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Il a estimé que 15% de la population ont été massacrés
Erdogan accuse
la France de «génocide» en Algérie
Le passé français
en Algérie a inspiré le président turc qui a ouvertement accusé la
France d'avoir commis un génocide en Algérie, estimant qu'elle a
massacré 15% de la population. Le Premier ministre turc a estimé
hier que la France avait commis un "génocide" en Algérie, en 1945.
Des déclarations associés à des sanctions économiques et
diplomatiques, qui interviennent après l'adoption d'une proposition
de loi pénalisant la négation du génocide arménien de 1915.
"Une politique
fondée sur le racisme, la discrimination et la xénophobie."Le chef
du gouvernement turc n'a pas maché ses mots, ce jeudi, s'agissant du
vote de la loi françaises condamnant le négationnisme à l'égard du
génocide arménien en 1915. Et le couperet de tomber : la Turquie a
annoncé le gel de sa coopération politique et militaire avec la
France. Une décision que "regrette" Paris. Le Premier ministre turc
a remis le couvert ce vendredi. Ce dernier a accusé la France
d'avoir commis un "génocide" en Algérie. "On estime que 15% de la
population algérienne a été massacrée par les Français à partir de
1945. Il s'agit d'un génocide", a déclaré M. Erdogan lors d'une
conférence. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait
également multiplié les effets d'annonce ce jeudi : suspension des
visites bilatérales, rappel pour consultations de l'ambassadeur de
Turquie en France ajoutant que "les exercices militaires communs
avec la France et toutes les activités militaires avec ce pays
avaient été annulés" pour protester contre l'adoption de ce texte.
M. Erdogan a fustigé une "politique (de la France) fondée sur le
racisme, la discrimination et la xénophobie", avant de s'en prendre
ouvertement au chef de l'Etat. Nicolas Sarkozy est en effet accusé
d'avoir instrumentalisé le génocide arménien à des fins électorales,
à l'orée de la présidentielle de 2012.
Des
conséquences politiques et économiques
Première
conséquence : l'étroite relation économique entre les deux pays. La
Turquie est en effet le cinquième partenaire commercial de la la
France, le volume bilatéral des échanges se chiffrant par exemple à
près de 12 milliards en 2010. M. Erdogan a d'ores et déjà annoncé
que la Turquie ne participerait pas à un comité économique mixte
France-Turquie prévu pour janvier à Paris. Second sujet épineux : La
Syrie. La Turquie met aussi fin aux consultations politiques avec la
France, a dit M. Erdogan. Les deux pays avaient noué un dialogue
étroit sur ce dossier régional, le régime de Bachar Al-Assad étant
aux portes d'Ankara.
«Je souhaite
que nos amis turcs ne surréagissent pas»
De son côté, le
Quai d'Orsay a tenté de calmer le jeu : Paris "regrette" les
décisions de la Turquie, a déclaré dans la soirée le chef de la
diplomatie française Alain Juppé, appelant Ankara à ne pas "surréagir".
"La Turquie est pour la France un allié et un partenaire
stratégique", a dit M. Juppé, qui a souligné qu'il était "important,
dans le contexte actuel, que nous maintenions ouvertes les voies du
dialogue et de la coopération" entre les deux pays. "Ce que je
souhaite, c'est que nos amis turcs ne surréagissent pas à cette
décision de l'Assemblée nationale française", a-t-il également
déclaré. Interrogé sur d'éventuelles nouvelles mesures de
représailles d'Ankara, le ministre français des Affaires étrangères
a répondu : "Nous verrons bien et je souhaite qu'on en reste là, si
possible". Malgré les nombreux avertissements d'Ankara qui a dépêché
plusieurs délégations à Paris, les députés français ont voté jeudi
une proposition de loi pénalisant d'un an de prison et 45.000 euros
d'amende la négation d'un génocide reconnu par la loi, comme l'est
depuis 2001 en France le génocide arménien de 1915, qui a fait 1,5
million de morts, selon les Arméniens. Pour entrer en vigueur, la
proposition de loi devra cependant aussi être adoptée par le Sénat,
ce qui pourrait prendre plusieurs mois. Le temps de laisser passer
l'élection présidentielle?
Aomar F. avec
Agence
Haut
SNVI, ArcelorMittal et retraités
L'Etat joue la
carte de l'apaisement
Les pouvoirs
publics tiennent absolument à mener les prochaines échéances
électorales sans ennuis. Après être intervenus pour contenir la
colère des retraités et celle des travailleurs de Arcelor-Mittal,
ils viennent in extremis désamorcer la bombe sociale qui a failli
avoir raison de la quiétude de la zone industrielle de Rouiba.
Inutile d'être un grand clerc pour comprendre que le gouvernement
joue la carte de l'apaisement pour mener à bien les préparatifs des
prochaines législatives. Le mouvement des travailleurs de la SNVI
qui avait débuté la journée de mercredi, n'a duré finalement que
quelques heures. Aussitôt alertée, la direction cède aux
revendications du syndicat. Les antagonistes s'entretiennent dans la
nuit de mercredi et trouvent enfin un terrain d'entente. Il a été
donc conclu avec la direction, d'un commun accord, de modifier
l'appellation de la médaille du mérite en "médaille de fidélité" qui
sera attribuée les mois de janvier, février et mars 2012, selon le
seul critère d'ancienneté. Concernant les contrats des cadres
gestionnaires retraités rappelés par l'entreprise, "il a été décidé
d'y mettre fin à compter du 31 décembre prochain". S'agissant des
plans de réorganisation et de formation pour l'année 2012, la
direction prévoit de traiter ces deux points lors d'une séance de
travail qui se tiendra au plus tard la fin du mois en cours. Quant
au dossier de partenariat avec des entreprises étrangères, "un point
de situation sera communiqué par la direction générale au syndicat
d'entreprise lors de la prochaine séance de travail. Néanmoins, les
pouvoirs publics ne sont pas encore venus à bout de la tension qui
marque la zone industrielle de Rouiba. Les syndicalistes menacent
d'investir la rue au cas où l'administration revient sur ses
promesses. Ils maintiennent à cet effet leur mouvement prévu pour le
lundi prochain au niveau du siège de l'UGTA, ne serait-ce que pour
apporter leur soutien à tous les travailleurs opprimés à travers
l'ensemble du territoire national indique-t-on. On citera, dans la
foulée, le Conseil d'administration des entreprises algériennes de
fabrication de tubes en acier du complexe sidérurgique d'El Hadjar
(Annaba) qui revient, lui aussi, à la raison. Les responsables du
groupe ont dû sentir le vent de la colère souffler, suite à
l'annonce faite mercredi dernier, selon laquelle des actions de
protestation seront organisées le mois de janvier. Ils invitent le
syndicat au dialogue et signent un accord. Le rapport devait être
soumis au secrétaire généralx de l'UGTA. Il convient de rappeler que
le syndicat avait annoncé l'organisation de plusieurs actions de
protestation contre le boycott de leurs produits par les entreprises
nationales et en tête la Sonatrach. Ils devraient commencer par
tenir des sit-in si les autorités continuent à faire la sourde
oreille, ils observeront une grève et organiseront des marches à
partir du complexe et jusqu'au siège de Sidar. Une autre mesure
prise par le gouvernement à même d'apaiser, à savoir, le relèvement
à 15 000 dinars de toutes les pensions et allocations de retraite
inférieures à ce montant et l'augmentation de 30% des pensions de
retraite dont le montant est égal à 15 000 DA. Les retraités qui
revendiquaient une revalorisation de 40%, estiment que ces
augmentations sont en deçà de leurs espérances. Bien qu'ils ne
rejettent pas l'augmentation, ils continuent à réclamer, entre
autres, que le SNMG qui est actuellement à 75% revienne à 100%. Il
est clair que l'Etat fait tout pour apaiser la grogne des
retraités, mais il est loin de triompher des difficultés auxquelles
est confrontée cette frange de la société.
Par Rebiha
Akriche
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Examen des dossiers d'agrément
Des partis
soulagés ?
Dès l'adoption au
Conseil de la nation des 3 lois relatives à l'information aux
associations et aux partis politiques, lors d'une séance qualifiée
"d'exceptionnelle" par Abdelkader Bensalah, le ministre de
l'Intérieur et des collectivités locales, Daho Ould Kablia a annoncé
que les dossiers d'agrément des nouveaux partis, vont être examinés
dès dimanche (demain, ndlr)
«Je vais donner
des instructions aux services du ministère pour que les dossiers des
nouveaux partis en notre possession, commencent à être examinés dès
ce dimanche, au plan de la compatibilité avec la loi", a déclaré le
ministre de l' Intérieur en marge de la plénière consacrée à
l'adoption des lois relatives à l'information, aux associations et
aux partis politiques. Il précisera en outre, que les services du
ministère de l'Intérieur "procèderont ensuite à des enquêtes sur
les membres fondateurs de ces partis". Ould Kablia qui avait rappelé
la volonté du président de la République d'organiser "des élections
transparentes" a estimé que le processus d'agrément des partis
touche à sa fin, avant de préciser à propos des réformes dont
l'étape préparatoire est désormais achevée avec l'adoption hier, des
trois dernières lois que ces grandes réalisations sont "l'œuvre du
président". Le président du Conseil de la Nation, Abdelkader
Bensalah qui intervenait à son tour à l'issue de l'adoption des 3
textes a appelé le gouvernement "à concrétiser les projets de lois
adoptés sur le terrain". "Il incombe au gouvernement de traduire les
projets de loi adoptés sur le terrain", a déclaré le président du
Conseil de la Nation qui a considéré la séance consacrée à
l'adoption de ces lois d' "exceptionnelle" car "elle intervient
suite à une étape caractérisée par des consultations et des débats
animés entre différentes parties". Pour lui, l'adoption par le
Parlement avec ses deux chambres, d'une batterie de lois prévues par
les réformes "constitue la fin de l'étape préparatoire permettant
ainsi au pays d'amorcer l'étape de l'application effective" de ces
textes, a-t-il précisé, relevant que les débats sur les textes ont
"souvent été intenses et parfois, empreints de doutes", mais
"l'objectif était de d'aboutir à des lois qui permettront au pays de
sortir de la conjoncture actuelle vers un avenir meilleur". La
plénière de jeudi qui clôt ainsi le première phase des réformes, en
attendant la révision de la Constitution, a été caractérisée par
l'adoption à l'unanimité du projet de loi sur les associations qui
vise selon Ould Kablia, "à relancer l'action associative". Celui sur
les partis a été adopté avec une seule abstention, alors que
l'adoption du nouveau texte sur l'information a enregistré 3
abstentions. "Avec cette adoption vous aurez exprimé clairement
votre soutien au processus des réformes et votre volonté de nous
accompagner de manière responsable et étant convaincus de notre
capacité de les mener à bien", a déclaré Ould Kablia à l'issue du
vote, à l'adresse des membres du Conseil de la Nation.
Par Sofiane Aït
Mohamed
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Louisa Hanoune contre des observateurs internationaux aux
législatives
«Les propos de
Belkhadem sont dangereux»
Les rivalités
partisanes entre les différentes formations politiques commencent à
faire des vagues à quelques mois des élections législatives. C'est
le cas particulièrement du PT de Louiza Hanoune qui amorce sa
précampagne électorale en force. Un peu à l'avance de ses
concurrents potentiels, ce parti investit tous les espaces possibles
et multiplie les déclarations. Elle redouble d'animosité de surcroît
à l'approche des élections législatives dans une tentative de
baliser un terrain favorable et confirmer son ascension sur la scène
politique. En effet, la Secrétaire générale du Parti des
travailleurs (PT) a déploré jeudi dernier, les dernières
déclarations du SG du Front de libération nationale (FLN),
concernant les résultats des prochaines échéances électorales.
Qualifiant les propos de Abdelaziz Belkhadem de "déclarations
dangereuses" et de "déviations ne doivent pas passer sous silence",
Louiza Hanoune a estimé que ces déclarations "ferment le jeu
politique et ôtent toute crédibilité aux élections", lors de son
intervention à l'ouverture des travaux du Bureau politique de son
parti à Alger. Des accusations à peine voilées assénées au patron
actuel du vieux parti, qui avait avancé, rappelons-le, que son parti
va rafler la majorité des sièges de la future Assemblée nationale et
que les islamistes ne dépasseraient pas les 40% de sièges. Des
résultats préétablis, qui renseigneraient, voudrait insinuer la SG
du PT, sur la logique des quotas lors des différentes échéances
électorales. Pour Louiza Hanoune, le Président de la République a
réagi et infirmé cette option à l'occasion de l'ouverture officielle
de l'année judiciaire, en apportant des garanties nécessaires sur la
neutralité de l'administration et la compétition politique saine
lors des futures législatives. Tout en saluant "l'importance" des
mesures énoncées par le chef de l'Etat lors de son discours,
notamment en ce qui concerne l'homogénéité des réformes loin de
toute ingérence étrangère, Mme Hanoune a déploré tout de même le
recours aux observateurs internationaux pour surveiller le prochain
scrutin. "Nous formulons des réserves sur ces observateurs dont nous
n'attendons rien au vu de l'expérience passée, car c'est à l'Etat de
garantir la régularité et la transparence des élections", a-t-elle
soutenu, pour dire que les garanties formulées par le Président
Bouteflika sont le meilleur gage pour la transparence des élections
et la neutralité de l'Administration. Par ailleurs, la SG du PT a
déploré l'attitude des partis majoritaires au Parlement qui ont,
selon elle, "dilué et vidé" de son sens la nouvelle loi électorale.
Elle a appelé dans ce sens l'Etat à adopter des mécanismes à même de
rattraper les lacunes contenues dans ladite loi, insistant de la
sorte à revoir certaines dispositions, bien que le chef de l'Etat
ait tranché définitivement la question.
La montée au
créneau de Louiza Hanoune augure de guéguerres larvées, voire même
une rude bataille en perspective des législatives. En ciblant le FLN
et ses partenaires de l'alliance présidentielle à un degré moindre,
la patronne du PT ne se trompe pas de cible. Il s'agit de se frayer
une place au soleil entre les poids lourds de l'échiquier national,
mais aussi se préparer aux futures échéances électorales,
particulièrement spéciales, en ce sens que la compétition sera
élargie à de nouvelles formations, non sans ancrage dans la société.
Par M. Ait
Chabane
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Transparences des élections
Le discours de
Bouteflika rassure plusieurs partis
Le discours
prononcé par le président Bouteflika à l'occasion de l'ouverture de
l'année judiciaire a fait réagir plusieurs partis politiques. Le
porte-parole du Rassemblement national démocratique (RND), M. Miloud
Chorfi a salué le contenu du discours du président Bouteflika
notamment la question de la souveraineté nationale affirmant qu' "
il s'agit d'un message on ne peut plus clair à ceux qui tentent
d'aboutir par tous les moyens à des objectifs inavoués " en tentant
de trouver des explications au fait que l'Algérie ait été épargnée
par les bouleversements que connaissent certains pays arabes. Le
président de la République a déclaré que " les réformes émanent de
l'Algérie profonde et qu'il n'y a pas lieu de faire des
comparaisons", a-t-il rappelé. Après avoir réitéré le soutien de son
parti aux réformes qu'il a qualifiées de "nécessaires et
inéluctables", M. Chorfi a salué la détermination du Chef de l'Etat
à réunir toutes les conditions nécessaires à conférer davantage de
transparence et de crédibilité aux prochaines élections à travers la
supervision judiciaire, le contrôle et l'accompagnement prévus par
les nouvelles dispositions de la loi sur les élections. De son coté,
le chargé de la communication du FLN M. Kassa Aissi a indiqué que le
chef de l'Etat "a fermé la porte devant les interprétations erronées
et tendancieuses et certaines critiques infondées". Ces critiques
sont "émises sous le couvert de la démocratie pour que le changement
soit imposées ou intervienne avec l'aide de parties étrangères",
a-t-il ajouté soulignant que "le peuple algérien et toutes les
forces nationales rejettent catégoriquement cela". S'agissant de la
compétition qui opposera les partis politiques durant les prochaines
élections dans le contexte de la nouvelle loi, le représentant du
parti du FLN a affirmé que "c'est l'urne qui définira le poids des
partis et non pas les déclarations de presse variables". De son
cote, la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) Mme
Louiza Hanoune a salué "la position ferme" du président Bouteflika
quant à la défense de la souveraineté nationale et le rejet de toute
forme d'ingérence étrangère. Le chef de l'Etat, a poursuivi Mme
Hanoune, a répondu dans son discours, "aux déclarations concernant
les prochaines élections et apporté des garanties" qui requièrent,
selon elle, des mécanismes juridiques aptes à protéger les élections
des différentes manoeuvres et à rétablir la confiance au peuple".
Par ailleurs, le secrétaire nationale chargé de la communication au
Mouvement de la
société pour la paix (MSP) M, Mohamed Djemaa a affirmé que les
reformes politiques dont le Président de la République, avait
apporté des garanties à son sujet, dans son dernier discours, et que
le parti avait soutenu, "ont vu leur plafond régresser", ce qui a
incité le mouvement a-t-il dit a "s'abstenir lors du vote au
parlement des projets de loi concernant ces reformes". Pour le
président du Front national algérien (FNA), M. Moussa Touati, le
discours du président de la République est "une tentative de
plébiscite des reformes politiques qu'il a initiées".
Reda A.
Haut
Pénurie, spéculation, opacité…
Ould Abbas se
défend et accuse
Pénurie récurrente
de certains médicaments, alors que l'enveloppe financière réservée à
l'importation en 2011 dépasse celle de 2010, avec une augmentation
de 150 millions d'euros ?
Le ministre s'en
est montré "étonné" ! Surfacturation que connaît le marché du
médicament ? Le ministre "dénonce" ! Il signale avoir découvert
"jusque-là" une surfacturation de 94 millions de dollars sur 38
produits uniquement. Opacité ? Le ministre "regrette" ! Mais il
compte bien reprendre la situation en main. En effet, outre, la mise
en place d'une commission nationale consultative du médicament et
des produits pharmaceutiques, Ould Abbès a signalé la délivrance de
666 agréments pour les distributeurs de médicaments, alors que sur
le terrain il n' en existe que 80. Il a déploré par ailleurs que des
importateurs ayant réalisé des milliards de dinars de bénéfice aient
disparu depuis deux années. Il a ajouté que des médicaments étaient
en surstock au moment où des malades et des pharmacies se
plaignaient de la pénurie ! Le dossier du médicament échappe-t-il
donc à ce point à Ould Abbès ?
Des mesures
pour 2012
Comble de
paradoxe : il a fait observer que l'Etat n'a jamais lésiné sur les
moyens dans la mesure où "l'enveloppe financière allouée aux
importations des médicaments étaient auparavant de 1,5 Md$, avant de
passer à 2,5 Md$", mais la situation ne fait que s'aggraver. Il
s'est ainsi engagé à organiser la distribution et le contrôle de
l'importation tout en menant une "guerre sans merci" contre la
spéculation.
Ainsi, Ould Abbès
semble décidé à remettre le secteur de la santé sur les rails. A cet
effet, une série de mesures viennent d'être prises avant-hier par
son ministère pour l'approvisionnement du marché national en
médicaments et en matière de distribution, à compter de l'année
2012.
Serait-ce la fin
d'un cauchemar où ont sombrés des milliers, voire des millions
d'Algériens ? Dans tout état de figure, la tâche ne sera pas de tout
repos quand on sait que le secteur est, le ministre lui-même le
reconnaît, fortement gangréné.
Au cours d'une
réunion, présidée par le ministre, et à laquelle ont pris part les
représentants des distributeurs et des importateurs de médicaments,
il a été procédé, comme cité plus haut, à l'installation d'une
commission nationale consultative du médicament et des produits
pharmaceutiques. Cette commission regroupera, en plus du ministère
de la Santé et des différentes parties concernées (distributeurs et
importateurs), des représentants des ministères des Finances, du
Travail, de l'emploi et de la sécurité sociale. Elle aura comme
mission principale de juguler les pénuries et les spéculations par
une évaluation "régulière" de la quantité de médicaments existante.
Il s'agit, selon Ould Abbès, de "lutter contre l'opacité"
caractérisant le marché du médicament en procédant d'abord à
l'assainissement du réseau des distributeurs.
L'autre mesure
prise par le ministère consiste en l'assainissement de la situation
financière de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH), qui a
bénéficié récemment d'un prêt bancaire de 30 milliards DA, avec un
taux de 1% pour une période de remboursement qui s'étale sur dix
ans. Avec le paiement de toutes les factures de la PCH , dira Ould
Abbès, celle-ci aura la possibilité de réguler ses stocks et de
contracter des lettres de crédit. Le ministre a assuré que grâce à
ce procédé la PCH disposera d'un stock de sécurité de six mois.
Plus loin encore " la PCH sera dotée d'un nouveau statut
particulier, qui lui permettra de traiter avec les services
hospitaliers de gré à gré et de pouvoir vendre au privé, le but
étant de faire face à toutes formes de ruptures de médicaments",
ajoutera encore le ministre. L'autre mesure concerne l'affectation
directe au ministère de la Santé de 50% de l'enveloppe budgétaire
globale allouée aux produits pharmaceutiques, qui est de 55
milliards annuellement. La moitié de l'enveloppe reviendra au
ministère pour pallier toute pénurie ou une quelconque urgence ainsi
que les programmas nationaux comme les vaccins.
La dernière mesure
porte sur l'assainissement de la situation des molécules concernées
par l'activité de l'enregistrement, à savoir l'actualisation de
l'arrêté portant importation et commercialisation des produits non
enregistrés, la relance des comités des experts cliniciens pour
molécules hors nomenclature nationale ainsi que la révision de la
nomenclature des médicaments. Par ailleurs, M. Ould Abbès a annoncé
que le nouvel organigramme du ministère comprendra trois Directions
générales, dont une Direction générale de la pharmacie au niveau de
son ministère.
Une vingtaine
de distributeurs en position monopolistique
De son côté, le
président de l'Association des distributeurs des produits
pharmaceutiques (ADPHA), M. Abdelkader Dilmi Bouras, a révélé qu'une
vingtaine de distributeurs sur le marché détiennent le monopole et
réalisent 80% du chiffre d'affaires dans la distribution. En ce
sens, il s'est plaint de l'absence d'un statut particulier du
distributeur, lequel reste "tributaire" des marges bénéficiaires que
lui accorde l'importateur. "Nous nous félicitons des décisions
prises par le ministre pour lutter contre la pénurie des médicaments
dans les pharmacies", a-t-il dit, soulignant que cette réunion de
coordination permet à tous les acteurs intervenant sur le marché du
médicament de "mutualiser" leurs efforts.
Par Hamid
Fekhart
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Autoroute Est-Ouest
Les chiffres et
arguments peu convaincants d'Amar Ghoul
Un kilomètre
d'autoroute coûte en moyenne 6 millions d'euros. En Algérie, par
contre, les travaux de réalisation de l'autoroute est-ouest ont
coûté encore plus cher. Selon le ministre des Travaux publics, Amar
Ghoul, le prix d'un kilomètre du projet du siècle était de 8
millions d'euros. Une importante différence qui suscite moult
interrogations. Bien que le ministre des Travaux publics s'en soit
toujours défendu et ait soutenu que le coût des travaux entrepris en
Algérie sont plutôt raisonnables, des voix ne cessaient de monter
pour exiger des explications. Le débat à ce sujet a d'aileurs, à
maintes reprises, frôlé la polémique. Avant-hier, c'était un
sénateur du Front de Libération National (FLN) qui a interrogé le
ministre de tutelle sur les retards de réalisation, mais surtout les
surcoûts des projets routiers en Algérie. A l'accoutumée le ministre
a défendu, bec et ongle, sa gestion du secteur et déclaré que le
projet de l'autoroute est-ouest n'a connu "aucune réévaluation".
Pour mieux étayer ses dires, le ministre a affirmé que le coût moyen
de réalisation d'un kilomètre d'autoroute en Algérie s'élève à 8
millions d'euros contre 27 millions d'euros en Italie, 15 millions
d'euros en France et 47 millions d'euros en Suisse. Des chiffres
astronomiques et discutables, du moment que le ministre a préféré
citer l'exemple de projet les plus chers, alors que bien d'autres
pays ont réalisé des travaux d'autoroute à des prix largement
inférieurs. C'est le cas entre autres, de la Finlande, de l'Espagne
et de la Suède pour la zone euro. Aussi, le prix moyen des travaux
d'autoroute chez nos voisins, le Maroc et la Tunisie, sont moins
chers. En fait, le prix des travaux diffère selon la nature du
relief et les difficultés rencontrées, aussi, les travaux en zone
urbaine ou hors-zone urbaine participent à la détermination du coût
des travaux. Des précisions que le ministre des Travaux publics n'a
jamais évoquées. Cela, bien que le coût moyen reste l'indice
déterminant. D'ailleurs, force est de relever que les travaux de
réalisation de l'autoroute est-ouest n'étaient pas confrontés à de
grandes difficultés. Les quelques contraintes rencontrées notamment,
au niveau du tunnel de Djebel Ouahch à Constantine et le tronçon de
Bouzegza ont été largement médiatisées par le ministère, afin de
justifier le retard dans la réalisation et expliqué la non-réception
dans les délais de ces tronçons. Quant au budget global accordé à ce
projet, le ministre des Travaux publics a réaffirmé qu'aucun centime
de plus n'a été ajouté au coût des travaux de l'autoroute Est
-Ouest. Selon lui, "à l'issue de l'appel d'offres international, le
coût a été plafonné à 752 milliards de dinars, soit l'équivalent de
11 milliards de dollars environ". Cependant, des zones d'ombre
subsistent encore et le ministre est appelé à donner d'amples
détails afin de mieux expliquer le choix de l'Algérie sur la qualité
des travaux, les matériaux et technologies employées dans la
réalisation.
Un détail
important dans la mesure où l'autoroute Est-Ouest n'est pas exempte
de défaillances. D'ailleurs, des inondations ont été enregistrées
l'année passée sur certains tronçons suite à des précipitations. Le
ministre avait affirmé que cette situation est due à la force de la
pluie et que tous les ouvrages réalisés de par le monde connaissent
ce genre de problèmes. Une explication qui n'a pas convaincu tous
les experts, dont certains avaient soutenu que les études réalisés
ont été faites à la va-vite d'où la mauvaise qualité des travaux sur
certains tronçons.
Par Aomar
Fekrache
Haut
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