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samedi 23 avril 2011

 

Soutien à Kadhafi et envoi de mercenaires en Libye

«Juppé lui même n’y croit pas», selon Medelci

Mourad Medelci :

«Les relations algéro-françaises ne sont pas tendues»

Partenariat économique algéro-français

L’essentiel des dossiers réglé avant la fin mai

Nouveau code communal, modernisation de l'administration, criminalité…

Les réponses de Ould Kablia

Cadre juridique des investissements étrangers

Le gouvernement promet des améliorations

Algérie Poste

Les travailleurs reprennent la grève

Décision de dépénalisation du délit de presse

Les professionnels en parlent

 

 

 

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Soutien à Kadhafi et envoi de mercenaires en Libye

«Juppé lui même n’y croit pas», selon Medelci

Cela ne peut être que d'une extrême gravité ! Un conseil qualifié de «transition» qui pointe du  doigt un Etat souverain, avec tout ce que cela peut signifier, l'accusant  d'aller à l'encontre même de la position internationale, notamment celle de la France qui est militairement impliquée dans le conflit.

Ce conseil, qui n'est que le CNT (Conseil national de transition) dirigé par d'anciens ministres de Kadhafi, est allé jusqu'à déposer une plainte auprès de la Ligue arabe pour soutien à Kadhafi et envoi de mercenaires en Libye. A ces interminables accusations, l'Algérie par la voix de ses  officiels n'a fait qu'opposer démenti sur démenti, mais est-ce suffisant ?

Le ministre des Affaires étrangères, M. Mourad Medelci, a qualifié, hier, comme à chaque sortie médiatique, ces accusations de «manœuvres dilatoires», qui n'ont rien à voir avec la crise dans ce pays. «Nous avons, au niveau du ministère des Affaires étrangères, apporté les démentis les plus clairs à ces accusations», a-t-il déclaré sur les ondes de la Chaîne III.  «Nous avons eu à exprimer notre conviction au sujet de ces accusations que nous considérons dilatoires, basées sur des agendas qui n'ont rien à voir avec l'affaire libyenne. Elles sont beaucoup plus anciennes que la crise en Libye, cela est très clair», a-t-il ajouté.  Le même ministre, revenant sur l'entretien téléphonique qu'il a eu avec son homologue français, lundi dernier, dira que la discussion «a porté essentiellement sur les relations bilatérales entre les deux pays», particulièrement sur «e plan de la mise en place d'un partenariat industriel, à la fois ambitieux et équilibré», et qu'il avait coïncidé (l'entretien téléphonique)  avec la visite à Paris de M. Mohamed Benmerradi, ministre de l'Industrie, de la PME et de la promotion des investissements, qui a rencontré M. Jean Pierre Raffarin. Mourad Medelci a néanmoins reconnu  «avoir évoqué avec son homologue français la situation en Libye et les accusations portées par le Conseil national de transition (CNT) libyen à l'encontre de l'Algérie. «M. Juppé a lui-même considéré comme peu crédibles ce qu'il a qualifié de rumeurs lorsqu'il a désigné ces informations complètement farfelues et qui donnent l'Algérie comme une partie à ce conflit entre Libyens, alors que nous n'avons jamais eu à choisir une partie contre l'autre dans cette crise», a-t-il assuré. A la même occasion, Medelci  a assuré à Alain Juppé que l'Algérie n'avait pas fourni plusieurs centaines de véhicules armés aux forces libyennes de Mouammar Kadhafi. De son côté, le ministre français des Affaires étrangères avait déclaré: «Je lui ai posé la question (Medelci, ndlr) et il m'a assuré que ce n'était pas vrai».

Mais ne serait-il pas plus judicieux pour l'Algérie, en tant qu'Etat souverain, d'aller au-delà des démentis et d'exiger au moins à la Ligue arabe le rejet de la plainte ? Car il y va même de sa position et de son poids sur l'échiquier diplomatique dans la région et au niveau international. Sans oublier tout ce que cela pourrait induire comme perturbations en matière de relations avec les pays voisins, et avec la France.  Par ailleurs, Medelci a prôné «la solution politique pour la crise en Libye apportée par l'Union africaine». «Aujourd'hui, nous sommes dans une situation qui est extrêmement compliquée où les Libyens se battent entre eux et d'autres parties sont en train d'aider pour que la guerre s'intensifie (…), nous ne perdons pas espoir, surtout si la communauté internationale joint ses efforts à ceux de l'UA pour que la solution politique puisse s'imposer», a-t-il déclaré, en guise de renforcement de son argumentaire.  

Madelci n'exclut pas la réouverture des frontières avec le Maroc

 «Nous n'excluons pas de (re)ouvrir les frontières avec le Maroc. Nous avons dit qu'il faut remettre sur le tapis les questions sensibles (énergie, agriculture…). Mais il serait malhonnête de situer un jour dans le calendrier», a ajouté Medelci sur les ondes de la Chaîne  III . Evoquant  un message envoyé par le Président de la République à Rabat, le 17 avril dernier, il a déclaré la volonté de l'Algérie d'entretenir une relation suivie avec le Maroc, notamment en matière d'échanges ministériels et de plusieurs secteurs comme l'éducation et l'agriculture. Il a assuré, dans le même contexte, que «l'UMA n'est pas bloquée», mais ne fonctionne pas, cependant, comme ses membres l'auraient souhaité.   

Par Hamid Fekhart

 

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Mourad Medelci :

«Les relations algéro-françaises ne sont pas tendues»

M. Mourad Medelci, ministre des Affaires étrangères, a affirmé  que l'entretien téléphonique qu'il a eu lundi dernier avec son homologue français, M. Alain Juppé, a porté essentiellement sur les relations bilatérales entre les deux pays. «En réalité, la discussion avec M. Juppé a porté essentiellement sur les relations bilatérales et nous avons observé qu'il y avait des avancées, en particulier sur le plan de la mise en place d'un partenariat industriel, à la fois ambitieux et équilibré», a indiqué M. Medelci.  Il a précisé que cet entretien avait coïncidé avec la visite à Paris de M. Mohamed Benmerradi, ministre de l'Industrie, de la PME et de la Promotion des investissements, qui a rencontré M. Jean Pierre Raffarin, ancien Premier ministre français, vice-président du Sénat. «C'est d'abord sur les relations bilatérales que l'entretien a porté et, d'ailleurs, nous avons échangé à cette occasion des invitations réciproques pour que M. Juppé visite l'Algérie le plus rapidement possible et le ministre algérien des Affaires étrangères se rende dès que possible en France», a-t-il ajouté. A une question sur une éventuelle tension qui existerait entre l'Algérie et la France, M. Medelci a affirmé que les relations entre les deux pays «ne sont pas tendues».

«Nous avons beaucoup d'intérêts communs. Nous avons, sur certaines situations internationales ou régionales, des approches différentes, mais je considère que l'Algérie et la France n'ont pas aujourd'hui de relations tendues», a-t-il soutenu.

«Les  quelques problèmes que nous avons vécus au cours de ces dernières années  sont aujourd'hui réglés», a-t-il poursuivi. «Ce que nous souhaitons simplement c'est qu'à la faveur de la conjoncture très favorable que traverse notre pays, nous puissions donner un plus à la relation algéro-française, particulièrement dans le domaine de l'industrie», a-t-il plaidé.  Et Medelci de préciser que «M. Juppé  a saisi cette occasion pour demander mon avis sur ces rumeurs. Mon homologue français  n'a pas beaucoup insisté» sur cette question, «même si probablement pour répondre à la question d'un journaliste le lendemain, il a dû faire état seulement de cela». Car, pour le chef de la diplomatie algérienne, «il n'est pas de tradition que deux ministres des Affaires étrangères se parlent et qu'ils disent tout le lendemain, sauf lorsqu'ils organisent une conférence de presse, et nous n'étions pas dans cette hypothèse», a-t-il observé.  A propos de la crise en Libye, M. Medelci a convenu avec M. Juppé «qu'il n'y a pas de solution autre que la solution politique, laquelle ne peut être portée que par les Libyens eux-mêmes». «Cette conviction, je crois l'avoir partagée avec M. Juppé», a-t-il encore précisé.

Par Malik Bellil

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Partenariat économique algéro-français

L’essentiel des dossiers réglé avant la fin mai

La visite du ministre de l'Industrie, de la PME et de la Promotion des investissements, Mohamed Benmeradi, à Paris n'a pas été vaine. Les discussions qu'il a eues avec son homologue français dans le suivi de la coopération économique bilatérale, Jean-Pierre Raffarain, ont permis de parvenir à l'assainissement de l’essentiel des dossiers restés en suspens, avant la prochaine étape de la  «levée des entraves» prévue à la fin du mois de mai à Alger.

«Douze dossiers biltéraux ont été  réglés à 90%», a assuré M. Benmaradi lors d'un point de presse animé conjointement à Paris avec M. Jean-Pierre Raffarain. Le ministre a néanmoins concédé que quelques «petites questions» restent en suspens et nécessitent encore une mobilisation. Le dossier Sanofi Aventis, qui a connu des «contraintes et des difficultés» à avancer, est «totalement réglé aujourd'hui et l'investissement est en train de se réaliser», a expliqué le ministre. Ce constat est également valable pour l'investissement dans le verre et la chimie avec Saint Gobain ainsi que le projet de cimenterie que compte mettre sur pied le groupe Lafarge en Algérie. Un projet qui «a rencontré des difficultés et dont les conditions de transfert ont été contestées par la partie algérienne».

«Grâce à M. Raffarin, le contentieux qui a été porté devant une juridiction a été retiré par Lafarge, ce après quoi nous avons discuté en toute sérénité sur ce dossier à la faveur de cette visite et envisageons une coopération dans le cadre de la règle 51/49 et des partenariats vont se nouer avec le groupe», a-t-il assuré.

Concernant le projet d'investissement de plus d'un milliard de dollars du groupe Renault, Benmeradi a précisé que les exigences de la partie algérienne concernent le «développement d'une filière dans l'automobile avec des pôles d'intégration supérieurs à 50%» et non pas une unité de montage.

Chose prise en compte par Renault, selon le ministre, qui affirme cependant «qu'il reste encore des points que nous sommes encore en train de négocier, notamment sur les modalités de commercialisation et de distribution du produit de joint-venture». La production sera assurée pour les besoins nationaux et éventuellement pour l’exportation. Le dossier Renault est de ce fait bien parti pour connaître son dénouement, d'autant que M. Benmeradi admet qu'il n'y a que «très peu de points de divergence».

Pour le dossier de Total, dont l'investissement est estimé à moins 5 milliards, le ministre a indiqué que l'Algérie n'est pas encore arrivée à un accord avec ce groupe, «qui a demandé à être associé y compris dans l'étude sur l'approvisionnement en intrants», relevant que Sonatrach est en train d'achever une étude qui sera mise à la disposition du partenaire.

Les principaux dossiers concernant Renault et Total, qui sont sur la bonne voie, pourraient aboutir à la fin du mois de mai à l'occasion de la tenue du forum Algérie-France, à la veille de la 44e édition de la Foire internationale d'Alger, a laissé entendre M. Jean-Pierre Raffarin, estimant que la démarche de partenariat entreprise entre la France et l'Algérie va se concrétiser par la création de 30 000 emplois directs et plus de 100 000 indirects. Ce dernier a souligné une avancée très positive sur de nombreux dossiers malgré certaines lacunes qui seront prises en charge avant le  30 mai. 

Par Yazid Ferhat

 

La France et l'Algérie ensemble pour lutter contre le changement climatique

Qualifiant les relations entre l'Algérie et la France d'excellentes, le ministre de l'Environnement et de l'Aménagement du territoire,  Chérif  Rahmani, considère que les deux pays peuvent ensemble apporter un soutien substantiel à la lutte pour le changement climatique dans le monde. Dans une déclaration à l'APS, à l'issue des entretiens avec son homologue française, Nathalie Kosciusko-Morizet, le ministre estime nécessaire que les deux pays, «la France en sa qualité de présidente du G8 et du G20, et l'Algérie, parce qu'elle préside et anime le groupe Afrique sur les négociations afférentes au changement climatique», se retrouvent et échangent leurs points de vue sur la manière de «donner de la consistance aux décisions du sommet sur le changement climatique de Cancun pour faire de celui de Durban (Afrique du Sud) un succès». «Il ne s'agira pas à Durban de sauver le processus onusien de négociation mais surtout de donner de la substance à ce fond vert de lutte contre le changement climatique destiné aux pays en développement et qui devrait mobiliser 100 milliards de dollars à l'horizon 2020», a-t-il  indiqué.

Par Yazid  Fakhat

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Nouveau code communal, modernisation de l'administration, criminalité…

Les réponses de Ould Kablia

Le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, Daho Ould Kablia, qui répondait jeudi aux questions orales des membres du Conseil de la nation lors d'une séance plénière, a fait un tour d'horizon sur les questions d'actualité avérées, réaffirmant que la nouvelle loi sur la commune, contrairement à ce que prétendent certains, «renforcerait les prérogatives du secrétaire général de la commune en tant qu'animateur de l'administration communale, sous l'autorité du président de l'APC». Dans ce contexte, il rappellera que la réglementation en vigueur, notamment le décret exécutif 26/91 du 2 février 1991 portant statut du personnel des communes, définit les conditions d'accès aux postes de responsabilité en fonction de la densité de la population, relevant dans ce contexte que le «poste de secrétaire général est considéré, dans les communes de plus de 100 000 habitants, comme étant un poste supérieur, pourvu en vertu d'un décret présidentiel». Il a annoncé l'introduction de «réformes profondes» dans la réglementation en vigueur dans ce domaine en vue de faire de la commune «un pôle d'attraction pour les cadres compétents, en leur assurant une carrière professionnelle prometteuse et les inciter à intégrer les administrations publiques». S'agissant du statut des personnels des collectivités locales, M. Ould Kablia a rappelé qu'un groupe de travail avait été installé par ses services dans le but d'élaborer une nomenclature complète des postes existants et indispensables à la gestion de l'administration locale. Il s'agit également, a-t-il dit, de définir les prérogatives de chaque poste et en fixer les conditions d'accès.

S'agissant de la numérisation des registres de l'état civil, qui «s'inscrit dans le cadre de la modernisation de l'administration», M. Ould Kablia dira qu'elle se trouve à un stade «très avancé». Il a en outre affirmé la nécessité de revoir la nomenclature de l'état civil à travers la suppression de certains documents qui ne sont plus exigés par l'administration.        Concernant le passeport et la carte nationale d'identité biométriques et électroniques, le ministre a précisé que les dossiers y afférent avait été «traits de manière adéquate» à travers la simplification et l'allègement du formulaire de demande de ces deux pièces, non sans indiquer que 2 à 3% des cartes nationales d'identité actuelles sont falsifiées. Il assurera que le nouveau modèle de CNI est infalsifiable. Concernant l'allègement, en matière de documents, des différents dossiers administratifs, le ministre a indiqué que pour ceux ayant trait aux examens et concours, les candidats sont désormais tenus de présenter seulement les documents attestant leur identité et niveau scolaire, le reste ne sera exigé qu'en cas de succès aux épreuves. Toujours en matière de lutte contre la bureaucratie, Ould Kablia dira qu'elle reste une «priorité» pour son département, appelant les walis, chefs de daïra et présidents d'APC, à mettre en pratique sur le terrain la feuille de route élaborée par son ministère. 

Dans un tout autre contexte, notamment la propagation du phénomène de rapt d'enfants, le ministre a précisé que tous les cas traités, au nombre de 157, «ont connu un heureux dénouement grâce à l'intervention rapide des forces de sécurité», démentant  les allégations selon lesquelles les enlèvements sont motivés par le trafic d'organes. Les services de sécurité, a-t-il indiqué dans le même registre, ont mis en œuvre en 2010 «une stratégie globale» de lutte contre le crime qui prévoit l'organisation, au niveau des établissements éducatifs de l'ensemble des wilayas du pays, de campagnes de sensibilisation, rencontres scientifiques et portes ouvertes sur les enlèvements et autres agressions sexuelles, sur la conduite à observer en pareil cas. Il a également relevé que le développement et la généralisation de l'Internet conduit à l'accroissement du nombre de crimes et de victimes d'agressions sexuelles, ajoutant que ce diagnostic «nous appelle à rénover nos méthodes de travail et nos moyens d'intervention».

A la question relative aux locaux commerciaux réalisés dans le cadre du programme du Président de la République «100 locaux par commune» et en application de la loi de finances 2011, il a été décidé, a indiqué Ould Kablia, d'annuler toutes les conditions rendant l'accès difficile, y compris celles relatives aux activités commerciales.

Ould Kablia instruit les cadres de son département à traduire «fidèlement» les directives de Bouteflika

Lors d'une réunion, mercredi, avec les cadres centraux de son département, le ministre a décidé la mise en place de groupes de travail pour mettre en œuvre les directives contenues dans le discours du chef de l'Etat. Au travers de ses instructions, il a mis l'accent sur les différentes thématiques évoquées par le chef de l'Etat, à savoir la Constitution, la loi sur la représentation des femmes au sein des assemblées élues, la révision du code de wilaya, les lois électorale et sur les partis politiques et les associations ainsi que le développement local et les fléaux sociaux. S'agissant de la révision de la Constitution, le ministère apportera toute «contribution souhaitée» pour la concrétisation de cet objectif, ainsi que sa collaboration et son expertise pour la promulgation, dans les «délais requis», de la loi sur le taux de représentativité de la femme au sein des institutions. Pour ce qui est de la révision de la loi organique relative au régime électoral et les lois sur les partis politiques et associations, des groupes de réflexion ouverts à des compétences nationales, aux universitaires, aux praticiens et à la participation des partis et acteurs politiques, seront incessamment installés pour apporter leur contribution dans l'élaboration d'avant-projets de texte.

Par Hamid Fekhart

 

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Cadre juridique des investissements étrangers

Le gouvernement promet des améliorations

L’  Algérie va revoir «prochainement» sa copie concernant les règles d'investissement étranger. C'est ce qu'a laissé entendre le ministre  de l'Industrie, de la PME et de la Promotion des investissements, Mohamed Benmeradi, lors d'une rencontre avec les entreprises françaises et algériennes à Paris. «Le gouvernement s'attelle, à la lumière du dernier discours à la nation du président Bouteflika, à la mise en place d'une véritable refonte du système juridique afin d'améliorer le climat des investissements et des affaires, en Algérie», a-t-il affirmé.

Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, aurait instruit les membres de son gouvernement dans le but d'améliorer le cadre juridique de l'investissement étranger en Algérie.

Ainsi, après plusieurs tours de vis apportés à la législation relative aux IDE, depuis la promulgation de la loi de finances complémentaire de 2009, le gouvernement tente, à la lumière des déclarations de Benmeradi, de rassurer les investisseurs étrangers qui comptent se déployer sur le marché algérien en prévision de la réalisation du plan d'investissement de 286 milliards de dollars. La prochaine refonte de l'arsenal juridique va permettre de desserrer l'étau, serions-nous tenter de dire, sur l'investissement étranger.

Mais, le ministre n'a soufflé mot sur les prochains ajustements. Il faut dire que si amélioration il y aura, cela va concerner les mesures fixant la part minoritaire aux investisseurs étrangers. En effet, la règle 51/49% est la principale mesure décriée par les principaux partenaires de l'Algérie depuis sa promulgation dans la LFC 2009. A ce sujet, le gouvernement serait intraitable si l'on se fie aux récentes déclarations de Benmeradi : «Il n’est pas question de revoir la règle des 51/49 !». Si le gouvernement vient à revoir les lois qu'il a lui-même fixées deux ans auparavant, l'Algérie va tomber dans le discrédit aux yeux de ses partenaires étrangers. Le gouvernement serait-il en en train de se faire hara-kiri où s'agit-il d'une déclaration de circonstance visant à rassurer les entreprises françaises ? Difficile de répondre, mais le message transmis par le ministre algérien depuis Paris révèle toutefois une prise de conscience chez les hautes autorités algériennes sur l'impérieuse nécessité d'octroyer un cadre sain au monde des affaires.

Le message souligne également que les règles actuelles régissant l'investissement étranger ont fait reculer les investissement directs étrangers (IDE) au moment où l'économie algérienne, en «plein» affranchissement de sa dépendance du secteur des hydrocarbures, en a vraiment besoin. Avec 150 milliards de dollars de réserves de changes et un programme d'investissements publics de 286 milliards de dollars sur quatre ans, l'Algérie peine toujours à attirer les IDE.

Le ministre a toutefois fait savoir que ces améliorations seront apportées prochainement sans aucune autre précision. Le gouvernement, qui prépare la loi de finances complémentaire pour 2011, qui consacrera, pour rappel, des correctifs au budget de l'Etat de l'année 2011, pourrait  contenir les «mesures» d'amélioration dont parle Mohamed Benmeradi, sachant que toutes les «importantes» mesures décrétées par le gouvernement concernant l'investissement ont toutes un point de chute : la loi de finances complémentaire.

Par Yazid Ferhat

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Algérie Poste

Les travailleurs reprennent la grève

La grève des travailleurs d'Algérie Poste risque de pénaliser les utilisateurs de chèques postaux. En plus des retraités qui pâtissent déjà de cette situation, les travailleurs de divers secteurs risquent de subir le même sort si le débrayage venait à s'inscrire dans la durée.

Les travailleurs d'Algérie Poste et du Centre national des chèques postaux ont repris jeudi dernier leur mouvement de débrayage. Un mouvement qui risque de paralyser les bureaux de poste et prendre en otage des dizaines de milliers de retraités et d’utilisateurs de chèques postaux en cette période précise.

Les travailleurs décrient l'accord signé entre la direction de leur entreprise et le nouveau syndicat mis en place, le qualifiant de superficiel et ne répondant pas à leurs réelles revendications et préoccupations.

Parmi les revendications non satisfaites par la direction d'Algérie Poste, on cite l'augmentation de la prime de productivité et la révision de la grille des salaires suivant le principe de l'expérience.

En effet, la direction a seulement consenti la promotion des travailleurs frôlant l'âge de la retraite en augmentant leurs traitements de deux échelons, en plus de la fixation de la prime de productivité collective et individuelle, et ce à l'issue d'une réunion tenue avec le nouveau syndicat d'entreprise le 18 avril dernier. Cela n'a pas été du goût des travailleurs, qui ont aussitôt repris leur mouvement de débrayage, en guise de rejet de ces nouvelles dispositions. Pis, les travailleurs d'Algérie Poste et ceux du Centre national des chèques postaux réclament désormais la dissomution du syndicat, arguant qu'il ne défend pas leurs intérêts immédiats.

Ce syndicat, créé le 12 avril dernier, à Oran, ne semble pas représenter dignement les quelque 25 000 travailleurs de la poste, d'où l'insistance des travailleurs grévistes de déléguer de réels représentants auprès de la direction pour traiter leurs préoccupations. A défaut, la grève sera illimitée, indique-t-on.

Plus concrètement et en préalable à toute négociation avec la direction, les travailleurs exigent la mise en application formelle des clauses de la convention collective, partant du principe que les points contenus dans ce document reflètent les vraies revendications des travailleurs de la poste, conformément à l'accord signé en 2003. Aussi, ils réclament le versement de l'indemnité de risque avec effet rétroactif à compter de septembre 2003, en plus de la révision du salaire de base de façon à consentir une hausse de 80%, également avec effet rétroactif à compter de janvier 2008.

Les usagers des chèques postaux seront nombreux à  pâtir de cette situation, notamment  les retraités dont le versement des pensions se fera ces jours-ci. Une situation qui vient se greffer au problème de manque de liquidités dans les bureaux de poste qui pénalise déjà de larges pans de la société, les clients de la poste étant très nombreux.

Il convient de noter que ce seront tous les travailleurs qui perçoivent leurs traitements mensuels via le CCP qui risquent d’être affectés par la grève des travailleurs de la poste et du Centre national des chèques postaux, si le débrayage venait à s'inscrire dans la durée.  

Par M. Aît Chabane  

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Décision de dépénalisation du délit de presse

Les professionnels en parlent

La dépénalisation du délit de presse, annoncée la semaine dernière par le Président de la République, n'a pas tardé à susciter des réactions de la part des professionnels.

Elle «vient en réponse à une revendication de l'ensemble de la famille de la presse», a déclaré le Pr Brahim Brahimi, directeur général de l'Ecole nationale supérieure du journalisme et des sciences de l'information (ENSJI). Ce dernier estime que la pénalisation du délit de presse a causé du tord à l'image au pays. «L'Algérie, qui était à l'avant-garde du monde arabe dans le pluralisme médiatique, se trouve actuellement à la traîne, précisément à cause de ces lois restrictives». Son collègue, le Pr Abdeslam Benzaoui, directeur-adjoint à l'ENSJI, pense, pour sa part, que ces annonces «n'ont pas surpris ni déçu» les professionnels  des médias. «La décision de dépénaliser le délit de presse est importante, dans la mesure où elle va remettre le train du pluralisme médiatique en marche», dit-il. De son côté, l'universitaire Ahcène Djaballah, également enseignant à l'ENSJI, estime que la volonté de dépénaliser le délit de presse est arrivée «en retard», elle est tout de même la bienvenue pour l'avenir de cette profession en Algérie. Me Miloud Brahimi considère à son tour que cette décision «est à accueillir positivement».

«On ne peut qu'applaudir la décision de dépénalisation du délit de presse, puisqu'elle va approfondir la liberté de la presse», a-t-il ajouté, non sans émettre des «appréhensions» relatives aux délais d'application de cette décision. Souhaitant, toutefois qu'elle éne connaisse pas le même sort que celui qui a été réservé à la décision de dépénaliser l'acte de gestion, dont l'application traîne encoreé, a-t-il relevé. Pour le secrétaire général par intérim du Syndicat national des journalistes (SNJ), Kamel Amarni, «le Président de la République a abordé la question de la dépénalisation du délit de presse dans le code pénal, sans citer le code de l'information qui prévoit de lourdes peines de prison pour les journalistes».

Par Abdelkader  Djalil

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