afghanistan, et au Pakistan, notamment), et
qui, de l'autre côté, contrastent avec les approches étatiques
adoptées par les pays qui sont directement concernés voire
«impliqués» et font face à ce phénomène sur leur propre territoire
(les pays du Sahel eux-mêmes). Ce contraste constitue l'une des plus
importantes causes du report de la conférence de Bamako (qui devait
rassembler l'ensemble des pays du Sahel) sur le terrorisme, dont la
tenue était prévue au début de l'année, mais qui s’est tenue
finalement hier dans la même ville. Une situation qui a fait que la
région repose sur une sorte de volcan, dont personne ne pourra
prédire le moment de son éruption. Dans ce contexte, l'absence d'une
approche cohérente et commune entre les pays de la région sur le
traitement de ce phénomène l'expose à un double risque : l'invasion
étrangère et la prolifération du terrorisme, sachant que chacun des
deux dangers peut imposer l'autre et même le renforcer. Et s'il a
été prouvé, à maintes fois, que le premier a invoqué le prétexte du
second mais pas le contraire, la multiplication des efforts pour
éliminer à la fois la cause représentée par le terrorisme et éviter
l’invasion étrangère qui pourrait en découler, serait plus
pertinente que de risquer de voir cet effort dilapidé dans une vaine
tentative de repousser l'un (le terrorisme) en offrant l'occasion à
l'autre (l'invasion étrangère) de mettre la région et ceux qui y
vivent en péril. C'est comme si l’on essayait de soigner un
toxicomane en prêchant de bonnes paroles, tout en laissant la voie
aux réseaux de trafiquants de drogue pour s'adonner librement à leur
commerce dans le quartier où vit ce toxicomane menaçant du coup tous
les jeunes qui y vivent, qui est le plus souvent déjà en proie à
cette «trilogie» infernale formée par le chômage, l’oisiveté et un
horizon incertain.
Aqmi se rebiffe
au Sahel, grâce au «butin de guerre» ramené de Libye
La machine de
guerre d'Al Qaïda au Maghreb est en train de se rebiffer, grâce aux
armes lourdes «importées» de Libye, d'autant que ce pays voisin se
débat dans une guerre civile depuis plus de trois mois. La nébuleuse
a même pu récolter des armes très sophistiquées , des Fan-Fall, des
RPG7, et même des armes lourdes. Cette menace a poussé les pays du
Sahel de s'assoire, une nouvelle fois, sur une même table, afin de
mettre à exécution des plans sécuritaires qui permettront d'éviter
les pires scénarios succeptibles d’avoir lieu dans la région.
L'heure est grave, estiment les militaires des quatre pays de la
bande sahélo-saharienne, d'autant que les activités de la nébuleuse
ont gagné du terrain, et touché des zones qui étaient jusqu’ici à
l’abri de toutes menaces. Les récents attentats pérpétrés en Tunisie
et au Maroc sont des signes forts de cette montée. Conscients de ce
danger, les états-majors des pays du Sahel ont décidé, lors de la
récente rencontre de Bamako, d'augmenter leurs effectifs militaires,
en installant et en contrôlant d'autres points sensibles de la
région. «Il était temps, car l'ennemi est en train de se faire
pousser des ailes dans la région», indiquent les spécialistes de la
question sécuritaire.
L. I.
Haut
Désigné comme chef par intérim d'Al Qaïda
Seif El Aâdl,
le nouvel homme le plus recherché au monde
Seif El Aâdl, un
haut responsable égyptien d'Al Qaïda, a été désigné, jeudi passé,
selon un communiqué de cette nébuleuse terroriste, comme étant le
nouveau chef par intérim d’AQMI, après l'élimination de son
fondateur, Oussama Ben Laden, le 2 mai, par un commando américain.
Avec cette nouvelle désignation, ne serait-ce que momentanée, Seif
El Aâdl sera le nouvel homme le plus recherché de la planète,
d'autant que les autorités américaines avaient déjà annoncé,
quelques jours après l'élimination de Ben Laden, que le prochain
chef de la nébuleuse sera l’ennemi n°1 des Etats-Unis.
D'autre part,
l'annonce de cette nouvelle désignation a été confirmée par Noman
Benotman, un ancien militant extrémiste libyen qui a renoncé à
l'idéologie d'Al Qaïda. Toutefois, ce dernier a indiqué que cette
nomination était motivée par la fébrilité des militants d'AQMI face
à l'absence de chef, capable de relancer les activités de cette
organisation. D'autre part, cette nomination faite très rapidement
témoigne de la situation dans laquelle Al Qaïda se trouve
aujourd'hui. Cela dit, elle a énormément besoin, surtout dans des
moments pareils, d'avoir un nouveau guide pour pouvoir se
repositionner à nouveau, après une éclipse de plusieurs années.
Pour cette raison,
le Majliss El Choura d'Al Qaïda, et après plusieurs jours
d'hésitation a fini par élire Seif El Aâdl, ce vétéran égyptien de
la guerre d'Afghanistan. Ancien membre des forces spéciales
égyptiennes et du Djihad islamique égyptien, il est âgé d'environ 50
ans et a déjà occupé le poste de chef de la branche militaire d'Al
Qaïda. Il est aussi connu sous le nom de Mohamed Ibrahim Makkawi et
fut inculpé pour sa participation présumée aux attentats contre les
ambassades américaines de Nairobi et Dar es-Salam en 1998. Une
récompense de cinq millions de dollars est offerte pour son
arrestation.
Selon l'ex-djihadiste
libyen, Benotman, cette nomination à la tête d'Al Qaïda pourrait
être une façon pour la nébuleuse de tester les réactions à l'arrivée
au pouvoir d'un chef ne venant pas de la péninsule arabique, terre
sainte de l'islam, en vue de l'introduction de celui qui apparaît
comme le successeur naturel de Ben Laden, Aymen El Zawahiri, le n°2
d'Al Qaïda. Oussama Ben Laden était lui originaire d'Arabie
saoudite, faut-il le rappeler.
Les Egyptiens
prennent les commandes d'Al Qaïda
Quatre branches
d'Al Qaïda se sont disputé la place laissée par le chef spirituel
Oussama Ben Laden, après sa mise hors d'état de nuire par un
commando de SEAL (US Navy), le 2 mai. Mais le dernier mot est revenu
aux extrémistes égyptiens lesquels, avec la désignation de Seif El
Aâdl, contrôlent désormais AQMI.
Au départ, elles
étaient quatre filières à être en course pour accaparer le
«fauteuil» de la plus dangereuse organisation terroriste, voire la
plus importante dans le monde. Il s'agit d'Al Qaïda de la péninsule
arabique, le groupe maghrébin affilié à la nébuleuse terroriste,
celle appartenant aux Egyptiens, et enfin Al Qaïda à Yarma, en Iran.
Ces quatre groupes avaient proposé, chacun, entre un et deux noms de
chefs terroristes capables de s’assoire sur le trône laissé par
Oussama Ben Laden. Pour la branche égyptienne, deux noms ont été
proposés au Majliss El Choura d'Al Qaïda.
Il s'agit d'Aymen
El Zawahiri, le n°2 de la nébuleuse, et Seif El Aâdl. Les salafistes
égyptiens souhaitaient d’ailleurs que l'un de ces deux chefs soit à
la tête de cette organisation terroriste. Face aux Egyptiens, les
terroristes maghrébins étaient déterminés, de leur côté, en
proposant des noms tristement célèbres de la mouvance salafiste
armée maghrébine, Abou Yahia El Liby, le n°3 de l'organisation
terroriste, et Djamel Masrati, un vétéran de la guerre
d'Afghanistan. Pour sa part, Al Qaïda de la péninsule arabique avait
conseillé, à son tour, le nom d'Ali Omar, yéménite d'origine.
Pour cette
organisation très active au Yémen, seul Ali Omar est en mesure de
redonner, voire réorganiser Al Qaïda, après des années d'inactivité.
Enfin, Al Qaïda à Yarma, en Iran, voulait également le «prestigieux»
fauteuil de l'organisation terroriste la plus en vue dans le monde,
en proposant le nom du Saoudien El Karaâoui. Six noms ont donc été
proposés au Majliss El Choura d’Al Qaïda. Mais finalement, c'est
l'Egyptien Seif El Aâdl qui sera élu aux commandes de cette
organisation.
Lotfi I.
Haut
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