Semaine du 4 au 10 avril 2007

L'éditorial

Dur risque d’être l’après-17 mai 

 

 
 
 Editorial

Accueil

Dur risque d’être l’après-17 mai 

C’est fait. Les listes des candidats postulant pour les législatives de mai prochain sont  scellées. Le délai de dépôt des listes a expiré ce 1er avril courant. Les dés sont jetés. Et pour cause, les partis n’ont plus la latitude d’intervenir pour apporter des modifications au niveau des listes arrêtées et déposées. Désormais, la balle est dans le camp de l’administration qui se réserve le droit – après examen, deux semaines durant, des dossiers des candidats – de rejeter ou d’avaliser les dossiers déposés. Sa décision sera irrévocable.  Et il est fort probable que des dossiers seront rejetés et ce, bien qu’officiellement, aucun des partis en lice n’ait pris le risque de présenter des candidats indésirables politiquement. Une fois cette formalité administrative accomplie, la campagne électorale pourra alors commencer officiellement.

Il est vrai aussi que les partis ont pris de l’avance puisqu’ils n’ont pas attendu le coup de starter officiel pour se lancer dans une campagne à l’issue de laquelle ils espèrent convaincre les électeurs de voter en faveur de leurs candidats. Mais si la partie des  militants qui a été retenue, notamment celle occupant les premières places sur les listes, envisage d’ores et déjà son avenir sous les meilleurs auspices eu égard aux avantages matériels que procure le statut de député, il reste aussi que la majorité des candidats éconduits par les commissions de candidatures risque, dans un proche avenir, de poser problème aux directions nationales. On se rappelle qu’après la déroute du RND aux législatives de 2002, un mouvement de redressement était né au sein de cette formation. Mouvement qui a failli obtenir gain de cause puisque la démission du secrétaire général a été retirée après qu’il l’ait annoncée lors de ce conseil houleux. Depuis, la leçon a-t-elle été retenue ? La réponse est non, pourrions-nous dire. Certes, Ahmed Ouyahia a déployé tout son talent avéré de diplomate en vue d’étouffer toute éventuelle contestation dans l’œuf en se rendant personnellement dans les wilayas où un vent de contestation avait commencé à souffler au moment de l’établissement des listes, mais sa démarche n’a pas été une réussite totale. Il n’a apparemment pas su trouver la parade aux critiques émises, puisqu’il est fait état d’une fronde enregistrée au lendemain de l’annonce des listes. Et même si les candidats qui ont donné l’impression de contester le choix de la commission de candidatures se sont imposé une certaine discipline en évitant de le commenter publiquement, il n’en reste pas moins vrai qu’ils ont des choses à redire sur la manière dont les listes ont été établies. 

Du côté du MSP, la situation vécue ressemble à celle de cette formation. Mais les choses sont plus complexes au niveau du FLN. Ce parti, qui compte une pléthore de candidats à la candidature à la députation, risque ainsi de payer cher cette force de frappe. Ainsi, il est à craindre que Abdelaziz Belkhadem, qui n’aura pas réussi à trouver le juste dosage pour contenter tous les prétendants, ne fasse les frais de cette incapacité à gérer les ambitions, légitimes, de tous les militants. En donnant la priorité aux dinosaures, il a pris le risque de se mettre à dos toute cette jeunesse montante qui devrait être la force à venir du parti. Un choix qu’il sait qu’on ne lui pardonnera pas et qu’on n’oubliera pas, le cas échéant, de lui rappeler. La prochaine réunion du conseil national risque, à ce titre, d’être déterminante pour son avenir politique. Déjà qu’il ne sera pas candidat à ces joutes de mai prochain, ce qui exclut toute possibilité de son parachutage à la tête de l’Assemblée populaire nationale, comme la rumeur l’avait  laissé entendre. Ce qui signifie que les chances de récupération en dehors du FLN sont très minces, pour peu que le président de la République décide de ne pas le reconduire à l’issue des résultats  de mai prochain. Du reste, l’actuel chef du gouvernement qui, en définitive, n’aura  réussi ni dans sa mission partisane de rassembler le FLN ni dans celle qui lui a été assignée en qualité de coordinateur de l’action gouvernementale, s’est réservé une issue de secours en tentant, lors de la conférence de presse qu’il a animée en début de semaine, de faire porter le chapeau d’une éventuelle déroute de sa formation au chef de l’Etat, qui est également président du FLN. Prenant à témoin les journalistes, il a annoncé : “Bouteflika a eu un droit de regard sur les listes.” Il ne faut pas sortir de Saint-Cyr pour se rendre à l’évidence : Belkhadem refuse d’endosser l’échec auquel son parti exposé. Le choix des hommes et des femmes retenus pour défendre les couleurs du FLN et reconduire la majorité dans la prochaine législature incombe à son président. Est-ce à dire que les candidats  frustrés de participation et la base se doivent de demander des comptes au seul président de leur parti ? Même si Belkhadem ne le dit pas ouvertement, il le laisse entendre. Et dans ce cas de figure, nombre de questions surgissent. La plus importante est de savoir si cette annonce du SG en exercice du FLN ne signifie pas qu’il rend le tablier car il n’est plus en mesure d’avoir les moyens de sa politique. A supposer toutefois qu’il en ait une.

Nadia Kerraz    

  

Haut

e-mail :contact@lesdebats.com

 

Copyright © 2001-2002 - MAHMOUDI INFO Sarl - Tous droits réservés.

Conception M.Merkouche