Semaine du 1 au 7 septembre 2010

L'éditorial

Du ventre à la tête

 

 
 
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Du ventre à la tête

La vie coûte cher en Algérie ? Flambée des prix, contrôles inefficaces, mauvaise régulation… Récurrence thématique, une autre manière de dire que ça va mal. Se faire l'écho des revenus modestes ? Populisme à peu de frais. Les fruits et légumes sont vendus plus cher le mois de ramadhan parce qu'ils sont beaucoup plus demandés que le reste de l'année. Vouloir réprimer ne fera qu'aggraver. Ce qu'il faut tenter de mettre en œuvre, ce sont les services de contrôle sanitaire, l'hygiène, et non le prix des produits qui ne sont pas de large consommation. Ceux qui par démagogie et politique politicienne, à l'instar de Ennahda, dénoncent l'incompétence du ministre du Commerce, sous prétexte qu'il y a une flambée des prix à la veille de l'Aïd et de la rentrée scolaire, n'ont que les arguments de leurs propres intérêts. Le commerce est ainsi fait qu'il obéit à l'offre et la demande, c'est connu depuis toujours. Qu'un député d'Ennahda s'étonne du prix d'un pantalon (4000DA et même 6000 DA), cela se comprend. La mode n'est pas dans son dictionnaire de référence ; d'ailleurs, si cela ne tenait qu'à lui, il mettrait tous les garçons au régime de kamiss, et toutes les filles en hidjab. Ainsi, le problème lancinant et combien dramatique de la flambée des prix serait résolu d'un seul coup. Pas de vêtements de mode, pas de cherté ! La dictature des enfants, comme on l'appelle ailleurs, existe aussi chez nous. En outre, leurs parents veulent leur acheter ce qu'il y a de mieux – que vient faire le ministre du Commerce là-dedans ? Il eut été plus judicieux de pointer du doigt les secteurs où l'Etat peut et doit apporter de l'aide – le livre scolaire en est un, et l'Etat s'il fait beaucoup doit mieux faire encore. Ennahda serait plus inspiré à interpeller le gouvernement sur les problèmes de fond. Le prix du vêtement ou des fruits et légumes n'en est pas un. C'est de la pure démagogie que d'affirmer le contraire. Par contre, l'accès à l'école dans les meilleures conditions pour l'enfant démuni, en est. Ce n'est pas un enjeu de ventre et d'œsophage, mais du destin qui devra être le nôtre.

Par Aïssa Khelladi

 


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