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Soutien à Kadhafi et envoi de mercenaires en Libye
«Juppé lui même
n’y croit pas», selon Medelci
Cela ne peut être
que d'une extrême gravité ! Un conseil qualifié de «transition» qui
pointe du doigt un Etat souverain, avec tout ce que cela peut
signifier, l'accusant d'aller à l'encontre même de la position
internationale, notamment celle de la France qui est militairement
impliquée dans le conflit.
Ce conseil, qui
n'est que le CNT (Conseil national de transition) dirigé par
d'anciens ministres de Kadhafi, est allé jusqu'à déposer une plainte
auprès de la Ligue arabe pour soutien à Kadhafi et envoi de
mercenaires en Libye. A ces interminables accusations, l'Algérie par
la voix de ses officiels n'a fait qu'opposer démenti sur démenti,
mais est-ce suffisant ?
Le ministre des
Affaires étrangères, M. Mourad Medelci, a qualifié, hier, comme à
chaque sortie médiatique, ces accusations de «manœuvres dilatoires»,
qui n'ont rien à voir avec la crise dans ce pays. «Nous avons, au
niveau du ministère des Affaires étrangères, apporté les démentis
les plus clairs à ces accusations», a-t-il déclaré sur les ondes de
la Chaîne III. «Nous avons eu à exprimer notre conviction au sujet
de ces accusations que nous considérons dilatoires, basées sur des
agendas qui n'ont rien à voir avec l'affaire libyenne. Elles sont
beaucoup plus anciennes que la crise en Libye, cela est très clair»,
a-t-il ajouté. Le même ministre, revenant sur l'entretien
téléphonique qu'il a eu avec son homologue français, lundi dernier,
dira que la discussion «a porté essentiellement sur les relations
bilatérales entre les deux pays», particulièrement sur «e plan de la
mise en place d'un partenariat industriel, à la fois ambitieux et
équilibré», et qu'il avait coïncidé (l'entretien téléphonique) avec
la visite à Paris de M. Mohamed Benmerradi, ministre de l'Industrie,
de la PME et de la promotion des investissements, qui a rencontré M.
Jean Pierre Raffarin. Mourad Medelci a néanmoins reconnu «avoir
évoqué avec son homologue français la situation en Libye et les
accusations portées par le Conseil national de transition (CNT)
libyen à l'encontre de l'Algérie. «M. Juppé a lui-même considéré
comme peu crédibles ce qu'il a qualifié de rumeurs lorsqu'il a
désigné ces informations complètement farfelues et qui donnent
l'Algérie comme une partie à ce conflit entre Libyens, alors que
nous n'avons jamais eu à choisir une partie contre l'autre dans
cette crise», a-t-il assuré. A la même occasion, Medelci a assuré à
Alain Juppé que l'Algérie n'avait pas fourni plusieurs centaines de
véhicules armés aux forces libyennes de Mouammar Kadhafi. De son
côté, le ministre français des Affaires étrangères avait déclaré:
«Je lui ai posé la question (Medelci, ndlr) et il m'a assuré que ce
n'était pas vrai».
Mais ne serait-il
pas plus judicieux pour l'Algérie, en tant qu'Etat souverain,
d'aller au-delà des démentis et d'exiger au moins à la Ligue arabe
le rejet de la plainte ? Car il y va même de sa position et de son
poids sur l'échiquier diplomatique dans la région et au niveau
international. Sans oublier tout ce que cela pourrait induire comme
perturbations en matière de relations avec les pays voisins, et avec
la France. Par ailleurs, Medelci a prôné «la solution politique
pour la crise en Libye apportée par l'Union africaine».
«Aujourd'hui, nous sommes dans une situation qui est extrêmement
compliquée où les Libyens se battent entre eux et d'autres parties
sont en train d'aider pour que la guerre s'intensifie (…), nous ne
perdons pas espoir, surtout si la communauté internationale joint
ses efforts à ceux de l'UA pour que la solution politique puisse
s'imposer», a-t-il déclaré, en guise de renforcement de son
argumentaire.
Madelci
n'exclut pas la réouverture des frontières avec le Maroc
«Nous n'excluons
pas de (re)ouvrir les frontières avec le Maroc. Nous avons dit qu'il
faut remettre sur le tapis les questions sensibles (énergie,
agriculture…). Mais il serait malhonnête de situer un jour dans le
calendrier», a ajouté Medelci sur les ondes de la Chaîne III .
Evoquant un message envoyé par le Président de la République à
Rabat, le 17 avril dernier, il a déclaré la volonté de l'Algérie
d'entretenir une relation suivie avec le Maroc, notamment en matière
d'échanges ministériels et de plusieurs secteurs comme l'éducation
et l'agriculture. Il a assuré, dans le même contexte, que «l'UMA
n'est pas bloquée», mais ne fonctionne pas, cependant, comme ses
membres l'auraient souhaité.
Par Hamid
Fekhart
Haut
Mourad Medelci :
«Les relations
algéro-françaises ne sont pas tendues»
M. Mourad Medelci,
ministre des Affaires étrangères, a affirmé que l'entretien
téléphonique qu'il a eu lundi dernier avec son homologue français,
M. Alain Juppé, a porté essentiellement sur les relations
bilatérales entre les deux pays. «En réalité, la discussion avec M.
Juppé a porté essentiellement sur les relations bilatérales et nous
avons observé qu'il y avait des avancées, en particulier sur le plan
de la mise en place d'un partenariat industriel, à la fois ambitieux
et équilibré», a indiqué M. Medelci. Il a précisé que cet entretien
avait coïncidé avec la visite à Paris de M. Mohamed Benmerradi,
ministre de l'Industrie, de la PME et de la Promotion des
investissements, qui a rencontré M. Jean Pierre Raffarin, ancien
Premier ministre français, vice-président du Sénat. «C'est d'abord
sur les relations bilatérales que l'entretien a porté et,
d'ailleurs, nous avons échangé à cette occasion des invitations
réciproques pour que M. Juppé visite l'Algérie le plus rapidement
possible et le ministre algérien des Affaires étrangères se rende
dès que possible en France», a-t-il ajouté. A une question sur une
éventuelle tension qui existerait entre l'Algérie et la France, M.
Medelci a affirmé que les relations entre les deux pays «ne sont pas
tendues».
«Nous avons
beaucoup d'intérêts communs. Nous avons, sur certaines situations
internationales ou régionales, des approches différentes, mais je
considère que l'Algérie et la France n'ont pas aujourd'hui de
relations tendues», a-t-il soutenu.
«Les quelques
problèmes que nous avons vécus au cours de ces dernières années
sont aujourd'hui réglés», a-t-il poursuivi. «Ce que nous souhaitons
simplement c'est qu'à la faveur de la conjoncture très favorable que
traverse notre pays, nous puissions donner un plus à la relation
algéro-française, particulièrement dans le domaine de l'industrie»,
a-t-il plaidé. Et Medelci de préciser que «M. Juppé a saisi cette
occasion pour demander mon avis sur ces rumeurs. Mon homologue
français n'a pas beaucoup insisté» sur cette question, «même si
probablement pour répondre à la question d'un journaliste le
lendemain, il a dû faire état seulement de cela». Car, pour le chef
de la diplomatie algérienne, «il n'est pas de tradition que deux
ministres des Affaires étrangères se parlent et qu'ils disent tout
le lendemain, sauf lorsqu'ils organisent une conférence de presse,
et nous n'étions pas dans cette hypothèse», a-t-il observé. A
propos de la crise en Libye, M. Medelci a convenu avec M. Juppé
«qu'il n'y a pas de solution autre que la solution politique,
laquelle ne peut être portée que par les Libyens eux-mêmes». «Cette
conviction, je crois l'avoir partagée avec M. Juppé», a-t-il encore
précisé.
Par Malik
Bellil
Haut
Partenariat économique algéro-français
L’essentiel des
dossiers réglé avant la fin mai
La visite du
ministre de l'Industrie, de la PME et de la Promotion des
investissements, Mohamed Benmeradi, à Paris n'a pas été vaine. Les
discussions qu'il a eues avec son homologue français dans le suivi
de la coopération économique bilatérale, Jean-Pierre Raffarain, ont
permis de parvenir à l'assainissement de l’essentiel des dossiers
restés en suspens, avant la prochaine étape de la «levée des
entraves» prévue à la fin du mois de mai à Alger.
«Douze dossiers
biltéraux ont été réglés à 90%», a assuré M. Benmaradi lors d'un
point de presse animé conjointement à Paris avec M. Jean-Pierre
Raffarain. Le ministre a néanmoins concédé que quelques «petites
questions» restent en suspens et nécessitent encore une
mobilisation. Le dossier Sanofi Aventis, qui a connu des
«contraintes et des difficultés» à avancer, est «totalement réglé
aujourd'hui et l'investissement est en train de se réaliser», a
expliqué le ministre. Ce constat est également valable pour
l'investissement dans le verre et la chimie avec Saint Gobain ainsi
que le projet de cimenterie que compte mettre sur pied le groupe
Lafarge en Algérie. Un projet qui «a rencontré des difficultés et
dont les conditions de transfert ont été contestées par la partie
algérienne».
«Grâce à M.
Raffarin, le contentieux qui a été porté devant une juridiction a
été retiré par Lafarge, ce après quoi nous avons discuté en toute
sérénité sur ce dossier à la faveur de cette visite et envisageons
une coopération dans le cadre de la règle 51/49 et des partenariats
vont se nouer avec le groupe», a-t-il assuré.
Concernant le
projet d'investissement de plus d'un milliard de dollars du groupe
Renault, Benmeradi a précisé que les exigences de la partie
algérienne concernent le «développement d'une filière dans
l'automobile avec des pôles d'intégration supérieurs à 50%» et non
pas une unité de montage.
Chose prise en
compte par Renault, selon le ministre, qui affirme cependant «qu'il
reste encore des points que nous sommes encore en train de négocier,
notamment sur les modalités de commercialisation et de distribution
du produit de joint-venture». La production sera assurée pour les
besoins nationaux et éventuellement pour l’exportation. Le dossier
Renault est de ce fait bien parti pour connaître son dénouement,
d'autant que M. Benmeradi admet qu'il n'y a que «très peu de points
de divergence».
Pour le dossier de
Total, dont l'investissement est estimé à moins 5 milliards, le
ministre a indiqué que l'Algérie n'est pas encore arrivée à un
accord avec ce groupe, «qui a demandé à être associé y compris dans
l'étude sur l'approvisionnement en intrants», relevant que Sonatrach
est en train d'achever une étude qui sera mise à la disposition du
partenaire.
Les principaux
dossiers concernant Renault et Total, qui sont sur la bonne voie,
pourraient aboutir à la fin du mois de mai à l'occasion de la tenue
du forum Algérie-France, à la veille de la 44e édition de la Foire
internationale d'Alger, a laissé entendre M. Jean-Pierre Raffarin,
estimant que la démarche de partenariat entreprise entre la France
et l'Algérie va se concrétiser par la création de 30 000 emplois
directs et plus de 100 000 indirects. Ce dernier a souligné une
avancée très positive sur de nombreux dossiers malgré certaines
lacunes qui seront prises en charge avant le 30 mai.
Par Yazid
Ferhat
La France et
l'Algérie ensemble pour lutter contre le changement climatique
Qualifiant les
relations entre l'Algérie et la France d'excellentes, le ministre de
l'Environnement et de l'Aménagement du territoire, Chérif Rahmani,
considère que les deux pays peuvent ensemble apporter un soutien
substantiel à la lutte pour le changement climatique dans le monde.
Dans une déclaration à l'APS, à l'issue des entretiens avec son
homologue française, Nathalie Kosciusko-Morizet, le ministre estime
nécessaire que les deux pays, «la France en sa qualité de présidente
du G8 et du G20, et l'Algérie, parce qu'elle préside et anime le
groupe Afrique sur les négociations afférentes au changement
climatique», se retrouvent et échangent leurs points de vue sur la
manière de «donner de la consistance aux décisions du sommet sur le
changement climatique de Cancun pour faire de celui de Durban
(Afrique du Sud) un succès». «Il ne s'agira pas à Durban de sauver
le processus onusien de négociation mais surtout de donner de la
substance à ce fond vert de lutte contre le changement climatique
destiné aux pays en développement et qui devrait mobiliser 100
milliards de dollars à l'horizon 2020», a-t-il indiqué.
Par Yazid
Fakhat
Haut
Nouveau code communal, modernisation de l'administration,
criminalité…
Les réponses de
Ould Kablia
Le ministre de
l'Intérieur et des Collectivités locales, Daho Ould Kablia, qui
répondait jeudi aux questions orales des membres du Conseil de la
nation lors d'une séance plénière, a fait un tour d'horizon sur les
questions d'actualité avérées, réaffirmant que la nouvelle loi sur
la commune, contrairement à ce que prétendent certains,
«renforcerait les prérogatives du secrétaire général de la commune
en tant qu'animateur de l'administration communale, sous l'autorité
du président de l'APC». Dans ce contexte, il rappellera que la
réglementation en vigueur, notamment le décret exécutif 26/91 du 2
février 1991 portant statut du personnel des communes, définit les
conditions d'accès aux postes de responsabilité en fonction de la
densité de la population, relevant dans ce contexte que le «poste de
secrétaire général est considéré, dans les communes de plus de 100
000 habitants, comme étant un poste supérieur, pourvu en vertu d'un
décret présidentiel». Il a annoncé l'introduction de «réformes
profondes» dans la réglementation en vigueur dans ce domaine en vue
de faire de la commune «un pôle d'attraction pour les cadres
compétents, en leur assurant une carrière professionnelle
prometteuse et les inciter à intégrer les administrations
publiques». S'agissant du statut des personnels des collectivités
locales, M. Ould Kablia a rappelé qu'un groupe de travail avait été
installé par ses services dans le but d'élaborer une nomenclature
complète des postes existants et indispensables à la gestion de
l'administration locale. Il s'agit également, a-t-il dit, de définir
les prérogatives de chaque poste et en fixer les conditions d'accès.
S'agissant de la
numérisation des registres de l'état civil, qui «s'inscrit dans le
cadre de la modernisation de l'administration», M. Ould Kablia dira
qu'elle se trouve à un stade «très avancé». Il a en outre affirmé la
nécessité de revoir la nomenclature de l'état civil à travers la
suppression de certains documents qui ne sont plus exigés par
l'administration. Concernant le passeport et la carte
nationale d'identité biométriques et électroniques, le ministre a
précisé que les dossiers y afférent avait été «traits de manière
adéquate» à travers la simplification et l'allègement du formulaire
de demande de ces deux pièces, non sans indiquer que 2 à 3% des
cartes nationales d'identité actuelles sont falsifiées. Il assurera
que le nouveau modèle de CNI est infalsifiable. Concernant
l'allègement, en matière de documents, des différents dossiers
administratifs, le ministre a indiqué que pour ceux ayant trait aux
examens et concours, les candidats sont désormais tenus de présenter
seulement les documents attestant leur identité et niveau scolaire,
le reste ne sera exigé qu'en cas de succès aux épreuves. Toujours en
matière de lutte contre la bureaucratie, Ould Kablia dira qu'elle
reste une «priorité» pour son département, appelant les walis, chefs
de daïra et présidents d'APC, à mettre en pratique sur le terrain la
feuille de route élaborée par son ministère.
Dans un tout autre
contexte, notamment la propagation du phénomène de rapt d'enfants,
le ministre a précisé que tous les cas traités, au nombre de 157,
«ont connu un heureux dénouement grâce à l'intervention rapide des
forces de sécurité», démentant les allégations selon lesquelles les
enlèvements sont motivés par le trafic d'organes. Les services de
sécurité, a-t-il indiqué dans le même registre, ont mis en œuvre en
2010 «une stratégie globale» de lutte contre le crime qui prévoit
l'organisation, au niveau des établissements éducatifs de l'ensemble
des wilayas du pays, de campagnes de sensibilisation, rencontres
scientifiques et portes ouvertes sur les enlèvements et autres
agressions sexuelles, sur la conduite à observer en pareil cas. Il a
également relevé que le développement et la généralisation de
l'Internet conduit à l'accroissement du nombre de crimes et de
victimes d'agressions sexuelles, ajoutant que ce diagnostic «nous
appelle à rénover nos méthodes de travail et nos moyens
d'intervention».
A la question
relative aux locaux commerciaux réalisés dans le cadre du programme
du Président de la République «100 locaux par commune» et en
application de la loi de finances 2011, il a été décidé, a indiqué
Ould Kablia, d'annuler toutes les conditions rendant l'accès
difficile, y compris celles relatives aux activités commerciales.
Ould Kablia
instruit les cadres de son département à traduire «fidèlement» les
directives de Bouteflika
Lors d'une
réunion, mercredi, avec les cadres centraux de son département, le
ministre a décidé la mise en place de groupes de travail pour mettre
en œuvre les directives contenues dans le discours du chef de
l'Etat. Au travers de ses instructions, il a mis l'accent sur les
différentes thématiques évoquées par le chef de l'Etat, à savoir la
Constitution, la loi sur la représentation des femmes au sein des
assemblées élues, la révision du code de wilaya, les lois électorale
et sur les partis politiques et les associations ainsi que le
développement local et les fléaux sociaux. S'agissant de la révision
de la Constitution, le ministère apportera toute «contribution
souhaitée» pour la concrétisation de cet objectif, ainsi que sa
collaboration et son expertise pour la promulgation, dans les
«délais requis», de la loi sur le taux de représentativité de la
femme au sein des institutions. Pour ce qui est de la révision de la
loi organique relative au régime électoral et les lois sur les
partis politiques et associations, des groupes de réflexion ouverts
à des compétences nationales, aux universitaires, aux praticiens et
à la participation des partis et acteurs politiques, seront
incessamment installés pour apporter leur contribution dans
l'élaboration d'avant-projets de texte.
Par Hamid
Fekhart
Haut
Cadre juridique des investissements étrangers
Le gouvernement
promet des améliorations
L’ Algérie va
revoir «prochainement» sa copie concernant les règles
d'investissement étranger. C'est ce qu'a laissé entendre le
ministre de l'Industrie, de la PME et de la Promotion des
investissements, Mohamed Benmeradi, lors d'une rencontre avec les
entreprises françaises et algériennes à Paris. «Le gouvernement
s'attelle, à la lumière du dernier discours à la nation du président
Bouteflika, à la mise en place d'une véritable refonte du système
juridique afin d'améliorer le climat des investissements et des
affaires, en Algérie», a-t-il affirmé.
Le président de la
République, Abdelaziz Bouteflika, aurait instruit les membres de son
gouvernement dans le but d'améliorer le cadre juridique de
l'investissement étranger en Algérie.
Ainsi, après
plusieurs tours de vis apportés à la législation relative aux IDE,
depuis la promulgation de la loi de finances complémentaire de 2009,
le gouvernement tente, à la lumière des déclarations de Benmeradi,
de rassurer les investisseurs étrangers qui comptent se déployer sur
le marché algérien en prévision de la réalisation du plan
d'investissement de 286 milliards de dollars. La prochaine refonte
de l'arsenal juridique va permettre de desserrer l'étau,
serions-nous tenter de dire, sur l'investissement étranger.
Mais, le ministre
n'a soufflé mot sur les prochains ajustements. Il faut dire que si
amélioration il y aura, cela va concerner les mesures fixant la part
minoritaire aux investisseurs étrangers. En effet, la règle 51/49%
est la principale mesure décriée par les principaux partenaires de
l'Algérie depuis sa promulgation dans la LFC 2009. A ce sujet, le
gouvernement serait intraitable si l'on se fie aux récentes
déclarations de Benmeradi : «Il n’est pas question de revoir la
règle des 51/49 !». Si le gouvernement vient à revoir les lois qu'il
a lui-même fixées deux ans auparavant, l'Algérie va tomber dans le
discrédit aux yeux de ses partenaires étrangers. Le gouvernement
serait-il en en train de se faire hara-kiri où s'agit-il d'une
déclaration de circonstance visant à rassurer les entreprises
françaises ? Difficile de répondre, mais le message transmis par le
ministre algérien depuis Paris révèle toutefois une prise de
conscience chez les hautes autorités algériennes sur l'impérieuse
nécessité d'octroyer un cadre sain au monde des affaires.
Le message
souligne également que les règles actuelles régissant
l'investissement étranger ont fait reculer les investissement
directs étrangers (IDE) au moment où l'économie algérienne, en
«plein» affranchissement de sa dépendance du secteur des
hydrocarbures, en a vraiment besoin. Avec 150 milliards de dollars
de réserves de changes et un programme d'investissements publics de
286 milliards de dollars sur quatre ans, l'Algérie peine toujours à
attirer les IDE.
Le ministre a
toutefois fait savoir que ces améliorations seront apportées
prochainement sans aucune autre précision. Le gouvernement, qui
prépare la loi de finances complémentaire pour 2011, qui consacrera,
pour rappel, des correctifs au budget de l'Etat de l'année 2011,
pourrait contenir les «mesures» d'amélioration dont parle Mohamed
Benmeradi, sachant que toutes les «importantes» mesures décrétées
par le gouvernement concernant l'investissement ont toutes un point
de chute : la loi de finances complémentaire.
Par Yazid
Ferhat
Haut
Algérie Poste
Les
travailleurs reprennent la grève
La grève des
travailleurs d'Algérie Poste risque de pénaliser les utilisateurs de
chèques postaux. En plus des retraités qui pâtissent déjà de cette
situation, les travailleurs de divers secteurs risquent de subir le
même sort si le débrayage venait à s'inscrire dans la durée.
Les travailleurs
d'Algérie Poste et du Centre national des chèques postaux ont repris
jeudi dernier leur mouvement de débrayage. Un mouvement qui risque
de paralyser les bureaux de poste et prendre en otage des dizaines
de milliers de retraités et d’utilisateurs de chèques postaux en
cette période précise.
Les travailleurs
décrient l'accord signé entre la direction de leur entreprise et le
nouveau syndicat mis en place, le qualifiant de superficiel et ne
répondant pas à leurs réelles revendications et préoccupations.
Parmi les
revendications non satisfaites par la direction d'Algérie Poste, on
cite l'augmentation de la prime de productivité et la révision de la
grille des salaires suivant le principe de l'expérience.
En effet, la
direction a seulement consenti la promotion des travailleurs frôlant
l'âge de la retraite en augmentant leurs traitements de deux
échelons, en plus de la fixation de la prime de productivité
collective et individuelle, et ce à l'issue d'une réunion tenue avec
le nouveau syndicat d'entreprise le 18 avril dernier. Cela n'a pas
été du goût des travailleurs, qui ont aussitôt repris leur mouvement
de débrayage, en guise de rejet de ces nouvelles dispositions. Pis,
les travailleurs d'Algérie Poste et ceux du Centre national des
chèques postaux réclament désormais la dissomution du syndicat,
arguant qu'il ne défend pas leurs intérêts immédiats.
Ce syndicat, créé
le 12 avril dernier, à Oran, ne semble pas représenter dignement les
quelque 25 000 travailleurs de la poste, d'où l'insistance des
travailleurs grévistes de déléguer de réels représentants auprès de
la direction pour traiter leurs préoccupations. A défaut, la grève
sera illimitée, indique-t-on.
Plus concrètement
et en préalable à toute négociation avec la direction, les
travailleurs exigent la mise en application formelle des clauses de
la convention collective, partant du principe que les points
contenus dans ce document reflètent les vraies revendications des
travailleurs de la poste, conformément à l'accord signé en 2003.
Aussi, ils réclament le versement de l'indemnité de risque avec
effet rétroactif à compter de septembre 2003, en plus de la révision
du salaire de base de façon à consentir une hausse de 80%, également
avec effet rétroactif à compter de janvier 2008.
Les usagers des
chèques postaux seront nombreux à pâtir de cette situation,
notamment les retraités dont le versement des pensions se fera ces
jours-ci. Une situation qui vient se greffer au problème de manque
de liquidités dans les bureaux de poste qui pénalise déjà de larges
pans de la société, les clients de la poste étant très nombreux.
Il convient de
noter que ce seront tous les travailleurs qui perçoivent leurs
traitements mensuels via le CCP qui risquent d’être affectés par la
grève des travailleurs de la poste et du Centre national des chèques
postaux, si le débrayage venait à s'inscrire dans la durée.
Par M. Aît
Chabane
Haut
Décision de dépénalisation du délit de presse
Les
professionnels en parlent
La dépénalisation
du délit de presse, annoncée la semaine dernière par le Président de
la République, n'a pas tardé à susciter des réactions de la part des
professionnels.
Elle «vient en
réponse à une revendication de l'ensemble de la famille de la
presse», a déclaré le Pr Brahim Brahimi, directeur général de
l'Ecole nationale supérieure du journalisme et des sciences de
l'information (ENSJI). Ce dernier estime que la pénalisation du
délit de presse a causé du tord à l'image au pays. «L'Algérie, qui
était à l'avant-garde du monde arabe dans le pluralisme médiatique,
se trouve actuellement à la traîne, précisément à cause de ces lois
restrictives». Son collègue, le Pr Abdeslam Benzaoui,
directeur-adjoint à l'ENSJI, pense, pour sa part, que ces annonces
«n'ont pas surpris ni déçu» les professionnels des médias. «La
décision de dépénaliser le délit de presse est importante, dans la
mesure où elle va remettre le train du pluralisme médiatique en
marche», dit-il. De son côté, l'universitaire Ahcène Djaballah,
également enseignant à l'ENSJI, estime que la volonté de dépénaliser
le délit de presse est arrivée «en retard», elle est tout de même la
bienvenue pour l'avenir de cette profession en Algérie. Me Miloud
Brahimi considère à son tour que cette décision «est à accueillir
positivement».
«On ne peut
qu'applaudir la décision de dépénalisation du délit de presse,
puisqu'elle va approfondir la liberté de la presse», a-t-il ajouté,
non sans émettre des «appréhensions» relatives aux délais
d'application de cette décision. Souhaitant, toutefois qu'elle éne
connaisse pas le même sort que celui qui a été réservé à la décision
de dépénaliser l'acte de gestion, dont l'application traîne encoreé,
a-t-il relevé. Pour le secrétaire général par intérim du Syndicat
national des journalistes (SNJ), Kamel Amarni, «le Président de la
République a abordé la question de la dépénalisation du délit de
presse dans le code pénal, sans citer le code de l'information qui
prévoit de lourdes peines de prison pour les journalistes».
Par Abdelkader
Djalil
Haut
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