Semaine du 8 au 14 Avril 2009

 

Décidée par la FAF

L’exclusion des Africains est-elle la solution ?

 

 
 
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 Décidée par la FAF

L’exclusion des Africains est-elle la solution ?

Parmi la batterie de décisions prises par la Fédération algérienne de football, la diminution graduelle du nombre de joueurs africains ou étrangers autorisés à évoluer dans notre championnat national est sans doute la moins populaire pour nos clubs qui pensent que ces élément venus du Sud peuvent contribuer à la promotion de notre balle ronde et qu’il serait difficile de s’en passer.

Voulant relancer la formation, les dirigeants de la FAF ont pensé qu’il valait mieux se défaire des joueurs africains, qui selon eux, devenaient encombrants et bloquaient sans doute des talents nationaux qui auraient pu éclore si ce n’était la politique de certaines équipes qui préfèrent leur faire ; ces joueurs africains sont recrutés soit par l’intermédiaire d’agents de joueurs, ou bien par les présidents eux-mêmes dont certains se déplacent en Afrique à la recherche de l’oiseau rare.  

Les dirigeants de certains clubs estiment que dans beaucoup de cas, cela leur revient moins cher que de recruter un élément local et dans certains cas, ils peuvent en tirer des dividendes, surtout s’il s’avère être un joueur de qualité et qui pourrait être transféré vers un club européen.  Cela a été le cas de nombreux joueurs du sud saharien qui ont considéré le football algérien comme tremplin pour ensuite se tourner vers un club qui offre plus d’opportunités en Europe. Notamment pour l’ancien joueur de l’USMA, Mamadou Diallo, qui a été transféré au FC Nantes il y a quatre ans, et de Diakité qui jouait au MCA avant d’opter pour l’OGC Nice ; Cheikh Omar Dabo de la JSK a été transféré également par le président Hannachi au Havre AC.

Cela donne des idées à certains boss et depuis, plusieurs clubs se sont mis à la recherche du joueur qui pourrait être transféré au prix fort, permettant au club de faire une «affaire». Cette année, on pense que le tchadien de l’USMB, Ezeïchel, ne tardera pas à faire son chemin pour décrocher un contrat juteux à la fois pour lui et pour le club blidéen. Le patron de la formation de la ville des roses, Zaïm, tient le bon tuyau, ce qui devrait faire certains jaloux.

Mais au-delà de l’aspect financier, certains présidents de club pensent que les joueurs africains ont instauré une certaine rigueur avec le sérieux de certains d’entre eux qui montrent la voie à nos locaux, tentant de les pousser à se donner plus au travail du moment qu’ils sont concurrencés par des éléments qui ne reculent devant rien.

Le niet des clubs «africains»

Si certains clubs de la Nationale une ne se sont pas exprimés pour le moment sur cette décision de la FAF qui veut diminuer le nombre de joueurs africains évoluant en championnat national, d’autres par contre – surtout les clubs engagés dans des compétitions internationales et notamment en coupe de la CAF et en Ligue des champions d’Afrique – opposent un niet catégorique à cette décision de la FAF car ils considèrent que le joueur africain peut donner un plus indéniable dans cette compétition continentale. C’est le cas du président de la JSK, Moh Chérif Hannachi, qui ne veut pas entendre parler d’une réforme du système des transferts pour écarter les joueurs africains. Selon lui, il ne faut pas tomber dans le piège et dire que ces joueurs bloquent la formation en Algérie. Il note que leur présence permet à la JSK et aux clubs engagés dans les compétitions internationales d’avoir plus de chances d’être compétitifs. Et il en veut pour preuve ce qui se passe chez les pays voisins où ces joueurs ont contribué à élever le niveau. D’autres par contre, estiment qu’il faut juste mettre des balises pour n’”importer” que les joueurs qui peuvent donner un plus par leur talent, ce qui veut dire qu’ils préconisent la révision des conditions du recrutement des joueurs capables d’être au dessus du lot. Ainsi, certains responsables avouent que des joueurs donnent de fausses informations sur leur âge et leur identité, ce qui prête à confusion. Ils veulent donc un léger réaménagement des conditions pour le leur recrutement et non son annulation pure et simple, surtout qu’ils continuent à croire que le joueur africain peut être utile au football algérien qui a connu une période de flottement et a donc besoin de s’appuyer sur ces éléments pour relancer les résultats des clubs, notamment ceux qui participent aux compétitions africaines et arabes. A Sétif, par exemple, d’aucuns pensent que l’Ivoirien Adéko est pour beaucoup dans le premier titre arabe conquis par l’Entente et c’est pour cette raison que son président, Serrar, a tout fait pour le ramener au bercail après une tentative avortée de ce dernier du côté de la Suisse. 

La formation est-elle menacée ?

La formation des jeunes Algériens est-elle vraiment menacée avec le maintien de ces joueurs qui ont investi en force notre championnat national, exception faite de l’USM El Harrach, tous les clubs ayant exploité la carte africaine ? En d’autres termes, donnera-t-on un coup de fouet à la formation si on exclut les joueurs africains du circuit algérien ? D’aucuns estiment que cela est totalement faux de considérer que ces joueurs peuvent nuire à la formation en Algérie, et qu’au contraire elle pourrait la stimuler, d’autant plus que bon nombre de ces éléments viennent de centre de formation qui ont fait leurs preuves, à l’image du centre de formation Sali Keïta au Mali où bon nombre de joueurs ont évolué dans nos clubs, notamment, Diallo, qui a ensuite été transféré à Nantes.

La formation en Algérie doit dépendre d’autres facteurs, notamment la réalisation de structures à l’image de l’académie de la FAF qui a fait sensation à la CAN des moins de 17 ans que notre pays a accueillie, ou bien le centre de formation du PAC qui promet beaucoup et qui devrait former des jeunes qui pourront être l’avenir du football national. Des infrastructures devront également voir le jour pour permettre aux jeunes de travailler dans de bonnes conditions et de se concentrer uniquement sur leur sujet. Ce n’est qu’avec ce genre d’initiatives qu’on pourra relancer la formation en Algérie, et ce n’est nullement en écartant les joueurs africains, même si la Fédération a le droit d’opter pour une quelconque stratégie, mais elle doit peser le pour et le contre pour éviter de léser quiconque.

Qu’est-ce qui interdit de faire de la formation tout en maintenant ces joueurs qui, comme indiqué plus haut, peuvent aider dans la démarche de la FAF de relancer la balle ronde nationale en faisant des échanges avec ces centres qui ont réussi en Afrique ? L’exemple de l’académie de l’ASEC Mimosas est vivace, d’autant plus que cette équipe a réussi à remporter la Ligue des champions africaine avec une équipe qui a une moyenne d’âge de 17 ans, ce qui est une première mondiale. Cela s’est concrétisé grâce au travail à la base avec les jeunes et qui ont dominé de la tête et des épaules le football national avant d’opter pour des grands clubs européens.

Faire dans l’exclusion n’aidera donc pas notre football qui ne doit pas s’enfermer dans un vase clos, mais doit surtout bénéficier des expériences de différentes parties.  

Par Anouar M.

    

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