Semaine du 5 au 11 septembre 2007

 

L'éditorial

L’indispensable rappel à l’ordre

 

 
 
 Editorial

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L’indispensable rappel à l’ordre

Pour qui connaît l’homme et sa tendance outrancière à la provocation, alimentée par une crainte morbide de n’être  qu’un ex-acteur d’une scène nationale  en ébullition permanente, sur la voie de la déchéance politique, la  toute dernière sortie de Ali Benhadj n’a rien de surprenant. Bien au contraire, c’est l’inverse qui aurait surpris. En effet, on imagine mal cet ancien numéro deux du FIS dissous qui, au fil des ans, a vu son aura s’étioler pour ne plus être qu’un simple ex-dirigeant d’un parti qui n’existe que dans le souvenir de certains nostalgiques d’une république islamique,  ne pas réagir à la mort d’un général-major, et de surcroît lorsque ce dernier a eu à diriger un service des plus sensibles dans l’institution militaire,  qui grâce à son travail inlassable, a réduit à néant tous les espoir de l’instauration d’un Etat islamique en Algérie. Et c’est justement cet esprit revanchard qui prend à chaque fois le dessus chez Ali Benhadj, lorsqu’il s’agit d’évoquer la situation politique actuelle du pays. A telle enseigne qu’il n’hésite pas à violer, à chaque fois, cette interdiction qui lui a été signifiée à sa libération de ne plus s’exprimer dans la presse ou de faire des déclarations ou des interventions politiques.

Mais  l’homme, qui  refuse de se rendre à l’évidence et d’accepter la nouvelle donne induite par l’incapacité de l’islamisme politique à être le courant dominant sur  l’échiquier politique national, tente par tous les moyens d’entretenir cette illusion qu’il est un acteur influent, et notamment au sein de la mouvance islamiste disloquée. L’ancien imam de Kouba est tellement obnubilé par ce passé révolu qu’il ne craint pas plus de pousser le bouchon à l’extrême. Il est vrai qu’il en est à souhaiter être arrêté par les services de sécurité pour soigner son image de marque et donner l’impression au GSPC, dont les rangs ont été  renforcé par la montée au maquis de son fils, qu’il est peut-être ce relais politique dont  Mossâab Abdelouadoud s’est toujours passé puisqu’il a préféré faire allégeance à Oussama Ben Laden pour devenir la filiale maghrébine d’El-Qaîda. Mais Ali Benhadj ne désespère pas de recevoir la bénédiction du chef terroriste. Un appui qui ne manquera pas de s’avérer décisif  au moment où  les «anciens» ne font plus mystère de leur vœu de revenir à la politique.

La guerre est déjà ouverte dans la perspective de la création d’un nouveau parti. Et assurément les dernières déclarations faites sur le sujet par le ministre de l’Intérieur, qui a affirmé qu’il examinerait la demande que déposera en ce sens  Madani Mezrag, ne sont pas pour rassurer un Ali Benhadj qui se réclame comme le principal héritier du FIS dissous. Et partant, comme étant le seul à mériter de récupérer la mise.

A la faveur de ce qui pourrait sembler comme une évolution dans le discours officiel, on comprend mieux le risque pris par l’ancien numéro 2 de la formation fissiste de s’attaquer avec une virulence inouïe à la mémoire du général-major  Smain Lamari. Cette démarche obéit à cette volonté de s’exhiber et de se faire accepter en tant que chef politique potentiel de ce qui reste des troupes, partant de la croyanceque le discours radical qu’il n’a eu cesse de développer est toujours payant. Mais assurément, mal lui en prit.Car si les pouvoirs publics  sont disposés à s’accommoder de la présence d’islamistes ayant définitivement abandonné le projet de recourir à la  violence aux fins d’accéder au pouvoir, il reste tout aussi vrai que la société est dans le même état d’esprit. Et c’est cette symbiose entre les uns et les autres qui constituera un rempart contre toute velléité d’un retour à la situation des années 1990. Car faut-il le rappeler, si Ali Behadj a proféré de graves insultes contre le défunt général-major, ce n’est pas personnel. C’est juste pare que Smail Lamari et toute l’institution militaire à laquelle il appartenait ont été justement ce rempart infranchissable contre lequel sont venus se briser les assauts répétés de la déferlante islamiste. Cette rancœur qui transparaissait dans chaque propos est du reste révélatrice du fait que Ali Benhadj et consorts savent que tant qu’il en sera ainsi, ils ne pourront pas mener à terme le  moindre de leur projet antirépublicain. Et c’est cette réalité qui fait que l’institution militaire est leur cible privilégiée. En tentant de la discréditer à tout prix  et de porter atteinte à ses chefs, notamment sur les chaînes satellitaires, l’objectif recherché est de créer un sentiment de culpabilité et de cultiver un complexe que pourrait éprouver tout responsable (ou institution) qui aurait agi en dehors de la légalité constitutionnelle. Or présentement, ce n’est pas le cas. L’armée et ses hommes ont agi au mieux de l’intérêt suprême du pays et de la nation. Et il en sera toujours ainsi. N’en déplaise à Ali Benhadj qui, cette fois, a outrepassé le seuil de ce qui est permis à tout «opposant » d’un régime politique. L’annonce par le ministre délégué à la Défense de prise de mesures à son encontre n’est en définitive qu’une juste remise en ordre des choses.

Nadia Kerraz

 

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