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Football
professionnel en Algérie
Entre mythe et
réalité
Alors que pas mal
de pays arabes ainsi que quelques pays africains ont lancé des
championnats professionnels depuis déjà un bon moment, en Algérie,
on est encore au stade du souhait, puisqu'il est loin le temps où le
public pouvait être servi par un football empreint de rigueur et de
sérieux, qui sont les caractéristiques du football professionnel.
En effet, et même
si le président de la FAF, Mohamed Raouraoua, a émis le vœu que
notre football passe à un stade élevé et soit donc mieux structuré
comme cela se fait sur le vieux continent, cela paraît très utopique
quand on voit la réalité du terrain et toutes les insuffisances
constatées. Il faut savoir que la FIFA et la CAF obligent les clubs
voulant prendre part à la prochaine édition de la Ligue des
champions d’Afrique à passer professionnels, puisque les clubs ayant
un statut amateur ne seront plus autorisés à jouer ce genre de
compétition très relevée et surtout lucrative quand on connaît les
sommes accordées aux formations qui atteignent un stade avancé de
cette compétition. C’est donc dos au mur que la Fédération
s’attellera à lancer ce championnat, même si en réalité rien n’est
prêt pour cela. Raouraoua a promis lors de son investiture de faire
tout ce qui est en son possible pour aider à la création d’un
championnat professionnel et avait même déclaré qu’il serait prêt à
le lancer même avec un nombre réduit de dix à douze équipes issues
de la nationale une et qui devront se conformer à un cahier des
charges stricte qui prend en compte plusieurs paramètres très
importants dans le but de promouvoir la balle ronde nationale. Pour
lui, le championnat national devra passer à une nouvelle étape,
surtout qu’il a atteint des pics dans la médiocrité et n’arrive plus
à produire des joueurs capables de donner un plus à l’équipe
nationale et qui puise la majorité de ses éléments des différents
championnats européens. Le développement du football national passe
inévitablement par jeter les bases d’un renouveau de la balle ronde
nationale et ce, pour professionnaliser la discipline qui connaît
des insuffisances criantes surtout sur le plan de la gérance qui
reste archaïque, sachant que n’importe qui s’immisce dans la gestion
de certains clubs, en l’absence d’un texte clair qui fait référence
à ce mode nouveau en Algérie et qui nécessite une préparation
spécifique.
Notre football
n’est pas encore prêt
Il faut savoir
qu’il n’ya pas que les textes réglementant le professionnalisme qui
manquent en Algérie, bien qu’ils soient très importants dans ce cas
puisque avec cela chacun connaîtra ses droits et devoirs et personne
n’aura à contester quoi que soit. En effet, il y a d’autres
paramètres qui doivent être pris en considération dans ce nouveau
genre de mode de gestion. L’infrastructure est, ainsi, très
importante, car à ce niveau de la compétition, on ne peut pas jouer
sur des surfaces qui ne répondent pas aux normes internationales
comme c’est le cas actuellement. On joue encore sur des stades qui
sont recouverts en gazon synthétique, alors que la logique voudrait
qu’on joue sur du gazon naturel. Certes, on parle de projets des
stades qui seront construits un peu partout sur le territoire
national et notamment dans la capitale (deux stades à Draria et
Baraki), à Oran, Sétif, Tizi Ouzou et probablement au sud, mais cela
reste insuffisant et surtout il n’est pas admis que ces
infrastructures soient érigées à temps et aideront dans le lancement
du professionnalisme qu’on donne comme imminent d’autant plus que
son lancement officiel est prévu pour la saison prochaine pour
permettre à l’Algérie d’avoir des représentants dans la Ligue des
champions d’Afrique comme l’exige la CAF qui réservera cette
compétition aux clubs au statut professionnel seulement. Il apparaît
que l’exigence du stade n’est pas donc prête, même si dans le cahier
des charges institué pour lancer le professionnalisme,
l’infrastructure occupe une place essentielle. Il y a également le
passage à la SARL qui doit être effectué par les clubs qui seraient
intéressés par le nouveau statut de professionnel. Ainsi, ne sera
pas un dirigeant d’un quelconque club qui voudra, contrairement à
ce qui se passe actuellement et qui voit l’arrivée de gens qui n’ont
rien à voir avec le football et qui viennent surtout pour s’enrichir
ou réaliser des intérêts personnels. La balle ronde nationale ne
pourra qu’être nettoyée de certains parasites avec la mise en place
d’un cahier des charges strict qui ne tiendra en compte que des
bonnes volontés qui viennent investir leur argent, non pas seulement
pour chercher des gains supplémentaires ou trouver une
reconnaissance qui les mènera sans doute vers d’autres horizons,
mais pour contribuer au développement du sport le plus populaire en
Algérie et dans pas mal de pays dans le monde, si ce n’est la
majorité.
L’EN, un
catalyseur pour le professionnalisme
Le
professionnalisme qui devrait être institué très prochainement
serait une bonne nouvelle pour notre football qui doit connaître
d’autres horizons. Il faut rappeler à cet effet que le niveau de
notre championnat a sensiblement chuté, ce qui a conduit les
supporteurs à déserter les tribunes, surtout après les résultats
plus qu’intéressants des Verts lors des éliminatoires de la CAN et
du Mondial et cette historique qualification au plus important
rendez-vous planétaire. Les fans ne suivaient plus les rencontres du
championnat national et cela prouve qu’une refonte doit se faire
pour changer certaines choses au niveau de la balle ronde nationale.
Ce projet du professionnalisme vient donc à point nommé pour
renforcer plus notre équipe nationale, pour revaloriser le joueur
local, et c’est ce qui a conduit les dirigeants de la balle ronde
nationale à investir dans les joueurs nationaux qui évoluent dans
les différents championnats européens. Cette éventualité ne peut pas
durer éternellement, car et comme on le voit actuellement, certains
éléments ne jouent pas régulièrement, ce qui pourrait créer un
problème pour le sélectionneur national qui devrait bénéficier des
meilleurs joueurs et qui doivent être à chaque fois des titulaires à
part entière dans leurs clubs.
Comme on le voit
donc le professionnalisme serait le meilleur moyen pour élever le
niveau du football national et le niveau de notre équipe nationale
qui se doit d’être à l’avant-garde en Afrique grâce au niveau
qu’elle a montré ces dernières années.
Des indices
indiquent que le professionnalisme a de beaux jours devant lui en
Algérie, surtout avec ce qui se fait au niveau de la formation, et
surtout avec l’académie du Paradou où un grand travail se fait pour
essayer de lancer des footballeurs de niveau international.
Comme on voit
donc, c’est un tout qu’il faut pour tenter de réussir la transition
vers le professionnalisme qui sera certainement la seule voie pour
tenter d’apporter du sang neuf au football en Algérie.
Les responsables
de la FAF doivent, de ce fait, accélérer les procédures s’ils
souhaitent que le professionnalisme soit une réalité dans notre
paysage footballistique à partir de la saison prochaine, surtout
qu’il y maintenant une date-butoir, contrairement à la dernière
tentative du ministre, Derouaz, à la fin des années quatre vingt dix
et qui n’a pas abouti en raison des difficultés trouvées sur le
terrain.
Par Anouar M.
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