Semaine du 3 au 9 mars 2010

 

Football professionnel en Algérie

Entre mythe et réalité

 

 
 
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 Football professionnel en Algérie

Entre mythe et réalité

Alors que pas mal de pays arabes ainsi que quelques pays africains ont lancé des championnats professionnels depuis déjà un bon moment, en Algérie, on est encore au stade du souhait, puisqu'il est loin le temps où le public pouvait être servi par un football empreint de rigueur et de sérieux, qui sont les caractéristiques du football professionnel.

En effet, et même si le président de la FAF, Mohamed Raouraoua, a émis le vœu que notre football passe à un stade élevé et soit donc mieux structuré comme cela se fait sur le vieux continent, cela paraît très utopique quand on voit la réalité du terrain et toutes les insuffisances constatées.  Il faut savoir que la FIFA et la CAF obligent les clubs voulant prendre part à la prochaine édition de la Ligue des champions d’Afrique à passer professionnels, puisque les clubs ayant un statut amateur ne seront plus autorisés à jouer ce genre de compétition très relevée et surtout lucrative quand on connaît les sommes accordées aux formations qui atteignent un stade avancé de cette compétition. C’est donc dos au mur que la Fédération s’attellera à lancer ce championnat, même si en réalité rien n’est prêt pour cela. Raouraoua a promis lors de son investiture de faire tout ce qui est en son possible pour aider à la création d’un championnat professionnel et avait même déclaré qu’il serait prêt à le lancer même avec un nombre réduit de dix à douze équipes issues de la nationale une et qui devront se conformer à un cahier des charges stricte qui prend en compte plusieurs paramètres très importants dans le but de promouvoir la balle ronde nationale. Pour lui, le championnat national devra passer à une nouvelle étape, surtout qu’il a atteint des pics dans la médiocrité et n’arrive plus à produire des joueurs capables de donner un plus à l’équipe nationale et qui puise la majorité de ses éléments des différents championnats européens. Le développement du football national passe inévitablement par jeter les bases d’un renouveau de la balle ronde nationale et ce, pour professionnaliser la discipline  qui connaît des insuffisances criantes surtout sur le plan de la gérance qui reste archaïque, sachant que n’importe qui s’immisce dans la gestion de certains clubs, en l’absence d’un texte clair qui fait référence à ce mode nouveau en Algérie et qui nécessite une préparation spécifique.  

Notre football n’est pas encore prêt

Il faut savoir qu’il n’ya pas que les textes réglementant le professionnalisme qui manquent en Algérie, bien qu’ils soient très importants dans ce cas puisque avec cela chacun connaîtra ses droits et devoirs et personne n’aura à contester quoi que soit. En effet, il y a d’autres paramètres qui doivent être pris en considération dans ce nouveau genre de mode de gestion. L’infrastructure est, ainsi, très importante, car à ce niveau de la compétition, on ne peut pas jouer sur des surfaces qui ne répondent pas aux normes internationales comme c’est le cas actuellement.  On joue encore sur des stades qui sont recouverts en gazon synthétique, alors que la logique voudrait qu’on joue sur du gazon naturel. Certes, on parle de projets des stades qui seront construits un peu partout sur le territoire national et notamment dans la capitale (deux stades à Draria et Baraki), à Oran, Sétif, Tizi Ouzou et probablement au sud, mais cela reste insuffisant et surtout il n’est pas admis que ces infrastructures soient érigées à temps et aideront dans le lancement du professionnalisme qu’on donne comme imminent d’autant plus que son lancement officiel est prévu pour la saison prochaine pour permettre à l’Algérie d’avoir des représentants dans la Ligue des champions d’Afrique comme l’exige la CAF qui réservera cette compétition aux clubs au statut professionnel seulement. Il apparaît que l’exigence du stade n’est pas donc prête, même si dans le cahier des charges institué pour lancer le professionnalisme, l’infrastructure occupe une place essentielle. Il y a également le passage à la SARL qui doit être effectué par les clubs qui seraient intéressés par le nouveau statut de professionnel. Ainsi, ne sera pas  un dirigeant d’un quelconque club qui voudra, contrairement à ce qui se passe actuellement et qui voit l’arrivée de gens qui n’ont rien à voir avec le football et qui viennent surtout pour s’enrichir ou réaliser des intérêts personnels. La balle ronde nationale ne pourra qu’être nettoyée de certains parasites avec la mise en place d’un cahier des charges strict qui ne tiendra en compte que des bonnes volontés qui viennent investir leur argent, non pas seulement pour chercher des gains supplémentaires ou trouver une reconnaissance qui les mènera sans doute vers d’autres horizons, mais pour contribuer au développement du sport le plus populaire en Algérie et dans pas mal de pays dans le monde, si ce n’est la majorité.   

L’EN, un catalyseur pour le professionnalisme

Le professionnalisme qui devrait être institué très prochainement serait une bonne nouvelle pour notre football qui doit connaître d’autres horizons. Il faut rappeler à cet effet que le niveau de notre championnat a sensiblement chuté, ce qui a conduit les supporteurs à déserter les  tribunes, surtout après les résultats plus qu’intéressants des Verts lors des éliminatoires de la CAN et du Mondial et cette historique qualification au plus important rendez-vous planétaire. Les fans ne suivaient plus les rencontres du championnat national et cela prouve qu’une refonte doit se faire pour changer certaines choses au niveau de la balle ronde nationale. Ce projet du professionnalisme vient donc à point nommé pour renforcer plus notre équipe nationale, pour revaloriser le joueur local, et c’est ce qui a  conduit les dirigeants de la balle ronde nationale à investir dans les joueurs nationaux qui évoluent dans les différents championnats européens. Cette éventualité ne peut pas durer éternellement, car et comme on le voit actuellement, certains éléments ne jouent pas régulièrement, ce qui pourrait créer un problème pour le sélectionneur national qui devrait bénéficier des meilleurs joueurs et qui doivent être à chaque fois des titulaires à part entière dans leurs clubs.

Comme on le voit donc le professionnalisme serait le meilleur moyen pour élever le niveau du football national et le niveau de notre équipe nationale qui se doit d’être à l’avant-garde en Afrique grâce au niveau qu’elle a montré ces dernières années.

Des indices indiquent que le professionnalisme a de beaux jours devant lui en Algérie, surtout avec ce qui se fait au niveau de la formation, et surtout avec l’académie du Paradou où un grand travail se fait pour essayer de lancer des footballeurs de niveau international. 

Comme on voit donc, c’est un tout qu’il faut pour tenter de réussir la transition vers le professionnalisme qui sera certainement la seule voie pour tenter d’apporter du sang neuf au football en Algérie.

Les responsables de la FAF doivent, de ce fait, accélérer les procédures s’ils souhaitent que le professionnalisme soit une réalité dans notre paysage footballistique à partir de la saison prochaine, surtout qu’il y maintenant une date-butoir, contrairement à la dernière tentative du ministre, Derouaz, à la fin des années quatre vingt dix et qui n’a pas abouti en raison des difficultés trouvées sur le terrain.  

Par Anouar M.

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