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samedi 24 décembre 2011

Il a estimé que 15% de la population ont été massacrés

Erdogan accuse la France de «génocide» en Algérie

SNVI, ArcelorMittal et retraités

L'Etat joue la carte de l'apaisement

Examen des dossiers d'agrément

Des partis soulagés ?

Louisa Hanoune contre des observateurs internationaux aux législatives

«Les propos de Belkhadem sont dangereux»

Transparences des élections

Le discours de Bouteflika rassure plusieurs partis

Pénurie, spéculation, opacité…

Ould Abbas se défend et accuse

Autoroute Est-Ouest

Les chiffres et arguments peu convaincants d'Amar Ghoul

 

 

 

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 Il a estimé que 15% de la population ont été massacrés

Erdogan accuse la France de «génocide» en Algérie

Le passé français en Algérie a inspiré le président turc qui a ouvertement accusé la France d'avoir commis un génocide en Algérie, estimant qu'elle a massacré 15% de la population. Le Premier ministre turc a estimé  hier que la France avait commis un "génocide" en Algérie, en 1945. Des déclarations associés à des sanctions économiques et diplomatiques, qui interviennent après l'adoption d'une proposition de loi pénalisant la négation du génocide arménien de 1915.

"Une politique fondée sur le racisme, la discrimination et la xénophobie."Le chef du gouvernement turc n'a pas maché ses mots, ce jeudi, s'agissant du vote de la loi françaises condamnant le négationnisme à l'égard du génocide arménien en 1915. Et le couperet de tomber : la Turquie a annoncé le gel de sa coopération politique et militaire avec la France. Une décision que "regrette" Paris. Le Premier ministre turc a remis le couvert ce vendredi. Ce dernier a accusé la France d'avoir commis un "génocide" en Algérie. "On estime que 15% de la population algérienne a été massacrée par les Français à partir de 1945. Il s'agit d'un génocide", a déclaré M. Erdogan lors d'une conférence. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait également multiplié les effets d'annonce ce jeudi : suspension des visites bilatérales, rappel pour consultations de l'ambassadeur de Turquie en France ajoutant que "les exercices militaires communs avec la France et toutes les activités militaires avec ce pays avaient été annulés" pour protester contre l'adoption de ce texte. M. Erdogan a fustigé une "politique (de la France) fondée sur le racisme, la discrimination et la xénophobie", avant de s'en prendre ouvertement au chef de l'Etat. Nicolas Sarkozy est en effet accusé d'avoir instrumentalisé le génocide arménien à des fins électorales, à l'orée de la présidentielle de 2012.

Des conséquences politiques et économiques

Première conséquence : l'étroite relation économique entre les deux pays. La Turquie est en effet le cinquième partenaire commercial de la la France, le volume bilatéral des échanges se chiffrant par exemple à près de 12 milliards en 2010. M. Erdogan a d'ores et déjà annoncé que la Turquie ne participerait pas à un comité économique mixte France-Turquie prévu pour janvier à Paris. Second sujet épineux : La Syrie. La Turquie met aussi fin aux consultations politiques avec la France, a dit M. Erdogan. Les deux pays avaient noué un dialogue étroit sur ce dossier régional, le régime de Bachar Al-Assad étant aux portes d'Ankara.

 «Je souhaite que nos amis turcs ne surréagissent pas»

De son côté, le Quai d'Orsay a tenté de calmer le jeu : Paris "regrette" les décisions de la Turquie, a déclaré dans la soirée le chef de la diplomatie française Alain Juppé, appelant Ankara à ne pas "surréagir". "La Turquie est pour la France un allié et un partenaire stratégique", a dit M. Juppé, qui a souligné qu'il était "important, dans le contexte actuel, que nous maintenions ouvertes les voies du dialogue et de la coopération" entre les deux pays. "Ce que je souhaite, c'est que nos amis turcs ne surréagissent pas à cette décision de l'Assemblée nationale française", a-t-il également déclaré. Interrogé sur d'éventuelles nouvelles mesures de représailles d'Ankara, le ministre français des Affaires étrangères a répondu : "Nous verrons bien et je souhaite qu'on en reste là, si possible". Malgré les nombreux avertissements d'Ankara qui a dépêché plusieurs délégations à Paris, les députés français ont voté jeudi une proposition de loi pénalisant d'un an de prison et 45.000 euros d'amende la négation d'un génocide reconnu par la loi, comme l'est depuis 2001 en France le génocide arménien de 1915, qui a fait 1,5 million de morts, selon les Arméniens. Pour entrer en vigueur, la proposition de loi devra cependant aussi être adoptée par le Sénat, ce qui pourrait prendre plusieurs mois. Le temps de laisser passer l'élection présidentielle?

Aomar F. avec Agence

 

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SNVI, ArcelorMittal et retraités

L'Etat joue la carte de l'apaisement

Les pouvoirs publics tiennent absolument à mener les prochaines échéances électorales sans ennuis. Après être intervenus pour contenir la colère des retraités et celle des travailleurs de Arcelor-Mittal, ils viennent in extremis désamorcer la bombe sociale qui a failli avoir raison de la quiétude de la zone industrielle de Rouiba. Inutile d'être un grand clerc pour comprendre que le gouvernement  joue la carte de l'apaisement pour mener à bien les préparatifs des prochaines législatives.  Le mouvement des travailleurs de la SNVI qui avait débuté la journée de mercredi, n'a duré finalement que quelques heures. Aussitôt alertée, la direction cède  aux revendications du syndicat. Les antagonistes s'entretiennent dans la nuit de mercredi et trouvent enfin un terrain d'entente.  Il a été donc conclu avec la direction, d'un commun accord, de modifier l'appellation de la médaille du mérite en "médaille de fidélité" qui sera attribuée les mois de janvier, février et mars 2012, selon le seul critère d'ancienneté. Concernant les contrats des cadres gestionnaires retraités rappelés par l'entreprise, "il a été décidé d'y mettre fin à compter du 31 décembre prochain". S'agissant des plans de réorganisation et de formation pour l'année 2012, la direction prévoit de traiter ces deux points lors d'une séance de travail qui se tiendra au plus tard la fin du mois en cours. Quant au dossier de partenariat avec des entreprises étrangères, "un point de situation sera communiqué par la direction générale au syndicat d'entreprise lors de la prochaine séance de travail. Néanmoins, les pouvoirs publics ne sont pas encore venus à bout de la tension qui marque la zone industrielle de Rouiba.  Les syndicalistes menacent d'investir la rue au cas où l'administration revient sur ses promesses. Ils maintiennent à cet effet leur mouvement prévu pour le lundi prochain au niveau du siège de l'UGTA, ne serait-ce que pour apporter leur soutien à tous les travailleurs opprimés à travers l'ensemble du territoire national indique-t-on. On citera, dans la foulée,  le Conseil d'administration des entreprises algériennes de fabrication de tubes en acier du complexe sidérurgique d'El Hadjar (Annaba) qui revient, lui aussi, à la raison. Les responsables du groupe ont dû sentir le vent de la colère souffler, suite à  l'annonce faite mercredi dernier, selon laquelle des actions de protestation seront organisées le mois de janvier. Ils invitent le syndicat au dialogue et signent un accord. Le rapport devait être soumis au secrétaire généralx de l'UGTA. Il convient de rappeler que le syndicat avait annoncé l'organisation de plusieurs actions de protestation contre le boycott de leurs produits par les entreprises nationales et en tête la Sonatrach. Ils devraient commencer par tenir des sit-in si les autorités continuent à faire la sourde oreille, ils observeront une grève et organiseront des marches à partir du complexe et jusqu'au siège de Sidar. Une autre mesure prise par le gouvernement à même d'apaiser, à savoir, le relèvement  à 15 000 dinars de toutes les pensions et allocations de retraite inférieures à ce montant et l'augmentation de 30% des pensions de retraite dont le montant est égal à 15 000 DA. Les retraités qui revendiquaient une revalorisation de 40%, estiment que ces augmentations sont en deçà de leurs espérances. Bien qu'ils ne rejettent pas l'augmentation, ils continuent à réclamer, entre autres, que le SNMG qui est actuellement à 75% revienne à 100%.  Il est clair que l'Etat fait tout pour  apaiser la grogne des retraités, mais il est loin de triompher des difficultés auxquelles est confrontée cette frange de la société. 

Par Rebiha Akriche

 

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Examen des dossiers d'agrément

Des partis soulagés ?

Dès l'adoption au Conseil de la nation des 3 lois relatives à l'information aux associations et aux partis politiques, lors d'une séance qualifiée "d'exceptionnelle" par Abdelkader Bensalah, le ministre de l'Intérieur et des collectivités locales, Daho Ould Kablia a annoncé que les dossiers d'agrément des nouveaux partis, vont être examinés dès dimanche (demain, ndlr)

«Je vais donner des instructions aux services du ministère pour que les dossiers des nouveaux partis en notre possession, commencent à être examinés dès ce dimanche, au plan de la compatibilité avec la loi", a déclaré le ministre de l' Intérieur en marge de la plénière consacrée à l'adoption des lois relatives à l'information, aux associations et aux partis politiques. Il précisera en outre, que les services du ministère de l'Intérieur "procèderont ensuite  à des enquêtes sur les membres fondateurs de ces partis". Ould Kablia qui avait rappelé la volonté du président de la République d'organiser "des élections transparentes" a estimé que le processus d'agrément des partis touche à sa fin, avant de préciser à propos des réformes dont l'étape préparatoire est désormais achevée avec l'adoption hier, des trois dernières lois que ces grandes réalisations sont "l'œuvre du président". Le président du Conseil de la Nation, Abdelkader Bensalah qui intervenait à son tour à l'issue de l'adoption des 3 textes a appelé le gouvernement "à concrétiser les projets de lois adoptés sur le terrain". "Il incombe au gouvernement de traduire les projets de loi adoptés sur le terrain", a déclaré le président du Conseil de la Nation qui a considéré la séance consacrée à l'adoption de ces lois d' "exceptionnelle" car "elle intervient suite à une étape caractérisée par des consultations et des débats animés entre différentes parties". Pour lui, l'adoption par le Parlement avec ses deux chambres, d'une batterie de lois prévues par les réformes  "constitue la fin de l'étape préparatoire permettant ainsi au pays d'amorcer l'étape de l'application effective" de ces textes, a-t-il précisé, relevant que les débats sur les textes ont "souvent été intenses et parfois, empreints de doutes", mais "l'objectif était de d'aboutir à des lois qui permettront au pays de sortir de la conjoncture actuelle vers un avenir meilleur". La plénière de jeudi qui clôt ainsi le première phase des réformes, en attendant la révision de la Constitution, a été caractérisée par l'adoption à l'unanimité du projet de loi sur les associations qui vise selon Ould Kablia, "à relancer l'action associative". Celui sur les partis a été adopté avec une seule abstention, alors que l'adoption du nouveau texte sur l'information a enregistré 3 abstentions. "Avec cette adoption vous aurez exprimé clairement votre soutien au processus des réformes et votre volonté de nous accompagner de manière responsable et étant convaincus de notre capacité de les mener à bien", a déclaré Ould Kablia à l'issue du vote, à l'adresse des membres du Conseil de la Nation.

Par Sofiane Aït Mohamed

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Louisa Hanoune contre des observateurs internationaux aux législatives

«Les propos de Belkhadem sont dangereux»

Les rivalités partisanes entre les différentes formations politiques commencent à faire des vagues à quelques mois des élections législatives. C'est le cas particulièrement du PT de Louiza Hanoune qui amorce sa précampagne électorale en force. Un peu à l'avance de ses concurrents potentiels, ce parti investit tous les espaces possibles et multiplie les déclarations. Elle redouble d'animosité de surcroît à l'approche des élections législatives dans une tentative de baliser un terrain favorable et confirmer son ascension sur la scène politique. En effet, la Secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) a déploré jeudi dernier, les dernières déclarations du SG du Front de libération nationale (FLN), concernant les résultats des prochaines échéances électorales. Qualifiant les propos de Abdelaziz Belkhadem de "déclarations dangereuses" et de  "déviations ne doivent pas passer sous silence", Louiza Hanoune a estimé que ces déclarations "ferment le jeu politique et ôtent toute crédibilité aux élections", lors de son intervention à l'ouverture des travaux du Bureau politique de son parti à Alger. Des accusations à peine voilées assénées au patron actuel du vieux parti, qui avait avancé, rappelons-le, que son parti va rafler la majorité des sièges de la future Assemblée nationale et que les islamistes ne dépasseraient pas les 40% de sièges. Des résultats préétablis, qui renseigneraient, voudrait insinuer la SG du PT, sur la logique des quotas lors des différentes échéances électorales. Pour Louiza Hanoune, le Président de la République a réagi et infirmé cette option à l'occasion de l'ouverture officielle de l'année judiciaire, en apportant des garanties nécessaires sur la neutralité de l'administration et la compétition politique saine lors des futures législatives. Tout en saluant "l'importance" des mesures énoncées par le chef de l'Etat lors de son discours, notamment en ce qui concerne l'homogénéité des réformes loin de toute ingérence étrangère, Mme Hanoune a déploré tout de même le recours aux observateurs internationaux pour surveiller le prochain scrutin. "Nous formulons des réserves sur ces observateurs dont nous n'attendons rien au vu de l'expérience passée, car c'est à l'Etat de garantir la régularité et la transparence des élections", a-t-elle soutenu, pour dire que les garanties formulées par le Président Bouteflika sont le meilleur gage pour la transparence des élections et la neutralité de l'Administration. Par ailleurs, la SG du PT a déploré l'attitude des partis majoritaires au Parlement qui ont, selon elle, "dilué et vidé" de son sens la nouvelle loi électorale. Elle a appelé dans ce sens l'Etat à adopter des mécanismes à même de rattraper les lacunes contenues dans ladite loi, insistant de la sorte à revoir certaines dispositions, bien que le chef de l'Etat ait tranché définitivement la question.

La montée au créneau de Louiza Hanoune augure de guéguerres larvées, voire même une rude bataille en perspective des législatives. En ciblant le FLN et ses partenaires de l'alliance présidentielle à un degré moindre, la patronne du PT ne se trompe pas de cible. Il s'agit de se frayer une place au soleil entre les poids lourds de l'échiquier national, mais aussi se préparer aux futures échéances électorales, particulièrement spéciales, en ce sens que la compétition sera élargie à de nouvelles formations, non sans ancrage dans la société.

Par M. Ait Chabane

 

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Transparences des élections

Le discours de Bouteflika rassure plusieurs partis

Le discours prononcé par le président Bouteflika à l'occasion de l'ouverture de l'année judiciaire a fait réagir plusieurs partis politiques. Le porte-parole du Rassemblement national démocratique (RND), M. Miloud Chorfi a salué le contenu du discours du président Bouteflika notamment la question de la souveraineté nationale affirmant qu' " il s'agit d'un message on ne peut plus clair à ceux qui tentent d'aboutir par tous les moyens à des objectifs inavoués " en tentant de trouver des explications au fait que l'Algérie ait été épargnée par les bouleversements que connaissent certains pays arabes. Le président de la République a déclaré que " les réformes émanent de l'Algérie profonde et qu'il n'y a pas lieu de faire des comparaisons", a-t-il rappelé. Après avoir réitéré le soutien de son parti aux réformes qu'il a qualifiées de "nécessaires et inéluctables", M. Chorfi a salué la détermination du Chef de l'Etat à réunir toutes les conditions nécessaires à conférer davantage de transparence et de crédibilité aux prochaines élections à travers la supervision judiciaire, le contrôle et l'accompagnement prévus par les nouvelles dispositions de la loi sur les élections. De son coté, le chargé de la communication du FLN M. Kassa Aissi a indiqué que le chef de l'Etat "a fermé la porte devant les interprétations erronées et tendancieuses et certaines critiques infondées". Ces critiques sont "émises sous le couvert de la démocratie pour que le changement soit imposées ou intervienne avec l'aide de parties étrangères", a-t-il ajouté soulignant que "le peuple algérien et toutes les forces nationales rejettent catégoriquement cela". S'agissant de la compétition qui opposera les partis politiques durant les prochaines élections dans le contexte de la nouvelle loi, le représentant du parti du FLN a affirmé que "c'est l'urne qui définira le poids des partis et non pas les déclarations de presse variables". De son cote, la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) Mme Louiza Hanoune a salué "la position ferme" du président Bouteflika quant à la défense de la souveraineté nationale et le rejet de toute forme d'ingérence étrangère. Le chef de l'Etat, a poursuivi Mme Hanoune, a répondu dans son discours, "aux déclarations concernant les prochaines élections et apporté des garanties" qui requièrent, selon elle, des mécanismes juridiques aptes à protéger les élections des différentes manoeuvres et à rétablir la confiance au peuple". Par ailleurs, le secrétaire nationale chargé de la communication au

Mouvement de la société pour la paix (MSP) M, Mohamed Djemaa a affirmé que les reformes politiques dont le Président de la République, avait apporté des garanties à son sujet, dans son dernier discours, et que le parti avait soutenu, "ont vu leur plafond régresser", ce qui a incité le mouvement a-t-il dit a "s'abstenir lors du vote au parlement des projets de loi concernant ces reformes". Pour le président du Front national algérien (FNA), M. Moussa Touati, le discours du président de la République est "une tentative de plébiscite des reformes politiques qu'il a initiées".

Reda A.

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Pénurie, spéculation, opacité…

Ould Abbas se défend et accuse

Pénurie récurrente de certains médicaments, alors que l'enveloppe financière réservée à l'importation en 2011 dépasse celle de 2010, avec une augmentation de 150 millions d'euros ?

Le ministre s'en est montré "étonné" ! Surfacturation que connaît le marché du médicament ? Le ministre "dénonce" ! Il signale avoir découvert "jusque-là" une surfacturation de 94 millions de dollars sur 38 produits uniquement. Opacité ? Le ministre "regrette" ! Mais il compte bien reprendre la situation en main. En effet, outre, la mise en place d'une commission nationale consultative du médicament et des produits pharmaceutiques, Ould Abbès a signalé la délivrance de 666 agréments pour les distributeurs de médicaments, alors que sur le terrain il n' en existe que 80. Il a déploré par ailleurs que des importateurs ayant réalisé des milliards de dinars de bénéfice aient disparu depuis deux années. Il a ajouté que des médicaments étaient en surstock au moment où des malades et des pharmacies se plaignaient de la pénurie ! Le dossier du médicament échappe-t-il donc à ce point à Ould Abbès ?

Des mesures pour 2012

 Comble de paradoxe : il a fait observer que l'Etat n'a jamais lésiné sur les moyens dans la mesure où "l'enveloppe financière allouée aux importations des médicaments étaient auparavant de 1,5 Md$, avant de passer à 2,5 Md$", mais la situation ne fait que s'aggraver. Il s'est ainsi engagé à organiser la distribution et le contrôle de l'importation tout en menant une "guerre sans merci" contre la spéculation.

Ainsi, Ould  Abbès semble décidé à remettre le secteur de la santé sur les rails. A cet effet, une série de mesures viennent d'être prises avant-hier par son ministère pour l'approvisionnement du marché national en médicaments et en matière de distribution, à compter de l'année 2012.

Serait-ce la fin d'un cauchemar où ont sombrés des milliers, voire des millions d'Algériens ? Dans tout état de figure, la tâche ne sera pas de tout repos quand on sait que le secteur est, le ministre lui-même le reconnaît, fortement gangréné.

Au cours d'une réunion, présidée par le ministre, et à laquelle ont pris part les représentants des distributeurs et des importateurs de médicaments, il a été procédé, comme cité plus haut,  à l'installation d'une commission nationale consultative  du médicament et des produits pharmaceutiques. Cette commission regroupera, en plus du ministère de la Santé et des différentes parties concernées (distributeurs et importateurs), des représentants des ministères des Finances, du Travail, de l'emploi et de la sécurité sociale. Elle aura comme mission principale de juguler les pénuries et les  spéculations par une évaluation "régulière" de la quantité de médicaments  existante. Il s'agit, selon Ould Abbès, de "lutter contre l'opacité" caractérisant le marché du médicament en procédant d'abord à l'assainissement du  réseau des distributeurs.

L'autre mesure prise par le ministère consiste en l'assainissement de la situation financière de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH),  qui a bénéficié récemment d'un prêt bancaire de 30 milliards DA, avec  un taux de 1% pour une période de remboursement qui s'étale sur dix ans. Avec le paiement de toutes les factures de la PCH , dira Ould Abbès, celle-ci  aura la possibilité de réguler ses stocks et de contracter des lettres de crédit. Le ministre a assuré que grâce à ce procédé la PCH disposera  d'un stock de sécurité de six mois. Plus loin encore " la  PCH sera dotée d'un nouveau statut particulier, qui lui permettra de traiter avec les services hospitaliers de gré à gré et de pouvoir vendre au privé, le but étant de faire face à toutes formes de ruptures de médicaments", ajoutera encore le ministre. L'autre mesure concerne l'affectation directe au ministère de la Santé de 50% de l'enveloppe budgétaire globale allouée aux produits  pharmaceutiques, qui est de 55 milliards annuellement. La moitié de l'enveloppe reviendra au ministère pour pallier toute pénurie ou une quelconque urgence ainsi que les programmas nationaux comme les  vaccins.

La dernière mesure porte sur l'assainissement de la situation des  molécules concernées par l'activité de l'enregistrement, à savoir  l'actualisation de l'arrêté portant importation et commercialisation des  produits non enregistrés, la relance des comités des experts cliniciens pour molécules hors nomenclature nationale ainsi que la révision de la  nomenclature des médicaments. Par ailleurs, M. Ould Abbès a annoncé que le nouvel organigramme du ministère comprendra trois Directions générales, dont une Direction générale de la pharmacie au niveau de son ministère.

Une vingtaine de distributeurs en position monopolistique

 De son côté, le président de l'Association des distributeurs des produits pharmaceutiques (ADPHA), M. Abdelkader Dilmi Bouras, a révélé qu'une vingtaine de distributeurs sur le marché détiennent le monopole et réalisent 80%  du chiffre d'affaires dans la distribution. En ce sens, il s'est plaint de l'absence d'un statut particulier du distributeur, lequel reste "tributaire" des marges bénéficiaires que lui accorde l'importateur. "Nous nous félicitons des décisions prises par le ministre pour lutter contre la pénurie des médicaments dans les pharmacies", a-t-il dit, soulignant que cette réunion de coordination permet à tous les acteurs intervenant  sur le marché du médicament de "mutualiser" leurs efforts.

Par Hamid Fekhart

 

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Autoroute Est-Ouest

Les chiffres et arguments peu convaincants d'Amar Ghoul

Un kilomètre d'autoroute coûte en moyenne 6 millions d'euros. En Algérie, par contre, les travaux de réalisation de l'autoroute est-ouest ont coûté encore plus cher. Selon le ministre des Travaux publics, Amar Ghoul, le prix d'un kilomètre du projet du siècle était de 8 millions d'euros. Une importante différence qui suscite moult interrogations. Bien que le ministre des Travaux publics s'en soit toujours défendu et ait soutenu que le coût des travaux entrepris en Algérie sont plutôt raisonnables, des voix ne cessaient de monter pour exiger des explications. Le débat à ce sujet a d'aileurs, à maintes reprises, frôlé la polémique. Avant-hier, c'était un sénateur du Front de Libération National (FLN) qui a interrogé le ministre de tutelle sur les retards de réalisation, mais surtout les surcoûts des projets routiers en Algérie. A l'accoutumée le ministre a défendu, bec et ongle, sa gestion du secteur et déclaré que le projet de l'autoroute est-ouest n'a connu "aucune réévaluation". Pour mieux étayer ses dires, le ministre a affirmé que le coût moyen de réalisation d'un kilomètre d'autoroute en Algérie s'élève à 8 millions d'euros contre 27 millions d'euros en Italie, 15 millions d'euros en France et 47 millions d'euros en Suisse. Des chiffres astronomiques et discutables, du moment que le ministre a préféré citer l'exemple de projet les plus chers, alors que bien d'autres pays ont réalisé des travaux d'autoroute à des prix largement inférieurs. C'est le cas entre autres, de la Finlande, de l'Espagne et de la Suède pour la zone euro. Aussi, le prix moyen des travaux d'autoroute chez nos voisins, le Maroc et la Tunisie, sont moins chers. En fait, le prix des travaux diffère selon la nature du relief et les difficultés rencontrées, aussi, les travaux en zone urbaine ou hors-zone urbaine participent à la détermination du coût des travaux. Des précisions que le ministre des Travaux publics n'a jamais évoquées. Cela,  bien que le coût moyen reste l'indice déterminant. D'ailleurs, force est de relever que les travaux de réalisation de l'autoroute est-ouest n'étaient pas confrontés à de grandes difficultés. Les quelques contraintes rencontrées notamment, au niveau du tunnel de Djebel Ouahch à Constantine et le tronçon de Bouzegza ont été largement médiatisées par le ministère, afin de justifier le retard dans la réalisation et expliqué la non-réception dans les délais de ces tronçons. Quant au budget global accordé à ce projet, le ministre des Travaux publics a réaffirmé qu'aucun centime de plus n'a été ajouté au coût des travaux de l'autoroute Est -Ouest. Selon lui, "à l'issue de l'appel d'offres international, le coût a été plafonné à 752 milliards de dinars, soit l'équivalent de 11 milliards de dollars environ". Cependant, des zones d'ombre subsistent encore et le ministre est appelé à donner d'amples détails afin de mieux expliquer le choix de l'Algérie sur la qualité des travaux, les matériaux et technologies employées dans la réalisation.

Un détail important dans la mesure où l'autoroute Est-Ouest n'est pas exempte de défaillances. D'ailleurs, des inondations ont été enregistrées l'année passée sur certains tronçons suite à des précipitations. Le ministre avait affirmé que cette situation est due à la force de la pluie et que tous les ouvrages réalisés de par le monde connaissent ce genre de problèmes. Une explication qui n'a pas convaincu tous les experts, dont certains avaient soutenu que les études réalisés ont été faites à la va-vite d'où la mauvaise qualité des travaux sur certains tronçons.

Par Aomar Fekrache

 

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