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La CIA parmi nous
Andrew
Warren : Un espion à Alger
Dossier et synthèse de Abane Châabane
Les faits tels que rapportés par Newsweek
Andrew Warren semblait avoir le profil de
l’agent que la CIA recherche pour lutter contre le terrorisme.
Imprégné par l'histoire du Moyen-Orient, il s’est converti à l'islam
et prétend parler couramment six dialectes arabes. Il était naturel
que cet homme, formé dans les arts martiaux, soit l’homme de la CIA
à Alger, un poste d'écoute de l'Afrique du Nord où de nombreuses
régions constituent un foyer du terrorisme. Il a confié à ses amis
que c’est pour être «au centre des choses» qu'il est entré au
service des affaires extérieures des Etats-Unis.
Agé de 41 ans, Andrew Warren a été recruté par
l'agence à la suite des attentats du 11 septembre. Il a exercé en
Afghanistan, puis en Egypte avant de rejoindre, en septembre 2007,
Alger en tant que chef de la CIA. Les personnes qui l'ont côtoyé le
décrivent comme quelqu'un de très doué et pointilleux dans son
travail. Il avait fait ses preuves au pays des mollahs où il a
fréquenté «sans le moindre complexe, les mosquées afghanes»,
racontent ceux qui l'ont connu, cités par des média US.
Voici
Andrew Warren impliqué dans un sordide scandale, embarrassant aussi
bien pour l’Algérie que pour les Etats-Unis. Selon un affidavit
signé par un enquêteur du Département d'Etat américain pour la
sécurité, au cours des deux dernières années Warren aurait drogué
puis violé au moins deux femmes algériennes.
Bien
que la CIA ne l’a toujours pas confirmé, de nombreux fonctionnaires
du gouvernement américain ont fait à Newsweek la révélation,
rapportée pour la première fois par le correspondant de ABC News,
Brian Ross, que Warren a été en poste à Alger en tant que chef de
station de la CIA.
Warren, qui n'a pas fait de commentaire publiquement, n'a été
inculpé d'aucun crime. Cependant, la déclaration sous serment est
accablante. Les deux femmes algériennes ont confié aux enquêteurs
que Warren, lors de visite officielle à sa résidence à Alger, leur a
servi des cocktails, qui leur ont causé des vomissements et la perte
de conscience.
L’une
d’elle se réveille nue dans une chambre à coucher et trouve un
préservatif utilisé. L’affidavit décrit en détail comment l'autre
victime se souvient alors q’elle était à demi consciente, que Warren
l'a violée. Ce dernier a été rappelé à Washington en Octobre 2008.
Lors d'une fouille de sa maison à Alger, les enquêteurs ont trouvé
plusieurs lecteurs d'ordinateur et des périphériques de stockage de
données, un manuel sur l'enquête des agressions sexuelles et des
quantités de Xanax et Valium. Les experts affirment qu’ils sont
couramment utilisés dans les attaques pour viol.
Warren
est un auteur en plus d’être un espion. Il y a huit ans, il a publié
un thriller intitulé «The People of the Veil». Le héros du livre est
un diplomate américain, basé à Alger, et en butte avec des
terroristes qui tentent d’attaquer et de prendre l'ambassade
américaine. Le héros, qui s’appelle Nick Philips, a une liaison avec
Mariam, une belle femme algérienne qui a évité les hommes arabes,
mais est tombée amoureuse de Nick, car il la respecte, comprend sa
culture, raconte Warren.
S'exprimant anonymement, l'un des instructeurs de Warren à la
«firme», appellation de l’endroit où sont formés les espions, a
déclaré à Newsweek que Warren a été «une vague de canon», dont la
confiance en soi confine au narcissisme. Pourtant, a-t-il ajouté,
habituellement les fortes têtes de l'agence «sont écrasés pour
cela».
Un
ancien universitaire, le professeur William Alexander de Norfolk
State University, décrit Warren comme un homme peu «crédible» et a
révélé sans plus de précisions qu'il travaillait sur un deuxième
roman.
Que dit le rapport de Scott Banker ?
L'information révélant que l'ex-chef de la CIA à Alger, Andrew
Warren, est soupçonné par la justice américaine d'avoir commis des
actes «aggravés» d'abus sexuels sur deux femmes alors qu'il était en
poste à Alger entre septembre 2007 et octobre 2008, repose sur un
premier rapport d'enquête du service de la sécurité diplomatique
auprès du département d'Etat américain déposé au niveau de la cour
fédérale de Washington. L'enquête a été ouverte à la suite de
plaintes déposées, séparément, par deux femmes à l'ambassade des
Etats-Unis à Alger, accusant le premier responsable de la CIA de les
avoir violées.
Le
rapport en question, signé par l'agent spécial Scott Banker, fait
référence aux deux victimes comme étant toutes les deux des
ressortissantes algériennes résidant à l'étranger, respectivement en
Allemagne et en Espagne, qui viennent en Algérie régulièrement pour
des visites familiales. Les témoignages des deux victimes ont été
rapportés à des moments différents au service de sécurité de
l'ambassade des USA à Alger, et «toutes les investigations dont
elles ont fait l'objet n'ont donné aucune indication sur un
quelconque contact qu'elles auraient pu avoir entre elles, ni avant,
ni après les faits». Selon ce même document, la première victime a
affirmé aux autorités américaines qu'elle «avait été violée en
septembre 2007, à l'occasion d'une réception organisée par le
personnel de l'ambassade US à Alger au domicile d'Andrew Warren ».
Elle a également déclaré «qu'on lui a servi un cocktail
(Whisky-Coca), préparé loin de son regard». Tard dans la soirée,
«après un dernier verre qui lui a été servi par le mis en cause»,
ajoute-t-elle, «elle s'est subitement sentie mal et a commencé à
vomir». Pour la suite, elle se rappelle uniquement que «le lendemain
elle s'est réveillée au domicile de l'agent de la CIA, toute nue,
avec le sentiment d'avoir été violée», selon le rapport d'enquête du
département d'Etat. Elle dit aussi n'avoir «aucun souvenir d'avoir
eu des rapports sexuels avec le concerné». La seconde victime, pour
sa part, place les faits à «février 2008, mais donnant un récit des
faits tout à fait similaire».
Interrogé par les enquêteurs, Andrew Warren a nié les «allégations»
des deux victimes, tout en admettant «avoir eu des rapports intimes
avec elles, mais avec leur consentement». Pour les médias US, ces
accusations peuvent avoir un effet dévastateur sur la crédibilité
des personnels américains à l'étranger, même si les officiels en
poste font preuve de beaucoup de lucidité et de prudence et
préfèrent ne pas trop s'avancer à propos d'une enquête qui n'a pas
livré tous ses secrets. Le porte-parole du département d'Etat,
Robert Wood, s'est limité, pour sa part, à dire que les Etats-Unis
«prennent très au sérieux toute accusation impliquant son personnel
à l'étranger», invitant les représentants des médias à se rapprocher
pour tout autre détail sur cette affaire du département de la
Justice, lequel, de son côté, s'est abstenu de faire le moindre
commentaire. Il y a pourtant des éléments qui sont, pour le moins
qu'on puisse dire, troublants : les enquêteurs ont découvert, suite
à une perquisition effectuée au domicile du chef de la CIA à Alger,
des photos compromettantes. Les deux plaignantes y figurent. En
outre, les enquêteurs ont découvert un journal intime où le mis en
cause avait rapporté ses expériences sexuelles, en plus d'une
douzaine d'enregistrements vidéo où les «partenaires» ou plutôt les
victimes «ne paraissaient pas tout à fait conscientes», affirment
les médias américains citant des sources proches du dossier.
Les
précieux renseignements contenus dans ces enregistrements vidéo ont
donné du crédit à la version des deux témoins par rapport au mode
opératoire utilisé par le mis en cause, notamment en ce qui concerne
les accusations selon lesquelles l'ex-chef de la CIA aurait
administré à ses victimes, sans qu'elles ne se rendent compte, des
drogues pour les ramener à se soumettre à ses désirs sans la moindre
résistance. Une piste confortée encore plus par la découverte, lors
de la perquisition du domicile de Warren, de flacons de Valium et de
Xanax, deux substances que les experts du FBI décrivent comme
«communément utilisées pour faciliter les actes d'abus sexuels»,
selon le même rapport d'enquête. Autre élément apporté par cette
pièce à conviction, certaines de ces vidéos, la date affichée
faisant foi, avaient été tournées avant septembre 2007, en d'autres
termes bien avant que l'agent ne soit en poste à Alger, précisément
au moment où il était en poste au Caire. Un élément nouveau qui a
poussé le département de la Justice à élargir le champ d'action de
son enquête à l'Egypte, selon des officiels américains cités par
ABC.
A.C.
Source : El Khial
Où en est l’enquête en Egypte ?
Avant de rejoindre son poste à Alger, Andrew Warren avait exercé en
Egypte. Dès l’annonce des faits qui lui sont reprochés, la police
égyptienne a entrepris une vaste enquête en étroite collaboration
avec l’ambassade et les services de sécurité américains.
Warren
dirigeait la station CIA au Caire, à Garden City précisément, le
lieu où se trouve l’ambassade américaine. Mais ce n’est pas
seulement à partir de cet endroit qu’il agissait. Les services
égyptiens ont convoqué systématiquement toutes les femmes qui
fréquentaient assidûment, durant la période où Warren exerçait son
activité, la Mission, la bibliothèque des Centres culturels du Caire
et d’Alexandrie, ainsi que l’université américaine. Les aides
financières prodiguées par ces institutions, notamment aux gens de
la presse et aux universitaires laissent penser, aux yeux des
Egyptiens, que de nombreux recrutements ont pu être opérés par ce
biais. Ces appréhensions sont confirmées par le nombre élevé de
femmes à demi conscientes qui se trouvent dans les vidéos saisies
par les enquêteurs américains. Le moyen utilisé, pour savoir qu’il
s’agissait pour la majorité d’entre elles d’Egyptiennes, consiste à
comparer la date figurant sur la vidéo et celle où Warren se
trouvait en Egypte.
Il
apparaît donc que durant des années, Warren a pu s’adonner, sous
couvert d’espionnage, à cette pratique peu commune de droguer,
violer et faire chanter des femmes sans que jamais l’une d’elles
n’ait songé à le dénoncer à la justice locale ou à l’ambassade
américaine. La raison de ce silence est due, estime-t-on, aux
traditions dans les pays musulmans et aux situations extrêmement
compromettantes dans lequel le chef de la CIA les a mises, ne leur
laissant qu’un choix, celui de se soumettre totalement à sa volonté.
Le
ministère de la Justice américaine et le Bureau des investigations
fédérales (FBI) de l’ambassade au Caire, s’ils ne condamnent pas
cette vague de convocations et d’enquêtes au sujet d’un ancien
responsable de leurs services secrets, exigent néanmoins d’être
associés à toute l’opération, et de jouir de la possibilité
d’interroger à leur tour les femmes concernées. Déjà, un débat a
opposé les services des deux pays. Tandis que pour les Egyptiens,
Warren a opéré, par des moyens très illégaux, beaucoup de
recrutements qu’il s’agit de débusquer, pour les Américains, il
n’est pas impossible que le chef de station CIA soit la victime
d’une conspiration d’un pays du Golfe qui resterait à déterminer, et
qu’il ait été d’abord recruté lui-même avant de se voir ordonner de
recruter les autres ! Les Egyptiens ne partagent pas cet avis, car
ils considèrent que Warren était le manipulateur non le manipulé,
ainsi que le montrent les vidéos saisies et le recours aux drogues
similaires à celles qu’utilisent les services du FBI eux-mêmes,
telles le Xanax et le Valium. Débat à suivre…
En
attendant, les résultats obtenus par les enquêteurs sont tenus au
secret. Sur l’ordinateur de Warren, beaucoup d’autres images ont pu
être récupérées, montrant des femmes invariablement dans des
postures compromettantes pour elles. Cependant, les dates relevées
sur chaque «prise» montrent que l’Egypte n’était pas le seul terrain
de prédilection de Warren, puisque d’autres pays du Golfe sont
également concernés. Reste à savoir, si une puissance régionale
quelconque, a pu réussir à «retourner» Warren, mais laquelle ? Entre
l’Iran et Israël, la surprise peut venir de là.
Farid
Cherkoun
Qu’est-ce qu’un chef d’antenne CIA ?
Le chef de station
de la CIA (Chief of station, COS) est un officier de la Central
Intelligence Agency, généralement expérimenté, qui est chargé de
diriger sous couverture diplomatique de l’ambassade des Etats-Unis
les activités de la CIA dans une capitale donnée.
Rôle
Le chef de station
est le plus haut représentant de la CIA dans le pays donné, il est
chargé de la collecte du renseignement dans ce pays par les méthodes
«ouvertes» (par exemple lecture de la presse) ou clandestines
(écoutes, recrutements), ou contre les pays voisins (par exemple, la
station de la CIA à Riyad sert aussi à travailler contre l’Iran)
selon les directives de la Division géographique dont elle dépend.
Les chefs de station ont aussi la possibilité d’envoyer au quartier
des «Aardwolf», rapports décrivant la situation dans le pays.
Le rôle des chefs
de station de la CIA a encore été renforcé au sein même des
représentations des services secrets américains à l’étranger par une
directive du directeur du renseignement national (DNI), John
Negroponte, en date de mai 2005, qui indique que les chefs de
station doivent représenter au niveau local le DNI, d’une part, et
d’autre part doivent lui en référer si une question posée concerne
plusieurs services de renseignements.
Les officiers de
la CIA qui dirigent une équipe dans les consulats américains sont
appelés les chefs de base (COB).
Organisation
On compte 5
divisions géographiques à la CIA (Eurasie, qui comprend entre autres
plusieurs pays de l’ex-URSS ; Europe de l'Ouest ; Moyen-Orient et
Asie du Sud ; Amérique latine ; Extrême-Orient), chacune a donc des
stations de la CIA dans les capitales des pays qu’elle supervise.
Pour remplir sa
tâche, le COS dispose d’un adjoint (Deputy chief of station, DCOS)
ainsi que d’officiers traitants, d’analystes, experts en
communications, secrétaires, avec des effectifs plus ou moins
importants selon la station et ses objectifs. Par exemple, l’antenne
de la CIA à Moscou comptait au milieu des années 1980 entre 8 et 12
officiers, celle de Paris 70.
Généralement, un
officier de la CIA n’est chef de station dans un pays donné que pour
une durée de 2-3 années ; ensuite, il est muté ailleurs.
Source : Wikipedia
Projet MKULTRA
La manipulation mentale
Le Projet
MKULTRA (connu aussi sous le nom de MK-ULTRA) est le nom de code
d'un projet de la CIA des années 1950 à 1970 visant à manipuler
mentalement certaines personnes par l'injection de substances
psychotropes. «Le directeur adjoint de la CIA a révélé que plus de
trente universités et institutions avaient participé à un large
projet de tests et d'expérimentations qui incluait des tests de
médicaments cachés sur des sujets non volontaires de toutes les
catégories sociales, hautes et basses, américains et étrangers.
Plusieurs de ces tests consistaient à administrer du LSD sur des
sujets ignorants dans diverses situations sociales. Au moins une
mort fut enregistrée, celle du Dr Olson est due à ces
activités. L'Agence a elle-même reconnu que ces expériences
n'avaient pas de valeur scientifique. Les agents qui faisaient le
suivi n'étaient pas des observateurs scientifiques compétents».
(Sénateur Kennedy)
Origines
Dirigé par le Dr
Sidney Gottlieb, le projet MKULTRA fut initié sous l'impulsion du
directeur de la CIA, Allen Dulles, en avril 1953, en réponse à des
utilisations supposées de techniques de contrôle mental qui auraient
été faites par l'Union soviétique, la Chine et la Corée du Nord sur
des prisonniers de guerre américains lors de la guerre de Corée. La
CIA voulait développer des techniques similaires. L'agence voulait
aussi être capable de manipuler des leaders étrangers et tentera
d'ailleurs d'utiliser certaines de ces techniques sur Fidel Castro.
En 1964, le projet
fut renommé MKSEARCH. Le but était de produire un sérum de vérité
(également nommé la sauce) parfait destiné aux interrogatoires de
personnes soupçonnées d'être des espions soviétiques et plus
généralement d'explorer les techniques de contrôle mental.
En 1972, Richard
Helms, directeur de la CIA, ordonne la destruction des archives du
projet. Il est donc difficile d'avoir une compréhension complète de
MKULTRA étant donné que plus de 150 sous-projets différents ont été
financés dans le cadre de ce programme. Le projet fût définitivement
stoppé en 1988.
Buts
L'Agence dépensa
des millions de dollars dans des études ayant pour objet de tester
littéralement des douzaines de méthodes pour influencer et contrôler
l'esprit. Un document MKULTRA de 1955 donne une indication de
l'ampleur de l'effort consenti ; ce document fait référence à
l'étude d'un assortiment de substances qui altèrent l'esprit comme
suit :
1.
Substances provoquant un raisonnement illogique et une impulsivité
au point que le sujet se discréditera en public.
2.
Substances augmentant les capacités mentales et les capacités de
perception.
3.
Substances empêchant ou contrariant les effets toxiques de l'alcool.
4.
Substances augmentant les effets toxiques de l'alcool.
5.
Substances produisant les signes et symptômes de maladies connues de
façon réversible, pouvant être ainsi utilisées pour stimuler les
malades, etc.
6.
Substances rendant la persuasion de l'hypnose plus facile ou qui
augmentent son utilité.
7.
Substances renforçant les capacités de l'individu à supporter
privation, torture et coercition pendant un interrogatoire ou lavage
de cerveau.
8.
Substances et méthodes physiques produisant l'amnésie des événements
se déroulant avant et pendant leur utilisation
9.
Méthodes physiques pour produire choc et confusion sur de longues
périodes et susceptibles d'être utilisées de façon furtive.
10.
Substances provoquant des incapacités physiques comme paralysie des
jambes, anémie aiguë, etc.
11.
Substances produisant une euphorie «pure», sans «redescente».
12.
Substances altérant la personnalité de telle façon que la tendance
du sujet à devenir dépendante d'une autre personne est augmentée.
13.
Substances causant une telle confusion mentale que l'individu sous
son influence lors d'un interrogatoire trouvera difficile de
soutenir une histoire fabriquée.
14.
Substances qui font baisser l'ambition et l'efficacité générale de
l'homme lorsque administrées en quantités indétectables.
15.
Substances qui provoquent faiblesse et distorsion visuelle ou
auditive, de préférence sans effets permanents.
16. Pilule
assommante qui peut être administrée subrepticement dans la
nourriture, les boissons, les cigarettes, ou sous forme d'aérosol,
etc., qui peut être utilisée en toute sécurité, provoquant une
amnésie maximum, et qui pourrait convenir à certains types d'agents
sur une base ad hoc.
17.
Substances qui peuvent être administrées subrepticement par les
voies supérieures, et qui en très petites quantités rendent
impossible toute activité physique.
Les expériences
Les documents de
la CIA suggèrent que l'agence a pensé à utiliser des radiations dans
le cadre du projet. La plupart des expériences ont consisté en
l'utilisation de psychotropes, particulièrement le LSD. Les
expériences se sont déroulées sur des employés de la CIA, du
personnel militaire, d'autres agents du gouvernement, des
prostituées, des personnes affligées de pathologies mentales et des
membres du public, généralement sans l'assentiment du sujet.
Les expériences
ont parfois pris une tournure sadique. Gottlieb enfermait ses
victimes dans des chambres de carence sensorielle après leur avoir
injecté du LSD. Il enregistrait les patients souffrant de troubles
mentaux lors de leurs thérapies et repassait les passages les plus
dégradants des enregistrements en continu à travers des casques
audio après que les patients furent vêtus de camisoles de force et
sous LSD. Gottlieb était lui-même un consommateur fréquent de LSD,
s'enfermant dans son bureau et prenant des notes détaillées sur les
effets de la drogue.
Les efforts pour
recruter les sujets étaient parfois illégaux même s'il n'y avait pas
forcément de prise de drogue. Au cours de l’opération Midnight
Climax, la CIA a utilisé des prostituées pour obtenir des sujets qui
ne seraient pas trop embarrassés pour parler des expériences. Les
chambres des maisons closes étaient équipées de miroirs sans tain et
les sessions étaient enregistrées pour des analyses ultérieures. Les
clients buvaient de l'alcool dans lequel du LSD avait été ajouté et
les prostituées travaillaient sous la surveillance d'agents de la
CIA.
Certaines
expériences étaient parfois volontaires, les sujets étaient alors
victimes d'expériences encore plus dures. Lors d'une expérience, une
sélection de volontaires a consommé du LSD en continu durant 77
jours.
Le LSD fut
finalement rejeté par les chercheurs en raison de ses effets
imprévisibles.
Une autre
technique consistait à injecter des barbituriques par intraveineuse
dans un bras et de la méthamphétamine dans l'autre. Les
barbituriques étaient libérés en premier, et aussitôt que le sujet
commençait à s'endormir les amphétamines étaient injectées. Le sujet
déclamait alors des propos incohérents mais il était parfois
possible de l'interroger et d'obtenir des réponses intéressantes. Le
traitement fut rejeté car il en résultait parfois la mort du patient
en raison des effets secondaires de la combinaison des médicaments,
ce qui rendait toute interrogation ultérieure impossible. D'autres
expériences ont utilisé l'héroïne, la mescaline, la psilocybine, la
scopolamine, la marijuana, l'alcool et le thiopental.
Quatre
sous-projets (102, 103, 112 et 117) étaient basés sur des enfants,
notamment avec la complicité du Centre International de vacances
d'été pour enfants (International Children Summer Camp). La CIA n'a
jamais reconnu ces expériences, malgré le témoignage et les
documents de certains psychiatres et psychothérapeutes déclarant
avoir soigné des enfants victimes de ces expérimentations.
Malgré le fait que
l'opinion générale mise de l'avant par les médias est qu'il n'y a
pas de preuves que la CIA (ou qui que ce soit) ait réussi à
contrôler les actes d'une personne à travers les techniques de
contrôle mental testées dans le projet MKULTRA, plusieurs livres de
victimes ayant survécu à ces expériences et ayant retrouvé leurs
mémoires tels que «Thanks for the Memories» de Brice Taylor ou
«Transe-Formation of America» de Cathy O'Brien tendent à prouver le
contraire. Le 3 août 1977, il y eut l'ouverture de la 95ème
audition du Congrès Américain dans les rapports d'abus concernant
les recherches sur le contrôle mental de la CIA appelé MK-ULTRA. Le
8 février 1988, une victime de haut niveau MK-Ultra, étant libre de
son esclavage mental de l'Intelligence américaine poursuivit le
gouvernement durant 7 longues années. La poursuite judiciaire et les
preuves accablantes pour le gouvernement américain, firent arrêter
le procès pour raisons de «Sécurité Nationale».
Budget
Un arrangement
secret réservait au projet un pourcentage du budget de la CIA. Le
directeur du projet MKULTRA reçut 6% du budget de l'agence en 1953,
hors de tout contrôle budgétaire.
Expériences au Canada
Une partie de ces
expériences eurent lieu au Canada après que la CIA eut recruté un
médecin d'Albany, le Dr Donald Ewen Cameron, auteur d'un
livre psychic driving (instinct psychique) que la CIA avait trouvé
particulièrement intéressant. Cameron y décrit sa théorie de
correction de la folie qui consistait à effacer la mémoire du sujet
et à la reconstruire complètement. Il faisait l'aller-retour chaque
semaine à Montréal pour travailler au Allan Memorial Institute et
fut payé $ 69 000 au total entre 1957 et 1964. Il semble que la CIA
lui avait confié les expériences les plus dangereuses à essayer sur
des ressortissants étrangers.
En plus du LSD,
Cameron expérimenta diverses substances paralysantes ainsi qu'une
thérapie par électrochocs qui utilisait des courants 30 à 40 fois
plus puissants que la normale. Ses expériences consistaient à mettre
les sujets dans un coma induit par des psychotropes pendant
plusieurs mois (jusqu'à 3 mois dans un cas) tout en jouant des
enregistrements de simple bruits ou de phrases répétitives. Ses
expériences étaient typiquement faites sur des patients ayant été
admis dans l'institut pour des troubles d'anxiété ou de dépression.
Beaucoup de ces patients ont conservé des séquelles.
C'est à cette
époque que Cameron devint célèbre après avoir été le premier
président de l'association mondiale de psychiatrie et le président
de l'association de psychiatres canado-américaine. Moins d'une
décennie auparavant, il avait été membre du tribunal médical de
Nuremberg qui avait jugé les expériences sur des cobayes humains par
l'Allemagne nazie.
Révélation
En décembre 1974,
le New York Times révéla que la CIA avait conduit des activités
illégales sur le territoire américain, dont des expériences sur des
citoyens américains dans les années 1960. Ce rapport entraîna la
formation d'une commission d'enquête du Congrès américain (la
commission Church), et une commission d'enquête présidentielle (la
commission Rockefeller) pour enquêter sur les activités de la CIA et
du FBI qui avaient eu lieu sur le territoire américain. Ces
commissions ont aussi enquêté sur les activités des agences de
renseignement militaires.
Durant l'été 1975,
des audiences du Congrès et de la commission Rockefeller révèlent
officiellement au public que la CIA et le département de la Défense
avaient conduit des expériences sur des sujets humains, avec ou sans
leur consentement, dans le cadre d'un programme visant à influencer
des sujets humains par l'utilisation de substances psychotropes,
ainsi que par d'autres moyens (psychologique, chimique, physique,
électrique). La commission révéla aussi qu'au moins un sujet était
mort suites à ces expériences.
Frank Olson, un
biochimiste de l'armée et chercheur dans le domaine des armes
biologiques, avait reçu du LSD sans son consentement et s'est
suicidé une semaine plus tard au cours d'une crise psychotique. Le
docteur de la CIA qui était censé surveiller Olson s'était
apparemment endormi lorsque Olson s'était jeté par la fenêtre. Les
circonstances exactes de sa mort demeurent controversées. En 1975,
Dick Cheney et Donald Rumsfeld ont organisé une rencontre entre la
famille de Olson et le président Gerald Ford qui a présenté des
excuses officielles à la famille ainsi qu'une compensation
financière.
Le fils de Frank
Olson conteste cette version et prétend que son père a été assassiné
en raison de ses connaissances sur les techniques d'interrogations
(parfois mortelles) utilisées par la CIA sur des prisonniers du bloc
de l'Est en Europe. En 1994, le corps de Olson a été exhumé et les
traces sur sa boîte crânienne suggèrent qu'il a reçu un coup avant
la chute qui l'aurait tué.
L'enquête interne
de la CIA a conclu que le Dr Gottlieb avait conduit ses
expériences avec l'assentiment de Frank Olson, bien que ni Olson ni
les autres personnes qui ont pris part à ces expériences n'avaient
été informées de la nature exacte des substances avant leur
ingestion. Cette enquête suggère que le Dr Gottlieb
aurait du être réprimandé car il n'avait pas pris en compte les
tendances suicidaires de Frank Olson, bien que ces tendances aient
été déjà diagnostiquées. Des rapports successifs montrent qu'une
autre personne, Harold Blauer, un joueur de tennis professionnel est
mort en raison d'expériences réalisées avec de la mescaline.
Théories du
complot
Il existerait
aussi des théories du complot prétendant que le projet MKULTRA et
l'assassinat de Robert F. Kennedy seraient liés. Certains mettent en
avant le fait que l'assassin, Sirhan Bishara Sihran, était contrôlé
mentalement, mais en général, ces théories n'ont pas été retenues
suite à un manque de preuves concrètes. Cependant, ces idées sont de
plus en plus répandues, surtout depuis le témoignage de Sirhan
Bishara Sirhan, via son avocat Lawrence Teeter, divulgué le 11 juin
2003 dans Interview with Sirhan's attorney Lawrence Teeter on KPFA
94.1 / Guns & Butter show.
Ce document
reproduit les conclusions de la commission sénatoriale présidée par
kennedy
Haut
e-mail :contact@lesdebats.com |