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Investissements français en Algérie
Makache
mouchkil ! vraiment ?
Il aura fallu
quelques mois pour que les patrons français se résolvent à
comprendre qu'un Etat souverain peut pendre les lois qui satisfont
d'abord ses intérêts sans qu'il ait à rendre compte à qui que ce
soit de ses décisions.
On s’en souvient,
dès la promulgation de la LFC, des voix se sont élevées pour dire
que l’Algérie devait revenir sur ses décisions, se dédire pour
satisfaire les attentes des entreprises étrangères, notamment
françaises, qui veulent investir ou continuer d’investir en
Algérie.
Il aura fallu que
de l’eau coule sous les ponts et que les opérations de lobbying
montrent leurs limites pour que finalement on accepte la situation
nouvelle et qu’on voie tous les bénéfices à tirer. Lors de la
conférence de presse qu’elle a tenue à Alger lors de sa visite en
Algérie le 24 novembre, la présidente du patronat français, le Medef,
Mme Laurence Parisot, est revenue sur les dispositions de la loi de
finances complémentaire 2009, indiquant que «les chefs d’entreprise
français sont heureux de travailler et d’investir en Algérie». Quant
aux nouvelles dispositions de la loi, la patronne des patrons a tenu
à souligner que «le changement des règles instituées dans la LFC est
pour nous quelque chose dont nous prenons acte et c’est tout».
Prendre acte aurait pu être la première réaction puisque Laurence
Parisot reconnaissait que des opérateurs français ont eu quelques a
priori faute d’une période d’adaptation. Il semble que l’adaptation
soit arrivée à terme. «Les nouvelles règles se posent à tout le
monde, à tous les investisseurs de tous les pays et nous allons nous
y adapter. Cela n’atténue en rien les relations entre la France et
l’Algérie», a indiqué Mme Parisot. Pour elle, «les entreprises
françaises ont bien compris l’orientation et les raisons de la
nouvelle politique économique du gouvernement algérien avec
l’adoption de la LFC qui a redéfini le cadre juridique des sociétés
à capitaux étrangers désireuses de s’installer en Algérie». Pour
elle, il n’y a plus de problème, «makache mouchkil», et les
entreprises françaises «peuvent apporter beaucoup à l’industrie
algérienne en investissements, en transfert de technologie ou encore
en formation». Certes, mais qu’en a-t-il été jusqu’à maintenant ?
L’investissement français en Algérie devait atteindre les 5
milliards de dollars et «cela reste un objectif». L’objectif est
réalisable, selon Laurence Parisot. La France en tête dans de
nombreux domaines au niveau mondial, tels la pharmacie, la
pétrochimie, les transports, les énergies renouvelables, le secteur
de l’eau, devrait être au rendez-vous, c’est du moins ce qui est
annoncé, il reste qu’il y a loin de la coupe aux lèvres et les
investisseurs français n’en sont pas à leur premier effet d’annonce
dans ce domaine.
On se souvient
pourtant comment un constructeur automobile comme Renault a fui
l’Algérie, alors que l’installation d’une usine de montage
automobile était quasiment acquise, pour installer une usine de
montage au Maroc. Est-ce que des constructeurs automobiles français
vont concrétiser un quelconque projet en Algérie ? Mme Parisot a
préféré laisser planer des promesses dans ce sens. Il reste que nous
restons aussi au niveau du symbole pour ce qui est des
investissements français en Algérie. «Si nous sommes présents
aujourd’hui en Algérie, c’est justement pour dire qu’il n’y a aucun
problème entre les entreprises françaises et les entreprises
algériennes. Nous sommes les premiers partenaires de l’Algérie et
nous comptons le rester», a souligné Mme Parisot. Il aura fallu
qu’elle insiste pour souligner l’importance de cette présence dans
les investissements. «Si l’on regarde les secteurs que le
gouvernement algérien considère comme stratégiques pour le
développement du pays, on constate que ce sont des secteurs dans
lesquels la France est bien placée à travers des entreprises qui
sont leaders au niveau mondial», des entreprises qui viennent en
prestataires et non en investisseurs. L’exemple le plus probant est
celui de Alstom, détenteur de plusieurs marchés dans le domaine des
transports (tramway, électrification du train) mais qui traîne des
pieds à investir, alors que l’entreprise avait fait courir quelque
temps le bruit qu’elle allait reprendre des installations de
Ferrovial pour la fabrication de tramways en Algérie.
Aujourd’hui on
regarde de près le projet de vapocraquage, en cours de négociation,
entre Sonatrach et Total. «Nous souhaitons que ce projet aboutisse.
A lui seul, ce projet mobilise le montant de cinq milliards de
dollars» a indiqué Mme Parisot.
Pour la première
responsable du MEDEF, la France est le premier partenaire de
l’Algérie et veut le demeurer. «C’est avec la nouvelle stratégie
économique de l’Algérie que peut se développer un nouveau tissu
entrepreneurial».
Par Amine
Esseghir
Le cas du port
de Marseille
On avait annoncé,
début novembre, une délégation d’élus provençaux français qui devait
être reçue «dans les prochaines semaines» en Algérie par les plus
hautes autorités du pays. Le sujet de la visite n’est rien d’autre
que la LFC qui inquiète, avait-on dit, les acteurs du port de
Marseille-Fos.
La délégation
devait comprendre les présidents de la région, du département des
Bouches-du-Rhône, de la communauté urbaine de Marseille, le maire de
Marseille et le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie
Marseille- Provence. Pour rappel, dès le mois d’août, les
dispositions de la LFC ont eu pour conséquence une diminution de 40%
de l’activité marchandises (vrac, conteneurs, etc.) des bassins Est
du port de Marseille.
Dès l’annonce de
la visite, le président de la région Paca (parti socialiste), Michel
Vauzelle, s’était félicité de la nouvelle. Pour lui, «notre demande
est que nous examinions au plus haut niveau, et j’en suis très
heureux car ça sera avec le Premier ministre, non pas que les
Algériens revoient quoi que ce soit de la loi qu’ils ont votée, car
nous respectons totalement leur souveraineté, mais comment, dans les
décrets d’application de la loi, des assouplissements peuvent être
possibles», avait-il déclaré à l’AFP. «Nous allons avoir l’occasion
d’exposer au Premier ministre les interrogations et les manques à
gagner pour les deux pays», a-t-il poursuivi.
Est-ce à dire
qu’avant même la visite de Mme Parisot, il n y avait plus de «mouchkil»?
A.E.
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Les SGP transformées en sociétés publiques
Cafouillage
juridique en vue
Après sa décision
de créer de nouvelles entreprises publiques, le gouvernement a
confirmé, cette semaine, ses intentions étatistes de revenir au
schéma des grands groupes industriels. De fait, la privatisation est
quasi abandonnée.
Hamid Temmar a
annoncé que la société de gestion des participations GICA (ciment) a
été choisie pour être la première SGP à devenir une société
nationale, dans le cadre d’un vaste changement qui vise à supprimer
ces sociétés fiduciaires et à en faire des entreprises publiques
économiques. L’intention est claire : aller dans le sens contraire
de la privatisation qui, elle, s’est appuyée sur le morcellement du
secteur public afin d’en faciliter la liquidation.
La suppression des
SGP signifie, donc, un grand tournant dans la politique économique
du pays, du moins s’agissant du secteur public qui concentre plus de
1000 entreprises de différentes tailles et près de 40% des emplois
déclarés.
Le ministre de
l’Industrie et de la Promotion des investissements n’a pas donné de
précisions sur le rythme de ces changements et sur la manière avec
laquelle le gouvernement compte procéder. Mais il est certain que
l’Exécutif devra, une nouvelle fois, réviser la législation en
vigueur afin que ses réformes se fassent dans la légalité. D’abord,
il devra amender l’ordonnance d’août 2001 et tous les textes
d’application venus par la suite (décrets, règlements, circulaires,
notes), qui ont consacré le regroupement d’entreprises sous la
tutelle des SGP et la soumission de ces dernières au ministre chargé
des participations (lequel n’est plus précisé dans la composante
actuelle du gouvernement, ni dans le décret portant missions et
prérogatives du ministère de l’Industrie et de la Promotion des
investissements). Ensuite, il faudra déterminer le statut de ces
futures grandes sociétés nationales. Si elles passeront au rang d’EPE,
elles tomberont une nouvelle fois sous le coup des lois qui les
destinent à la privatisation. Si elles bénéficient du statut d’EPIC,
il faut alors savoir qu’il existe déjà un vieux texte de loi datant
de 1988 et qui oblige toutes les EPIC à se convertir en EPE. Cela,
sachant que la loi en cours n’exclut aucune EPE de la privatisation
et ne considère plus aucune entreprise comme étant stratégique ou
non, cette notion étant évacuée dans les textes depuis plus de 20
ans et, dans le discours, depuis une décennie.
Autre souci
juridique qui peut se poser dans la démarche de concentration des
entreprises publiques, la suppression des SGP ne peut se faire sans
l’amendement de l’ordonnance sur la privatisation. Cela posera alors
le problème de la tutelle des futurs grands groupes à créer.
Seront-ils toujours rattachés au ministère de l’Industrie et de la
Promotion de l’investissement ? Devront-ils être ventilés entre les
ministères, suivant le domaine d’activité, soit un retour au schéma
des années 1960 à 1980 ? Dans ce cas, sur quoi le ministère chargé
des participations va-t-il s’appuyer pour préparer les dossiers des
EPE à soumettre au CPE ? Et alors, que faire même du CPE ? A quoi
servirait en effet le Conseil des participations de l’Etat si les
entreprises dépendent de sociétés mères, surtout dans un contexte où
la privatisation est quasi abandonnée, dans les faits comme dans le
discours ? Enfin, de quelle façon les gestionnaires des entreprises
publiques vont-ils travailler : suivant les ordres de la société
mère, du ministre de tutelle, du ministre de l’Industrie et de la
Promotion des investissements ou, puisqu’on revient en arrière,
suivant les instructions du wali ?
Voilà autant de
questions qui se posent, à l’heure où le gouvernement redouble
d’énergie à faire oublier la privatisation, ses méfaits et ses
échecs et que s’ouvre une nouvelle étape dans la politique
économique du pays. Une étape qui risque de ressembler aux
précédentes, mais dans le sens inverse. Hier, le gouvernement
pratiquait le libéralisme à l’ombre des lois socialistes.
Aujourd’hui, c’est l’étatisme qui revient en force pour trôner sur
une législation dédiée au marché libre. Un vrai cas d’école !
En attendant d’en
savoir plus, il convient de rappeler que le secteur public comporte
au total 28 SGP, outre une dizaine de grandes entreprises maintenus
sans tutelle directe. Les SGP, venues pour remplacer les holdings,
eux-mêmes créés en substitution aux fonds de participations, ont été
mises en place dans le cadre d’une politique visant à accélérer la
liquidation du secteur public.
Le nouveau
gouvernement mis en place par Abdelaziz Bouteflika a hérité, en
effet, d’un bilan peu élogieux de la privatisation, limité à la
cession d’une vingtaine de petites unités tout au plus, après
quelques années d’efforts, sans compter les ventes opérées par le
défunt Conseil national de la privatisation, présidé par
Abderrahmane Mebtoul, dont les décisions ont toutes été remises en
cause au jour de la dissolution dudit conseil.
Pilotée par
Abdelhamid Temmar, la politique des privatisations a tôt fait
d’amender les deux ordonnances sur la privatisation et
l’investissement, signées par Liamine Zeroual et en vigueur depuis
1995, pour instaurer un nouveau cadre juridique, à travers deux
autres ordonnances promulguées en août 2001.
Le concept des SGP
est le fruit d’une assistance technique de la Banque mondiale, dans
le cadre d’un accord de projet d’assistance, accompagné d’un prêt à
taux réduit de plusieurs dizaines de millions de dollars. L’accord
conclu entre l’institution de Bretton Woods et le gouvernement
algérien portait sur la création d’une quarantaine de sociétés
fiduciaires détenant le portefeuille financier su secteur public
économique. Mais le gouvernement a fini par opter pour un compromis
entre l’ancien dispositif et celui suggéré par la Banque mondiale,
maintenant le Conseil des participations de l’Etat (CPC, présidé par
le chef du gouvernement), comme le véritable centre de décision.
Placées
directement sous la tutelle directe du ministre chargé des
participations, les SGP avaient pour rôle de préparer les EPE à la
privatisation, c’est-à-dire à les accompagner depuis l’évaluation
jusqu’à la négociation finale avec le repreneur. C’est dans ce cadre
que l’organisation de la SGP s’est articulée autour des quatre
missions principales contenues dans le mandat de gestion. Il s’agit
des opérations de partenariat et de privatisation, de la gestion du
portefeuille de titres, de la mise à jour de la base de données et
la communication avec le ministère chargé des participations
(lui-même jouant le rôle de secrétariat technique du CPE) et, bien
entendu, de l’organisation et le management de la SGP. Dans les
faits, les SGP étaient tout simplement chargées de rendre les
entreprises publiques vendables et pour celle qui l’étaient déjà, de
les rendre encore plus vendables.
Sept ans durant,
les SGP ont donc recensé les dysfonctionnements des EPE, lancé des
études de restructuration des filières, élaboré des plans de
redressement, proposé des dossiers d’assainissements, poussé les
entreprises à la certification et à l’accréditation, encadré les
gestionnaires dans les changements de statuts et lors des montages
juridiques et financiers, piloté l’élagage des activités annexes des
entreprises et dynamisé les actions envers les partenaires privés,
etc.
Depuis, on pensait
qu’une autoroute s’ouvrait devant la privatisation, mais seules 400
entreprises ont été vendues, sur une liste de 1200 EPE. Un bilan qui
ne dit pas l’essentiel, vu qu’on ne connaît toujours pas le taux de
réussite des entreprises vendues, ni l’aboutissement réel du
transfert de propriété, souvent en butte aux obstacles
administratifs et financiers. Un bilan qui exclut, par ailleurs, la
cession d’un millier d’entreprises locales (EPL) à ses anciens
salariés que l’on a laissé se débattre dans des problèmes de titres
de propriété et de solvabilité financière.
Par Nabil
Benali
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Début de reconnaissance des syndicats autonomes ?
Malgré une
existence légale, les syndicats autonomes peinent à se faire
entendre par les pouvoirs publics. Mais la situation semble changer
puisque, à la faveur de la dernière grève dans le secteur de
l'éducation nationale, le dialogue a pris le dessus sur le mépris
affiché par les responsables des différents secteurs à l'égard des
représentants des travailleurs de la fonction publique.
Les réunions
marathon entre les représentants des syndicats de l’éducation
nationale et les responsables du ministère du département de M.
Benbouzid ont réussi à débloquer une situation qui allait prendre
des proportions graves pour le secteur. A la troisième semaine de
grève, après deux autres débrayages cycliques de 3 jours par
semaine, il devenait plus qu’urgent de régler ce différend qui
durait depuis plusieurs années déjà. Les fruits de la concertation
sont là. Certaines des revendications des syndicats ont été
acceptées, d’autres feront l’objet de discussions futures avec des
promesses de règlement. Si la réaction des syndicats concernés a été
différemment appréciée, puisque certains ont préféré continuer leur
grève, il n’en demeure pas moins qu’il est toujours préférable de
laisser ouvertes les portes du dialogue. L’Union nationale des
personnels de l’éducation et de la formation (UNPEF) a déjà tranché
pour la reprise de cours et a appelé à l’arrêt du mouvement pour
rattraper le retard accumulé durant la grève. Décidant lui aussi de
reprendre les bancs de l’école, le Syndicat national des professeurs
de l’enseignement secondaire et technique (SNAPEST) a opté pour le
gel de la grève, en attendant de voir du concret dans les promesses
du ministère.
Vraisemblablement,
le Conseil national des professeurs de l’enseignement secondaire et
technique (CNAPEST) se dirige lui aussi vers la reprise des cours.
Les responsables de ce syndicat affichent déjà leur satisfaction des
engagements pris par le ministère de tutelle. Reste à convaincre le
Conseil des lycées d’Algérie (CLA).
Après avoir
minimisé le mouvement de grève à ses premiers jours, la tutelle a
compris qu’il était illusoire de vouloir réduire son impact pour
justifier le refus du dialogue. C’est, d’ailleurs, à la demande de
Boubekeur Benbouzid qu’a eu lieu la première réunion avec les
syndicats autonomes de l’éducation qui a balisé la suite des
discussions. Les autres rounds ont abouti à la création de plusieurs
commissions dont celle devant statuer la rétroactivité des
indemnités à partir du 1er janvier 2008, celle relative à
l’abrogation du décret 158-94 qui octroit la gestion des œuvres
sociales à la FNTE, et une autre consacrée au dossier de la médecine
du travail. Globalement, les syndicats ont obtenu gain de cause.
Promesses leur ont été données d’aplanir ces problèmes dans les plus
brefs délais. Il s’agit là d’un exercice tout aussi important que
dangereux dans le cas où, comme cela a été le cas durant les
conflits des précédentes années, la tutelle n’assume pas ses
engagements. La grève pourrait reprendre de plus belle. C’est un
risque à éviter à tout prix si l’on veut instaurer un climat de
confiance durable.
D’autant que la
représentativité des syndicats autonomes de l’éducation nationale
n’est plus à démontrer. En effet, la guerre des chiffres entre la
tutelle et les syndicats n’a pas pu cacher la paralysie quasi
générale dans les établissements scolaires dans l’ensemble du pays.
Les pouvoirs publics ne pourront plus chicaner sur une prétendue non
représentativité de ces formations syndicales. Reste à les amener à
généraliser leur position à l’ensemble des secteurs de la fonction
publique. Les praticiens de la santé publique n’arrivent pas, à ce
jour, à se frayer un chemin dans les dédales de l’administration du
secteur pour faire aboutir leurs revendications. En grève depuis
près d’une semaine, les généralistes réclament un statut
particulier, des indemnités à la hauteur des efforts fournis et,
surtout, d’être considérés comme partenaire social à part entière
par la tutelle pour discuter des questions professionnelles qui les
concernent directement. Cette revendication de partenaire social à
part entière est une des revendications qui lie l’ensemble des
syndicats de la Fonction publique. C’est le casse-tête principal de
la scène syndicale depuis plus d’une décennie. Le mauvais pli pris
par les autorités, durant les années 90, de n’accorder de la
considération qu’à l’UGTA semble difficile à rectifier. Difficile
mais pas impossible. Car les conditions qui prévalaient dans les
années 90, où l’UGTA était perçue bien plus qu’un partenaire social
mais un allié politique, ne sont plus de mise actuellement. C’est ce
qui explique l’adoption, à cette époque, du décret 158-94 qui
accorde aux seuls syndicats affiliés à la Centrale de gérer les
œuvres sociales de leurs secteurs respectifs. Une décision qui,
au-delà même du principe de pluralisme syndical, a engendré des
situations ingérables dans la quasi-totalité des secteurs de la
fonction publique et des entreprises nationales. Les scandales
successifs (dans l’éducation nationale, la CNAN, la douane…) qui ont
été révélés par la presse montrent à quel point il est urgent de
démocratiser la gestion des milliards des œuvres sociales. De
l’intérieur même de l’UGTA, des voix, certes minoritaires, s’étaient
élevées pour dénoncer les abus constatés. Voilà pourquoi il est
urgent d’assainir aussi bien la gestion des œuvres sociales que
l’ensemble de l’exercice syndical en instaurant des règles
transparentes valables pour tous les acteurs. La dynamique lancée
par le ministère de l’Education nationale et celui de l’Enseignement
supérieur et de la recherche scientifique (qui a accédé lui aussi à
certaines revendications du CNES) doit être soutenue et généralisée
aux autres secteurs de la fonction publique.
Il est temps de
donner à chaque formation syndicale la place qui lui revient dans le
secteur où elle est implantée et selon son degré de
représentativité. Bien évidemment, s’il est trop tard pour inviter
la coalition des syndicats autonomes de la fonction publique
(largement représentative) à la table de la prochaine tripartite qui
a lieu dans quelques jours, il serait souhaitable d’y songer pour
les prochains rendez-vous.
Les syndicats
autonomes n’ont jamais demandé à être consultés lorsqu’il s’agit de
prendre des décisions concernant la stratégie industrielle ou dans
tout autre domaine où ils ne sont pas présents. Par contre, ils ont
le droit de réclamer de pouvoir donner leur avis et faire aboutir
les revendications de leurs bases respectives dans les secteurs où
ils sont majoritaires.
Par Abdelkader
Djalil
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Lutte contre le terrorisme dans le Sahel
Africom ne sera
pas transférée en Algérie
La visite de chef
du commandement des Etats-Unis pour l'Afrique (Africom), le général
William E. Ward, à Alger la semaine dernière a mis fin à toute
rumeur concernant l'installation de cette institution en Algérie.
C'est en tout cas ce qu'a affirmé ce responsable américain selon
lequel ladite base va demeurer en Allemagne et qu'il n'a jamais été
question de son transfert en Afrique, et encore moins en Algérie.
Ce responsable a
été reçu en audience par le président de la République, Abdelaziz
Bouteflika, ce qui lui a permis d’avoir une vision de l’Algérie
concernant la lutte contre le terrorisme et la coopération souhaitée
dans ce cadre.
Il y a lieu de
souligner que la mise en place de l’Africom s’incrit dans le cadre
de la stratégie des Etats-Unis relative à la lutte contre le
terrorisme notamment dans le Sahel, une stratégie adoptée après les
événements du 11 septembre.
L’Algérie qui a
souffert du terrorisme durant plus des 12 ans a son mot à dire dans
la lutte contre ce fléau au niveau africain et en particulier au
Sahel où se positionne El Qaïda du Maghreb. Dans ce cadre, les
Etats-Unis se sont montrés conscients du rôle de l’Algérie et de son
poids, notamment avec l’expérience qu’elle a acquise dans la domaine
de la lutte contre le terrorisme qui est devenu un phénomène mondial
au moment où le monde entier a choisi le siège de spectateur par
rapport au sang des algériens qui coulait chaque jour.
Après les
événements du 11 septembre, les Américains ont ouvert les yeux sur
les pays qui affrontaient le terrorisme avec les moyens du bord
comme l’Algérie, mais aussi avoir le contrôle sur toute activité
terroriste dont celle exercée par El Qaïda du Maghreb dans le Sahel.
Cependant, les
Etats-Unis n’ont pu convaincre aucun pays africain d’abriter la base
de l’Africom, comme l’Algérie qui a exprimé son refus non négociable
d’abriter cette base depuis 2007.
A l’occasion d’une
conférence de presse organisée au siège de l’ambassade US à Alger
mercredi dernier, le général américain William E. Ward a tenu à
préciser que sa visite en Algérie vise à échanger des «informations
et des renseignements» avec les autorités civiles et militaires
algériennes. Dans ce cadre, il dira : «Je ne suis pas venu ici pour
demander au président Bouteflika d’accueillir le siège de l’Africom».
Dans ce contexte, il a formellement démenti les «informations» sur
l’intention des USA d’installer des bases militaires en Algérie.
C’est ainsi que selon ce responsable militaire américain, la
coopération entre l’Algérie et l’Africom se limite à un échange
d’informations et de renseignements. Par ailleurs, sur demande de
l’Algérie ou d’un tout autre pays africain, les USA pourraient
fournir du matériel de communication pour lutter efficacement contre
ce qu’il qualifie «d’extrémisme violent».
Dans ce cadre, le
général William E. Ward a réitéré que l’objet de sa visite est
d’écouter les autorités algériennes, renforcer la coopération et
aider l’Algérie dans sa lutte contre le terrorisme. Tout en saluant
le rôle de l’Algérie qui contribue selon lui énormément à la
stabilité de la région, il a relevé que le commandement est «résolu
à renforcer, à améliorer cette relation et à travailler étroitement
avec l’Algérie en matière de coopération sécuritaire».
Selon ce
responsable, le rôle de l’Africom est de veiller à la stabilité de
l’Afrique et la bande du Sahel. A ce propos, il a ajouté que le
rôle joué par l’Algérie dans la bande du Sahel est qualifié par le
chef de l’Africom de «très important», en précisant qu’il n’a jamais
été question de vendre des armes à l’Algérie.
Le général
américain qui s’est dit être l’écoute des points de vue des
Algériens sur la situation a précisé que c’est en fonction de ces
rencontres que les «besoins seront déterminés». Dans ce sens, il
dira : «Nous soutenons le rôle de l’Algérie et nous apprécions son
leadership dans le traitement des questions régionales relatives à
la sécurité et à la lutte antiterroriste», soulignant que «les USA
ont toujours été et demeurent déterminés à travailler avec les
gouvernements et à les assister dans la lutte contre le terrorisme
pour assurer la stabilité en Algérie et dans la région».
Par ailleurs, il a
expliqué que le fait que les nations du Sahel reconnaissent la
menace du terrorisme est un «bon signe» sur la prise de conscience
du danger que représente ce phénomène transnational, avant de
conclure que les USA vont continuer à appuyer l’Union africaine et
ses institutions pour promouvoir la stabilité.
A rappeler que
pour sa part, Mary Carlin Yates, adjointe du chef du commandement
américain pour l’Afrique (Africom), en charge des activités civiles
et militaires avait indiqué l’année dernière que son pays n’avait
pas l’intention d’installer une base ou des troupes en Algérie.» Par
ailleurs, des discussions ont été menées avec le Ghana, l’Ethiopie
et Djibouti pour installer une unité ou un bureau de l’Africom (qui
sera organisé sous forme d’unités légères).
Selon cette
responsable américaine, sur les 9 milliards de dollars consacrés à
l’Afrique par Washington en 2007, 250 millions de dollars ont été
orientés vers les dépenses militaires. A savoir que selon le schéma
établi en 1983, le continent était «partagé» en trois commandements
différents : le Central command pour la corne de l’Afrique, le
Pacific command pour l’océan Indien et l’Afrique australe et l’Eucom
pour le Maghreb et le reste de l’Afrique. L’Eucom continuera à
assurer les activités actuelles de coopération.
L’Algérie
maintient son refus d’abriter Africom
En 2007, le
ministre algérien des Affaires étrangères Mourad Medelci avait
réitéré le refus de l’Algérie sur l’implantation de bases militaires
étrangères sur son sol, sachant que l’Algérie faisait partie des
pays africains qui auraient été approchés par les Etats-Unis pour
l’installation de l’Africom.
D’autre part,
l’Algérie a exprimé sa réticence quant à l’installation d’un
commandement central américain en Afrique pour la lutte contre le
terrorisme par un franc positionnement en faveur des mécanismes de
sécurité collective de l’Union africaine. A noter dans ce cadre que
l’Union Africaine est dotée d’un Conseil de paix et de sécurité
(CPS) pour la prévention des conflits et le déploiement éventuel de
forces d’interposition entre belligérants.
Toutefois,
l’Algérie tient à la coopération avec les Américains dans tous les
domaines, notamment sécuritaire, militaire et la lutte contre le
terrorisme ; d’ailleurs, l’année dernière, il y a eu neuf
opérations de formation concernant les militaires algériens.
Par Nacera
Chenafi
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Lutte contre la matrice idéologique de l’islamisme
A quand la
réconciliation officielle avec l’Algérianité ?
La lutte contre le
terrorisme islamiste n'est pas seulement l'affaire du
tout-sécuritaire. " Il faut s'attaquer à la matrice idéologique ", a
préconisé dernièrement Yazid Zerhouni. La lutte menée sur le terrain
par les forces de sécurité a fait ses preuves. Pourtant, elle n’a
pas mis fin à la violence perpétrée par les extrémistes religieux.
Le traitement politique de ce phénomène violent et rétrograde, par
le biais de la loi sur la réconciliation nationale, ne s’est pas
attaqué aux racines du problème ou à «la matrice idéologique», comme
l’a signalé dernièrement le ministre de l’Intérieur, Yazid Zerhouni,
en Italie, lors de la Conférence des ministres de l’Intérieur de la
Méditerranée.
Les journées
mémorables ayant suivi la victoire de l’équipe nationale algérienne
sur les «Pharaons» ont révélé beaucoup de choses, dont deux
principales. Un, la victoire de l’équipe nationale de football au
Soudan a été vécue comme l’indépendance, où les Ziani, Chaouchi et
Antar Yahia sont devenus les héros d’une jeunesse en quête de
représentation. Deux, les activistes islamistes se sont montrés fort
discrets dans l’ambiance suscitée par cet historique 18 novembre
2009, neutralisés par le drapeau algérien qui flottait partout dans
le pays, l’hymne national et aussi la soif de vivre des Algériens.
Donc, sans même le recours du tout-sécuritaire. Agressée au Caire,
puis remportant le match à Khartoum, l’EN a réussi là où le
gouvernement et les partis politiques ont échoué, à savoir :
réconcilier les générations d’Algériens avec leur histoire de
résistance et de liberté. Mais pour un temps. Comment faire pour
maintenir cette mobilisation et cette dynamique nationales ?
Après l’entrée,
par effraction, de partis politiques islamistes (et de formations
politiques d’obédience culturelle), l’islam politique a été
officialisé en Algérie, dans la moitié des années 1990, avec
l’admission des premiers chefs islamistes dans la course à la
présidentielle. Dans une étude réalisée cette année et intitulée
«L’impact de l’évolution de l’islam politique sur la cohésion
nationale en Algérie», Amel Boubekeur, sociologue et chercheure à l’EHESS
de Paris, ainsi qu’au Carnegie Middle East Center, où elle dirige le
«Arab Maghreb project» à Beyrouth, s’est penchée sur le phénomène de
l’islamisme algérien. L’une des conclusions dégagée a trait aux
changements opérés dans «l’idéologie des partis islamistes» qui,
selon elle, n’aspirent plus aujourd’hui à une quelconque
«révolution» islamique, ni au terme d’un processus électoral ni à la
suite d’un «processus révolutionnaire violent». Payant le prix de
leur cooptation et des avantages de la rente pétrolière, ces partis,
précise-t-elle, n’ont plus une grande influence auprès de la
population. Cela a conduit au désintéressement des militants
islamistes de base pour le cadre du parti politique qui désormais
lui préfèrent un autre cadre, celui de la da’wa salafiyya. «En
laissant se développer le mouvement de la salafiyya, l’Etat a trouvé
un soutien de taille à sa politique de réconciliation et a endigué
ponctuellement la radicalisation politique d’un islam
ultra-orthodoxe», écrit Mme Boubekeur.
«Il n’y a pas
de régulation du champ politique»
Devant
l’instrumentalisation, par les gouvernants, des partis islamistes
officiels cooptés ou neutralisés, soutenue par la fermeture de
l’espace audiovisuel national, qui a cédé le pas aux chaînes
religieuses du Golfe, et la présence d’une littérature religieuse de
très bon marché, principalement salafie, ainsi que par la
distribution de nombreux livres de prédication gratuits dans les
mosquées, le mouvement de la salafiyya est devenu un des principaux
mouvements de réislamisation du pays. Et, même si les membres de la
salafiyya considèrent le système électoral et le cadre du parti
comme l’importation d’une tradition occidentale, la responsable du «Arab
Maghreb project» n’exclut pas l’implication importante des anciens
membres et activistes de l’ex-FIS, ainsi que de la base islamiste de
la da’wa salafiyya, lors des prochaines élections, communales,
législatives et présidentielles.
Amel Boubekeur
prévient, par ailleurs, que «la radicalité religieuse dont la
salafiyya est porteuse», voire son rejet des « «valeurs majoritaires
de la société et toute perspective de vie commune avec le reste de
la population», pourrait avoir de lourdes conséquences pour la
stabilité du pays.
Récemment, la
sociologue est revenue sur le sujet, avec cette fois, une nouvelle
étude en poche, consacrée à la «la réémergence du soufisme en
Algérie et au Maroc». Lors d’une conférence qu’elle a animée le 23
novembre dernier, à Riad El-Feth, à Alger, Amel Boubekeur a
déclaré : «Si islam politique il y a dans 5 ans, il sera hors partis
politiques en Algérie et devra revoir sa position d’opposition».
D’après elle, si cette forme d’islam continue d’être encouragée par
l’Etat, elle s’exprimera alors à travers le mouvement de la
salaffiya ou le mouvement soufi, vu sous l’angle des zaouïas. Cela,
parce que le pluralisme de façade a complètement fragilisé le cadre
moderne du parti politique. «Dans les années 1980 et 1990, les
islamistes étaient utilisés par le régime pour contrer la gauche.
Finalement, il n’y a pas de régulation du champ politique», a-t-elle
remarqué.
Concernant le
mouvement de la salaffiya, elle préviendra que celui-ci ne croit
qu’à la nation musulmane et prône par opportunisme «le nationalisme
et un islam purement algérien». Quant aux confréries et zaouïas,
leurs leaders auraient collaboré avec le colonisateur français, mais
malgré cela, elles ont été réhabilitées, ces dix dernières années,
pour prêcher «un islam pro-étatique». Pour la chercheure, si la
salafiyya est sectaire et exclut l’Autre, les soufis «sont perçus
comme les conseillers du prince» et reconnaissent seulement le chef
de l’Etat comme seul interlocuteur.
La pression du
tout-sécuritaire n’a pas fait disparaître le terrorisme. Pire, elle
a coûté cher, principalement à la société civile.
Pour la
spécialiste, l’évolution de l’islam politique en Algérie et surtout
l’encouragement, par le pouvoir, des formes hors partis politiques -
comme étant les solutions uniques à l’islam politique - constituent
une véritable menace à la cohésion nationale et à l’épanouissement
de la société civile.
Est-il alors
possible de s’attaquer à la matrice idéologique de l’islamisme, sans
régler la question du choix d’un projet national commune (projet de
société) et sans ouvrir tous les espaces nécessaires à l’expression
de la raison et de la diversité, à l’approche de la différence et à
la participation citoyenne dans la vie publique ?
Lorsque les
dirigeants sont aux côtés des Algériens, qu’ils veillent sur leur
dignité, qu’ils les écoutent, qu’ils leur font confiance, en leur
rendant des comptes et en promouvant le savoir et l’algérianité, il
fait toujours bon de vivre ensemble dans la maison Algérie.
Par Z’hor
Chérief
Haut
Le mouvement de la salafiyya
«Son ambition
est de contrôler et corriger le comportement individuel»
Le mouvement de la
salafiyya a été fondé par Jamal Eddine Al-Afghani qui a rejoint «le
néo-wahhabisme du Hidjaz» dans les années 1930. Ce mouvement est un
courant qui s'inspire donc beaucoup du wahhabisme, une doctrine
ultraconservatrice et résolument passéiste, qui vise à instaurer le
califat.
Il a connu un
essor durant les années 1980, lorsque de nombreux jeunes Algériens,
formés en sciences islamiques en Arabie saoudite, sont revenus
enseigner en Algérie. Depuis une décennie, cette tendance a
carrément explosé en nombre, car elle a recueilli en son sein des
partisans du salafisme politique, de nombreux partisans du salafisme
djihadi, anciens membres des GIA et du GSPC, qui se sont également
repentis et placés sur le marché du commerce, grâce aux réseaux de
la da’wa salafiyya, notamment avec la région du Golfe. Depuis 2000,
ce mouvement a été renforcé notamment par une génération de jeunes
algériens, âgés entre 15 et 35 ans, déçus par l’expérience de l’ex-FIS
et des partis politiques islamistes.
Pour cette
génération, la da’wa salafiyya, possédant ses propres écoles
privées, particulièrement l’école saoudienne à Alger, et ses propres
circuits commerciaux, est toute désignée pour rejeter en douceur les
valeurs de consommation et d’annihilation du politique d’une société
post-conflit qu’est l’Algérie.
D’après Amel
Boubekeur, le mouvement de la salafiyya s’est développé en grande
partie grâce à la rente pétrolière et permet «une re-politisation
hors partis (politiques)», en s’organisant sous la forme de «petits
réseaux de mosquées et de commerces.» L’influence de la da’wa
salafiyya serait même «beaucoup plus para-politique», comme dans le
cas de Mourad Lahlou, élu à la tête du club de football d’Hussein
Dey ou encore dans la réussite individuelle de certains importateurs
appartenant à ce mouvement, notamment dans les domaines de
l’informatique et de l’alimentation générale. Pour la chercheure,
les adeptes du mouvement de la salafiyya participent à la gestion de
crises nationales sous forme de dons, comme cela a été le cas lors
des inondations de Bab-El-Oued ou du tremblement de terre de
Boumerdès. Elle relève en outre que de nombreux repentis sont
devenus importateurs de livres religieux salafis. En mars dernier,
un autre chercheur, en l’occurrence Abderrahmane Moussaoui, a
analysé les mutations religieuses en Algérie depuis une vingtaine
d’années. Au cours d’une conférence animée, à Oran, au Centre
d’études maghrébines en Algérie (CEMA), l’anthropologue a signalé
l’émergence de nouvelles pratiques dans l’islam maghrébin qui
s’écartent du rite malékite, en faisant référence à l’arrivée de la
salafiyya en Algérie. Résultat : l’édifice théologique ancestral est
fissuré. «La vie moderne foisonne de détails qui appellent une
réponse (…), il y a tellement de questions qui se posent et qui
n’ont pas été réglées», a-t-il observé. En 2008, le ministre des
Affaires religieuses et des Waqfs, Bouabdellah Ghlamallah, a dénoncé
les salafis dans le quotidien Liberté (édition du13 octobre 2008),
car ils ne reflètent pas «l’identité nationale algérienne» et
portent «atteinte à la nation». Des arguments qui rejoignent ceux
formulés par l’International Crisis group. Pour cette ONG, le
mouvement salafi en Afrique du nord n’est pas disposé à «reconnaître
ou valoriser les identités nationales, puisqu’il prône au contraire
l’identité et la communauté islamiques supranationales». Son
«penchant violent» s’expliquerait par «son ambition à dicter,
contrôler et corriger le comportement individuel» des «mauvais
musulmans». Après ce qui vient d’être dit, est-il juste de parler de
crise d’interprétation de l’islam ? D’aucuns, comme l’avait fait le
théologien musulman Soheib Bencheich, préfèrent noter que l’islam
officiel, devenu «la voix de son maître» est à l’origine de
l’émergence de l’islam contestataire, en dénonçant la dérive
wahhabie et salafie. D’autres s’en tiennent au fait qu’en islam, il
n’existe pas d’intermédiaire entre Dieu et le musulman, tout en
reconnaissant cependant l’incapacité réelle ou calculée des docteurs
en sciences islamiques d’adapter aujourd’hui la religion aux temps
nouveaux. C’est dire l’urgence de l’idjtihad (effort
d’interprétation).
Par Z’hor
Chérief
Haut
Diversité, pluralisme, clivage...
Deux ou trois
détails relatifs au champ politique algérien
Tous les étrangers
vous le diront : contrairement à nombre d'autres peuples de leur
voisinage, la première chose qui frappe à regarder les Algériens,
c'est le fait qu'ils ne se ressemblent pas.
Au physique
d’abord, il n’existe pas de type pouvant servir à les schématiser,
bien qu’ils soient indéniablement des Méditerranéens. Au plan
linguistique ensuite, il y a bien un dialecte parlé à peu près par
tous, mais que les autres peuples connaissant l’arabe hésiteraient à
qualifier comme tel, vu qu’à l’exception de nos voisins immédiats,
les Marocains et les Tunisiens eux-mêmes ont le plus grand mal à
entendre. Quand un Arabe oriental rencontre un Algérien, ou bien ils
se parlent en arabe classique, si l’Algérien la possède, ce qui est
loin d’être évident, ou bien ils se rabattent tous deux sur une
langue étrangère, l’anglais ou le français, si l’un et l’autre sont
des personnes d’un certain niveau. Au plan politique enfin, il
saute aux yeux qu’ils divergent bien qu’ils ne convergent.
D’ailleurs la crise politique, dont le pays se relève à peine, en a
abondamment apporté la preuve. L’islamisme est un phénomène
politique universel, mais ce n’est qu’en Algérie, société
fondamentalement diverse, qu’il est parvenu à mettre en péril
l’unité nationale, faisant trembler l’Etat sur ses fondements,
causant finalement les mêmes ravages, notamment humains, qu’une
guerre. Mais un fait anecdotique sera peut-être plus significatif du
propos. Le mois dernier, la principale vedette algérienne, Cheb
Khaled, a chanté au Maroc, enveloppé du drapeau marocain, ce dont
il pouvait se passer d’autant que le geste s’interpréterait
facilement comme une provocation à l’endroit de son propre pays.
Mais Cheb Khaled ne s’est pas contenté de manifester son affection
pour le Maroc, sentiment que du reste beaucoup d’Algériens
partagent, et pour son roi par la même occasion, ce qui le regarde
en propre, mais il est allé jusqu’à dire, à ce que rapportent les
journaux, et en l’occurrence il n’y a pas de raison de ne pas les
croire, que pour lui le Sahara Occidental est terre marocaine.
Il n’est pas le
premier algérien à le dire. Cheb Khaled pouvait d’autant plus se
permettre d’exprimer son opinion personnelle qu’il sait qu’il n’a
rien à craindre de la part de son pays, ni du public qui s’y trouve,
qu’il sait que si beaucoup d’Algériens n’applaudiront pas à ses
propos, d’autres les lui passeront facilement, et d’autres encore
les approuveront, le plus probable toutefois sans aller jusqu’à le
crier par-dessus les toits.
Il sait, en somme,
que le délit d’opinion n’existe plus en Algérie, qu’il ne risque pas
de voir les Algériens se liguer contre lui spontanément ou parce
qu’on leur aura demandé de manifester leur désapprobation.
Une célébrité
marocaine ne se laissera pas aller à une provocation de cette
nature, parce qu’elle sait quelles en seront les conséquences
inévitables, et sur elle-même, et, pire encore, sur les siens. Il
est au Maroc des sujets sur lesquels on ne plaisante pas. C’est sans
doute une société pluraliste, mais le fait est là, elle ne l’est pas
aujourd’hui au même degré que la société algérienne.
Deux clivages,
l’un vrai et l’autre faux
Parce que les
clivages dans la société participent de sa structure, ils
appartiennent à son histoire longue. Ce n’est pas le cas des partis,
qui relèvent de l’histoire courte.
Dans la coupe
historique d’une société, la couche supérieure, la plus récente au
point de vue temporel, représente le régime, au-dessous duquel se
trouve celle se rapportant au système partisan, autrement dit à la
classe politique. Mais celle qui représente les clivages
fondamentaux se situe plus bas encore, et de ce fait, les soutient
ou les porte tous deux. Les événements qui se déroulent à la
surface affectent en premier lieu, comme il est naturel, les couches
supérieures correspondant aux niveaux institutionnels et politiques.
Il faut que des
grands bouleversements se produisent pour que les changements
induits dans l’équilibre général atteignent aux divisions
fondamentales d’une société, qui ressortent, elles, sont tributaires
de la longue durée.
L’erreur, par
conséquent, serait de croire que les clivages que l’on observe au
niveau politique se superposent nécessairement et rigoureusement à
ceux que l’histoire a mis des décennies, et peut-être même des
siècles, à engendrer. En fait, il est possible qu’ils correspondent
si peu les uns aux autres que tous les partis peuvent disparaître
sans que les clivages fondamentaux en soient si peu que ce soit
affectés. Prenons un exemple. On peut parfaitement concevoir que le
RCD éclate en morceaux, à la suite d’une grave crise interne en
particulier. Serait-on fondé à dire que le courant laïc a cessé
d’exister par la même occasion ? Non, bien sûr. La demande laïque a
préexisté au parti qui s’y est identifié le plus explicitement, elle
lui survivra sûrement. La disparition du parti n’a pas d’effet sur
la revendication, qui n’en continuera pas moins de s’exprimer de
différentes façons jusqu’à ce qu’arrive un moment où un nouveau
parti, dont rien n’interdit d’ailleurs de penser qu’il présentera
certains traits de parenté avec le RCD, l’inscrive en bonne place
dans son programme, la considérant comme partie intégrante de son
identité politique. C’est que le courant laïc ne s’est jamais tout
entier reconnu dans le RCD. La contestation du code de la famille,
par exemple, qui en est l’expression conjoncturelle la plus forte,
sans en être la seule, est un point dans lequel se reconnaît une
frange importante de l’opinion, y compris dans les sphères du
pouvoir. Le courant laïc, de plus, se présente sous différents
aspects ; il en existe au moins deux variantes. Jusque-là c’est
essentiellement sous la forme défensive qu’il a fait parler de lui.
Et pour cause, dans un moment historique dont la marque distinctive
est une offensive islamiste sans précédent, dont on ne répètera
jamais assez qu’elle a manqué déboucher sur une véritable
révolution, s’affirmer laïc revient dans une large mesure à se
déclarer un farouche opposant au projet d’Etat fondé sur
l’application stricte de la charia. La laïcité sous sa forme
positive, offensive, n’a pas encore fait son entrée sur scène. Il se
peut qu’elle ne le fasse pas de sitôt, mais cela personne n’est à
même de le savoir avec certitude.
La place de la
religion dans l’Etat est incontestablement un vrai clivage. Il n’est
d’ailleurs pas propre à l’Algérie. Même les pays les plus
anciennement laïques n’en ont pas encore fini avec lui, en dépit des
apparences. Certaines divisions au sein de leurs opinions en
attestent. Pour l’heure, c’est le conflit autour du droit à
l’avortement qui le ranime, même si la séparation institutionnelle
entre l’Eglise, ce terme étant ici pris au sens le plus général, et
l’Etat ne pose plus problème en elle-même, du moins en Occident. Il
n’en demeure pas moins que quel que soit le manteau dans lequel on
se drape, selon que l’on appartienne à un camp ou à un autre, c’est
bien le vieux clivage entre l’Etat et la religion qui s’exprime dans
le conflit opposant partisans et adversaires du droit à
l’avortement. Et cette divergence sur un sujet de société, comme on
dit, qui peut sembler transpartisan, est susceptible en réalité de
revêtir des formes partisanes, comme on peut le constater, il est
vrai dans un pays qui ne guère passer pour un modèle de laïcité,
l’Espagne, où la gauche, emmenée par le Parti socialiste, soutient
le droit à l’avortement, tandis que la droite, encore intimement
liée à l’Eglise, s’y oppose.
Le critère le plus
sûr permettant de distinguer un clivage fondamental, tenant à la
structure par conséquent, d’un autre qui ne le serait pas, qui
serait conjoncturel, ou même qui serait faux, artificiel, un effet
d’optique, c’est la durée, plus ou moins longue selon que l’illusion
est fortement ou faiblement trompeuse. Pour autant, il faut qu’il
soit particulièrement spécieux pour qu’un clivage artificiel puisse
donner le change sur une longue période. La plus grande distance
qu’il puisse tenir, tout compte fait, ne peut guère outrepasser la
durée de vie, ou la période pendant laquelle un parti et des médias
se seront appliqués à l’accréditer. Pensons au clivage mettant aux
prises démocrates et non démocrates que le RCD, suivi en cela par
les journaux qui se sont appelés «la presse démocratique», a soutenu
mordicus pendant des années, depuis janvier 1992 jusqu’à tournant du
siècle, ce qui équivaut tout de même à une décennie.
On n’en entend
plus parler maintenant. Il faut dire que la classe politique issue
de l’ouverture politique dans la foulée de l’explosion d’octobre
1988 ne cherche plus à convaincre personne, tant est profond son
divorce d’avec l’opinion, si tant que les deux aient jamais été dans
un rapport étroit. Quant à la «presse démocratique», elle a changé
de fusil d’épaule. Elle se conçoit désormais si peu faiseuse
d’opinion qu’elle n’ambitionne plus que de battre au diapason de la
rue, qu’elle assimile à l’opinion nationale. La concurrence entre
les différents titres se durcit chaque jour davantage, ce qui les
pousse tous à rivaliser de populisme. Le temps où cette presse
autoproclamée démocratique prétendait forger l’opinion appartient
désormais au passé. Il suffirait à son bonheur, ou plus exactement
au bonheur de ses propriétaires, qu’il leur soit permis de se lancer
dans l’audiovisuel, où la publicité rapporte beaucoup plus que dans
les journaux. D’où leur récent engagement contre les médias
égyptiens, notamment les chaînes de télévision, dans le but de
démontrer qu’ils seraient utiles à l’occasion si l’audiovisuel
était libéré, et qu’en tout cas ils feraient mieux que l’Unique,
qui se serait montrée trop guindée et respectueuse des bons usages
pour mener la guerre médiatique, qu’eux-mêmes, disent-ils, ont
vaillamment et victorieusement soutenue, ce qui aurait contribué à
donner du cœur aux hommes de Saadane sur le terrain, à Khartoum.
Du bon
gouvernement d’une société pluraliste
Se convaincre que
la société algérienne est pluraliste implique qu’elle doit être
gouvernée en conséquence. Ce qui suppose comme première condition
l’apparition d’une classe politique, qui forme système, de même que
les clivages parcourant la société articulent cette dernière, la
tenant ensemble. L’unité politique n’a rien à voir avec l’unicité,
qui est contre nature, qui suppose une répression continuellement
sur le pied de guerre, et qui favorise les forces centrifuges en
croyant renforcer les forces centripètes. En d’autres termes, une
société pluraliste ne se gouverne pacifiquement que par un
multipartisme enraciné dans la société et pacifié.
Dans l’Algérie
d’aujourd’hui, il n’y a certes pas de menace immédiate sur l’unité
nationale, comme c’était le cas il y a seulement quelques années,
mais, en revanche, tout est susceptible de provoquer le désordre,
l’émeute. Bien qu’il soit vrai que l’émeute, malgré sa fréquence,
n’est pas une contestation de l’ordre, mais seulement sa
transgression, ce qui est très différent, il n’en reste pas moins
qu’on ne peut exclure qu’il en éclate une qui se généralise à tout
le pays, atteignant les dimensions, ou peut-être même les dépassant,
de l’explosion d’octobre 1988, avec des conséquences peut-être
incalculables sur la stabilité politique.
Il y a seulement
quelques jours, on ne pouvait exclure qu’on ait été dans une
situation explosive. Il était possible de craindre qu’une défaite de
l’équipe nationale de football à Khartoum, venant confirmer celle du
Caire, dans les conditions scandaleuses que l’on sait, aurait pu
déclencher une émeute de la déception, qui, d’une certaine façon,
avait déjà commencé. Une bonne partie de l’opinion aurait pensé que
c’était parce que les autorités ne s’étaient pas montré assez fermes
avec leurs homologues égyptiennes, qui avait encouragé celles-ci à
tout faire pour que la victoire revienne à leur équipe, c’est-à-dire
à agresser les joueurs à leur arrivée au Caire. Les officiels
n’auraient vraisemblablement pas réussi à convaincre les supporters
les plus déçus qu’ils n’étaient pour rien, que ce n’était pas à
cause de ce qu’avaient commencé à leur reprocher certains journaux,
à savoir que c’était leur respect excessif par rapport à leurs
homologues égyptiens qui les avait paralysés.
Or, ces supporters
hors d’eux-mêmes, il en existait à ce moment partout dans le pays.
Ils n’auraient pas accepté la défaite à Khartoum, d’autant qu’elle
ne survenait pas dans des conditions sportives normales. Des
débordements de rue étaient à craindre. La fréquence de l’émeute est
le signe que plusieurs paliers politiques manquent entre le sommet
de l’Etat et la société. Les partis politiques, pas plus que les
autres relais intermédiaires, notamment les associations, ne
parviennent à capter, ne serait-ce qu’une partie de ces mouvements
de foule, qu’un rien est susceptible de déclencher.
Rien ne permet de
penser que cette situation est entièrement voulue. On ne peut
toutefois pas exclure qu’elle soit au moins jusqu’à un certain point
considérée comme préférable à une autre dans laquelle il faudrait à
tout moment compter avec une classe politique aussi active
qu’ambitieuse.
Mais ce genre de
considérations, dans le cas où elles sont cultivées à un niveau ou à
un autre, relève de la politique à la petite semaine, dont la
vocation est de ne tenir aucun compte des intérêts supérieurs d’un
pays. Un pouvoir doit être d’autant plus porté à favoriser
l’émergence d’une véritable classe politique qu’aucune véritable
menace ne pèse sur lui. Encore que sans l’implication de la société
dans sa diversité, et en premier lieu des intellectuels, cette tâche
ne peut aboutir, aussi volontariste que puisse être une politique en
ce sens.
Par Mohamed
Habili
Changements climatiques et culture environnementale
L’autre face du
mal-développement et de la globalisation
La conférence sur
les changements climatiques qui aura lieu la semaine prochaine à
Copenhague prolonge les soucis et les préoccupations de l'Humanité
exposés à Rio en 1992 et les met face aux nouveaux défis liés
intimement à la pollution atmosphérique.
Depuis la
Conférence de Rio, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et beaucoup
d’encre a noirci des pages du registre des doléances des peuples du
monde quant à l’avenir climatique qui leur sera réservé. Déjà
s’annoncent les grands bouleversements qui ont pour noms :
sécheresse, orages exceptionnels, typhons, inondations. L’humanité
se trouve menacée non seulement dans sa sécurité physique
(éboulements, glissements de terrain, inondations des
habitations,…), mais aussi dans sa sécurité alimentaire. Les
bouleversements de l’échelle des températures et du calendrier des
précipitations dans certaines régions du globe ont entraîné des
dérèglements de cycles végétatifs de certaines plantes cultivées.
Des retards de floraison ou, au contraire, la précocité de
mûrissement de certains fruits ont été constatés.
Pour apporter une
réponse à des telles menaces, les populations du globe n’ont de
solution que celle que pourra dégager une concertation à l’échelle
planétaire, à commencer par la réduction des émanations de gaz à
effet de serre. Vu les enjeux industriels qui animent les relations
entre les pays développés responsables, en grande partie, de telles
émanations, les discussions risquent de capoter ou, du moins, de
durer dans le temps.
En préparation de
la conférence de Copenhague, les ministre africains de
l’environnement se sont réunis à Alger en novembre 2008 en se
donnant pour ambition de définir une politique et une position
africaines communes face aux différents processus de négociations
inhérents à ce sujet. En effet, le continent noir qui, d’après les
spécialistes, ne contribuerait à la pollution atmosphérique
d’origine industrielle qu’à hauteur de 3 ou 4 %, récolte, en
revanche, une grande partie du revers de la médaille de la gestion
des pays industrialisés issue des phénomènes de pollution :
sécheresse sur des franges importantes du territoire du continent,
inondations dans contrées réputées jusque-là par l’aspect paisible
de leurs précipitations,…etc. Outre les famines frappant
cycliquement ou durablement les populations de la région et les
divers dommages subis par les infrastructures (routières,
ferroviaires) et les constructions suite aux inondations, les
changements qui affectent l’atmosphère du fait d’une politique
industrielle inconsidérée est à l’origine, sur le continent
africain, des ‘’migrations climatiques’’, un nouveau concept qui
explique et affine une grande partie du phénomène de l’immigration
clandestine dans le sens Afrique-Europe. Ce drame qui connaît ses
‘’heures de gloire’’ depuis le début du nouveau siècle est en train
de faire l’objet d’études assez poussées de la part d’experts et
bureaux d’études spécialisés en sociologie, agronomie, économie,
climatologie et géographie. Après l’historique agression coloniale
dont les débuts remontent au 16e siècle, le continent africain est
sans doute en train de vivre son second plus grand drame depuis sa
constitution démographique en tant que continent habité.
L’étape d’Alger,
permettant de dégager une position africaine commune face au reste
du monde développé, est à considérer, selon les termes du
commissaire à l’Agriculture et au développement rural à l’Union
africaine, comme un jalon dans le processus de négociation mondial
et des efforts consentis dans ce sens.
«Les espaces
régionaux conviennent particulièrement à la négociation des mesures
favorables au développement durable et à la lutte contre les
changements climatiques», dira le président de la République dans le
message adressé à la Conférence d’Alger sur les changements
climatiques.
Les limites
d’une pédagogie de la sensibilisation
Les conditions de
la réalisation du progrès social et économique en Algérie souffrent
toujours d’un déficit flagrant en matière de cadre de vie,
d’environnement et d’esthétique générale qui concilieraient l’homme
avec son milieu, milieu où - d’après les spécialistes en santé, en
psychologie et en urbanisme - l’homme est censé retrouver son
équilibre et créer une symbiose avec l’ensemble des éléments avec
lesquels il évolue.
Tout en
bénéficiant de structures administratives censées prendre en charge
le volet ‘’environnement’’ dans la politique générale du pays,
l’Algérie traîne encore de lourds retards en matière de
sensibilisation et de mise en application des lois et règlements
relatifs à l’environnement. Ainsi, les pouvoirs publics, les
différentes institutions et le monde associatif donnent l’impression
de se réveiller à la donne environnementale dès qu’un thème en vogue
s’impose à l’échelle mondiale. Les séminaires et autres journées de
sensibilisation destinées aux élèves- à l’image de devise ‘’un
enfant, un arbre’’ entamée en 2008 et reconduite cette année- se
sont multipliés au cours de ces dernières années sans que nous ayons
l’assurance que le massage soit canalisé et bien perçu.
Le constat est
accablant : en dehors des changements climatiques dont on ne peut
quantifier tout de suite ni l’ampleur ni les retombées immédiates,
l’Algérie s’expose chaque jour à l’insalubrité et aux phénomènes
issus des conséquences d’atteinte à l’environnement dans son
expression la plus ‘’domestique’’, c’est-à-dire loin des grandes
industries polluantes. Même pour un observateur distrait, les
différentes atteintes à l’environnement et au cadre de vie des
Algériens ne relèvent plus du mystère. Elles sont observables aussi
bien dans des quartiers urbains résidentiels, dans des centres
limitrophes des zones industrielles et même, ô comble d’hérésie,
dans les espaces de l’arrière-pays considéré naguère comme le
dernier bastion de la pureté de l’eau, de l’air et des paysages. Cet
espace immaculé a vécu la chute aux enfers au moment où les valeurs
morales et civiques et la discipline générale subissaient une nette
inflexion.
En dehors des
écrits de la presse et des protestations des populations touchées
par les phénomènes de dérèglement de la nature et de dégradation du
cadre de vie, peu de recherches et d’études appropriées ont été
consacrées à ces situations qui, par leur caractère délétère et
inesthétique, remettent en cause l’équilibre général de
l’environnement et du cadre de vie et rendent illusoire la politique
du développement durable. Des cas d’éboulement de terrains réputés
solides et bien ancrés, des cas de maladies infectieuses prenant
parfois l’allure d’épidémies mortelles ou de maladies allergiques
touchant enfants et adultes. On peut pousser les interrogations pour
s’enquérir des raisons de la diminution des capacités de stockage de
nos barrages et du retour de certaines pathologies, telles que la
gale, la peste bubonique ou la tuberculose-réapparues au milieu des
années 90 du siècle dernier - et que seule la mémoire populaire a
pu retenir des années noires de la misère et de la colonisation. Les
programmes de développement initiés depuis les années 1970 du siècle
dernier se sont rarement préoccupés des aspects environnementaux. Le
pays a subi de profonds changements par rapport à la période
coloniale : nouvelles infrastructures, urbanisation effrénée,…
Contrairement aux pays industrialisés, les critères environnementaux
ne sont pris en charge qu’au cours de ces dernières années. Et
encore, cela s’est fait généralement suite aux conditionnalités
accompagnant certains programmes de développement financés par des
institutions étrangères (PNUD, BIRD, FAO). Mieux vaut tard que
jamais, ces tests commencent à donner leurs fruits en instaurant une
certaine pédagogie dans le montage des projets, y compris ceux
managés par des entreprises privées. Il devient de plus en plus
impératif de faire accompagner n’importe quelle activité économique
de ses variables environnementales dans l’objectif d’atténuer les
effets ‘’secondaires’’ susceptibles d’être induits par les
programmes de développement. En tout cas, pour la majorité des
bailleurs de fonds, la sensibilité à l’aspect écologique du
développement fait désormais partie du coût des projets qu’il
importe de porter sur le tableau des devis en tant que rubrique
générant une charge vénale incompressible.
Mobilité
des populations et bouleversements territoriaux
Au cours des 19e
et 20e siècles, la population, la propriété foncière, les modes de
vie, les systèmes de production, la cellule familiale et la gestion
de l’espace, en tant que lieu d’habitat et ressource primaire , ont
connu de tels chamboulement que la pays s’est complètement
métamorphosé. Les effets du capitalisme colonial ont été renforcées
par certaines maladresses de la gestion postérieure, celle de
l’Indépendance. De fond en comble, la relation avec la terre et avec
ses éléments principaux (montagnes, ruisseaux, fermes, assiettes
foncières, ressources naturelles) se trouve transformée. Le système
colonial, dans une stratégie de cantonnement des populations
indigènes, a construit des villes nouvelles, crée des usines, bâties
des écoles et des infrastructures de desserte, comme il a institué
le système de métayage qui avait réduit nos paysans à une
main-d’œuvre taillable et corvéable à merci. À l’intérieur même des
villes européennes nouvellement construites en Algérie, les poches
de misère indigènes ont été circonscrites dans des quartiers dits
‘’arabes’’.
Des tâches
sporadiques ou saisonnières (cueillettes d’oranges et clémentines,
vendanges, arrachage de pommes de terres), des travaux exigeant une
présence plus assidue (irrigation, labours, taille,…) ou des
fonctions permanentes (machinisme agricole, construction,
gardiennage,…) ont fait venir des milliers de personnes de la
campagne déshérités vers les plaines fertiles, près des grandes
villes. À l’ancien statut de célibataire est venu se substituer,
quelques temps après, le statut de chef de ménage. C’est ainsi que
des milliers de familles se sont déplacées au cours du 20e siècle,
créant un vaste phénomène d’exode rural. Sur le lieu d’arrivée,
l’installation ne s’encombre pas de commodités ou de luxe qui, de
toute façon, ne viendront jamais. Ce sont des chaumières en tôle de
zinc, parfois des masures en pisé, sans sanitaires ni espace
suffisant, qui vont constituer des ceintures de misère autour des
villages coloniaux. Cette situation perdurera après l’indépendance
du pays. Pire, au vu des promesses nourries par la révolution
algérienne consistant à bannir le statut de khemmes et à réhabiliter
le paysan algérien, d’autres ‘’fantaisies’’ allaient voir le jour du
fait d’un déracinement effectif. Le statut de paysan a été
dévalorisé au vu de son histoire dépréciée pendant la colonisation.
Il s’ensuivit une fonctionnarisation effrénée, tendant à se
décomplexer vis-à-vis de l’ancienne puissance coloniale et, par-là
même, à vouloir reproduire les mêmes schémas d’organisation et
d’ascension sociale.
Cette forme de
‘’stabilisation’’ a eu un effet d’entraînement par lequel d’autres
contingents venus des campagnes ont décidé de s’installer dans les
villes en rompant avec leur ‘’bercail’’.
Des besoins
nouveaux sont nés avec une telle situation de fait accompli : école
pour les enfants, dispensaires, raccordement aux réseaux AEP, gaz et
électricité, assainissement...Une façon comme une autre de
régulariser implicitement une urbanisation anarchique. Cela va
encore se renforcer avec l’ouverture de nouvelles routes et pistes
de desserte, l’installation de magasins d’approvisionnement et
parfois d’antennes administratives d’APC.
En matière de
travail, les gens s’occuperont de tout sauf de l’agriculture :
fonctionnariat, transport clandestin, petits ateliers de mécanique,
épiceries, ventes de produits à la sauvette.
Et ce n’est qu’à
partir du milieu des années 1980 que le chômage, la délinquance
juvénile, le banditisme, le commerce des stupéfiants et les autres
comportements anti-sociaux nés dans ces favelas commencent à
sérieusement inquiéter les pouvoirs publics et à intéresser les
milieux intellectuels et universitaires. Ces espaces, autrefois
lieux de production agricole malgré la discrimination salariale et
la politique d’indigénat, ont été vite transformés en aires
bétonnées, en grands cloaques d’eaux usées et en lieu de
marginalisation d’où se fortifiera l’intégrisme religieux. L’état de
développement de culture environnementale dans notre pays n’a pas
encore permis de médiatiser et de vulgariser les différentes
facettes et variantes des questions environnementales (pollution
urbaine ou campagnarde, domestique ou industrielle, chimique ou
atmosphérique). Ce déficit d’ancrage de la conscience
environnementale dans la société n’augure pas, du moins dans le
futur immédiat, une gestion rationnelle et scientifique des
territoires, des déchets domestiques, des rejets industriels et
d’autres sortes de sources de nuisances.
Lourde facture
Les agressions
dont a souffert le couvert végétal n’ont jamais montré leur face
hideuse que lors des dix dernières années. La presse a rapporté de
tous les coins du pays des inondations et des éboulements qui ont
touché les villes et les routes. La RN 5, au niveau des gorges de
Lakhdaria, a été obstruée à plusieurs reprises par des chutes de
gros blocs déboulant à toute vitesse sur un terrain qui a perdu son
ciment naturel, la végétation. Il en est de même de la RN 1 (Chiffa-
Médéa) dans un espace faisant pourtant partie du Parc national de
Chréa. Ce dernier a été menacé dans son existence même par les
incendies d’août 2009 qui ont lancé leurs flammes sur la belle
cédraie millénaire.
Ayant perdu son
pouvoir régulateur du régime des eaux, le sol voit, du même coup,
ses capacités de filtration réduites à néant, ce qui aboutit à une
torrentialité accrue de l’écoulement des eaux créant des inondations
au niveau des villes et des villages. Ce dernier phénomène est, bien
sûr, aggravé par les constructions illicites sur les zones
inondables des berges.
Le même phénomène
est à l’origine de l’envasement des barrages, ce qui, à la longue,
réduira fortement leur capacité de rétention comme c’est la cas pour
le barrage du Ksob, touchant les wilayas de Bordj Bou Arréridj et
M’sila. A ce propos, on ne peut que se réjouir de l’esprit de
prospective et de l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT)
qui participe désormais aux études tendant à mettre en œuvre un plan
directeur de protection des bassins versants des nouveaux barrages
construits. Si le gaz butane et le gaz de ville suppléent à la
disparition du bois, les autres vertus et bienfaits de la forêt ne
sont pas vulgarisés dans nos écoles. Lorsque les programmes
scolaires et les autres moyens de sensibilisation ne sont pas mis à
contribution pour faire connaître les le rôle du tissu forestier
dans la protection des sols, la production d’oxygène, l’absorption
de l’oxyde de carbone et des poussières, la production de plantes
médicinales, l’offre de pâturages et d’espaces de récréation et de
loisirs,…etc., on ne peut pas demander au citoyen d’avoir la
conscience écologique par ‘’décret’’. L’Algérie a pourtant de
beaux textes réglementaires et législatifs relatifs au domaine de
l’environnement, de même qu’elle a signé toutes les conventions
internationales y afférentes. Mais, apparemment, il y a loin de la
coupe aux lèvres. Même s’il y a lieu de prendre acte de certaines
initiatives- certes très cloisonnées dans leurs secteurs
respectifs-, force est de constater que le meilleur des
investissements n’est visiblement pas encore à l’œuvre : la
formation du citoyen par l’école et par une culture environnementale
conséquente à tous les niveaux. La mentalité rentière a pu inculquer
l’idée du non épuisement des ressources et de la vanité de défendre
des causes- comme la cause écologique- qui s’apparenteraient à une
‘’coquetterie intellectuelle’’. Les valeurs de l’environnement sont
indubitablement celles de la civilisation et du civisme ; ce sont
aussi les valeurs de l’économie et de la société modernes basées sur
la rationalité, la bonne gouvernance et la veille technologique.
L’environnement a un coût économique dont les pouvoirs publics ne
peuvent faire l’économie. Mais, c’est aussi l’ensemble de la société
qui est interpellé, avec le monde associatif, les élites
scientifiques et universitaires, les élus, pour faire prévaloir une
nouvelle culture bâtie sur un cadre de vie sain, un aménagement du
territoire basé sur l’équilibre physique et biologique des
ressources et une économie qui pourra soutenir, autant que faire se
peut, les contingences de « l’entropie » issue de la mondialisation
rampante. L’une des conséquences, et non des moindres, de ce
processus de mondialisation est la ‘’mise en demeure’’ qui est
adressée à des pays comme l’Algérie et à des continents comme
l’Afrique pour parer aux répercussions des changements climatiques
par tous les moyens, à commencer par celui d’aller en rangs serrés
et de parler un seul langage face aux partenaires européens et
américains. Ces derniers devraient être amenés à payer la plus
grosse partie de la facture générée par les mise en place des
différents dispositifs de prévention des effets des changements
climatiques ou d’autres dispositifs de mesures d’atténuation. Un
défi que l’actuel rapport des forces à l’échelle internationale
risque malheureusement de retarder ou de compromettre.
Par Saâd
Taferka
Haut
L’Algérie et la nouvelle rencontre avec le désert du Sahara
Si une grande
partie des espaces sahariens se trouve aujourd'hui désertée par les
populations en raison de la rudesse des conditions de vie qui y
prévalent, il n'en a pas toujours été ainsi. Pour preuve, les
cultures profondes et ancestrales de ces pays portent l'empreinte
d'une vie, certes marquée par l'effort et le labeur, mais riche,
dense, voire même parfois exubérante. Pour le cas de l'Algérie, deux
ères de l'histoire proche et lointaine confirment une activité
débordante des espaces sahariens où, malgré l'adversité, les
populations ont su évoluer dans un équilibre qu'elles ont
ingénieusement entretenu.
La période de
l’industrie néolithique a vu, au Tassili des Ajjers, l’une des
civilisations les plus florissantes s’établir au sud du pays,
phénomène qui, depuis les explorations de Henri Lhote et Théodor
Monod au milieu du XXe siècle, n’a cessé de surprendre et
d’intriguer les chercheurs par sa profondeur et son étendue. La
région, déclarée Parc national- le plus grand musée à ciel ouvert du
monde-, s’étend de Djanet jusqu’aux confins de Tamanrasset. L’autre
grand moment de l’histoire de ces territoires est sans aucun doute
le grand mouvement commercial ayant établi les routes sahariennes et
les caravansérails de Tombouctou à Ouargla et de Sijilmassa à
Tlemcen. À la même occasion, les échanges culturels et les brassages
ethniques ont assis l’aire culturelle sahélo-saharienne faite de
berbérité, d’islam et d’africanité. L’un des meilleurs systèmes
communautaires sahariens, impliquant organisation sociale solidaire,
équilibre environnemental et domestication de la nature au profit de
l’homme (ce qu’on appelle aujourd’hui développement durable), a été
fondé il y a mille ans à El Ateuf, une des Pentapoles de la vallée
du M’zab. L’un des principes de la Fondation des Déserts, dont le
président actuel est notre ministre de l’Environnement, de
l’Aménagement du territoire et du Tourisme, M.Cherif Rahmani, est
justement de réhabiliter, de promouvoir et d’élargir ce genre de
patrimoine (matériel et immatériel) pour faire garder aux espaces
désertiques leur dimension humaine. Car, en fait, la grande rupture
historique qui a conduit à l’abandon de ces terres maternelles et à
l’exacerbation de l’hostilité des éléments de la nature par un
déséquilibre écologique de plus en plus compromettant, c’est bien la
colonisation et le grand triomphe du capital qui ont fondé les
grandes villes et même déplacé certains centres de gravité de
l’activité humaine. Le défi qui se pose à des pays comme l’Algérie
est de savoir comment rendre justice - par des actions de
développement durable - à ces espaces qui constituent aujourd’hui la
première source de rente de la collectivité. En tout cas, il semble
-comme l’a si bien caractérisé un savant-que la première action de
lutte contre désertification à mener est celle relative à la
‘’désertification des esprits’’ !
Le gouvernement
algérien a conçu un programme de développement en direction des
régions Sud du pays. L’intérêt accordé à cette partie du territoire
national- qui représente environ 80% du territoire et qui produit la
première et presque unique richesse d’Algérie - n’a jamais été à la
hauteur des ressources qui y sont produites ni des potentialités
avérées mais restées en friche que recèle le Sahara algérien.
Depuis la réalisation de la transsaharienne dans les années 1970,
aucune infrastructure de taille n’est venue faciliter la vie des
populations du Sud ou renforcer la mobilisation des facteurs de
développement et de production.
Sans aller jusqu’à
établir des comparaisons saugrenues avec la Californie, un pays
désertique domestiqué et humanisé depuis le 19e siècle, il est quand
même affligeant de constater que l’une des communes les plus riches
d’Algérie, qui nous fournit les moyens de nos importations et de la
réalisation de nos programmes de développement, soit ravalée au
statut d’enclave qui n’a même pas l’heur de servir, comme jadis, de
défouloir au désir d’exotisme des touristes occidentaux. Nous
pensons ici à Bordj Omar Driss (ex-Fort Flatters) dont le territoire
comprend les champs pétroliers de TFT (Tinfouyé-Tabenkort). Elle
n’est pas la seule à vivre la situation de misère et de chômage au
milieu de richesse sonnante et trébuchante assurée par l’or noir.
Des velléités de
rendre justice à la région et de démultiplier les capacités
d’exploitation de ses potentialités ont été nonchalamment exprimées
par les pouvoirs publics au cours des dernières années. Mais, ce
n’est qu’avec le nouveau programme spécial Sud que des mesures
concrètes et judicieuses ont été prises pour orienter les efforts de
développement dans ces vastes territoires qui pourront constituer
l’Algérie de demain pour des populations trop concentrées dans 13%
du territoire du nord (côtes et monts du Tell).
Ainsi des projets
de grande envergure, relevant naguère du mythe, vont trouver des
possibilités réelles de réalisation : exploitation des eaux
souterraines de In Salah et leur adduction sur Tamanrasset, soit un
linéaire de plus de 700 kilomètres ; installation d’une raffinerie à
Adrar, introduction du rail par le prolongement de la ligne de
Touggourt jusqu’à Bechar en passant par Hassi Messaoud, Ouargla et
Adrar ; construction de la nouvelle ville de Hassi Messaoud,
réhabilitation et extension des palmeraies, réhabilitations des
Ksours par le moyen du nouveau dispositif du ‘’Renouveau rural’’
lancé en 2008 par le ministère de l’Agriculture, incitation à
l’investissement dans le secteur du tourisme,…etc. En tout, ce sont
pas moins de 377 milliards de dinars en programme complémentaire que
le gouvernement a injecté dans le développement du Sud. Pour
‘’relever le défi des distances et asseoir une judicieuse politique
d’aménagement du territoire’’, comme a eu tenu à le signaler le
président de la République, les pouvoirs publics ont inscrit le
développement du Sud, touchant dix wilayas, en continuité naturelle
du programme Hauts Plateaux, territoires dont la complexité et la
fragilité posent des problèmes presque aussi aigus. Dans l’esprit de
la Fondation des Déserts du monde, les peuples d’Afrique du Nord et
de la zone Sahélo-saharienne ont le droit d’espérer un développement
harmonieux de leurs territoires qui leur ferait retrouver un
équilibre humain et écologique avec leur milieu naturel et qui
jetterait des passerelles d’échanges fructueux entre les
différentes communautés dans un élan de solidarité et de nouvel
humanisme africain.
S. T.
Haut
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