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Relations
Algérie Françaises
Les enjeux
économiques face au devoir de la mémoire
Ces dernières
années, la France cherche à tout prix comment dépasser les enjeux de
la mémoire qui bloquent toujours les relations Algéro- Françaises,
d’autant que Paris n’a toujours pas montré son intention de
reconnaître les crimes coloniaux.
Car le discours
tenu par le Président actuel Nicolas Sarkozy porte sur la nécessité
de penser à l’avenir en matière du coopération économique et surtout
garder le monopole sur le marché Algérien. Un acharnement qui est
devenu plus important avec les données de la crise économique qui
touche la zone euro. Cependant, l’Algérie qui ne cache pas son
attachement au partenaire Français ne lâche pas son droit de
repentance vis-à-vis du peuple algérien.
Dans cette
conjoncture complexe, la France et l’Algérie viennent de mettre en
place une commission interparlementaire qui se veut une base de
coopération entre les deux institutions mais se veut également une
volonté de promouvoir les relations bilatérales. Toutefois,
l’Algérie à l’air aussi consciente des enjeux des relations
économiques avec son programme ambitieux d’investissement public
doté d’une enveloppe de 150 milliards de dollars, d’où, il est
expliqué «l’appétit» des partenaires étrangers, notamment, la Chine
qui occupe la première place en matière de représentation dans cette
42éme foire internationale avec 141 entreprises et les Français qui
sont présents avec 135 représentants. A noter que la France reste le
premier partenaire de l’Algérie.
L’Algérie
a-t-elle changé du discours ?
Le changement du
discours de l’Algérie, si ce n’est qu’une manière d’apaiser les
choses a été très clair dans les propos tenu par le Président de
l’assemblée populaire nationale (APN) , en visite en France entre le
26 et le29 mai . Devant les députés Français, il dira que la
question de la repentance, «ne constitue nullement un point
d’achoppement, ni un préalable ou condition fixé par l’Algérie». Il
va même expliqué, que «La question s’est posée après l’adoption par
la France de la loi du 23 février 2005 glorifiant le passé colonial
de la France. Nous avons ressenti cela comme une provocation. Il est
normal que nous réagissons à chaque fois où il y a provocation»,
a-t-il précisé. A savoir que la famille révolutionnaire, dont le
ministre des Moudjahidine, M. Mohamed Chérif Abbas en Algérie
affirme à chaque occasion que «l’Algérie maintient ses
revendications liées à la repentance de la France sur les crimes
commis» par le régime colonial entre 1832 et 1962».
Toutefois, il a
affirmé la nécessité de considérer l’Algérie comme «un partenaire
privilégié» de la France au vu de nombreux facteurs géographiques,
historiques, économiques et de l’importance du poids que représente
la communauté nationale établie en France. Il a souligné
l’importance de la consolidation des relations bilatérales,
rappelant que la visite que devait effectuer le Président
Bouteflika, en France en juin a été reportée pour des raisons de
calendrier. Il a souligné l’importance du dialogue de haut niveau
et «la contribution spécifique» des institutions parlementaires
respectives à «l’imposant édifice» que sont les relations
algéro-françaises. Il dira aussi que chacun des deux pays est un
partenaire majeur pour l’autre rappelant à cette occasion que le
dynamisme des échanges commerciaux qui connaissent actuellement une
croissance soutenue à la faveur des programmes de développement
lancés par l’Algérie, doit beaucoup à la composante humaine des
rapports.
De son coté, le
président de l’Assemblée nationale française, Bernard Accoyer a
qualifiée cette rencontre d’«historique» car il s’agit selon lui de
marquer la volonté des deux parties d’avancer et de construire
l’avenir.
Paris veut
faire l’impasse sur la mémoire
Pour sa part, le
président du groupe parlementaire de l’UMP, Jean-François Coppé, a
souligné la nécessité d’enclencher une nouvelle étape dans les
relations algéro-françaises et de regarder vers l’avenir.
Précisant que dans son groupe parlementaire de nombreux députés de
la nouvelle génération, sont né dans les années 1960 et 1970, qui
n’ont pas en toute évidence, la même histoire que leurs aînés. Une
manière de se démarquer du devoir de mémoire.
Selon lui, les
députés doivent être en situation de faire l’histoire sur le présent
et l’avenir, de construire des partenariats dans la durée, dans les
domaines économique, politique, culturel, identitaire. Estimant
qu’il faut faire un véritable travail sur l’identité. Pour cela, «
il faut casser les tabous : il faut mieux connaître la religion de
l’autre, la culture de l’autre, essayer de faire en sorte que les
uns et les autres, aussi bien en Algérie qu’en France, se parlent,
s’écoutent et se respectent ».
Il y a lieu de
souligner que le report de visite du Président de la République a
connu beaucoup de lectures.
Comme ce report a
été annoncé par la partie Française, celle-ci vient d’annoncer que
le président Bouteflika est attendu en France à «la fin de
l’automne». C’est ce qui a été indiqué vendredi dernier par le
secrétaire d’Etat à la Défense et aux anciens combattants,
Jean-Marie Bockel. A ce propos, il dira «J’ai fait un déplacement en
Algérie il y a deux semaines, le principe d’une visite du président
Abdelaziz Bouteflika a été confirmé pour la fin de l’automne».
Pour rappel, le 23
avril dernier, le chef de la diplomatie Algérienne avait déclaré
que le président Bouteflika, a accepté le principe de l’invitation
que lui a adressée le président français, Nicolas Sarkozy, pour
effectuer une visite d’Etat en France.
A savoir que la
question du report de la visite de Président Bouteflika a fait face
après la célébration des massacres du 8 Mai 1945.
A cette occasion,
le Président a prôné une «voie originale» pour tourner «la page
noire» de l’histoire avec la France et «surmonter les traumatismes
causés au peuple algérien par l’Etat colonial français». Une voie
qui permettra selon lui d’établir «entre l’Algérie et la France,
entre le peuple algérien et le peuple français, des rapports
authentiques d’amitié sincère et véritable dans une coopération où
chacun trouvera son intérêt et des raisons d’espérer dans l’avenir».
La France
officielle de son côté, durant le mandat de Chirac, a eu recours à
la question du traité d’amitié pour sauver ses intérêts, un traité
bafoué avec la loi de 23 février 2005 glorifiant la période
coloniale en Algérie. Après ce faux rêve de dépasser l’histoire afin
d’arriver à une relation d’exception entre les deux pays, le
discours tenu par Paris sous la présidence de Nicolas Sarkozy est
plus clair. Sarkozy ne veut parler que de l’avenir qui est, selon
lui, la promotion de la coopération bilatérale en matière
d’économie.
Entre l’Algérie et
la France, il y a aussi le dossier de l’Union pour la Méditerranée.
A ce titre, la France ne veut pas de cette union sans l’Algérie et
celle-ci s’est opposée à une politisation de ce projet régional car
selon le discours officiel la réussite de l’UPM ne peut aller sans
la prise en charge du problème palestinien ainsi que celui du Sahara
Occidental.
Par ailleurs, la
France vient d’adopter un texte de loi pour l’indemnisation des
victimes des essais nucléaires, dont celles du Sahara algérien. Sur
ce point l’Algérie n’a pas encore dit son dernier mot.
D’ailleurs, le
ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, qui intervenait
lors d’une conférence de presse organisée, mercredi dernier, en
marge de la cérémonie de la journée de l’Afrique a précisé que le
traitement de ce dossier ne doit pas uniquement concerner les
indemnisations, mais devrait prendre en charge la décontamination
des espaces sur lesquels ont eu lieu ces essais.
M. Medelci s’est
montré optimiste quant aux perspectives du règlement de cette
question en précisant : «Nous avons un travail commun avec la partie
française sur la question des retombées malheureuses, négatives et
désolantes des essais nucléaires et que l’Algérie enregistre avec
beaucoup d’attention le projet de loi relatif à l’indemnisation des
victimes de ces essais».
Néanmoins, il a
précisé que « nous ne devons pas dériver dans la mesure où nous
devons procéder à une évaluation la plus complète du fait que ce
projet devrait régler une partie des questions qui se posent aux
deux parties ».
Il faut dire que
ce lourd héritage de l’histoire, marqué par une souffrance
inoubliable, ne peut être dépassé aussi facilement. L’Algérie n’a
pas l’intention d’oublier ses martyrs et si la France veut protéger
ses intérêts économiques en Algérie, elle doit passer par une
reconnaissance des crimes de la France coloniale, ce qui soulagerait
une nation qui veut aller vers l’avenir sans toutefois tourner le
dos à son passé. En tout cas, la visite d’Etat qu’effectuera le
Président Bouteflika en France aura sûrement à définir les rapports
entre les deux pays.
Par Nacera C.
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Organiser le tissu urbain et mettre fin à l’anarchie
L’arsenal
juridique se renforce
Trois décrets
exécutifs définissant les procédures de mise en conformité des
constructions dans les villes, et signés le 2 mai dernier, ont été
promulgués dans le Journal officiel n° 27 du 6 mai 2009.
La mise en place
de cet arsenal juridique a pour but de combattre l’anarchie qui
caractérise les villes algériennes, en matière d’urbanisme. Sous le
numéro 09-154, le premier décret fixe les procédures de mise en
oeuvre de la déclaration de mise en conformité des constructions.
Concrètement, les propriétaires, les maîtres d’ouvrage et les autres
intervenants sont tenus, selon l’article 2, de présenter
obligatoirement une déclaration de mise en conformité de leur
construction au maire de leur commune. Par ailleurs, celle-ci doit
être accompagnée d’un dossier justifiant la situation de la
construction et comprenant notamment le permis de construire, l’état
descriptif des travaux à réaliser et le délai d’achèvement de la
construction. D’autres détails sont donnés, dans les articles
suivants, sur les différents cas de délivrance de la déclaration de
mise en conformité (constructions non achevées conformes ou non au
permis de construire, constructions achevées non régularisées, etc.)
et sur les accords et avis préalables des services de l’Etat
concernés. Il est également stipulé que le traitement des
déclarations, établies par la direction de l’urbanisme et de la
construction (DUC), est effectué par des commissions des daïras
territorialement compétentes.
Le deuxième décret
exécutif n° 09-155 fixe, quant à lui, « la composition et les
modalités de fonctionnement » des commissions de daïras et de
recours, habilitées à se prononcer sur la mise en conformité des
constructions. On notera que la liste nominative des membres de
cette commission est fixée par arrêté du wali. Pour ce qui est du
dernier décret exécutif n° 09-156, il porte précisément sur la
constitution et le rôle des brigades de suivi et d’enquête « sur la
création de lotissements, de groupes d’habitations et de chantiers
de construction ». Des brigades qui sont des groupes de
fonctionnaires de la DUC de wilaya et des services chargés de
l’urbanisme de la commune. Ainsi, il revient à ces brigades de
visiter les chantiers de lotissements, d’habitations et de
construction. Elles ont aussi pour mission de procéder aux
vérifications, de réaliser des enquêtes, voire même d’exécuter les
arrêtés de fermeture des chantiers jugés irréguliers.
Les 3 décrets
exécutifs s’inscrivent dans le cadre d’un long processus, destiné à
régler les problèmes posés sur le terrain de l’urbanisme et de la
construction. Ils répondent, par conséquent, à un état de lieux qui
laisse encore à désirer.
Malgré les efforts
fournis en la matière, les villes algériennes, en premier lieu la
capitale, sont dans un état critique et ne donnent pas vraiment
l’envie d’y vivre : constructions anarchiques, rétrécissement des
espaces verts, absence de cohérence architecturale… En 2006, un
rapport sur la gestion des villes et l’amélioration urbaine a été
adopté en Algérie. Dans ses recommandations, il appuyait en
particulier l’accélération de l’expertise technique des villes
d’Alger, d’Oran, de Annaba et de Constantine. Le rapport proposait
en outre l’élaboration d’un programme spécial d’embellissement,
destiné à Alger, pour hisser cette ville à un niveau de standard
international. Ces décisions, tant attendues, sont intervenues au
lendemain de la réalisation, par un bureau de recherche britannique,
dénommé The Economist Intelligence Unit, d’une étude traitant des
villes. Celle-ci avait alors classée la capitale algérienne parmi
les plus mauvaises destinations, tant pour les touristes que pour
les investisseurs ou étrangers désireux de s’y installer.
Une logique qui
a longtemps dominé
La création des
villes a connu une évolution très rapide, parfois brutale, en
Algérie. Alors que la population générale algérienne a triplé, entre
1962 et 2008 (34,8 millions personnes en 2008 contre quelque 10
millions à l’indépendance), la population urbaine, quant à elle, a
été multipliée par 10. Le dernier recensement général de la
population et de l’habitat (RGPH 2008) montre que 30 % de la
population vivaient en milieu urbain, en 1966. Ce taux est passé à
62% en 1998, avant de dépasser les 80% en 2008.
Les mutations
enregistrées sur le plan urbain ont cependant entretenu une crise
(urbaine) patente. Dans la première décennie de l’après-indépendance,
les préoccupations du jeune Etat allaient essentiellement vers le
secteur industriel. Ce n’est que dans les années 1970,
particulièrement avec le plan quadriennal (1974-1977) que l’intérêt
a été porté sur l’urbanisme, à travers le lancement des zones
d’habitation urbaine nouvelles (ZHUN). La cadence est plus accélérée
dans la décennie suivante. C’est dans cette période (à partir de
1986) que la promotion immobilière est autorisée.
D’autres lois
seront prises, dans les années suivantes, souvent dans l’urgence,
pour trouver des réponses rapides à la demande sociale et tenter
d’organiser l’espace urbain. Mais, toute cette législation
n’arrivera pas à endiguer la crise à laquelle font face désormais
nos villes. Une crise exacerbée par l’anarchie dans la production du
cadre bâti, la réduction des moyens financiers, les zones
d’exclusion sociale, la montée du chômage et l’inquiétude devant des
organismes urbains encore fragiles, du point de vue du
fonctionnement.
Une réalité
annonciatrice des villes de demain
De l’avis du
sociologue et chercheur Saïd Belguidoum, l’urbanisation a été,
jusqu’à ces dernières années, insuffisamment étudiée, sous l’angle
des dynamiques sociales. Il reconnaît, dans ce cadre, que la gestion
prioritaire de l’urgence « s’appuie sur une vision restrictive de la
ville », qui privilégie les logiques de constructions, au détriment
des questions liées à la gestion de la vie quotidienne.
M. Belguidoum met
en évidence les «contradictions sociales» et les «tensions
nombreuses» issues de ses bouleversements, en déplorant le retard
pris par les sciences sociales, pour l’étude d’un phénomène, ainsi
que l’absence d’autres disciplines comme la sociologie,
l’anthropologie ou l’histoire. Le point de vue développé par le
sociologue est pertinent, dans la mesure où il s’intéresse justement
à la structure sociale en Algérie, une structure qui, précise-t-il,
est en pleine recomposition. Ainsi, l’organisation spatiale, marquée
par « l’inachèvement des mutations sociales » annonce, selon lui, de
«nouveaux territoires d’appartenance» qui sont eux-mêmes le reflet
des inégalités sociales : nouvelles centralités urbaines, naissance
de quartiers résidentiels, etc. « La ville hybride, la ville
inachevée, la ville en devenir est aussi une ville ségrégée »,
affirme Saïd Belguidoum. Ce dernier définit la phase de
recomposition sociale actuelle comme le passage largement engagé
d’une société ayant construit son lien social sur des solidarités
traditionnelles (lignagères et claniques) à « une société où la
solidarité tend à se construire sur des intérêts de classe ». Dans
la phase présente, témoigne-t-il, les différents groupes, composés
des anciennes et nouvelles élites politiques et sociales, de gros
négociants et industriels, des nouvelles couches moyennes, des
employés et des ouvriers, des salariés saisonniers ou occasionnels,
des petits commerçants et artisans «intégrés ou non dans les
circuits de l’économie formelle», se positionnent dans la ville. En
plus clair, toutes ces villes inachevées, aux tissus hybrides et mal
articulés, nous renseignent sur les villes de demain. Après la
quantité, c’est l’heure de la qualité…
Par Z’hor
Chérief
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