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Semaine du 3 au 9 juin 2009

 

L'enfance algérienne ciblée par les avatars de la régression sociale

Miroir insolent d'une société désaxée

Méconnaissance du phénomène et de son ampleur
Les enfants surdoués en Algérie
Enfants soldats

Le tribu de l'innocence à la guerre

L’enfant en Afrique

Des coups et des coups

Et l’Afrique du Nord ?

 

 

 

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L'enfance algérienne ciblée par les avatars de la régression sociale

Miroir insolent d'une société désaxée

La crise économique algérienne, qui arrive difficilement à se donner les perspectives d’une sereine transition, et la régression sociale, qui en est le pendant obligé, ont mis sens dessus dessous les valeurs culturelles et les repères sociaux à telle enseigne que les franges les plus vulnérables de la société- à savoir les femmes, les personnes de troisième âge et les enfants- voient peser sur eux de multiples dangers (déchéance physique et morale, agressions,…) charriés par une historique anomie du corps social.

Les premiers effets, visibles par exemple au sein de la frange juvénile, du recul des ‘’acquis sociaux’’ hérités de l’ère socialiste sont principalement une déscolarisation assez marquée dans les zones rurales. Les parents ne pouvant plus assurer les fournitures scolaires, la cantine et le transport vers le collège situé à quelques kilomètres de là, se résolvent à retirer l’enfant de l’école. La justification se trouve renforcée par le besoin de main-d’œuvre dans le foyer familial, dans l’exploitation agricole ou un quelconque atelier où le père ne peut pas embaucher un ouvrier en bonne et due forme. Le phénomène prit de l’ampleur dans les zones insécurisées au milieu des années 1990 et prit une autre tournure lorsque des ateliers de fabrication  de chaussures, chaussettes ou autre lingerie, des chantiers de construction,…etc. se mirent à recruter à tour de bras des enfants de 12 à 16 ans, y compris des filles pour les travaux de couture et de ménage. Bien entendu, ces adolescents ne peuvent pas être déclarés aux assurances sociales. Ce que les télévisions nous montraient il y a quelques années comme un phénomène habituel dans les pays du sud-est asiatiques, et que les organisations internationales de la protection de l’enfance ont toujours condamné, commence à s’installer chez nous sous le règne de l’économie de bazar. Les considérations d’ordre ergonomique, moral ou social n’ont presque plus court chez la faune des entrepreneurs ou patrons qui ont recours à ce genre d’embauche. L’appât du gain, la cupidité, le silence presque complaisant des parents ont fait une fatale jonction qui fait perdurer la déchéance de l’enfance dans le monde mercantile égoïste et sordide des adultes.

Sorcellerie et autres pistes occultes

Si l’exemple du sud-est asiatique a trouvé depuis longtemps un grave prolongement dans ce qui est nommé le ‘’tourisme sexuel’’ qui touche une grande partie des enfants des deux sexes, la dérive algérienne dans le traitement de l’enfance s’est plutôt nourrie d’autres facteurs liés à des archaïsmes sociaux, à des perversions dues à frustration sexuelles ou à une nouvelle forme de chantage exercé par les réseaux terroristes ou par d’autres bandes de truands.

Ainsi, depuis une dizaine d’années, de jeunes enfants, parfois des bébés, habitant certaines bourgades rurales se trouvent la cible de femmes organisées en réseau et qui viennent les enlever pour des buts que l’on dit de sorcellerie ou de trafic d’organe. Ici, la prudence s’impose. Si les actes de rapt sont réels, la destination ou l’utilisation du corps n’est jamais complètement élucidée. La tradition, relayée par la légende du milieu hermétique de la sorcellerie, rapporte que des organes, y compris le sang, de bébés ou d’enfants d’un certain âge seraient utilisés pour envoûter ou désenvoûter un mari, un amant ou un fils qui ne répond plus aux attentes du partenaire ou du proche. Quels que soient les macabres desseins des kidnappeuses, les faits gravissimes sont là, inqualifiables.

« S’agissant de la probabilité de trafic d’organe, le Dr. Bekkat, président du Conseil national de déontologie médicale a démenti les informations qui ont circulé dans la rue prétendant l’existence d’un rapport de causalité entre le kidnapping des enfants et le vol des organes humains. Il a qualifié cette opération de techniquement impossible.

L’hypothèse du vol des organes humains qui a accompagné la série de kidnappings des enfants en Algérie, et qui a semé panique et terreur auprès des familles algériennes n’est qu’intox dans la mesure où il est impossible de la mettre en pratique », soutient-il. Il a ajouté que la transplantation nécessite des conditions et des facteurs d’une extrême précision et sensibilité. « Il ne s’agit pas d’une question de pièces de rechanges de véhicules que l’on pourrait utiliser facilement » a-t-il ajouté.

Le Dr Bekkat a expliqué que les organes d’enfants, tels que le foie et le cœur et autres organes, qui ont été volés dans certaines régions, sont utilisés pour la sorcellerie. Il était convaincu que la majorité des enfants ont été kidnappés pour des questions de règlements de comptes. Il est vrai que les réseaux algériens ne disposent pas encore des techniques permettant la ‘’mise à disposition’’ et le transfert d’organes pour les laboratoires situés à l’étranger. On est en tout cas loin de la situation ayant prévalu en Amérique latine au cours des années 1980 où des enfants, souvent vivants, étaient transférés dans des laboratoires clandestins de l’Amérique du Nord. Ce fut un marché florissant qui a maintenant fortement décliné à la suite des bouleversements politiques dans les pays ‘’exportateurs’’ d’organes et du resserrement du contrôle sur les laboratoires utilisateurs.

Cependant, les enlèvements d’enfants pour des buts de sorcellerie ont tendance à être plus ou moins vérifiés dans certaines régions du pays. Il en est ainsi à Ahnif, dans la wilaya de Bouira, où, au cours du mois de novembre 2008, des femmes étrangères à la région, femmes qu’on dit être des nomades, et qui se sont présentées en tant que mendiantes ont tenté de kidnapper un enfant de 12 ans et un bébé de 14 mois, comme elles avaient  tenté de prendre des bijoux dans les foyers qu’elles ont sollcités.  L’affaire est passée le 16 mai dernier devant la cour de Bouira Les deux principales accusées ainsi que leurs quatre autres acolytes ont été condamnées à trois ans de prison avec sursis. Ce genre d’actes se sont multipliés depuis le début des années 2000 dans certaines zones de montagne et des Hauts Plateaux. Les investigations et les enquêtes, aussi bien des services de sécurité que des sociologues, n’ont jamais pu élucider de façon déterminante les objectifs réels et pratiques qui motivent de tels comportements. Le sociologue Ali El Kenz écrit dans le journal El Watan du 1er novembre 2008 à propos d’un reportage réalisé sur l’affaire d’Ahnif : « Au-delà de la scène décrite admirablement bien par le reporter, j’ai dû faire effort sur moi, pour – effaçant l’image de ces femmes nomades se glissant dans les maisons – discipliner mon esprit et comprendre que derrière elles étaient tapis des monstres bien plus redoutables ».

Monnaie d’échange et traumatisme profond

Un nouveau phénomène est apparu dans notre pays à la faveur de la jonction du terrorisme finissant et du banditisme montant, deux hydres que les intérêts matériels et le monde des affaires interlopes réunissent dans un entreprise macabre qui terrorise la société. Il s’agit du chantage exercé sur les entrepreneurs en s’en prenant à leurs enfants, parfois en bas âge. Dans plusieurs wilayas, particulièrement en Kabylie, pour sauver leurs enfants lesdits entrepreneurs sont presque toujours amenés à verser de fortes rançons. Ces dernières sont ‘’négociables’’ depuis le plafond fixé par les ravisseurs par le moyen du téléphone portable jusqu’à la somme ‘’raisonnable’’ que finira par consentir l’homme d’affaire en la déposant dans un buisson, une grotte ou autre lieu conclu d’un commun accord.

Le traumatisme vécu par les enfants suite à cette mésaventure n’a sans doute pas été mesuré dans toute son ampleur, y compris par les parents, qui ont pourtant les moyens financiers d’agir dans ce sens.

Des enfants ont été portés disparus suite à des kidnappings constatés par des témoins ou suite à une sortie sans retour. Parmi ces disparus, les services de sécurité, et parfois de simples citoyens partis à leur recherche, finissent par découvrir la barbarie indicible. Certains ont été mutilés après des abus sexuels. D’autres ont été jetés dans un puits ou une décharge publique. En tous cas, des images choquantes et insoutenables qui contraignent parfois ceux qui les découvrent à des traitements psychologiques de longue durée. Au moment de la grande offensive terroriste sur les populations civiles désarmées, de telles images se multipliées à l’échelle du pays. Les assassins y ont même mis un funeste ‘’génie’’ pour mettre à mort d’innocents enfants et bébés. N’y en avaient-t-ils pas qui sont passés par le four et le tournebroche comme de vulgaires poulets ou autres gibiers ?   Le traumatisme pour l’ensemble de la société a été profond même s’il ne se montre pas toujours en surface d’autant que, à la même occasion, de jeunes filles âgées d’à peine 12 ou 14 ans sont été enlevées et présentées comme des trophées de guerre aux émirs des maquis. Les viols dont elle firent l’objet de la part de ces sanguinaires ont abouti à la naissance des enfants dans les maquis. Pendant des années, des familles clandestines s’étaient constituées dans les grottes des Babors à Jijel. Lors de trêve signée avec l’armée, des processions de femmes et d’enfants descendirent de la montagne sans papiers d’état civil et sans livret de famille. Pour les inscrire à l’école, et même pour recevoir un vaccin dans un dispensaire, fallait régulariser leur situation. Dans le même contexte des années quatre-vingt-dix du siècle dernier, des femmes violées par les terroristes ont donné naissance à des enfants que l’État a fini par prendre en charge sans que leur filiation soit établie. Ainsi, une génération entière d’enfants que l’Algérie est censée intégrer dans la société vivent le traumatisme, sans doute permanent, de ces origines problématiques liées à un épisode noir de l’histoire de l’Algérie contemporaine.

Objet de convoitises perverses

Outre le mobile mercantile et de règlements de compte politiques, l’enfant dans l’Algérie de 2009 est aussi objet de sordides convoitises charnelles de la part d’adultes pervers et dépravés. Le comble vient de cet exemple d’instituteur de la ville de Bouira, père de cinq enfants, qui s’en prenait à ses propres élèves et qui a été démasqué il y a quelques mois. Le silence des enfants intimidés et l’omerta des parents d’élèves ont sûrement donné logue vie à ce genre de comportement qui s’est étalé sur plusieurs mois, voire plusieurs années. La presse a aussi rapporté des exemples d’imams, oui d’imams, qui commis des abus sexuels sur des enfants des deux sexes aussi bien dans les mosquées que dans des medersas coraniques. En tout état de cause, lorsqu’on observe le statut symbolique honorable, voire sacré, que le société accorde à de tels professions (enseignant, imam), il y a lieu de s’inquiéter davantage pour nos enfants lorsqu’ils sont appelés à sortir seuls vers des lieux que nous n’avons pas toujours le temps de vérifier.

Une affaire, se passant dans une ville de l’Ouest algérien, rapportée par la  presse au début de l’année en cours est relative à un jeune garçon parti au hammam avec un voisin adulte et qui a fini par être violé par ce dernier. Devant les cris de détresse du garçon et dans le brouhaha général qui s’en est suivi, des clients du hammam ont arrêté l’homme pervers et l’ont présenté aux services de sécurité. Se sont des scènes plus fréquentes qu’on a tendance à le croire. Même la presse n’a pas accès à toutes les informations dans ce domaine, surtout qu’il s’agit de l’honneur des familles à sauvegarder que coûte que coûte. Cependant, ce silence ne rend service à personne si ce n’est aux délinquants et criminels qui risquent de poursuivre tranquillement leur macabre besogne.

Une étude menée par le professeur Oussama Gherbi de l’Université de Médéa dans les cybercafés et présentée dimanche dernier par le quotidien El Khabar montre qu’une majorité de jeunes qui se rendent dans ces lieux consultent des sites pornographiques. Il est même révélé que 65 % d’entre eux restent trois heures devant l’écran pour regarder ces sites. Il y est reproché aux parents d’élève de ne pas contrôler l’usage d’Internet auxquels ont accès leurs enfants d’autant plus que sous couvert de recherche de thèmes imposés par les enseignants du lycée ou du collège, les élèves poussent plus loin leur curiosité déjà attisée par des amis scolarisés. 

Par Saâd Taferka

 

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Méconnaissance du phénomène et de son ampleur

Les enfants surdoués en Algérie

Combien existe-t-il de Mountassir, cet enfant surdoué qui a réussi, à l’âge de 10 ans, à décrocher le SAT1, l’équivalent du baccalauréat américain, série mathématique avec une moyenne de 15,5/20 ? On n’en sait rien. Aucune statistique officielle ou même

semi-officielle ne fait état de l’existence d’enfants surdoués en Algérie. Il en existe pourtant.Mais, en l’absence de cadres qui permettent le dépistage et l’émergence de ces «génies», ils resteront ignorés.

Le petit Mountassir Bensalem, dont l’existence avait été révélée par la presse en juillet 2004, vivait aux Emirats Arabes Unis. Il est né en Angleterre, où son père, Abdelmadjid, poursuivait des études supérieures. A deux ans, l’enfant commençait déjà à montrer des aptitudes hors du commun. A 5 ans, il entame sa scolarité en Ecosse. Ses prédispositions dans le domaine des mathématiques ne passeront pas inaperçues pour ses enseignants et son entourage. Selon sa famille, l’enfant consacrait, dès les premières années de sa scolarité, environ 45 minutes par jour à l’apprentissage des mathématiques supérieures. Mais Mountassir garde le contact avec les enfants de son âge avec qui il joue le plus normalement. Très jeune, il avait exprimé le vœu de devenir médecin. Ses capacités mentales lui permettent de faire beaucoup plus.

Un surdoué est d’un niveau mental «très supérieur à la moyenne». Son quotient intellectuel (QI) est supérieur à 170. A noter de pareilles capacités ne sont pas un gage de réussite. En fait, tout dépend du milieu (famille, société et institutions) dans lequel il évolue.

Un enfant surdoué né dans un milieu social défavorisé peut-il montrer des aptitudes hors normes sans moyens pédagogiques lui permettant de mettre en valeur ses qualités ? Très peu probable. En d’autres termes, un autre Mountassir, né dans un milieu social et familial qui ne dispose pas des outils nécessaires à la mise en valeur des qualités intellectuelles de l’enfant, a très peu de chances de percer. Car un enfant surdoué, c’est avant tout un enfant qui montre de l’intérêt pour des choses qui ne sont ni de son âge ni de ses capacités supposées. C’est un enfant qui s’intéresse, très tôt, aux encyclopédies des sciences, aux langues étrangères, aux mathématiques, à l’astronomie, et à des disciplines réputées difficilement accessibles à un certain âge. Mais lorsque, ni dans son milieu familial ni à l’école (une fois l’enfant scolarisé), ces outils didactiques font défaut, il y a de très fortes chances que le surdoué «disparaisse»  dans l’anonymat de la normalité.

Comme nous l’explique, Noureddine Khaled, psychologue, maître de conférences à l’Université d’Alger, et vice-président de la SARP (Association pour l’aide psychologique, la recherche et la formation), en plus des capacités intellectuelles «très élevées par rapport à la moyenne», l’enfant surdoué « fonctionne sur plusieurs registres». Malheureusement, lorsque le «cursus scolaire n’est pas adapté» (comme c’est le cas chez nous) l’enfant «peut être en situation d’échec scolaire», précise notre interlocuteur. L’exemple le plus célèbre est celui d’Albert Einstein qui a été longtemps incompris dans son cursus scolaire.

Comment reconnaître un surdoué ? «C’est déjà un enfant qui s’intéresse aux questions des grands. Il pose énormément de questions, très en avance par rapport à son âge. Généralement il cherche la compagnie des plus âgés que lui. Et peut ressentir de la solitude et de l’incompréhension », ajoute M. Khaled.

Selon le vice-président de la SARP, détecter un enfant surdoué revient d’abord aux parents puis aux enseignants. « Un bilan et des tests psychologiques peuvent déterminer le degré d’intelligence de l’enfant», affirme-t-il, tout en regrettant, par ailleurs, l’inexistence d’étude dans le cas algérien. «Ailleurs, le taux d’enfants surdoués est estimé à 3% de la population scolarisée. Mais chez nous, aucun étude n’a été menée à ce jour», constate Noureddine Khaled. Il précise, toutefois, que si la détection est possible en Algérie (à travers le test psychologique), «la prise en charge n’est malheureusement pas possible, faute d’écoles spécialisées pour enfants surdoués». «Même en Europe, le phénomène n’a été pris en charge qu’à partir de la précédente décennie».

A-t-on la prédisposition d’être un surdoué lorsqu’on est issu d’un «milieu intellectuel» (parents universitaires ou instruits) ? C’est un « non» catégorique pour Noureddine Khaled : «Le milieu favorise le développement intellectuel d’un enfant (surdoué ou pas), mais ne créé pas l’intelligence. Dans un milieu intellectuel, on peut s’en apercevoir rapidement et, au moins, tenter de prendre en charge.»

A propos du risque d’échec scolaire chez les surdoués, notre interlocuteur estime que cela est dû au faut que les enfants de cette catégorie «ne s’alignent pas sur les logiques qu’on leur enseigne», ce qui explique leurs difficultés dans le cadre d’un enseignement classique fait pour une majorité et non pas pour des exceptions.

Dans la littérature, les enfants surdoués sont classés dans la catégorie des «enfants atypiques» qui peut comprendre aussi bien des élèves au développement mental «perturbé», «très ralenti» ou «exceptionnellement rapide». Mais dans tous les cas, la psychologie recommande que ce genre d’élèves soient «éduqués dans des institutions spécialisées».

La littérature explique aussi que les performances scolaires des enfants surdoués sont « particulièrement élevées dans les activités de compréhension, d’abstraction et d’expression verbales » et sont, en revanche, «généralement pas supérieurs aux autres écoliers pour les travaux manuels, les exercices physiques et les arts». Il a été également constaté que dans le cycle primaire «l’orientation de leurs lectures (…) de leurs autres intérêts (…) a une tonalité nettement plus intellectuelle que celle de leurs contemporains».

Sur le plan émotionnel, ils sont qualifiés de «stables» et ont une «confiance en soi». Les spécialistes souhaitent un «dépistage assez précoce» car les capacités de ces enfants «risquent de se faner» s’ils ne sont pas pris en charge, et si leurs aptitudes ne sont pas alimentés.

Faute d’écoles spécialisées, les psychologues conseils aux instituteurs de prendre l’initiative de donner à ces enfants des «exercices appropriés à leurs capacités» et de leur permettre «d’employer le temps gagné dans des activités éducatives» comme  les exposés.

Faire sauter de classe à un enfant surdoué n’est la meilleure des solutions. «Ce procédé doit être employé avec circonspection», disent les spécialistes.

Car, expliquent-ils, «il faut qu’une certaine avance de la maturité sociale corresponde à la supériorité intellectuelle» de l’enfant surdoué.

Par Abdelkader Djalil

 

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Enfants soldats

Le tribu de l'innocence à la guerre

C’est probablement une des pires ignominies que connaît l’humanité aujourd’hui. Malgré une prise de conscience internationale quant à l’ampleur du phénomène, les enfants soldats sont estimés aujourd’hui à quelque 300000 jeunes, enrôlés essentiellement en Afrique dans les rangs d’armées régulières ou dans des groupes armés.

Ce sont des enfants à qui finalement on enlève tout espoir d’une vie normale dès lors qu’ils connaissent les affres de la mort au combat à un âge où on devrait jouer et aller à l’école.  Chairs à canon facile à manipuler, démineurs, guetteurs, les enfants recrues sont même très prisés dans certains conflits. Dans son dernier rapport, Amnesty International (AI) met en évidence la question des enfants  soldats dans  au moins six pays (lire encadré).

Cette propension à recruter des enfants pour faire la guerre est systématiquement liée aux conditions dans lesquelles vivent ces enfants. Pauvreté et famine facilite le recrutement quand il suffit d’offrir vêtements et repas chauds à des enfants ou quand tout simplement les familles en pouvant plus subvenir aux besoins de leurs enfants préfèrent les céder ou les abandonné aux mains de groupes rebelles ou d’armées régulières qui en ont besoin.

Les enrôlements volontaires sont expliqués aussi par la fascination de l’uniforme ou un besoin de vengeance d’un proche ou de révolte explicable. Les groupes Tchétchènes n’avaient aucune difficulté à recruter des jeunes de 16 ans dès lors qu’en Tchétchénie, l’armée Russe aux prises avec les rebelles tchétchène arrêtait souvent ces jeunes pour les interroger.

Pour les recruteurs les enfants sont une arme économique et souvent efficace. Ils coûtent moins cher en nourriture, dociles et influençables ils peuvent servir de kamikaze ou de «chair-à-canon» pour faire diversion notamment. Des récits terribles d’anciens enfants soldats au Mozambique indiquent les enfants-loups de la Résistance nationale du Mozambique (RENAMO) étaient formés au massacre et à la torture.

En Colombie ou des mouvements de guérilla révolutionnaires comme les FARC enrôlent des enfants. Les Talibans en Afghanistan n’hésitaient plus à incorporer de jeunes guerriers à partir de leur entrée en guerre contre les moudjahidines en 1994 pour éviter de les voir basculer dans les rangs de leurs adversaires. En 2001, on estimait la proportion d’enfants soldats en Afghanistan à 20% de l’effectif total.

Les enfants sont aussi d’excellents guetteurs ou des espions. Il n’est pas rare de trouver dans les témoignages des anciens enfants soldats des récits d’enfants servant de moyen d’infiltration ou de collecte de renseignement, notamment les fillettes, qui servaient d’informateurs en raison de leur exploitation sexuelle. Certes, il ya aujourd’hui une prise de conscience effective même si la communauté internationale a encore du mal à réagir de manière coordonnée. Si des lois sont adoptées pour interdire cette exploitation ignoble des enfants, on a cédé pas mal de terrain dans le cadre de compromis avec les États permissifs. Des compromis qui se révèlent notamment dans les textes adoptés.

Ces textes désignent justement ces enfants enrôlés comme  «civil ne participant pas aux hostilités», «civil fragilisé par son jeune âge» parfois aussi  «combattant». En fait, plus que jamais les situations de conflits armés interne, de déstabilisation permanente de certains Etats, les guerres civils qui perdurent voit naitre à chaque fois des conditions qui permettent, voire facilitent l’enrôlement d’enfants soldats.

Les cas révélés par Amnesty International

Au Tchad, les Nations Unies ont considéré que 7000 à 10000 enfants servaient dans les rangs de l’armée régulière et des groupes armés. Dans l’est du pays, où sont installés des groupes armés soudanais (tels les Toro Boro et le MJE, Mouvement pour la justice et l’égalité) les enfants enrôlés ont été pris dans les camps de réfugiés. On indique aussi que le Front uni pour le changement démocratique (FUCD) a pris des mineurs qui se trouvaient dans des camps de réfugiés et de personnes déplacées. En République Démocratique du Congo 3000 ou 4000 enfants servaient encore sous les drapeaux en 2008. Il apparaît selon Amnesty International que l’ONU et diverses ONG ne disposaient pas de ressources suffisantes dans les programmes de réinsertion sociale et de protection de l’enfance établis pour les anciens enfants soldats.

Dans la région du Nord-Kivu des enfants sont toujours recrutés par des groupes armés et d’autres forcés de s’enrôler. L’armée régulière a utilisé quant à elle des mineurs comme porteurs pendant les combats qui se déroulaient dans le Nord-Kivu en septembre et en octobre 2008. AI rapporte qu’un ancien enfant soldat avait indiqué que deux jeunes qui avaient tenté d’échapper à un groupe armé opérant dans le Nord-Kivu au début 2008 ont été battus à mort devant d’autres jeunes recrues pour faire un exemple. Ils ont été découverts cachés dans un trou et le commandant a donné l’ordre de les frapper. Deux soldats et un capitaine les ont fait tomber dans la boue et les ont roués de coups de pied et de coups de bâton jusqu’à ce qu’ils succombent.

Au Sri Lanka le pouvoir est aux prises avec les rebelles tamoul du LTTE. Ce mouvement a eu recours au recrutement forcé d’enfants soldats, mais aussi au meurtres, aux prises d’otages (dont la libération était monnayée contre rançon) et aux disparitions forcées.

Les LTTE se sont distinguées par l’utilisation de fillettes comme kamikazes qui menaient contre l’armée. Des dizaines de jeunes filles âgées entre 9 et 17 ans ont été ainsi exploitées et il en est de même pour de jeunes garçons.

Au Nepal on compte au moins 2500 enfants soldats dans les zones militaires après l’Accord de paix global intervenu entre le pouvoir et le mouvement maoïste PCN. Les enfants qui ont fait partie du mouvement maoïste sont toujours mobilisés alors que la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies pour les enfants et les conflits armés, a demandé au gouvernement népalais et le PCN maoïste de libérer immédiatement tous les mineurs qui ont fait partie des forces maoïstes.

Au Myanmar la révélation de l’existence d’enfants soldats était due à U Thet Wai, président de la NLD pour Yangon qui avait indiqué à l’Organisation internationale du travail (OIT) l’existence du travail forcé au Myanmar et le recrutement d’enfants soldats. Ce militant syndicaliste a été condamné à deux années d’emprisonnement avec travaux forcés.

Le Tribunal spécial pour la Sierra Leone qui a rouvert le procès de Charles Taylor à La Haye en janvier poursuit justement l’ancien chef d’Etat de11 chefs d’inculpation pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre dont des exécutions illégales, des viols et le recours à des enfants soldats dans l’armée de son pays.

Par Amine Esseghir

 

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L’enfant en Afrique

Des coups et des coups

Presque partout dans le monde, les enfants subissent quotidiennement des coups ou d’autres punitions corporelles, dans leur famille et à l’école. Ils vivent constamment sous la menace de ces coups, y compris ceux qui parviennent à leur échapper, cela dès leurs premières années et parfois jusqu’à leur majorité et au-delà. Dans la plupart des pays, le fait de battre les enfants est admis, quand il n’est pas conseillé ou même enjoint aux parents par leur religion, leurs coutumes ou des proverbes ancestraux. Les services sociaux n’interviennent en général (quand quelqu’un les alerte et quand ils interviennent !) que lorsque les coups ont laissé des traces très visibles, des lésions, des blessures, ou ont tué l’enfant. Les châtiments corporels, surtout ceux qui sont infligés dans les familles, sont soumis à un tabou encore plus rigoureux que l’inceste ou les abus sexuels. Les premiers rapports des Etats qui ont été soumis au Comité des droits de l’enfant de l’ONU traitaient en général de l’inceste, mais « oubliaient » souvent les punitions corporelles.

Quelques généralités d’abord. Dans un livre collectif sur la maltraitance psychologique, Ferdinand Ezembé, psychologue togolais, situe la violence éducative dans son contexte culturel : « Concernant l’éducation de l’enfant, dans les sociétés africaines il existe la croyance assez répandue qu’il faut préparer l’enfant à vivre dans un environnement qui sera hostile physiquement et psychologiquement [...]. Les châtiments corporels font donc partie de l’éducation normale des enfants, ils sont repris et légitimés par les autorités administratives, judiciaires et scolaires. Les parents qui ne le font pas sont considérés comme laxistes, voire démissionnaires. Selon un proverbe des Bassas du Cameroun, “si tu veux bien éduquer ton enfant, traite-le comme un esclave”. Les Africains considèrent que les punitions physiques ont une vertu pédagogique. [...] Chez les Wolofs du Sénégal les mots éducation et bâton sont désignés par le même substantif : Yar. Pour ne pas éprouver de sentiments envers leurs enfants, les Wolofs confiaient leur éducation à un oncle ou à un marabout, car, selon un de leurs proverbes, “l’étranger n’a pas pitié” [...]. Les pratiques de violence sur les enfants prennent des formes plus graves, en particulier pour les jeunes délinquants. Au Sénégal, les enfants de la rue sont appelés “encombrements humains”. Michel Galy (1995) rapporte qu’au Zaïre certains passants n’hésitent pas à écraser leurs cigarettes sur le corps des enfants de la rue endormis pour, disent-ils, “leur apprendre à vivre”. Ces enfants sont souvent chicottés [battus] par les policiers avec science et cruauté comme un rituel pour exorciser leurs mauvais penchants. »

Un autre Africain, le journaliste Ousmane Thiény, déplore quant à lui qu’« un enfant [puisse] être l’objet de corrections corporelles de n’importe quel villageois ou voisin proche si cette personne estime qu’il a commis un manquement grave aux coutumes. Cela peut être le refus ou l’omission de saluer, le refus de faire une commission, une insulte grossière devant des personnes âgées, etc. » De son côté, Boubacar lssa Camara, ancien enseignant, ancien responsable de l’enseignement et de la santé au ministère nigérian de la Santé publique, décrit ainsi la situation générale en Afrique (Cahiers de la Réconciliation, n° 4, 2000). Il reconnaît d’abord que « la pratique de la violence dans l’éducation en Afrique est [...] un grand préjudice fait à la jeunesse. A l’étape de l’école coranique, l’enfant, à partir de trois, quatre ans, a été plus ou moins victime de châtiments corporels, sans gravité, certes. Le “marabout”, l’éducateur, fait très souvent le tour du cercle que constituent les élèves avec une cravache à la main ; gare à celui qui n’arrive pas à réciter sa sourate.

La peur du maître, le stress que vit l’élève au passage de l’enseignant est tel que certains peuvent perdre le contrôle de leurs sphincters. Heureusement que les choses s’améliorent avec l’avènement de jeunes professeurs sortis des medersas, plus modernes, plus instruits, mieux formés pédagogiquement. Ainsi, cette situation n’est de plus en plus qu’un lointain souvenir. » Mais il est probablement significatif du seuil de tolérance très élevé à l’égard des châtiments corporels en Afrique que Boubacar Issa Camara considère comme « sans gravité » des coups de cravache dont la peur fait uriner ou déféquer les enfants sur eux ! Quant aux jeunes professeurs sortis des medersas, des informations plus récentes concernant le Tchad nous ont appris que certains font subir aux enfants des traitements d’une extrême violence.

Il poursuit : « L’école moderne européenne n’est pas mieux lotie que l’école coranique pour ce qui est du comportement de l’enseignant. La pratique de la violence, qu’elle soit verbale ou physique, est un phénomène connu, quoique de moins en moins présent. Il existe encore, hélas, des maîtres qui n’hésitent pas à asséner des coups à des élèves n’ayant pas appris leurs leçons. Il arrive que la réaction du maître ne soit que verbale, mais elle n’en est pas moins néfaste. L’enseignant traite ses élèves de “tarés” et se moque ostensiblement de ceux qui éprouvent des difficultés d’apprentissage. Des élèves sont battus, insultés, renvoyés chez eux pour la journée, parce qu’ils n’ont pas balayé la cour avant la rentrée des classes. » Boubacar Issa Camara donne ensuite quelques exemples de violences : «L’enfant est mis à genoux pendant une heure au pied du tableau noir parce qu’il n’a pas appris sa leçon. Cette position est tellement douloureuse que l’élève, tremblant de tout son corps, couvert de sueur, les larmes coulant de ses yeux devenus tout rouges, est prêt à crier “au secours”. L’élève est tenu de rester debout face au soleil, en fixant l’astre les yeux grand ouverts. Quand on sait la vivacité des rayons solaires en Afrique, on comprend le mal que cette position peut provoquer à l’enfant. Non seulement pour son moral, mais surtout pour sa santé physique. Autres punitions : l’enfant est accroupi, passe les deux bras sous ses genoux et tient ses deux oreilles. Il n’est pas question que ses fesses touchent le sol. » Dans son livre L’Enfant noir, l’écrivain africain Camara Laye raconte le traitement qu’il a subi de la part d’élèves plus âgés que lui chargés par le directeur de l’école de faire ramasser par les élèves plus jeunes

les feuilles qui encombraient la cour de l’école : « Voyant que le travail n’avançait pas comme le directeur l’attendait, les grands, plutôt que de s’y atteler avec nous, trouvaient plus commode d’arracher des branches aux arbres et de nous en fouetter. Ce bois de goyavier était plus flexible que nous ne l’eussions souhaité; bien manié, il sifflait aigrement, et c’était du feu qui nous tombait sur les reins. La peau cuisait cruellement ; les larmes nous jaillissaient dans les yeux et tombaient sur l’amas de feuilles pourrissantes. » Une ethnologue, Mme Ortigues, appartenant à une association qui se consacre aux enfants des rues en Afrique, raconte sur le site de son association ce que subissent les élèves de certaines écoles coraniques : « Si l’enfant ne ramène pas d’argent, il est très violemment battu ; cela peut aller jusqu’à cent coups de fils électriques. Nous avons connu le cas d’un enfant de huit ans qui en était mort. [...] Bien des enfants en consultation m’ont dit avec fierté : “Mon père me frappe bien.” » Quelques proverbes africains sont d’ailleurs significatifs : quand les parents confient leur enfant comme apprenti à un maître, ils lui disent parfois : « La chair est à vous et les os à nous », propos qui constituent une autorisation de le frapper jusqu’à un certain point. Au maître d’une école coranique, il arrive que des parents disent : «Toi tu le tues, moi je l’enterre.» D’ailleurs : « La chèvre ne marche pas sans bâton. » On comprend le cri d’Ousmane Thiény qui, dans un vibrant appel à renoncer aux châtiments corporels, «crime contre l’enfance», écrit : «A l’adage “Qui aime bien châtie bien”, il faudrait opposer “Qui aime bien protège mieux.”»

Par Olivier Maurel

La Fessée, questions sur la violence éducative réédition La Plage, 2004.

 

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Et l’Afrique du Nord ?

Les rapports des Etats au Comité des droits de l’enfant se caractérisent par un optimisme qui frise l’angélisme. «La famille n’use jamais de sévices», «les enfants s’épanouissent dans un climat d’affection», «les abus sont très rares». Mais la réalité semble assez différente.

En Egypte, le gouvernement égyptien annonce son intention d’insister sur l’interdiction des châtiments corporels à l’école décembre 2008 suite à la mort d’un écolier, détaillé dans «Le décès fin octobre à Alexandrie du collégien Islam Amr».

Le rapport du Maroc, par exemple, assure que « le problème [des châtiments corporels] est lié au niveau de développement économique et social ainsi qu’aux facteurs régionaux ». Mais, dans La Prisonnière de Malika Oufkir (Livre de poche), on apprend que le roi lui-même, dont on peut difficilement incriminer « le niveau de développement économique et social », l’a soumise de sa propre main, pour une broutille, au supplice de la falakha, qui consistait à lui frapper la plante des pieds à coups de bâton pendant qu’un esclave la tenait sur son dos. Le roi Hassan II, lui-même, dans ses Mémoires, écrit : « Jusqu’à l’âge de dix, douze ans, j’ai reçu des coups de bâton et j’étais heureux que ce soit mon père qui me les donne plutôt qu’un autre [...]. Vous savez, aujourd’hui encore dans les écoles coraniques, le fquih [maître d’école traditionnel] possède toujours un bâton. On l’applique de préférence sur les poignets. J’ai fait preuve de la même sévérité parentale envers mes propres enfants et, grâce à Dieu, je n’ai pas eu avec eux de problèmes d’éducation. Il ne faut jamais prêcher la logique avec un enfant car vous exigez de sa part un raisonnement trop fort pour son esprit et dont il ne perçoit pas toujours la finalité. Lorsque vous argumentez avec lui, il pense que vous tentez de négocier. En somme, à cet âge, il faut, comme disait Pascal, ployer la machine, l’abêtir. Ce n’est que plus tard, qu’il pourra vous comprendre et qu’il n’interprétera plus cette discussion comme une preuve de faiblesse. »

Le châtiment de la falakha était infligé à l’école, au début des années 1980 (témoignage d’un étudiant marocain). Un système de tourrniquet servait à bloquer sur une barre de bois les chevilles des élèves punis dont le maître pouvait frapper la plante des pieds à son aise. Pratiqué par un père sur son fils dans le film tunisien Halfaouine, l’enfant des terrasses, il est probablement commun à tout le Maghreb. Appliqué aux prisonniers, il a été justement dénoncé. Pourquoi personne n’en parle-t-il lorsqu’on l’applique aux enfants ? Le 30 juin 2002, le journal Libération de Casablanca a révélé les résultats d’une étude effectuée par une ONG et publiée par l’UNICEF auprès d’enfants de 3 à 15 ans. Il en ressortait que 72 % des élèves marocains subissaient des punitions corporelles. Un autre pourcentage résultant probablement de questions posées aux enfants était de 85 %, et ce malgré l’interdiction formelle des punitions corporelles dans les écoles. Après avoir présenté ce rapport, le représentant de l’UNICEF a souhaité l’instauration d’une école « amie des enfants ».

En Tunisie, une enquête réalisée par des pédiatres auprès de 70 parents représentatifs de la population de culture traditionnelle dans la région de Sousse a montré que 80 % d’entre eux avaient été battus dans leur enfance. 64 % d’entre eux pensaient que cela avait été bon pour leur éducation. Les auteurs de l’enquête ajoutaient : « Battre l’enfant comme battre la femme est considéré comme allant de soi », et disaient avoir recueilli quantité de proverbes vantant les bienfaits du bâton. La falakha était aussi pratiquée, de façon très ritualisée dans les familles juives de Tunisie, souvent par le père et le rabbin simultanément, chacun sur un pied de l’enfant.

O. M.

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