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Laisser passer le Mali
Il n'y a pas de
raisons que l'Algérie proteste et s'engage à passer aux actes contre
les gestes inamicaux en provenance de France ou des Etats-Unis,
qu'elle rende publique son intention d'appliquer la réciprocité
concernant la liste noire par exemple, et qu'elle se taise face au
Mali dont le président vient, sur pression française ou pas, de
tourner en ridicule l'ensemble des relations qui lient ce pays
voisin au nôtre. Que signifient désormais les accords d'extradition
qui ont été signés, la coopération bilatérale, la lutte commune
contre le terrorisme dans la région, la médiation algérienne sur le
conflit qui oppose Bamako à la rébellion touarègue (et dont on vient
d'apprendre que l'Algérie envisage de se retirer), et ainsi de suite
? Le président ATT les a bafoués de la manière la plus claire qui
soit, comme si l'Algérie était un adversaire du Mali plutôt que son
partenaire. En décidant de libérer des ressortissants algériens
reconnus comme terroristes pour satisfaire à on ne sait quelle
exigence extra régionale, et en faisant fi des conséquences que cela
engendrerait sur les rapports avec l'Algérie, le premier responsable
malien, qui a tenu à gérer personnellement cette affaire, ne se
soucie ni de l'Etat algérien, ni de la coopération sécuritaire dans
laquelle ces deux pays étaient censés être engagés, et encore moins
des conséquences que cela ne manquerait d'avoir sur de nombreux
plans. En fait, il n'accorde aucun sérieux à ses propres engagements
et se prive désormais de toute crédibilité internationale. Il
fallait s'y attendre d'une certaine façon. Il existe dans certains
milieux maliens comme un ressentiment à l'égard de l'Algérie. Cette
dernière est accusée d'avoir exporté «son» terrorisme dans la
région, délibérément, par des manipulations dont on a de la peine à
comprendre la nature, les acteurs et les motivations. Des médias
maliens utilisent un vocabulaire et des raisonnements sur Alger qui
relèvent de l'insulte et de la caricature tout à la fois. L'attitude
de ATT, sa vision stérile et de courte vue, vient de là, de ce
climat où l'hostilité constitue la caractéristique dominante. Il
vient aussi d'une perception des enjeux régionaux très discutable.
Où le Maroc et la France joueraient le rôle d'alliés contre
l'Algérie. ATT n'a pas de perception géopolitique et ne se rend pas
compte de la réalité des enjeux. Il fait de la petite politique,
avec des petits coups. L'avenir est pour lui un horizon sombre et
sans formes. Au fond, l'Algérie n'a pas besoin de se venger de quoi
que ce soit. Il suffit qu'elle se détourne de lui et le laisse
faire. En attendant qu'il passe.
Par Aïssa
Khelladi
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