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samedi 30 juillet 2011

 

Réformes politiques et réalités économiques

Le bas de laine, et après ?...

173,63 milliards de dollars de réserves de change

Qu'en fera-t-on ? 

Promotion de la PME

L'informel et ses barons dans le box des accusés

Kamikazes, armes libyennes, Al Qaïda au Sahel

Qui veut relancer le terrorisme en Algérie ?

Session extraordinaire du comité central du FLN

Sous haute tension

Il annonce son nouveau parti aujourd'hui

Le come-back de Djaballah 

Coup dur pour le CNT libyen

Le chef militaire des rebelles assassiné

Politique américaine dans la région MENA

Les dangers de l’interventionnisme outrancier

Otages algériens des pirates somaliens

L'Etat, toujours mobilisé

L'acte d'investissement face à l'écheveau du foncier

Moderniser l'accès à l'assiette foncière

 

 

 

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Réformes politiques et réalités économiques

Le bas de laine, et après ?...

Depuis la fin de mission de la commission Bensalah, le débat s'est grandement estompé sur les réformes politiques et d'ici à ce que le Parlement ouvre le dossier des lois électorales, sur les partis et sur l'information, rien ne semble indiquer la proximité d'un quelconque événement politique.

En réalité, hormis les quelques mouvements qui animent le front social et qui vont, selon leur nature et la détermination de leurs meneurs, se calmer ou se durcir, le mois de Ramadan promet à la scène politique un véritable passage à vide. Cela, si l'on exclut la désormais traditionnelle série d'auditions des ministres par le Président de la République qui se déroule durant cette période.

En dehors de cela, tout devrait concourir à un retour à la normale, c'est-à-dire à la situation qui avait prévalu avant les émeutes de janvier dernier. Le pays aura fermé, en ce qui le concerne, la parenthèse du "printemps arabe", du moins dans sa première vague qui était née en Tunisie, qui a enflé en Egypte et qui s'est fracassée sur le roc de la répression en Syrie, de la guerre civile sous occupation en Libye et du jeu de coulisses américano-saoudien au Yémen. L'enlisement de la situation politique dans ces trois pays a porté un coup d'arrêt aux révoltes arabes, les populations constatant que tous les dictateurs ne sont pas aussi faciles à déboulonner que les Ben Ali et autres Moubarak, mais que cela peut demander nettement plus de temps et davantage de sacrifices.

De ce climat arabe, l'Algérie semble s'éloigner de plus en plus, d'autant qu'à sa frontière sud, un peuple libyen tout entier souffre, alors que le voisin tunisien voit s'écrouler son modèle économique. Tout cela n'est fait que pour réveiller de trop douloureux souvenirs. Mais ce qui fait aussi que la distance est prise à grand pas, c'est que la situation politique algérienne est "différente".

Mais en quoi au juste ? Certains observateurs ont fait remarquer que l'Algérie, parce qu'elle a connu Octobre 1988, puis l'ouverture démocratique avant la vague terroriste, est en avance de 20 ans sur le reste du monde arabe. Ils citent pour cela le caractère désormais irréversible du pluralisme partisan et médiatique, dans lequel la liberté d'expression, malgré ses insuffisances et tout de même d'un meilleur degré qu'ailleurs. Ils se basent aussi sur le reflux des islamistes, alors que ce mouvement est en regain de force ailleurs. Ce courant de l'opinion explique ainsi le fait que le pays ne pouvait être contaminé par le printemps arabe, puisqu'il n'y a pas de dictateur en place depuis 30 ans à chasser ou de parti dominant à dissoudre, ni de mouvement islamiste qui mobiliserait la population.

Selon un autre point de vue, pas forcément diamétralement opposé, nous assistons en fait à un mouvement similaire à celui opéré par les autres sociétés arabes, mais avec un rythme différent, ralenti par la crise politique et sécuritaire qui annihile la volonté et les capacités de mobilisation de la population. Pour cette partie de l'opinion nationale, il existe effectivement une volonté de changement du régime, mais la société n'est pas en mesure de la porter dans la rue. Et à l'objection qui veut que la génération des jeunes d'aujourd'hui n'a pas connu Octobre, ni été au cœur des événements de la décennie 90, on rétorque aussi que les opinions politiques, comme les gênes, se transmettent de père en fils et de génération en génération. Les Algériens sont fatigués et ils n'ont rien de plus pressé que de retrouver paix et stabilité.

Qui des deux opinions l'emporte ? Difficile à dire, surtout dans l'immédiat. Car si tout le monde est d'accord pour parler d'une demande de changement, nul n'explique vraiment pourquoi les Algériens n'ont pas fait comme les Tunisiens ou les Egyptiens, voire comme les Marocains. Quand tout bouillonnait chez les autres, des mouvements qui tentaient de surfer sur la vague n'ont pas réuni plus de quelques centaines de personnes sur une des places d'Alger. Il ne sert à rien ici de rappeler les déclarations embarrassées des membres du gouvernement et des chefs de l'Alliance présidentielle ou alors de reprendre les analyses sans lendemain de certaines figures de l'opposition. Entre la négation de la réalité par les premiers et le délire du grand Soir chez les seconds, les lectures propagandistes des uns et des autres n'avaient d'autre enjeu que la population qui, cependant, avait déjà une opinion toute faite sur la question. Citons un exemple qui situe bien l'état de l'opinion. Outre le fait qu'elles aient rapidement gagné plusieurs villes du pays, il existe une autre particularité aux émeutes de janvier dernier et qui les distingue des émeutes localisées que nous connaissons depuis plusieurs années.Cette nuance tient au fait que, spécialement cette fois-ci, les émeutiers ont été contrés non seulement par la police, mais aussi dans de plusieurs cas par la population. Une population qui d'ordinaire assiste sans broncher, sinon pour les soutenir, aux émeutes devant la mairie ou devant tout autre édifice public cible du mécontentement. Mais dès que les émeutes ont revêtu un caractère national, une partie de la population s'est engagée comme pour stopper le mouvement et, plus précisément encore, pour stopper les casseurs. Depuis janvier, le pays a connu des dizaines d'autres mouvements locaux, mais jamais il n'a été rapporté une attitude similaire à ce qu'on a vu au début de l'année.

C'est dire que les Algériens non seulement ne veulent pas de la casse pour la casse, mais surtout ne veulent pas un changement dont ils seraient les premier à payer le prix de sa brutalité. Ce qui, par ailleurs, ne signifie nullement une tendance à la passivité ou à la résignation. Autre exemple édifiant dans ce sens, et que nous avons vu au plus fort des événements en Tunisie et en Egypte : pendant que des organisations tentaient de rassembler les Algériens pour exiger "la chute du régime" sans trouver l'écho escompté, dix mille étudiants faisaient plier l'impressionnant dispositif policier et parvenaient jusqu'à la place d'El Mouradia pour faire entendre leur rejet de la réforme universitaire.

Et quand on voit les grèves qui s'additionnent et les autres mouvements qui rebondissent sans arrêt, on ne peut raisonnablement pas dire que les Algériens n'ont pas la force de lutter comme le prétendent d’aucuns. Bien au contraire, le front social est d'une vitalité extraordinaire, sans doute encore plus forte que celle enregistrée au tout début des années 1990 avec l'apparition des premiers syndicats non affiliés à l'UGTA. Dans le contexte des réformes politiques, dont le plat de résistance sera servi lors de la prochaine session du Parlement, l'attention de l'opinion, loin de tout désintérêt, sera focalisée davantage sur les nouvelles lois sur les élections, sur les partis et sur l'information que la révision constitutionnelle viendra en fin de parcours. Il y a une attente, bien que les avis soient partagés, sur ces nouvelles lois car elles définiront de nouvelles règles de la vie politique et, partant, de nouvelles limites de la participation de la population aux affaires de la nation.

L'enjeu étant pour la population d'obtenir de nouveaux espaces et une plus grande marge de manœuvre dans l'exercice de la liberté d'association et d'expression. Autrement, la levée de l'état d'urgence aura été un pur non-événement.

Par Nabil Benali

 

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173,63 milliards de dollars de réserves de change

Qu'en fera-t-on ? 

L’Algérie est le treizième  pays au monde et le deuxième pays arabe en matière de réserves de change. 173,63 milliards de dollars, rapporte-t-on. Ce chiffre, publié avant-hier par des organismes financiers internationaux, reflète, bien évidemment, une richesse sans précèdent de l'Algérie, atteignant un pic jamais égalé auparavant. Les mêmes organismes financiers indiqueront également que les réserves algériennes sont en hausse de 17,6% sur une année, et que depuis le début de l'année en cours elles sont en hausse de 12%, soit 18,63 milliards de dollars de plus. Si ces chiffres, ceux des réserves en or non inclus, sont susceptibles d'inspirer confiance au gouvernement, ne serait-ce qu'à court terme, ce n'est pas le cas pour tous les Algériens qui n'ont de cesse de s'interroger sur la gestion de  ces milliards qui proviennent, ce n'est un secret pour personne, du pétrole : richesse de tout le peuple. L'on n'a, effectivement, pas arrêté de dénoncer l'opacité presque totale dans laquelle tout cet argent est géré, ni de se poser des questions, combien légitimes, de ce que l'Etat veut ou ce qu'il voudra en faire.

Lorsque nous savons qu'une bonne partie de ce pactole, généré pas les exportations des hydrocarbures, est placée dans des bons du Trésor américain, ce que d'ailleurs les experts de tous bords n'ont pas cessé de dénoncer, puisque l'Algérie n' y gagne rien, voire elle risque d' y perdre, le reste demeurera des chiffres qui défilent sans que le commun des citoyens sache le sort qui leur est réservé. Les experts, dans un contexte marqué par une situation sociale peu reluisante qui ne correspond aucunement à la prospérité financière du pays, ont prôné la relance de l'économie en injectant une partie de ces réserves dans les investissements qui aura comme base une entreprise productive et compétitive. L'on a, également, appelé, entre autres, à la création d'un fonds souverain pour permettre des prises de participation dans des entreprises à l'étranger à l'image du Qatar. Des appels tombés, on aurait dit, dans des oreilles de sourds !

C'est tout le monde qui s'accorde à dire que c'est le moment propice pour l'Algérie de contracter un divorce avec la logique rentière qui la ronge depuis des décennies. Si, en effet, 173,63 milliards de dollars de réserves de change, entre autres richesses, ne suffiront pas à faire 37 millions de riches, ils pourront, en revanche, constituer un point d'appui assez fort pour l'économie nationale. Une question : que fera l'Etat algérien de cet argent ?

Adoptera-t-il une approche purement économique en en faisant un bon usage ou fera-t-il toujours dans l'achat de la paix sociale en augmentant les salaires, en subventionnant les produits de première nécessité, et en distribuant les couffins ramadhanesques…. ? Les années à venir apporteront la réponse à condition que le calendrier maya ne soit qu'une invention américaine.

Par Hamid Fekhart

 

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Promotion de la PME

L'informel et ses barons dans le box des accusés

«Tous les efforts consentis jusque là par l'Etat pour l'essor d'un tissu productif national n'ont pas atteint leurs objectifs escomptés, les raisons

du retard sont multiples. Ce qui est sûr, c’est que la révision de toutes les politiques économiques engagées est irréversible, voir plus, revoir le système politique du pays».

Ce sont les déclarations faites par le président du Conseil national consultatif pour la promotion de la PME, jeudi dernier, Zaim Ben Saci, a plaidé pour une véritable réforme politique «Il faut parler des réformes politiques, on ne peut pas rester en l'état», a-t-il expliqué «C'était toujours de haut en bas. Pour une fois, il faut que les décisions remontent de bas en haut» a-t-il réclamé.

Selon Bensaci, les réformes économiques amorcées au cours de ces dernières années, si importantes soient-elles, se sont heurtées surtout au problème de la bureaucratie. «On est dans un environnement bureaucratique exécrable, à chaque fois qu'une décision est prise, elle sera vite diluée au moment de son application à cause de la bureaucratie», a-t-il déploré.

«Les importations ne cessent d'augmenter par contre la production est au point mort», a-t-il encore constaté. Dans ce sens, le président du Conseil consultatif n'a pas manqué de tirer sur les tenants de l'informel et sur les barons de l'importation «qui se sucrent à travers ces containers».

Afin de relancer l'économie nationale et atténuer l'indépendance vis-à-vis de l'économie mondiale, Zaim Bensaci recommande la création d'un tissu de la sous-traitance, l'amélioration du climat des affaires, et l'application d'une politique véritable de la préférence nationale, le programme de mise à niveau des petites et moyennes entreprises a accusé un retard énorme, une année et demie depuis son lancement, peu de PME ont bénéficié de cet avantage, il estime que ce programme national de mise à niveau, bien qu'il soit à 100% algérien, a peu de chances d'être concrétisé vu le nombre d'entreprises irréalistes ciblées, «je ne pense pas qu'on puisse arriver à mettre à niveau les 20000 PME nationales», a-t-il, non sans raison soutenu. Le coût de l'opération qui devrait s'achever en 2014 coûtera à l'Etat -pour rappel- quelque 387 milliards de DA soit 5 milliards de dollars. Pour le programme Meda 1 pour la mise à niveau des PME algériennes, et qui a touché 445 entreprises entre les années 2002 et 2007, cela «n'avait pas porté sur une vraie mise à niveau», avait souligné Bensaci.Même constat concernant le rééchelonnement des dettes des entreprises déficitaires, Selon Ben Saci, ces entreprises se sont retrouvées dans la situation d'endettement en raison des dévaluations du dinar, opérées juste après l'ouverture économique en Algérie. La bureaucratie se manifeste notamment à travers les difficultés que rencontrent les porteurs de projets pour accéder au foncier et au financement. «Il y a ces fonds d'investissement qui ont été créés mais est-ce qu'ils sont opérationnels réellement» ? S'est-il interrogé. L'Algérie compte 600.000 entreprises dont 80 % sont très petites  (TPE), le taux de mortalité des entreprises à cause de toutes ces entraves est estimé à 10 %.

Les PME dira Ben Saci  «devraient être un projet de société» pour voir enfin se dégager une nouvelle race d'entrepreneurs, mais pour y parvenir, il faut d'abord changer les mentalités et ce, en inculquant  aux enfants l'esprit de l'entrepreneuriat dans les écoles». Le tissu économique algérien est essentiellement composé de micro entreprises.

Même constat pour les entreprises sous-traitantes, L'État devrait encourager le développement de la sous-traitance locale, a-t-il ajouté. Ce secteur est marginalisé, «le marché existe», a-t-il noté mais certains ne jouent pas le jeu, à titre d'exemple, Sonatrach ne sollicite pas les sous-traitants locaux, en vue de réduire les importations de pièces, les biens importés, en dépit des directives officielles sommant ces entreprises à privilégier la sous-traitance locale lors des attributions de marché, pour diminuer la facture des importations de pièces et demi-produits nécessaires aux besoins de ces entreprises.    

Par Nassima Hannat

 

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Kamikazes, armes libyennes, Al Qaïda au Sahel

Qui veut relancer le terrorisme en Algérie ?

Après une éclipse de plusieurs années, voire depuis les derniers attentats-suicides ayant visé le bureau de l'ONU, à Hydra, du Palais du Gouvernement, à Alger, de la Cour Suprême, à Ben Aknoun, et enfin du commissariat de police, à Bab Ezzouar, Alger à l'instar des autres villes du pays n'a pas enregistré un seul attentat, si ce n'est quelques actions terroristes sans grande importance. Mais, soudain, depuis que la Libye s'est embrasée, la situation sécuritaire en Algérie a brusquement tourné. Décidément, les attentats-kamikazes se sont multipliés depuis une semaine. Pis, durant cette petite période, six kamikazes ont été utilisés par l'organisation terroriste d'Al Qaïda au Maghreb Islamique. Depuis la création de la nébuleuse, qui remonte en 2006, cette organisation criminelle n'avait jamais utilisé autant de kamikazes durant une courte période, telle que celle récemment vécue. Décidément, l'émir national d'Aqmi, en l'occurrence, Abdel Malek Droukdel, alias Abou Mossaâb Abdelwadoud a décidé de verser davantage dans ce que l’on appelle la politique de la terre brûlée, d'autant que ce chef terroriste notoire, tient toujours aux attentats-kamikazes comme seuls et uniques solutions pour tenter, comme il le croit, de renverser le pouvoir en Algérie, et d’installer un Etat Islamique. Aujourd'hui, il est désormais sûr et certain que la nébuleuse s’est bel et bien accaparée d'une petite partie d'armes libyennes, sinon comment peut-on expliquer ce regain de violences en Algérie. Cette série de kamikazes islamistes, tous armés de ceintures explosives, sont fabriquées à base du Semtex libyen, matière explosive militaire, (voir nos éditions précédentes), est un signe fort qui confirme que, la nébuleuse, à bel et bien réceptionné des armes de guerre venues de Libye. Face à cette donnée, Al Qaïda au Maghreb, a instantanément, arrêté ses actions au Sahel, pour se consacrer au nord du pays. Ce choix porté sur le nord de l'Algérie n'est pas un hasard, puisque la nébuleuse compte bien faire du mois du Ramadhan, une période de sang dans le but de faire le maximum de victimes parmi les Algériens. Qui est derrière Al Qaïda au Maghreb Islamique ? Qui veut relancer les attentats terroristes dans nos villes ? Autant de questions, et la réponse est peut-être chez l'émir national d'Aqmi, Droukdel, ce dernier, faut-il le rappeler, avait appelé, lors de ses communiqués, datant de l'année 2008, ses acolytes à ne pas s'attaquer aux Américains et aux Israéliens. Ces appels de ce chef sanguinaire ont été diffusés, après que cet émir eut fait une déclaration sonore au profit d'une chaîne américaine de TV. Aujourd'hui, c'est clair, la sécurité et la stabilité du pays est liée à des agendas internationaux, cela dit, les armes libyennes qui sont entre les mains des groupuscules d'Al Qaïda, et les attentats- kamikazes de la semaine passée, et la recrudescence des embuscades, et surtout les tentatives d'implication  de l'Algérie dans la guerre libyenne sont autant d'indices qui se ressemblent et qui se partagent, afin d'engager le pays dans une impasse.         

Par Lotfi Itou

 

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Session extraordinaire du comité central du FLN

Sous haute tension

L'heure de vérité pour Belkhadem a sonné. La session du comité central (CC) qui se tient aujourd'hui et demain à l'hôtel Riadh (Alger), même si, à en croire le chargé de la communication du parti, M. Aïssi, elle sera consacrée aux préparatifs des échéances électorales de 2012, tranchera à coup sûr l'avenir de Belkhadem à la tête du FLN ainsi que certains membres du CC qualifiés par les redresseurs d' «intrus». La session extraordinaire du comité central sera consacrée à  «la présentation d'un rapport portant sur la démarche à suivre pour les préparatifs des prochaines échéances électorales»,  a déclaré le responsable de la communication du FLN, Kassa Aïssi, indiquant que les membres du comité central, qui vont en débattre, devront aussi trouver les moyens adéquats pour mettre en oeuvre les résolutions qui seront retenues dans le cadre des préparatifs des prochaines législatives, prévues en 2012. Mais la crise qui secoue le parti planera sans nul doute sur les travaux auxquels manqueront les représentants du mouvement de redressement et de l'authenticité, mené par Salah Goudjil. Ces derniers ont en effet annoncé officiellement le boycott des travaux du CC, qui seront aussi boycottés à en croire Mohamed Seghir Kara par bon nombre d'autres membres qui s'inscrivent également en porte à faux avec l'attitude de Belkhadem. Dans un communiqué rendu public, signé par le coordinateur du mouvement de redressement, Salah Goudjil, qui a eu d'ailleurs à rencontrer Belkhadem à deux reprises, les redresseurs justifient leur boycott par le souci «d'éviter plus de déchirement au sein des rangs du parti, déchirement à même d'exaspérer le conflit et d'approfondir la crise». Pour Salah Goudjil, qui explique les raisons du mouvement de ne pas participer à cette session, «la crise que traverse le parti doit trouver la solution dans le cadre des statuts et du règlement intérieur». Aussi tout en rappelant son attachement au dialogue, Goudjil pense que pour concrétiser les points discutés avec Belkhadem dont la nécessité d'assainir le Comité central et de tenir compte des avis du mouvement, «la solution passe par la création d'une commission mixte approuvée par lui et Belkhadem et qui aura pour mission de  «revoir la légitimité de certains membres du CC ainsi que les structures de base en veillant à la tenue effective des AG des mouhafadhas et kasmas». Il est évident que Belkhadem, s'il veut demeurer à la tête du parti, doive inévitablement éviter que la session soit émaillée d'incidents, car les enjeux électoraux ont souvent été au FLN surtout, source de «bagarres»,  mais aussi répondre aux exigences des redresseurs qui veulent  «assainir» le comité central.           

Par Sofiane Aït Mohamed

 

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Il annonce son nouveau parti aujourd'hui

Le come-back de Djaballah    

C’est aujourd'hui que Saâd Abdallah Djaballah annoncera la naissance de sa nouvelle formation politique. La wilaya d'Alger l’a autorisé de tenir sa conférence de presse à la Mutuelle des travailleurs de la construction à Zéralda, ce qui augure d'un retour de grâce à ce leader islamiste qui avait déjà placé deux partis politiques sur la scène nationale, à savoir Ennahda et le Mouvement El-Islah. Djaballah et ses fidèles nourrissent beaucoup d'espoir quant à l'obtention de l'agrément de la part du ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales, ce même département qui l'a délesté de son parti il y a quelques années. Et pour cause, la dynamique des réformes politiques initiées par le président de la République et un prélude à une plus grande ouverture du champ politique. La révision fort attendue de la loi sur les partis politiques permettra entre autres de multiplier le nombre de formations et d'associations à caractère politique sur la scène nationale. De ce fait, il faudra s'attendre à une avalanche d'agréments à partir de l'année prochaine, soit après la mise en vigueur de la nouvelle loi. Daho Ould Kablia avait parlé de 42 demandes d'agréments en attente de réponse, précisant par là même que le quitus ne sera pas donné avant 2012. Ce qui va susciter une course effrénée pour l'obtention de ce sésame, les échéances électorales s'approchant à grandes enjambées. Djaballah, en leader islamiste charismatique faut-il l'avouer, n'a pas manqué de sauter sur l'occasion afin de réinvestir de plus belle la scène politique nationale désertée depuis plusieurs années. Des années de vacance qui n'ont pourtant pas bénéficié aux animateurs de la mouvance islamiste, laminés par l'alliance présidentielle. La seule formation islamiste, le Mouvement de la société pour la paix (MSP) en l'occurrence, qui a su chapeauter, un tant soit peu, cette tendance, n'a pas pour autant réussi à fédérer les rangs des militants islamistes. Fondée dans l'alliance présidentielle, dont elle commence à se démarquer, la formation de Bouguerra Soltani elle aussi victime d'un mouvement de dissidence mené par Abdelmadjid Menasra qui ambitionne également de faire chevalier seul sur la scène, a beaucoup perdu de son poids. Ceci augure d'une reconfiguration parmi la mouvance islamiste sur la scène nationale, notamment avec l'avènement d'autres formations pouvant facilement rivaliser les grosses pointures, à l'image des partis en attente d'agrément de Mohamed Saïd, d'El-Ibrahimi et de Menasra entre autres. Il faut dire cependant que Djaballah a tenté de revenir sur la scène par le biais de ses anciennes formations, mais sans résultat probant. Il s'agit du dernier feuilleton en date au sein du mouvement Islah. D'anciennes figures de cette mouvance, Mohamed Boulahia entre autres, nostalgiques du règne de Djaballah, se sont érigées contre la direction actuelle de cette formation politique, sans parvenir à leurs desseins. Le retour de Djaballah sur la scène politique, à travers un énième parti va certainement bouleverser la donne, notamment dans le camp des islamistes, en l'absence d'un réel leader charismatique qui puisse fédérer les rangs. Djaballah incarne parfaitement cette figure, jouissant d'une force de mobilisation indéniable.

Par M. Ait Chabane

 

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Coup dur pour le CNT libyen

Le chef militaire des rebelles assassiné

Le  chef militaire des rebelles libyens, Abdelfattah Younès a été tué  avant-hier entre la ville de Brega et Benghazi, a annoncé Moustapha Abdeldjalil, président du Conseil national de transition CNT libyen.

Sa mort serait l'œuvre d'un groupe d'hommes armés après avoir été rappelé du front pour un interrogatoire sur des questions militaires à Benghazi,  a précisé Moustapha Abdeljalil, cité par les agences de presse internationales. Deux colonels de l'armée rebelle ont été tués en même temps que le général Younès, a affirmé le président du CNT, précisant que le chef du groupe armé responsable de l'assassinat avait été arrêté mais que les trois corps avaient été emportés par les tueurs.                                                         

Les circonstances de l'assassinat jeudi du général Younès, rallié à la rébellion après avoir été un pilier du régime du colonel Mouammar Kadhafi, restent entourées de mystère, sa mort représentant un coup dur, politique et militaire, pour les rebelles. Abdel Fattah Younès était l'ancien bras droit de Kadhafi. Il a partagé les quarante années du règne du Guide sur la Libye. Le général occupait le poste de ministre de l'Intérieur, jusqu'à  février dernier lorsqu'il a changé son fusil d'épaule. Cet ancien compagnon de Kadhafi  et haut gradé de l'armée venait de décider de rejoindre le mouvement de contestation contre le colonel Kadhafi en appelant même l'armée à se rallier aux demandes légitimes du peuple. «Un affront insupportable pour le Guide de la Jamahiryia, qui aurait offert une récompense de 2,5 millions de dollars pour toute personne qui réussirait à tuer Younès».

Opération des forces loyalistes ou règlement de comptes ? Pour l'instant personne n'a revendiqué sa mort. Mais les rebelles accusent d'ores et déjà les forces loyales au régime de Mouammar Kadhafi.  «L'intervention de Kadhafi est très claire dans cette affaire», a déclaré hier un haut responsable rebelle sous couvert d'anonymat à Benghazi. Ainsi pour le porte-parole de la rébellion la mort du général est l'œuvre des forces loyalistes. Pas question donc de parler d'un complot de l'intérieur pour ne pas subir les mutineries au moment où le front militaire renoue avec les avancées notamment à Brega à l'Est ainsi qu'aux portes de Tripoli. «Je vous demande de ne pas prêter attention aux rumeurs que les forces de Kadhafi essaient de propager dans nos rangs», a répliqué Abdeljalil devant la presse internationale. Les tentatives du porte-parole de privilégier la thèse d'une mort orchetsrée par de Kadhafi sont restées vaines. La mort d'Abdel Fatah Younès a suscité des craintes de divisions au sein de la rébellion. Les rumeurs les plus folles circulent au sujet de sa mort. On parle d'un coup concocté de l'intérieur pour arrêter et tuer général, soupçonné de trahison.

«Les gens savent que (ces dissensions) sont dans l'intérêt de Kadhafi et les gens sont contre Kadhafi. Même les membres de sa tribu ont été raisonnables, conscients qu'il s'agissait d'un piège de Kadhafi pour créer des problèmes»,  a déclaré un haut responsable.  .

Depuis qu'il dirigeait les opérations militaires au front, cet ex-haut responsable militaire a laissé une mauvaise réputation dans la rue algérienne. Et pour cause ! Ce général était derrière la propagation d'informations compromettante à l'égard de l'Algérie. Il a accusé l'Algérie la semaine dernière, dans un entretien  au quotidien saoudien Al Chark El Awsat, de soutenir le régime de Mouamar kadafi. «Le bateau chargé d'armes que nous avons découvert a transité par l'Algérie qui a été avertie par l'OTAN, l'Union européenne (…) pour cesser de soutenir Kadhafi», a-t-il dit. «Évidemment, on ne dit pas n'importe quoi. Nous avons des preuves et des documents. Après la libération de la Libye, nous allons rendre publiques ces preuves», a-t-il ajouté. Ces accusations ont été, évidemment contestées par Alger qui a renié une nouvelle fois les accusations non fondées du CNT qui veut impliquer l'Algérie dans le conflit libyen.

Par Yazid Ferhat

 

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Politique américaine dans la région MENA

Les dangers de l’interventionnisme outrancier

Aux différentes dénonciations de la politique des Etats-Unis dans les pays du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (MENA), s'est ajoutée une, virulente, cette fois-ci américaine, et pas du tout des moindres.

C'est M. Robert Danin membre principal du prestigieux think tank américain qui, analysant les derniers développements de la scène politique arabe, a appelé le gendarme du monde à «soutenir le processus démocratique dans les pays arabes au lieu de l'orienter tout en y favorisant le climat économique». M. Danin qui est un éminent expert du Council on foreign relations (CFR), a accusé ouvertement l'Administration américaine d'un écart flagrant «entre la rhétorique et l'Action»  Le président américain Barack Obama, dira-t-il, «avait, dans son discours du 19 mai sur le Moyen-Orient, tenté d'articuler une vision américaine pour son rôle vis-à-vis des changements en cours dans la région et a fermement placé les Etats-Unis du côté de la démocratie et du changement, il peut en venir à regretter ses propos, lorsque l'écart entre la rhétorique et l'action devient éviden». L'expert a tenu à souligner d'ailleurs que «beaucoup d'Arabes accusent le président Obama de produire de grands discours mais de mal formuler ou d'exécuter ses politiques». 

Abordant la question libyenne, qui, selon lui, «est devenue importante d'une manière disproportionnée en raison des appels de la région à une réponse internationale et aux efforts ultérieurs pour déloger El Gueddafi», Danin a tenu à souligner que la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU portait sur «une intervention humanitaire», mais «l'orientation de la mission qui a suivi a conduit à un appel et à des efforts pour apporter un changement de régime».

Voudrait-il parler d'une transgression de ladite résolution ? Il n'y est pas loin en tout cas ! Cependant, observe-t-il, «nous, sous la forme de l'OTAN, sommes maintenant pleinement engagés en Libye.En conséquence, nous nous sommes engagés à aider à rétablir un Etat brisé après un éventuel départ d'El Gueddafi».  D'une manière plus générale, Danin, qui est également un expert à la fondation de recherche Eni Enrico Mattei de Milan, explique que «les Etats-Unis doivent tout d'abord garder à l'esprit que la transition démocratique dans les pays de la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (MENA) va être un long processus» et que «tout succès politique doit se transformer, à terme, en succès économique». Dans ce sens, explique-t-il,«le principe-clé est de laisser les peuples de la région trouver leur propre chemin» pour la démocratisation. 

Les Etats-Unis, poursuit cet expert américain spécialisé dans les affaires du Moyen-Orient, «devraient offrir un soutien à ce processus plutôt que d'essayer de le diriger ou de dicter ce qui doit être fait».  Pour ce qui est du soutien économique, il considère qu'au lieu d'opter pour une aide économique directe qui, estime-t-il, «ne répondra jamais aux besoins de la région où le chômage est en hausse», les Etats-Unis devraient plutôt  «soutenir les investissements et favoriser un climat économique» à même de favoriser la croissance et de créer de l'emploi. 

Certes, argue-t-il, «une aide massive, comme cela a été promis à l'Egypte et la Tunisie par le G8 à Deauville, est importante, mais ce qui est d'abord nécessair, c’est de stopper la fuite massive de capitaux provenant, actuellement, de cette région, et d'augmenter les investissements directs régionaux et étrangers». En somme, soutient  Danin, «les Etats-Unis ne devraient pas essayer d'appliquer «une taille unique pour tous, à l'ensemble des pays arabes» car, a-t-il ajouté, «nos intérêts sont trop divers et notre influence trop inégale», au sein de la région. 

Par ailleurs, affirme-t-il, trois autres pays de la région sont cruciaux pour les Etats-Unis. Il s'agit, a-t-il déclaré, de «l'Arabie saoudite, étant donné la dépendance énergétique de l'Occident et l'importance de ce pays pour la sécurité du Golfe, la Syrie, le seul Etat arabe entièrement aligné sur l'Iran, ainsi que le Yémen, un Etat potentiellement défaillant qui risque de devenir un sanctuaire pour les terroristes et les radicaux anti-occidentaux».

Par Hamid Fekhart

 

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Otages algériens des pirates somaliens

L'Etat, toujours mobilisé

L'Etat algérien maintient toujours sa mobilisation et ne ménage aucun effort  pour obtenir la libération des  marins  algériens détenus au large de la Somalie par une bande de pirates somaliens, et ce,  depuis le 1er janvier 2011. A cet effet, les autorités algériennes, par la voix du ministère des Affaires étrangères, se disent déterminées à continuer d’ investir, comme c'était le cas d'ailleurs depuis le premier jour de l'enlèvement, tous les canaux diplomatiques afin que nos compatriotes puissent rejoindre leurs familles, sains et saufs. Réagissant contre certaines voix médiatiques qui multiplient ces derniers temps  des propos selon lesquels les autorités du pays auraient «négligé et abandonné» ces otages et leurs familles, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a déclaré jeudi : «Contrairement à ce qui a été rapporté ce jour par certains titres de la presse nationale, les autorités algériennes suivent de très près et avec une attention soutenue la situation de nos ressortissants détenus par des pirates au large de la Somalie». Et de rappeler que «dès le 2 janvier, nous avons pleinement mobilisé notre réseau diplomatique dans la région pour obtenir la libération de nos 17 compatriotes détenus à bord du vraquier M/V Blida». 

Pour les autorités du pays, le contact avec leurs partenaires impliqués dans la libération de ces otages  n'est jamais interrompu et fait encore l'objet d'un travail continu et  régulier.     

«Parallèlement, nous maintenons le contact avec certains de nos partenaires et nous continuons de suivre régulièrement, au sein de la cellule de suivi du ministère, la situation en relation avec un certain nombre d'intervenants dont la compagnie IBC qui est, elle, en contact quasi-quotidien avec l'affréteur étranger»,  a ajouté le même  porte-parole. Il faut dire qu'en prenant compte de l'ampleur et da la gravité de la situation, les autorités du pays ont préféré d'opter pour la discrétion dans la gestion de cette crise, et ce afin, ajoute le porte parole, «de préserver l'efficacité des efforts en cours».  Des efforts qui dénotent, selon lui, «la pleine mobilisation de l'Etat algérien, dans le cadre de sa mission essentielle de protection des nationaux à l'étranger, pour obtenir la libération de tous nos compatriotes dans les meilleurs délais possibles». Cette discrétion n'est pas du goût de certaines voix qui n'ont pas manqué d'alimenter des doutes concernant la suite de  cette prise d'otages, en provoquant ainsi des malentendus entre les familles des victimes et les responsables chargés de cette affaire.  Ce qui a poussé une nouvelle fois les  hautes autorités du pays à rassurer ces familles hantées d'inquiétude. A rappeler que le vraquier battant pavillon algérien, détourné par des pirates en haute mer, se dirigeait vers le port de Mombasa au Kenya. A son bord un équipage de 27 membres, dont 17 de nationalité algérienne.

Selon un rapport international, les pirates somaliens ont réalisé cette année plus de 60% des attaques de piraterie dans le monde. Les otages algériens figurent parmi 420 autres otages de nationalités différentes détenus par ces malfaiteurs qui demandent, à chaque opération, des rançons à plusieurs millions de dollars en échange de leur libération

Par Sahoui Sofiane

 

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L'acte d'investissement face à l'écheveau du foncier

Moderniser l'accès à l'assiette foncière

Parmi les facteurs les plus déterminants qui constituent le soubassement de l'acte d'investir, se trouve le foncier. Il est – avec l'accès au crédit, l'incitation fiscale et la facilitation administrative – en position majeure dans ce qui est communément appelé le climat des affaires. C'est sur ce climat que les économies nationales sont jugées par des organismes ou des établissements financiers internationaux (BIRD, FMI, COFACE,…) pour définir la visibilité, les risques et les garanties dans les opérations d'investissements qu'entreprennent les entreprises étrangères dans ces pays.

Si, dans un passé récent, le facteur-clef et hégémonique dans la définition du climat des affaires dans notre pays était la situation sécuritaire – tendance somme toute logique imposée par le tour qu'a pris l'activité terroriste en Algérie –, aujourd'hui l'on focalise les regards sur la stabilité institutionnelle et l'accès au financement et au foncier. Dans son aspect dédié à l'investissement, le concept de foncier recouvre, bien entendu, la clarté juridique – qui exclut les litiges –, la garantie de la procédure de cession ou de concession  et, enfin, les viabilisations nécessaires (routes et chemins d'accès, eau, électricité, gaz, assainissement) qui relèvent de l'action des pouvoirs publics.

Malgré quelques avancées administratives dans la gestion du foncier, des investisseurs et industriels continuent à se plaindre de certaines situations d'impasse, lesquelles ont parfois compromis la réalisation de précieux investissements créateurs de richesses et d'emplois. L'année dernière, au cours d'un mini forum ayant regroupé quelques entrepreneurs nationaux, le patron de Cevital, Issad Rabrab, avait une nouvelle fois soulevé la question du foncier en donnant un exemple édifiant sur l'aspect dissuasif des procédures et l'aspect prohibitif des montants des transactions. «En sollicitant un terrain dans la wilaya de Blida pour l'installation d'une usine de production du matériel électronique Samsung, l'administration m'a réclamé 200 milliards de centimes. Alors que les Français m'ont demandé un montant largement inférieur pour le même projet qu'ils veulent voir installé dans la région de Marseille. Quant aux Tunisiens, ils m'ont proposé l'assiette foncière gratuitement pour peu que j'utilise la main-d'œuvre locale», a-t-il souligné. Une situation ubuesque qui se passe de commentaires.

Dans la phase cruciale de l'évolution actuelle de l'économie algérienne,  les gestionnaires et les décideurs sont censés être pénétrés de cette vérité qui a sa part d'universalité, à savoir qu'un des facteurs-clefs de l'incitation à l'investissement et à la création d'entreprises demeure incontestablement le foncier. Sans une assiette foncière viabilisée, financièrement accessible et juridiquement exempte de tout litige, les autres facteurs – tels que les crédits bancaires, les dégrèvements fiscaux,…– n'auront même pas d'entité à quoi s'appliquer. Les blocages qui naissent de l'«indisponibilité» du foncier – paradoxe dans un pays de plus de deux millions de kilomètres carrés – continuent à être nombreux et pénalisants malgré les efforts fournis par les pouvoirs publics au cours des deux dernières années.

Imbroglios et handicaps

En tant que problématique majeure dans l'acte d'investissement, la question du foncier a été à maintes reprises mise sur la table, débattue et étudiée, aussi bien au niveau des décideurs politiques que des gestionnaires directs de l'économie. De même qu'il a été procédé, il y a quatre ans, à l'amendement à la loi domaniale. Cet amendement a consisté à clarifier et mieux encadrer les procédures de mise en concession du domaine national (ventes aux enchères publiques, procédure du gré à gré), à consacrer l'appartenance à l'État des terres sahariennes dépourvues de titre de propriété et à mieux conduire l'action de l'État contre les occupants sans titres (indue occupation) des domaines publics et privés de l'État. L'enrichissement de la loi domaniale a aussi trait à la consécration du droit de contrôle par l'administration domaniale sur l'utilisation des biens relevant du domaine national. Une multitude d'institutions et de secteurs sont concernés par la gestion et le développement du foncier : la commune, les domaines, le cadastre, les directions de l'agriculture des wilayas, les conservations des forêts, les agences foncières, les conservations foncières,…etc. Pour faire prévaloir harmonie, fluidité et bonne gestion du foncier avec autant d'intervenants, il faut nécessairement que les textes législatifs fondamentaux ne souffrent aucune ambiguïté et que la coordination soit assurée à tous les niveaux. Il faut dire que l'ancien mode de gestion de l'économie dirigiste ne permettait pas, voire n'exigeait pas, autant d'efforts et de vigilance. C'est après l'ouverture économique consacrant solennellement le droit à la propriété privée et faisant appel à l'intervention d'une multitude d'agents et d'acteurs économiques – y compris de nationalité étrangère –, que les retards de l'Algérie en matière de gestion du foncier ont été mis à nu. À ce titre, l'imbroglio entourant la gestion des zones industrielles et les anciennes assiettes foncières relevant d'entreprises publiques dissoutes n'est que la partie visible d'un dossier dont l'assainissement prendra plusieurs années. L'Assemblée populaire nationale a initié en 2007 un débat à la suite d'une saisine du ministère des Finances relative au foncier national en général. La conclusion qui s'en dégagea était que les pouvoirs publics devaient se doter d'un nouvel instrument permettant de constater et d'établir le droit de propriété, et ce, parallèlement aux opérations cadastrales classiques, lesquelles avancent à un rythme jugé insuffisant. La preuve, seules 5% des terres concernées par cette opération ont pu être cadastrées jusqu'en 2007. Le ministre des Finances, Karim Djoudi, a annoncé en 2010 devant les députés de l'Assemblées nationale que les opérations cadastrales seront achevées en 2014. En outre, la loi de 1983 a donné lieu à certains dérapages illustrés par de nombreuses affaires soumises à la justice. 7% des affaires portées devant la Cour suprême concernent les litiges fonciers. La nouvelle réglementation adoptée était censée, selon le département ministériel chargé de ce dossier, à encourager l'activité agricole et la construction avec des crédits hypothécaires.

Réguler le marché foncier et mettre fin aux archaïsmes

La réhabilitation et la relance du secteur industriel, ainsi que la promotion soutenue des petites et moyennes entreprises exigent qu'un nouveau souffle soit donné au dossier du foncier industriel pour qu'il ne constitue plus un handicap pour l'acte d'investissement. C'est suite à cette demande pressante et incompressible du secteur industriel que, en 2007, l'Agence nationale d'intermédiation et de régulation foncière (Aniref) a été créée. Cette agence a pour mission d'établir et de réguler le marché du foncier dans une perspective de promotion de l'investissement. La ressource foncière est considérée comme un capital à côté des moyens humains, financiers et matériels qui conditionnent l'acte d'investissement. Presque tous les secteurs d'activité, à un moment ou à ou un autre du développement et de l'expansion de leurs domaines d'intervention, sont confrontés à ce qui est vaguement appelé le problème du foncier. Qu'il s'agisse de bâtir des logements sociaux, un dispensaire, une mosquée, un lycée ou de chercher à investir dans l'industrie, l'agroalimentaire ou l'agriculture, l'écueil de l'assiette foncière surgit pour contrarier les efforts les plus déterminés et les politiques les mieux élaborées. Il constitue la hantise des commissions de choix de terrain au niveau des communes, des daïras ou de la wilaya. 

Les instances judiciaires sont en train de faire face à des situations parfois inédites en matière de gestion et d'arbitrage du foncier. La formation de leurs personnels a certainement besoin d'être renforcée dans le droit foncier. Ailleurs, dans les pays développés, ce sont des tribunaux fonciers spécialisés qui traitent ce genre de dossiers. Ce sont les subtilités du droit de propriété, les rigueurs du droit civil, l'esprit de l'ancien code rural, le code forestier, les règlements d'urbanisme, les nouveaux instruments de l'aménagement du territoire (PDAU,  POS, SNAT)  et leur extension dans ce qui est appelé le droit commun (conflits entre personnes) qui s'enchevêtrent ainsi dans la plupart des affaires et dossiers liés au foncier. Outre la nécessité d'une vision nouvelle – sur le les plans technique et procédurier – du droit foncier qui doit se mettre au diapason des enjeux charriés par les transformations économiques du pays, une appréhension sociologique et culturelle de la notion de propriété devrait aussi permettre d'asseoir les instruments adéquats de la gestion des portefeuilles fonciers.

Car, les structures sociales algériennes, et plus généralement maghrébines, comportent bien des spécificités dans leur relation à la terre relevant du droit coutumier, lequel ne cadre pas toujours avec la stricte vision du droit positif hérité de l'administration coloniale (dévolutions, successions, héritages réguliers, avance d'hoirie, soulte, indivision, transactions, biens de mainmorte [appelés aussi biens Waqfs et Habous et qui n'admettent ni transaction ni hypothèque], droit de préemption ou chafaâ,…etc.).

Les instruments réglementaires, techniques et juridiques que les pouvoirs publics commencent à mettre en place pour renforcer les anciens dispositifs et les vieilles institutions spécialisées dans le domaine, telle que l'Agence nationale du Cadastre, ont pour dénominateur commun la réhabilitation, la clarification et la stabilisation de la notion de propriété qui est censée être appréhendée comme un facteur majeur de développement économique.   

Par Saâd Taferka

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