jeudi 22 septembre 2011

 

Tranche de vie

Conte-moi Cherchell

Tizi Ouzou

«La traduction des romans algériens au centre d'un colloque»

Salon international du livre d'Alger   

Une histoire, des perspectives

Point à la ligne

Infrastructures

 

 

 

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 Tranche de vie

Conte-moi Cherchell

En visitant le centre-ville de Cherchell, une impression vous gagne. Le temps n'a pas bougé. Avec son port et ses vieilles bâtisses, la ville de Cherchell a su garder cette magie d'antan et ce cachet typique de la région.  

Les Cherchellois sont nostalgiques. Ils veillent jalousement au respect des traditions et us. Le repas de vendredi, à titre d'exemple, se distinguait, dans chaque famille, par des préparations culinaires propres.

Les incontournables mets, notamment la douida, une soupe préparée à base de petites vermicelles confectionnées à la main ainsi que la «mkirna», un plat composé de viande hachée et de pâtes faites également à la main, font partie des plats traditionnels de la région.

Selon tante Zhira, une native de la région, les préparatifs de cette journée sont un cérémonial auquel nulle famille n'échappait. Il s'agit d'occasion où toute les femmes (membres de la famille, des cousines ou des voisines) se réunissent pour s'adonner à la préparation de la «douida» ou de la «mkirna», que l'on préparait quelques jours avant, séchait et rangeait dans des sacs en jute, prêtes à l'emploi.

Ces vieilles coutumes (suivies d’ opérations de nettoyage des demeures) sont en train de disparaître au fil des ans. Il reste cependant quelques familles, dont les générations se transmettent ce savoir-faire et veillent à perpétuer ces habitudes culinaires.

Du haut de ses 86 ans, cette vieille dame, bon pied bon œil, puisqu'elle continue à veiller elle-même sur ses marmites, déplore que la nouvelle génération cherche la facilité en se contentant d'aller acheter sur le marché leurs pâtes déjà prêtes sans se soucier de leur goût et encore moins de leur qualité.

De son côté oncle Madjid se souvient des traditions d'antan à Cherchell où le marché couvert faisait office de place centrale dans la vie de la cité, avec des commerçants qui rivalisaient dans la décoration de leurs étals où le jasmin régnait en maître.

Même les poissonniers, a-t-il dit, ne dérogeaient pas à la tradition en entourant leurs casiers de poissons de différentes plantes et herbes aromatiques et odorantes qui exhalaient leurs parfums au grand plaisir des clients. oncle Madjid a estimé que c'était la «belle époque» où les gens se connaissaient bien pour se permettre des parties de rigolade.  Mais hélas, les temps ont bien changé pour lui, qui se dit agacé par les ruelles grouillantes de monde, par les détritus qui jonchent les sols et surtout par ces commerçants grincheux et agressifs, dont l'unique souci est de se remplir les poches.

Césarée de Maurétanie, Cherchell, est une ancienne ville sur la côte méditerranéenne de l'Algérie moderne. Elle fut l'une des plus importantes cités du littoral occidental de l'Afrique du Nord antique, particulièrement à l'époque romaine.

La ville fut fondée au IVe siècle av. J.-C. par les Phéniciens sous le nom Iol ou Jol. D'abord intégrée au royaume de Numidie, Iol passa sous le contrôle de la Maurétanie après la chute de Jugurtha en 105 avant notre ère. La ville fut refondée en 25 av. J.-C. par Juba II, sous le nom de Césarée de Mauritanie et devient un centre de l'hellénisme en Afrique du Nord. À partir de 40 après J.-C., elle fut la capitale de la province romaine de Maurétanie Césarienne, qui s'étend jusqu'à l'océan atlantique. Juba II fit de sa capitale une ville importante, entourée d'une enceinte et conçue selon les principes de l'urbanisme hellénistico-romain. Ses statues de type hellénique d'une qualité exceptionnelle et les mosaïques de ses maisons - plus tardives - manifestaient l'opulence de la couche dirigeante. Des ruines de temples et monuments romains témoignent de cette période. La ville qu'édifia Juba II était entourée d'une enceinte qui fut une des plus vastes du monde romain : un mur continu de 4 460 m, peut-être complété par un rempart de mer, entourait 370 ha.

Césarée fut dotée par son roi d’édifices publics qui devinrent caractéristiques de la ville romaine. Son théâtre est, avec celui d'Utique, alors capitale de la province d'Afrique, le plus ancien d'Afrique du Nord et un des plus anciens de Méditerranée occidentale ; il est contemporain du théâtre de Marcellus à Rome. Son amphithéâtre est construit selon un plan particulier mû par le désir de disposer d'un édifice assez vaste pour donner des spectacles de combats de fauves ou de groupes de gladiateurs et en raison de la date précoce de sa construction. Après la mort de Juba, son fils Ptolémée prit le pouvoir mais il fut assassiné à Lyon en 40 ap J.-C. par l'empereur Caligula et à partir de cette date la capitale devint une simple colonie romaine capitale de province. La plupart des ruines de la cité ancienne se situent en dehors de la ville actuelle de Cherchell. Il en existe cependant quelques unes dans le centre-ville, notamment sur le site de l'académie militaire inter-armes de Cherchell.

Par Tassadit Saïli

 

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Tizi Ouzou

«La traduction des romans algériens au centre d'un colloque»

À l'initiative du Haut-Commissariat à l'amazighité (HCA), la traduction du roman algérien d'expression française vers l'arabe et tamazight sera au centre d'un colloque qui se tiendra les 28 et 29 septembre prochains à la Maison de la culture Mouloud-Mameri, de Tizi Ouzou.

Comme il n'est secret pour personne, il existe une littérature algérienne. Elle s'exprime dans trois langues en usage complémentaire : l'amazigh, l'arabe et le français. Pour Tamazight, en particulier, elle représente un ensemble de parlers, ayant entre eux plus de convergences que de divergences, et cela malgré une longue évolution dans un cloisonnement géographique communicationnel quasi-total. Ces dernières sont : le Chawi à l'Est ; le Kabyle et le Chenoui au Centre ;  le Mozabite au Sud et le Targui à l'extrême sud, dans la vaste région de l'Ahaggar. La littérature d'expression amazighe est donc tout le corpus de contes, de légendes, d'énigmes de poèmes et, plus récemment de romans, dans les différents dialectes qui, grâce aux médias et à l'école, tendent à former une Koinè qui permettrait l'intercommunication entre les amazighophones. Le souci principal de cette rencontre est de développer une réflexion au sujet des romans d'écrivains algériens qui ont écrit en français, durant la période coloniale et post-indépendance. Plusieurs d'entre eux ont produit une littérature de haute facture, traduite dans plusieurs langues. A cet effet, une quinzaine de communications sur des thèmes en rapport avec la traduction littéraire et les contraintes linguistiques en la matière sont prévues au programme de cette rencontre. Dont les thèmes sont axés sur un ensemble de points, tels que l'historique des romans traduits depuis le début de la colonisation à ce jour, le profil des traducteurs, les méthodes de traduction de ces romans ou de leur adaptation et les perspectives de traduction vers la langue amazighe. Il sera question également d'identifier, durant ce colloque, des projets de traduction à réaliser à court, moyen et long terme. Des traductions modèles de romans d'expression française vers l'arabe et tamazight seront présentées pour la circonstance, à l'instar de «Jours de Kabylie», «Le fils du pauvre» de Mouloud Feraoun, «L'élève et la leçon» de Malek Haddad, et autres œuvres d'Albert Camus. Elles seront présentées et débattues par des enseignants des universités d'Alger, de Constantine, d'Annaba, de Tlemcen, de Béjaïa et de Tizi Ouzou. Avant les romantiques allemands, Rivarol a constaté que la langue progresse avec la traduction, qu'elle dévoile ses limites et accroît ses possibilités.

Par Timouche Idir

 

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Salon international du livre d'Alger   

Une histoire, des perspectives

Parvenu à sa seizième édition, le Salon International du Livre d’Alger est inscrit désormais dans l’agenda mondial de ce type de manifestations qui continuent à se multiplier et à grandir en dépit des prévisions pessimistes quant à l’avenir du livre. Il est certain que les nouvelles technologies de communication ont pris une place phénoménale dans le quotidien des habitants de la planète, devenant des instruments indispensables et quotidiens d’échange, de connaissances et de loisirs, comme des outils de gestion ou de changement. L’apparition de la télévision, il y a un demi-siècle environ, avait provoqué les mêmes hypothèses de disparition de la radio ! Par ailleurs, les tendances observées, çà et là, ne sont pas encore suffisamment affirmées pour tirer des conclusions définitives.

Il semble même que le livre trouve des voies prometteuses à travers les nouvelles technologies, passant du monde de l’imprimerie et de la reliure à celui de l’univers numérique. Le lancement des livres électroniques contenant des centaines de titres, les bibliothèques numérisées en ligne, les sites littéraires, etc. ouvrent de nouvelles perspectives. D’une manière ou d’une autre, le livre traditionnel coexistera avec le livre du troisième millénaire, comme pendant longtemps, les manuscrits ont côtoyé les livres nés de la révolution de l’imprimerie. Ces évolutions nous montrent que l’inquiétude d’une disparition éventuelle du livre-objet ne peut être associée à celle de la lecture, praticable sous des formes nouvelles. Cette réflexion sur le rapport entre le livre-objet et la lecture n’a pas attendu le numérique pour se poser. Elle existait déjà à travers le rapport entre la possession individuelle du livre et son utilisation dans les réseaux de lecture publique. L’histoire des manifestations consacrées au livre dans notre pays le montre bien. La mémoire des lecteurs algériens a conservé le souvenir de ces quelques «Foires du livre» qui avaient eu lieu au début des années quatre-vingt. Consacrées quasi-totalement à la vente de livres importés, elles se sont déroulées dans un contexte de forte subvention du livre par l’Etat (jusqu’à 80 % du prix réel). Cette facilité d’achat, sans doute unique au monde, a indéniablement contribué au maintien et à la formation de lectorats. Mais, d’un autre côté, elle a incrusté le réflexe d’achat comme mode privilégié d’accès à la lecture. De plus, toujours en tenant compte des effets positifs de ces foires, elles se limitaient à l’acte commercial dénué de toute fonction culturelle ou, simplement, de promotion éditoriale. Cette envergure situe aujourd’hui le SILA parmi les plus importants salons internationaux du livre sur le plan de la fréquentation populaire et de la participation des professionnels. Il nécessite, en conséquence, un effort d’organisation intense pour assurer l’ensemble de ses aspects logistiques. Ce travail, pris en charge au quotidien par le Comité du SILA, se double d’une réflexion à moyen terme sur le développement de cette manifestation en fonction de la situation du livre dans notre pays et des perspectives de son évolution dans le monde.

 

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Point à la ligne

Infrastructures

Chez nous, il fut un temps où pour toute sinécure, on se mit à construire des théâtre de plein air de la même façon qu'aujourd'hui on nourrit une véritable boulimie pour les trémies et auparavant pour les fameux dos d'âne.

C'est dire la superficialité et l'amateurisme avec lesquels ces choses-là sont abordées. Pour la seule ville de Constantine, l'art et la culture ne disposent que des 450 places du théâtre régional constamment sollicité et surexploité. Est-ce normal ? Pareil pour Oran qui, dans les années 1990, abritait cinq grandes manifestations culturelles et artistiques. Le festival de la chanson comique, les soirées du rire, le Salon culturel des étudiants, le Festival du Karkabou, le Festival du raï... La faiblesse des ressources et les entraves de l'administration locale ont finalement eu raison de ces activités.

Cinq salles de cinéma à Constantine et aucune d'opérationnelle, le bilan se passe de tout commentaire ! Quant à la deuxième salle de répertoire de la cinémathèque, elle est tout simplement calcinée depuis…12 ans, la salle de répertoire de la cinémathèque n'a pas… d'appareil de projection depuis six ans, le cinéma "Le Royal" est désaffecté. Quelques faits pour, au besoin, prouver le peu d'intérêt dont jouit la culture en dehors de la capitale. A Tizi Ouzou, on  a pourtant bien annoncé la réalisation d'une grande salle de spectacles de 6 000 places non loin du nouveau stade en projet à Boukhalfa, mais jusque-là, on ne voit rien venir : simple effet d'annonce, simple parole en l'air. On pourrait multiplier les exemples, et aller tant vers l'est, l'ouest que le sud du pays : la situation est vraiment préoccupante. Comment s'étonner dans de telles conditions que la capitale soit pour ainsi dire condamnée à jouer ce rôle de vitrine auquel, de toute évidence, elle ne tient pas à en juger du moins, comme relevé plus haut, par le peu d'intérêt accordé par le public algérois à la quasi-totalité des manifestations culturelles ou artistiques organisées régulièrement dans les espaces de la ville… Pourtant, la décentralisation est bel et bien l'un des objectifs majeurs de toutes les politiques poursuivies par le pays depuis toujours.Mais pour cela, il faut investir, il faut construire, il faut entretenir, il faut former… est-ce aussi difficile que cela ?

Par Malik Bellil

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