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Semaine du 3 au 9 juin 2009

 

Emprunts obligataires auprès du FMI

Une offre intéressante, mais prématurée

Retombées de la crise mondiale

L'Algérie, un refuge pour les firmes étrangères

 

 

 

 Economie


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Emprunts obligataires auprès du FMI

Une offre intéressante, mais prématurée

L'Algérie est visiblement appelée à faire une entrée par la grande porte dans la finance internationale. De pays fortement endetté à celui de bon épargnant, le pays s'oriente, à la faveur de la crise mondiale, vers le statut de prêteur international. Pour quel bénéfice ?

Le Fonds monétaire international a sollicité le gouvernement algérien pour contacter des emprunts obligataires auprès de cette institution. La démarche du FMI est dictée par sa propre situation qui ne lui permet pas, dans l’actuel état de ses ressources, de répondre favorablement aux sollicitations de plusieurs pays en difficulté financière. Des difficultés nées de la crise mondiale et qui frappent aussi bien les pays développés, les pays émergents que ceux d’entre les plus pauvres, ainsi privés de ressources externes habituellement disponibles chez leurs pourvoyeurs.

L’annonce de cette proposition a été faite, ce jeudi, sur les ondes de la chaîne 3 de la radio nationale par le ministre des Finances. Karim Djoudi a déclaré, en effet, que le Fonds monétaire international a sollicité l’Algérie pour souscrire à des emprunts obligataires. M. Djoudi a révélé, également, que l’Algérie n’a pas encore donné sa réponse et que la question est à l’étude au niveau du gouvernement. «Le FMI a identifié un certain nombre de pays ayant un excédent des réserves de change et qui, grâce à des politiques prudentes ont pu dégager des ressources externes. C’est dans ce cadre que l’Algérie a été sollicitée, a déclaré M. Djoudi, voyant cela comme «un satisfeci t» par rapport à la politique monétaire et budgétaire de l’Algérie, d’autant que «nous avions eu à vivre un moment donné certaines difficultés, loin des facilités présentes». Le gouvernement algérien compte donc étudier cette demande et y répondre dans les semaines à venir.

D’ores et déjà, la probabilité d’une acceptation de l’Algérie de contracter des emprunts obligataires auprès du FMI ne manquera pas de nourrir le débat sur l’usage des réserves de change, évaluées jusqu’à la fin de l’année 2008 à près de 140 milliards de dollars. D’autant que le débat s’est vite focalisé, par le passé, sur la partie de ce matelas de devises placées auprès du Trésor américain.

Si les différentes responsables, entre Premier ministre, ministre des Finances et Gouverneur de la Banque d’Algérie n’ont eu de cesse de démontrer «la sagesse» d’une telle décision, justifiant le faible loyer de cet argent par la prise d’un risque minimal, plusieurs intervenants ont développé un point de vue contraire au principe même du placement de réserves de change à l’extérieur et prônant plutôt leur utilisation pour des projets de développement national. Sur ce point, non tranché, car étant surtout un débat de spécialistes, aucune des deux parties n’a réussi à emporter la persuasion de l’opinion, alors qu’une troisième voie préconise l’investissement de cet argent dans les marchés extérieurs, entre autre s, par le biais d’un fonds souverain.

Pourtant, deux arguments forts plaident en faveur de la décision du gouvernement. La première a trait aux faibles capacités d’absorption par les structures de l’Etat, et notamment les collectivités locales, des ressources allouées. Ainsi en fut-il des 7 milliards de dollars injectés dans le plan de soutien à la relance économie (PSRE, 2001-2004), qui s’est soldé par de multiples réalisations, mais aussi par certains retards. Tel fut le cas, également, pour le plan de soutien à la croissance économique (PSCE, 2004-2009, doté de près de 200 milliards de dollars, si l’on inclut les programmes du Grand Sud et des Hauts-Plateaux), et dont la consommation des crédits allouées est loin d’être bouclée. A cela, s’ajoute la perspective des 150 milliards de dollars que le gou vernement est appelé à consentir sur le budget de l’Etat dans les cinq ans à venir et dont la répartition n’est pas encore définie.

Outre la problématique de la capacité d’absorption de ce flux financier qui bat tous les records, et que l’on doit aux retards identifiés dans le fonctionnement des rouages de l’Etat, il convient aussi de relever que la dépense publique demeure axée sur les programmes d’équipement et d’infrastructures, destinés à répondre à une forte demande sociale. Dans cette optique, le gouvernement n’inclut pas de financer l’investissement ou de créer une nouvelle économie, sinon par les mécanismes du crédit, tel que mené jusque là par les banques, voire tel qu’il sera appelé à se diversifier au rythme de la réforme financière. C’est dire que l’opinion selon laquelle les réserves de change doivent être injectées dans le march& eacute; domestique et non à l’extérieur mérite, sinon plus d’arguments et de précisions, de meilleures propositions quant à leur allocation. En plus clair, la véritable relance économique, créant richesses et emplois, n’a pas besoin de l’argent de l’Etat autant qu’elle nécessite de sérieuses réformes qui doivent être conçues et menées autour de l’entreprise.

Quant à l’idée de créer un fonds souverain, elle demeure une piste aléatoire qui nécessite un très haut niveau d’expertise et qui ne saurait, cela dit, prémunir des échecs que promet la crise un peu partout dans le monde. On comprend, à ce titre, que l’idée ait été rejetée par le président Bouteflika.

Le pour et le contre

Pour rester dans le sujet qui nous préoccupe, la question de savoir si l’Algérie doit ou non accepter l’offre du FMI tient plutôt de l’intérêt qu’il y a à le faire ou pas.

Pour rappel, les emprunts obligataires du FMI sont une initiative récente de cette institution, prise dans la foulée de la riposte à la crise financière mondiale. Le Fonds dispose de 250 milliards de dollars, mais a besoin de doubler ses capacités pour «restaurer la confiance».

Cette initiative a été évoquée par le DG du FMI lors du Forum de Davos de février dernier, alors que le Fonds n’a jamais eu recours à cet instrument. A chaque fois que pareille proposition a été avancée, notamment par des pays du Sud, les Etats-Unis et des pays européens l’ont catégoriquement refusée, ne laissant aux pays en difficultés que le chemin du le Club de Londres ou celui du Club de Paris et s’offrant ainsi une influence politique grandissante dans les cinq continents.

Mais la crise étant à une ampleur historique, le G20, réuni en avril à Londres, s’était engagé à fournir pas moins de 500 milliards de dollars au Fonds pour l’aider à stabiliser la situation de plusieurs pays dans le monde et a, enfin, donné son autorisation au FMI pour recourir à l’instrument des emprunts obligataires.

Premier pays, et unique sur la liste pour l’heure, la Russie a exprimé, à la fin du mois de mai dernier, son intérêt pour ces obligations, à un volume de 10 milliards de dollars. En février dernier, la Chine avait déjà signifié son enthousiasme pour l’idée, mais sans aller plus loin.

Il existe plus de 50 formes d’obligations qu’un Etat peut théoriquement contracter auprès du FMI. Ceux qui pourraient concerner des pays comme l’Algérie tourneraient autour de diverses sortes : obligation à coupons, à intérêts précomptés, à intérêts réduits, à taux d’intérêt réduit en début de période, à taux fixe, classique, de maintien de la valeur, d’État, du Trésor (à moyen ou à long terme), internationale, privilégiée, etc.

Le choix de telle ou telle catégorie d’obligations, de sa durée et de sa rémunération se fait à l’intersection des possibilités de l’emprunteur, de la conjoncture mondiale, de la valeur des monnaies et d’autres dispositions négociables ou non négociables. Il s’agit de ce qu’on appelle les «obligations souveraines», qui sont des emprunts fait par un Etat avec une monnaie qui n’est pas la sienne, (puisque dans le cas de l’Algérie, cela se ferait avec le dollar américain) - à l’opposé des «emprunts d’Etat» qui se font dans la monnaie propre.

Le mécanisme de ces emprunts obligataires au niveau du FMI fonctionne par l’émission de Droits de tirage spéciaux (DTS), qui offrent l’avantage de minimiser les risques de change, ce qui est nécessaire dans la conjoncture actuelle marquée par le glissement du dollar.

Les DTS existent depuis les années 70, et ont été créés par le FMI pour mettre à l’abri les capitaux qu’il gère à l’abri de la spéculation sur les monnaies : les DTS sont effectivement une sorte de monnaie qui est définie par une parité en or. Ceci étant pour les avantages, l’inconvénient avec les obligations du FMI, selon une explication simplifiée, c’est que leur taux d’intérêt est indexé sur celui pratiqué par le pays dont la monnaie est utilisée.

De la sorte, si l’Algérie décide de souscrire en dollar à des obligations FMI, la rémunération attendue sera la même, ou presque, que celle que dispense le Trésor américain. C’est dire si, à moins de bien négocier le type d’obligations à contracter, prêter au FMI ou poursuivre le placement auprès du Trésor américain reviendrait au même.

On l’aura compris, la réponse à donner à l’offre du FMI nécessite une maîtrise sans faille des dédales de la finance mondiale. Et même dans ce cas, il faut s’assurer que la décision de l’Algérie d’emprunter à l’échelle mondiale lui garantisse une place plus importante dans la décision, sinon dans les grands dossiers de l’économie mondiale, au moins dans la réforme du système financier international. Or, on ne voit pas beaucoup de disponibilité de la part du G20 à écouter d’autres voix que celles des membres de son club fermé.

On s’interroge, à ce titre, sur ce qu’est devenue l’idée formulée par l’Algérie et adoptée par le sommet mondial sur le financement du développement (Doha, fév rier 2009), pour la création d’un comité de liaison entre le G24 et le G20. Un G20 qui, aujourd’hui, ne voit pas d’un bon œil que de nouveaux pays gagnent en influence politique en raison de dettes détenues à l’échelle internationale et qui demande à ces nouveaux arrivants de déposer leur argent au FMI et de ne pas chercher plus qu’à récupérer, plus tard, leur argent et le loyer qui va avec. Ce contexte et ces enjeux, qui sont loin d’être exclusivement économiques, sont tout sauf un cadre politique multilatéral propice à une participation hâtive de l’Algérie dans ce qui est une dynamique à deux vitesses. Surtout pas pour des mécanismes comme les obligations du FMI, qui sont utilisés pour la première fois, dans l’urgence, et dont aucune expérience antérieure ne contribue à s’en faire une opinion définitive.

Par Nabil Benali

 

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Retombées de la crise mondiale

L'Algérie, un refuge pour les firmes étrangères

La crise mondiale force les entreprises à aller vers de nouveaux marchés. L'Algérie peut faire valoir, dans ce cadre, une attractivité exceptionnelle et des avantages comparatifs qui la nuancent des autres marchés émergents.

Le constat de la domination chinoise lors de cette 42eme édition de la Foire internationale d’Alger et le recul de la présence française, a escamoté la rude concurrence que se livrent les firmes étrangères pour s’installer dans le marché algérien qui, comme ceux des pays émergents, peut comporter des débouchées salutaires par ces temps de crise.

La nouvelle édition de la FIA a été l’occasion de tester, encore une fois, de l’attractivité du marché algérien et de la capacité des réformes libérales à agir sur sa compétitivité régionale et ses avantages comparatifs. Certes, cela est insuffisant pour donner une vue exhaustive sur la question, d’autant qu’une foire, internationale fut-elle, n’est rien d’autre qu’une répartition en mètres carrés des surfaces d’exposition. Conclure, par exemple, à un recul des investissements de tel ou tel pays sur la base du nombre de stands ouverts aux Pins maritimes serait donc un acte hâtif et de peu d’efficacité. Ainsi en est-il des entreprises françaises, dominées en nombre par leurs concurrentes chinoises, alors que l’ambassadeur de France vient de déclarer, il y a quelques semaines à peine, que le nombre des sociétés françaises, présentes en Algérie, a doublé en quelques années. A cela, il y a une explication simple qui veut, d’abord, que les relations d’affaires n’ont pas toujours besoin d’une foire, d’un forum ou d’un colloque pour se nouer durablement et, ensuite, que les entreprises n’ont pas toutes besoin de s’installer ici en Algérie et d’ouvrir des filiales de droit algérien pour y activer. Ce qui compte, en effet, c’est l’activité et le chiffre d’affaires réalisé dans le marché algérien sur une période donnée.

Mais même à ce titre, c’est le Centre national du Registre de Commerce qui vient nous édifier, chiffre à l’appui, dans un document repris par l’agence APS.

Ainsi, «le nombre global des sociétés et commerçants étrangers exerçant en Algérie a atteint 6.454 opérateurs en 2008 contre 5.386 en 2007», dont «1.468 personnes physiques et 4.986 personnes morales, dont 127 succursales». Répartis par nationalités, «les personnes physiques sont essentiellement tunisiennes (35,08%), marocaines (27,04%), syriennes (12,13%) et chinoises (6,88%)», sur un total de 36 nationalités, activant majoritairement dans le commerce de détail. Les près de 5.000 autres sociétés étrangères sont répartis entre pas moins de 74 nationalités et activent notamment dans la production industrielle et le BTPH, les services et l’import-export. Tout cela s’étant réalisé en un exercice (2008), on peut donc déduire que le marché algérien et tout de même d’une ouverture indéniable.

Ce sont ces chiffres là qui sont le véritable baromètre de l’investissement en Algérie, et non ceux de la Foire qui ne peuvent servir que d’indice conjoncturel, en annonçant un total de 1.300 exposants, dont 870 étrangers représentant une quarantaine de pays occupant près de la moitié de la surface réservée à l’exposition. Cela, d’autant que la Foire internationale d’Alger, fortement politisée dans les années 1970, avec la priorité donnée aux pays arabes et ceux de l’ex-bloc soviétique, est depuis longtemps écartée du langage diplomatique des relations de l’Algérie avec ses partenaires, d’autant que les entreprises décident d’y participer ou non suivant leurs stratégies internationales et les différentes conjonctures. Il est donc tout à fait normal que l’on assiste, outre à un grand nombre d’entreprises présentes, à une domination chinoise, deuxième économie du monde, certes, mais l’une des moins affectée parla crise financière mondiale et qui a encore les capacités de porter ses ambitions vers de nouveaux marchés. Ce n’est pas le cas des firmes européennes qui sachant l’impératif de la conquête de nouveaux marchés dans le Tiers-monde, n’ont plus, cependant, les mêmes ressources de financement que par le passé. Auparavant, la décision d’entreprendre à l’international ne reposait que sur la fiabilité de l’étude du marché.

Dans le cas de l’Algérie, l’attractivité reste, cependant, trop forte et cela pour plusieurs facteurs. En premier chef, celui des capacités de paiement de l’Etat, quand il s’agit de marchés publics. Secundo, l’Etat maintient ses dépenses publiques vers la hausse, avec les 150 milliards de dollars prévus par le programme du président Bouteflika et cela, sur des projets d’infrastructures et d’équipement dans lequel les entreprises algériennes ont encore beaucoup de mal à s’insérer, en raison de leurs retards à tous les niveaux. Troisièmement, le marché algérien est très peu exportateur de produits hors hydrocarbures, mais grand importateur du reste des produits. Au contraire du marché asiatique, om s’y implanter revient vite à confronter une concurrence sur le terrain de l’exportation vers les marchés américain et européen, le marché algérien est destiné à la consommation locale et où, ou presque, est encore à faire. De plus, le marché financier algérien est fait de sorte qu’il demeure à l’abri des fluctuations financières et de l’instabilité des principales bouses dans le monde. Enfin, au contraire des marchés asiatiques, pays émergents par excellence, le marché algérien ne dépend pas du niveau des importations américaines et c’est sans doute là un facteur qui donne au domestique une sorte de parapluie que beaucoup d’autres n’ont pas.

Par contraste, bien entendu, avec les pays développés, où la croissance était au ralenti sur la dernière décennie et qui sont désormais en récession, un matché comme celui de l’Algérie est fortement rentable, permet installation et expansion, sinon sur le court terme, sur le moyen terme. Celan d’autant que les mesures publiques encadrant l’investissement privé s’orientent de plus en plus la réduction des importations.

N.B

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