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Réformes politiques et réalités économiques
Le bas de
laine, et après ?...
Depuis la fin de
mission de la commission Bensalah, le débat s'est grandement estompé
sur les réformes politiques et d'ici à ce que le Parlement ouvre le
dossier des lois électorales, sur les partis et sur l'information,
rien ne semble indiquer la proximité d'un quelconque événement
politique.
En réalité, hormis
les quelques mouvements qui animent le front social et qui vont,
selon leur nature et la détermination de leurs meneurs, se calmer ou
se durcir, le mois de Ramadan promet à la scène politique un
véritable passage à vide. Cela, si l'on exclut la désormais
traditionnelle série d'auditions des ministres par le Président de
la République qui se déroule durant cette période.
En dehors de cela,
tout devrait concourir à un retour à la normale, c'est-à-dire à la
situation qui avait prévalu avant les émeutes de janvier dernier. Le
pays aura fermé, en ce qui le concerne, la parenthèse du "printemps
arabe", du moins dans sa première vague qui était née en Tunisie,
qui a enflé en Egypte et qui s'est fracassée sur le roc de la
répression en Syrie, de la guerre civile sous occupation en Libye et
du jeu de coulisses américano-saoudien au Yémen. L'enlisement de la
situation politique dans ces trois pays a porté un coup d'arrêt aux
révoltes arabes, les populations constatant que tous les dictateurs
ne sont pas aussi faciles à déboulonner que les Ben Ali et autres
Moubarak, mais que cela peut demander nettement plus de temps et
davantage de sacrifices.
De ce climat
arabe, l'Algérie semble s'éloigner de plus en plus, d'autant qu'à sa
frontière sud, un peuple libyen tout entier souffre, alors que le
voisin tunisien voit s'écrouler son modèle économique. Tout cela
n'est fait que pour réveiller de trop douloureux souvenirs. Mais ce
qui fait aussi que la distance est prise à grand pas, c'est que la
situation politique algérienne est "différente".
Mais en quoi au
juste ? Certains observateurs ont fait remarquer que l'Algérie,
parce qu'elle a connu Octobre 1988, puis l'ouverture démocratique
avant la vague terroriste, est en avance de 20 ans sur le reste du
monde arabe. Ils citent pour cela le caractère désormais
irréversible du pluralisme partisan et médiatique, dans lequel la
liberté d'expression, malgré ses insuffisances et tout de même d'un
meilleur degré qu'ailleurs. Ils se basent aussi sur le reflux des
islamistes, alors que ce mouvement est en regain de force ailleurs.
Ce courant de l'opinion explique ainsi le fait que le pays ne
pouvait être contaminé par le printemps arabe, puisqu'il n'y a pas
de dictateur en place depuis 30 ans à chasser ou de parti dominant à
dissoudre, ni de mouvement islamiste qui mobiliserait la population.
Selon un autre
point de vue, pas forcément diamétralement opposé, nous assistons en
fait à un mouvement similaire à celui opéré par les autres sociétés
arabes, mais avec un rythme différent, ralenti par la crise
politique et sécuritaire qui annihile la volonté et les capacités de
mobilisation de la population. Pour cette partie de l'opinion
nationale, il existe effectivement une volonté de changement du
régime, mais la société n'est pas en mesure de la porter dans la
rue. Et à l'objection qui veut que la génération des jeunes
d'aujourd'hui n'a pas connu Octobre, ni été au cœur des événements
de la décennie 90, on rétorque aussi que les opinions politiques,
comme les gênes, se transmettent de père en fils et de génération en
génération. Les Algériens sont fatigués et ils n'ont rien de plus
pressé que de retrouver paix et stabilité.
Qui des deux
opinions l'emporte ? Difficile à dire, surtout dans l'immédiat. Car
si tout le monde est d'accord pour parler d'une demande de
changement, nul n'explique vraiment pourquoi les Algériens n'ont pas
fait comme les Tunisiens ou les Egyptiens, voire comme les
Marocains. Quand tout bouillonnait chez les autres, des mouvements
qui tentaient de surfer sur la vague n'ont pas réuni plus de
quelques centaines de personnes sur une des places d'Alger. Il ne
sert à rien ici de rappeler les déclarations embarrassées des
membres du gouvernement et des chefs de l'Alliance présidentielle ou
alors de reprendre les analyses sans lendemain de certaines figures
de l'opposition. Entre la négation de la réalité par les premiers et
le délire du grand Soir chez les seconds, les lectures
propagandistes des uns et des autres n'avaient d'autre enjeu que la
population qui, cependant, avait déjà une opinion toute faite sur la
question. Citons un exemple qui situe bien l'état de l'opinion.
Outre le fait qu'elles aient rapidement gagné plusieurs villes du
pays, il existe une autre particularité aux émeutes de janvier
dernier et qui les distingue des émeutes localisées que nous
connaissons depuis plusieurs années.Cette nuance tient au fait que,
spécialement cette fois-ci, les émeutiers ont été contrés non
seulement par la police, mais aussi dans de plusieurs cas par la
population. Une population qui d'ordinaire assiste sans broncher,
sinon pour les soutenir, aux émeutes devant la mairie ou devant tout
autre édifice public cible du mécontentement. Mais dès que les
émeutes ont revêtu un caractère national, une partie de la
population s'est engagée comme pour stopper le mouvement et, plus
précisément encore, pour stopper les casseurs. Depuis janvier, le
pays a connu des dizaines d'autres mouvements locaux, mais jamais il
n'a été rapporté une attitude similaire à ce qu'on a vu au début de
l'année.
C'est dire que les
Algériens non seulement ne veulent pas de la casse pour la casse,
mais surtout ne veulent pas un changement dont ils seraient les
premier à payer le prix de sa brutalité. Ce qui, par ailleurs, ne
signifie nullement une tendance à la passivité ou à la résignation.
Autre exemple édifiant dans ce sens, et que nous avons vu au plus
fort des événements en Tunisie et en Egypte : pendant que des
organisations tentaient de rassembler les Algériens pour exiger "la
chute du régime" sans trouver l'écho escompté, dix mille étudiants
faisaient plier l'impressionnant dispositif policier et parvenaient
jusqu'à la place d'El Mouradia pour faire entendre leur rejet de la
réforme universitaire.
Et quand on voit
les grèves qui s'additionnent et les autres mouvements qui
rebondissent sans arrêt, on ne peut raisonnablement pas dire que les
Algériens n'ont pas la force de lutter comme le prétendent d’aucuns.
Bien au contraire, le front social est d'une vitalité
extraordinaire, sans doute encore plus forte que celle enregistrée
au tout début des années 1990 avec l'apparition des premiers
syndicats non affiliés à l'UGTA. Dans le contexte des réformes
politiques, dont le plat de résistance sera servi lors de la
prochaine session du Parlement, l'attention de l'opinion, loin de
tout désintérêt, sera focalisée davantage sur les nouvelles lois sur
les élections, sur les partis et sur l'information que la révision
constitutionnelle viendra en fin de parcours. Il y a une attente,
bien que les avis soient partagés, sur ces nouvelles lois car elles
définiront de nouvelles règles de la vie politique et, partant, de
nouvelles limites de la participation de la population aux affaires
de la nation.
L'enjeu étant pour
la population d'obtenir de nouveaux espaces et une plus grande marge
de manœuvre dans l'exercice de la liberté d'association et
d'expression. Autrement, la levée de l'état d'urgence aura été un
pur non-événement.
Par Nabil
Benali
Haut
173,63 milliards de dollars de réserves de change
Qu'en fera-t-on
?
L’Algérie est le
treizième pays au monde et le deuxième pays arabe en matière de
réserves de change. 173,63 milliards de dollars, rapporte-t-on. Ce
chiffre, publié avant-hier par des organismes financiers
internationaux, reflète, bien évidemment, une richesse sans
précèdent de l'Algérie, atteignant un pic jamais égalé auparavant.
Les mêmes organismes financiers indiqueront également que les
réserves algériennes sont en hausse de 17,6% sur une année, et que
depuis le début de l'année en cours elles sont en hausse de 12%,
soit 18,63 milliards de dollars de plus. Si ces chiffres, ceux des
réserves en or non inclus, sont susceptibles d'inspirer confiance au
gouvernement, ne serait-ce qu'à court terme, ce n'est pas le cas
pour tous les Algériens qui n'ont de cesse de s'interroger sur la
gestion de ces milliards qui proviennent, ce n'est un secret pour
personne, du pétrole : richesse de tout le peuple. L'on n'a,
effectivement, pas arrêté de dénoncer l'opacité presque totale dans
laquelle tout cet argent est géré, ni de se poser des questions,
combien légitimes, de ce que l'Etat veut ou ce qu'il voudra en
faire.
Lorsque nous
savons qu'une bonne partie de ce pactole, généré pas les
exportations des hydrocarbures, est placée dans des bons du Trésor
américain, ce que d'ailleurs les experts de tous bords n'ont pas
cessé de dénoncer, puisque l'Algérie n' y gagne rien, voire elle
risque d' y perdre, le reste demeurera des chiffres qui défilent
sans que le commun des citoyens sache le sort qui leur est réservé.
Les experts, dans un contexte marqué par une situation sociale peu
reluisante qui ne correspond aucunement à la prospérité financière
du pays, ont prôné la relance de l'économie en injectant une partie
de ces réserves dans les investissements qui aura comme base une
entreprise productive et compétitive. L'on a, également, appelé,
entre autres, à la création d'un fonds souverain pour permettre des
prises de participation dans des entreprises à l'étranger à l'image
du Qatar. Des appels tombés, on aurait dit, dans des oreilles de
sourds !
C'est tout le
monde qui s'accorde à dire que c'est le moment propice pour
l'Algérie de contracter un divorce avec la logique rentière qui la
ronge depuis des décennies. Si, en effet, 173,63 milliards de
dollars de réserves de change, entre autres richesses, ne suffiront
pas à faire 37 millions de riches, ils pourront, en revanche,
constituer un point d'appui assez fort pour l'économie nationale.
Une question : que fera l'Etat algérien de cet argent ?
Adoptera-t-il une
approche purement économique en en faisant un bon usage ou fera-t-il
toujours dans l'achat de la paix sociale en augmentant les salaires,
en subventionnant les produits de première nécessité, et en
distribuant les couffins ramadhanesques…. ? Les années à venir
apporteront la réponse à condition que le calendrier maya ne soit
qu'une invention américaine.
Par Hamid
Fekhart
Haut
Promotion de la PME
L'informel et
ses barons dans le box des accusés
«Tous les efforts
consentis jusque là par l'Etat pour l'essor d'un tissu productif
national n'ont pas atteint leurs objectifs escomptés, les raisons
du retard sont
multiples. Ce qui est sûr, c’est que la révision de toutes les
politiques économiques engagées est irréversible, voir plus, revoir
le système politique du pays».
Ce sont les
déclarations faites par le président du Conseil national consultatif
pour la promotion de la PME, jeudi dernier, Zaim Ben Saci, a plaidé
pour une véritable réforme politique «Il faut parler des réformes
politiques, on ne peut pas rester en l'état», a-t-il expliqué
«C'était toujours de haut en bas. Pour une fois, il faut que les
décisions remontent de bas en haut» a-t-il réclamé.
Selon Bensaci, les
réformes économiques amorcées au cours de ces dernières années, si
importantes soient-elles, se sont heurtées surtout au problème de la
bureaucratie. «On est dans un environnement bureaucratique
exécrable, à chaque fois qu'une décision est prise, elle sera vite
diluée au moment de son application à cause de la bureaucratie»,
a-t-il déploré.
«Les importations
ne cessent d'augmenter par contre la production est au point mort»,
a-t-il encore constaté. Dans ce sens, le président du Conseil
consultatif n'a pas manqué de tirer sur les tenants de l'informel et
sur les barons de l'importation «qui se sucrent à travers ces
containers».
Afin de relancer
l'économie nationale et atténuer l'indépendance vis-à-vis de
l'économie mondiale, Zaim Bensaci recommande la création d'un tissu
de la sous-traitance, l'amélioration du climat des affaires, et
l'application d'une politique véritable de la préférence nationale,
le programme de mise à niveau des petites et moyennes entreprises a
accusé un retard énorme, une année et demie depuis son lancement,
peu de PME ont bénéficié de cet avantage, il estime que ce programme
national de mise à niveau, bien qu'il soit à 100% algérien, a peu de
chances d'être concrétisé vu le nombre d'entreprises irréalistes
ciblées, «je ne pense pas qu'on puisse arriver à mettre à niveau les
20000 PME nationales», a-t-il, non sans raison soutenu. Le coût de
l'opération qui devrait s'achever en 2014 coûtera à l'Etat -pour
rappel- quelque 387 milliards de DA soit 5 milliards de dollars.
Pour le programme Meda 1 pour la mise à niveau des PME algériennes,
et qui a touché 445 entreprises entre les années 2002 et 2007, cela
«n'avait pas porté sur une vraie mise à niveau», avait souligné
Bensaci.Même constat concernant le rééchelonnement des dettes des
entreprises déficitaires, Selon Ben Saci, ces entreprises se sont
retrouvées dans la situation d'endettement en raison des
dévaluations du dinar, opérées juste après l'ouverture économique en
Algérie. La bureaucratie se manifeste notamment à travers les
difficultés que rencontrent les porteurs de projets pour accéder au
foncier et au financement. «Il y a ces fonds d'investissement qui
ont été créés mais est-ce qu'ils sont opérationnels réellement» ?
S'est-il interrogé. L'Algérie compte 600.000 entreprises dont 80 %
sont très petites (TPE), le taux de mortalité des entreprises à
cause de toutes ces entraves est estimé à 10 %.
Les PME dira Ben
Saci «devraient être un projet de société» pour voir enfin se
dégager une nouvelle race d'entrepreneurs, mais pour y parvenir, il
faut d'abord changer les mentalités et ce, en inculquant aux
enfants l'esprit de l'entrepreneuriat dans les écoles». Le tissu
économique algérien est essentiellement composé de micro
entreprises.
Même constat pour
les entreprises sous-traitantes, L'État devrait encourager le
développement de la sous-traitance locale, a-t-il ajouté. Ce secteur
est marginalisé, «le marché existe», a-t-il noté mais certains ne
jouent pas le jeu, à titre d'exemple, Sonatrach ne sollicite pas les
sous-traitants locaux, en vue de réduire les importations de pièces,
les biens importés, en dépit des directives officielles sommant ces
entreprises à privilégier la sous-traitance locale lors des
attributions de marché, pour diminuer la facture des importations de
pièces et demi-produits nécessaires aux besoins de ces entreprises.
Par Nassima
Hannat
Haut
Kamikazes, armes libyennes, Al Qaïda au Sahel
Qui veut
relancer le terrorisme en Algérie ?
Après une éclipse
de plusieurs années, voire depuis les derniers attentats-suicides
ayant visé le bureau de l'ONU, à Hydra, du Palais du Gouvernement, à
Alger, de la Cour Suprême, à Ben Aknoun, et enfin du commissariat de
police, à Bab Ezzouar, Alger à l'instar des autres villes du pays
n'a pas enregistré un seul attentat, si ce n'est quelques actions
terroristes sans grande importance. Mais, soudain, depuis que la
Libye s'est embrasée, la situation sécuritaire en Algérie a
brusquement tourné. Décidément, les attentats-kamikazes se sont
multipliés depuis une semaine. Pis, durant cette petite période, six
kamikazes ont été utilisés par l'organisation terroriste d'Al Qaïda
au Maghreb Islamique. Depuis la création de la nébuleuse, qui
remonte en 2006, cette organisation criminelle n'avait jamais
utilisé autant de kamikazes durant une courte période, telle que
celle récemment vécue. Décidément, l'émir national d'Aqmi, en
l'occurrence, Abdel Malek Droukdel, alias Abou Mossaâb Abdelwadoud a
décidé de verser davantage dans ce que l’on appelle la politique de
la terre brûlée, d'autant que ce chef terroriste notoire, tient
toujours aux attentats-kamikazes comme seuls et uniques solutions
pour tenter, comme il le croit, de renverser le pouvoir en Algérie,
et d’installer un Etat Islamique. Aujourd'hui, il est désormais sûr
et certain que la nébuleuse s’est bel et bien accaparée d'une petite
partie d'armes libyennes, sinon comment peut-on expliquer ce regain
de violences en Algérie. Cette série de kamikazes islamistes, tous
armés de ceintures explosives, sont fabriquées à base du Semtex
libyen, matière explosive militaire, (voir nos éditions
précédentes), est un signe fort qui confirme que, la nébuleuse, à
bel et bien réceptionné des armes de guerre venues de Libye. Face à
cette donnée, Al Qaïda au Maghreb, a instantanément, arrêté ses
actions au Sahel, pour se consacrer au nord du pays. Ce choix porté
sur le nord de l'Algérie n'est pas un hasard, puisque la nébuleuse
compte bien faire du mois du Ramadhan, une période de sang dans le
but de faire le maximum de victimes parmi les Algériens. Qui est
derrière Al Qaïda au Maghreb Islamique ? Qui veut relancer les
attentats terroristes dans nos villes ? Autant de questions, et la
réponse est peut-être chez l'émir national d'Aqmi, Droukdel, ce
dernier, faut-il le rappeler, avait appelé, lors de ses communiqués,
datant de l'année 2008, ses acolytes à ne pas s'attaquer aux
Américains et aux Israéliens. Ces appels de ce chef sanguinaire ont
été diffusés, après que cet émir eut fait une déclaration sonore au
profit d'une chaîne américaine de TV. Aujourd'hui, c'est clair, la
sécurité et la stabilité du pays est liée à des agendas
internationaux, cela dit, les armes libyennes qui sont entre les
mains des groupuscules d'Al Qaïda, et les attentats- kamikazes de la
semaine passée, et la recrudescence des embuscades, et surtout les
tentatives d'implication de l'Algérie dans la guerre libyenne sont
autant d'indices qui se ressemblent et qui se partagent, afin
d'engager le pays dans une impasse.
Par Lotfi Itou
Haut
Session extraordinaire du comité central du FLN
Sous haute
tension
L'heure de vérité
pour Belkhadem a sonné. La session du comité central (CC) qui se
tient aujourd'hui et demain à l'hôtel Riadh (Alger), même si, à en
croire le chargé de la communication du parti, M. Aïssi, elle sera
consacrée aux préparatifs des échéances électorales de 2012,
tranchera à coup sûr l'avenir de Belkhadem à la tête du FLN ainsi
que certains membres du CC qualifiés par les redresseurs d'
«intrus». La session extraordinaire du comité central sera consacrée
à «la présentation d'un rapport portant sur la démarche à suivre
pour les préparatifs des prochaines échéances électorales», a
déclaré le responsable de la communication du FLN, Kassa Aïssi,
indiquant que les membres du comité central, qui vont en débattre,
devront aussi trouver les moyens adéquats pour mettre en oeuvre les
résolutions qui seront retenues dans le cadre des préparatifs des
prochaines législatives, prévues en 2012. Mais la crise qui secoue
le parti planera sans nul doute sur les travaux auxquels manqueront
les représentants du mouvement de redressement et de l'authenticité,
mené par Salah Goudjil. Ces derniers ont en effet annoncé
officiellement le boycott des travaux du CC, qui seront aussi
boycottés à en croire Mohamed Seghir Kara par bon nombre d'autres
membres qui s'inscrivent également en porte à faux avec l'attitude
de Belkhadem. Dans un communiqué rendu public, signé par le
coordinateur du mouvement de redressement, Salah Goudjil, qui a eu
d'ailleurs à rencontrer Belkhadem à deux reprises, les redresseurs
justifient leur boycott par le souci «d'éviter plus de déchirement
au sein des rangs du parti, déchirement à même d'exaspérer le
conflit et d'approfondir la crise». Pour Salah Goudjil, qui explique
les raisons du mouvement de ne pas participer à cette session, «la
crise que traverse le parti doit trouver la solution dans le cadre
des statuts et du règlement intérieur». Aussi tout en rappelant son
attachement au dialogue, Goudjil pense que pour concrétiser les
points discutés avec Belkhadem dont la nécessité d'assainir le
Comité central et de tenir compte des avis du mouvement, «la
solution passe par la création d'une commission mixte approuvée par
lui et Belkhadem et qui aura pour mission de «revoir la légitimité
de certains membres du CC ainsi que les structures de base en
veillant à la tenue effective des AG des mouhafadhas et kasmas». Il
est évident que Belkhadem, s'il veut demeurer à la tête du parti,
doive inévitablement éviter que la session soit émaillée
d'incidents, car les enjeux électoraux ont souvent été au FLN
surtout, source de «bagarres», mais aussi répondre aux exigences
des redresseurs qui veulent «assainir» le comité
central.
Par Sofiane Aït
Mohamed
Haut
Il annonce son nouveau parti aujourd'hui
Le come-back de
Djaballah
C’est aujourd'hui
que Saâd Abdallah Djaballah annoncera la naissance de sa nouvelle
formation politique. La wilaya d'Alger l’a autorisé de tenir sa
conférence de presse à la Mutuelle des travailleurs de la
construction à Zéralda, ce qui augure d'un retour de grâce à ce
leader islamiste qui avait déjà placé deux partis politiques sur la
scène nationale, à savoir Ennahda et le Mouvement El-Islah.
Djaballah et ses fidèles nourrissent beaucoup d'espoir quant à
l'obtention de l'agrément de la part du ministère de l'Intérieur et
des Collectivités locales, ce même département qui l'a délesté de
son parti il y a quelques années. Et pour cause, la dynamique des
réformes politiques initiées par le président de la République et un
prélude à une plus grande ouverture du champ politique. La révision
fort attendue de la loi sur les partis politiques permettra entre
autres de multiplier le nombre de formations et d'associations à
caractère politique sur la scène nationale. De ce fait, il faudra
s'attendre à une avalanche d'agréments à partir de l'année
prochaine, soit après la mise en vigueur de la nouvelle loi. Daho
Ould Kablia avait parlé de 42 demandes d'agréments en attente de
réponse, précisant par là même que le quitus ne sera pas donné avant
2012. Ce qui va susciter une course effrénée pour l'obtention de ce
sésame, les échéances électorales s'approchant à grandes enjambées.
Djaballah, en leader islamiste charismatique faut-il l'avouer, n'a
pas manqué de sauter sur l'occasion afin de réinvestir de plus belle
la scène politique nationale désertée depuis plusieurs années. Des
années de vacance qui n'ont pourtant pas bénéficié aux animateurs de
la mouvance islamiste, laminés par l'alliance présidentielle. La
seule formation islamiste, le Mouvement de la société pour la paix
(MSP) en l'occurrence, qui a su chapeauter, un tant soit peu, cette
tendance, n'a pas pour autant réussi à fédérer les rangs des
militants islamistes. Fondée dans l'alliance présidentielle, dont
elle commence à se démarquer, la formation de Bouguerra Soltani elle
aussi victime d'un mouvement de dissidence mené par Abdelmadjid
Menasra qui ambitionne également de faire chevalier seul sur la
scène, a beaucoup perdu de son poids. Ceci augure d'une
reconfiguration parmi la mouvance islamiste sur la scène nationale,
notamment avec l'avènement d'autres formations pouvant facilement
rivaliser les grosses pointures, à l'image des partis en attente
d'agrément de Mohamed Saïd, d'El-Ibrahimi et de Menasra entre
autres. Il faut dire cependant que Djaballah a tenté de revenir sur
la scène par le biais de ses anciennes formations, mais sans
résultat probant. Il s'agit du dernier feuilleton en date au sein du
mouvement Islah. D'anciennes figures de cette mouvance, Mohamed
Boulahia entre autres, nostalgiques du règne de Djaballah, se sont
érigées contre la direction actuelle de cette formation politique,
sans parvenir à leurs desseins. Le retour de Djaballah sur la scène
politique, à travers un énième parti va certainement bouleverser la
donne, notamment dans le camp des islamistes, en l'absence d'un réel
leader charismatique qui puisse fédérer les rangs. Djaballah incarne
parfaitement cette figure, jouissant d'une force de mobilisation
indéniable.
Par M. Ait
Chabane
Haut
Coup dur pour le CNT libyen
Le chef
militaire des rebelles assassiné
Le chef militaire
des rebelles libyens, Abdelfattah Younès a été tué avant-hier entre
la ville de Brega et Benghazi, a annoncé Moustapha Abdeldjalil,
président du Conseil national de transition CNT libyen.
Sa mort serait
l'œuvre d'un groupe d'hommes armés après avoir été rappelé du front
pour un interrogatoire sur des questions militaires à Benghazi, a
précisé Moustapha Abdeljalil, cité par les agences de presse
internationales. Deux colonels de l'armée rebelle ont été tués en
même temps que le général Younès, a affirmé le président du CNT,
précisant que le chef du groupe armé responsable de l'assassinat
avait été arrêté mais que les trois corps avaient été emportés par
les tueurs.
Les circonstances
de l'assassinat jeudi du général Younès, rallié à la rébellion après
avoir été un pilier du régime du colonel Mouammar Kadhafi, restent
entourées de mystère, sa mort représentant un coup dur, politique et
militaire, pour les rebelles. Abdel Fattah Younès était l'ancien
bras droit de Kadhafi. Il a partagé les quarante années du règne du
Guide sur la Libye. Le général occupait le poste de ministre de
l'Intérieur, jusqu'à février dernier lorsqu'il a changé son fusil
d'épaule. Cet ancien compagnon de Kadhafi et haut gradé de l'armée
venait de décider de rejoindre le mouvement de contestation contre
le colonel Kadhafi en appelant même l'armée à se rallier aux
demandes légitimes du peuple. «Un affront insupportable pour le
Guide de la Jamahiryia, qui aurait offert une récompense de 2,5
millions de dollars pour toute personne qui réussirait à tuer Younès».
Opération des
forces loyalistes ou règlement de comptes ? Pour l'instant personne
n'a revendiqué sa mort. Mais les rebelles accusent d'ores et déjà
les forces loyales au régime de Mouammar Kadhafi. «L'intervention
de Kadhafi est très claire dans cette affaire», a déclaré hier un
haut responsable rebelle sous couvert d'anonymat à Benghazi. Ainsi
pour le porte-parole de la rébellion la mort du général est l'œuvre
des forces loyalistes. Pas question donc de parler d'un complot de
l'intérieur pour ne pas subir les mutineries au moment où le front
militaire renoue avec les avancées notamment à Brega à l'Est ainsi
qu'aux portes de Tripoli. «Je vous demande de ne pas prêter
attention aux rumeurs que les forces de Kadhafi essaient de propager
dans nos rangs», a répliqué Abdeljalil devant la presse
internationale. Les tentatives du porte-parole de privilégier la
thèse d'une mort orchetsrée par de Kadhafi sont restées vaines. La
mort d'Abdel Fatah Younès a suscité des craintes de divisions au
sein de la rébellion. Les rumeurs les plus folles circulent au sujet
de sa mort. On parle d'un coup concocté de l'intérieur pour arrêter
et tuer général, soupçonné de trahison.
«Les gens savent
que (ces dissensions) sont dans l'intérêt de Kadhafi et les gens
sont contre Kadhafi. Même les membres de sa tribu ont été
raisonnables, conscients qu'il s'agissait d'un piège de Kadhafi pour
créer des problèmes», a déclaré un haut responsable. .
Depuis qu'il
dirigeait les opérations militaires au front, cet ex-haut
responsable militaire a laissé une mauvaise réputation dans la rue
algérienne. Et pour cause ! Ce général était derrière la propagation
d'informations compromettante à l'égard de l'Algérie. Il a accusé
l'Algérie la semaine dernière, dans un entretien au quotidien
saoudien Al Chark El Awsat, de soutenir le régime de Mouamar kadafi.
«Le bateau chargé d'armes que nous avons découvert a transité par
l'Algérie qui a été avertie par l'OTAN, l'Union européenne (…) pour
cesser de soutenir Kadhafi», a-t-il dit. «Évidemment, on ne dit pas
n'importe quoi. Nous avons des preuves et des documents. Après la
libération de la Libye, nous allons rendre publiques ces preuves»,
a-t-il ajouté. Ces accusations ont été, évidemment contestées par
Alger qui a renié une nouvelle fois les accusations non fondées du
CNT qui veut impliquer l'Algérie dans le conflit libyen.
Par Yazid
Ferhat
Haut
Politique américaine dans la région MENA
Les dangers de
l’interventionnisme outrancier
Aux différentes
dénonciations de la politique des Etats-Unis dans les pays du
Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (MENA), s'est ajoutée une,
virulente, cette fois-ci américaine, et pas du tout des moindres.
C'est M. Robert
Danin membre principal du prestigieux think tank américain qui,
analysant les derniers développements de la scène politique arabe, a
appelé le gendarme du monde à «soutenir le processus démocratique
dans les pays arabes au lieu de l'orienter tout en y favorisant le
climat économique». M. Danin qui est un éminent expert du Council on
foreign relations (CFR), a accusé ouvertement l'Administration
américaine d'un écart flagrant «entre la rhétorique et l'Action» Le
président américain Barack Obama, dira-t-il, «avait, dans son
discours du 19 mai sur le Moyen-Orient, tenté d'articuler une vision
américaine pour son rôle vis-à-vis des changements en cours dans la
région et a fermement placé les Etats-Unis du côté de la démocratie
et du changement, il peut en venir à regretter ses propos, lorsque
l'écart entre la rhétorique et l'action devient éviden». L'expert a
tenu à souligner d'ailleurs que «beaucoup d'Arabes accusent le
président Obama de produire de grands discours mais de mal formuler
ou d'exécuter ses politiques».
Abordant la
question libyenne, qui, selon lui, «est devenue importante d'une
manière disproportionnée en raison des appels de la région à une
réponse internationale et aux efforts ultérieurs pour déloger El
Gueddafi», Danin a tenu à souligner que la résolution 1973 du
Conseil de sécurité de l'ONU portait sur «une intervention
humanitaire», mais «l'orientation de la mission qui a suivi a
conduit à un appel et à des efforts pour apporter un changement de
régime».
Voudrait-il parler
d'une transgression de ladite résolution ? Il n'y est pas loin en
tout cas ! Cependant, observe-t-il, «nous, sous la forme de l'OTAN,
sommes maintenant pleinement engagés en Libye.En conséquence, nous
nous sommes engagés à aider à rétablir un Etat brisé après un
éventuel départ d'El Gueddafi». D'une manière plus générale, Danin,
qui est également un expert à la fondation de recherche Eni Enrico
Mattei de Milan, explique que «les Etats-Unis doivent tout d'abord
garder à l'esprit que la transition démocratique dans les pays de la
région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (MENA) va être un
long processus» et que «tout succès politique doit se transformer, à
terme, en succès économique». Dans ce sens, explique-t-il,«le
principe-clé est de laisser les peuples de la région trouver leur
propre chemin» pour la démocratisation.
Les Etats-Unis,
poursuit cet expert américain spécialisé dans les affaires du
Moyen-Orient, «devraient offrir un soutien à ce processus plutôt que
d'essayer de le diriger ou de dicter ce qui doit être fait». Pour
ce qui est du soutien économique, il considère qu'au lieu d'opter
pour une aide économique directe qui, estime-t-il, «ne répondra
jamais aux besoins de la région où le chômage est en hausse», les
Etats-Unis devraient plutôt «soutenir les investissements et
favoriser un climat économique» à même de favoriser la croissance et
de créer de l'emploi.
Certes,
argue-t-il, «une aide massive, comme cela a été promis à l'Egypte et
la Tunisie par le G8 à Deauville, est importante, mais ce qui est
d'abord nécessair, c’est de stopper la fuite massive de capitaux
provenant, actuellement, de cette région, et d'augmenter les
investissements directs régionaux et étrangers». En somme, soutient
Danin, «les Etats-Unis ne devraient pas essayer d'appliquer «une
taille unique pour tous, à l'ensemble des pays arabes» car, a-t-il
ajouté, «nos intérêts sont trop divers et notre influence trop
inégale», au sein de la région.
Par ailleurs,
affirme-t-il, trois autres pays de la région sont cruciaux pour les
Etats-Unis. Il s'agit, a-t-il déclaré, de «l'Arabie saoudite, étant
donné la dépendance énergétique de l'Occident et l'importance de ce
pays pour la sécurité du Golfe, la Syrie, le seul Etat arabe
entièrement aligné sur l'Iran, ainsi que le Yémen, un Etat
potentiellement défaillant qui risque de devenir un sanctuaire pour
les terroristes et les radicaux anti-occidentaux».
Par Hamid
Fekhart
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Otages algériens des pirates somaliens
L'Etat,
toujours mobilisé
L'Etat algérien
maintient toujours sa mobilisation et ne ménage aucun effort pour
obtenir la libération des marins algériens détenus au large de la
Somalie par une bande de pirates somaliens, et ce, depuis le 1er
janvier 2011. A cet effet, les autorités algériennes, par la voix du
ministère des Affaires étrangères, se disent déterminées à continuer
d’ investir, comme c'était le cas d'ailleurs depuis le premier jour
de l'enlèvement, tous les canaux diplomatiques afin que nos
compatriotes puissent rejoindre leurs familles, sains et saufs.
Réagissant contre certaines voix médiatiques qui multiplient ces
derniers temps des propos selon lesquels les autorités du pays
auraient «négligé et abandonné» ces otages et leurs familles, le
porte-parole du ministère des Affaires étrangères a déclaré jeudi :
«Contrairement à ce qui a été rapporté ce jour par certains titres
de la presse nationale, les autorités algériennes suivent de très
près et avec une attention soutenue la situation de nos
ressortissants détenus par des pirates au large de la Somalie». Et
de rappeler que «dès le 2 janvier, nous avons pleinement mobilisé
notre réseau diplomatique dans la région pour obtenir la libération
de nos 17 compatriotes détenus à bord du vraquier M/V Blida».
Pour les autorités
du pays, le contact avec leurs partenaires impliqués dans la
libération de ces otages n'est jamais interrompu et fait encore
l'objet d'un travail continu et régulier.
«Parallèlement,
nous maintenons le contact avec certains de nos partenaires et nous
continuons de suivre régulièrement, au sein de la cellule de suivi
du ministère, la situation en relation avec un certain nombre
d'intervenants dont la compagnie IBC qui est, elle, en contact
quasi-quotidien avec l'affréteur étranger», a ajouté le même
porte-parole. Il faut dire qu'en prenant compte de l'ampleur et da
la gravité de la situation, les autorités du pays ont préféré
d'opter pour la discrétion dans la gestion de cette crise, et ce
afin, ajoute le porte parole, «de préserver l'efficacité des efforts
en cours». Des efforts qui dénotent, selon lui, «la pleine
mobilisation de l'Etat algérien, dans le cadre de sa mission
essentielle de protection des nationaux à l'étranger, pour obtenir
la libération de tous nos compatriotes dans les meilleurs délais
possibles». Cette discrétion n'est pas du goût de certaines voix qui
n'ont pas manqué d'alimenter des doutes concernant la suite de
cette prise d'otages, en provoquant ainsi des malentendus entre les
familles des victimes et les responsables chargés de cette affaire.
Ce qui a poussé une nouvelle fois les hautes autorités du pays à
rassurer ces familles hantées d'inquiétude. A rappeler que le
vraquier battant pavillon algérien, détourné par des pirates en
haute mer, se dirigeait vers le port de Mombasa au Kenya. A son bord
un équipage de 27 membres, dont 17 de nationalité algérienne.
Selon un rapport
international, les pirates somaliens ont réalisé cette année plus de
60% des attaques de piraterie dans le monde. Les otages algériens
figurent parmi 420 autres otages de nationalités différentes détenus
par ces malfaiteurs qui demandent, à chaque opération, des rançons à
plusieurs millions de dollars en échange de leur libération
Par Sahoui
Sofiane
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L'acte d'investissement face à l'écheveau du foncier
Moderniser
l'accès à l'assiette foncière
Parmi les facteurs
les plus déterminants qui constituent le soubassement de l'acte
d'investir, se trouve le foncier. Il est – avec l'accès au crédit,
l'incitation fiscale et la facilitation administrative – en position
majeure dans ce qui est communément appelé le climat des affaires.
C'est sur ce climat que les économies nationales sont jugées par des
organismes ou des établissements financiers internationaux (BIRD,
FMI, COFACE,…) pour définir la visibilité, les risques et les
garanties dans les opérations d'investissements qu'entreprennent les
entreprises étrangères dans ces pays.
Si, dans un passé
récent, le facteur-clef et hégémonique dans la définition du climat
des affaires dans notre pays était la situation sécuritaire –
tendance somme toute logique imposée par le tour qu'a pris
l'activité terroriste en Algérie –, aujourd'hui l'on focalise les
regards sur la stabilité institutionnelle et l'accès au financement
et au foncier. Dans son aspect dédié à l'investissement, le concept
de foncier recouvre, bien entendu, la clarté juridique – qui exclut
les litiges –, la garantie de la procédure de cession ou de
concession et, enfin, les viabilisations nécessaires (routes et
chemins d'accès, eau, électricité, gaz, assainissement) qui relèvent
de l'action des pouvoirs publics.
Malgré quelques
avancées administratives dans la gestion du foncier, des
investisseurs et industriels continuent à se plaindre de certaines
situations d'impasse, lesquelles ont parfois compromis la
réalisation de précieux investissements créateurs de richesses et
d'emplois. L'année dernière, au cours d'un mini forum ayant regroupé
quelques entrepreneurs nationaux, le patron de Cevital, Issad Rabrab,
avait une nouvelle fois soulevé la question du foncier en donnant un
exemple édifiant sur l'aspect dissuasif des procédures et l'aspect
prohibitif des montants des transactions. «En sollicitant un terrain
dans la wilaya de Blida pour l'installation d'une usine de
production du matériel électronique Samsung, l'administration m'a
réclamé 200 milliards de centimes. Alors que les Français m'ont
demandé un montant largement inférieur pour le même projet qu'ils
veulent voir installé dans la région de Marseille. Quant aux
Tunisiens, ils m'ont proposé l'assiette foncière gratuitement pour
peu que j'utilise la main-d'œuvre locale», a-t-il souligné. Une
situation ubuesque qui se passe de commentaires.
Dans la phase
cruciale de l'évolution actuelle de l'économie algérienne, les
gestionnaires et les décideurs sont censés être pénétrés de cette
vérité qui a sa part d'universalité, à savoir qu'un des
facteurs-clefs de l'incitation à l'investissement et à la création
d'entreprises demeure incontestablement le foncier. Sans une
assiette foncière viabilisée, financièrement accessible et
juridiquement exempte de tout litige, les autres facteurs – tels que
les crédits bancaires, les dégrèvements fiscaux,…– n'auront même pas
d'entité à quoi s'appliquer. Les blocages qui naissent de
l'«indisponibilité» du foncier – paradoxe dans un pays de plus de
deux millions de kilomètres carrés – continuent à être nombreux et
pénalisants malgré les efforts fournis par les pouvoirs publics au
cours des deux dernières années.
Imbroglios et
handicaps
En tant que
problématique majeure dans l'acte d'investissement, la question du
foncier a été à maintes reprises mise sur la table, débattue et
étudiée, aussi bien au niveau des décideurs politiques que des
gestionnaires directs de l'économie. De même qu'il a été procédé, il
y a quatre ans, à l'amendement à la loi domaniale. Cet amendement a
consisté à clarifier et mieux encadrer les procédures de mise en
concession du domaine national (ventes aux enchères publiques,
procédure du gré à gré), à consacrer l'appartenance à l'État des
terres sahariennes dépourvues de titre de propriété et à mieux
conduire l'action de l'État contre les occupants sans titres (indue
occupation) des domaines publics et privés de l'État.
L'enrichissement de la loi domaniale a aussi trait à la consécration
du droit de contrôle par l'administration domaniale sur
l'utilisation des biens relevant du domaine national. Une multitude
d'institutions et de secteurs sont concernés par la gestion et le
développement du foncier : la commune, les domaines, le cadastre,
les directions de l'agriculture des wilayas, les conservations des
forêts, les agences foncières, les conservations foncières,…etc.
Pour faire prévaloir harmonie, fluidité et bonne gestion du foncier
avec autant d'intervenants, il faut nécessairement que les textes
législatifs fondamentaux ne souffrent aucune ambiguïté et que la
coordination soit assurée à tous les niveaux. Il faut dire que
l'ancien mode de gestion de l'économie dirigiste ne permettait pas,
voire n'exigeait pas, autant d'efforts et de vigilance. C'est après
l'ouverture économique consacrant solennellement le droit à la
propriété privée et faisant appel à l'intervention d'une multitude
d'agents et d'acteurs économiques – y compris de nationalité
étrangère –, que les retards de l'Algérie en matière de gestion du
foncier ont été mis à nu. À ce titre, l'imbroglio entourant la
gestion des zones industrielles et les anciennes assiettes foncières
relevant d'entreprises publiques dissoutes n'est que la partie
visible d'un dossier dont l'assainissement prendra plusieurs années.
L'Assemblée populaire nationale a initié en 2007 un débat à la suite
d'une saisine du ministère des Finances relative au foncier national
en général. La conclusion qui s'en dégagea était que les pouvoirs
publics devaient se doter d'un nouvel instrument permettant de
constater et d'établir le droit de propriété, et ce, parallèlement
aux opérations cadastrales classiques, lesquelles avancent à un
rythme jugé insuffisant. La preuve, seules 5% des terres concernées
par cette opération ont pu être cadastrées jusqu'en 2007. Le
ministre des Finances, Karim Djoudi, a annoncé en 2010 devant les
députés de l'Assemblées nationale que les opérations cadastrales
seront achevées en 2014. En outre, la loi de 1983 a donné lieu à
certains dérapages illustrés par de nombreuses affaires soumises à
la justice. 7% des affaires portées devant la Cour suprême
concernent les litiges fonciers. La nouvelle réglementation adoptée
était censée, selon le département ministériel chargé de ce dossier,
à encourager l'activité agricole et la construction avec des crédits
hypothécaires.
Réguler le
marché foncier et mettre fin aux archaïsmes
La réhabilitation
et la relance du secteur industriel, ainsi que la promotion soutenue
des petites et moyennes entreprises exigent qu'un nouveau souffle
soit donné au dossier du foncier industriel pour qu'il ne constitue
plus un handicap pour l'acte d'investissement. C'est suite à cette
demande pressante et incompressible du secteur industriel que, en
2007, l'Agence nationale d'intermédiation et de régulation foncière
(Aniref) a été créée. Cette agence a pour mission d'établir et de
réguler le marché du foncier dans une perspective de promotion de
l'investissement. La ressource foncière est considérée comme un
capital à côté des moyens humains, financiers et matériels qui
conditionnent l'acte d'investissement. Presque tous les secteurs
d'activité, à un moment ou à ou un autre du développement et de
l'expansion de leurs domaines d'intervention, sont confrontés à ce
qui est vaguement appelé le problème du foncier. Qu'il s'agisse de
bâtir des logements sociaux, un dispensaire, une mosquée, un lycée
ou de chercher à investir dans l'industrie, l'agroalimentaire ou
l'agriculture, l'écueil de l'assiette foncière surgit pour
contrarier les efforts les plus déterminés et les politiques les
mieux élaborées. Il constitue la hantise des commissions de choix de
terrain au niveau des communes, des daïras ou de la wilaya.
Les instances
judiciaires sont en train de faire face à des situations parfois
inédites en matière de gestion et d'arbitrage du foncier. La
formation de leurs personnels a certainement besoin d'être renforcée
dans le droit foncier. Ailleurs, dans les pays développés, ce sont
des tribunaux fonciers spécialisés qui traitent ce genre de
dossiers. Ce sont les subtilités du droit de propriété, les rigueurs
du droit civil, l'esprit de l'ancien code rural, le code forestier,
les règlements d'urbanisme, les nouveaux instruments de
l'aménagement du territoire (PDAU, POS, SNAT) et leur extension
dans ce qui est appelé le droit commun (conflits entre personnes)
qui s'enchevêtrent ainsi dans la plupart des affaires et dossiers
liés au foncier. Outre la nécessité d'une vision nouvelle – sur le
les plans technique et procédurier – du droit foncier qui doit se
mettre au diapason des enjeux charriés par les transformations
économiques du pays, une appréhension sociologique et culturelle de
la notion de propriété devrait aussi permettre d'asseoir les
instruments adéquats de la gestion des portefeuilles fonciers.
Car, les
structures sociales algériennes, et plus généralement maghrébines,
comportent bien des spécificités dans leur relation à la terre
relevant du droit coutumier, lequel ne cadre pas toujours avec la
stricte vision du droit positif hérité de l'administration coloniale
(dévolutions, successions, héritages réguliers, avance d'hoirie,
soulte, indivision, transactions, biens de mainmorte [appelés aussi
biens Waqfs et Habous et qui n'admettent ni transaction ni
hypothèque], droit de préemption ou chafaâ,…etc.).
Les instruments
réglementaires, techniques et juridiques que les pouvoirs publics
commencent à mettre en place pour renforcer les anciens dispositifs
et les vieilles institutions spécialisées dans le domaine, telle que
l'Agence nationale du Cadastre, ont pour dénominateur commun la
réhabilitation, la clarification et la stabilisation de la notion de
propriété qui est censée être appréhendée comme un facteur majeur de
développement économique.
Par Saâd
Taferka
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