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Semaine du 5 au 11 septembre 2007

 

Parti communiste chinois

Un congrès  pour tenter d’atténuer les "dommages" du libéralisme

 

 

 

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Parti communiste chinois

Un congrès  pour tenter d’atténuer les "dommages" du libéralisme

Le Congrès du Parti communiste chinois (PCC) se tiendra à partir du 15 octobre. Organisé tous les cinq ans, il établit les grandes lignes de la politique du parti et du pays. Il devrait donner lieu à un remaniement dans les hautes sphères du parti unique, et sera un indicateur de l'autorité réelle du numéro un chinois, mesurée par sa capacité à installer les responsables de son choix et décider de la politique générale des cinq ans à venir. Le congrès intervient alors que la Chine fait l'objet d'une attention toute particulière sur la scène internationale, à moins d'un an des Jeux olympiques de Pékin.

A l'approche  de cette échéance, le gouvernement a accentué ces derniers mois sa lutte contre la corruption, qui sape la légitimité du PCC et de ses dirigeants. Ce congrès est considéré comme un rendez-vous important, où doivent être entérinés un nouveau mandat de cinq ans pour le président Hu Jintao et son Premier ministre Wen Jiabao. S’il ne s'annonce pas de nature à transformer la Chine, il devrait fournir au premier responsable chinois les moyens de mettre le pays sur les rails d'un développement plus  égalitaire et empêcher ainsi une explosion politique et sociale.  En révélant récemment la date d'ouverture de cette grand-messe quinquennale (15 octobre), mais pas sa durée, le régime chinois, toujours aussi secret, n'a  dévoilé que l'une des inconnues d'un important rendez-vous pour la quatrième  économie mondiale, son 1,3 milliard d'habitants et, par ricochet, pour le reste  de la planète.  D'ici là, tout aura été soigneusement préparé pour que Hu Jintao soit réélu  secrétaire général du PCC, poste suprême en Chine et entame un deuxième mandat  de cinq ans à la tête du parti au pouvoir depuis 1949. A 65 ans, comme Hu Jintao, le Premier ministre Wen Jiabao devrait lui aussi  rempiler. Les interrogations qui entourent ce congrès ne portent donc pas tant sur qui dirigera le géant asiatique dans les prochaines années, mais quels moyens Hu et  Wen auront à leur disposition pour poursuivre leur entreprise visant à crédibiliser le PCC auprès de l'opinion, en Chine et à l'étranger, et à limiter les dégâts collatéraux du libéralisme économique.

 "L'ordre du jour en politique intérieure est clair", estime David Zweig,  sinologue et universitaire basé à Hong Kong, en référence à la volonté affichée  des responsables chinois de résorber des fractures sociales de plus en plus  grandes. La construction d'une "société harmonieuse" est le credo de Hu Jintao. Il se  pourrait que le congrès lui donne l'occasion de détailler enfin son programme politique et économique. Mais cette harmonie excluant toute démocratisation majeure du système  politique, et une séparation des pouvoirs qui serait pourtant salutaire à bien des égards, l'objectif immédiat du patrondu PCC est de s'entourer d'une équipe solide et unie.  "Ce congrès est plus que tout une affaire de personnes", explique M. Zweig. Jusqu'à présent, Hu a dû composer avec des factions rivales, notamment celle  dite de Shanghaï, de l'ancien président Jiang Zemin, et celle des "princes  rouges", les filles et fils de dignitaires, de l'actuel vice-président Zeng Qinghong. Ces deux factions sont tenues pour responsables, par la population, des  dérapages socio-économiques et de l'aggravation de la corruption.

Le pari de Hu cette année est de réduire les influences de ces clans et de  renforcer le sien, celui de la Ligue de la jeunesse communiste dont il fut le  patron. De nouvelles personnalités, quinquagénaires, devraient donc faire leur  entrée dans le premier cercle du pouvoir à l'issue du congrès. Parmi eux,  peut-être celui qui prendra les commandes du pays quand Hu passera la main, théoriquement en 2012. "Le fait que la date du congrès soit annoncée plus d'un mois à l'avance  signifie que l'essentiel a été réglé", estimait dernièrement le Ta Kung Pao, l'un  des journaux de Hong Kong proche de Pékin. Mais Hu Jintao est conscient que renforcer le pouvoir du PCC et sa propre  base – en convainquant la société civile que c'est la meilleure solution pour le  pays – est un vœu pieux si le gouvernement n'éteint pas les incendies sociaux qui ravagent des régions entières. Il ne se passe pas un jour sans que des exclus de la croissance économique  et des révoltés des injustices ne manifestent, souvent violemment. Une marmite bouillante qui laisse planer le spectre de l'explosion de ce qu'à l'étranger beaucoup appellent, non sans inquiétude, "la bombe à retardement  chinoise".

Il faut dire que jusqu’à ce jour  les congrès du PCC n’ont concédé aucune ouverture politique. 18 années après les événements de la place Tiananmen, la Chine, seul grand pays à demeurer communiste, continue de s’acharner à concilier autoritarisme politique et libéralisme économique. Pékin et toujours tiraillé entre le souci d’orthodoxie communiste à une nuance prés, et sa volonté de consolider davantage l’ouverture de son économie  à des mécanismes de marché. Un processus qui a  grandement favorisé l’enrichissement personnel. Et ce n’est pas l’un des moindres paradoxes de cet immense territoire : alors que des pans entiers de son économie et de sa société se sont largement intégrés dans les circuits capitalistes, le système politique demeure paralysée. Le pragmatisme n’est pourtant pas absent des hautes sphères pékinoises, comme l’atteste le renouvellement de la classe dirigeante décidé par le dernier congrès du parti, mais il ne touche que la sphère économique et aucune évolution ne se dessine vers davantage de démocratie. Depuis que les chars de l’armée ont écrasé, le 4 juin 1989, le gigantesque mouvement démocratique qui l’avait fait trembler, la Chine s’est développée de manière spectaculaire et peut se targuer aujourd’hui de posséder l’une une plus forte croissance économique mondiale. Le niveau de vie de la population a incontestablement augmenté et les Chinois jouissent maintenant d’une liberté quasi-totale d’entreprendre. Mais ces bouleversements ne se sont accompagnés d’aucune réforme politique et le PCC continue de monopoliser le pouvoir tant bien que mal, en s’appuyant sur un système répressif. En gros et pour résumer une analyse de la société chinoise, les dirigeants disent aux Chinois : “Consommez et enrichissez-vous, mais ne vous occupez pas de politique et tout ira bien.”

La Chine compte 150 000 super-riches

La Chine compte 150.000 "super-riches" nantis d'une fortune personnelle d'au moins cinq millions de dollars, estime le chercheur Rupert Hoogewerf. Ce spécialiste de la richesse en Chine, qui publie chaque année une liste des personnes les plus riches du pays, constate que les rangs des grandes fortunes grossissent toujours plus vite avec le boom économique et soutiennent une hausse rapide des prix des loisirs et produits de luxe. Son indice du luxe en Chine, qui regroupe 32 produits qui vont de la Rolls-Royce au sac Vuitton, affiche un bond de 8,7% sur l'année à février, contre 3,5% pour les produits de consommation courante. Les hausses les plus importantes sont observées dans les tarifs d'adhésion aux clubs de golf ou l'immobilier de luxe. Selon Hoogewerf, cinquante personnes en Chine possèdent une fortune d'au moins un milliard de dollars, 2 000 ont plus de 100 millions de dollars et 35 000 plus de 10 millions. Cette clientèle aiguise l'appétit des grands groupes de luxe. Cartier, filiale du Suisse Richemont, a annoncé le mois dernier son intention d'ouvrir 25 nouvelles boutiques en Chine continentale d'ici mars 2008. En juin, Hermès a déclaré viser 25 boutiques en Chine d'ici 2012, soit le triple du nombre de magasins actuellement gérés par le groupe.

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