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Du ventre à la tête
La vie coûte cher
en Algérie ? Flambée des prix, contrôles inefficaces, mauvaise
régulation… Récurrence thématique, une autre manière de dire que ça
va mal. Se faire l'écho des revenus modestes ? Populisme à peu de
frais. Les fruits et légumes sont vendus plus cher le mois de
ramadhan parce qu'ils sont beaucoup plus demandés que le reste de
l'année. Vouloir réprimer ne fera qu'aggraver. Ce qu'il faut tenter
de mettre en œuvre, ce sont les services de contrôle sanitaire,
l'hygiène, et non le prix des produits qui ne sont pas de large
consommation. Ceux qui par démagogie et politique politicienne, à
l'instar de Ennahda, dénoncent l'incompétence du ministre du
Commerce, sous prétexte qu'il y a une flambée des prix à la veille
de l'Aïd et de la rentrée scolaire, n'ont que les arguments de leurs
propres intérêts. Le commerce est ainsi fait qu'il obéit à l'offre
et la demande, c'est connu depuis toujours. Qu'un député d'Ennahda
s'étonne du prix d'un pantalon (4000DA et même 6000 DA), cela se
comprend. La mode n'est pas dans son dictionnaire de référence ;
d'ailleurs, si cela ne tenait qu'à lui, il mettrait tous les garçons
au régime de kamiss, et toutes les filles en hidjab. Ainsi, le
problème lancinant et combien dramatique de la flambée des prix
serait résolu d'un seul coup. Pas de vêtements de mode, pas de
cherté ! La dictature des enfants, comme on l'appelle ailleurs,
existe aussi chez nous. En outre, leurs parents veulent leur acheter
ce qu'il y a de mieux – que vient faire le ministre du Commerce
là-dedans ? Il eut été plus judicieux de pointer du doigt les
secteurs où l'Etat peut et doit apporter de l'aide – le livre
scolaire en est un, et l'Etat s'il fait beaucoup doit mieux faire
encore. Ennahda serait plus inspiré à interpeller le gouvernement
sur les problèmes de fond. Le prix du vêtement ou des fruits et
légumes n'en est pas un. C'est de la pure démagogie que d'affirmer
le contraire. Par contre, l'accès à l'école dans les meilleures
conditions pour l'enfant démuni, en est. Ce n'est pas un enjeu de
ventre et d'œsophage, mais du destin qui devra être le nôtre.
Par Aïssa
Khelladi
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