Semaine du 8 au 14 Avril 2009

 

L'éditorial

Une campagne, des enseignements

 

 
 
 Éditorial

Accueil

 Une campagne, des enseignements

Une élection est généralement l’occasion pour un homme politique de parler, donner son point de vue, défendre son programme, attaquer ceux des autres, dénoncer le pouvoir, en ce sens qu’un pouvoir se dénonce a priori par sa nature même de pouvoir, etc. On a vu les candidats le faire tout au long de ces trois semaines, parfois avec une virulence inouïe. Pourtant le message est passé sur les radios, à la télévision, dans la presse écrite, tous titres confondus. C’est cela la règle du jeu : laisser la parole librement circuler, dans un cadre réglementé pour assurer l’égalité entre les candidats. Personne n’a remis en cause le fonctionnement de ce cadre. Mais certains ont protesté du fait que, malgré tout, il n’a pas existé une égalité absolue. Celui-ci (il s’agit principalement de Bouteflika) disposait de trop de moyens, se plaignait-on. Oui, le candidat en question a plus de moyen que les autres ; tout candidat qui réussit a toujours forcément plus de moyens que ceux qui échouent, si ce n’est l’argent, c’est la popularité et souvent les deux. Si Bouteflika n’était pas candidat, on entendrait Rebaïne ou Mohamed Saïd protester contre Louisa Hanoune ou Moussa Touati d’avoir plus de moyens, en ce sens qu’ils disposent de partis relativement plus grands et mieux implantés sur le territoire national. Egalité des chances ? Il ne faut pas rêver ! L’essentiel est que les protestations passent, que l’électeur sache que ces candidats se plaignent et qu’ensuite il se fasse sa propre opinion. C’est cela, l’égalité des chances : que chacun puisse dire ce qu’il a envie de dire, même lorsque, comme Djahid Younsi, pourtant candidat, il donne raison aux boycotteurs d’avoir boycotté une élection où lui participe.

Et justement, on aurait eu envie que les partis qui boycottent puissent disposer d’une tribune au même titre que les candidats, pour dire qu’il ne faut pas voter. Comme si on organisait un tournoi d’un jeu donné et que l’on invitait ceux qui refusent d’y participer à venir empêcher son organisation. Le monde à l’envers… Bref, la campagne a pris fin, l’élu sera connu aussitôt après le 9 avril et le pays poursuivra son chemin. Les leçons, chaque homme politique les tirera en toute lucidité ou en toute versatilité, au choix. Pour les plus pessimistes, à l’avenir, le cauchemar peuplera nos jours et nos nuits. Pour les plus optimistes, le bonheur est déjà là, qui nous tend la main. Quant aux plus objectifs, ils diraient sans doute, pour paraphraser l’entraîneur Khalef à la veille du match Algérie-Allemagne en Coupe du monde de football (1982) que “la partie est difficile mais jouable”.

A. K.


 

  

Haut

e-mail :contact@lesdebats.com

 

Copyright © 2001-2002 - MAHMOUDI INFO Sarl - Tous droits réservés.

Conception M.Merkouche