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Semaine du 1 au 7 juillet 2009

 

Les Débats de l’heure

Dessalement, FMI et Tamanrasset

 

 

 

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Les Débats de l’heure

Dessalement, FMI et Tamanrasset

D’abord l’eau. Les ministres arabes de l’Eau se réunissent ce lundi 29 juin à Alger pour débattre de cet important sujet. L’eau se fait rare dans de nombreux pays. Dans une décennie ou deux la situation sera dramatique dans certains d’entre eux. Les usines de dessalement peuvent représenter une solution mais cela coûte cher. Quelques experts estiment que ce procédé de dessalement, outre qu’il est cher, comprend des risques notamment sur l’environnement. C’est ainsi que récemment le parti RCD a publié une étude d’un de ses militants dans laquelle les dirigeants du pays sont attaqués sur leur politique en la matière. L’Algérie, en un temps relativement court, est devenu l’un des pays au monde où il existe beaucoup d’usines de dessalement. Bien que des expériences menées dans différentes régions du monde ont montré que le dessalement est une vraie réponse au problème des pénuries d’eau, que les risques éventuels sur l’environnement restent minimes et que les coûts peuvent être très raisonnables à condition de ne pas utiliser l’eau ainsi récupérée à des fins agricoles ou industrielles, le RCD persiste à penser que les sommes importantes investies par l’Algérie le sont en pure perte et, pis, que les conséquences en seront désastreuses à plus ou moins long terme. Le RCD joue son rôle d’opposant et ses attaques, pour exagérées qu’elles soient, peuvent servir à initier des débats sur certains sujets. Mais la réaction à ces attaques, sur un site internet, de la part des dirigeants de EAC (le groupement qui comprend Sonatrach) a été d’une maladresse et d’une faiblesse telles qu’elle ne peut qu’alimenter en crédibilité la thèse du RCD. Celui-ci compte initier une action politique pour donner plus d’envergure à ses attaques, peut-être alors verrions-nous émerger un vrai débat. Avec de vrais débatteurs.

Ensuite l’achat éventuel par l’Etat algérien d’obligations du FMI. Faut-il oui ou non que l’Algérie investisse dans ce créneau au moment où le FMI, en manque de liquidités, lui fait les yeux doux ? A priori oui. Pour au moins deux raisons. L’Algérie a assez de réserves pour ce genre d’investissements, malgré son audacieux projet de dépenser 150 milliards de dollars en infrastructures notamment dans les prochaines cinq années. Mais aussi, elle n’aura rien à perdre, si toutefois elle ne gagnait rien : les investissements sont absolument garantis. Pourtant, l’idée est attaquée par certains économistes qui soutiennent que notre pays risque de se retrouver en situation délicate en ces temps de récession mondiale. En d’autres termes, nous risquons de ne pas disposer de l’argent investi dans les obligations du FMI au moment où nous en aurions le plus besoin. C’est une posture qui se base sur la prudence. Alors qui a raison ? Peut-être, comme le soutient un des experts, la meilleure solution se trouve-t-elle à mi-chemin des deux. Tout comme le fait la Chine, il faut acheter les bons obligataires du FMI, non seulement pour manifester une espèce de solidarité mondiale, mais aussi pour des intérêts à la fois économiques et politiques. Seulement, il ne faut pas en acheter beaucoup. Combien ? Pas plus de deux milliards de dollars, pense ledit économiste. Voilà une attitude bien sage, mais le débat reste ouvert.

Enfin, retour à l’eau, le transfert de In Salah à Tamanrasset. Le deuxième projet du siècle après l’autoroute est-ouest. Le coût est tel, en milliards de dollars, que l’on aurait pu transférer toute la ville de Tamanrasset vers In Salah. Encore donc une mauvaise chose. Mais est-ce si sûr que ça ? Ceux qui s’arrêtent au coût de cette infrastructure, apparemment insensée, omettent des aspects importants du problème. On peut en citer quelques-uns pêle-mêle. La Libye, ainsi que, dans une moindre mesure, la Tunisie, continuent à pomper cette nappe phréatique commune avec l’Algérie et donc à utiliser unilatéralement cette eau. In Salah n’a pas la position géopolitique de Tamanrasset qui pourrait être, à la fois pour les Américains et les Algériens, un centre régional, voire africain, de première importance à condition d’avoir l’eau. Tamanrasset a les potentialités touristiques, et donc à différents niveaux politiques et économiques, voire humains, celles d’être une grande ville fédératrice et rayonner sur l’ensemble de la région. Les coûts du transfert d’eau vers Tamanrasset sur plus de un millier de kilomètres sont prodigieux mais les dividendes escomptés le sont tout autant. Cet éclairage est-il le bon ? Il mérite en tout cas débat.

Par Abane Châabane

 

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