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Camp politique303
Agitation chez les islamistes
L’attentat contre Mustapha Kartali, un émir de l’AIS passé au GIA
avant de se rendre en 1999 et de s’inscrire dans le processus dit de
réconciliation nationale, a levé un coin de voile sur l’agitation
qui se déroulait à l’intérieur du Salafisme, et s’y poursuit sans
doute. Sans cette tentative d’assassinat, nous n’aurions peut-être
pas su que d’anciens dirigeants du FIS, le parti dissous,
s’apprêtaient à prendre une initiative politique, dont ils se sont
gardés, au vu de la tournure prise par les événements, de préciser
la nature. A s’en tenir cependant à ce que deux ou trois d’entre eux
ont pu révéler à la presse, dans la foulée de cet attentat, il
semble qu’ils discutaient entre eux dans la perspective soit d’un
appel à l’arrêt des violences, en direction des « frères restés dans
la montagne », soit d’une déclaration abordant les grandes questions
du moment et annonçant leur intention de s’organiser politiquement.
Les deux messages n’étant pas exclusifs l’un de l’autre, se trouvant
au contraire dans un rapport d’étroite dépendance, il n’est pas
interdit de penser que ces conciliabules, apparemment soutenus,
devaient déboucher sur une initiative nécessitant une véritable
mobilisation de leur mouvement, ou de ce qui en reste, avec pour
objectif de fonder dans les meilleurs délais une nouvelle
organisation politique.
La
direction d’Al-Qaïda au Maghreb a revendiqué l’attentat en question,
tout en le désavouant, ce qui n’est tout de même pas banal. Du coup,
pour toute initiative politique, il n’y eut que l’appel de Madani
Merzag, rédigé en son nom personnel, à l’arrêt de la violence, qui
ne sera bien entendu d’aucun effet. S’il y avait bien eu une
concertation auparavant, comme tout semble l’indiquer, on peut dire,
rien qu’en prenant connaissance de cet appel, que le processus a
avorté. Il n’est en effet pas concevable que Madani Mezrag puisse à
lui tout seul se substituer à tous les ténors du parti interdit et
obtenir le même effet que celui vers lequel ils se seraient tendus
tous ensemble. On n’aurait peut-être même pas tort de supposer
qu’ils ont refusé en réalité de s’associer à l’initiative que
l’ex-émir de l’AIS s’est finalement résolu à prendre tout seul. Quel
que soit leur sentiment vis-à-vis de celui-ci, pour autant qu’il
soit le même chez tous, ils n’accepteraient selon toute
vraisemblance de s’inscrire dans une démarche de ce genre que si
préalablement ils avaient acquis la conviction d’une part que leur
principale revendication serait satisfaite, et de l’autre qu’ils
seraient écoutés par les « frères de la montagne ». S’ils pensaient
que cette double condition était réalisable dans l’immédiat, ils
peuvent se rendre compte aujourd’hui qu’il n’en est rien.
Cette principale revendication porte évidemment sur le droit de
s’organiser politiquement. Sous la forme d’un seul parti ou de
plusieurs, cela est une autre question. Comme c’en est autre de
savoir si la famille salafiste a gardé la même influence dans la
société, ou si même il reste le courant majoritaire au sein de
l’islamisme. Il va de soi que les anciens dirigeants croient pour
leur part que la société est dans le même état d’esprit que lorsque
leur parti gagnait les élections et régentait la vie dans les
quartiers populaires et dans les villages, ou que plus tard, quand
la violence éclatait pour monter en puissance, dans un processus
qui semblait irréversible.
La
nature paradoxale de la politique de réconciliation leur interdit
explicitement de revenir sur la scène légale dans le même temps où
elle leur fait espérer le retour sur la scène politique légale. Le
fait qu’ils ne lui aient pas tous apporté leur soutien, n’empêche
personne d’entre eux de l’invoquer en faveur de leur cause commune.
Au style près, ils sont tous d’accord pour exiger d’être rétablis
dans leurs droits politiques. Ils divergent sans doute sur les
moyens d’y parvenir, mais il est clair qu’ils considèrent tous que
le moment n’est pas encore venu de focaliser sur leurs dissentiments
ou leurs rivalités. Cette tendance est d’autant moins marquée que la
question du leadership ne se pose pas entre plusieurs, mais
seulement entre deux ou trois personnes, parmi lesquelles ne figure
sans doute pas celui qui attire tant l’attention sur lui
aujourd’hui, c’est-à-dire Madani Mezrag. La partie se joue en fait
entre Ali Benhadj, Rabah Kébir et Annouar Haddam, ce dernier ayant
déjà annoncé la création de son propre parti depuis les Etats-Unis.
Evidemment, les deux premiers sont en bien meilleure position pour
l’emporter dans cette course, d’autant qu’ils sont sur place et que
le troisième ne l’est pas. Il ne serait d’ailleurs pas étonnant que
R. Kébir et A. Benhadj fassent équipe, diminuant plus encore les
chances du premier de prendre la tête du mouvement devant culminer
dans la renaissance politique de ce qu’on appelle dans le pays
l’islamisme radical, par opposition à l’islamisme modéré, représenté
quant à lui par plusieurs formations toutes légales. Ce qui tend à
accréditer cette hypothèse, c’est la discrétion dont fait désormais
preuve R. Kébir, dont on se souvient que dès son retour dans le
pays, au lendemain du référendum sur la Charte pour la paix et la
réconciliation, il s’est engagé dans des consultations en vue de la
création d’un parti. On ne peut en effet que relever combien cette
discrétion détonne par rapport à l’activisme incessant d’A. Benhadj,
qui vient encore de faire parler de lui en s’en prenant au général
Smaïn Lamari, celui-ci à peine mis en terre, et à travers lui, à
tous les chefs de l’armée, dont il fait le réquisitoire sur le même
ton virulent que celui qui a assis sa réputation. C’est au cours de
l’émission télévisée où il saluait ainsi le décès du patron du
contre-espionnage que l’ancien numéro 2 du FIS a révélé qu’une
tentative d’assassinat a été fomentée contre R Kébir du temps où ce
dernier était en Allemagne, ce qui n’est certainement pas l’effet
d’une association d’idées purement fortuite. A. Benhadj s’est
souvenu de cet épisode (peu importe ici la question de sa véracité),
et pas d’un autre, comme s’il tenait à dire à qui aujourd’hui
allait ses sympathies parmi ses pairs, ou comme s’il commettait un
lapsus, ce qui est aussi, sinon plus, significatif de ses
dispositions actuelles. Est-ce à dire, pour autant, que ces deux-là
sont sur la même ligne, du moins pour l’essentiel, et que leur
entente d’ores et déjà scellée fera en sorte que ce seront leurs
idées qui l’emporteront dans leur camp ? Tirer pareille conclusion
dès aujourd’hui serait peut-être hâtive, il reste que ces chefs de
file n’ont pas beaucoup de choix devant eux, et que chacun d’entre
eux a autant d’intérêt à se déterminer vite qu’à ne pas s’engager
dans une voie menant à l’impasse. Comme, de plus, ils ne sont pas
particulièrement portés à faire étalage de leurs opinions ou de
leurs sentiments, sauf à déclarer leur haine à leur adversaires
politiques, et même là il faut dire qu’ils présentent des nuances,
qui veut deviner ce qu’ils mijotent n’a d’autre choix que de s’en
remettre à des sorties médiatiques en apparence isolées les unes des
autres, et autres rares faits, qui ne parlent pas nécessairement
d’eux-mêmes, qu’il faut savoir au contraire interroger.
Il
est possible à l’heure qu’il est de distinguer trois tendances à
leur niveau. Celle qui est emmenée par Ali Benhadj, et dont il n’est
pas à exclure qu’elle obtienne le soutien de Rabah Kébir, en dépit
du fait que celui-ci paraisse bien moins intransigeant que celui-là,
et qui n’entend émettre pas même la plus petite critique à
l’encontre des groupes désireux de poursuivre ce qui, à leurs yeux,
est une lutte armée, et qui n’est à ceux de leurs adversaires que du
terrorisme. Pour elle, la violence reste une réaction légitime
aussi longtemps que les torts faits à leur mouvement, dont le
premier est évidemment l’arrêt des élections en janvier en 1992,
n’ont pas été redressés. Ce n’est pas cette tendance qui commettrait
un appel à l’arrêt de la violence dans le style de celui que vient
de rendre public Madani Mezrag. Ceux qui s’y reconnaissent feraient
attention à ne rien déclarer qui les ferait tomber sous le coup de
la loi pour apologie du terrorisme, mais ils ne diraient jamais rien
non plus qui puisse être perçu ne serait-ce que comme une légère
démarcation par rapport à ceux qu’ils considèrent encore comme des
combattants de la foi, des jihadistes engagés dans une lutte
légitime pour le triomphe tout ensemble de la vraie foi et de la
vérité absolue qui est celle de la charia. Et quand il ne resterait
plus qu’un seul sur cette position, Ali Benhadj serait celui-là. Il
ne dirait jamais rien pour sa part qui donnerait à penser qu’il
considère que le moment est venu pour le militaire de s’effacer
devant le politique. Son attitude vis-à-vis d’Al Qaïda au Maghreb
est la même que celle qu’il a eue envers le GIA finalement, faite de
solidarité et d’admiration, mais aussi de désir d’inspirer des
sentiments similaires pour lui. Il est un politique qui n’aurait pas
mieux demandé que d’être doublé d’un chef militaire. Peu importe
pour lui qu’Al Qaïda n’ait rien à faire en Algérie, qu’elle obéisse
à un agenda qui n’a plus rien de national. Ce n’est pas lui qui
tiendrait vis-à-vis de la section locale d’une organisation
jihadiste internationale les propos qu’a eus récemment depuis les
Etats-Unis Annouar Haddam, qui lui prête la même sauvagerie qu’au
GIA. Ce qui, soit dit en passant, ne laisse pas d’être étonnant,
car on ne se souvient pas que ce dernier ait tenu pareil discours
dans le passé, notamment quand le GIA massacrait la population.
Mais
les propos d’Ali Benhadj relatifs au défunt Smaïn Lamari et de
l’armée en général valent peut-être moins en eux-mêmes que par
rapport à ce qu’ils laissent entrevoir de la situation de celui-là
même qui les a prononcés, c’est-à-dire de Benhadj en personne, ainsi
que de la tendance qu’il représente. Ce qu’ils expriment ce n’est
pas seulement la haine professée à l’endroit de ceux qu’on a
appelés les janviéristes, mais les sentiments rageurs de ceux qui ne
voient aucune solution acceptable pour eux se profiler à l’horizon.
Quelle que soit sa réputation d’intransigeance, Ali Benhadj se
serait servi d’un autre langage s’il avait décelé en provenance des
tenants du pouvoir une disposition plus ou moins favorable au retour
sur la scène du courant auquel il appartient.
La
deuxième tendance est représentée, ou plutôt, dans l’état actuel des
choses, symbolisée par Annouar Haddam, qui a annoncé la création
d’un parti avant tout le monde, le Mouvement pour la Liberté et la
Justice , alors qu’on s’attendait à ce que se soit Rabah Kébir qui
le fasse en premier, d’autant qu’il a été autorisé à rentrer dans le
pays, à la différence du premier. Certes, le parti d’Annouar Haddam
peut très bien ne regrouper que quelques personnes, peut-être sans
relais véritables à l’intérieur du pays, mais enfin, s’il s’en
trouvait, ils n’iraient sans doute pas attirer l’attention sur eux,
de sorte que l’on peut dire de ce parti qu’il est en fait bien plus
un projet, ou une tendance susceptible de s’affirmer à l’avenir, que
déjà une réalité. C’est un avatar du courant algérianiste et
intellectuel à l’intérieur de l’islamisme qui professe un certain
mépris pour les populistes dont le modèle est Ali Benhadj justement,
qu’il n’est pas loin de tenir aujourd’hui pour le premier
responsable de la débâcle par quoi s’est soldé l’un des mouvements
islamistes révolutionnaires les plus prometteurs qui se soient
affirmés à la fin du siècle dernier. Maintenant qu’il a pris acte
de la défaite d’une offensive dont il a été partie prenante, qu’il a
même cherché à diriger, audace qu’il a chèrement payée, il veut
n’avoir rien à faire avec des gens du genre d’Ali Benhadj, Madani
Mezrag, et moins encore avec des bouseux aux mains tachées de sang
comme les Layada et compagnie.
La
troisième tendance, c’est celle dont la tête d’affiche est Madani
Mezrag, qui milite elle aussi pour le droit à la création
politique, et qui se reconnaît le plus nettement dans la politique
de réconciliation nationale. Des trois, c’est elle qui est la plus
présente dans les médias. Ainsi c’est son chef de file qui
périodiquement remet la question du parti sur la table. Mais c’est
elle aussi qui est la moins autonome des trois. Et donc la moins
crédible.
M. Habili
Haut
Aux grands maux les grands remèdes
Une bipartite
et trois questions
L’idée est louable
mais, en l’absence d’une politique salariale adéquate pouvant
assurer une stabilité sociopolitique, on ne sait toujours pas si les
nouvelles grilles de salaires de la Fonction publique apporteront un
apaisement du front social. Cette course effrénée est inversement
proportionnelle entre les salaires et le pouvoir d’achat, laminé par
les augmentations des prix et autres taxes générées par chaque
nouvelle loi de finances.
Pour beaucoup, la question est d’autant plus légitime que les
piètres augmentations acquises en juin 2006 laissent penser que
seule une politique salariale qui repose sur des normes
scientifiques telles que suggérées par les experts-conseillers du
partenaire syndical officiel, l’UGTA est à même de rattraper le
déficit. Des normes qui récompensent l’effort individuel et
collectif seraient à même de rétablir l’échelle des valeurs au sein
d’une société en pleine mutation socioéconomique telle que la valeur
ajoutée et la productivité l’exigent. La politique carriériste qui
ne prime que la gestion des carrières appliquée à un secteur
budgétivore qui emploie un million et demi de personnes et censé
servir d’armature de la nouvelle politique économique du pays a
montré ses limites. Une économie qui piétine par la faute de cette
administration alors qu’elle devrait constituer la rampe de toute
relance. Les indicateurs sont passés au rouge, alertant sur une
déperdition déchaînée causant une saignée du personnel de
l’administration migrant vers le secteur privé qui offre avantages
et évolution de carrière. Car aussi aucune réforme économique n’est
susceptible de s’imposer de façon durable sans une administration
décentralisée, performante et ouverte sur les méthodes modernes de
gestion et de fonctionnement.
La dualité
salaire-stabilité
En constituant un
chapitre certes important pour ce secteur, les salaires ne sont
qu’une traduction du mode de gestion des ressources humaines. “Ils
ne doivent pas avoir pour vocation de cacher les travers de
l’administration publique”, estiment des spécialistes. Une vision
statistique ne risque-t-elle pas de toucher, cependant, aux
véritables problèmes qui couvent dans le secteur de la Fonction
publique ? A savoir les aspirations socioprofessionnelles de
certaines catégories de fonctionnaires et autres corps communs.
“Pire, cette vision risque même de les voiler face aux enjeux de
l’ouverture économique et de la mondialisation”, juge-t-on encore.
La stabilité
salariale souhaitée n’est-elle pas hypothéquée dès lors que l’on
compartimente l’accord entériné par le gouvernement et son
partenaire social qui ne soulève jusque-là pas la question des
autres secteurs productifs d’une part et les intérêts des retraités
de l’autre ? Quoique ces derniers espèrent, de leur côté, une
augmentation de leurs pensions, ils doivent encore prendre leur mal
en patience en attendant l’issue de l’étude de la situation
financière des caisses concernées par ce chapitre au niveau du
département du Travail, de l’Emploi et de la Protection sociale.
Le diagnostic à ce
sujet n’est pas reluisant, faut-il souligner, en l’absence d’une loi
de régulation budgétaire indispensable à l’assainissement du secteur
public. Une loi promise mais non encore promulguée.
Par ailleurs, les
secteurs publics industriel et des services restent également en
stand by. Nombre d’entreprises en difficultés financière ou en
cessation de payement ont été mises en vente souffrent d’acquéreurs
refusant les conditionnalités exigées par les cahiers de charges
afférents à la loi sur la privatisation. Le vivier de l’UGTA et des
bases militantes affiliées aux syndicats autonomes sont donc sur le
qui vive et s’impatiente d’obtenir gain de cause avant la fin de
l’année.
Côté gouvernement,
le tableau n’est pas très prometteur car les augmentations,
dépendant d’un accord entre les deux parties, ne sont pas pour
demain. Pour la simple raison que les dossiers relatifs aux
nouvelles grilles ne seront pas finalisés avant janvier 2008. Ce qui
arrange peu les affaires des bénéficiaires qui revendiquent
« promptitude dans la décision gouvernementale » pour libérer les
nouveaux salaires de ces grilles en instance de finalisation.
Comme dans une spirale
La réaction des
différentes branches du patronat (1) et des politiques
sonnent, à la veille de la bipartite de lundi, d’autres sons de
cloche. Se sentant marginalisés de ces concertations, ils se disent
pas prêts à baisser les bras et envisagent d’ores et déjà une levée
de boucliers. Les patrons se fâchent et menacent de répondre par
ricochet à ce qu’ils qualifient de «harcèlement par le fait
accompli» de l’accord tacite entre le gouvernement et l’UGTA. Ils
s’organisent déjà pour riposter aux résultats de la bipartite.
Peinés par la « nullité » de l’Accord d’association algéro-européen,
ils recommandent une révision des clauses de cet accord visant en
priorité le démantèlement tarifaire douanier dont l’Algérie n’a
tiré, selon eux, deux ans après son entrée en vigueur, aucun profit.
Une manière de tirer la sonnette d’alarme après tant d’efforts vains
pour accéder à la compétitivité internationale (2) du
produit algérien cloué aux ports européens par des
barrières-subterfuges afin de le disqualifier à des desseins de
refoulement.
« Un bilan est
recommandé », annoncent, unanimes, MM. Hamiani, Merakèche, M’Henni
et Youcefi qui demandent de réviser ses clauses.
Le MSP, accusé par
ses pairs de l’alliance présidentielle de faire de l’oppositionnisme,
est rejoint par le RND. Celui-ci se démarque, par la voix de son SG,
en termes non voilés, des décisions découlant de cette bipartite
adoptée par le gouvernement, dans lequel siègent les deux alliés du
FLN, comme une issue de secours et non en tant que rencontre d’étape
pour baliser objectivement, et pourquoi pas de façon stratégique,
les écueils qui se dressent face à un gouvernement qui se comporte
devant le vécu quotidien avec des semblants de solutions qui
diffèrent l’explosion sociale sans la déjouer.
M. Soltani voit en
l’augmentation un début de rattrapage ; M. Ouyahia, lui, persiste et
signe : «L’augmentation des salaires n’est pas une solution.» Comme
si tout le monde regarde des problèmes virtuels.
Cette bipartite n’aura servi qu’à absorber la colère du front social
essoufflé par la dégringolade du pouvoir d’achat qui touche un pan
très important de la société. Face à ces contradictions, la société
risque d’être entièrement démunie. Il y a urgence de recréer la
couche moyenne pour éviter le péril de paupérisation de tous les
Algériens. Une approche appuyée par le ministre de l’Emploi, Tayeb
Louh, jeudi passé. Pour cela, il faut repenser la politique de
résorption du chômage et la création de véritable richesse afin de
panser l’injustice des disparités occasionnées par l’insouciance des
uns et l’irresponsabilité des autres. Il est de triste mémoire le
moment où l’Etat devrait préserver l’emploi et les revendications
socioprofessionnelles, les gouvernements aidaient à la prolifération
de nouveaux riches. Nous n’avions pas besoin de ces richissimes gold
boys n’accomplissant pas leurs obligations fiscales mais de redonner
goût au travail, dans un pays qui a pour richesse 75% de jeunes.
Il fut un temps où
l’Occident encourageait l’immigration en offrant toit, emploi et
regroupement familial. Les gouvernants algériens poussaient et
poussent encore le capital au chômage, au vagabondage et à l’errance
clandestine sur les barques de la mort en haute mer.
A une année des assises industrielles, à deux ans de l’Accord
d’association avec l’Union européenne, à dix ans de la relance
économique accompagnée de privatisations par holdings interposés, à
quinze ans de la création du dispositif ANSEJ qui n’a pas profité à
ses véritables destinataires (3), les Algériens tournent
en rond après 14 bipartites et tripartites.
En conclusion,
quelle est la place du tissu industriel du secteur public dans ces
rounds de consultation ? Que devient la lancinante politique
d’adéquation de la recherche avec le monde du travail et de
l’industrie ? Encore faut-il se demander à quand la fin de la
politique de l’emploi des jeunes qui voue des diplômés à l’informel,
conséquence des réajustements structurels.(4)
Enfin la bipartite
peut-elle régler le problème de la pomme de terre, cet autre aliment
de base des Algériens qui devient une affaire d’Etat après s’être
imposé en un légume royal sur la table du Conseil des ministres ?!
Salah Bey
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1 - Le FCE, la CAP, la CGEA et la CIPA.
2 - La
normalisation via le standard ISO est un devenu un rituel des
entreprises industrielles nationales. Elle permet l’accès des
produits algériens (aux normes du label international) au marché
mondial où ils sont donc considérés comme compétitifs Des pratiques
arbitraires de partenaires étrangers exercent un embargo non avoué
sur les produits algériens qu’il refoulent au profit des marocains
ou tunisiens de moindre qualité.
3 -L’ANSEJ est un
dispositif permettant l’octroi de crédits pour la création de
micro-entreprises. Mais il fut détourné de sa vocation première
d’aider à l’émergence de ce qui pouvait être la pépinière d’un tissu
de PME/PMI étoffé en versant uniquement dans le secteur des services
comme le transport et les kiosques multiservices. De plus, les
jeunes subissent des entraves administratives et bancaires.
4 -L’Etat emploie
des jeunes diplômés, dans un cadre transitoire, sans perspectives,
selon des normes surhumaines et surréalistes. Un licencié est payé à
3 000 ou 5 000 DA et un médecin est payé à 8 000 DA/mois, loin du
SMIG fixé désormais à 12 000 DA.
Haut
Rentrée sociale
Des patates
contre la paix sociale
Que les pouvoirs
publics se rassurent, la révolte populaire n’aura pas lieu. Les
Algériens savent depuis longtemps qu’il n’y a rien à attendre . Ils
ont pris l’habitude des hausses des prix. Ils contourneront, chacun
à sa manière, la baisse vertigineuse du pouvoir d’achat. Par contre,
ce qui devrait inquiéter davantage les pouvoirs publics, et à leur
tête le trio de partis de la coalition gouvernementale, c’est ce
sombre tableau que donne l’Algérie en matière de “bonne
gouvernance”.
Il a fallu
l’intervention de la plus instance de l’Etat algérien pour tenter de
désamorcer la “bombe” de la pomme de terre, à travers un décret
présidentiel exemptant les importateurs des taxes et droits de
douane afin d’en réduire le prix sur le marché du détail. A ce
rythme, le président de la République sera sollicité pour atténuer
la hausse des prix d’autres produits alimentaires aussi sensibles
que la pomme de terre, comme la farine, le sucre et l’huile de
table, et peut-être même de réduire les taxes d’importation des
matériaux de construction qui connaissent eux aussi une hausse
sensible.
Voilà à quoi est
réduit un pays riche en apparence (les réserves de changes qui
atteindront probablement la barre 100 milliards de dollars d’ici la
fin de cette année), mais en même temps incapable de créer de la
richesse ni de la distribuer équitablement. Bien sûr, la hausse des
cours sur les marchés mondiaux a bon dos. C’est l’explication qu’on
entend souvent. Mais personne n’osera nous dire pourquoi l’on doit
se mettre pieds et poings liés à la merci de ces marchés alors que
le pays a les capacités de produire ce dont il a besoin. Le ministre
de l’Agriculture se garde bien de nous expliquer pourquoi sont
département a négligé la culture céréalière sous prétexte qu’il n’y
a pas assez d’eau et qu’il fallait donc se diriger vers des cultures
plus résistantes au manque d’eau comme la viticulture. Finalement,
l’Algérie importe du blé plus cher et n’a pas amélioré, pour autant,
ses exportations de vins. Mieux, elle élargit de plus en plus la
liste de ses importations, renforçant l’image d’un pays qui compte
uniquement sur ses recettes pétrolières. L’Algérie achète des
milliers de génisses par an mais elle reste capable de produire plus
de lait. Et à la moindre hausse du prix de la poudre de lait sur le
marché mondial, c’est la panique générale.
Devant tous ces
problèmes, il est illusoire d’attendre des réponses satisfaisantes.
Pas même un mea-culpa sur la responsabilité de l’Etat dans l’absence
d’un système de régulation et de contrôle dans le secteur de
l’agriculture. On fait comme si l’on venait de découvrir cette
situation de débandade dans un secteur livré à la spéculation et à
l’appât du gain facile, et on annonce des mesures qui seront prises
par un groupe de travail interministériel qui devra se pencher sur
les différentes filières.
La hausse des prix
des produits de large consommation enregistrée durant l’été 2007
s’est également accompagnée d’un lot de problèmes qui ont renforcé
l’image d’un pays fragile et au bord de la crise sociale. Des
retards dans l’exécution des logements AADL, des problèmes de
disponibilité de l’eau potable, une mystérieuse épidémie dans la
wilaya de Sidi Bel-Abbes, en passant par une situation sécuritaire
très inquiétante en Kabylie qui a donné lieu à une révision à la
hausse du travel warning (mise en garde) britannique en particulier
dans cette région du pays. Le tout couronné par une déclaration de
Ahmed Mahsas concernant l’impossibilité de lutter efficacement
contre la corruption en Algérie “à moins de mettre en danger tout le
système politique algérien”. Sacré dilemme !
“Préoccupante” est
la situation selon Abdelaziz Belkhadem, mais pas au point de parler
de “phénomène inflationniste général”, disait-il lors de son point
de presse de mardi dernier. Une série de hausses des prix de
plusieurs produits de première nécessité en l’espace de quelques
semaines ce n’est donc pas de l’inflation, selon le chef du
gouvernement. Etrange raisonnement quand on connaît le niveau des
salaires en Algérie et quand on sait qu’une majorité des ménages en
souffre terriblement, en particulier à l’approche de la rentrée
scolaire et du mois de ramadan. Et quand on sait aussi que la hausse
des salaires promise tarde à voire le jour.
Les Algériens vont
continuer à subir en silence. Il ne faut pas s’attendre à une
révolution sociale, pas plus qu’à des émeutes ici et là. Ceux qui
ont déjà essayé ce genre de procédés savent que ça ne mène nulle
part. Bien au contraire, la société continuera à fonctionner en
parallèle des mécanismes officiels créés par une élite pour son
propre service. Certains parmi les Algériens continueront à faire
semblant de travailler tant qu’on fera semblant de les payer.
Fonctionnaires le matin et chauffeurs de taxi clandestins
l’après-midi. Enseignants durant l’année scolaire et trabendistes
pendant les vacances. Ces Algériens continueront à tricher sur leur
consommation d’électricité, à chercher par tous les moyens d’obtenir
illégalement ce qui leur a été refusé dans la légalité. Ils
continueront d’occuper des terrains et d’y construire des baraques
faute de logements qu’on leur promet depuis des lustres et qu’on est
incapable de réaliser même dans l’aisance financière. D’autres
citoyens penseront à quitter le pays, même au péril de leur vie,
alors que certains parents ne verront aucun inconvénient moral à
retirer leurs enfants de l’école pour les injecter malgré eux dans
le marché du travail informel.
C’est cette
incapacité des dirigeants à diriger, prévoir, organiser et
coordonner qui pousse la société à s’organiser en parallèle, à se
construire un autre monde, voire à défier la réglementation. Toutes
les lois de la République ne viendront pas à bout du secteur
informel tant que les règles du jeu ne sont pas les mêmes pour tout
le monde. D’ailleurs, le secteur informel n’est-il pas alimenté par
ceux-là même qui souhaitent écouler sans facturation le maximum de
leur marchandise importée (ou produite) ? N’est-il donc pas soutenu
par ceux qui bénéficient d’un accès facile aux portes du commerce
extérieur ?
Dans cette
ambiance de corruption généralisée, l’émeute paraît moins grave que
l’existence de deux mondes parallèles. Une société officielle qui
sait profiter et qui a accès aux largesses de la rente pétrolière et
une seconde société de laissés-pour-compte qui, pour survivre, doit
contourner toutes les lois faites par la classe dirigeante. L’une
qui organise des élections et l’autre qui les boycotte. A des
niveaux (et des montants) différents, les deux “sociétés” acceptent
la corruption et le vol comme des sources supplémentaires de
revenus. Le pire, c’est que ça devient de plus en plus accepté
socialement.
Voilà vers quoi
nous mène le défaut de cohérence des politiques actuelles des
pouvoirs publics pour qui l’absence de manifestations visibles au
sein de la société est synonyme de “paix sociale”.
Abdelkader
Djalil
Haut
Rentrée scolaire
Finies les
vacances
L’été tire à sa
fin et les vacances ne seront, dans quelques jours, qu’un souvenir
parmi tant d’autres. Une autre rentrée scolaire s’annonce pour pas
moins de 7 670 000 élèves et 606 000 nouveaux inscrits. Après la
farniente de l’été, ce seront des journées bien remplies et des
préoccupations plus studieuses qui meubleront le quotidien de nos
bambins.
Le nombre des
élèves scolarisés augmente chaque année. Pour cette rentrée, il a
été enregistré des hausses de 1,48 % et de 4,5 % pour les nouveaux
inscrits. Cela renvoie, encore une fois, au souci des classes
surchargées et les conséquences qui en découlent sur l’apprentissage
des élèves.
24 449
établissements scolaires sont aménagés au niveau national et sont
prêts à accueillir tous ces élèves. Cette année, le nombre des
élèves par classe est fixé à 31. Il était de 32 l’année dernière.
L’idéal, d’après les objectifs fixés par le gouvernement, serait
d’atteindre un taux de 30 élèves par classe.
Ce chiffre est
plus ou moins controversé, car cette mesure ne peut être appliquée
dans tous les établissements et dans toutes les wilayas ; il est
plus que certain qu’elle le sera dans les établissements où le
nombre des élèves est raisonnable et dans les wilayas et les
communes où les écoles existent en nombre suffisant.
Aborder le volet
de la rentrée scolaire nous renvoie inévitablement vers les dépenses
qui s’imposent aux parents pour l’achat des fournitures scolaires.
C’est loin d’être une partie de plaisir quand on sait, à titre
d’exemple, que les prix des cartables varient 450 et 1 500 DA et que
ceux des tabliers oscillent entre 400 et 600 DA. Alors quand on a
plus d’un enfant scolarisé, c’est carrément une petite fortune qu’il
faut dépenser.
La cherté de la
vie et la dégradation du pouvoir d’achat aidant, les choses se
présentent plutôt difficilement pour de nombreuses familles, et
c’est pour les aider qu’une opération de distribution de 500 000
trousseaux scolaires a été lancée vers la mi-août par le ministère
de la Solidarité nationale. Déjà 174 000 trousseaux scolaires ont
été donnés aux enfants des familles nécessiteuses. Cette opération a
coûté la somme de 320 millions de dinars. Ces trousseaux qui
contiennent des cartables, des tabliers et des articles scolaires
d’une valeur de 1 200 DA. Cette aide touche les élèves du cycle
primaire et du cycle moyen, elle s’étend aux 48 wilayas, mais touche
plus spécialement les enfants du Grand Sud et des Hauts Plateaux.
C’est grâce à l’Enaditex, qui a signé une convention avec le
ministère de la Solidarité nationale, que cette opération a été
rendue possible. Il faut savoir aussi que 10.000 trousseaux
scolaires ont été distribués aux enfants démunis établis dans
plusieurs pays : Tunisie, Maroc, Egypte, Mali, Liban, Syrie, Niger
et Burkina Faso.
Ces opérations de
solidarité qui ont commencé dès la rentrée 2000-2001, n’ont qu’un
seul but : permettre aux enfants démunis de suivre leur scolarité
normalement. C’est pour cette raison aussi qu’une prime de 2 000 DA
est accordée chaque année à 3 millions d’élèves. Le problème des
manuels scolaires se posera-t-il cette année encore ? Si l’on croit
ce qu’avait dit le ministre de l’Education nationale en septembre
2006, l’anarchie qui a accompagné la distribution du livre scolaire
à cette époque-là, ne se reproduira plus jamais. A l’ouverture de la
session d’automne du Parlement il a affirmé que le manuel scolaire
sera disponible Déjà, l’Entreprise nationale des arts graphiques
s’est vu confier l’impression de huit millions de livres. 35
ouvrages seront édités, dont 9 seront destinés aux élèves de
cinquième année primaire.
Dès le mois de
juin passé, ces manuels étaient déjà prêts et disponibles. Ce qui
évitera aux parents de faire toute une gymnastique pour dénicher les
ouvrages indispensables à leurs enfants. Il ne sera plus question de
se tourner vers le marché parallèle, toujours florissant, et que
l’anarchie du secteur de l’Education a enrichi encore plus.
La rentrée
scolaire c’est aussi la poursuite des réformes déjà commencées dans
le système éducatif. Ainsi, 39 nouveaux arrêtés concernant la
cinquième année primaire et la troisième année secondaire seront
appliqués. L’enseignement secondaire sera, pour sa part,
complètement réorganisé. Avec la structuration de la troisième année
secondaire, il ne restera, en juin 2008, que six filières au lieux
des quinze précédentes. Ceci dit, l’ancien système sera maintenu
encore une année.
Mais il faut
savoir que ces réformes ne font pas l’unanimité, puisque les
syndicats de l’éducation affirment qu’elles visent à démanteler les
lycées techniques qui sont la base essentielle dans la formation des
ingénieurs et des techniciens. Cet avis est partagé par des
mouvements associatifs, plusieurs formations politiques, ainsi que
par des personnalités indépendantes.
Il y a un point
dans ces réformes qui ne peut que satisfaire tout le monde. Il
s’agit de l’intégration des technologies de l’information à l’école.
Beaucoup d’établissements scolaires sont déjà équipés de l’outil
informatique. A cette rentrée scolaire, plus de 4 000 collèges
bénéficieront de cette nouvelle technologie. Mais plus que
l’informatique pour les élèves, le ministère de l’Education
nationale veut mettre en place un système global qui assure la
connectivité de toutes ses structures. Il s’agit d’un projet
important qui touchera la gestion académique, c’est-à-dire la carte
scolaire, les dossiers des élèves et l’évaluation des établissements
et des examens. Autrement dit, la gestion du personnel, des finances
et l’archivage pour toutes les institutions du secteur.
Le dernier point
est de type purement pédagogique, puisqu’il permet aux enseignants
et aux élèves en même temps de connaître enfin l’enseignement à
distance, connu sous le nom de e-learning. En un mot, le secteur de
l’éducation voudrait se mettre au diapason et cela ne serait que
pour le bénéfice des élèves. Car il est temps que l’école publique
cesse de devenir un lieu où les élèves passent du temps. Il faudrait
qu’elle arrive à concurrencer les 126 écoles privées qui
accueilleront pas moins de 16 500 élèves. Reste le statut de
l’enseignement qui sera, peut-être, débattu par une commission mixte
syndicat-ministère.
Khadidja
Mohamed Bouziane
Haut
La réforme du dispositif en vigueur est annoncée
Sur les chemins
sinueux de l’emploi…
Avec la
libéralisation, le marché algérien de l’emploi a subi d’importants
changements ces dernières années, légitimés par le vaste programme
de relance. Pourtant, cette mutation suscite le désarroi chez une
partie de la population.
L’annonce faite
dernièrement par le ministre du Travail sur la réhabilitation des
métiers traditionnels, à travers la micro-entreprise, a contribué à
semer davantage le doute dans les esprits.
La démarche de Tayeb Louh, même si elle vise à résorber le
chômage, demeure déconnectée de la réalité. L’Algérie est en effet
un pays qui enregistre annuellement quelque 500 000 victimes du
système scolaire, nécessitant une prise en charge et une formation
professionnelle. Or celle-ci connaît des limites et mérite d’être
redressée, pour faire face notamment aux besoins de plus en plus
pressants du secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP). Même
si l’on relève que ce secteur pourvoyeur d’emplois ne fait
travailler que 15% de la population active en Algérie. Nous sommes,
par conséquent, en présence d’une situation des plus paradoxales :
des dizaines de milliers de jeunes sont au chômage, alors que les
entreprises du BTP souffrent d’une pénurie de main-d’œuvre,
particulièrement d’ouvriers qualifiés. Les réformes dites libérales,
engagées ouvertement depuis plusieurs années, n’ont pas encore eu
les résultats escomptés, d’où le déficit d’entreprises de
réalisation en raison surtout du manque de personnel qualifié.
Résultat : parmi des entreprises de ce secteur alimentant leurs
chantiers en ouvriers affectés aux tâches de manutention, certaines
se voient parfois obligées d’arrêter faute de compétences. D’autres
sont, en revanche, à la recherche (ou emploient déjà) des
travailleurs étrangers.
Doutes sur les
chiffres du chômage
Le gouvernement,
par la voix du ministre du Travail, s’est fixé comme objectif la
création de deux millions d’emplois d’ici à 2009. S’agit-il d’un
projet ambitieux ? Non, d’après les dirigeants. De plus, si l’on
s’en tient aux données officielles, plus de deux millions de postes
d’emploi ont déjà été créés depuis 1999. Ces emplois, ayant coûté à
l’Etat 92 milliards de dinars, ne sont cependant pas durables, pour
la plupart.
Plus grave est la
situation du secteur informel qui est devenu performant sur le
registre de l’emploi, y compris l’emploi des compétences. Selon
certaines sources, le secteur informel aurait créé, en l’espace de 7
années, autant d’emplois, sinon plus, que toutes les structures de
l’Etat réunies. Et il semblerait que ce secteur, notamment celui
versé dans le commerce des produits et biens d’importation, reste
pour les jeunes plus attractif que le travail, à la fois pénible et
précaire, offert par le bâtiment et les travaux publics. Ceux parmi
les jeunes, qualifiés ou non, qui ne trouvent pas d’emploi tentent
alors de fuir le pays, souvent au prix de leur vie.
Il y a quelques
semaines, le ministre de l'Intérieur et néanmoins numéro deux de
l’Exécutif, Nouredine Yazid Zerhouni, a fait part de ses doutes
concernant la fiabilité des méthodes de calcul du taux de chômage en
Algérie, fixé à 12% selon les estimations officielles. “Il suffit de
faire un tour en ville pour constater que le chômage dans notre pays
est beaucoup plus important que cela. Les chiffres du chômage ne
sont pas fiables”, a-t-il alors déclaré à Oran. Ce n’est pas la
première fois que des membres du gouvernement étalent publiquement
leurs divergences sur la problématique du chômage. Des ministres ou
de hauts responsables contredisent, en fait, constamment le chef du
gouvernement sur la réalité des chiffres avancés, pas seulement ceux
relatifs au nombre de chômeurs. En mai 2006, un directeur de
l’insertion au ministère de la Solidarité nationale, Saïd Anan,
avait estimé le taux de chômage à 15,3%, rappelant que celui-ci
était un résultat approuvé par l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Alors que d’autres analystes fixent ce taux à plus de 20%. M. Anan a
également annoncé l’“importation” de main-d’œuvre étrangère, sous le
prétexte de la relance de l’économie nationale et de l’achèvement
des grands projets en chantier dans les délais fixés.
Actuellement,
l’Algérie figure parmi les pays les plus recherchés pour l’emploi.
Elle accueille une main-d’oeuvre étrangère dont le nombre est estimé
officiellement à 32 000 personnes représentant 105 nationalités et
travaillant dans plusieurs secteurs, en particulier le bâtiment, les
travaux publics, le secteur des hydrocarbures et celui de la
téléphonie mobile. Certaines sources font cependant état de près de
100 000 travailleurs étrangers dans notre pays, présents dans la
quasi-totalité des wilayas, sans compter les dizaines de milliers
d’immigrés clandestins.
Immigration et
fuite des cerveaux
L’annonce du
recours à la main-d’œuvre étrangère a été rapidement suivie par la
mise en place d’une série de textes relatifs à l’organisation du
travail et du séjour des étrangers en Algérie. Des textes qui
demandent aujourd’hui à être plus étoffés, à la lumière de la
réalité du marché du travail national actuel et des bouleversements
subis par le monde du travail depuis près d’une décennie. En plus
clair, l’Algérie traverse une phase de transition, productrice de
l’informel, de prétextes pour contourner les lois en vigueur et de
groupes d’intérêts puissants, qui ne pardonne pas l’absence de
stratégie en matière d’emploi.
L’immigration
n’est pas un danger pour l’Algérie, surtout si elle est régulée : le
recours aux travailleurs étrangers est parfois nécessaire pour les
besoins d’une économie. Pourtant, ce sujet provoque encore des
polémiques, en raison de la situation de nombreux jeunes sans emploi
et sans espoir.
L’examen de la
question de l’emploi ne peut également négliger les cadres nationaux
établis à l’étranger. L’Algérie est l’un des pays qui souffre le
plus de la fuite des cerveaux. Pendant la décennie noire, soit entre
1992 et 1996, celle-ci s'est élevée à 40 milliards de dollars. Selon
l’association des compétences algériennes (ACA), ils seraient entre
30.000 et 100.000 Algériens installés à l’étranger,
dont près de 80% sont des chercheurs
et des professeurs universitaires. En France par
exemple, plus de 7.000 médecins étrangers immigrés seraient des
Algériens, dont 2.000 travaillant à Paris. Les Etats-Unis
accueillent de leur côté quelques 18.000 Algériens, dont 3.000
chercheurs et scientifiques, tandis qu'au Canada, la communauté
algérienne est devenue la plus importante communauté étrangère parmi
les pays maghrébins. Cette situation a fait réagir certaines voix,
qui appellent aujourd’hui au renforcement de la coopération entre
les compétences nationales et les cadres établis à l'étranger, pour
permettre à ces derniers d’apporter une contribution plus
conséquente au développement de l’économie algérienne. Selon l’ACA
qui compte 1000 cadres établis à l’étranger, les premières tâches
consistent à identifier toutes les compétences algériennes à
l'étranger, garder le contacts avec les autorités algériennes et
mener une campagne de sensibilisation en vue de nouvelles adhésion,
cela en prévision de sa deuxième conférence annuelle, prévue à Alger
en 2008.
Reste enfin la
question de fond, celle de la politique d’investissement. La
démarche actuelle du gouvernement en la matière est loin de
satisfaire la création des richesses et des emplois. Pour preuve, le
crédit à l’investissement aux nationaux, le privé notamment, est
inférieur à 2 milliards de dollars alors que le volume des
Investissements directs étrangers (IDE) est de 20 milliards de
dollars. Sur qui l’Algérie et les chômeurs algériens devraient-ils
compter ?
Z’hor Chérief
Haut
Alliance présidentielle
Le MSP pour succéder au FLN ?
Plus que jamais, les trois formations de
l’Alliance présidentielle affichent leurs capacités à jouer
durablement le rôle d’un bloc politique à même de conserver le
pouvoir et de repousser toute perspective de constitution d’une
alternance politique. A mesure que l’on avance au gré des
conjonctures, il devient de plus en plus évident que plus
l’assurance en leur force incontestable est acquise, plus se pose
avec insistance la question de savoir au bénéfice duquel des ses
membres œuvre en réalité cette coalition.
Le prochain sommet de l’Alliance
présidentielle, prévu pour lundi prochain sera à n’en pas douter
comme tous ceux qui l’ont précédé. Une comédie parfaitement bien
réglée pendant laquelle les trois leaders que sont Belkhadem,
Ouyahia et Soltani, n’auront que des amabilités à formuler l’un
envers l’autre et une somme de phrases toutes faites à l’adresse des
journalistes, toujours aussi nombreux à faire le pied de grue dans
l’espoir de glaner une phrase inattendue ou une annonce fracassante.
Bien entendu, on commence à s’y faire, et aussi à s’en lasser, il
n’en sera rien, puisqu’en tant qu’Alliance, cette entité continuera
à remplir loyalement son rôle de soutien envers celui qui fait
l’objet même de sa constitution, soit le président Bouteflika et
tant que ce dernier sera au pouvoir. Le FLN, le RND et le MSP se
sont constitués en février 2004, en une Alliance, dans le but de la
mise en œuvre du programme du Président. Il n’était, en réalité,
question que de formaliser une entente convenue depuis le retour au
processus électoral du terme de Liamine Zeroual, et notamment depuis
les législatives de 1997, dont la particularité avait été, du point
de vue de cet ensemble, de replacer le FLN dans le camp de
l’opposition à l’insurrection islamiste et non plus du coté du
Contrat national de Sant’Egidio. Le changement à la tête de ce parti
ainsi opérée, par le départ de Abdelhamid Mehri et ses fidèles, a
nécessité néanmoins que celui-ci soit désormais attelé à deux
balises politiques fortes, ce qui a été l’objet même de son alliance
avec le RND et le MSP. Le premier est une menace permanente pour le
FLN, garantissant la continuité dans le champ politique de l’aile
nationaliste mais opposée à l’islamisme radical et pour parler plus
clairement à tout retour à l’activité politique de ce dernier. Le
second tend justement à empêcher le FLN de tout recentrage islamiste
trop marqué, en occupant le champ d’un islamisme modéré qui, à son
tour, constituerait la ligne de touche entre un islamisme acceptant
la légalité républicaine et l’autre, la réfutant et donc exclu du
jeu politique. Idéologiquement, elle constitue la preuve d’une
réconciliation avant l’heure de deux courant que tout séparait déjà,
les nationalistes et les islamistes. C’est à partir de cette
configuration qui trouve encore ses prolongements dans la
conjoncture actuelle, et avec laquelle l’opposition a mis beaucoup
de temps à s’adapter, que s’est dessinée aux yeux du régime une voie
de sortie de crise et de stabilisation des institutions qui a fini
par donner son caractère indispensable à ce qui est devenu
aujourd’hui l’Alliance présidentielle. Et si elle donne parfois
l’impression de subir quelques fissures, qui peuvent être parfois
plus réelles qu’on ne l’imagine, elle reste toutefois soudée autour
d’un point commun ; elle ne peut avoir en réalité qu’un seul et
unique candidat à la seule élection qui compte, la présidentielle.
Le RND, l’alliance dans la crise
Cette démarche commune, si elle a été
opérée avec plus de pudeur par le FLN de Benhamouda et le MSP de
Nahnah du temps où le RND se permettait l’hégémonie au sein des
institutions, est, depuis l’avènement de Abdelaziz Bouteflika,
totalement assumée en tant que soutien au programme du président de
la République, appuyé sans réserve aucune dans les faits. Son
appellation d’Alliance présidentielle n’est donc pas du tout un vain
mot. Quant à son avenir, voilà n’est-ce pas ce qui doit être en tête
des préoccupations des états-majors politiques, puisque la
conjoncture qui lui donné naissance, à l’ombre d’une crise
particulière, a beaucoup changé, du moins dans ses éléments
essentiels. Il ne s’agit pas seulement de s’arrêter au fait que
l’esprit des trois partis de l’Alliance soit passé de l’option
participationniste à celle du partage du pouvoir. Considérons
d’abord les facteurs internes de la situation politique en Algérie.
Le recul du RND, ce bébé moustachu, n’est pas seulement le fait
qu’une ancienne figure du FLN, en la personne de Abdelaziz
Bouteflika, ait remplacé un général dont la mission première était
la lutte antiterroriste, soit Liamine Zeroual, à la tête de l’Etat.
Ce reflux provient du fait que sa puissance d’antan était tirée de
son rôle de ciment des forces aux prises sur le terrain avec le
terrorisme islamiste. Recul – pas nécessairement proportionnel – de
la menace terroriste, mais qui a eu son corollaire politique au
niveau des institutions et des assemblées élues.
Les limites du FLN
L’ère du retour du FLN, non plus en tant
que parti unique, mais en tant que parti hégémonique à l’heure du
pluralisme, a été aussi celle d’une tentative de réconciliation
nationale qui a connu les résultats que l’on constate. Ceux-ci
prêtent à débat sur les différents aspects que les uns et les autres
n’on de cesse d’évoquer, mais une chose est sûre, c’est que la
situation actuelle, si elle n’est pas qualifiable de «crise», recèle
au moins deux particularités qu’il serait vain, sinon dangereux
d’occulter. La première se rattache à la persistance du terrorisme
et, plus encore, à l’émergence d’un terrorisme nouveau qui se
revendique d’Al-Qaîda, si l’on peut se permettre de douter d’une
telle appartenance, idéologique soit-elle ou organique.
L’acharnement, le changement de mode opératoire, la
professionnalisation et, en bout de course, le maintien en tant que
donne politique durable du terrorisme islamiste en fait un réel
sujet de tourment pour la classe politique, autant pour sa partie
qui reste résolue à le combattre que celle qui a toujours su en
exploiter le caractère endémique. Mais si nul ne reconnaît aux
groupes terroristes une revendication précise, du moins de portée
nationale, on ne peut dire que du coté de l’ex-Fis, où l’on se pose
encore, en quelque sorte, en précurseur en ce domaine, il n’y a pas
de volonté de profiter de la situation pour expliquer le terrorisme
précisément par le refus des autorités de réintégrer dans le jeu les
figures politiques de la mouvance islamiste radicale.
Les radicaux en embuscade
L’on peut énumérer quatre initiatives,
peu différentes dans le fond, et qui ont exprimé, chacune à sa
manière, le vœu d’être autorisée à la création d’un parti politique.
Elles portent chacune l’empreinte de leurs chefs de file qui
entendent chacun de son coté damer le pion à ses rivaux. Il s’agit
des initiatives portées localement par Ali Benhadj et Madani Mezrag
et, depuis l’étranger, par Anouar Haddam et Rabah Kébir. Les quatre
hommes n’ont pas le même profil ni les mêmes idées s’agissant aussi
bien de la manière d’assumer le passif du mouvement que de la
manière de lui donner un nouveau départ vers une perspective
possible.
Cet élément de «perspective possible»
nous semble être un point capital, du moins dans le court terme. Les
dirigeants de l’islamisme radical, notons bien qu’ils ont tous pour
point de départ que la base de l’ex-Fis de 1991 est toujours la
même, c’est-à-dire aussi importante, sinon plus (et en cela il reste
presque impossible de les convaincre du contraire), se livrent à une
surenchère qui pourrait au final à dégager un seul et unique leader
que le mouvement reconnaîtrait comme tel. Rabah Kebir a tenté, par
une virée qui n’a pas livré tous ses secrets en 2006, de faire jouer
une pseudo-entente, un accord secret qu’il aurait laborieusement
tissé avec les plus hautes autorités du pays. Son départ précipité
et sa quasi-disparition de la scène depuis laissent déduire qu’il
n’en était rien, ou alors qu’il n’était question dans son cas que de
la promesse d’une cessation des poursuites moyennant un retour sans
trop de vagues au pays. Anouar Haddam a donc créé son Mouvement pour
la liberté et la justice, n’est-ce pas aussi que c’est dans l’air du
temps, mais ne semble pas non plus s’être épargné la rigueur de
certaines clauses de la Charte pour la paix et la réconciliation
nationale qui l’empêchent encore et toujours de rentrer au pays.
Lui, on peut le dire, a su tirer les leçons du fiasco de Kébir. Car
quel sort serait destiné à Anouar Haddam si d’aventure il foulait à
nouveau le sol algérien ? A priori, on peut être sûr qu’il serait
parfaitement libre de ses mouvements et de ses propos, mais on peut
affirmer aussi avec autant de certitude qu’il n’aura pas plus de
succès que son camarade exilé en Allemagne. Restent les locaux. Ceux
qui jouent leur liberté et leur vie chaque jour, sans pouvoir
deviner d’avance d’où pourraient venir les coups. Madani Mezrag
tente de faire valoir un atout dont, en fait, il ne semble pas
disposer autant qu’il le prétend, c’est-à-dire d’un certain accord
de réhabilitation politique qui aurait été derrière sa décision de
la trêve unilatérale de l’AIS en 1997 et de l’autodissolution de l’AIS
en 2000. On le voit présentement ruer dans les brancards et devoir
s’expliquer à lui-même pourquoi des terroristes de son camp se
voient-ils obligés de s’attaquer à ses adjoints. Enfin, Ali Benhadj,
qui aura attendu d’être le dernier pour agir, et dont le propre fils
serait, sous réserve de vérification, parmi les troupes du GPSC,
développe désormais le plus radical des discours. La virulence et
l’indécence de ses propos, par exemple au sujet de la disparition du
général Smaîn Lamari, n’ont rien d’une vengeance personnelle ou d’un
règlement de compte auquel se livrerait un ancien prisonnier aigri.
Elles ne traduisent rien de moins qu’une prédisposition à la
surenchère, celle-là même propre à satisfaire ce qu’il vise comme
base de l’ex-Fis et les groupes armés en activités et, peut être
aussi, l’organisation d’Al-Qaîda dont on peut deviner qu’il ne
serait pas contre son soutien. Cette guerre tactique et pas
seulement médiatique à laquelle se livrent les présents chefs de
file de l’islamisme radical est également encouragée par le taux
d’abstention aux législatives du 17 mai qui a beau avoir de
multiples raisons, mais qui est présenté par ces derniers comme le
résultat d’une interdiction de participation de leur courant.
Une brèche pour le MSP ?
A l’heure où nous mettons sous presse,
Ali Benhadj, malgré le tollé qu’il devait déclencher après sa
dernière sortie médiatique, ne serait-ce que parce qu’elle n’a été
condamnée par aucun officiel, semble déterminé à s’adonner à
davantage de provocation. Cela ouvre ainsi un front dans lequel
l’alliance présidentielle, porteuse de la politique de
réconciliation nationale autant du principe de la poursuite de la
lutte contre le terrorisme, ne manquerait pas de s’engager. Pour
l’aile islamiste de l’alliance, le MSP en l’occurrence, c’est là un
écart qu’il sera tôt ou tard appelé à combler comme il a toujours
été amené à le faire, en prônant une participation islamiste qui ne
sort jamais de la ligne de respect des lois de la République. Un
islamisme qui est là pour défendre les valeurs de l’islam qu’il
entend conjuguer à la modernité et qui, en même temps, ne ressent
jamais aucune nécessité tactique d’entrer en conflit direct avec
l’aile nationaliste. C’est d’ailleurs ce qui particularise
l’ex-Hamas dans le champ et au sein du mouvement islamiste et au
sein du champ politique dans son ensemble. Ses critiques récurrentes
adressées au autorités, lorsqu’elles ne visent pas directement le
gouvernement, ne sont cependant pas pour autant accompagnées de
rupture et constituent généralement un discours de campagne, voire
de consommation interne à l’adresse de la base du parti.
Quand au contexte international, il est
lui-même porteur d’une redistribution des cartes dans le camp
islamiste à l’échelle internationale. Sur fond d’enlisement de la
guerre en Irak et du prolongement sans vainqueur final de la guerre
mondiale contre le terrorisme, l’on assiste à l’impasse du Hamas en
Palestine, à l’isolement dans son propre pays du Hezbollah, à la
défaite de Fatah el-Islam et au renforcement de la pression
internationale sur l’Iran. Pendant ce temps, presque sans commettre
de faux-pas, l’AKP, à l’ombre de la laïcité, prend le pouvoir en
Turquie et promet de changer la donne. A l’exemple des Ben Laden et
Zarqaoui qui nourrissaient les fantasmes des djihadistes de toutes
parts, l’AKP viendrait démontrer que la voie de la légalité et de
l’assimilation au sein par l’idéologie islamiste du modèle
démocratique est sans doute la voie la plus sure et la moins
coûteuse. De quoi donner du grain à moudre au MSP en Algérie, lui
dont le président promettait de prendre le pouvoir en 2012. La
voit-il se réaliser à travers une hégémonie qu’il s’arrogerait pour
n’en partager que quelques parties avec le FLN et le RND ? On ne
peut exclure qu’au niveau du parti du défunt Nahnah, rien de ce
raisonnement n’ait effleuré les pensées des uns et des autres…
Nabil Benali
Haut
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