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Etats-Unis et Union européenne veulent isoler Benyamin
Netanyahu
Un homme
désormais seul
Le chef du
gouvernement israélien a tenté la semaine dernière à Rome puis à
Paris de détourner l'attention de l'Europe en focalisant son
discours sur l'Iran. Mais Silvio Berlusconi et Nicolas Sarkozy ont
marché sur les pas de Barack Obama en exigeant de nouveau l'arrêt
total de la construction de colonies en Cisjordanie.
La politique du
fait accompli n’est l’apanage que des grands hommes d’Etat, et
Benyamin Netanyahu n’en est pas un. Rusé jusqu’à l’os, le Premier
ministre israélien avait bien calculé son soi-disant changement de
position en ce qui concerne le futur Etat palestinien. Hostile à
cette idée, il fait semblant de changer d’avis après le grand
discours prononcé par Barack Obama au Caire le 4 juin dernier.
Dix jours après,
c’est-à-dire le 14 juin, il prononce à son tour un discours au
centre Begin-Sadate de Tel-Aviv et fait part de son acceptation d’un
Etat palestinien à part entière, mais avec des conditions
draconiennes. Benyamin Netanyahu réclame notamment que cet Etat soit
entièrement démilitarisé, aux frontières contrôlées et sans
possibilité d’accueillir les centaines de milliers de réfugiés
palestiniens dispersées dans le monde arabe. Tollé au Moyen-Orient,
soulagement mesuré en Europe et aux Etats-Unis.
Discours du 14
juin : un leurre pour gagner du temps
L’Occident,
Amérique en tête, apprécie le changement de position du chef du
gouvernement israélien, mais sans se faire trop d’illusions sur la
suite. Car en faisant une concession minuscule sur l’Etat
palestinien, Benyamin Netanyahu se rétracte davantage en ce qui
concerne la colonisation. Candidat préféré des colons israéliens,
«Bibi » ne peut et ne veut pas les décevoir, au risque de perdre un
électorat précieux. Une nouvelle pomme de discorde que les
Occidentaux ne sont pas prêts à laisser passer cette fois-ci. C’est
donc des colonies qu’il a été question lors des discussions qu’a
eues récemment Benyamin Netanyahu avec Silvio Berlusconi et Nicolas
Sarkozy. Le président du Conseil italien et le président français
sont certes des alliés indéfectibles de l’Etat hébreu, mais ils
n’ont pas manqué de critiquer la politique israélienne de poursuite
de la construction de colonies, au risque d’agacer leur hôte. En
grand spécialiste de la diversion, Benyamin Netanyahu a préféré
focaliser ses débats sur la question iranienne, et sur ce sujet,
l’unanimité des points de vue était évidemment au rendez-vous. Pour
revenir au problème épineux des colonies, les leaders européens ont
tenu la semaine dernière le même discours que Barack Obama.
«J’attiré l’attention du Premier ministre sur la nécessité de donner
des signaux forts sur l’arrêt de la colonisation», a affirmé le 23
juin dernier Silvio Berlusconi. Nicolas Sarkozy a pour sa part
appelé à un «gel total de la construction en Cisjordanie». Netanyahu
aura une réponse pour le moins surprenante par sa nuance. Le chef du
gouvernement israélien s’est engagé à Rome et à Paris à ne pas
autoriser de nouvelles constructions de colonies, mais a toutefois
confirmé que les colonies existantes devaient êtres agrandies pour
répondre à la croissance naturelle des habitants.
Washington
demeure inflexible
Les premiers à
avoir rejeté ce discours sont les Etats-Unis. Le président américain
n’a eu cesse de réclamer un gel total et immédiat de toute
colonisation. Une revendication de nouveau assénée le 4 juin dernier
dans la capitale égyptienne. Sans doute gêné et embarrassé à la fois
par la fermeté de Washington, le Premier ministre israélien a
préféré annuler sa rencontre prévue le 24 juin dernier à Paris avec
George Mitchell. L’envoyé spécial de l’administration américaine au
Moyen-Orient devait réitérer à cette occasion les demandes
pressantes des Etats-Unis concernant le processus de paix
israélo-palestinien, et les moyens de le faire aboutir sur le
terrain. C’est donc vers les manœuvres dilatoires qu’a décidé de se
tourner le gouvernement israélien pour tenter de mettre la
communauté internationale devant le fait accompli. Une situation qui
agace les alliés traditionnels d’Israël, et qui met en doute les
promesses du président des Etats-Unis qui, dès sa prestation de
serment le 20 janvier 2009, avait promis de faire avancer le
processus de paix au Moyen-Orient. Encore trois ans et demi pour
tenir cette difficile promesse.
Par Mohamed
Khaled Drareni
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