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Semaine du 1 au 7 juillet 2009

 

Le second festival panafricain ouvre ses portes le 5 juillet

Le rendez-vous de tout un continent

Voyage en images au cœur de l’Afrique

Des films réalisés exclusivement pour cette manifestation

Les productions  du panaf 2009

 

 

 

 Culture


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Le second festival panafricain ouvre ses portes le 5 juillet

Le rendez-vous de tout un continent

« … Non pas monde noir, terme suspect et métaphore monochrome qui nie tout, ou presque, de l’extraordinaire richesse et diversité de ses peuples, de ses langues et de ses cultures...

Mais un continent énergique et pluriel… » C’est là ce que l’on peut lire dans l’une des toutes premières brochures éditées par le ministère de la culture il y a de cela quelques mois et qui pourrait tout aussi bien tenir lieu d’exergue et d’objectif assigné à ce deuxième festival panafricain qu’Alger organise et accueille à partir du 5 juillet prochain. Il aura fallu attendre près d’un demi-siècle pour que suite soit enfin donnée à l’historique et immortelle première édition de juillet 1969, toujours dans cette même capitale, il est vrai alors considérée comme la Mecque des révolutions. Et où se croisaient et s’entremêlaient au gré de ses terrasses aujourd’hui disparues ou interdites au nom d’on ne sait quel ordre public nouveau, tout ce qui comptait autant en matière de cultures que de mouvements de libération africains. Mais enfin, ne larmoyons pas trop  sur un passé aujourd’hui presque aussi disparu que nombre de grands noms de l’art et de la culture africains qui avaient donné toute sa grandeur et sa somptuosité à un certain mois de juillet 1969. La ville-capitale est toujours là. On verra bien ce qu’elle peut encore donner. Il y a du défi dans tout cela. C’est sûr…

Quinze jours de défis multiples

 Hégémonie de la planète Mac Luhan oblige, que voient, enregistrent et entendent les téléspectateurs et autres internautes du monde entier d’un continent lassé des stéréotypes et clichés quotidiennement diffusés par le règne de l’histoire immédiate – celle du tout-pouvoir de l’information, des médias et des journalistes – sinon une infinie et ininterrompue succession d’images et de propos qui, tous, ne nous ramènent qu’à un détestable glossaire où s’entrechoquent et se répètent toujours ces mêmes mots, ces mêmes «repères» : guerres, ethnocides, génocides, faim, soif, misère, immigration clandestine, sous-développement, camps de réfugiés, enfants-soldats, sida pandémique, bidonvilles, prostitution, drogue, grand et petit banditismes, grands et petits bandits, pirates de tout poil et de tout genre… bref, juste ce qu’il faut pour permettre à la boulimie consumériste occidentale de continuer à créer, toujours plus riches et diversifiés, bouffes et shampooings pour ses chats et ses chiens, tout en gardant un regard passif et hypocritement compassionnel sur ces «autres», hier esclaves et colonisés, et dont aujourd’hui, on s’en va rassurant qu’ils ne sont pas plus mûrs pour la démocratie que pour  la modernité. C’est aussi cela le défi de ce deuxième Panaf : prouver, démontrer, attester au vu et au su de tout le monde que, malgré tout, envers et contre tout, et même meurtri et contusionné, un  continent se lève, se relève, danse, chante, parle et rit parce que, tout simplement, il fut, reste et demeure ce berceau de l’humanité d’où, tout, «un jour» partit. Et Alger, ce «territoire-guide» selon l’expression de Franz Fanon, a tout à gagner de ce genre de défi. Elle que l’on continue à vouloir enfermer dans une vision appauvrie et appauvrissante, réductrice et minorisante, de toutes les façons, propre à tous ceux persuadés que leurs femmes sont à l’abri grâce à la «culture»  du blindage et du barreaudage, et qu’eux-mêmes aussi ne peuvent l’être qu’en remplaçant les sept portes d’El Bahdja par autant de murs si  hauts, que, derrière, l’on ne pourrait plus voir la mer.

Rythmes, couleurs et sons… des mots aussi

Si, dans les années soixante, la présence de l’Afrique à l’échelle planétaire était surtout tributaire du rôle que l’une et l’autre des deux grandes puissances dominatrices du monde d’alors voulaient bien lui faire jouer, guerre froide obligeait, ou encore de quelques  fortes personnalités des arts, de la culture ou de la connaissance scientifique,  aujourd’hui,   dans l’univers mondialisé qui est le nôtre et qui a fait des interférences culturelles quasiment une obligation, partout se multiplient et essaiment les scènes, galeries d’art et maisons d’édition du monde entier, des artistes, hommes et femmes de culture et scientifiques dont la renommée recoupe pratiquement tous les continents. Finie cette lointaine époque où l’on ne connaissait, pour l’exemple de la Guinée que son fameux ballet national, ou encore de l’Algérie où le rai, le gnaoui et la chanson amazigh ont acquis droit de cité. L’Afrique du sud de Nelson Mandela n’est plus ce rêve lointain transmis aux étoiles et planètes les plus lointaines par l’inoubliable Myriam Makeba. Négritude, arts nègres sont des concepts et notions complètement revus et corrigés d’abord par les africains eux-mêmes. Il y aura aussi lieu de faire le point sur tout ce qui en même temps sépare et relie ces deux dates à un demi-siècle de distance. Les thématiques s’articuleront autour du livre, avec l’édition ou la réédition de plus de deux cinquante ouvrages d’auteurs d’Afrique ou des Caraïbes, la bande dessinée fera enfin son entrée dans le panthéon des formes d’art consacrées, un festival international de la littérature de jeunesse et du roman est prévu, des nuits de la poésie et du conte africain, un symposium sur la littérature africaine, des expos, des rencontres avec des auteurs, des ateliers d’écriture et de dessin, des spectacles pour enfants, des conférences, des colloques et des rencontres axées sur des thèmes aussi variés que la colonisation, femmes et développement, les origines africaines du jazz, la zaouïa Tidjania, Fanon bien sûr, mais aussi l’oralité africaine… Les arts plastiques ne seront pas en reste : le design, la photographie, la modernité dans l’art africain, l’art africain au féminin, la musique, la chorégraphie, des spectacles de rue à n’en plus finir, le théâtre avec dix-sept pièces produites par les différents hôtes et quatorze productions nationales, un colloque  «tradition et modernité dans le théâtre africain», des «contes de grand-mère agencés en spectacles et montage poétique» qui ne manqueront pas de ravir l’œil et l’imagination sont aussi prévus…un colloque sur le cinéma en Afrique, un hommage aux grandes figures du cinéma africain, l’édition d’un annuaire du cinéma africain, outil,  ô combien utile et indispensable… et, bien sûr, tout ce qui concerne et repose sur tout autant le patrimoine matériel qu’immatériel, grande innovation de ce deuxième festival, avec les nombreux chefs-d’œuvres classés désormais patrimoine universel par l’Unesco, à l’image de l’Ahellil du Gourara, le patrimoine oral Gélédé ou encore le savoir-faire du travail du bois des Zafimaniry… des colloques sur les architectures de la terre, sur la terminologie artistique africaine ou encore le trafic illicite des biens culturels dont, par exemple notre pays mais nombre d’autres pays africains continuent de souffrir malgré une vigilance désormais de tous les instants… Bref, quinze jours entiers de fêtes en tout genre, de manifestations culturelles et scientifiques riches et variées. Voilà grosso modo rappelé  tout ce autour de quoi est appelé à s’articuler et se déployer ce prochain festival qui ouvrira ses portes au soir du 5 juillet prochain à la Coupole.

Le défi du public

L’important aussi, c’est que c’est en cette première décennie de ce siècle naissant que survient un événement de cette taille et de cette importance. Des projections collectives pourraient donc y être menées, un travail collectif partagé qui pourrait être structuré par de grandes régions africaines, par catégories d’expression, par genres et styles culturels et artistiques. Le Nepad est paraît-il en panne, pourquoi la culture, les hommes et femmes de culture, les artistes africains ne viendraient-ils pas à son secours ? Tant l’on sait aujourd’hui bien plus qu’hier que tout est lié, que tout est en interactivité, en interpénétration constante et permanente et que chaque pan n’est qu’une partie d’un tout. A l’heure du pluriculturalisme,   de la convocation et de la confrontation des influences et des genres, de grands artistes d’envergure internationale et de l’expression faite reine, tout ne peut qu’aller dans ce sens.

Il reste que l’on n’organise pas un festival d’une telle ampleur sans tenir compte de ce facteur essentiel qu’est la symbiose et l’adhésion du public, qu’il soit celui composé de spécialistes ou plus prosaïquement de profanes, d’amateurs. C’est pourquoi, et en souvenir de ce que fut le premier festival panafricain d’Algérie, la question qui se pose est bien celle de savoir ce qui est prévu pour faire vivre, notamment les algérois, de jour comme de nuit, aux rythmes, couleurs et sons d’un rendez-vous, le deuxième du nom, qui doit, et devra, marquer les esprits au moins autant qu’aura été capable de le faire son prédécesseur. Là est tout le défi posé aux organisateurs à différents niveaux de cette manifestation.

Par Malik-Amestan B.

 

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Voyage en images au cœur de l’Afrique

Karim Aït Oumeziane, directeur du centre cinématographique algérien et chef du département cinéma pour la deuxième édition du Panaf est catégorique : «Nous avons un programme très riche et très diversifié.»

«J’avoue que cela n’a pas été facile à concrétiser, mais grâce à la collaboration de tout le groupe qui constitue la commission cinéma du panaf, tout a été ficelé dans les délais et selon nos prévisions». Une déclaration qui rassure les cinéphiles dans la mesure où une opportunité unique leur est offerte de voir ou de revoir les films africains qui ont eu une notoriété. Nous pensons particulièrement à la section «Yanenga d’Or» où tous les films qui ont cette distinction, l’équivalent de la palme d’or du festival du film africain de Ouagadougou, sont programmés à compter du 6 juillet à la salle Ibn Zeydoun de Riadh El Feth. On cite dans le désordre «Ezra» de Newton Aduaka, «Pièces d’identité» de Mweze N’Gangura, «Histoire d’une rencontre» de Brahim Tsaki, «Au nom du christ» de Roger Gnoam M’Bala et «Heremakono» de Abderrahmane Sissako. Karim Aït Oumeziane est certain que les différentes sections du volet cinéma du panaf vont satisfaire les attentes du public. Avec la précieuse collaboration de Malek Ali Yahia, directeur de MD Ciné et d’autres spécialistes de cinéma, le programme concocté au vu de ce que nous a annoncé officiellement le chef du département cinéma du panaf a de quoi séduire et réhabiliter le loisir cinéma le temps de cette gigantesque manifestation culturelle qui réunit durant quinze jours la créativité des artistes africains, tous domaines confondus. Mais restons dans le royaume du rêve et de l’émotion. La section «Pionnier et Diaspora», qui a élu domicile naturellement, allions-nous écrire,  à la Filmathèque Zinet, donnera à coup sûr une idée du début de l’aventure du cinéma africain, celui fait selon la célèbre formule de Sembène Ousmane «de mégotage», autrement dit avec très peu de moyens et beaucoup de persévérance. Les pionniers ont pour nom Sembene Ousmane, Mustapha AlassaneDjibril Diop Mambety, Lionel Ngakane et Mustapha Alassane à titre d’exemple. Ils ont le mérite d’avoir montré la voie et filmé les préoccupations des sociétés africaines. Ce sont aujourd’hui des films qui ont une grande valeur sociologique. Depuis, le cinéma africain a beaucoup évolué sur le plan technique notamment, et des œuvres comme «Tilaï» de Idrissa Ouédraego a obtenu le grand prix du jury à Cannes en 1990, ce qui illustre de manière éloquente l’évolution de ce cinéma qui a su rester authentique et acquérir les valeurs de la critique internationale. «Chronique des années de braise» de Mohamed Lakhdar Hamina a, pour rappel, obtenu la Palme d’or du festival de Cannes en 1975 et reste à ce jour l’unique film à avoir obtenu cette prestigieuse distinction. Il faut dire que cette superbe fresque de Lakhdar Hamina reste un chef-d’œuvre cinématographique. Il est évident que ce film soit invité à cette grand-messe des films africains, comme il est impensable de tracer le programme de cette grande rétrospective sans rendre hommage à l’immense talent de Youssef Chahine avec deux films référence dans la mesure où le premier, «Le Moineau», marque une étape dans le parcours de ce cinéaste, et «Alexandrie, pourquoi ?» où Chahine, après une opération à cœur ouvert, a décidé de braquer sa caméra sur sa vie et sur l’histoire de l’Egypte. Notons enfin que les dernières productions algériennes sont à  l’affiche. Il y aura «Mascarades» de Lyes Salem et «Indigènes» de Rachid Bouchareb et, bien sûr, d’autres films récents. «Sektou» de Khaled Benaïssa et «Le Vent des Aurès» de Lakhdar Hamina entament ce voyage en images au cœur de l’Afrique.

Par Abdelkrim Tazaroute

 

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Des films réalisés exclusivement pour cette manifestation

Les productions  du panaf 2009

Le volet cinéma du panaf 2009 ne se réduit pas uniquement aux films programmés dans six salles, quatre à Ryadh El Feth, Ibn Zeydoun, Cosmos Apha, Cosmos Beta, et la filmathèque et deux salles en plein air, des tentes placées dans deux sites de la capitale, mais aussi à un colloque sur le cinéma africain où de nombreux invités de marque, des critiques de cinéma viendront débattre durant deux jours, les 10 et 11 juillet, le thème retenu, à savoir «Quels modèles d’avenir pour les cinémas d’afrique ?»

Le panaf cinéma, pour sa deuxième édition, c’est aussi la production exclusive de documentaires et de films, dont un sera consacré à cette édition, aura la lourde tâche d’être la mémoire d’une édition qui s’annonce riche et variée. Quatre documentaires sont déjà mis en boîte. Il s’agit de : «Algérie, terre des mouvements de libération africains» de Lamine Merbah, «L’Algérie et les mouvements de libération africains» de Ramadane souleimane, «Le Nepad» de Abdenour Zahzah,  et de «Mémoires du panaf 69» de Boualem Aissaoui. «Le Rôle de la femme dans le développement de l’Afrique» de Baya El Hachemi sera réalisé durant le panaf. Idem pour le documentaire sur le panaf de Chergui Kharroubi. Notons aussi que dix courts-métrages seront au programme. Ce sont des films de cinq à dix minutes réalisés par des cinéastes africains.

Ces films sont produits par l’Algérie dans le cadre du panaf 2009. Un concours a été aussi lancé pour aider la production de films africains, pour la réalisation de quatre courts-métrages et quatre longs-métrages. La commission mixte (Algériens et Africains) a reçu 32 scénarios. Les résultats, selon Karim Aït Oumeziane, seront annoncés le 10 juillet à l’ouverture du colloque consacré au devenir du cinéma africain. Le jury est présidé par Ahmed Bedjaoui et a pour membres Nourredine Touazi, Charles Menssa, Johson Traoré et Mahmoud Benmahmoud.

 

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