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Mandat d’arrêt contre
Omar El Bechir
L’UA engage un
bras de fer avec la CPI
Avec l'affaire
Omar El Bechir, voilà une institution onusienne complètement rejetée
par tout un continent, l'Afrique, dont les Etats font bloc contre
une cour pénale internationale en laquelle ils n'ont aucune
confiance.
Le président
soudanais Omar el-Béchir, pourtant sous le coup de deux mandats
d’arrêt de la Cour pénale internationale, notamment pour génocide au
Darfour, assistait vendredi dernier à Nairobi à la cérémonie de
promulgation de la nouvelle constitution kenyane. Alors que le Kenya
a ratifié le statut de Rome, traité fondateur de la CPI, s’engageant
à coopérer avec elle, le président soudanais dont le nom ne figurait
pas sur la liste officielle des chefs d’Etat attendus à la cérémonie
de promulgation a été accompagné sur les lieux par le ministre
kenyan du Tourisme Najib Balala.
Au cours d’un
référendum le 5 août, les Kenyans avaient approuvé à une très large
majorité le projet de nouvelle Constitution censée renforcer la
démocratie dans les institutions et engager une réforme foncière
cruciale, tournant symboliquement la page des violences
post-électorales de 2007-2008.
Ce qui irrite le
plus l’institution onusienne, c’est que le Kenya était supposé être
un bon élève d’entre les membres, vu qu’il s’était engagé en mai
devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève à
«coopérer pleinement» avec la CPI sur les violences post-électorales
en 2007 sur son territoire et à assurer la protection des témoins.
Souriant, détendu
lors d’une cérémonie de lâcher de colombes, Omar el-Béchir est
apparu souriant et détendu, alors qu’il serrait les mains de
plusieurs dirigeants africains présents. Omar el-Béchir élargit peu
à peu son cercle de solidarité. Après les premières visites chez les
frères arabes, celui-ci s’est depuis rendu au Tchad (qui a ratifié
les statuts de la CPI) et en Libye, les deux premiers Etats
africains à l’accueillir à bras ouverts.
En réaction, donc,
les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ont informé le
Conseil de sécurité de l’ONU de la présence au Kenya du président
soudanais Omar el-Béchir, sous le coup de deux mandats d’arrêt, afin
que «toute mesure jugée opportune» soit prise. Mais pour Nairobi,
l’invitation a été faite au président soudanais Omar el-Béchir «en
tant que voisin». Ce qui suffit aux yeux du Kenya, qui a ratifié le
statut de Rome (traité fondateur de la CPI), pour passer outre son
obligation d’appréhender le président soudanais. Plus encore, le
chef de la diplomatie du Kenya a considéré que son pays n’avait ni à
se justifier, ni à s’excuser, car il ne fait que contribuer à
«améliorer la paix, la sécurité et la stabilité dans la région».
Et cela, malgré
les pressions internationales, à l’image de celle de la chef de la
diplomatie de l’Union européenne Catherine Ashton qui a demandé
vendredi au Kenya de «respecter ses obligations» et d’arrêter le
président soudanais.
Malgré cela, le
président el-Béchir est rentré à Khartoum et il va de soi que les
Etats africains, encouragés les uns par les autres, suivent le
précédent de l’embargo aérien contre la Libye imposé dans les années
1980 et brisé par une suite de visites des chefs d’Etats africains.
Aujourd’hui, l’Union africaine juge «contre-productifs» pour la paix
au Darfour les mandats d’arrêt et a demandé à ses membres de ne pas
arrêter el-Béchir.
De même, l’UA
accuse la CPI d’acharnement contre l’Afrique, partant du constat que
le cas el-Bechir représente le premier mandat d’arrêt pour génocide
de la CPI depuis l’entrée en fonction du CPI en 2003, alors qu’il
existe des cas plus évidents dans d’autres points chauds du globe.
Lors du dernier sommet de l’UA, en juillet à Kampala, les chefs
d’Etat africains ont répété, presque sur un ton d’exaspération,
qu’ils ne comptaient pas appliquer les mandats d’arrêts, en dépit
d’une nouvelle inculpation de ce dernier pour génocide le 12
juillet.
«Mettre un chef
d’Etat en exercice sous le coup d’un mandat d’arrêt porte atteinte à
la solidarité africaine ainsi qu’à la paix et à la sécurité en
Afrique pour lesquelles nous nous sommes battus pendant des
années»», avait affirmé le président en exercice de l’UA, le
malawite Bingu wa Mutharika. Et pour enfoncer le clou, l’UA a par
ailleurs décidé de rejeter une demande de la CPI d’ouvrir un bureau
en Afrique, estimant que, pour l’heure, «l’attitude du CPI va à
contre-courant du processus de paix au Soudan et dans d’autres
situations en Afrique».
Depuis quelques
jours, l’Union africaine adresse aux Etats membres ses rappels d’un
engagement commun de ne pas arrêter Omar el-Bachir. En d’autres
termes, le président soudanais est libre de circuler où bon lui
semble dans tout le continent
L’heure est donc à
la confrontation ouverte entre l’Afrique et la CPI, dont une
trentaine de pays africains sont membres, avec ceci de particulier
qu’il existe un malentendu juridique sur la question de savoir
laquelle des deux instances a la préséance.
Pour mettre fin
aux voix qui dénoncent la solidarité africaine avec el-Bechir,
accusant celle-ci de favoriser «l’impunité des dictateurs», l’UA
avait sollicité le Conseil de sécurité des Nations unies d’appliquer
de l’article 16 du Statut de la CPI pour suspendre les poursuites
contre el-Bechir avant de mettre sur pied un panel de l’Union
africaine sur le Darfour composé de personnalités africaines comme
l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki.
Ce panel devrait
examiner en profondeur la situation au Darfour et développer une
feuille de route contre l’impunité d’une part et la réconciliation
de l’autre. Pas de réponse.
Depuis juillet
2009, les dirigeants africains ont décidé de suspendre toute
coopération avec la CPI, en s’appuyant sur l’article 98 du Statut
de Rome sur les immunités et sous prétexte du silence du Conseil de
sécurité. Au niveau de l’ONU, on avance qu’à ce jour, aucune requête
formelle sollicitant la suspension des poursuites contre le
président soudanais en vertu de l’article 16 du Statut de Rome n’a
été déposée devant le Conseil de sécurité.
Et au-delà de la
question de savoir qui dit vrai, se pose le problème des
conséquences diplomatiques et juridiques, notamment pour les Etats
africains parties au Statut de Rome qui ont une obligation de
coopérer pleinement avec la Cour dans les enquêtes et poursuites
qu’elle mène pour les crimes relevant de sa compétence (article 86
du Statut).
Lorsqu’un Etat
partie n’accède pas à une demande de coopération de la Cour et
l’empêche ainsi d’exercer les fonctions et les pouvoirs que lui
confère le Statut de Rome, la Cour peut en prendre acte et en
référer à l’assemblée des Etats parties ou au Conseil de sécurité
lorsque c’est celui-ci qui l’a saisie. Concrètement, le Tchad,
l’Ouganda ont violé le Statut de Rome.
De là, il ressort
une question qui pourrait être la clé de compréhension du problème :
si la CPI, comme on l’affirme, est une institution qui poursuit
l’idéal de la justice et n’a pas à faire de politique, pourquoi
alors n’a-t-elle toujours pas saisi le Conseil de sécurité pour
souligner la non coopération de ces Etats ? Et, question
sous-jacente, de quelle force et donc de quelle crédibilité peut
encore se prévaloir la CPI, puisque le Conseil de sécurité est
incapable de sanctionner, l’un après l’autre, les Etats africains
qui choisissent de se rallier à cette décision de l’Union africaine
et empêcher la coopération avec la CPI et donc contrevenir à ses
obligations de membres de l’ONU. Assurément, c’est le consensus
international sur la base duquel est née la CPI, un des piliers de
la justice internationale, qui s’effrite. Cela a commencé en
Afrique. Et demain ?
Par Nabil
Benali
Haut
Enlèvements programmés d’Occidentaux
Délire
paranoïaque ou menaces réelles ?
Depuis un mois,
certaines ambassades accrédités au Mali, en Mauritanie et au Niger
demandent, par courrier, à leurs ressortissants de ne pas se rendre
à Ségou, Bir Moghrine, Niamey, Kidal, Tombouctou, Lazaret,
Nouadhibou, et d'autres villes de la région, quand elles ne leur
conseillent pas, tout simplement, de se replier, avec famille et
bagages, sur les capitales de ces pays pour des raisons de sécurité.
Cette décision est
très logique vu la cadence terrible des enlèvements des touristes
dans cette partie du Sahel. Les groupes terroristes affiliés à Al
Qaida au Maghreb Islamique sont en activité progressive dans la
région, ils menacent la vie des étrangers avec leurs actions qui
visent surtout à kidnapper les Occidentaux. Il y a un mois, un otage
français, Michel Germaneau, avait été égorgé par un groupe
terroriste très violent suite à un raid raté de l’armée
mauritanienne appuyée par des troupes françaises. Quinze jours
après, un autre otage algérien sera à son tour égorgé par l’Aqmi.
Durant la même période, deux otages espagnols seront relâchés par
les terroristes salafistes qui prennent le nord du Mali comme leur
QG. Avant cette affaire, un douanier malien détenu depuis une
quinzaine de jours entre les mains des salafistes armés aura la vie
sauve. Ce dernier avait été relâché par les terroristes après deux
jours de négociations avec des tribus maliennes. Au cours de ces six
dernières années, Al Qaida au Maghreb Islamique a réussi à enlever
54 étrangers, dont trois seront exécutés par les le groupe d’Abdelhamid
Abou Zeid.
Pis, de nouveaux
rapts d’étrangers ne sont pas à écarter dans la région de Sahel
voire même dans le Sahara tunisien où le couple autrichien avait été
kidnappé, en 2008 par les terroristes d’Aqmi. Les activités des
terroristes d’Aqmi ont sensiblement augmenté ces deux dernières
années. S’agit-il d’une réelle menace ou simplement d’un délire
paranoïaque ? Selon beaucoup d’observateurs, Al Qaida au Maghreb
Islamique a été créée par des parties étrangères, et ce à des fins
politico-stratégiques et même économiques qui visent la région.
Cette organisation terroriste «virtuelle» de forme, mais existante
sur le terrain avec des centaines de terroristes dans ses rangs
obéit à un agenda de certains pays riches du globe.
Les rapts qui se
sont produits durant des années au Sahel ont été orchestrés pour
faire pression sur certains pays de la région, mais plus
particulièrement de l’Algérie. Déjà minée par d’autres conflits très
compliqués, dont le dossier du Sahara Occidental, la région attire
aujourd’hui beaucoup d’intérêts des pays occidentaux. Ces nations
s’impliquent de plus en plus dans cette petite partie du monde.
Les rapts
d’étrangers ont permis aux occidentaux de s’engager au Sahel.
Récemment, la France n’a pas osé envoyer ses troupes en Mauritanie
puis au Mali pour soi-disant «combattre» Al Qaida au Maghreb. Une
cascade très dangereuse dans le Sahel. Face aux français, les
américains suivent de plus près ce qui se passe dans la région, eux
qui cherchent toujours une base US au Sahara algérien. Ces rapts
perpétrés par Aqmi donnent des arguments très solides afin que les
pays occidentaux envoient leurs troupes dans la région.
Les ambassades
occidentales se mobilisent pour leurs ressortissants
Devant la menace
terroriste permanente, un incident vient de se produire à Ségou, au
Mali, qui a donné un autre coup sérieux aux ambassades occidentales
pour dire à leurs ressortissants de ne pas se déplacer dans la
région de Sahel. Tout serait parti, selon des sources maliennes, il
y a quinze jours, d’un incident ayant concerné une jeune fille
française, accompagnée lors de celui-ci par au moins une américaine.
Les faits, tels que relatés par la jeune Française, auraient laissé
augurer d’une tentative d’enlèvement prochaine d’Occidentaux à Ségou
jusqu’ici épargnée par les rapts. Relayés par certaines
représentations diplomatiques, ils prennent de plus en plus corps,
sans que l’on sache réellement sur quelles évidences vérifiables ils
reposent. D’où la crainte, légitime, de certains diplomates en poste
à Bamako, qui se demandent si l’on ne va pas les accuser de laxisme
pour n’avoir pas emboîté le pas à cette campagne. Dans un courrier
urgent, l’ambassade de Belgique a déconseillé à ses ressortissants
de séjourner à Ségou et dans les villes de Fada N’Gourma (Burkina
Faso) Maradi (Niger) et Nouadhibou (Mauritanie). Même la RFI (radio
française internationale) a diffusé des appels sur ses ondes
appelant les touristes européens à faire preuve de beaucoup de
vigilance lors de leurs périples au Sahel, notamment au Mali, Niger
et Mauritanie. Un responsable de structure humanitaire belge a
expliqué sur la RFI pourquoi il avait demandé aux expatriés de
regagner Niamey, car selon lui, la sécurité dans ce territoire est
très fragile. Avec le risque de se faire kidnapper, voler son
véhicule ou son téléphone, la crainte commence sérieusement à
s’implanter dans les esprits des européens. Beaucoup d’entre eux ont
même songé à annuler leur voyage dans les pays de Sahel, certains
l’ont fait déjà.
Ce coup de théâtre
qui se poursuit dans le Sahel a-t-il été commandité par certaines
parties ? Les autorités maliennes ont-elles été averties des
«enlèvements d’Occidentaux» qui se prépareraient? Quelles preuves
a-t-on de la réalité des risques? En attendant, certains touristes
qui sont encore en vacances se préparent déjà au départ de peur
d’être kidnappés à leur tour par les terroristes d’Aqmi.
A Ségou, à tout
juste 220 kilomètres de Bamako, le risque est imposant depuis que
des rumeurs parlent d’éventuels rapts de touristes dans cette ville
malienne. Un climat délétère est donc en train de s’installer, avec
tous les risques que peuvent entraîner les extrapolations qu’il
occasionnera de la part d’imaginations fertiles ou de personnes
aisément «paniquables». Si ces décisions reposent sur des fondements
solides, autant les rendre publics et démontrer l’efficacité réelle
des mesures de précautions préconisées, lorsque l’on sait comment il
est facile, pour des gens organisés, d’enlever qui ils veulent,
quand ils le veulent et où ils le veulent. Le douanier (exécuté
récemment) et les deux gardes enlevés récemment dans le Nord en sont
une preuve évidente. Sinon, nous n’assisterons qu’à la création d’un
délire paranoïaque collectif de plus. Ce qui ne sert les intérêts de
personne, sauf de ceux qui prétendent être capables de semer la
terreur partout !
Par Sofiane Abi
Haut
Christopher
Ross écrit son désarroi «aux pays amis»
Le Sahara
sera-t-il abandonné une nouvelle fois ?
La lettre de Ross,
si elle permet effectivement de faire le point sur la situation
actuelle du conflit, rappelle aussi le risque de voir une nouvelle
fois le chargé de mission de l’ONU abandonner la partie comme le fit
James Baker avant lui – voyant son action vouée à l’échec – et Van
Vaslum ensuite, considéré comme acquis aux thèses marocaines.
Il reste que Ross
met en évidence l’impasse actuelle et sollicite l’aide du conseil de
sécurité. Cette instance de l’ONU est appelée en fait à faire
pression sur les parties en conflit, royaume du Maroc et Front
Polisario, pour que justement les négociations deviennent
effectives. L’intransigeance, principalement du Maroc, n’est pas
pour favoriser une solution à moyen terme. Ross indique dans sa
lettre que «le Front Polisario a fait une esquisse modeste de ce qui
pouvait être une négociation authentique» après avoir exploré avec
le Maroc certains aspects spécifiques de sa dernière proposition
d’autonomie. Par contre, souligne l’envoyé spécial de l’ONU le
«Maroc a décliné pour sa part d’explorer la proposition du
Polisario. En conséquence, ce dernier s’est refusé à continuer».
Dans la même lettre, Ross rappelle avoir avoir indiqué à la partie
marocaine que si celle-ci veut amener le Polisario à accepter le
plan d’autonomie – vanté comme étant la solution idoine intégrant
les aspects les plus étendus – elle doit aussi montrer ses «bonnes
intentions» par le respect des droits des militants sahraouis
luttant pour leur indépendance (les arrestations de militants, les
questions de restrictions de la liberté d’action et respect des
droits de l’homme dans les territoires sahraouis sous administration
marocaine sont au centre des critiques à l’adresse des marocains,
Ross cite à ce propos le cas Aminatou Haidar et la propension des
Marocains à gérer avec un peu moins de rigueur la question des
militants indépendantistes sahraouis au Maroc).
Pas de statu
quo
Par ailleurs, si
la lettre met en évidence l’échec et le blocage actuel de l’action
de l’envoyé spécial de l’Onu, celui-ci considère toutefois que le
statu quo est inacceptable. Statu quo sur lequel se fonde toute
l’action diplomatique et la démarche du Maroc pour faire entériner
la situation d’occupation de fait. Ce statu quo pourrait être à
l’origine d’une radicalisation des jeunes sahraouis et fait l’objet
d’une mise en garde de Ross à l’adresse de ses interlocuteurs. Le
risque d’une «aventure militaire ou paramilitaire» est réel quand la
diplomatie ne donne pas de résultats. Pour Ross, chaque partie doit
trouver les voies «pour examiner et discuter des propositions de
l’autre», soulignant que «examiner et discuter» ces propositions ne
«signifie pas les accepter» mais montre seulement un respect pour
l’autre partie. Sans examiner les propositions sur la table, la
convocation de nouveaux rounds de négociations est tout simplement
inutile. Les rencontres sans résultats seraient même désastreuses
pour la «crédibilité de l’ONU, du Conseil de sécurité et de l’envoyé
personnel».
Il reste que si la
lettre tire la sonnette d’alarme quant aux suites de l’action de
Ross dans la région, elle n’en reste pas moins un rappel des voies
et moyens pour aboutir à un début de solution, notamment lorsqu’il
met les jalons des étapes à suivre et du rôle que chacun se doit
d’assumer. Concernant les Etats voisins, Ross note que la
participation de la Mauritanie demeure symbolique, alors que celle
de l’Algérie est plus à prendre en considération du fait qu’elle
accueille chez elle les réfugiés sahraouis et du soutien politique
qu’elle assure au Front Polisario. Par ailleurs Ross souligne que
l’Algérie ne veut pas s’immiscer dans les discussions sur le futur
du Sahara occidental. L’Algérie a montré sa disposition à prendre
part à toute discussion qui nécessiterait une action de sa part,
notamment pour certaines des mesures pour l’établissement de
confiance mutuelle. Sur ces mesures, Ross met en évidence la
nécessité de poursuivre les visites familiales entre réfugiés et
sahraouis des territoires, même s’il voit mal ces visites
s’effectuer par route comme accepté par les deux parties. Mais Ross
met en évidence la nécessité de mettre sur pied des réunions
techniques permettant l’organisation de visites familiales par
route. Dans le même sens de ces mesures, Ross voit d’un bon œil les
mariages entre résidents des deux bords, et les obsèques des
personnes décédées dans les camps de réfugiés en territoire
sahraoui. Les camps de jeunes sont aussi appréciés par Ross.
Tout est à faire
Il reste également
que la lettre de Ross met en évidence les parties à consulter pour
faire aboutir sa mission. Au- delà du Maroc et du Front Polisario,
une attention particulière est portée par Ross à l’action de
l’Algérie. A l’adresse des pays amis, concernant les approches à
haut niveau, il serait demandé à l’Algérie, dont on reconnaît
qu’elle n’est pas partie prenante du conflit ni ne peut prendre part
à la décision sur l’avenir du Sahara occidental (à l’inverse de ce
qu’avance le royaume du Maroc) d’être plus engagée dans la
construction des mesures de confiance et de donner plus
d’importance au danger du statu quo, tout en prenant d’autres
mesures adéquates au moment approprié. Impossible de dire donc si
la lettre est un prémice à un jet d’éponge de Ross, mais un signal
d’alarme certain qui devrait aboutir à une mise en branle de la
machine diplomatique de pays comme les Etats -Unis ou la France pour
convaincre les parties en conflit de se mettre réellement autour
d’une table et commencer à négocier. La tenue d’un nouveau round de
discussion serait le signe que les choses vont bouger. Sans cela il
ne fait aucun doute que le conflit va dégénérer.
Par Amine
Esseghir
Haut
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