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Journée internationale du marin au TNA
Les vagues au
rythme du chaâbi
Le Théâtre
national algérien Mahiedine-Bachtarzi a vibré, lundi dernier en
soirée, au rythme de la chanson chaâbie, à l’occasion de la Journée
internationale du marin.
Initiée par
l’association Essalal de Thénia, en collaboration avec le TNA, cette
manifestation, première du genre, reflète la place qu’occupe les
marins dans leurs diverses disciplines, à l’instar de la pêche, du
système de navigation, et surtout leur contribution au développement
et à l’intensification des échanges commerciaux dans le monde, en
dépit des conditions difficiles dans lesquelles ils évoluent de
manière générale. Pour marquer cet événement, et pour la première
fois en Algérie, un concert chaâbi mémorable a été organisé au TNA,
et auquel ont pris part trois chanteurs chaâbis, Chaou Abdelkader,
Rachid Khali et Badji el Bahri.
Le public a été
séduit par la prestation des trois interprètes dans ce concert
mémorable au cours duquel ils ont interprété avec maîtrise tout un
répertoire finement équilibré, un régal de chants populaires. La
manifestation a permis à l’une des têtes d’affiche, le chanteur
Rachid Khali, d’interpréter un répertoire aux rythmes traditionnels
variés qui comportait : «Djaya tetzaabel», «Mahla had essahra» et
«El Bahdja». Les spectateurs ont apprécié et pris plaisir à
accompagner le chanteur dans ses airs musicaux. Un très beau récital
et une occasion, encore une fois, de renouer avec un patrimoine
musical à la richesse et à la saveur irrésistibles.
A la fin de son
récital, Rachid Khali a enflammé la salle avec «Chabka», une chanson
en hommage à son idole Hadj El Hachemi Guerrouabi, qu’il a
admirablement interprétée. La virtuosité des musiciens et la beauté
du texte ont plongé le public dans une ambiance mystique. Quant à
Badji El Bahri, cet artiste de chaâbi qui a la mer dans le sang, a
interprété des chansons de ses différents albums, notamment le
morceau «Witch witch a mama» avec lequel il a fait un tabac. El
Bahri a profité de cette occasion pour présenter son nouvel album
intitulé «Marino», qui sortira aujourd’hui, jour qui coïncide avec
la Fête internationale du marin. Cette soirée a été marquée par la
présence d’un nombreux public.
Selon les
organisateurs, l’organisation de cette soirée a pour objectif
principal de présenter au grand public ces hommes de la mer qui
activent le plus souvent loin des feux de la rampe. La soirée a vu
la participation de la vedette algéroise Abdelkader Chaou. Le
virtuose au mandole a enflammé la salle. Egal à lui-même, Chaou a
interprété une palette de son riche répertoire musical, faisant
revivre des moments intenses, notamment aux adeptes, aux amoureux
et nostalgiques de la chanson chaâbie. Ses refrains ont entraîné
sur la piste de nombreux danseurs, jeunes et moins jeunes, qui s’en
sont donnés à cœur joie. L’acoustique et la sono ont également
contribué à la réussite de cet événement, a-t-on constaté.
Par Idir
Timmouche
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Point a la ligne
L'ère message
Chacun a les sms
qu’il peut. Nous ne sommes pas entrés de plain pied dans l’ère des
nouvelle technologies de l’information depuis le jour où un certain
Mac Luhan a pris sur lui de décider la mort du livre et de
l’information répercutée par voie manuscrite pour rien. Aujourd’hui,
grâce à Dieu tout le monde semble avoir compris…justement le
message. Au fond rien ne fait autant plaisir à constater que cette
quasi confrontation que se livrent les Algériens, tous ages et
générations confondus, pour ne rien céder au diktat d’une certaine
modernité. Si les jeunes ont, d’autant depuis la généralisation et
la démocratisation de la téléphonie mobile, généralisé l’usage d’une
langue- d’un patois devrait-on dire- bien à eux, mais, et c’est bien
là l’essentiel, comprise de tous, les « vieux » aussi s’y mettent
qui n’entendent plus nous faire savoir ce qu’ils pensent de l’état
général du pays et de la Nation que par messages interposés. Et sur
ce plan, on jurerait que tous les antagonismes et toutes les
suspicions passés sont…dépassés. Autant le président de la
République que quelques uns parmi les plus farouches opposants du
système que le premier nommé est censé représenter, ne s’expriment
plus que par messages interposés. La différence, diriez-vous,
n’étant que dans la longueur des textes auxquels notre attention
doit désormais se soumettre. Plus de querelle de chapelles donc,
plus de droite ou de gauche, de socialiste invétéré et de
capitaliste honteux, pas plus que d’idéologies ou de dogmes, oui,
plus rien de tout cela ! Fini le temps des meetings et des prises de
parole en direct pour mieux toucher et convaincre son auditoire.
Tout cela appartient désormais, et selon la formule consacrée, à un
passé bien révolu ! Les messages au peuple algérien n’en finissent
plus de pleuvoir comme eau bénite sur crânes de subsahariens voués
aux gémonies de sécheresses endémiques et vengeresses d’on ne sait
plus quoi, au juste. Plus besoin de ce traditionnel et parfois si
utile « téléphone arabe » pour communiquer entre nous. Le message !
Voila, voici la panacée à tous nos problèmes. Si vous n’avez pas de
représentant personnel pour lire le message à votre place, pas de
problème, le net et facebook feront parfaitement l’affaire. Les
autres, n’auront qu’à se rabattre sur la bonne vieille photocopie
pour se transmettre l’auguste et substantifique moelle accouchée de
cervelles qui n’en finissent plus de féconder nos insuffisances et
limites. Désormais, qu’on se le dise, Algériens, plus besoin de
marcher ! A vos messages !
Par Malik
Bellil
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Nora
Telle une
lumière
En 1971, Nora, en
compagnie du chantre et fabuliste kabyle Slimane Azem, reçoit son
disque d'or pour plus d'un million de disque vendus chez Pathé
Marconi. C'est la première fois que des artistes maghrébins sont
distingués pour leur vente en France.
Depuis son arrivée
sur la scène artistique, Nora apprend et reprend les rythmes et
airs anciens du répertoire de la chanson algérienne : kabyle,
oranais, aurésien, andalou et saharien. C'est ainsi qu'elle élargit
et enrichi le sien. Exploitant différents registres des folklores
régionaux, Nora participe à la rénovation de la chanson algérienne.
Elle s'adonne des années durant à ce travail de recherche et de
découvertes, aidée de son époux Kamal Hamadi. Nora est la première
chanteuse qui a bénéficié du statut de star, interprétant des thèmes
proches à tous les Algériens, tels que l'exil avec sa célebre Yal el
Menfi (le banni), l'amour avec Houa, houa (lui, lui), exploitant
différents registres des folklores régionaux. Elle est la première
chanteuse maghrébine à obtenir un disque d'or au début des années
70. Nora, Fatima-Zohra Badji de son vrai nom, voit le jour en 1942
à Cherchell au sein d'une famille nombreuse. Très jeune, elle a été
confrontée à la séparation de ses parents et dû abandonné sa
scolarité pour se lancer dans la vie active et aider sa mère. Dans
les années 50, Fatima-Zohra est engagée à Radio Alger qui cherchait
de nouveaux talents pour animer une émission destinée aux enfants.
Elle se fait repérer en interprétant des pièces de théâtre et des
opérettes (Amari Maâmar lui offre à cette époque la chanson El
ouarda souda écrite par Saïd Hayef). Elle chantera notamment sous la
direction de cheikh Mustapha Skandrani dont on retient également de
lui sa virtuosité au piano oriental. Grâce à Mohamed Jamoussi et à
Mahboub Bati, elle deviendra très vite une vedette de la chanson
algérienne. Elle tient un rôle dans une opérette intitulée Ana el
warqa el meskina (Je suis une pauvre feuille) écrite par Mustapha
Kechkoul, (1913-1991) discothécaire de Radio Alger bien introduit
dans le cercle musical algérois, et composée par Mustapha Skandrani.
Cette chanson éponyme sera reprise, plus tard, par Lili Boniche en
France et plus tard par Hamidou. En compagnie de nombreux artistes
et à l'invitation de la maison de disques Teppaz, elle part pour
Paris en 1959 pour une série d'enregistrements. Elle épouse la même
année l'auteur-compositeur-interprète Kamel Hamadi, rencontré à
Radio Alger. Ce dernier fut le plus prolifique de tous les artistes
avec des chansons écrites et composées pour de nombreux chanteurs
aussi bien en kabyle qu'en Arabe. Cette rencontre est un nouveau
tournant dans la carrière de Nora qui commence sa collaboration avec
El Habib Hachelaf qui adaptera pour elle la chanson traditionnelle,
Ya rabi Sidi (Ô Mon dieu). Kamel Hamadi compose la musique de cette
œuvre qui devient célèbre. Cette dernière comme d'autres de son
répertoire, dépeint les préoccupations des femmes algériennes. Dans
Ya rabi Sidi, c'est une mère qui se plaint du mariage de son fils
avec une Française. Nora s'intéresse donc au thème traditionnel du
mariage avec Mebrouk el aars (félicitations à l'occasion du mariage)
et Ya Bnet el Houma (les filles du quartier), ou encore l'amour
filial d'une mère pour son fils avec Ya bni (Mon fils). Cheikh
Ahmed Wahby lui composera du asri (style moderne oranais) et son
époux Kamel Hamadi des chansons Kabyles comme Rebbi ad isahel (Dieu
nous aidera), qu'ils chanteront ensemble. Elle incarnera avec son
mari, à la ville comme à la scène, le duo de la chanson algérienne
des années 60. En 1965, elle fera produira un album tout en français
où elle interprète Une vie, écrite par Michel Berger à l'époque de
Salut les copains où il commence à se faire connaître et Paris dans
mon sac de Kamel Hamadi. Après 1962, elle retourne en Algérie, mais
continue de faire la navette entre son appartement d'Alger et celui
de Saint-Michel où elle fréquente de nombreux artistes français de
l'époque comme Juliette Greco.
En 1971, c'est en
compagnie du chantre et fabuliste kabyle Slimane Azem, qu'elle
reçoit son disque d'or pour plus d'un million de disques vendus chez
Pathé Marconi. C'est la première fois que des artistes maghrébins
sont distingués pour leur vente en France.
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