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Semaine du 3 au 9 juin 2009

 

Relations Algérie Françaises
Les enjeux économiques face au devoir de la mémoire
Organiser le tissu urbain et mettre fin à l’anarchie

L’arsenal juridique se renforce


 

 

 

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Relations Algérie Françaises

Les enjeux économiques face au devoir de la mémoire

Ces dernières années, la France cherche à tout prix comment dépasser les enjeux de la mémoire qui bloquent toujours les  relations Algéro- Françaises,  d’autant que Paris n’a toujours pas montré son intention de reconnaître les crimes coloniaux.

Car le discours tenu par le Président actuel Nicolas Sarkozy porte sur la nécessité de penser à l’avenir en matière du coopération économique et surtout garder le monopole sur le marché Algérien. Un acharnement qui est devenu plus important avec les données de la crise économique qui touche la zone euro. Cependant, l’Algérie qui ne cache pas son attachement au partenaire Français  ne lâche pas  son droit de repentance vis-à-vis du peuple algérien.

Dans cette conjoncture complexe, la France et l’Algérie viennent de mettre en place une commission interparlementaire qui se veut une base de coopération entre les deux institutions mais se veut également  une volonté de promouvoir les relations bilatérales. Toutefois, l’Algérie à l’air aussi consciente des enjeux des relations économiques avec son programme ambitieux  d’investissement public doté d’une enveloppe de 150 milliards de dollars, d’où, il est expliqué «l’appétit» des partenaires étrangers, notamment, la Chine qui occupe la première place en matière de représentation dans cette 42éme foire internationale avec 141 entreprises et les Français qui sont présents avec 135 représentants. A noter que la France reste le premier partenaire de l’Algérie.

L’Algérie a-t-elle changé du discours ?

Le changement du discours de l’Algérie, si ce n’est qu’une manière d’apaiser les choses a été très clair dans les propos tenu par le Président de l’assemblée populaire nationale (APN) , en visite en France entre le 26 et le29 mai . Devant les députés Français, il dira que la question de la  repentance, «ne constitue nullement un point d’achoppement, ni un préalable ou condition fixé par l’Algérie».  Il va même expliqué, que «La question s’est posée après l’adoption par la France de la loi du 23 février 2005 glorifiant le passé colonial de la France. Nous avons ressenti cela comme une provocation. Il est normal que nous réagissons à chaque fois où il y a provocation», a-t-il précisé. A savoir que la famille révolutionnaire, dont le ministre des Moudjahidine, M. Mohamed Chérif Abbas en Algérie affirme à chaque occasion que  «l’Algérie maintient ses revendications liées à la repentance de la France sur les crimes commis» par le régime colonial entre 1832 et 1962».

Toutefois, il a affirmé  la nécessité de considérer l’Algérie comme «un partenaire privilégié» de la France au vu de nombreux facteurs géographiques, historiques, économiques et de l’importance du poids que représente la communauté nationale établie en France.  Il a souligné l’importance de la consolidation des relations bilatérales, rappelant que la visite que devait effectuer le Président  Bouteflika, en France en juin a été reportée pour des raisons de calendrier. Il a  souligné l’importance du dialogue de haut niveau et «la contribution spécifique» des institutions parlementaires respectives à «l’imposant édifice» que sont les relations algéro-françaises. Il dira aussi que chacun des deux pays est un partenaire majeur pour l’autre rappelant à cette occasion que le dynamisme des échanges commerciaux qui connaissent actuellement une croissance soutenue à la faveur des programmes de développement lancés par l’Algérie, doit beaucoup à la composante humaine des rapports.

De son coté, le président de l’Assemblée nationale française, Bernard Accoyer a qualifiée cette rencontre  d’«historique» car il s’agit selon lui de marquer la volonté des deux parties d’avancer et de construire l’avenir.

Paris veut faire l’impasse sur la mémoire

Pour sa part, le président du groupe parlementaire de l’UMP, Jean-François Coppé, a souligné la nécessité d’enclencher une nouvelle étape dans les relations algéro-françaises et de regarder vers l’avenir.   Précisant que dans son groupe parlementaire de nombreux députés de la nouvelle génération, sont né dans les années 1960 et 1970, qui n’ont pas en toute évidence, la même histoire que leurs aînés. Une manière de se démarquer du devoir de mémoire.

Selon lui, les députés doivent être en situation de faire l’histoire sur le présent et l’avenir, de construire des partenariats dans la durée, dans les domaines économique, politique, culturel, identitaire. Estimant qu’il faut faire un véritable travail sur l’identité. Pour cela, « il faut casser les tabous : il faut mieux connaître la religion de l’autre, la culture de l’autre, essayer de faire en sorte que les uns et les autres, aussi bien en Algérie qu’en France, se parlent, s’écoutent et se respectent ».

Il y a lieu de souligner que le report de visite du Président de la République a connu beaucoup de lectures.

Comme ce report a été annoncé par la partie Française, celle-ci vient d’annoncer que le président Bouteflika est attendu en France à «la fin de l’automne». C’est ce qui a été  indiqué vendredi dernier par le secrétaire d’Etat à la Défense et aux anciens combattants, Jean-Marie Bockel. A ce propos, il dira «J’ai fait un déplacement en Algérie il y a deux semaines, le principe d’une visite du président Abdelaziz Bouteflika a été confirmé pour la fin de l’automne».

Pour rappel, le 23 avril dernier, le chef de la diplomatie Algérienne avait  déclaré que le président Bouteflika, a accepté le principe de l’invitation que lui a adressée le président français, Nicolas Sarkozy, pour effectuer une visite d’Etat en France.

A savoir que la question du report de la visite de Président Bouteflika a fait face après la célébration des massacres du 8 Mai 1945.

A cette occasion, le Président  a prôné une «voie originale» pour tourner «la page noire» de l’histoire avec la France et «surmonter les traumatismes causés au peuple algérien par l’Etat colonial français». Une voie qui permettra selon lui d’établir «entre l’Algérie et la France, entre le peuple algérien et le peuple français, des rapports authentiques d’amitié sincère et véritable dans une coopération où chacun trouvera son intérêt et des raisons d’espérer dans l’avenir».

La France officielle de son côté, durant le mandat de Chirac, a eu recours à la question du traité d’amitié pour sauver ses intérêts, un traité bafoué avec la loi de 23 février 2005 glorifiant la période coloniale en Algérie. Après ce faux rêve de dépasser l’histoire afin d’arriver à une relation d’exception entre les deux pays, le discours tenu par Paris sous la présidence de Nicolas Sarkozy est plus clair. Sarkozy ne veut parler que de l’avenir qui est, selon lui, la promotion de la coopération bilatérale en matière d’économie.

Entre l’Algérie et la France, il y a aussi le dossier de  l’Union pour la Méditerranée. A ce titre, la France ne veut pas de cette union sans l’Algérie et celle-ci s’est opposée à une politisation de ce projet régional car selon le discours officiel la réussite de l’UPM ne peut aller sans la prise en charge du problème palestinien ainsi que celui du Sahara Occidental.

Par ailleurs, la France vient d’adopter un texte de loi pour l’indemnisation des victimes des essais nucléaires, dont celles du Sahara algérien. Sur ce point l’Algérie n’a pas encore dit son dernier mot. 

D’ailleurs, le  ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, qui intervenait lors d’une conférence de presse organisée, mercredi dernier, en marge de la cérémonie de la journée de l’Afrique a précisé  que le traitement de ce dossier ne doit pas uniquement concerner les indemnisations, mais devrait prendre en charge la décontamination des espaces sur lesquels ont eu lieu ces essais.

M. Medelci s’est montré optimiste quant aux perspectives du règlement de cette question en précisant : «Nous avons un travail commun avec la partie française sur la question des retombées malheureuses, négatives et désolantes des essais nucléaires et que l’Algérie enregistre avec beaucoup d’attention le projet de loi relatif à l’indemnisation des victimes de ces essais».

Néanmoins, il  a précisé que « nous ne devons pas dériver dans la mesure où nous devons procéder à une évaluation la plus complète du fait que ce projet devrait régler une partie des questions qui se posent aux deux parties ».

Il faut dire que ce lourd héritage de l’histoire, marqué par une souffrance inoubliable, ne peut être dépassé aussi facilement. L’Algérie n’a pas l’intention d’oublier ses martyrs et si la France veut protéger ses intérêts économiques en Algérie, elle doit passer par  une reconnaissance des crimes de la France coloniale, ce qui soulagerait une nation qui veut aller vers l’avenir sans toutefois tourner le dos à son passé.  En tout cas, la visite d’Etat qu’effectuera le Président Bouteflika en France aura sûrement à définir les  rapports entre les deux pays. 

Par Nacera C.

 

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Organiser le tissu urbain et mettre fin à l’anarchie

L’arsenal juridique se renforce

Trois décrets exécutifs définissant les procédures de mise en conformité des constructions dans les villes, et signés le 2 mai dernier, ont été promulgués dans le Journal officiel n° 27 du 6 mai 2009.

La mise en place de cet arsenal juridique a pour but de combattre l’anarchie qui caractérise les villes algériennes, en matière d’urbanisme. Sous le numéro 09-154, le premier décret fixe les procédures de mise en oeuvre de la déclaration de mise en conformité des constructions. Concrètement, les propriétaires, les maîtres d’ouvrage et les autres intervenants sont tenus, selon l’article 2, de présenter obligatoirement une déclaration de mise en conformité de leur construction au maire de leur commune. Par ailleurs, celle-ci doit être accompagnée d’un dossier justifiant la situation de la construction et comprenant notamment le permis de construire, l’état descriptif des travaux à réaliser et le délai d’achèvement de la construction. D’autres détails sont donnés, dans les articles suivants, sur les différents cas de délivrance de la déclaration de mise en conformité (constructions non achevées conformes ou non au permis de construire, constructions achevées non régularisées, etc.) et sur les accords et avis préalables des services de l’Etat concernés. Il est également stipulé que le traitement des déclarations, établies par la direction de l’urbanisme et de la construction (DUC), est effectué par des commissions des daïras territorialement compétentes.

Le deuxième décret exécutif n° 09-155 fixe, quant à lui, « la composition et les modalités de fonctionnement » des commissions de daïras et de recours, habilitées à se prononcer sur la mise en conformité des constructions. On notera que la liste nominative des membres de cette commission est fixée par arrêté du wali. Pour ce qui est du dernier décret exécutif n° 09-156, il porte précisément sur la constitution et le rôle des brigades de suivi et d’enquête « sur la création de lotissements, de groupes d’habitations et de chantiers de construction ». Des brigades qui sont des groupes de fonctionnaires de la DUC de wilaya et des services chargés de l’urbanisme de la commune. Ainsi, il revient à ces brigades de visiter les chantiers de lotissements, d’habitations et de construction. Elles ont aussi pour mission de procéder aux vérifications, de réaliser des enquêtes, voire même d’exécuter les arrêtés de fermeture des chantiers jugés irréguliers.

Les 3 décrets exécutifs s’inscrivent dans le cadre d’un long processus, destiné à régler les problèmes posés sur le terrain de l’urbanisme et de la construction. Ils répondent, par conséquent, à un état de lieux qui laisse encore à désirer.

Malgré les efforts fournis en la matière, les villes algériennes, en premier lieu la capitale, sont dans un état critique et ne donnent pas vraiment l’envie d’y vivre : constructions anarchiques, rétrécissement des espaces verts, absence de cohérence architecturale… En 2006, un rapport sur la gestion des villes et l’amélioration urbaine a été adopté en Algérie. Dans ses recommandations, il appuyait en particulier l’accélération de l’expertise technique des villes d’Alger, d’Oran, de Annaba et de Constantine. Le rapport proposait en outre l’élaboration d’un programme spécial d’embellissement, destiné à Alger, pour hisser cette ville à un niveau de standard international. Ces décisions, tant attendues, sont intervenues au lendemain de la réalisation, par un bureau de recherche britannique, dénommé The Economist Intelligence Unit, d’une étude traitant des villes. Celle-ci avait alors classée la capitale algérienne parmi les plus mauvaises destinations, tant pour les touristes que pour les investisseurs ou étrangers désireux de s’y installer.

Une logique qui a longtemps dominé

La création des villes a connu une évolution très rapide, parfois brutale, en Algérie. Alors que la population générale algérienne a triplé, entre 1962 et 2008 (34,8 millions personnes en 2008 contre quelque 10 millions à l’indépendance), la population urbaine, quant à elle, a été multipliée par 10. Le dernier recensement général de la population et de l’habitat (RGPH 2008) montre que 30 % de la population vivaient en milieu urbain, en 1966. Ce taux est passé à 62% en 1998, avant de dépasser les 80% en 2008.

Les mutations enregistrées sur le plan urbain ont cependant entretenu une crise (urbaine) patente. Dans la première décennie de l’après-indépendance, les préoccupations du jeune Etat allaient essentiellement vers le secteur industriel. Ce n’est que dans les années 1970, particulièrement avec le plan quadriennal (1974-1977) que l’intérêt a été porté sur l’urbanisme, à travers le lancement des zones d’habitation urbaine nouvelles (ZHUN). La cadence est plus accélérée dans la décennie suivante. C’est dans cette période (à partir de 1986) que la promotion immobilière est autorisée.

D’autres lois seront prises, dans les années suivantes, souvent dans l’urgence, pour trouver des réponses rapides à la demande sociale et tenter d’organiser l’espace urbain. Mais, toute cette législation n’arrivera pas à endiguer la crise à laquelle font face désormais nos villes. Une crise exacerbée par l’anarchie dans la production du cadre bâti, la réduction des moyens financiers, les zones d’exclusion sociale, la montée du chômage et l’inquiétude devant des organismes urbains encore fragiles, du point de vue du fonctionnement.

Une réalité annonciatrice des villes de demain

De l’avis du sociologue et chercheur Saïd Belguidoum, l’urbanisation a été, jusqu’à ces dernières années, insuffisamment étudiée, sous l’angle des dynamiques sociales. Il reconnaît, dans ce cadre, que la gestion prioritaire de l’urgence « s’appuie sur une vision restrictive de la ville », qui privilégie les logiques de constructions, au détriment des questions liées à la gestion de la vie quotidienne.

M. Belguidoum met en évidence les «contradictions sociales» et les «tensions nombreuses» issues de ses bouleversements, en déplorant le retard pris par les sciences sociales, pour l’étude d’un phénomène, ainsi que l’absence d’autres disciplines comme la sociologie, l’anthropologie ou l’histoire. Le point de vue développé par le sociologue est pertinent, dans la mesure où il s’intéresse justement à la structure sociale en Algérie, une structure qui, précise-t-il, est en pleine recomposition. Ainsi, l’organisation spatiale, marquée par « l’inachèvement des mutations sociales » annonce, selon lui, de «nouveaux territoires d’appartenance» qui sont eux-mêmes le reflet des inégalités sociales : nouvelles centralités urbaines, naissance de quartiers résidentiels, etc. « La ville hybride, la ville inachevée, la ville en devenir est aussi une ville ségrégée », affirme Saïd Belguidoum. Ce dernier définit la phase de recomposition sociale actuelle comme le passage largement engagé d’une société ayant construit son lien social sur des solidarités traditionnelles (lignagères et claniques) à « une société où la solidarité tend à se construire sur des intérêts de classe ». Dans la phase présente, témoigne-t-il, les différents groupes, composés des anciennes et nouvelles élites politiques et sociales, de gros négociants et industriels, des nouvelles couches moyennes, des employés et des ouvriers, des salariés saisonniers ou occasionnels, des petits commerçants et artisans «intégrés ou non dans les circuits de l’économie formelle», se positionnent dans la ville. En plus clair, toutes ces villes inachevées, aux tissus hybrides et mal articulés, nous renseignent sur les villes de demain. Après la quantité, c’est l’heure de la qualité…

Par Z’hor Chérief

 

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