jeudi 24 mars 2011

 

Journée internationale du marin au TNA

Les vagues au rythme du chaâbi

Point a la ligne

L'ère message

Nora

Telle une lumière

 

 
 Culture  

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Journée internationale du marin au TNA

Les vagues au rythme du chaâbi

Le Théâtre national algérien Mahiedine-Bachtarzi a vibré, lundi dernier en soirée, au rythme de la chanson chaâbie, à l’occasion de la Journée internationale du marin.  

Initiée par l’association Essalal de Thénia, en collaboration avec le TNA, cette manifestation, première  du genre, reflète la place qu’occupe les marins dans leurs diverses disciplines, à l’instar de la pêche, du système de navigation, et surtout leur contribution au développement et à l’intensification des échanges commerciaux dans le monde, en dépit des conditions difficiles dans lesquelles ils évoluent de manière générale. Pour marquer cet événement, et pour la première fois en Algérie, un concert chaâbi mémorable a  été organisé au TNA, et auquel ont pris part trois chanteurs chaâbis, Chaou Abdelkader, Rachid Khali et Badji el Bahri.

Le public a été séduit par la prestation des trois interprètes dans ce concert mémorable au cours duquel ils ont interprété avec maîtrise tout un répertoire finement équilibré, un régal de chants populaires. La manifestation a permis à l’une des têtes d’affiche, le chanteur Rachid Khali, d’interpréter un répertoire aux rythmes traditionnels variés qui comportait : «Djaya tetzaabel», «Mahla had essahra» et «El Bahdja». Les spectateurs ont apprécié et pris plaisir à accompagner le chanteur dans ses airs musicaux. Un très beau récital et une occasion, encore une fois, de renouer avec un patrimoine musical à la richesse et à la saveur irrésistibles.

A la fin de son récital, Rachid Khali a enflammé la salle avec «Chabka», une chanson en hommage à son idole Hadj El Hachemi Guerrouabi, qu’il a admirablement interprétée. La virtuosité des musiciens et la beauté du texte ont plongé le public dans une ambiance mystique. Quant à Badji El Bahri, cet artiste de chaâbi qui a la mer dans le sang, a interprété des chansons de ses différents albums, notamment le morceau «Witch witch a mama» avec lequel il a fait un tabac. El Bahri a profité de cette occasion pour présenter son nouvel album intitulé «Marino», qui sortira aujourd’hui, jour qui coïncide avec la Fête internationale du marin. Cette soirée a été marquée par la présence d’un nombreux public.

Selon les organisateurs, l’organisation de cette soirée a pour objectif principal de présenter au  grand public ces hommes de la mer qui activent le plus souvent  loin des feux de la rampe. La soirée  a vu la participation de la vedette algéroise Abdelkader Chaou. Le virtuose au mandole a enflammé la salle. Egal à lui-même, Chaou  a interprété une palette de son riche répertoire musical, faisant revivre des  moments intenses, notamment aux adeptes, aux amoureux et nostalgiques de la chanson  chaâbie. Ses refrains ont entraîné sur la piste de nombreux danseurs, jeunes et moins jeunes, qui s’en sont donnés à cœur joie. L’acoustique et la sono ont également contribué  à la réussite de cet événement, a-t-on constaté.

Par  Idir Timmouche

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Point a la ligne

L'ère message

Chacun a les sms qu’il peut. Nous ne  sommes pas entrés de plain pied dans l’ère des nouvelle technologies de l’information depuis  le jour où un certain Mac Luhan a pris sur lui de décider la mort du livre et de l’information répercutée par voie manuscrite pour rien. Aujourd’hui, grâce à Dieu tout le monde semble avoir compris…justement le message. Au fond rien ne fait autant plaisir à constater que cette quasi confrontation que se livrent les Algériens, tous ages et générations confondus, pour ne rien céder au diktat d’une certaine modernité. Si les jeunes ont, d’autant depuis la généralisation et la démocratisation de la téléphonie mobile, généralisé l’usage d’une langue- d’un patois devrait-on dire- bien à eux, mais, et c’est bien là l’essentiel, comprise de tous, les « vieux » aussi s’y mettent qui n’entendent plus nous faire savoir ce qu’ils pensent de l’état général du pays et de la Nation que par messages interposés. Et sur ce plan, on jurerait que tous les antagonismes et toutes les suspicions passés sont…dépassés. Autant le président de la République que quelques uns parmi les plus farouches opposants du système que le premier nommé est censé représenter, ne s’expriment plus que par messages interposés. La différence, diriez-vous, n’étant que dans la longueur des textes auxquels notre attention doit désormais se soumettre. Plus de querelle de chapelles donc, plus de droite ou de gauche, de socialiste invétéré et de capitaliste honteux, pas plus que d’idéologies ou de dogmes, oui, plus rien de tout cela ! Fini le temps des meetings et des prises de parole en direct pour mieux toucher et convaincre son auditoire. Tout cela appartient désormais, et selon la formule consacrée, à un passé bien révolu ! Les messages au peuple algérien n’en finissent plus de pleuvoir comme eau bénite sur crânes de  subsahariens voués aux gémonies de sécheresses endémiques et vengeresses d’on  ne sait plus quoi, au juste. Plus besoin de ce traditionnel et parfois si utile « téléphone arabe » pour communiquer entre nous. Le message ! Voila, voici la panacée à tous nos problèmes. Si vous n’avez pas de représentant personnel pour  lire le message à votre place, pas de problème, le net et facebook feront parfaitement l’affaire. Les autres, n’auront qu’à se rabattre sur la bonne vieille photocopie pour se transmettre l’auguste et substantifique moelle accouchée de cervelles qui n’en finissent plus de féconder nos insuffisances et limites. Désormais, qu’on se le dise, Algériens, plus besoin de marcher ! A vos messages !

Par Malik Bellil

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Nora

Telle une lumière

En 1971, Nora, en compagnie du chantre et fabuliste kabyle Slimane Azem,  reçoit son disque d'or pour plus d'un million de disque vendus chez Pathé Marconi. C'est la première fois que des artistes maghrébins sont distingués pour leur vente en France.

Depuis son arrivée sur la scène artistique, Nora apprend et reprend  les rythmes et airs anciens du répertoire de la chanson algérienne :  kabyle, oranais, aurésien, andalou et saharien.  C'est ainsi qu'elle élargit et enrichi le sien. Exploitant différents registres des folklores régionaux, Nora  participe à la rénovation de la chanson algérienne. Elle s'adonne des années durant à ce travail de recherche et de découvertes, aidée de son époux Kamal Hamadi. Nora est la première chanteuse qui a bénéficié du statut de star, interprétant des thèmes proches à tous les Algériens, tels que l'exil avec sa célebre Yal el Menfi (le banni), l'amour avec Houa, houa (lui, lui), exploitant différents registres des folklores régionaux. Elle est la première chanteuse maghrébine à obtenir un disque d'or au début des années 70.  Nora, Fatima-Zohra Badji de son vrai nom, voit le jour en 1942 à Cherchell au sein d'une famille nombreuse. Très jeune, elle a été confrontée à la séparation de ses parents et dû abandonné sa scolarité pour se lancer dans la vie active et aider sa mère. Dans les années 50, Fatima-Zohra est engagée à Radio Alger qui cherchait de nouveaux talents pour animer une émission destinée aux enfants. Elle se fait repérer en interprétant des pièces de théâtre et des opérettes (Amari Maâmar lui offre à cette époque la chanson El ouarda souda écrite par Saïd Hayef). Elle chantera notamment sous la direction de cheikh Mustapha Skandrani dont on retient également de lui sa virtuosité au piano oriental.  Grâce à Mohamed Jamoussi et à Mahboub Bati, elle deviendra très vite une vedette de la chanson algérienne.  Elle tient un rôle dans une opérette intitulée Ana el warqa el meskina (Je suis une pauvre feuille) écrite par Mustapha Kechkoul, (1913-1991) discothécaire de Radio Alger bien introduit dans le cercle musical algérois, et composée par Mustapha Skandrani. Cette chanson éponyme sera reprise, plus tard, par Lili Boniche en France et plus tard par Hamidou. En compagnie de nombreux artistes et à l'invitation de la maison de disques Teppaz, elle part pour Paris en 1959 pour une série d'enregistrements. Elle épouse la même année l'auteur-compositeur-interprète Kamel Hamadi, rencontré à Radio Alger. Ce dernier fut le plus prolifique de tous les artistes avec des chansons écrites et composées pour de nombreux chanteurs aussi bien en kabyle qu'en Arabe. Cette rencontre est un nouveau tournant dans la carrière de Nora qui commence sa collaboration avec El Habib Hachelaf qui adaptera pour elle la chanson traditionnelle, Ya rabi Sidi (Ô Mon dieu). Kamel Hamadi compose la musique de cette œuvre qui devient célèbre. Cette dernière comme d'autres de son répertoire, dépeint  les préoccupations des femmes algériennes. Dans Ya rabi Sidi, c'est une mère qui se plaint du mariage de son fils avec une Française. Nora s'intéresse donc au thème traditionnel du mariage avec Mebrouk el aars (félicitations à l'occasion du mariage) et Ya Bnet el Houma (les filles du quartier), ou encore l'amour filial d'une mère pour son fils avec Ya bni (Mon fils).  Cheikh Ahmed Wahby lui composera du asri (style moderne oranais) et son époux Kamel Hamadi des chansons Kabyles comme Rebbi ad isahel (Dieu nous aidera), qu'ils chanteront ensemble. Elle incarnera avec son mari, à la ville comme à la scène, le duo de la chanson algérienne des années 60. En 1965, elle fera produira un album tout en français où elle interprète Une vie, écrite par Michel Berger à l'époque de Salut les copains où il commence à se faire connaître et Paris dans mon sac de Kamel Hamadi. Après 1962, elle retourne en Algérie, mais continue de faire la navette entre son appartement d'Alger et celui de Saint-Michel où elle fréquente de nombreux artistes français de l'époque comme Juliette Greco.

En 1971, c'est en compagnie du chantre et fabuliste kabyle Slimane Azem, qu'elle reçoit son disque d'or pour plus d'un million de disques vendus chez Pathé Marconi. C'est la première fois que des artistes maghrébins sont distingués pour leur vente en France.

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