hjk

 

Semaine du 1 au 7 juillet 2009

 

Extradition de Rafik Khalifa

La fin d’une longue attente ?

Logement

Le gouvernement sur plusieurs fronts

 

 

 

 Nation


Accueil

Extradition de Rafik Khalifa

La fin d’une longue attente ?

Maintenant que Londres  a dit «oui» pour l’extradition de Rafik khalifa , celui-ci aura quatorze jours pour introduire un pourvoi en cassation au niveau de la cour suprême britannique et tout interviendra dans une ou deux séances avant de passer aux procédures formelles de l’application de cette décision de la justice  après une longue attente de la part des nombreuses victimes du plus grand scandale financier qu’ait connu l’Algérie avec des milliards de dinars dilapidés.

Après l’énoncé du jugement par Timothy Workman, la défense a décidé de faire appel auprès de la Haute Cour, mais le pourvoi en cassation des avocats de Khalifa a peu de chances de faire changer le cours que l’affaire va désormais prendre. Pour le gouvernement algérien, une telle décision ne peut être considérée que comme une victoire pour la justice algérienne.

C’est ainsi qu’après un long combat mené par la justice algérienne, les Britanniques ont fini par comprendre qu’il s’agit d’un droit légitime et fondé sur des preuves solides pour pouvoir juger Khalifa en Algérie.

A cet effet, le juge britannique a  confirmé sa décision par le fait  qu’il n’existe aucune preuve étayant la théorie du règlement de comptes impliquant les plus hautes autorités algériennes, comme soutenu par des cercles politico-médiatiques et adopté comme ligne de défense par les avocats de Rafik Khalifa. Le juge Timothy Workman avait  déclaré qu’il était «convaincu que les assurances diplomatiques qu’il a reçues de la part de l’Algérie quant au respect des droits de Khalifa étaient à la fois fiables et de toute bonne foi», ajoutant qu’après son retour en Algérie, celui-ci «aurait droit à un nouveau procès suffisamment équitable et dans un délai raisonnable».

A savoir qu’avec la réputation qu’a la  justice britannique, notamment son indépendance à l’égard du pouvoir politique, elle aurait refusé la demande algérienne relative à l’extradition de  l’ex-golden boy algérien si elle avait eu le moindre soupçon de preuve que les ennuis de Khalifa avec la justice de l’Algérie sont causés par  l’acharnement à son encontre pour des raisons contrevenant aux principes du droit britannique. 

A rappeler que la décision britannique intervient  au bout de deux années de procédures diplomatico-juridiques. Et si on fait une petite comparaison avec l’affaire du terroriste Ramda qui a duré plus de dix ans avant son extradition en France, on pourra dire que la durée qu’a prise le verdict annoncé jeudi dernier est courte.

A savoir que le tribunal a mis en relief le fait que l’Algérie s’est engagée aussi à annuler le verdict prononcé par le tribunal de Blida, lequel a condamné Kahlifa à la réclusion à perpétuité. Dans ce cas, selon les juristes «quand le condamné se présente à la barre, il a droit à un autre procès. La présente condamnation ne sera pas prise en considération».

En tout cas, l’histoire du plus grand scandale financier qu’a connu l’Algérie depuis l’indépendance n’est pas encore finie car, une fois rentré en Algérie, l’ex- golden boy aura droit à un nouveau procès équitable comme l’a bien assuré la justice algérienne. Khalifa sera donc rejugé pour association de malfaiteurs, vol qualifié, détournement de fonds et faux et usage de faux C’est à ce moment que les victimes de cette affaires auront droit à des explication de la part de Moumen Khalifa, s’il en  a, car rien ne peut justifier une telle escroquerie.

Par Nacera Chenafi

 

Haut

Logement

Le gouvernement sur plusieurs fronts

En agissant sur l’offre, sur l’outil de production, sur le financement et sur la régulation du marché, le gouvernement s’est engagé dans une course contre la montre à tous les niveaux afin de réduire la crise du logement.

Après plusieurs réformes du secteur, c’est sans doute le projet du million de logements qui demeure l’élément clé de la réussite des politiques publiques contre une crise vieille de vingt ans, avec ce postulat que le cœur du problème se situe au niveau de l’offre. Sur ce plan, le gouvernement, par la voie de Nourredine Moussa, se veut plus que rassurant sur le respect des objectifs et des délais. Dans sa récente intervention au Forum de l’ENTV, le ministre de l’Habitat a confirmé que «le programme d’un million de logements sera achevé avant fin 2009» et ce, malgré la pénurie des matériaux de construction, et notamment le ciment. Le gouvernement a d’ailleurs lancé un appel d’offres pour l’importation d’un million de tonnes de ciment afin de briser cette pénurie et assurer la continuité du rythme des réalisations dans les différents chantiers à travers le pays. L’on sait que la production nationale des cimenteries publiques (11,5 millions de tonnes par an) et privées (5,6 millions de tonnes par an) est estimée à près de 18  millions de tonnes. Elle se veut suffisante, mais l’accroissement de la demande propulsée par les chantiers oblige le gouvernement à garantir une offre supérieure.

Jusque-là, le programme du million de logements, inscrit dans le cadre du plan de soutien à la croissance pour la période 2005-2009, renforcé par les programmes pour les hauts plateaux et le Sud, a pu avancer grâce à l’action du gouvernement sur l’outil de production, étant donné que c’est à l’essoufflement de ce dernier dans les années 1980, puis à sa crise financière dans les années 1990, que nous devons le retard de l’Algérie en la matière. Autant de mesures qui, au cours des trois dernières années, ont permis l’optimisation et l’amélioration de la capacité de réalisation des entreprises, permettant la réception de 220 000  logements en 2008, en attendant la livraison de 275 000 logements avant la fin de l’année en cours. Au 31 mars dernier, 869 000 logements ont été livrées  au 31 mars dernier.

Certes, des retards subsistent. Le cas est admis, surtout pour ce qui est des programmes de la formule du logement social participatif (LSP), imputé, selon le gouvernement, aux bénéficiaires responsables des retards dans le versement de leurs apports personnels. Mais cela n’a pas l’air d’empêcher les autorités de demeurer confiantes dans le respect de l’échéance 2009 pour réceptionner le million de logements.

Cette action sur l’offre devrait être confortée par le nouveau programme inscrit dans le cadre du programme présidentiel pour la période 2010-2014, avec l’objectif record d’un million et demi de logements à réaliser. A peine le premier programme livré que le gouvernement est donc appelé à réviser ses plans d’orientation, en incluant les nouvelles villes et en réorientant la répartition territoriale l’offre dans la quête d’un meilleur équilibre. En effet, sur 1541 plans communaux prévus, 1 046 plans ont été examinés. Les plans restants devant être finalisés rapidement avant le lancement du prochain programme quinquennal.

A l’action sur l’offre du gouvernement s’ajoute aussi son intervention sur la demande, et cela à deux niveaux. Le premier a trait au financement des promoteurs et des entreprises de réalisation, ce qui s’est fait par l’assouplissement du cadre de l’investissement et des conditions d’accès au crédit bancaire. Le deuxième volet a trait à la diversification des ressources des futurs bénéficiaires. C’est dans ce cadre qu’a été décidée la hausse du seuil du salaire maximum des postulants  au LSP jusqu’à un plafond de 80 000 DA par mois  au lieu de 72 000 DA actuellement. Les organismes publics intervenant dans ce domaine ont également été impliqués, et principalement la Caisse nationale du logement (CNL) et la Caisse nationale d’Epargne et de prévoyance (CNEP). Il faut savoir que la CNL a déjà déboursé plus de 880 milliards de dinars ces dix dernières années, dont 136 milliards de dinars en 2008. En 2009, les fonds alloués au soutien à l’accès au logement sont en hausse, et sont évalués à 147,3 milliards de dinars. Une offre qui, jusque-là, a été fortement orientée vers le logement social locatif (plus de 45%) et le logement rural (plus de 31%). Du côté des banques, l’on sait que la part du crédit immobilier prend une place grandissante dans les portefeuilles des banques de l’Etat. La CNEP, dont la vocation principale est de financer le logement, a une nouvelle fois allégé, cette année, les conditions d’octroi des crédits immobiliers, en garantissant une bonification des taux d’intérêt à compter d’un seuil d’épargne plus bas et au bénéfice des employés de toute entreprise qui soit liée à la CNEP par une convention de dépôt à terme logement. Ces mesures s’ajoutent à beaucoup d’autres prises depuis plusieurs années, y compris celles touchant les taxes sur les transactions, afin de favoriser une baisse des prix, moins de fraude fiscale et une plus grande transparence dans le marché.

A ce sujet, il convient de souligner le nouveau dispositif de régulation du marché de l’intermédiation immobilière. S’il est question de codifier la profession des agents immobiliers et d’y introduire quelques exigences en termes de compétences et de protection du consommateur, la nouvelle loi induira, de facto, la disparition d’une multitude d’agences immobilières qui ne pourront s’adapter aux nouveaux critères mis en place. Certes, cela ne doit pas faire plaisir à tous les acteurs, mais cela induira objectivement une réduction du nombre des agences immobilières et, forcément, la hausse de la part de marché des agences restantes, les incitant, peut-être, à s’éloigner des pratiques spéculatives.

Les prix étant multipliés par autant d’intermédiaires et de courtiers se dressant entre les locataires ou entre vendeur et acheteur d’un produit immobilier. Reste à savoir si, avec cette intervention qui jette le gouvernement sur plusieurs fronts, le défi sera relevé, non seulement à propos de l’objectif du million de logements, mais surtout pour réduire, et de manière perceptible, la crise du logement. Sur ce point, il faut dire que la poursuite de l’exode rural, malheureusement peu reconnu, demeure le premier adversaire des autorités.

L’afflux persistant vers les grandes villes en l’absence de développement à l’intérieur du pays et dans les campagnes, risque de minimiser les résultats obtenus et de maintenir la demande au plus fort. Cela sans compter le nombre important de citoyens qui  ,découragés, ne prennent même pas la peine de déposer une demande de logement ou de crédit.

Le gouvernement donne l’impression de ne pas ignorer cet état de fait. Le ministre de l’Habitat a annoncé, la semaine dernière, que la moitié du programme d’un million de logements ira vers l’habitat rural. Il était temps !

Par Nabil Benali

 

Haut

 

e-mail :contact@lesdebats.com

 

Copyright © 2001-2002 - MAHMOUDI INFO Sarl - Tous droits réservés.

Conception M.Merkouche