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Dur risque d’être l’après-17 mai
C’est fait. Les
listes des candidats postulant pour les législatives de mai prochain
sont scellées. Le délai de dépôt des listes a expiré ce 1er
avril courant. Les dés sont jetés. Et pour cause, les partis n’ont
plus la latitude d’intervenir pour apporter des modifications au
niveau des listes arrêtées et déposées. Désormais, la balle est dans
le camp de l’administration qui se réserve le droit – après examen,
deux semaines durant, des dossiers des candidats – de rejeter ou
d’avaliser les dossiers déposés. Sa décision sera irrévocable. Et
il est fort probable que des dossiers seront rejetés et ce, bien
qu’officiellement, aucun des partis en lice n’ait pris le risque de
présenter des candidats indésirables politiquement. Une fois cette
formalité administrative accomplie, la campagne électorale pourra
alors commencer officiellement.
Il est vrai aussi
que les partis ont pris de l’avance puisqu’ils n’ont pas attendu le
coup de starter officiel pour se lancer dans une campagne à l’issue
de laquelle ils espèrent convaincre les électeurs de voter en faveur
de leurs candidats. Mais si la partie des militants qui a été
retenue, notamment celle occupant les premières places sur les
listes, envisage d’ores et déjà son avenir sous les meilleurs
auspices eu égard aux avantages matériels que procure le statut de
député, il reste aussi que la majorité des candidats éconduits par
les commissions de candidatures risque, dans un proche avenir, de
poser problème aux directions nationales. On se rappelle qu’après la
déroute du RND aux législatives de 2002, un mouvement de
redressement était né au sein de cette formation. Mouvement qui a
failli obtenir gain de cause puisque la démission du secrétaire
général a été retirée après qu’il l’ait annoncée lors de ce conseil
houleux. Depuis, la leçon a-t-elle été retenue ? La réponse est non,
pourrions-nous dire. Certes, Ahmed Ouyahia a déployé tout son talent
avéré de diplomate en vue d’étouffer toute éventuelle contestation
dans l’œuf en se rendant personnellement dans les wilayas où un vent
de contestation avait commencé à souffler au moment de
l’établissement des listes, mais sa démarche n’a pas été une
réussite totale. Il n’a apparemment pas su trouver la parade aux
critiques émises, puisqu’il est fait état d’une fronde enregistrée
au lendemain de l’annonce des listes. Et même si les candidats qui
ont donné l’impression de contester le choix de la commission de
candidatures se sont imposé une certaine discipline en évitant de le
commenter publiquement, il n’en reste pas moins vrai qu’ils ont des
choses à redire sur la manière dont les listes ont été établies.
Du côté du MSP, la
situation vécue ressemble à celle de cette formation. Mais les
choses sont plus complexes au niveau du FLN. Ce parti, qui compte
une pléthore de candidats à la candidature à la députation, risque
ainsi de payer cher cette force de frappe. Ainsi, il est à craindre
que Abdelaziz Belkhadem, qui n’aura pas réussi à trouver le juste
dosage pour contenter tous les prétendants, ne fasse les frais de
cette incapacité à gérer les ambitions, légitimes, de tous les
militants. En donnant la priorité aux dinosaures, il a pris le
risque de se mettre à dos toute cette jeunesse montante qui devrait
être la force à venir du parti. Un choix qu’il sait qu’on ne lui
pardonnera pas et qu’on n’oubliera pas, le cas échéant, de lui
rappeler. La prochaine réunion du conseil national risque, à ce
titre, d’être déterminante pour son avenir politique. Déjà qu’il ne
sera pas candidat à ces joutes de mai prochain, ce qui exclut toute
possibilité de son parachutage à la tête de l’Assemblée populaire
nationale, comme la rumeur l’avait laissé entendre. Ce qui signifie
que les chances de récupération en dehors du FLN sont très minces,
pour peu que le président de la République décide de ne pas le
reconduire à l’issue des résultats de mai prochain. Du reste,
l’actuel chef du gouvernement qui, en définitive, n’aura réussi ni
dans sa mission partisane de rassembler le FLN ni dans celle qui lui
a été assignée en qualité de coordinateur de l’action
gouvernementale, s’est réservé une issue de secours en tentant, lors
de la conférence de presse qu’il a animée en début de semaine, de
faire porter le chapeau d’une éventuelle déroute de sa formation au
chef de l’Etat, qui est également président du FLN. Prenant à témoin
les journalistes, il a annoncé : “Bouteflika a eu un droit de regard
sur les listes.” Il ne faut pas sortir de Saint-Cyr pour se rendre à
l’évidence : Belkhadem refuse d’endosser l’échec auquel son parti
exposé. Le choix des hommes et des femmes retenus pour défendre les
couleurs du FLN et reconduire la majorité dans la prochaine
législature incombe à son président. Est-ce à dire que les
candidats frustrés de participation et la base se doivent de
demander des comptes au seul président de leur parti ? Même si
Belkhadem ne le dit pas ouvertement, il le laisse entendre. Et dans
ce cas de figure, nombre de questions surgissent. La plus importante
est de savoir si cette annonce du SG en exercice du FLN ne signifie
pas qu’il rend le tablier car il n’est plus en mesure d’avoir les
moyens de sa politique. A supposer toutefois qu’il en ait une.
Nadia Kerraz
Haut
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