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Conte-moi
Cherchell
En visitant le
centre-ville de Cherchell, une impression vous gagne. Le temps n'a
pas bougé. Avec son port et ses vieilles bâtisses, la ville de
Cherchell a su garder cette magie d'antan et ce cachet typique de la
région.
Les Cherchellois
sont nostalgiques. Ils veillent jalousement au respect des
traditions et us. Le repas de vendredi, à titre d'exemple, se
distinguait, dans chaque famille, par des préparations culinaires
propres.
Les
incontournables mets, notamment la douida, une soupe préparée à base
de petites vermicelles confectionnées à la main ainsi que la «mkirna»,
un plat composé de viande hachée et de pâtes faites également à la
main, font partie des plats traditionnels de la région.
Selon tante Zhira,
une native de la région, les préparatifs de cette journée sont un
cérémonial auquel nulle famille n'échappait. Il s'agit d'occasion où
toute les femmes (membres de la famille, des cousines ou des
voisines) se réunissent pour s'adonner à la préparation de la «douida»
ou de la «mkirna», que l'on préparait quelques jours avant, séchait
et rangeait dans des sacs en jute, prêtes à l'emploi.
Ces vieilles
coutumes (suivies d’ opérations de nettoyage des demeures) sont en
train de disparaître au fil des ans. Il reste cependant quelques
familles, dont les générations se transmettent ce savoir-faire et
veillent à perpétuer ces habitudes culinaires.
Du haut de ses 86
ans, cette vieille dame, bon pied bon œil, puisqu'elle continue à
veiller elle-même sur ses marmites, déplore que la nouvelle
génération cherche la facilité en se contentant d'aller acheter sur
le marché leurs pâtes déjà prêtes sans se soucier de leur goût et
encore moins de leur qualité.
De son côté oncle
Madjid se souvient des traditions d'antan à Cherchell où le marché
couvert faisait office de place centrale dans la vie de la cité,
avec des commerçants qui rivalisaient dans la décoration de leurs
étals où le jasmin régnait en maître.
Même les
poissonniers, a-t-il dit, ne dérogeaient pas à la tradition en
entourant leurs casiers de poissons de différentes plantes et herbes
aromatiques et odorantes qui exhalaient leurs parfums au grand
plaisir des clients. oncle Madjid a estimé que c'était la «belle
époque» où les gens se connaissaient bien pour se permettre des
parties de rigolade. Mais hélas, les temps ont bien changé pour
lui, qui se dit agacé par les ruelles grouillantes de monde, par les
détritus qui jonchent les sols et surtout par ces commerçants
grincheux et agressifs, dont l'unique souci est de se remplir les
poches.
Césarée de
Maurétanie, Cherchell, est une ancienne ville sur la côte
méditerranéenne de l'Algérie moderne. Elle fut l'une des plus
importantes cités du littoral occidental de l'Afrique du Nord
antique, particulièrement à l'époque romaine.
La ville fut
fondée au IVe siècle av. J.-C. par les Phéniciens sous le nom Iol ou
Jol. D'abord intégrée au royaume de Numidie, Iol passa sous le
contrôle de la Maurétanie après la chute de Jugurtha en 105 avant
notre ère. La ville fut refondée en 25 av. J.-C. par Juba II, sous
le nom de Césarée de Mauritanie et devient un centre de l'hellénisme
en Afrique du Nord. À partir de 40 après J.-C., elle fut la capitale
de la province romaine de Maurétanie Césarienne, qui s'étend jusqu'à
l'océan atlantique. Juba II fit de sa capitale une ville importante,
entourée d'une enceinte et conçue selon les principes de l'urbanisme
hellénistico-romain. Ses statues de type hellénique d'une qualité
exceptionnelle et les mosaïques de ses maisons - plus tardives -
manifestaient l'opulence de la couche dirigeante. Des ruines de
temples et monuments romains témoignent de cette période. La ville
qu'édifia Juba II était entourée d'une enceinte qui fut une des plus
vastes du monde romain : un mur continu de 4 460 m, peut-être
complété par un rempart de mer, entourait 370 ha.
Césarée fut dotée
par son roi d’édifices publics qui devinrent caractéristiques de la
ville romaine. Son théâtre est, avec celui d'Utique, alors capitale
de la province d'Afrique, le plus ancien d'Afrique du Nord et un des
plus anciens de Méditerranée occidentale ; il est contemporain du
théâtre de Marcellus à Rome. Son amphithéâtre est construit selon un
plan particulier mû par le désir de disposer d'un édifice assez
vaste pour donner des spectacles de combats de fauves ou de groupes
de gladiateurs et en raison de la date précoce de sa construction.
Après la mort de Juba, son fils Ptolémée prit le pouvoir mais il fut
assassiné à Lyon en 40 ap J.-C. par l'empereur Caligula et à partir
de cette date la capitale devint une simple colonie romaine capitale
de province. La plupart des ruines de la cité ancienne se situent en
dehors de la ville actuelle de Cherchell. Il en existe cependant
quelques unes dans le centre-ville, notamment sur le site de
l'académie militaire inter-armes de Cherchell.
Par Tassadit
Saïli
Haut
Tizi Ouzou
«La traduction
des romans algériens au centre d'un colloque»
À l'initiative du
Haut-Commissariat à l'amazighité (HCA), la traduction du roman
algérien d'expression française vers l'arabe et tamazight sera au
centre d'un colloque qui se tiendra les 28 et 29 septembre prochains
à la Maison de la culture Mouloud-Mameri, de Tizi Ouzou.
Comme il n'est
secret pour personne, il existe une littérature algérienne. Elle
s'exprime dans trois langues en usage complémentaire : l'amazigh,
l'arabe et le français. Pour Tamazight, en particulier, elle
représente un ensemble de parlers, ayant entre eux plus de
convergences que de divergences, et cela malgré une longue évolution
dans un cloisonnement géographique communicationnel quasi-total. Ces
dernières sont : le Chawi à l'Est ; le Kabyle et le Chenoui au
Centre ; le Mozabite au Sud et le Targui à l'extrême sud, dans la
vaste région de l'Ahaggar. La littérature d'expression amazighe est
donc tout le corpus de contes, de légendes, d'énigmes de poèmes et,
plus récemment de romans, dans les différents dialectes qui, grâce
aux médias et à l'école, tendent à former une Koinè qui permettrait
l'intercommunication entre les amazighophones. Le souci principal de
cette rencontre est de développer une réflexion au sujet des romans
d'écrivains algériens qui ont écrit en français, durant la période
coloniale et post-indépendance. Plusieurs d'entre eux ont produit
une littérature de haute facture, traduite dans plusieurs langues. A
cet effet, une quinzaine de communications sur des thèmes en rapport
avec la traduction littéraire et les contraintes linguistiques en la
matière sont prévues au programme de cette rencontre. Dont les
thèmes sont axés sur un ensemble de points, tels que l'historique
des romans traduits depuis le début de la colonisation à ce jour, le
profil des traducteurs, les méthodes de traduction de ces romans ou
de leur adaptation et les perspectives de traduction vers la langue
amazighe. Il sera question également d'identifier, durant ce
colloque, des projets de traduction à réaliser à court, moyen et
long terme. Des traductions modèles de romans d'expression française
vers l'arabe et tamazight seront présentées pour la circonstance, à
l'instar de «Jours de Kabylie», «Le fils du pauvre» de Mouloud
Feraoun, «L'élève et la leçon» de Malek Haddad, et autres œuvres
d'Albert Camus. Elles seront présentées et débattues par des
enseignants des universités d'Alger, de Constantine, d'Annaba, de
Tlemcen, de Béjaïa et de Tizi Ouzou. Avant les romantiques
allemands, Rivarol a constaté que la langue progresse avec la
traduction, qu'elle dévoile ses limites et accroît ses possibilités.
Par Timouche
Idir
Haut
Salon international du livre d'Alger
Une histoire,
des perspectives
Parvenu à sa
seizième édition, le Salon International du Livre d’Alger est
inscrit désormais dans l’agenda mondial de ce type de manifestations
qui continuent à se multiplier et à grandir en dépit des prévisions
pessimistes quant à l’avenir du livre. Il est certain que les
nouvelles technologies de communication ont pris une place
phénoménale dans le quotidien des habitants de la planète, devenant
des instruments indispensables et quotidiens d’échange, de
connaissances et de loisirs, comme des outils de gestion ou de
changement. L’apparition de la télévision, il y a un demi-siècle
environ, avait provoqué les mêmes hypothèses de disparition de la
radio ! Par ailleurs, les tendances observées, çà et là, ne sont pas
encore suffisamment affirmées pour tirer des conclusions
définitives.
Il semble même que
le livre trouve des voies prometteuses à travers les nouvelles
technologies, passant du monde de l’imprimerie et de la reliure à
celui de l’univers numérique. Le lancement des livres électroniques
contenant des centaines de titres, les bibliothèques numérisées en
ligne, les sites littéraires, etc. ouvrent de nouvelles
perspectives. D’une manière ou d’une autre, le livre traditionnel
coexistera avec le livre du troisième millénaire, comme pendant
longtemps, les manuscrits ont côtoyé les livres nés de la révolution
de l’imprimerie. Ces évolutions nous montrent que l’inquiétude d’une
disparition éventuelle du livre-objet ne peut être associée à celle
de la lecture, praticable sous des formes nouvelles. Cette réflexion
sur le rapport entre le livre-objet et la lecture n’a pas attendu le
numérique pour se poser. Elle existait déjà à travers le rapport
entre la possession individuelle du livre et son utilisation dans
les réseaux de lecture publique. L’histoire des manifestations
consacrées au livre dans notre pays le montre bien. La mémoire des
lecteurs algériens a conservé le souvenir de ces quelques «Foires du
livre» qui avaient eu lieu au début des années quatre-vingt.
Consacrées quasi-totalement à la vente de livres importés, elles se
sont déroulées dans un contexte de forte subvention du livre par
l’Etat (jusqu’à 80 % du prix réel). Cette facilité d’achat, sans
doute unique au monde, a indéniablement contribué au maintien et à
la formation de lectorats. Mais, d’un autre côté, elle a incrusté le
réflexe d’achat comme mode privilégié d’accès à la lecture. De plus,
toujours en tenant compte des effets positifs de ces foires, elles
se limitaient à l’acte commercial dénué de toute fonction culturelle
ou, simplement, de promotion éditoriale. Cette envergure situe
aujourd’hui le SILA parmi les plus importants salons internationaux
du livre sur le plan de la fréquentation populaire et de la
participation des professionnels. Il nécessite, en conséquence, un
effort d’organisation intense pour assurer l’ensemble de ses aspects
logistiques. Ce travail, pris en charge au quotidien par le Comité
du SILA, se double d’une réflexion à moyen terme sur le
développement de cette manifestation en fonction de la situation du
livre dans notre pays et des perspectives de son évolution dans le
monde.
Haut
Point à la ligne
Infrastructures
Chez nous, il fut
un temps où pour toute sinécure, on se mit à construire des théâtre
de plein air de la même façon qu'aujourd'hui on nourrit une
véritable boulimie pour les trémies et auparavant pour les fameux
dos d'âne.
C'est dire la
superficialité et l'amateurisme avec lesquels ces choses-là sont
abordées. Pour la seule ville de Constantine, l'art et la culture ne
disposent que des 450 places du théâtre régional constamment
sollicité et surexploité. Est-ce normal ? Pareil pour Oran qui, dans
les années 1990, abritait cinq grandes manifestations culturelles et
artistiques. Le festival de la chanson comique, les soirées du rire,
le Salon culturel des étudiants, le Festival du Karkabou, le
Festival du raï... La faiblesse des ressources et les entraves de
l'administration locale ont finalement eu raison de ces activités.
Cinq salles de
cinéma à Constantine et aucune d'opérationnelle, le bilan se passe
de tout commentaire ! Quant à la deuxième salle de répertoire de la
cinémathèque, elle est tout simplement calcinée depuis…12 ans, la
salle de répertoire de la cinémathèque n'a pas… d'appareil de
projection depuis six ans, le cinéma "Le Royal" est désaffecté.
Quelques faits pour, au besoin, prouver le peu d'intérêt dont jouit
la culture en dehors de la capitale. A Tizi Ouzou, on a pourtant
bien annoncé la réalisation d'une grande salle de spectacles de 6
000 places non loin du nouveau stade en projet à Boukhalfa, mais
jusque-là, on ne voit rien venir : simple effet d'annonce, simple
parole en l'air. On pourrait multiplier les exemples, et aller tant
vers l'est, l'ouest que le sud du pays : la situation est vraiment
préoccupante. Comment s'étonner dans de telles conditions que la
capitale soit pour ainsi dire condamnée à jouer ce rôle de vitrine
auquel, de toute évidence, elle ne tient pas à en juger du moins,
comme relevé plus haut, par le peu d'intérêt accordé par le public
algérois à la quasi-totalité des manifestations culturelles ou
artistiques organisées régulièrement dans les espaces de la ville…
Pourtant, la décentralisation est bel et bien l'un des objectifs
majeurs de toutes les politiques poursuivies par le pays depuis
toujours.Mais pour cela, il faut investir, il faut construire, il
faut entretenir, il faut former… est-ce aussi difficile que cela ?
Par Malik
Bellil
Haut
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