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«Printemps» et
autres arabesques
Algérie : On ne
sait pas si on va finir un jour par savoir «pourquoi l'Algérie est
restée à l'écart du Printemps arabe», mais il ne se passe pas un
jour sans que quelqu'un nous apporte une explication. L'un des
derniers en date est Tony Barber, du Financial Times. Il pense que
«la réponse est dans l'exceptionnelle brutalité de son passé
colonial». C'est un peu mieux enveloppé que pas mal d'autres
conclusions. Elle n'empêchera pas, pour autant, que des loupes
continueront de parcourir cette incongruité de l'histoire. L'Algérie
n'a pas eu son «printemps», même pas celui qu'on plante à coups de
bombes, comme le libyen. Si la question se pose, c'est que le
phénomène aurait dû se produire. Pour la première fois,
l'intelligence serait mise à dure épreuve. Heureusement que ce n'est
qu'un certaine forme d'intelligence, celle qui fleurit depuis qu'il
est devenu possible d'étaler la fatuité, sans risque de perdre son
espace journalistique ou son siège autour de plateaux télévisés.
L'autre question, que suscite celle-ci par la force des choses, ne
figure pas dans la liste des préoccupations des chasseurs de
«printemps». Elle serait, de surcroît, plus perspicace. La voici :
devrait-il y avoir un «printemps», en Algérie ou ailleurs ? Une fois
qu'on lui aura trouvé une réponse, on pourra s'inquiéter ou se
rassurer, selon le cas. Parce que ce serait plus logique de partir
d'une hypothèse que d'une conclusion. Syrie : une délégation de la
Ligue arabe visite le pays, pour observer la façon dont le
gouvernement traite ses administrés. C'est devenu possible, depuis
que cette organisation s'est trouvée la seule vocation qu'elle peut
assumer et dans laquelle elle excelle. Après la Libye, la Syrie est
donc sa deuxième mission pour le compte de la «communauté
internationale». Les délégués n'ont «rien trouvé». Entendre par là
les faits que Al Jazeera et ses partenaires médiatiques ont filmés
ou rapportés. Cela n'a pas été jugé normal par ces mêmes médias et
par ceux qui ont «démocratisé» la Libye. Il y aurait eu
«manipulation de la situation par le régime» et les délégués doivent
absolument confirmer les «massacres de civils» et la «présence de
chars dans les rues des villes visitées». Les réactions sont si
outrées, qu'on se demande à quoi était destinée la mission, s'il
fallait que son rapport soit préétabli. Ainsi va la vérité des
puissants et du droit de la force. Tunisie : les réunions de la
nouvelle assemblée élue ne suscitent pas beaucoup d'enthousiasme. A
commencer par le discours d'investiture du Premier ministre, Hamadi
Jabali, qui aurait été emprunté à Zine El Abidine Ben Ali. Il
serait, dit-on, «vide de tout projet palpable, chiffré, pertinent et
réaliste» et plein de mots ronflants aux airs connus : «chafafiya»
(transparence), «dimocratia» (démocratie), «maslaha watania»
(intérêt national) et autres slogans. Autour, on attendait mieux que
ça : au moins un programme, un calendrier et des échéances, aussi
modestes qu'auraient pu être les objectifs. Libye : le CNT se réunit
toujours à Benghazi, lui seul ne croit pas que Tripoli serait aussi
sûre après avoir été «libérée», comme on le sait, par l'OTAN, ses
bombardiers et ses forces spéciales. Lors de sa dernière réunion, la
bande en est encore à tenter de se faire connaître et estime qu'«il
est du droit de tous les Libyens de connaître les noms et l'histoire
des responsables du Conseil transitoire ainsi que la façon de gérer
cette institution qui est la haute autorité exécutive en Libye».
Comme quoi, des mois après la «victoire», on reste clandestin.
Par Ahmed
Halfaoui
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samedi 31 décembre 2011
En perspective de son éventuel
retrait de l'Alliance présidentielle

Le clash
aura-t-il lieu ?
Le Mouvement de la
société pour la paix (MSP) s'apprête à prendre un virage décisif
dans son histoire. Et pour cause, la réunion de son Conseil
consultatif entamée hier, la dernière de l'année 2011, pourrait
entériner définitivement la décision de se départir de l'Alliance
présidentielle qu'il partage depuis plusieurs années avec le Front
de libération nationale (FLN) et le Rassemblement national
démocratique (RND).
Lire
LES TITRES
Yousfi répond à
Sidi Saïd
«D'accord pour revoir l'octroi des
marchés»
Secteur de
l'Education
Les syndicats contre la radiation des
enseignants
Elle avertit
contre la fraude lors des élections prochaines
Louisa Hanoune : «Nous sommes prêts à
sortir dans la rue»
Développement
local et entités territoriales
Par les chemins de la gouvernance locale
Un clandestin
kidnappé et tué à Biskra
«Les regrets ne servent à rien...»
Deux frères
arrêtés lors d'un assaut
Un réseau de trafic de véhicules tombe
Cybercriminalité
La nouvelle menace
LA 24
Trafic
de médicaments
Les
spéculateurs provoquent une perte de 94 millions de dollars
La spéculation sur
le médicament a provoqué une perte de 94 millions de dollars en
2011, selon le ministre de la Santé. Djamel Ould Abbès a pointé du
doigt des importateurs sans pour autant les citer nommément. "Des
importateurs ont spéculé sur les prix de certains médicaments et
dilapidé l'argent du peuple à travers des surfacturations estimées à
94 millions de dollars en 2011", a-t-il déclaré lors d'une séance
plénière à l'Assemblée populaire nationale. Cette accusation, a-t-il
souligné, vise "certains importateurs en particulier", précisant
que la majorité des importateurs de médicaments "respectent la loi
et accomplissent pleinement leur rôle". Le ministère de la Santé a
par ailleurs réitéré sa détermination à lutter contre la corruption
qui sévit dans le domaine de l'importation des médicaments,
notamment "le transfert illégal de devises et la dilapidation de
l'argent du peuple". Ainsi, il affirmera avoir élaboré un dossier
sur ces transferts illégaux qu'il a soumis aux ministères des
Finances et du Commerce, ainsi qu'aux services des Douanes. Ces
institutions, a-t-il ajouté, sont appelées à coordonner avec le
ministère de la Justice pour que des mesures soient prises
concernant ce dossier. Par ces déclaration, Ould Abbès soutient que
des poursuites judicaires seront intentées à l'encontre des
spéculateurs, à l'origine des dysfonctionnement que connaît le
marché national du médicament depuis plusieurs mois. Sauf que le
ministre n'a donné aucune échéance, ni autres mesures coercitive
décidée dans l'immédiat afin de mettre un terme à cette situation.
cela d'autant que le département de la santé semble avoir identifié
les mis en cause et il ne suffit que de saisir directement la
justice pour mettre un terme à leur trafic dans les meilleurs
délais. Au sujet de la pénurie de médicaments, Ould Abbès a affirmé
qu' " il n'y a pas de pénurie ", mais plutôt " un problème de
distribution qui s'ajoute à la spéculation de certains distributeurs
". Afin d'assurer la disponibilité des médicaments, un conseil
interministériel a été tenu entre le secteur et le Premier ministre
pour prendre des mesures d'urgence concernant la Pharmacie centrale
des hôpitaux (PCH), qui était confrontée à des difficultés
financières. Ce conseil interministériel, faut-il rappeler, a décidé
d'accorder une ligne de crédits de 30 milliards de DA à la PCH, à
travers la BNA et le CPA, pour lui permettre de s'acquitter de ses
dettes. Le statut de la Pharmacie centrale des hôpitaux a également
été modifié afin de lui conférer plus de prérogatives, a fait savoir
le ministre, précisant qu'en cas de rupture de médicaments au niveau
des pharmacies privées, la PCH peut leur vendre les médicaments en
manque. Le ministre a, par ailleurs, annoncé l'installation d'une
commission nationale consultative permanente dans le domaine des
médicaments dans laquelle sont représentées toutes les parties
concernées, dont les distributeurs et les importateurs privés. Reste
par ailleurs à savoir si ces mesures sont susceptibles d'en finir
avec le problème de la pénurie et soulager des milliers de malades
et de leurs familles tenaillés par d'interminables ruptures de
stocks.
Par Aomar
Fekrache
Des
éléments en fuite condamnés
Lourdes peines
à l'encontre de plusieurs terroristes
Le tribunal
criminel près la Cour de Tizi-Ouzou a condamné jeudi à 5 ans de
prison ferme le dénommé Mouheb Messaoud, reconnu coupable
d'"adhésion à un groupe terroriste armé". Selon l'arrêt de renvoi,
les faits de cette affaire remontent au 22 juillet 2011 lorsque
l'accusé rencontra M. Adel, propriétaire d'une voiture, dans la
ville de Dellys (wilaya de Boumerdès) et lui demanda de le conduire
le lendemain vers la ville de Tigzirt (dans la wilaya de Tizi-Ouzou)
pour l'achat d'un filet de pêche. Le lendemain matin les deux hommes
se rencontrent et prennent la direction de Tigzirt en passant par la
"Crête". En cours de route, Mouheb Messaoud, reçoit des appels
téléphoniques de son frère Hafidh qui a rejoint les groupes
terroristes armés, activant dans la région de Mizrana, entre Dellys
et Tigzirt, et qui lui demande de s'arrêter avant l'entrée de la
ville de Tigzirt. Aussitôt le véhicule stationné, deux terroristes
armés en l'occurrence Mouheb Hafid et Toudji Mohamed sortirent de la
forêt. Ce dernier remet à M. Adel la somme de 51.000 DA et une liste
des achats à faire pour les groupes terroristes. Sur la route de
Tigzirt vers Tizi-ouzou, Mouheb Messaoud demanda au conducteur de
s'arrêter pour satisfaire des besoins pressants. Une occasion pour
Adel de s'enfuir, arrivé au barrage mixte du "Pont de Bougie"
(Tizi-Ouzou), il informe les éléments de la BMPJ qu'il a été victime
d'une tentative d'enrôlement dans un réseau de soutien au
terrorisme. Il remet la liste des achats et la somme d'argent qui
lui a été remise par les terroristes. Mouheb Messaoud sera
interpellé le lendemain dans son magasin près de chez lui, à Dellys.
Interrogé par le juge, ce dernier a reconnu avoir rencontré son
frère en compagnie d'un autre terroriste à l'entrée de la ville de
Tigzirt, mais il a déclaré que c'est Adel qui voulait "l'entraîner
dans un réseau de soutien au terrorisme". S'agissant des 25 appels
téléphoniques échangés entre lui et son frère qui était au maquis,
en seulement une semaine, il ne donnera aucune explication. Le
représentant du parquet a requis 20 ans de prison ferme contre
l'accusé, alors que la défense a plaidé les circonstances
atténuantes en évoquant la "pression exercée par les groupes
terroristes" sur leur client. Après délibérations, il a été condamné
à 05 ans de réclusion criminelle. Son frère Hafidh et Toudji
Mohamed, jugés par contumace, ont été condamnés à la peine capitale
pour "appartenance à un groupe terroriste armé".
Salem M.
Son
agresseur a échoué à la séduire
Une adolescente
sauvagement poignardée
Une adolescente de
16 ans a été poignardée à plusieurs reprises en pleine rue à
Mansourah à 24 km de la wilaya Mostaganem. Les premiers éléments de
l'enquête font ressortir qu'un jeune aurait harcelé l'adolescente
pendant un moment puis, mécontent, il l'aurait menacée avant de se
jeter sur elle et lui porter une dizaine de coups de couteau en
pleine poitrine. Elle a eu un poumon perforé. Transportée dans un
état grave à la polyclinique de la ville, elle succomba peu après.
L'homme de 23 ans a été interpellé sur les lieux après avoir tenté
de fuir. Il a été placé en garde à vue puis présenté mercredi
dernier devant le juge instructeur qui l'a placé en détention
préventive. A signaler que dans la même commune, un jeune homme de
21 ans a été retrouvé égorgé dans un fossé deux jours
auparavant.
Par Zahra
Boutrik
Autoroute
est-ouest
Report de la
date limite des soumissions
La date-limite de
dépôt des soumissions relatives au marché des équipements
d'accompagnement de l'autoroute Est-ouest a été reportée au mois de
février 2012, a indiqué le ministre des Travaux publics, M. Amar
Ghoul. "L'Agence de gestion des autoroutes (AGA) a décidé de
reporter d'un mois ou d'un mois et demi , la date-limite de dépôt
des soumissions relatives au marché des équipements d'accompagnement
de l'autoroute Est-ouest, fixée initialement au 15 janvier 2012",
a-t-il expliqué dans une déclaration à la presse en marge des
Assises nationales sur le développement local. "A la demande des
entreprises intéressées, qui préfèrent consacrer les mois de
décembre et janvier à l'établissement de leurs bilans, l'AGA a
décidé de reporter l'opération à fin février prochain", a-t-il
ajouté. Le marché en question consiste à réaliser notamment des
postes de péage et des aires de repos au niveau de plusieurs points
le long du tracé de l'autoroute . La construction des stations-
services a été confiée à l'entreprise publique Naftal,
rappelle-t-on. A une question sur la réalisation de l'autoroute des
Hauts-Plateaux, le ministre s'est limité à dire que cette future
infrastructure routière sera réalisée selon les normes
internationales et d'une qualité similaire à celle de l'autoroute
Est-ouest. Dans une récente déclaration, M. Ghoul avait a annoncé
que les travaux du projet de l'autoroute des Hauts-Plateaux, dont
les études techniques sont en phase finale, seront lancés en 2012.
Reda A.
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Administration locale défaillante et déplorable
Babès
a déclaré, après plusieurs mois de réunions "sur le terrain", que les
problèmes prioritaires des jeunes, c'est l'emploi puis le logement.
Franchement, on s'en doutait un peu. Restons donc sur l'essentiel. Babès
va informer le président de ces problèmes qu'il ne connaît que trop. Que
va-t-il lui proposer comme solution ? Aucune, bien sûr, sinon ce qui est
déjà fait ou en train de se faire. Comme il n'y a rien à dire de plus,
que ce qui a été dit, alors on va maquiller cela par de la "politique" :
appels et rappels, statistiques opportunes à l'appui, exhortations,
engagements, dénonciations abstraites des dysfonctionnements, promesses
plus ou moins solennelles etc. Bouteflika a tiré la première salve, dans
un discours lu par son conseiller. Où il est dit que, vu le décalage
entre les efforts consentis par l'Etat et les résultats obtenus, les
problèmes viennent d'une administration locale dont la défaillance est à
déplorer. D'abord, il n'existe pas d'administration locale autonome de
l'administration centrale dont elle est censée dépendre corps et âme. La
défaillance de la première est nécessairement celle de la seconde. Et,
dans tous les cas, on ne la déplore pas, mais on doit la corriger. A
moins que, dans un langage difficile à décrypter par un non-bureaucrate,
il s'agisse de dénoncer les élus chargés d'administrer leurs localités.
C'est-à-dire, en fait, les partis politiques dont ces élus dépendent.
L'argument devient : l'Etat travaille, l'élu ne suit pas. Mais celui-ci
n'a pas d'autonomie financière, en supposant qu'il ait les budgets qu'il
faut. Il n'a pas le personnel qualifié. Il touche lui-même un salaire de
misère - 15 000 DA selon une pétition qui circule actuellement. Et on
décide pour lui, à sa place, à partir de lointains bureaux d'Alger,
bureaux dirigés par des bureaucrates dont la plupart n'ont jamais mis le
pied dans sa localité. Alors, faut-il l'accuser lui, ou le soutenir, en
commençant par accuser l'administration centrale de ne pas l'avoir fait
jusqu'ici ? Il est une tendance, érigée en règle d'or dans le
fonctionnement bureaucratique, qui consiste à ne pas s'accuser soi-même.
A partir de cette tendance, on se refuse de comprendre le problème et on
l'aggrave par de fausses solutions. Ici, en l'occurrence, on en appelle
à la société civile et à l'esprit citoyen pour venir apporter son
secours au malheureux élu, réduit à réclamer un salaire décent, dans le
noble but de redresser l'administration locale "défaillante" et sauver
ainsi l'administration centrale censée n'y être pour rien, puisque
"l'Etat a fait d'immenses efforts". Tout le mal algérien vient de ce que
l'administration génère des problèmes, se défend de les avoir générés,
accuse autrui de les avoir générés, et lui demande de les régler à sa
place, sans lui donner les moyens financiers nécessaires, ni surtout
l'autonomie et la liberté requises pour s'organiser et entreprendre.
Pour espérer que la société civile se charge d'une administration locale
défaillante, et ne pas se contenter de déplorer, ne faut-il pas, en
effet, commencer par lui permettre vraiment d'exister ?
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