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Semaine du 1 au 7 juillet 2009

 

Etats-Unis et Union européenne veulent isoler Benyamin Netanyahu

Un homme désormais seul

 

 

 

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Etats-Unis et Union européenne veulent isoler Benyamin Netanyahu

Un homme désormais seul

Le chef du gouvernement israélien a tenté la semaine dernière à Rome puis à Paris de détourner l'attention de l'Europe en focalisant son discours sur l'Iran. Mais Silvio Berlusconi et Nicolas Sarkozy ont marché sur les pas de Barack Obama en exigeant de nouveau l'arrêt total de la construction de colonies en Cisjordanie.

La politique du fait accompli n’est l’apanage que des grands hommes d’Etat, et Benyamin Netanyahu n’en est pas un. Rusé jusqu’à l’os, le Premier ministre israélien avait bien calculé son soi-disant changement de position en ce qui concerne le futur Etat palestinien. Hostile à cette idée, il fait semblant de changer d’avis après le grand discours prononcé par Barack Obama au Caire le 4 juin dernier.

Dix jours après, c’est-à-dire le 14 juin, il prononce à son tour un discours au centre Begin-Sadate de Tel-Aviv et fait part de son acceptation d’un Etat palestinien à part entière, mais avec des conditions draconiennes. Benyamin Netanyahu réclame notamment que cet Etat soit entièrement démilitarisé, aux frontières contrôlées et sans possibilité d’accueillir les centaines de milliers de réfugiés palestiniens dispersées dans le monde arabe. Tollé au Moyen-Orient, soulagement mesuré en Europe et aux Etats-Unis.

Discours du 14 juin : un leurre pour gagner du temps

L’Occident, Amérique en tête, apprécie le changement de position du chef du gouvernement israélien, mais sans se faire trop d’illusions sur la suite. Car en faisant une concession minuscule sur l’Etat palestinien, Benyamin Netanyahu se rétracte davantage en ce qui concerne la colonisation. Candidat préféré des colons israéliens, «Bibi » ne peut et ne veut pas les décevoir, au risque de perdre un électorat précieux. Une nouvelle pomme de discorde que les Occidentaux ne sont pas prêts à laisser passer cette fois-ci. C’est donc des colonies qu’il a été question lors des discussions qu’a eues récemment Benyamin Netanyahu avec Silvio Berlusconi et Nicolas Sarkozy. Le président du Conseil italien et le président français sont certes des alliés indéfectibles de l’Etat hébreu, mais ils n’ont pas manqué de critiquer la politique israélienne de poursuite de la construction de colonies, au risque d’agacer leur hôte. En grand spécialiste de la diversion, Benyamin Netanyahu a préféré focaliser ses débats sur la question iranienne, et sur ce sujet, l’unanimité des points de vue était évidemment au rendez-vous. Pour revenir au problème épineux des colonies, les leaders européens ont tenu la semaine dernière le même discours que Barack Obama. «J’attiré l’attention du Premier ministre sur la nécessité de donner des signaux forts sur l’arrêt de la colonisation», a affirmé le 23 juin dernier Silvio Berlusconi. Nicolas Sarkozy a pour sa part appelé à un «gel total de la construction en Cisjordanie». Netanyahu aura une réponse pour le moins surprenante par sa nuance. Le chef du gouvernement israélien s’est engagé à Rome et à Paris à ne pas autoriser de nouvelles constructions de colonies, mais a toutefois confirmé que les colonies existantes devaient êtres agrandies pour répondre à la croissance naturelle des habitants.

Washington demeure inflexible

Les premiers à avoir rejeté ce discours sont les Etats-Unis. Le président américain n’a eu cesse de réclamer un gel total et immédiat de toute colonisation. Une revendication de nouveau assénée le 4 juin dernier dans la capitale égyptienne. Sans doute gêné et embarrassé à la fois par la fermeté de Washington, le Premier ministre israélien a préféré annuler sa rencontre prévue le 24 juin dernier à Paris avec George Mitchell. L’envoyé spécial de l’administration américaine au Moyen-Orient devait réitérer à cette occasion les demandes pressantes des Etats-Unis concernant le processus de paix israélo-palestinien, et les moyens de le faire aboutir sur le terrain. C’est donc vers les manœuvres dilatoires qu’a décidé de se tourner le gouvernement israélien pour tenter de mettre la communauté internationale devant le fait accompli. Une situation qui agace les alliés traditionnels d’Israël, et qui met en doute les promesses du président des Etats-Unis qui, dès sa prestation de serment le 20 janvier 2009, avait promis de faire avancer le processus de paix au Moyen-Orient. Encore trois ans et demi pour tenir cette difficile promesse.

Par Mohamed Khaled Drareni

 

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