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Décidée par la FAF
L’exclusion des Africains est-elle la solution ?
Parmi la batterie de décisions prises par la Fédération
algérienne de football, la diminution graduelle du nombre de joueurs
africains ou étrangers autorisés à évoluer dans notre championnat
national est sans doute la moins populaire pour nos clubs qui
pensent que ces élément venus du Sud peuvent contribuer à la
promotion de notre balle ronde et qu’il serait difficile de s’en
passer.
Voulant relancer la formation, les dirigeants de la FAF ont
pensé qu’il valait mieux se défaire des joueurs africains, qui selon
eux, devenaient encombrants et bloquaient sans doute des talents
nationaux qui auraient pu éclore si ce n’était la politique de
certaines équipes qui préfèrent leur faire ; ces joueurs africains
sont recrutés soit par l’intermédiaire d’agents de joueurs, ou bien
par les présidents eux-mêmes dont certains se déplacent en Afrique à
la recherche de l’oiseau rare.
Les dirigeants de certains clubs estiment que dans beaucoup
de cas, cela leur revient moins cher que de recruter un élément
local et dans certains cas, ils peuvent en tirer des dividendes,
surtout s’il s’avère être un joueur de qualité et qui pourrait être
transféré vers un club européen. Cela a été le cas de nombreux
joueurs du sud saharien qui ont considéré le football algérien comme
tremplin pour ensuite se tourner vers un club qui offre plus
d’opportunités en Europe. Notamment pour l’ancien joueur de l’USMA,
Mamadou Diallo, qui a été transféré au FC Nantes il y a quatre ans,
et de Diakité qui jouait au MCA avant d’opter pour l’OGC Nice ;
Cheikh Omar Dabo de la JSK a été transféré également par le
président Hannachi au Havre AC.
Cela donne des idées à certains boss et depuis, plusieurs
clubs se sont mis à la recherche du joueur qui pourrait être
transféré au prix fort, permettant au club de faire une «affaire».
Cette année, on pense que le tchadien de l’USMB, Ezeïchel, ne
tardera pas à faire son chemin pour décrocher un contrat juteux à la
fois pour lui et pour le club blidéen. Le patron de la formation de
la ville des roses, Zaïm, tient le bon tuyau, ce qui devrait faire
certains jaloux.
Mais au-delà de l’aspect financier, certains présidents de
club pensent que les joueurs africains ont instauré une certaine
rigueur avec le sérieux de certains d’entre eux qui montrent la voie
à nos locaux, tentant de les pousser à se donner plus au travail du
moment qu’ils sont concurrencés par des éléments qui ne reculent
devant rien.
Le niet des clubs «africains»
Si certains clubs de la Nationale une ne se sont pas
exprimés pour le moment sur cette décision de la FAF qui veut
diminuer le nombre de joueurs africains évoluant en championnat
national, d’autres par contre – surtout les clubs engagés dans des
compétitions internationales et notamment en coupe de la CAF et en
Ligue des champions d’Afrique – opposent un niet catégorique à cette
décision de la FAF car ils considèrent que le joueur africain peut
donner un plus indéniable dans cette compétition continentale. C’est
le cas du président de la JSK, Moh Chérif Hannachi, qui ne veut pas
entendre parler d’une réforme du système des transferts pour écarter
les joueurs africains. Selon lui, il ne faut pas tomber dans le
piège et dire que ces joueurs bloquent la formation en Algérie. Il
note que leur présence permet à la JSK et aux clubs engagés dans les
compétitions internationales d’avoir plus de chances d’être
compétitifs. Et il en veut pour preuve ce qui se passe chez les pays
voisins où ces joueurs ont contribué à élever le niveau. D’autres
par contre, estiment qu’il faut juste mettre des balises pour
n’”importer” que les joueurs qui peuvent donner un plus par leur
talent, ce qui veut dire qu’ils préconisent la révision des
conditions du recrutement des joueurs capables d’être au dessus du
lot. Ainsi, certains responsables avouent que des joueurs donnent de
fausses informations sur leur âge et leur identité, ce qui prête à
confusion. Ils veulent donc un léger réaménagement des conditions
pour le leur recrutement et non son annulation pure et simple,
surtout qu’ils continuent à croire que le joueur africain peut être
utile au football algérien qui a connu une période de flottement et
a donc besoin de s’appuyer sur ces éléments pour relancer les
résultats des clubs, notamment ceux qui participent aux compétitions
africaines et arabes. A Sétif, par exemple, d’aucuns pensent que
l’Ivoirien Adéko est pour beaucoup dans le premier titre arabe
conquis par l’Entente et c’est pour cette raison que son président,
Serrar, a tout fait pour le ramener au bercail après une tentative
avortée de ce dernier du côté de la Suisse.
La formation est-elle menacée ?
La formation des jeunes Algériens est-elle vraiment menacée
avec le maintien de ces joueurs qui ont investi en force notre
championnat national, exception faite de l’USM El Harrach, tous les
clubs ayant exploité la carte africaine ? En d’autres termes,
donnera-t-on un coup de fouet à la formation si on exclut les
joueurs africains du circuit algérien ? D’aucuns estiment que cela
est totalement faux de considérer que ces joueurs peuvent nuire à la
formation en Algérie, et qu’au contraire elle pourrait la stimuler,
d’autant plus que bon nombre de ces éléments viennent de centre de
formation qui ont fait leurs preuves, à l’image du centre de
formation Sali Keïta au Mali où bon nombre de joueurs ont évolué
dans nos clubs, notamment, Diallo, qui a ensuite été transféré à
Nantes.
La formation en Algérie doit dépendre d’autres facteurs,
notamment la réalisation de structures à l’image de l’académie de la
FAF qui a fait sensation à la CAN des moins de 17 ans que notre pays
a accueillie, ou bien le centre de formation du PAC qui promet
beaucoup et qui devrait former des jeunes qui pourront être l’avenir
du football national. Des infrastructures devront également voir le
jour pour permettre aux jeunes de travailler dans de bonnes
conditions et de se concentrer uniquement sur leur sujet. Ce n’est
qu’avec ce genre d’initiatives qu’on pourra relancer la formation en
Algérie, et ce n’est nullement en écartant les joueurs africains,
même si la Fédération a le droit d’opter pour une quelconque
stratégie, mais elle doit peser le pour et le contre pour éviter de
léser quiconque.
Qu’est-ce qui interdit de faire de la formation tout en
maintenant ces joueurs qui, comme indiqué plus haut, peuvent aider
dans la démarche de la FAF de relancer la balle ronde nationale en
faisant des échanges avec ces centres qui ont réussi en Afrique ?
L’exemple de l’académie de l’ASEC Mimosas est vivace, d’autant plus
que cette équipe a réussi à remporter la Ligue des champions
africaine avec une équipe qui a une moyenne d’âge de 17 ans, ce qui
est une première mondiale. Cela s’est concrétisé grâce au travail à
la base avec les jeunes et qui ont dominé de la tête et des épaules
le football national avant d’opter pour des grands clubs européens.
Faire dans l’exclusion n’aidera donc pas notre football qui
ne doit pas s’enfermer dans un vase clos, mais doit surtout
bénéficier des expériences de différentes parties.
Par Anouar M.
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