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Jonction
des intérêts des puissances et de l’idéologie islamiste
Logiques
d’occupation et marques de soumission
Faut-il prendre au
sérieux les dernières déclarations de Malek Chebel sur l'Algérie ou
les mettre sur le compte de la provocation qui sied d'ailleurs au
personnage ?
Le 20 août
dernier, lors d’une soirée organisée par Algérie News, dans le cadre
de la seconde édition «Mille et une News», celui qui est considéré
comme un spécialiste de l’islam et du monde arabe n’a pas écarté la
menace d’une (re) colonisation de l’Algérie, mais sans donner trop
de détails. A l’instar des autres pays du monde arabo-musulman,
l’Algérie, a-t-il déclaré, «doit se préparer à subir un nouveau
colonialisme». M. Chebel a justifié ses pronostics par les fortes
pressions subies par ces pays, en raison de leurs richesses
naturelles, en ajoutant : «Déjà on parle de l’internationalisation
de l’accès aux ressources naturelles, que ce soit le pétrole ou
encore l’eau». L’anthropologue, également philosophe, psychanalyste
et, à certaines heures, provocateur, a en outre fait savoir que dans
ces pays, notamment en Algérie, le «front de contestation» va jouer
un rôle déterminant, pour persuader les opinions publiques, sinon
les conduire aux sources des ressources naturelles. Cette
information, telle que rapportée par notre confrère Liberté, dans
son édition du 22 août dernier, appelle différentes lectures. A
moins d’une énième provocation, destinée à bousculer certains
esprits frappés d’inertie, la démarche du chercheur à la Sorbonne
ayant décidé de s’investir dans la géopolitique et la géostratégie,
rappelle étrangement la sonnette d’alarme tirée, il y a quelques
années, par certains qui ont alerté contre «le risque d’irakisation»
de l’Algérie. D’après eux, l’axe Paris-Washington-Tel-Aviv, avec en
arrière plan le soutien de l’axe Rabat - Ryad - le Caire attendait
que «le pays soit suffisamment mûr pour le faire imploser de
l’intérieur.» Malek Chebel nous renvoie également au concept de
colonisation, qui a repris du service ces derniers temps. Un
concept, comportant certes tant d’enjeux réels, mais qui a été aussi
malmené, devenant pour certaines parties un fonds de commerce. Pour
le dictionnaire du Robert, le colonialisme est défini comme une
«doctrine qui vise à légitimer l’occupation d’un territoire ou d’un
État, sa domination politique et son exploitation économique par un
État étranger», tandis que pour le Petit Larousse, il est question
d’un «système politique préconisant la mise en valeur et
l’exploitation du territoire dans l’intérêt du pays colonisateur».
«L’Algérie
n’est qu’un lieu d’expression de cette idéologie»
En prévenant de la
possibilité d’une (re) colonisation, l’auteur de «Un Kama-sutra
arabe» (Fayard, 2006), «Toutes les sagesses d’islam» (First, 2009)
et «Dictionnaire amoureux des Mille et Une Nuits» (Plon, 2010), se
rallie vraisemblablement à tous ces analystes qui, se fondant sur la
fébrilité des partisans du choc des civilisations, avaient prédit un
avenir sombre, voire chaotique, pour les pays en développement.
Surtout les pays arabo-musulmans enfermés dans un autoritarisme aux
couleurs autocratiques et convoités pour leur manne pétrolière et
les autres richesses. Seulement, Malek Chebel ne semble pas se
soucier des détails, qui ont pourtant leur pesant d’or ; l’essentiel
pour lui est apparemment de « jeter » des idées et de susciter
réflexion ou même polémique. Il faut, peut-être, chercher les autres
éléments du puzzle dans des interviews que cet expert a accordées,
lors de son récent séjour en Algérie.
Dans l’entretien
publié le 22 août dernier, par le quotidien L’expression, Malek
Chebel a abordé l’indispensable combat des Musulmans contre
«l’obscurantisme». «La liberté c’est un combat. C’est plus un ordre
sociétal qu’il faut gagner», a-t-il affirmé, en précisant que ce
combat «ne touche pas la charia du tout et qui va au-delà de la
charia même.» Il a en outre tenté de définir l’islam moderne, qu’il
a qualifié d’islam «des lumières», en révélant qu’il «est compatible
avec le progrès et avec tous les éléments que la civilisation
matérielle des hommes est capable de proposer à ses citoyens.» Plus
loin, l’interviewé s’est exprimé notamment sur la problématique du
voile, qui s’est généralisée curieusement en Algérie. Derrière ce
phénomène, M. Chebel y voit «une idéologie globale qui prend en
charge la gouvernance de la planète musulmane» et où l’Algérie n’est
qu’un lieu d’expression de cette idéologie. «Les pays musulmans,
dans leur ensemble, ne pourront sortir de la crise que s’ils
trouvent et développent des mécanismes économiques et politiques
suffisamment solvables et crédibles aux yeux de leurs citoyens et du
monde», a-t-il insisté, plaidant pour le changement. Pour le
concepteur de l’islam des lumières, le rapport de forces actuel est
défavorable car l’islamisme, depuis 10 ans, «a pris le pas largement
sur les autres formes de socialité, en tant qu’idéologie». L’autre
motif, lié au premier, découlerait de l’absence «d’idéologie de
rechange» ou encore du manque d’affirmation, par l’Etat, de «son
positionnement et sa place», à travers l’amélioration de la
gouvernance, la révision éventuellement «de fond en comble» des
systèmes éducatifs et surtout le réajustement du «curseur moral».
Doit-on donner raison à l’enfant de Skikda, devant l’action de
verrouillage des sociétés de culture musulmane, alors qu’elles sont
sensées jouer un rôle capital, aux côtés de leur Etat, contre la
montée de l’intolérance et de l’islamophobie ?
En parlant d’islamophobie,
rappelons qu’il y a quelques semaines, la presse nationale a fait
part de l’appel d’une église américaine (Floride) pour brûler le
Coran, le 11 septembre prochain, soit le jour commémoratif du double
attentat ayant ciblé les USA.
Islamophobie,
«un racisme apparu avec les colonisations»
Outre la vague d’islamophobie
qu’a connue dernièrement l’Europe (caricatures du prophète des
Musulmans, polémique sur le voile en France, campagne contre les
minarets en Suisse, etc.), c’est au tour du pays de l’oncle Sam de
faire subir des humiliations et violences aux citoyens de confession
musulmane. Ceux-ci sont de plus en plus la cible d’agressions, dans
différents Etats, sur fond d’une campagne électorale aux relents
xénophobes. Cette situation a suscité la création toute récente
d’une «coalition contre l’islamophobie», qui a dénoncé récemment «la
tendance croissante à la haine contre les musulmans à New York et à
travers les Etats-Unis». De nombreux observateurs mettent en exergue
le lien existant entre le 11- septembre et les ondes d’islamophobie.
D’aucuns pensent cependant que les attentats du 11 septembre 2001
sont à l’origine de la vague d’islamophobie, alors que d’autres les
placent en seconde phase. Ces derniers, s’appuyant sur les thèses du
penseur Samuel Huntington sur le conflit des civilisations (en
1992), se demandent si «les services du sionisme international» ne
seraient pas derrière la programmation de cette islamophobie, puis
du lancement, après les attentats de New York et de Washington, de
l’idée selon laquelle l’islam est inconciliable avec les droits de
l’homme et les valeurs démocratiques occidentales. Ils définissent
l’islamophobie comme «un racisme apparu avec les colonisations»,
pour justifier la présence continue des forces américaines et de
leurs alliés, dans les pays arabo-musulmans, et légitimant
l’occupation, pour permettre aux USA de contrôler les richesses et
s’assurer leurs besoins énergétiques. De plus, soutiennent-ils, la
poursuite de l’occupation est aussi «une garantie pour la sécurité
du régime sioniste». Le chercheur français Hervé Ryssen a, pour sa
part, constaté que les «sionistes ont beau mettre tout le paquet
pour embarquer l’Occident dans un choc des civilisations, il n’en
reste pas moins que leur objectif principal à long terme est
d’abolir toutes les nations et d’unifier toute la planète sous leur
contrôle afin de préparer la venue du “Messie”», (réfence : «Les
Espérances planétariennes»).
L’islamophobie en
Occident et la colonisation sont intrinsèquement liés. Des analystes
estiment que cet impérialisme, qui s’inscrit dans la tradition
coloniale européenne et qui criminalise l’islam pour couvrir
l’occupation, trouve «une illustration importante dans la question
palestinienne» : on oppose à un problème de fond, qui est la
colonisation d’un pays et la résistance légitime d’un peuple à
l’expansionnisme, une nouvelle opposition, créée de toutes pièces,
qui est celle du combat de la démocratie (représentée évidemment par
l’entité sioniste) contre les islamistes «intégristes» du Hamas.
Un enjeu appelé
Sahel
En juillet
dernier, le journaliste du Monde diplomatique, Alain Gresh, a
signalé «un glissement» dans les prises de position de la droite
dure ou des nouvelles formations populistes européennes qui,
désormais, considèrent le conflit israélo-palestinien «comme l’une
des composantes de la guerre de civilisation contre l’islam.» Ce
revirement a été d’ailleurs applaudi par le commentateur israélien,
qui a également écrit dans le quotidien Maariv (du 24 juin 2010) :
«De nombreux Européens se rendent enfin compte des conséquences
d’une politique de la porte ouverte à l’immigration issue de
l’Afrique du Nord et des pays arabes.» Dans le même article, Alain
Gresh a aussi noté que, depuis de nombreuses années, des
journalistes ou des intellectuels se sont mis de la partie pour
dénoncer «l’invasion musulmane de l’Europe». D’après lui, l’abandon
de l’antisémitisme pour l’islamophobie et la position qui consiste
à proclamer «qu’Israël serait le bastion avancé de la civilisation
dans sa lutte contre la barbarie...» constituent un «tournant».
Un autre événement
est venu marquer cette fois l’actualité. Il s’agit des derniers
développements au niveau du Sahel, connu sous l’appellation du
«ventre mou» de la sécurité de l’Algérie. Deux anciennes puissances
coloniales, en l’occurrence la France et l’Espagne, ont en effet
transgressé les décisions du Conseil de sécurité (dont la France est
membre permanent) relatives à l’interdiction de paiement des
rançons, en cherchant à saborder le tout nouveau Front du Sahel. La
région du Sahel est à la fois un couloir stratégique et une zone
tampon entre l’Afrique du Nord, la Méditerranée et l’Afrique. Riche
en uranium, en diamants, en or, en cobalt et en eau, elle se
distingue donc des autres régions. Ces dernières années, le Sahel
est au cœur de toutes les attentions. D’aucuns y voient même une
relation entre les enlèvements d’étrangers et la
concurrence/complémentarité entre les Américains et les Français.
En revanche,
d’autres affirment que la lutte d’influence entre des pays comme les
Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Chine, voire même
Israël, est en train de prendre plusieurs formes. Mais, quelle que
soit la forme qui sera prise, elle profiterait avant tout aux
intérêts des puissances et viserait à affaiblir les pays de la
région, principalement l’Algérie, qui se présente comme la force
régionale incontournable. Question : comme l’Afghanistan et l’Irak,
cette région risque-t-elle de devenir un nouveau terrain
d’affrontements entre l’Occident et l’organisation criminelle
Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ?
Par Z’hor
Chérief
Haut
L’Algérie renforce la prévention et la lutte contre la
corruption
Qui en
garantira l’efficacité ?
Annoncée pour le
mois de mars dernier, la décision de créer un office central de
répression de la corruption a été finalement validée en conseil des
ministres le 25 août dernier. Ce n'est pas tout, car dans le cadre
de l'adoption de la loi de finances complémentaire 2010, la Cour des
comptes qui dormait depuis des années a été réactivée.
Même si ces
prérogatives ne sont pas très différents de celles de l’Inspection
générale des finances (IGF) qui a montré jusqu’à présent «ses
limites» par rapport à la prévention de la corruption vu les
scandale qui a secoué Sonatrach. Et même les bilans des entreprises
publiques restent «flous» et sans précision, notamment sur les
dépenses et la production. En tout cas, en attendant de voir
l’action qui sera menée par ses mécanismes de lutte contre la
corruption, il reste toujours le souci de l’efficacité sachant que
les expériences précédentes ont montré la grande défaillance en
matière de gestion , de prévention et d’intervention.
Des textes et
des interrogations
Toutefois, le
dernier Conseil des ministres a examiné et approuvé successivement
quatre projets d’ordonnances qui découlent notamment de la directive
présidentielle n°03 du 13 décembre 2009 relative au renforcement de
la prévention et de la lutte contre la corruption. A cet effet, le
Président Bouteflika qui a relevé que le contenu de ces ordonnances
vient compléter et renforcer les différentes mesures déjà en place
pour améliorer la lutte contre la corruption et consolider la
transparence dans le champ des activités financières. Il a souligné
qu’il revient, à présent, au «gouvernement et aux différents
appareils de contrôle de veiller strictement à la mise en œuvre de
toutes ces dispositions, pour préserver les deniers publics, lutter
contre les diverses formes de fraudes et de crimes économies, et
promouvoir la transparence dans les transactions et les affaires, au
bénéfice des opérateurs honnêtes, des consommateurs et des citoyens
en général».
Dans ce cadre, il
a ordonné au gouvernement «de mettre à jour sans délai le statut des
magistrats de la Cour des comptes, procéder à l’installation rapide
de l’office central de répression de la corruption et veiller au
développement et à la modernisation des différents services de
contrôle économique et de lutte contre les diverses fraudes et
atteintes au patrimoine public».
En outre, il a
appelé les magistrats «à veiller au traitement transparent, légal et
ferme, des affaires liées à la corruption, à l’atteinte aux deniers
et au patrimoine publics, et aux fraudes et crimes économiques, qui
seront introduites devant les juridictions».
Ainsi, on peut
dire que le problème n’est pas dans les textes de loi ni
d’organismes mais il s’agit avant tout de la transparence dans la
gestion et l’efficacité dans la mise en œuvre et la qualité des
magistrats. Toutefois, les textes et les institutions restent un
cadre juridique qui a son poids, notamment en matière d’image envers
les partenaires étrangers et les institutions mondiales.
Un office
central de répression de la corruption
Dans ce cadre, il
a été prévu une ordonnance modifiant et complétant la loi n°06-01 du
20 février 2006, relative à la prévention et à la lutte contre la
corruption. A ce titre, le communiqué du conseil des ministres
souligne que «la loi ainsi modifiée a déjà repris des dispositions
pertinentes de la convention des Nations unies pour la prévention et
la lutte contre la corruption que l’Algérie a été parmi les premiers
pays à ratifier. De ce fait, la révision s’est limitée à améliorer
le dispositif de lutte contre la corruption». Ainsi, l’Algérie qui a
pris le choix d’ouvrir son économie même si ce n’est pas une
ouverture «totale» est tenue d’assurer un climat d’affaires
transparent et ce, en se mettant en conformité avec les normes
internationales.
Dans ce contexte,
il a été décidé la création d’un office central de répression de la
corruption. Cet organisme sera chargé des recherches et constatation
des infractions de corruption et l’élargissement de la compétence
des officiers de police judiciaire qui en relèveront sur l’ensemble
du territoire national. A ce propos, il est expliqué que «cette
centralisation» donnera, à l’intérieur du pays, une plus grande
efficacité à la lutte contre la corruption, tout en facilitant
également, à l’avenir, la coopération internationale, à travers
Interpol, dans la lutte contre ce fléau.
En outre, la
question d’octroi des marchés publics reste un vrai casse-tête et
une source de corruption et avec un nouveau plan d’investissement
public doté d’une enveloppe financière de 286 milliards de dollars,
le risque reste majeur pour se laisser aller dans «les
malversations» pour l’obtention d’un marché.
Dans ce cadre, le
dernier conseil des ministres a validé l’instauration d’une
obligation légale pour toute personne physique ou morale, nationale
ou étrangère, soumissionnant pour l’obtention d’un marché public, de
signer une déclaration de probité par laquelle elle s’interdira de
commettre ou d’accepter tout acte de corruption, et précisant qu’au
cas contraire, elle s’expose aux sanctions prévues par la loi.
La Cour des
comptes réactivée après un long sommeil
Par ailleurs,
après un long sommeil, la Cour des comptes sera finalement
réactivée. A ce titre, une ordonnance modifiant et complétant
l’ordonnance n°95-20 du 17 juillet 1995 relative à la Cour des
comptes a été approuvée par le conseil des ministres. Dans ce
cadre, différentes décisions ont été prises. Il s’agit notamment
de l’élargissement des missions de la Cour des comptes au
renforcement de la prévention et de la lutte contre les diverses
formes de fraudes, de pratiques illégales ou illicites, portant
atteinte au patrimoine et aux deniers publics. Désormais, cette
institution a habilitée à formuler «des recommandations visant au
renforcement des mécanismes de protection des deniers publics et de
lutte contre les fraudes et préjudices au Trésor public ou aux
intérêts des organismes publics soumis à son contrôle». Concernant
la gestion des entreprises dans lesquelles l’Etat détient une
participation majoritaire au capital ou un pouvoir prépondérant de
décision, la Cour des comptes s’assurera «de l’existence, de la
pertinence et de l’effectivité des mécanismes et procédures de
contrôle et d’audits internes chargés de garantir la régularité de
la gestion des ressources, la protection du patrimoine et des
intérêts de l’entreprise, ainsi que la traçabilité des opérations
financières, comptables et patrimoniales réalisées».
Sur ce dernier
point, on remarque que ces missions sont parallèles à celles de
l’inspection générale des finances (IGF) qui active dans le champ de
contrôle étendu aux entreprises publiques économiques. Donc, on se
demande s’il n’y aura pas une confusion dans les prérogatives et le
champ d’intervention. Sachant que l’IGF, dont les missions ont été
élargies depuis maintenant plus de deux ans a montré «ses limites»
dans le contrôle surtout que les rapports ne sont pas «publics».
Toutefois, le
communiqué du conseil des ministres explique que «ces contrôles ne
remettent pas en cause les attributions des gestionnaires des
entreprises concernées, mais permettront à l’Etat de veiller à la
protection de ses capitaux et participations et à garantir la bonne
gouvernance des entreprises, propriété de l’Etat ou dans lesquelles
il est l’actionnaire majoritaire».
Il est question
aussi de l’obligation faite aux responsables des collectivités et
organismes qu’elle contrôle, de communiquer ses conclusions aux
organes délibérants dans un délai maximal de deux mois, tout en
tenant informée la Cour des Comptes des suites réservées.
Enfin, le texte
apporte un surcroît de clarifications en matière de responsabilité
des agents, représentants ou administrateurs d’un organisme soumis à
son contrôle.
Par ailleurs, en
matière de transparence dans les activités bancaires, désormais, il
sera appliqué aux banques et établissements financiers de la
législation nationale en matière d’investissements étrangers et
renforcer la protection des intérêts de l’Etat et ce, en disposant
que toute future ouverture de banque ou d’établissement financier
par un investisseur étranger sera conditionnée par la détention de
51% du capital par des actionnaires nationaux. Et en cas de cession
d’une banque ou d’un établissement financier dont le capital est
étranger, l’Etat jouit d’un droit de préemption.
Il faut dire que
ce renforcement sur le plan législatif, même si l’Algérie a toute
une loi sur la lutte contre la corruption adoptée depuis 2006,
intervient après les scandales de corruption qui ont touché deux
importants secteurs du pays, l’autoroute Est-Ouest et surtout
l’affaire Sonatrach qui a bouleversé l’opinion publique vu le poids
de cette entreprise dans l’économie nationale considérée comme «le
symbole de la souveraineté nationale» en plus de l’image de
l’Algérie sur le plan international et le monde économique. Mais
est-ce que les nouvelles mesures décidées pourront garantir une
transparence et une gestion efficace des deniers publics ?
Par Nacera
Chenafi
Haut
Prévention
Quand
commencera la lutte contre la corruption ?
Dix mois après
avoir promis la création d'une «commission nationale ad hoc» pour
lutter contre la corruption «sous toutes ses formes et ses
manifestations», le président de la république vient de donner son
feu vert pour la création d'un «office central de répression de la
corruption» (OCRC). Le communiqué du Conseil des ministres tenu le
25 août dernier attribue à cet «office» les missions de «recherches
et constatation des infractions de corruption».
Il est également
question de «l’élargissement de la compétence des officiers de
police judiciaire qui en relèveront à l’ensemble du territoire
national», ce qui permettra, selon le communiqué, de donner, «à
l’intérieur du pays, une plus grande efficacité à la lutte contre la
corruption, tout en facilitant également, à l’avenir, la coopération
internationale, à travers Interpol, dans la lutte contre ce fléau».
Il paraît
important ici de souligner le temps écoulé entre la déclaration de
Abdelaziz Bouteflika, le 28 octobre 2009, au siège de la Cour
suprême, à l’occasion de l’ouverture de l’année judiciaire
2009-2010, et l’annonce de la mise en place de cet organisme. Dix
longs mois pour seulement décider de la création d’un organisme de
lutte contre la corruption, et peut-être autant de temps, si ce
n’est plus, avant de mettre place cet «OCRC». Ce qui nécessitera,
d’abord, l’élaboration d’une batterie de législations pour encadrer
son fonctionnement et préciser ses missions, ensuite de choisir ses
membres et de leur donner le temps nécessaire avant d’être
complètement opérationnels. C’est dire qu’hormis dans son volet
législatif, la lutte contre la corruption n’a pas encore démarré en
Algérie. Trop de temps perdu devant un phénomène dont tout le monde,
y compris au niveau officiel, reconnaît l’importance et la très
mauvaise image qu’il donne du pays.
Au titre des
mesures parallèles, le communiqué du dernier conseil des ministres
fait également savoir que la loi de finances complémentaire pour
l’année 2010 va «introduire de nouvelles dispositions consolidant la
lutte contre les diverses formes de fraude, le soutien au
développement, (et) la protection des intérêts économiques
nationaux». Il est question, lit-on, de «mesures aggravant le
dispositif de lutte contre la fraude sur les transactions
internationales, et introduisant aussi des sanctions plus sévères
pour la fausse facturation». Faut-il rappeler, à propos de fraude à
la facturation, la déclaration du directeur général des douanes qui
avait déclaré que son institution allait devoir recourir à des
organismes internationaux pour effectuer un contrôle a priori non
seulement de la qualité mais également de la valeur des produits
importés par l’Algérie, à partir des ports de provenance ? Force est
de constater aussi que plus d’une année après cette annonce, l’on ne
sait pas encore si des organismes ont été sollicités, et le contrôle
est déjà effectif.
Toutes ces
décisions ne renseignent pas vraiment sur les contours de la lutte
contre la corruption, notamment en matière d’attribution de marchés
publics. A moins qu’il y ait justement une volonté d’imprimer de la
discrétion à cette démarche pour lui donner toutes les chances de
réussite. Mais il existe quand même des standards qu’il est n’est
pas raisonnables d’ignorer. Il s’agit particulièrement de rendre
obligatoire de la déclaration de patrimoine pour les agents de
l’Etat et les élus locaux impliqués dans la conclusion d’un marché
public. Sans cette mesure, des doutes subsisteront toujours sur la
volonté réelle des pouvoirs publics à s’engager dans une lutte sans
merci contre la corruption.
L’autre décision
du conseil des ministres de mercredi dernier a été d’annoncer la
révision de l’ordonnance relative à la Cour des comptes. Cette
institution voit ainsi s’élargissant le portefeuille de ses
missions «au renforcement de la prévention et de la lutte contre les
diverses formes de fraudes, de pratiques illégales ou illicites,
portant atteinte au patrimoine et aux deniers publics». Elle «est
désormais habilitée à formuler des recommandations visant au
renforcement des mécanismes de protection des deniers publics et de
la lutte contre les fraudes et préjudices au Trésor public ou aux
intérêts des organismes publics soumis à son contrôle».
La Cour des
comptes est même appelée à contrôler «la gestion des entreprises
dans lesquelles l’Etat détient une participation majoritaire au
capital ou un pouvoir prépondérant de décision». Dans ce cadre, elle
devra s’assurer «de l’existence, de la pertinence et de
l’effectivité des mécanismes et procédures de contrôle et d’audit
interne, chargés de garantir la régularité de la gestion des
ressources, la protection du patrimoine et des intérêts de
l’entreprise, ainsi que la traçabilité des opérations financières,
comptables et patrimoniales réalisées».
Là aussi, entre
l’élargissement des prérogatives de la Cour des comptes et l’entrée
en vigueur réelle de cette nouvelle décision, il se passera encore
beaucoup de temps en raison de la situation qui prévaut dans cette
institution.
Car il ne suffit
pas de décréter plus de prérogatives pour la Cour des comptes avant
de la doter des conditions minimum pour un bon fonctionnement.
Sur ce point, la
lettre ouverte adressée, en juin dernier, par le Syndicat national
des magistrats de la Cour de comptes (SNMCC) au président de la
république est assez instructive quant aux conditions d’exercice au
sein de cette institution qui ne dispose même pas d’un nombre
suffisant de magistrats pour accomplir convenablement sa mission.
«L’accumulation
des problèmes que connaît la Cour des comptes en raison de la
non-gestion des responsables actuels à la tête de l’institution
depuis voilà quinze
années
compromettra la réalisation des objectifs contenus dans votre
directive», lit-on
dans le document qui énonce un certain nombre de
«dysfonctionnements» dont le traitement ne peut souffrir d’aucun
retard si l’on veut que la Cour puisse assumer les missions
nouvellement attribuées. Il est question, entre autres, de
revalorisation salariale, de gestion des ressources humaines,
«d’absence de conditions matérielles minimum permettant le bon
exercice de la fonction de contrôle», et de «désintérêt envers les
structures techniques de soutien aux missions de contrôle résultant
de l’inoccupation de l’ensemble des postes prévus par la
réglementation ce qui affecte l’efficacité du contrôle».
Il est clair
qu’avec quelque 300 magistrats au niveau national, et dont la
rémunération reste bien en deçà de l’importance de leur mission, il
ne faut pas s’attendre à des résultats probants en matière de traque
des détournements et de mauvaise gestion des deniers publics.
Au-delà des
discours et de la bonne volonté affichée par les pouvoirs publics,
la lutte contre la corruption a besoin d’être institutionnalisée et
d’être rapidement mise sur les rails pour non seulement combattre ce
fléau, mais surtout pour en finir avec cette image (réelle
malheureusement) d’un pays gangréné par la corruption.
Par Abdelkader
Djalil
Haut
Démolition de la mosquée d’Aghrib
Démission de la
tutelle
La gravité de ce
qui se passe au village Aghrib dans la wilaya de Tizi Ouzou est dans
la démission quasi totale de la tutelle. Décidément, les habitants
sont tenus de régler leurs conflits par eux-mêmes, loin de la
tutelle qui ne veut pas s'impliquer dans une affaire qui pourtant
relève de sa compétence directe, à savoir la démolition d'une
mosquée en construction et la transformation du lot de terrain qui
devait l'abriter en lieu de chant et de danse.
Il s’agit d’un
précédent grave qui risque d’être suivi par bien d’autres cas à
l’avenir. Cela d’autant qu’en Kabylie et dans plusieurs régions du
pays, la pratique religieuse diffère selon les mœurs et les
habitudes. Les intentions étant bonnes et pures, des citoyens
continuent d’appliquer, à la lettre, des fois aveuglément, les
vieilles traditions de leurs ancêtres. Toutefois, de nos jours, une
nouvelle génération vient imposer un islam «plus raffiné», souvent
rigoureux. Ainsi, voir des oppositions et des incompréhensions ne
devrait étonner personne, notamment les plus avertis. Depuis
toujours, l’accomplissement et l’interprétation de la religion a
divisé les pratiquants. Ces derniers s’en sont toujours remis aux
jugements des plus âgés et/ou plus érudits. Souvent, la sentence est
respectée et la sagesse l’emportait. Dans le cas de Aghrib, il ne
s’agit en rien de tout cela. Le radicalisme et le nihilisme
manifestés par les deux parties belligérantes a fini par donner à un
différend entre villageois une dimension nationale, voire
internationale. Un différend sur fond d’intrigue et de manipulation.
Les accusations qui fusent de partout et la méfiance maladive
affichées par les uns contre les autres ont débouché sur des scènes
de violence entre citoyens appartenant aux mêmes familles. La
destruction de la mosquée et les affrontements ayant suivi cette
réaction «barbare» pour les uns, «salvatrice» pour les autres n’a
pas manqué de faire de ce petit village, naguère calme et réservé,
le terrain de toutes les luttes, administratives, doctrinales et
politiques. Tout donne à croire qu’actuellement, une simple
incompréhension entre cousins et voisins attire toutes les
convoitises et fait brancher tous les acteurs à la recherche de
récupération politique. Ainsi, au lieu de procéder au règlement de
cette crise, c’est plutôt à l’effet contraire que l’on assiste,
enfonçant encore davantage un village livré pieds et poings liés aux
prédicateurs de tous bords. En l’absence de l’Etat et avec l’échec
des quelques tentatives de conciliation engagées par les sages de la
région, les germes de la discorde ont poussé et engendré violence,
division et bestialité. Des habitants de ce village, interrogés,
affirment qu’ils ne se sont jamais attendus à de tels
développements. Actuellement, «la situation est intenable. Je craint
qu’elle ait atteint un point de non retour» se plaint un habitant,
ajoutant, amer : «C’est un vrai cauchemar». Le pire, c’est que rien
ne semble venir apaiser la tension et tenté de trouver une solution
susceptible de convaincre et concilier les frères ennemis.
Interrogé, il y a quelques jours, sur cet incident, le ministre des
Affaires religieuses, Abdellah Ghlamallah a souligné qu’«il faut
apaiser les esprits» et «garantir la sécurité avant la construction
de la mosquée». Et d’ajouter que «la question ne nécessite pas
l’envoi d’une commission d’enquête dans la région. Elle peut être
réglée entre les sages du quartier pour éviter tout sectarisme et ne
pas compliquer les choses». Une position qui ne peut arranger que
les gens qui continuent de pêcher en eau trouble et tiennent à faire
de cet incident un tremplin à des fins égoïstes et douteuses. Il
suffit de lire les comptes rendus et les lectures faites par les
différents titres de la presse nationale, représentant diverses
obédiences et sensibilités, pour se rendre compte des enjeux que
véhicule cette affaire dont les conséquences sont néfastes pour les
habitants d’une bourgade jusque-là inconnue. Une raison pour
laquelle il est temps d’en finir avec une histoire qui n’a que trop
duré.
Un incident,
plusieurs acteurs
Plusieurs acteurs
ont fait leur apparition et tentent, directement ou indirectement,
de récupérer cet incident regrettable, dont le seul perdant est
l’unité d’un petit village que tout liait depuis la nuit des temps.
A commencer par le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD),
dont les visées politiques sont difficiles à occulter. Le parti de
Said Saadi considère la construction de cette mosquée comme une
menace à sa mainmise électorale sur la région, acquise depuis
toujours à sa ligne politique. En accusant les initiateurs de ce
projet d’appartenir au courant salafiste, le RCD compte aussi se
mettre en position d’avant-garde contre tout risque de propagation
des thèses islamistes dans ce patelin. L’autre acteur principal est
l’association religieuse, composée de jeunes pratiquants, dont des
barbus originaires de ce même village. Alors que les opposants à la
construction de la nouvelle mosquée les accusent, sans ambages, de
salafisme et de négation des traditions des ancêtres, ces derniers
s’en défendent en arguant par le saint Coran qui interdit la
construction de mosquées sur des cimetières, comme ils justifient
l’utilité de la nouvelle mosquée par la saturation et l’exiguïté de
l’ancien lieu de culte. Aussi, ils disposent de l’autorisation de
construction délivrée par les services de la wilaya de Tizi Ouzou.
Comme il fallait s’y attendre, par le truchement de cette affaire,
des partis politiques n’ont pas tardé à s’impliquer et essayer de
bénéficier de leur part de médiatisation et de l’intérêt dont
bénéficie cet incident. Après le Front des forces socialistes (FFS)
qui a condamné la démolition de la mosquée, arrivent les partis
islamistes à l’image du Mouvement de la société de la paix (MSP) et
du Mouvement Nahdha, qui compte poser une question à ce sujet à
l’ouverture de la prochaine session du parlement.
Un danger
sous-estimé
Loin de
l’exagération politicienne, il est à affirmer, à juste titre, que
l’Etat était le grand absent dans cette affaire. Et par son absence,
il attire tous les doutes et soupçons. Faut-il préciser qu’aux
déclarations du ministre de tutelle qui a affirmé qu’il préfère
confier la mission de règlement de ce différend aux sages du
quartier, s’ajoutent celles du directeur des affaires religieuses de
la wilaya de Tizi Ouzou. Interpellé sur la passivité de
l’administration locale dans le règlement de cette affaire, il a
indiqué à un titre de la presse nationale qu’il est plutôt «un
administratif et non pas un mufti», et d’ajouter, par la suite,
«qu’il travaille pour concilier les deux parties belligérantes». Ce
qui ne se voit pas sur le terrain et ne se traduit par aucune
initiative concrète. Hormis la tentative des archs de la région de
s’interposer et celles engagées par certains villageois, aucun geste
n’est venu de la part des hautes autorités du pays. Pourtant, il n’y
a plus de temps à perdre, d’autant que cette affaire date déjà de
plus d’une année. Comme elle requiert des spécificités laissant
croire que tout ne dépend pas du hasard et que le développement de
la situation est plutôt orienté, voire ciblé. Aghrib est le village
du Docteur Said Sadi, président du RCD. Est-il innocent qu’une telle
affaire se déclenche dans le village natal d’un leader laïc ? Said
Sadi, en glorifiant l’islam des ancêtres, voulait-il nourrir et
instrumentaliser ce conflit à des fins politiques ? N’a-t-on pas
prémédité le pourrissement de la situation dans le but d’épingler
Said Sadi chez lui ? Dans tous les cas, le seul perdant est l’unité
du village et la sécurité des citoyens. Et Ghlamallah préfère rester
en spectateur.
Par Aomar
Fekrache
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Politique
Bébé moustachu
et électorat préexistant
C'est une évidence
trompeuse que de croire qu'un parti, comme n'importe quel autre type
d'organisation, naît petit pour se développer ensuite continûment
jusqu'à atteindre au bout d'un parcours plus ou moins long le plein
épanouissement de la maturité, ce qui lui vaut cet accomplissement
consistant à accéder au pouvoir, seul ou comme membre d'une
coalition.
Néanmoins, on ne
peut dire qu’une formation a échoué du seul fait qu’elle ne se soit
pas hissée jusqu’au sommet de l’Etat. Si elle est devenue une force
politique avec laquelle ses concurrentes sont obligées de compter,
si elle est influente et qu’elle réalise constamment des scores
électoraux importants, il n’est pas possible de la tenir pour un
avorton tout juste parce qu’elle aura été incapable de franchir la
dernière marche la séparant de l’objectif qu’elle s’était fixée en
naissant. Des partis de grand renom ont été dans ce cas. Il est vrai
cependant qu’arriver à la porte du pouvoir sans pouvoir y entrer est
un signe probant que la progression a atteint son point le plus
haut, et que l’avenir sera voué à la régression.
Ce processus
naturel de croissance suivi de dépérissement ne se vérifie pas, en
tout cas pas dans ces termes s’agissant d’un parti politique,
condamné pour sa part à naître sinon avec les proportions d’un
adulte accompli, du moins à une phase de développement
correspondant au moins à l’adolescence avancée. S’il ne revêt pas en
effet un certain volume dès le départ, s’il arbore au contraire les
formes chétives, rabougries, d’un groupuscule, on peut dès ce
moment être sûr qu’il est congénitalement ainsi fait et que les
années à venir seront impuissantes à le pourvoir d’un corps épanoui.
Au moment où il
apparaissait (c’était en 1997, à la veille de législatives qu’il
allait remporter, ce qui d’ailleurs n’allait pas manquer de
provoquer un tollé général), le RND était raillé à l’envi en tant
que « bébé moustachu ». Cette stigmatisation, en forme d’oxymoron,
était destinée à mettre en évidence ce qu’il y avait de
contre-nature dans le fait qu’un parti gagne des élections alors
qu’il vient à peine d’être créé. Ceux qui l’avaient inventée aussi
bien que ceux qui s’en étaient servis, les uns et les autres
communiant dans une protestation dont on se souvient peut-être
qu’elle a beaucoup plus promis que tenu, en appelaient au bon sens
de l’opinion. Ils se disaient que celle-ci ne pouvait pas ne pas
leur apporter son soutien dans un cas de fraude aussi manifeste,
aussi scandaleux : un parti dont la vie se compte encore en semaines
qui cependant rafle la majorité des sièges de l’assemblée
législative, damant le pion ce faisant à beaucoup plus vieux et,
forcément, mieux implanté dans la société que lui.
Or, l’opinion, si
elle n’a pas moins ri que les protestataires, s’est gardée toutefois
se prendre parti dans une querelle dont elle ne voyait pas à quoi
elle pouvait bien rimer. On pouvait même se demander s’il n’y avait
pas en l’occurrence maldonne, si ce qui l’amusait c’était bien les
espiègleries du «bébé moustachu», et non pas la foule clairsemée
des adultes imberbes. On aurait beaucoup étonné ces derniers si on
s’était avisé de leur signaler qu’il était dans la nature des choses
qu’un parti naisse avec certains des attributs de la maturité, et
que ce sont précisément les avortons condamnés à le rester qui en
sont dépourvus.
Pour autant, de ce
qu’un parti soit à sa naissance le plus normalement du monde une
sorte de monstrueux «bébé moustachu» n’implique pas que le RND en
constitue l’exemple parfait, et qu’en conséquence sa victoire de
1997 ait été obtenue dans les meilleures conditions possibles
d’honnêteté et de transparence. Mais, rétrospectivement, il aisé de
voir que ce qui aurait été extraordinaire, c’était au contraire
qu’un parti en armes comme c’était assurément le cas du RND, le
parti des patriotes et autres groupes d’autodéfense à un moment où
les hordes terroristes écumaient encore les campagnes et les abords
des villes, à un moment donc où l’insécurité, quoiqu’en recul par
rapport à ce qu’elle avait été, demeurait encore grande, se laisse
vaincre dans une consultation organisée dans un contexte aussi
particulier. Le parti en première ligne sur le front de la lutte
antiterroriste ne pouvait pas perdre dans les urnes. Le parti créé
justement pour prendre le pas sur le FLN ne devait pas être vaincu
électoralement par ce dernier, entendu que la véritable partie,
c’était entre ces deux-là qu’elle se déroulait.
L’électorat
préexistant
Aujourd’hui, il
n’est plus question du PRA, à croire qu’il a cessé d’exister. Aussi
a-t-on a de la peine à penser qu’au moment où il se formait, en
même temps que bien d’autres partis, il semblait promis à un bel
avenir. Au début du pluralisme, il se posait, et d’ailleurs beaucoup
le percevaient comme tel, en rival du RCD, dont il constituait en
quelque sorte la contrepartie sur le versant islamiste. On se
souvient peut-être que Noreddine Boukrouh, son fondateur et
président, avait saisi la première occasion offerte, en l’espèce le
premier congrès du RCD, pour accuser celui-ci d’avoir plagié son
programme, paru dans les journaux, il est vrai, quelque temps
auparavant. C’est à peine si l’affaire n’avait pas donné lieu à un
procès dans les règles. Mais dès la première consultation
pluraliste, il apparaît que les deux partis ne sont pas
électoralement d’un poids comparable. Ce qui du même coup marque
d’illégitimité la prétention du PRA à contrebalancer le RCD. Voilà
pour le contexte et les faits. Reste maintenant l’interprétation que
fait Noreddine Boukrouh de sa déconfiture électorale, considérée non
pas dans l’absolu, mais à l’aune du score obtenu, en lui-même très
inférieur à celui que laissait présager la grande présence dans les
médias, par le parti rival, duquel il ne devait pas se laisser
distancer sans perdre la face. Noreddine Boukrouh, dont tous les
faits et gestes étaient rapportés par le menu dans les journaux, à
la grande différence de maintenant, s’expliquait cette première
défaite, qui lui laisse pressentir cependant qu’à moins d’un complet
retournement de conjoncture, autant dire d’un miracle, ou d’une
fraude « massive et généralisée » mais qui viendrait le rétablir
dans ses premières prétentions, elle décidait de tout, des autres
consultations comme de son avenir politique (après cela,
effectivement, il ne lui restait plus qu’à se contenter d’un
maroquin), en incriminant l’électorat préexistant dont a bénéficié
le RCD, et dont il a manqué pour sa part. Dans cette expression
pernicieuse d’électorat préexistant, on peut voir un constat doublé
d’une critique, et de féroce. Le constat, c’est que le RCD n’est pas
un parti né de rien, qu’il dispose d’une certaine profondeur, pas
aussi importante que celle du FFS sans doute, mais pas moins réelle
cependant. La critique sous-jacente c’est que c’est un parti à
implantation kabyle, et que les kabyles forment un gisement de voix
dont bénéficient en tout premier lieu les partis du cru. Lui
Boukrouh, qui n’est pas kabyle, ne s’est donc pas lancé dans la
course du même point de départ que le RCD. Si les Kabyles votent
kabyle, les Jijeliens, en revanche, sont réputés quant à eux pour
voter jijelien. Idem pour les Constantinois, les Oranais, les
Sahariens dans leur diversité. Idem, en somme, pour tous les autres
Algériens, les Kabyles mis à part. C’est tout cela et plus encore
que voulait dire Boukrouh en voulant justifier son dérisoire score
électoral de 1990.
Il ne croyait pas
si bien dire. Un parti en effet, kabyle ou non, procède d’une
mouvance. Il ne doit pas son existence au seul bon vouloir de
l’administration, ou de toute autre manipulation faite dans un
laboratoire. Il existe d’abord, ensuite seulement il est ou non
reconnu par le ministère de l’Intérieur. S’agissant du RCD, ce n’est
moins d’un territoire qu’il a émergé que d’un mouvement de
contestation : le Mouvement culturel berbère. Le cas du « bébé
moustachu », le RND, lui non plus n’infirme pas, mais confirme la
règle. Il est en effet une scission du FLN consécutive au choix
romain de la direction emmenée à l’époque par Abdelhamid Mehri. S’il
est bien moustachu, il est en revanche si peu un bébé qu’il a le
même âge que la formation dont il est issu organiquement. Qu’un
parti ne puisse être crédible, et avoir une chance de se développer
que s’il tire son origine d’un mouvement, d’une mouvance, d’un
courant qui lui préexiste, n’est donc pas l’exception, comme le
pensait le président fondateur du PRA, mais la règle. Et ce n’en est
pas une de plus avec laquelle il est permis de prendre des
libertés. Un parti qui doit son existence au seul arbitraire
administratif, comme c’est précisément le cas du PRA, commence sa
carrière avec un lourd, très lourd handicap.
Par Mohamed
Habili
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Focus
L'Algérie et
les ruptures en cours
Si la crise
économique actuelle inquiète beaucoup de monde à travers la planète,
à commencer par ceux qui ont perdu leurs économies dans la
spéculation boursière ou bancaire et ceux dont l’emploi est menacé
ou perdu, elle n’en reste pas moins providentielle. Grâce à elle,
l’Humanité a la possibilité d’éviter un cataclysme infiniment plus
dévastateur.
Il n’y a pas des
mois, nous étions sous la coupe d’un dogmatisme inexpugnable, qui
était la Vérité providentielle, la seule et unique, au-dessus de
tout. Sans elle, point de salut ! Sans elle nous allions vers le
gouffre. Seule, elle pouvait rétablir ces «équilibres» perdus et
remettre l’économie sur les rails.
Il ne fallait plus
rien faire, il fallait juste laisser faire et suivre le mouvement.
Se laisser porter. Un jour, ceux qui savent nous ont dit que
les «équilibres» étaient là. Cela rassure bien sûr de savoir que ces
«équilibres», si importants, vitaux même étaient là. Mais il a fallu
que l’Etat fasse le moins possible et arrête de faire ce qu’il
faisait. C’est-à-dire qu’il devait se contenter d’observer et
d’attendre que tout se mette à se faire de lui-même. Les emplois
devaient se créer, la production démarrer et le développement suivre
et rejaillir sur tous. Il le fallait parce qu’il était de plus en
plus urgent que les gens trouvent du travail et que les secteurs
productifs se réveillent.
En fait, il ne se
passait presque rien, du moins par rapport aux promesses faites. L’Etat,
qui ne devait surtout plus être une «mamelle», se gardait
d’intervenir, sous peine de blasphème et au risque de voir les
prêtres de la libre-entreprise lui taper sur les doigts. Il ne
bougeait donc pas. Malgré la pression qu’il subissait d’en bas.
Parce qu’en bas, on ne comprend que ce qui est concret, grâce au
fait que c’est en bas qu’on voit le mieux les bienfaits ou les
méfaits des politiques.
Des années durant,
le face-à- face a duré. Ces années où l’Etat reconfiguré a démantelé
les secteurs sous sa tutelle, laminé les charges sociales et
désinvesti on ne peut mieux. Pendant ce temps, il a engrangé année
après année des dizaines de milliards de dollars, créant une
frustration supplémentaire, légitime chez ceux qui ne comprennent
pas de ne pas trouver de travail quand les caisses sont pleines.
Chez les autres,
les mêmes qui voulaient que l‘Etat obéisse au Fonds Monétaire
International (FMI) et à la Banque Mondiale, c’est plutôt une sorte
de félonie, en apparence, qui se traduit par l’accusation de
thésaurisation de la richesse nationale. Ceux-ci font aussi
référence au concept d’économie rentière. La confusion est devenu
totale et le blocage insupportable. L’Etat ne savait plus quoi
faire et ceux-ci voulaient qu’il leur distribue cet argent pour
cesser d’être rentier.
L’Etat a bien
donné à quelques-uns beaucoup d’argent, mais ils n’en ont rien fait
pour l’économie et il a fallu leur faire des procès qui ont impliqué
pas mal de fonctionnaires, de responsables et de gestionnaires de
biens publics. L’Etat allait, en fait, finir par être obligé de
répondre aux besoins qu’il a lui-même en grande partie provoqués.
Il a généralisé le
chômage pour offrir des bras aux privés nationaux et étrangers, ils
n’ont rien fait pour le juguler et l’absorber. Il a laissé la voie
libre aux frontières, il s’en est suivi un raz-de-marée de produits
étrangers qui ont balayé y compris la production privée nationale.
Il a délaissé la culture pour que les privés puissent y trouver le
champ libre pour prospérer et faire du profit, il en a résulté un
désert culturel sans fin. Le résultat est là.
L’Etat a des
charges accumulées et démultipliées par rapport à la situation où il
les avait laissées mais sans le secteur public qui les supportait,
tant bien que mal et qui aurait pu être maintenu, redressé et
développé. Il doit pallier les déficits sur plusieurs fronts à la
fois.
Il renoue avec
Keynes et lance une politique de grand travaux qui permet de voir
venir et d’équiper le pays en infrastructures, de réduire la demande
de logements tout créant dans le même temps les emplois que la
libéralisation n’a pas permis de créer. Et puis, vint la crise qui
fait voler en éclats le dogme tout puissant, après la volte-face,
aussi soudaine qu’inattendue, de ses fondateurs. Une volte-face
salutaire, s’il en faut. Elle libère des tabous et bouleverse les
bases qui conduisaient les pays dominés vers l’abîme.
Ces derniers
peuvent, d’abord, constater que tous les discours qui leur étaient
servis ne servaient que les intérêts de leurs auteurs qui, comble du
cynisme et toute honte bue, se mettent les premiers à insulter les
dieux qu’ils ont imposé au monde d’adorer. Ensuite, ils peuvent
observer que ceux-ci sont affaiblis au point de ne plus pouvoir
proposer quoi que ce soit qui vaille et qu’ils acceptent que l‘on
déroge à leurs sacrosaintes règles, sans trop riposter. Mieux
encore, ils font dans le chacun pour soi et enfreignent les
principes de partage établis. Les chasses gardées des uns sont
convoitées et violées par d’autres. Cette situation ouvre des
opportunités inédites et inespérées à des négociations moins
contraignantes par l’effet de domination.
Pour le moment,
plus que des partenaires qui se déchirent et qui sont prêts à
accepter les enchères. De nouveaux prétendants entrent en scène.
Pour l’Algérie, il
s’agit d’une chance qui ne se renouvellera pas. Elle a l’expérience
des recettes passées, elle a les références des accords qu’il ne
faut pas passer et elle a la chance que son économie ne risque rien
de l’intérieur, puisqu’aucun investissement étranger ne participe à
sa cohérence générale. Elle a aussi l’heur que les partenaires
potentiels sont plus à se neutraliser qu’à faire front contre elle.
L’Europe craignait la Chine, les Etats-Unis se pointent sans
ménagements. Ils ont le poids et l’envergure qu’il faut. Ils vont
offrir mieux et l’Europe va s’empresser de reconnaître que les
engagements qu’elle a obtenus ne sont pas aussi équitables qu’elle
le prétendait.
Les moyens de
pression financière ne sont plus, le pays n’est pas en cessation de
paiement. Il a honoré sa dette et se permet de faire partie des
pays qui ont une aisance financière. Il faut qu’il se crédibilise
vis-à-vis de sa population en évitant de retomber dans les travers
où un vent de panique l’a fait chuter et en mettant fin à la
prédation éhontée qui gangrène tout les secteurs où intervient le
financement public. L’éradication de la corruption préservera les
capacités du service public et du secteur économique public de
servir les objectifs nationaux et renforcera la position du pays
face à ses partenaires. Elle prouvera le retour véritable aux
fondamentaux d’une politique de rupture avec la période débridée et
aventureuse qui a présidé jusqu’ici. Il ne s’agit pas d’être dupe,
la corruption est une donnée nécessaire du marché, elle est son
produit légitime, même s’il la nie et la combat, conformément à ses
principes de respect du jeu de la libre-concurrence. S’il la combat,
c’est que le marché a besoin de limiter ses nuisances pour éviter
qu’elles finissent par compromettre les chances de son propre
développement, qui prétend produire un minimum de bien-être dans
son environnement et atténuer ses propres effets, faits d’inégalités
devant les richesses produites, d’exclusion et de paupérisation plus
ou moins large. Ainsi, la corruption réduite à sa plus simple
expression, les intérêts de la nation mieux protégés, l’Algérie
pourra prétendre à un mieux-vivre de ses citoyens.
Par Ahmed
Halfaoui
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Regard
Le cycle de la
violence conjugale
La violence
conjugale est vécue dans une relation de couple et peut être vécue à
n'importe quel âge. Elle est un moyen de dominer l'autre afin de
pouvoir exercer son pouvoir sur elle.
La violence se
retrouve dans toutes les couches de la société, indépendamment de
l’âge, de l’origine ethnique, de la scolarité et du niveau
socio-économique. Elle se traduit par des agressions physiques,
verbales, psychologiques, sexuelles et économiques.
La violence
conjugale est la manifestation de rapports de force historiquement
inégaux entre les hommes et les femmes (Déclaration sur
l’élimination de la violence contre les femmes, Assemblée générale
des Nations-unies, 1993).
Dans tous les pays
du monde, la violence conjugale puise ses racines dans l’histoire
ancienne de la société.
Notre société
continue à véhiculer des valeurs qui favorisent et parfois même
encouragent la perpétuité de la violence en favorisant le sexisme.
On continue à apprendre aux petits garçons à être forts, à
s’accorder des privilèges, et à ne tolérer aucune frustration.
Pendant ce temps,
on apprend à nos petites filles à penser au bien être des autres, à
se sentir responsable du bonheur d’autrui, et à toujours donner sans
rien demander en retour.
La violence
conjugale naît du besoin de contrôler une personne que l’on refuse
de voir comme son égale.
L’agresseur va
souvent trouver un prétexte pour violenter sa victime. Il va
invoquer l’alcool, la drogue, le stress, la jalousie, ou la
négligence de la femme par rapport à son foyer pour justifier sa
violence.
Ces quelques
éléments que j’ai cité parmi une centaine d’autres, peuvent être un
élément déclencheur de la violence mais n’en sont jamais la cause.
L’homme violent va
recommencer car la violence est rentable pour lui. À chaque fois,
qu’il l’utilise, il regagne son contrôle.
Les conséquences
sur la victime peuvent être physiques, morales et traumatisantes.
S’il y a des enfants, en plus des risques de blessures physiques,
ces derniers peuvent démontrer des problèmes de comportement assez
sévères. Ils risquent la délinquance, le décrochage scolaire en plus
de reproduire le modèle de l’agresseur ou de la victime à l’âge
adulte. Imaginez les conséquences sur la société! Le cycle de la
violence conjugale est un cercle vicieux qui comporte quatre phases
: le climat de tension, la crise, la justification et la lune de
miel. Il est installé par l’agresseur pour lui permettre de
maintenir sa domination et son contrôle sur sa conjointe.
PHASE 1
Tension
Tension du
conjoint: ton de la voix, attitude menaçante, crée un climat de
tension prétextant que la femme est responsable.
Peur de la femme :
Anxieuse, peur de faire une erreur ou une faute, doute d’elle-même.
Peur de ne pas
plaire au conjoint.
PHASE 2
Crise
Agression de
l’homme : Il éclate, agression physique, verbale ou autre car ça ne
va pas comme il veut.
Colère et
tristesse de la femme :
Humiliée,
désespérée mais ne veut pas souvent le raconter.
PHASE 3
Justification
Déresponsabilisation du conjoint : il minimise son comportement et
rejette la faute sur la femme.
Responsabilisation
de la femme : Elle se sent responsable de la violence. C’est de ma
faute, j’aurais dû faire attention.
PHASE 4
Lune de miel
Rémission du
conjoint : Il regrette, promet de ne plus recommencer, devient
gentil et affectueux.
Espoir de la femme
: Il l’a convaincue qu’il allait changer ; de plus, il est tellement
gentil maintenant.
Phase 1 Tension
:
C’est une façon de
prendre le contrôle.
Phase 2 Crise :
Une femme n’est
jamais fière de raconter qu’elle a pris des coups. En général, elle
se replie sur elle-même.
Phase 3
Justification :
L’agresseur est
souvent dépendant affectivement, sexuellement ou familialement, il
réalise son écart et va essayer de se justifier tout en mettant la
responsabilité sur la femme.
Phase 4 Lune de
miel
Le conjoint qui a
agressé et s’est justifié essaye de reconquérir sa conjointe en
promettant de belles choses. Cela peut être un petit cadeau, un
voyage, ou même faire un enfant. La femme qui a eu peur, qui a subi
une agression, et qui se sent isolée, a juste envie d’y croire. Et
le calme va s’installer jusqu’à la prochaine crise.
Dans une relation
conjugale marquée par la violence, ce cycle se répète plusieurs fois
et de façon de plus en plus accélérée. Plus le cycle se répète, plus
la phase de la «lune de miel» raccourcit jusqu’à disparaître.
Toutes les femmes
peuvent être victimes de violence conjugale. Cependant les femmes
dépendantes financièrement, avec de jeunes enfants, isolées
socialement, celles dont le conjoint a été témoin de violence
conjugale ou qui ont été elles- mêmes exposées à la violence
conjugale sont plus vulnérables.
Les hommes
violents proviennent de toutes les couches de société et ne se
ressemblent pas tous, ils ont des traits de personnalité difficiles
à généraliser. Il arrive à tout le monde de poser un geste violent,
les hommes violents sont ceux qui répètent leur violence
régulièrement contre leur femme.
Ils rentrent dans
ce cycle et commencent à croire que leur comportement est normal.
Plus encore, ils se perçoivent comme des victimes. Les conjoints
violents se créent un scénario dans lequel ils sont les «victimes»
de leur conjointe ou de l’environnement. Les hommes violents ne le
sont pas avec tout le monde.
Ils sont violents
avec leur femme car ils ont choisi de l’être. Nous pouvons aider les
femmes victimes de violence conjugale en dénonçant la violence, en
les écoutant et en leur soulignant que personne ne mérite d’être
battu.
On peut aussi les
référer à des ressources quand elles existent. Les hommes violents
ont aussi besoin d’aide et nous pouvons les référer aussi.
Nacera
kherbouche
MBA expert en
gestion de performance & business coach
Haut
e-mail :contact@lesdebats.com |