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Semaine du 3 au 9 mars 2010

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Lutte contre le terrorisme international

Le grand mensonge

 

 

 

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Lutte contre le terrorisme international

Le grand mensonge

Pierre Camatte,  un agent des services français présumé président de  «L'Association Gérardmer-Tidarmene», pris en otage au Mali, a été finalement libéré en échange de quatre terroristes dont deux algériens appartenant à l'organisme terroriste   d'Al-Qaïda, et qui étaient détenus dans la prison malienne.

Ainsi Paris et Bamako ont approuvé «le non- respect» de  l’application des conventions de Nations unies (ONU) relatives à la lutte contre le terrorisme international, notamment le refus de payement de rançons en échange d’otages considérées comme étant un moyen de financement du terrorisme.    Cette convention en réalité peut être non respecté quand il s’agit d’un otage français  dont la libération n’a pas coûté de l’argent, mais pire encore,  la    mise en liberté de criminels condamnés qui ont désormais le feu vert de recommencer leurs crimes.    

Tout le monde sait que Paris a fait pression sur Bamako afin d’obtenir la libération de son otage au moment   où deux pays voisins dans la région  qui sont respectivement, l’Algérie et la Mauritanie  ont affirmé le rejet du payement de rançons aux terroristes. Toutefois, on se demande où est la position d’un Etat souverain tel le Mali. Encore plus, ce pays a trahi une convention de coopération juridique qu’il avait signée  avec l’Algérie. Cependant, la question qui se pose   est : qu’est-ce que le Mali a gagné dans cette affaire? Peut-être son économie sera-t-elle sauvée par Paris, ou bien aura-t-il tous les moyens modernes pour assurer sa sécurité ou bien …Mais est-ce la récompense qu’il faut pour mettre la région du Sahel dans le risque de terrorisme ?  Ainsi, si Paris n’a fait que sauver son agent, le Mali a montré que quelques anciennes colonies de la France le sont toujours    et que leur indépendance n’est que formelle.   Par ailleurs, on se demande à quoi sert l’Union africaine si elle ne peut régler une telle situation?

Par ailleurs, l’effort de Sarkozy était en réalité destiné à la libération d’un agent de la DGSE et non pas d’un simple citoyen  français. Dans ce cadre, des médias français ont indiqué sur la base d’un rapport d’audition de la Commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale, «que Pierre Camatte était un agent de la DGSE». Ainsi, à la question d’un député souhaitant savoir quels étaient les agents français retenus en otages, Bernard Bajolet avait, à l’époque en janvier, répondu : «Nous avons actuellement huit otages. Un au Mali, Pierre Camatte, quatre au Soudan, un en Somalie et deux en Afghanistan.»  A savoir que dans ce cadre, le Président français dira : «Nous ne laisserons tomber aucun de nos compatriotes pris par des terroristes. Nous ne laisserons tomber aucun Français, quelles que soient par ailleurs les erreurs qu’il ait pu faire, qui se trouve dans l’épreuve».   Alors que pour le cas des deux journalistes de France 3 qui se sont fait enlever alors qu’ils préparaient un reportage pour l’émission Pièces à conviction, des médias français indiquent que  Sarkozy aurait déclaré : «Ces journalistes étaient inconscients. Ils ont agi en contradiction avec les consignes de sécurité. C’est insupportable de voir que l’on fait courir des risques à des militaires pour aller les chercher dans une zone dangereuse où ils avaient l’interdiction de se rendre ».

Suite à la décision de Bamako  sous pression de la France de libérer quatre membres du GSPC – dont  deux Algériens, un Mauritanien et un Burkinabé, Alger  et Nouakchott  ont manifesté leur rejet  en  rappelant leur ambassadeur au Mali. Mais sachant que si  le gouvernement malien a agi sous la pression des autorités françaises qui cédaient ainsi aux exigences formulées par l’organisation terroriste, pourquoi Alger et Nouakchott n’ont pas rappelé leur ambassadeur à Paris?

Il faut dire qu’à titre formel, ni la Mauritanie ni l’Algerie ne peuvent faire des reproches publics au gouvernement français puisque le Mali est un État souverain dans la prise de décision.

Par ailleurs, cette affaire de l’otage français a montré une nouvelle fois que le fossé entre Alger et Paris ne fait que s’approfondir.  Et même les émissaires envoyés par Sarkozy  et reçus par le Premier ministre Ahmed Ouyahia n’ont pas pu apaiser les tensions. En outre, l’Algérie qui a vécu plus de dix ans dans le sang en combattant seule le terrorisme se retrouve trahie par un pays voisin et africain qui a préféré rendre service à un pays comme la France.

Alger rappelle son ambassadeur à Bamako

En matière de dénonciation, Alger a déclaré à travers un communiqué du ministère des affaires étrangères qu’il «condamne et dénonce avec force cette attitude inamicale du gouvernement malien, qui a fait fi de la Convention bilatérale de coopération judiciaire signée par les deux pays et au nom de laquelle la demande d’extradition des deux ressortissants algériens poursuivis par la justice algérienne pour des actes terroristes a été formulée en septembre 2009 et réitérée en février 2010». Le communiqué rappelle  les engagements internationaux et les résolutions «contraignantes» du Conseil de sécurité en matière de lutte contre le terrorisme qui ont été «violés» par le gouvernement malien.

Pour  Alger, la libération par le Mali de terroristes recherchés par des pays voisins est «un développement dangereux pour la sécurité et la stabilité dans la région sahélo-saharienne et sert objectivement les intérêts du groupe terroriste activant dans la région sous la bannière d’Al-Qaïda».

De son côté, le ministre des Affaires étrangères Mourad Medelci dira : «La décision du Mali ne sert ni la région, ni sa stabilité, ni le combat mené contre le terrorisme». Mourad Medelci s’était exprimé à Mascate sur la libération scandaleuse par Bamako de terroristes recherchés par plusieurs pays. Lors d’une conférence de presse tenue à la clôture des travaux de la 5e commission mixte algéro-omanaise, M. Medelci a affirmé que la décision de rappel de l’ambassadeur d’Algérie à Bamako était «une manière de protester» contre la décision des autorités maliennes. Dans ce contexte, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Valero, a tenté de dédouaner le gouvernement français. M. Valero a nié tout versement par le gouvernement français d’une rançon pour obtenir la libération de Pierre Camatte, et s’est dit «solidaire des Etats de la région contre cette menace terroriste».  Pour ce responsable, «de très nombreux paramètres, qui dépassent les développements de ces derniers jours, entrent en ligne de compte, s’agissant des conditions de libération de Pierre Camatte et des moyens mis en œuvre dans la région pour lutter contre Al-Qaïda». Un discours contraire à la réalité vue par le monde entier  qui est la libération d’un de ses ressortissants  français au prix de libération de terroristes. Après cet événement, Paris n’a pas eu froid aux yeux puisque le président français Nicolas Sarkozy va jusqu’à appeler son homologue malien Amadou Toumani Touré pour le remercier, «chaleureusement pour la gestion de cette crise, et l’a assuré du soutien de la France dans la lutte contre le terrorisme».

Ainsi on se pose la question : à quoi servent toutes ces conventions internationales de lutte contre le terrorisme ou autres si rien n’oblige à les appliquer? Et surtout quelle serait la réaction si les terroristes libérés étaient Français, Européens ou Américains? Sans doute la situation ne serait pas la même.

Par Nacera Chenafi

 

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