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Semaine du 11 au 17 juin 2008

 

Noureddine Laklek,  promoteur immobilier et touristique

Il faut laisser l’initiative aux  investisseurs privés 

Quelle place pour les compétences algériennes ?

Entre théorie et pratique

Elle en est à sa 41e édition

A quoi sert la FIA ?

Saison estivale
Des vacances sécurisées

 

 

 

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Noureddine Laklek,  promoteur immobilier et touristique

Il faut laisser l’initiative aux  investisseurs privés 

Dans cet entretien, Noureddine Laklek, architecte, à la tête, depuis 1993, d’un bureau d’étude et d’une société de réalisation et de promotion immobilière et touristique, nous parle de son expérience, de ses projets, de l’administration, du harcèlement, des blocages et de l’abus de pouvoir des impôts au mépris de la loi. Ayant fait ses preuves sur le terrain, ce natif de Chlef, adopté par la wilaya de Béjaia, ne manque pas d’idées nouvelles. Il a son actif la réalisation du village touristique de Capri Tour, mais aussi d’autres projets qui révolutionneront la conception de l’habitat pour peu qu’on le laisse aller au bout de ses rêves. Ecoutons-le.  

 

Les Débats : Monsieur Laklek,  pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? Vous êtes surtout connu en tant que réalisateur du  village touristique Capri Tour ; avez-vous d’autres réalisations à votre actif ?

Noureddine Laklek : Capri Tour n’est pas un accident de l’histoire, mais une réponse à un souci de tourisme familial. La période Boumediène – Pouillon, tout le monde connaît. C’étaient les complexes touristiques au niveau de chaque région, à Béjaia c’était l’hôtel Hammadites. Mais un hôtel, cela n’a rien à voir avec le tourisme. Moi je voulais, comme tout un chacun aspire à passer des vacances adéquates, répondre à ces aspirations, dans le respect du mode de vie et des traditions. Je voulais, à travers Capri Tour, donner une réponse ; et je crois que la réponse a dépassé de loin non seulement les aspirations, mais aussi mes objectifs. Capri Tour a été une réponse sur-mesure aux aspirations de la famille algérienne. Maintenant, sa réputation a dépassé les frontières algériennes.

 

Comment expliquez-vous le succès de Capri Tour ?

Par le fait que ce complexe a été orienté vers les aspirations de la famille, qui  a besoin de s’épanouir et de préserver ses coutumes et ses habitudes. Il fallait donner un confort familial, permettre à la famille de se retrouver et mettre en place la véritable culture algérienne ; avoir tous les aspects artistiques de la société algérienne sur un même lieu.

 

En dépit du succès de la formule Capri Tour, l’idée n’a pas été reprise par d’autres investisseurs. Est-ce parce qu’il faut de gros moyens ?  Ou peut-être que les autres promoteurs n’ont pas encore atteint ce stade de la culture touristique...

Le souhait de tout un chacun est de voir Capri Tour se généraliser un peu partout. Je crois que c’est la volonté politique qui n’a pas suivi. Il n’y a pas   eu  un encouragement de la part du ministère, ce que je déplore ; Capri Tour n’a jamais reçu la visite d’un officiel. Ni l’actuel wali de Bejaia ni celui  qui l’a précédé n’ont, pendant ces dix années d’existence, effectué une visite à Capri Tour. Aucun ministre du Tourisme en visite à Bejaia n’a mis les pieds à Capri Tour. C’est anormal.

 

Cela l’est que d’autant plus qu’on est dans une  phase de relance du secteur touristique. 

Capri Tour est une véritable réponse aux besoins de la famille algérienne. Les Algériens préfèrent aller à Capri Tour plutôt qu’en Tunisie. Cependant le ministère du Tourisme n’a jamais fait de Capri Tour un exemple. Je dirais même mieux, il ne connaît peut- être même pas Capri Tour...

 

Comment expliquez-vous ce décalage entre le discours et la réalité ?

Par une  dualité. Pour le ministère, le tourisme est juste la réalisation d’hôtellerie alors que c’est un cocktail. Le tourisme c’est aussi l’élément humain, ce n’est pas juste le bâti. C’est la culture, les traditions et à l’intérieur, tout un programme d’animation qui permet à chacun de se retrouver.

 

Avez-vous essayé de créer d’autres Capri Tour à travers le pays ?

Actuellement je suis sur un projet touristique d’importance nationale et internationale. Capri Tour a été une réalisation expérimentale.

 

Pour vérifier votre conception du tourisme ?

Oui et la vocation que j’ai donnée à Capri Tour. Je vois si cette solution que j’ai proposée sur le terrain est valable ou non. En fait, elle est plus que valable. Le client a répondu favorablement, il a donné son satisfecit. Sous d’autres cieux, il existe des espaces où l’on peut passer ses vacances mais qui ne répondent pas à notre culture ; à Capri tour, la famille passe des vacances, se divertit, se découvre à travers l’expression culturelle nationale.

 

Avez-vous des projets d’extension et des problèmes pour les mener à  bien ?

Non, à Capri Tour, il n’y a pas eu d’encouragement tout simplement. Il y a eu énormément de contraintes avec l’administration, les impôts, ils nous ont bloqué pratiquement tous les comptes pendant une dizaine d’années. L’administration locale nous a bloqué toutes les autorisations. Ce qui touche à Capri Tour est devenu interdit.

 

C’est personnel ou l’on vous reproche votre gestion ?

Du côté réglementaire, on a respecté à la lettre les textes (permis de construire, etc.). On a fait quelque chose qui a dérangé certaines personnes. Je pense que Capri Tour a fait beaucoup d’ombre sur beaucoup de personnes qui détiennent actuellement l’exécution au niveau de administrations. Que ce soit au niveau des impôts ou à celui de la wilaya.

 

Pourtant l’existence d’une telle infrastructure au niveau d’une wilaya devrait être souhaité par tout responsable, puisque cela crée de la richesse, de l’emploi…

Dans la tête des hommes qui dirigent les institutions de ce pays, le système socialiste des années 1960 et encore là. Cela n’a pas changé. Et on ne peut faire de changement sans changer les hommes. Le concept socialiste est toujours là, intact. Tout ce qui vient du prive dérange l’administration. C’est pour cela que il y a une certaine dualité privé-public.

 

Officiellement on encourage l’investissement privé. Il est aberrant que l’on fasse appel aux capitaux et promoteurs étrangers pour relancer le tourisme alors que nous avons sur place des gens à même de relancer ce secteur.

L’Algérie ne peut pas être construite par des étrangers. Elle ne peut l’être que par ses enfants. Et Dieu sait que la première richesse de l’Algérie,  c’est l’élément humain, ce n’est pas le pétrole ni autre chose. En Algérie on continue à faire abstraction des hommes. Et le privé, aujourd’hui, qu’on le veuille ou pas, est incontournable. L’administration doit changer. Je peux vous dire qu’il y a abus de pouvoir, harcèlement sur le droit privé. Moi-même je subis le calvaire avec les impôts et la wilaya.

 

Votre cas peut-il être perçu comme un découragement pour tout éventuel investisseur ?

Je ne suis pas le seul. Les principaux investisseurs et acteurs de la wilaya de Béjaia subissent les mêmes problèmes. Je ne cite pas de noms, mais ils se reconnaîtront. Je ne sais pas si les investisseurs, dans d’autres wilayas font face aux mêmes problèmes, mais à Bejaia c’est particulier. Pourtant, cette région présente des atouts extraordinaires. Mais on n’a jamais encouragé les Algériens à investir.

 

Pourquoi ?

L’administration est inerte, bloquée. Il faudrait que le pouvoir central pense à mettre une nouvelle génération en place pour mettre en application les réformes qui permettront de donner une nouvelle dynamique à notre pays. Les gens qui sont en place sont  périmés, incultes. Il n’y a que des carriéristes, qui cherchent leurs intérêts personnels qui n’ont rien à voir avec l’esprit d’Etat.

Mon expérience peut démontrer que tout ce qui m’a été appliqué n’a rien à voir avec le droit. On met la réglementation de côté et on utilise les sentiments personnels, la haine pour démolir.

 

Votre nom est associé à Capri Tour, mais avez-vous d’autres projets ?

C’est vrai que mon nom est associé au tourisme, mais à l’immobilier aussi car je suis architecte à la base. Capri Tour est ma carte de visite. J’aimerai bien réaliser d’autres villages de ce typ. L’expérience me permet  de tirer beaucoup de leçons ; les erreurs que j’ai faites, j’ai maintenant la possibilité de les corriger. J’ai le point de vue des citoyens. Cela me permet de répondre la demande par des projets beaucoup plus fonctionnels, adaptés aux besoins de la société algérienne. À la culture algérienne. Lorsque des étrangers viennent et retrouvent l’expression de la culture algérienne à travers des villages touristiques, c’est encore beaucoup plus attrayant.

 

Concrètement, à quel stade sont vos projets ?

Je projette de réaliser un grand projet touristique aux environs d’Alger sur 200 hectares. J’ai conçu un premier programme que je soumettrais prochainement au ministère du Tourisme, avec d’autres partenaires étrangers. Au vu de la politique de réforme menée par l’actuel ministre du tourisme, nous aurons certainement des échos favorables.

 

Comment se présente ce projet ?

C’est un projet sur 200 hectares. 80% seront dédiés à un parc de loisirs, autour duquel graviteront  une trentaine d’hôtels. Il y aura un bowling américain, des centres de thalassothérapie. L’hôtel est en lui même est un programme touristique dans un ensemble, un macro-projet. Cela permettra aux gens de se divertir quotidiennement, pas uniquement lors de la saison estivale.

 

C’est un gros investissement financier...

Qui s’auto financera. C’est un projet facilement réalisable, puisqu’il est à 20% immobilier. La partie immobilière permettra de financer à 100% le projet, qui peut être réalisé en moins de 5 ans. Bien sûr, on fera appel aux banques pour nous accompagner. Mais la partie immobilière financera la partie touristique. C’est ce que j’ai présenté dans le programme que j’ai soumis à l’Agence nationale de développement touristique ; les architectes qui étaient sur place étaient satisfait du montage.

 

L’assiette foncière est-elle dégagée ?

Nous avons demandé au ministère du Tourisme une première assiette foncière, à Zéralda. Mais si ce terrain n’est pas libérable immédiatement on va en demander une autre au niveau de Tipasa.                                         

 

Avez-vous fait appel à un bureau d’étude étranger pour concevoir ce projet ?

Non, j’ai tout imaginé moi-même. Je suis architecte et j’ai avec moi de jeunes architectes qui collaborent. Et je suis sûr que ce projet peut se réaliser très vite. On peut commencer à exploiter le parc de loisirs dès la première année, car il est composé d’installations foraines qu’on achète et qu’on installe. En moins  de deux ans, on aura un immense parc de loisirs de 60 à 80 hectares, qui sera destiné à tous les Algériens.

Le Sheraton, le Sofitel sont des hôtels pour les hommes d’affaires. Quand vous prenez une chambre à 30 000  dinars ce n’est pas pour faire du tourisme. Notre projet à nous, c’est de faire du tourisme de masse, de permettre à l’algérien de s'épanouir. Donc une trentaine d’hôtels peuvent être insuffisants. Chaque hôtel sera de conception différente : 2 à 3 étoiles, standing, appartement, bungalow, petit village. On a même prévu un terrain de camping.

 

Qan on vous entend parlez, on ressent beaucoup de créativité...  

C’est le résultat de mon expérience sur le terrain, de l’écoute. L’architecte, c’est comme le médecin qui fait le diagnostic et donne l’ordonnance. En plu de ma formation d’architecte, je suis aussi investisseur. Et l’investisseur, c’est en quelque sorte le commerçant qui doit répondre à un marché. Et on ne peut pas orienter la clientèle à faire du tourisme algérien    dans des hôtels 5 étoiles. L’Algérien à besoin de passer des vacances de qualité et à moindre prix.

 

Pour comparer, cela sera du tourisme à la tunisienne ?

Pas du tout. L’économie de la Tunisie est basée surtout sur le tourisme international. La Tunisie reçoit beaucoup d’européens. Le  tourisme algérien fera en sorte que le million d’algérien qui se rend en Tunisie restera chez lui. Ce sera beaucoup plus économique. A Capri Tour, nous avons des gens originaires des 48 wilayas. C’est la communion et la convivialité, c’est une synergie. D’où le succès de Capri Tour. L’Algérien a besoin de se retrouver dans des endroits sécurisés et propres.

En fait c’est une question de volonté politique. Si elle venait à s’installer les plages algériennes suffiraient pour permettre aux Algériens de passer d’agréables vacances. Si la concession des plages était faite de manière raisonnable et pragmatique, chaque bout de plage serait propre et animé.

Aujourd'hui on a mis en place un décret, mais je vous promets qu’il n’a rien à voir avec la concession de plages.  Il faut définir un cahier des charges à respecter. A Capri Tour, j’ai un kilomètre et demi de plage ; cela fait 11 ans que je la nettoie, que j’assure la sécurité avec 20 maîtres nageurs. J’ai demandé cette plage en concession, le wali de Béjaia me l’a refusée.

J’ai de quoi investisseurs à l’étranger, mais je ne partirai pas. Je veux investir dans mon pays car je n’ai pas de pays de rechange. Il faut arrêter cette hémorragie d’investisseurs et d’algériens qui prennent leurs valises et partent. Je voudrais que le pouvoir central réagisse. Si cela ne marche pas dans une wilaya, que l’on punisse les responsables dans la wilaya concernée. S’il n’y pas d’investissement, si les gens fuient la région ; c’est leur faute.

Prenez l’exemple de Béjaia. Elle n’a jamais été aussi sale que ces dernières années...

 

Pour revenir au promoteur immobilier, quels sont vos projets en dehors du secteur touristique ?

Actuellement j’ai des programmes LSP à Alger, à Aïn Taya. A Aïn Benian, j’ai en projet deux centres de thalasso, des bowlings américains et pas mal d’autres loisirs couplés au programme de logements et de commerces, restaurants, les salons de coiffure... Dans ces programmes LSP, j’ai inclus ces services pour permettre à la cité de trouver son équilibre.

C’est un concept assez nouveau. Généralement lorsqu’il s’agit de logements locatifs, participatifs  ou même promotionnels, on livrer  sans les programmes d’accompagnement. Des fois sans écoles. Je trouve que c’est inadmissible de continuer à faire  des petites boutiques dans les rez de chaussée. Pour moi l’habitat n’est pas que le logement, c’est la ville, c’est l’infrastructure.

 

Et c’est ce qui fait la différence entre vous et d’autres promoteurs...

Mon côté architecte et mes sentiments prennent à chaque fois le dessus. Je veux faire de belles choses ; je ne suis pas un commerçant. Je veux donner des solutions pratiques. Capri Tour en est un exemple, même si on lui tourne le dos. Mais on ne peut pas le cacher avec une bâche ou une clôture.

 

Votre expérience ?

J’a vu un architecte vietnamien construire une nouvelle ville, Cergy Pontoise, en 1978. J’ai été agréablement surpris par ses aptitudes à diversifier l’habitat. Aujourd’hui, on doit arrêter de construire des logements, on doit faire des villes. On doit faire des villes nouvelles simples à construire, à concevoir et adaptées à la société. On doit construire des cités qui englobent tout, y compris les loisirs. Cela ne coûte pas plus cher et cela permet de créer des emplois. L’Algérien n’est pas condamné  à vivre dans des immeubles. Après la Deuxième Guerre mondiale, les Européens ont détruit les banlieues car ils se sont rendu compte qu’elles étaient le terreau des fléaux. Nous, aujourd’hui, c’est ce que nous construisons. Le bâtiment qui se construit aujourd’hui par les Chinois n’est pas la réponse, il tourne le dos à la solution. Les cités numériques ne sont pas la solution. La solution consiste à construire des petites villes, des pavillons... cela ne consomme pas plus de terrain.

 

Que pensez-vous du projet de la ville nouvelle de Boughzoul ?

Pourquoi penser à une ville nouvelle pendant 30 ans ? Une ville nouvelle de 10 à 20 000 habitants se construit en deux, trois ans. Capri Tour compte 10 000 habitants, je l’ai construit en trois ans avec mes propres moyens. On complique trop les choses. Au lieu de construire des bâtiments, on pourrait ériger des petites villes autour d’Alger. La ville, c’est l’équivalent d’un gros village où il y a les loisirs, les divertissements, des R+4. Ce sont des cités résidentielles.

 

Peut-on rattraper ce passif ?

Je dirai qu’avec le retard pris dans la réalisation, on peut se ratrapper. Mais le gouvernement et le ministère de l’habitat devraient voir les choses d’une autre manière.

 

Mais peut-être que la forte pression exercée par une demande croissante  en logements...

Ecoutez, le bâti reste. Si on fait une erreur, elle reste à vie. Ce n’est pas une question de production de logements. C’est une question de conception qui fait défaut. On peut construire le même logement en mieux, avec le même coût et beaucoup plus vite dans la formule ville nouvelle. C’est plus une question de méthodologie, de conception et d’organisation.

 

Jusqu’à présent, c’est ce qui a fait défaut, à votre avis ?

Tout à fait. Pour concevoir une ville nouvelle, il faut qu’il ait une volonté arrêtée.

 

Qu’en est-il des problèmes des matériaux ?

Ecoutez c’est une fausse excuse. Hormis l’acier, tous les matériaux existent. Il faut faire en sorte qu’il y ait moins d’informel et moins d’intervenants. Ce sont  les auto-constructeurs qui souffrent des pénuries et du marché noir. En tant que promoteur, je n’ai aucun problème.

 

Pour conclure, passons à une autre actualité, le football. Quel est votre avis d’ancien dirigeant de club ?

Tout ce qu’on vit est le résultat d’une gestion. On a rien fait pour ce football. En Algérie, il n’y plus de niveau. Tout les clubs, relégués ou champions, ont le même niveau. Si le football a atteint ce stade de la décadence, c’est le résultat  d’une politique. Ce n’est pas par hasard si aujourd’hui on n’a pas de relève. On ne peut faire avec des amateurs des clubs professionnels. Et on continue de parler de championnat à blanc. Si on veut avoir des clubs professionnels, ne demandez pas à ceux qui ont échoué de vous donner la solution. Si on veut sortir le football de cette léthargie il faut copier, il faut demander aux Européens comment ils ont fait.

 

Le problème n’est-il pas l’argent ?

On continue de laisser des médiocres gérer le football. Il faut demander aux gens qui ont réussi. Le ministre  a réuni les gens qui ont mis le football sous terre pour leur demander d’en faire un sport d’élite. Il faut juste copier. Regarder comment est géré le football en Egypte, comment El Ahly est organisé. C’est un club professionnel. Qu’on prenne le taureau par les cornes et qu’on arrête de faire la politique de l’autruche. Cette politique ne fera que nous faire reculer. Un championnat à blanc, les solutions de clubs amateurs, que l’Etat continue à gérer le football ne fera que nous engouffrer davantage. Le professionnalisme, en Europe, a commencé en 1936.

Le MCA, la JSK, le MCO ce sont des clubs qui renferment énormément de potentialités, qui peuvent être vendues aux enchères. Le MCA, avec 10 000 personnes derrière, pourrait être  coté en bourse s’il était géré de manière professionnelle. 

Libérez le  football, qu’on fasse des clubs professionnels et vous allez voir les changements. Les rapaces vont disparaître et il y aura une émergence de l’élite. C’est comme cela que le football pourra se sortir de cette situation. En continuant de tourner le dos à la réalité, on ne fera que retarder l’explosion. On ne peut pas faire une élite avec des parasites.

 

Quelle place pour les compétences algériennes ?

Entre théorie et pratique

Une semaine après le colloque sur «La communauté algérienne établie à l'étranger», le Conseil de la Nation ouvre le débat sur «La défense économique ». Mais avant, pendant et après ces deux événements, l’Algérie continue de compter sur l’«expertise étrangère» pour mener ou préparer des projets vitaux pour la sécurité du pays ! Rares sont les secteurs qui échappent à cette règle. Aux yeux de certains de nos responsables, les étrangers sont forcément «meilleurs» que les Algériens pour gérer les aéroports, l’eau, l’environnement, et les expertises et audits en tout genre dans bien d’autres domaines.

Les Algériens sont-ils si nuls ? A voir la cadence du recours aux étrangers dans tous les domaines de l’expertise et de la consultance dans différents secteurs de l’économie, il n’y a aucun doute : nous serions d’une incompétence inégalable, génétiquement doublée d’une grave débilité. Depuis quelques années déjà, les bureaux d’étude et autres experts sont souvent sollicités pour gérer à notre place ou nous concocter des études.

La plus récente est celle commandée par le ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et du Tourisme (MATET), au bureau d’étude français qui est appelé à réaliser le «Schéma national de conservation des sols et de lutte contre la désertification». Le bureau d’études en question n’en est pas à sa première commande en Algérie. Selon les informations fournies dans son site web, ce bureau d’étude, qui a ouvert une filiale algérienne fin 2006, a déjà été sollicité dans d’autres programmes comme le «Plan directeur général de développement du Sahara algérien» ; un «Diagnostic foncier et propositions dans le domaine des structures d’exploitation, des institutions foncières, de l’aménagement du territoire, de la fiscalité agricole et de la steppe en Algérie» ; un «Diagnostic et réhabilitation des réseaux d’AEP de la wilaya d'Alger» ; l’«Assistance au maître d’ouvrage et maîtrise d’œuvre complète du projet d’alimentation en eau potable d’Alger» ainsi que pour une «Etude de la tarification de l'eau agricole».

Considérons le cas de ce bureau d’étude et essayons de comprendre quelles sont les compétences qu’il détient dont nous, Algériens, nous ne pouvons jamais rêver. Il dispose d’une équipe d’environ 230 personnes d’un large éventail de spécialités. Parmi elles, la «gestion des espaces naturels», les «évaluations environnementales», la «gestion des ressources en eau»,  les «activités en zone littorale et maritime», le «développement régional», la «gestion des inondations et modélisation», l’«irrigation», l’«hydraulique urbaine», la «régulation hydraulique et modernisation» et «l’infographie, CAO, PAO, BDD, internet». Il est précisé que cet organisme fait «régulièrement appel à des consultants indépendants pour des missions de durée variable» afin de «répondre à certains besoins spécifiques», lit-on sur le site web de la société.

Le ministère de l’Environnement n’est pas le seul à faire appel à des étrangers. Les Ressources en eau, les Transports et autres secteurs se sont déjà payé, en devises fortes, les services de bureaux d’étude d’outre-mer.

Qu’en est-il chez nous ?

Toutes ces spécialités ne sont pas inexistantes en Algérie. Des bureaux d’études privés ou publics grouillent de compétences algériennes pouvant fournir des études de qualité. «A condition de les faire bénéficier de conditions comparables à celles de leurs homologues étrangers», tient à préciser une jeune ingénieur algérien qui travaille pour un bureau d’étude étranger. Par «conditions», elle entend la «confiance» et la «rémunération nécessaire».

C’est justement ce qui fait défaut quand il s’agit de faire appel aux compétences algériennes. «Nous méprisons notre propre expertise», affirme cette jeune femme, qui a constaté que les Algériens sont «mieux respectés lorsqu’ils accompagnés d’un étranger».

En d’autres termes, lorsqu’un expert algérien travaille pour le compte d’un bureau d’étude étranger il est mieux considéré, même financièrement, que lorsqu’il travaille pour un organisme algérien, public ou privé. De plus, même lorsqu’un marché est attribué à des étrangers, le gros du travail, le plus dur, est fait par des Algériens qui, eux, connaissent mieux le terrain. «Les étrangers font systématiquement appel à la sous-traitance locale», affirme notre interlocutrice. «La première des choses qu’ils font après avoir décroché un projet public, ils cherchent des experts locaux.»

Combien ça coûte ?

On n’hésite pas, quand il s’agit de bureaux d’étude étrangers, à payer au prix fort. A défaut d’avoir des informations sur le montant des contrats signés avec les Algériens, il est possible de comparer ce qui se fait ailleurs. Le montant d’une étude sur la tarification de l'eau agricole en Ouzbékistan s’est élevée à 330.000 euros (l’équivalent de 33 millions de dinars). En général, en Algérie les tarifs de l’ordre de 1.000 euros par jour sont facturés par le bureau d’étude étranger qui, à son tour, paye l’expert local entre 200 et 250 euros par jour (l’équivalent de 25.000 DA/j).

Très souvent, les bureaux d’étude algériens sont les moins disants. Mais même avec des montants de soumission allant de 400 à 600 euros par jour, «ils sont rarement sollicités», affirme notre interlocutrice. «A 10.000 DA/jour, il est souvent demandé à l’expert algérien de revoir à la baisse ses tarifs. C’est normal, à ce prix, tu en as pour ton argent. Il ne faut pas exiger des études de haut niveau quand on paye des broutilles», conclut-elle.

Le complexe de l’étranger fait que les bureaux d’étude locaux sont très mal rémunérés, ce qui se traduit par une fuite des compétences. Un important bureau d’étude public a perdu le gros de ses cadres dont le capital minimal d’expérience était de 10 à 15 ans chacun. «Les gens préfèrent aller là où ils sont le mieux payés. Ils ont ras-le-bol de toucher des salaires de misère (comparés aux expatriés des sociétés étrangères) alors qu’ils effectuent le gros de l’étude sur le terrain.»

Si leurs compétences sont avérées, les Algériens ont la réputation de ne pas être méthodiques. «Je vous avoue que la seule chose que j’ai apprise avec les étrangers, c’est leur méthodologie. C’est ce qui nous manque vraiment», avoue notre interlocutrice. «Seulement il faut savoir, continue-t-elle, que la méthode ne vient qu’avec l’expérience sur le terrain et un carnet de commandes bien rempli.»

Tout est question de stratégie

Ce dédain pour les compétences nationales ne cadre pas avec le discours officiel de l’encouragement des cadres algériens basés à l’étranger de participer au développement du pays. Il faut d’abord en finir avec ce culte de l’étranger qui sait tout faire mieux que nous, avant de passer à d’autres étapes.

Il est quand même bizarre que l’Algérien réussisse beaucoup plus facilement ailleurs que chez lui. Etonnante était la révélation d’un participant au colloque sur la communauté algérienne à l’étranger. Le professeur Hamid Kherief, établi aux Etats-Unis, racontait comment sa tentative de faire envoyer des livres vers l’Algérie avait lamentablement échoué à cause du mépris de ces compatriotes censés l’encourager dans sa démarche. «Je vous cite un exemple qui illustre bien la situation. J'ai collecté deux conteneurs de bouquins pour un don à mon pays. J'ai demandé l'aide de l'Etat algérien pour le transport vers l'Algérie. Mais je n'ai pas eu de réponse. Ces bouquins sont restés bloqués aux Etats-Unis pendant deux ans, jusqu'à l'intervention de l'Unesco qui a décidé de les envoyer en… Côte d'Ivoire.»

Voilà pourquoi beaucoup de choses ne fonctionnent pas dans ce pays, et voilà pourquoi les compétences installées à l’étranger ne rentreront pas de sitôt. Surtout que celles qui sont déjà sur place n’ont pas la reconnaissance qu’il faut.

Abdelkader Djalil

           

 

Elle en est à sa 41e édition

A quoi sert la FIA ?

A quoi peut encore servir la Foire internationale d’Alger quand le pays grouille de centaines de salons professionnels et d’événements économiques dont certains ont égalé en prestige et dépassé en efficacité la FIA. 

Ce 7 juin, il faisait chaud à la foire. C’était un samedi difficile comme il y en a chaque début de semaine depuis que le week-end en Algérie débute le jeudi et s’achève le vendredi (autrement ce serait le  lundi qui serait pénible). Cette journée est rendue encore plus difficile par les embarras rencontrés aux accès du palais des expositions, la foire. La complication est le lot de tous ; exposants, employés de la Safex – l’entreprise qui gère le Palais –, les locataires ; ceux qui travaillent toute l’année à la foire.

Ce 7 juin est en principe journée d’inauguration. Une inauguration qui n’aura pas lieu même si on fait tout comme si l’ouverture officielle était pour ce jour. Les voitures se frôlent devant les parkings, les gens s’agglutinent aux rares entrées laissées ouvertes, consignes de sécurité obligent. Pour compliquer le tout et peser encore plus sur l’ambiance, un attentat a été commis trois jours auparavant aux Tamaris, quasiment à «quelques mètres» de la foire.

Le Président ne viendra pas ce samedi. On le savait plus ou moins, mais le ministre du commerce confirme que pour des raisons d’agenda diplomatique, l’inauguration officielle est reportée au lundi 9 juin .

Le président Bouteflika sera accompagné annonce-t-on du Premier ministre portugais, José Socrates, dont le pays est hôte d’honneur de la foire cette année.

Ces explications, si elles ont l’avantage d’éclairer les lanternes de tous ceux qui vivent la foire, annoncent aussi que dans les faits, la foire est reportée de trois jours. Deux, si on exclu la journée d’inauguration.

Trois jours de moins mais trois jours de trop pour des exposants qui, depuis qu’ils ont posé leurs bagages à la foire vivent sur les nerfs.

La tension est visible au guichet unique, le réceptacle des joies et des peines des foires et des expositions qui se tiennent en ce lieu mythique, la foire. On s’insulte, on crie, on vocifère devant des agents de la Safex qui tiennent bons pour en avoir connu d’autres. Les coups de colère des exposants, on sait ce que c’est et on sait y faire, mais cette fois c’est l’absence d’information qui complique tout, car avec toute leur bonne volonté, les agents de la Safex n’ont pas de réponse à donner.

Mais ce n’est pas le seul mauvais signe sous lequel s’annonce cette 41e foire internationale. Le nombre des exposants en pays se réduit. Six pays ont fait faux bond par  rapport à l'édition de 2007. Certes, il y a des pays peu présents dans l’économie algérienne comme la République tchèque, l'Ukraine ou le sultanat d’Oman, mais il y a aussi la Fédération de Russie, la Suisse et la Corée du Sud. Même la Turquie a décliné l’invitation à  la dernière minute alors que depuis trois ans, elle se contentait d’une participation symbolique à la FIA.

Un salon national ?

Dans les pavillons ce n’est pas le bonheur non plus. La France a vu le nombre d’exposants passer à 200, en baisse par rapport à l’année 2007.

Ce n’est pas la seule «mauvaise» surprise. On le savait et on l’avait remarqué depuis quelques années, mais cela se confirme de plus en plus. Nombreuses sont les entreprises présentes dans les pavillons étrangers qui sont pour la plupart des franchisés ou des concessionnaires de marques ou des représentants de marques étrangères. A croire que la foire internationale n’a plus  d’international que le nom.

On en arrive à se demander à quoi sert encore la FIA si c’est pour comptabiliser les absents, piquer des crises de nerfs ou permettre à des entreprises algériennes de battre pavillon étranger.

En  fait, ce n’est pas la foire qui est en train de changer mais le monde. Celle-ci a été créée dans les années 1960 pour permettre aux opérateurs économiques de l’époque, les démembrements de l’Etat et les entreprises nationales, de pouvoir aller au contact des entreprises étrangères.  Mieux, l’Algérie, qui connaissait le boom de l’édification socialiste sous Boumédiène, avait besoin de confronter les prestataires et les opérateurs étrangers qui voulaient travailler en Algérie à une sorte de concurrence sur le terrain et ainsi laisser transparaître les meilleurs, les plus tenaces, les plus volontaires, les plus compétitifs parmi  ceux qui voulaient prendre pied sur un marché algérien  totalement administré et aux mains de l’appareil du parti et de l’Etat.

Mais la foire, dont le fameux Palais des expositions, a été spécialement construit pour elle, porte aussi une charge émotionnelle certaine pour les centaines de milliers d’enfants, aujourd’hui adultes, qui allaient à la foire comme on va en promenade, comme on va en voyage.  Les enfants d’hier visitaient ainsi des pays que l’autorisation de sortie ne permettait pas de voir autrement. Les machines et les compétences industrielles étaient superflues. La foire, c’était de l’animation en tout genre, des troupes  folkloriques venus des «pays frères et amis» animaient les espaces du Palais des expositions quinze jours durant. La télévision, les journaux, la radio ne vibraient qu’aux sons venus des Pins maritimes que renvoyaient et que renvoient encore les hauts parleurs fabriqués en Chine qui sonorisent les allées du palais. 

On y allait en bus ou en aéroglisseur et une fois avoir visité les pavillons, on pouvait passer la fin d’après midi au parc d’attractions et la soirée à écouter un concert de chaâbi du cheikh M’hamed el Anka ou de Mohamed Lamari, d’ailleurs diffusé en direct  à la télévision.

Préserver la foire

Cette dimension populaire de la foire est même en train de miner certainement la vocation professionnelle et économique de la FIA. On en veut pour preuve le nombre de visiteurs que ne peut plus contenir la Foire.

Dans le même temps, si la Safex, en charge de la gestion du Palais des expositions, ne vivait que de la FIA, on pourrait craindre pour sa rentabilité. Ce sont plus de 50 événements qui sont organisés au sein du Palais des expositions chaque année, rénové perpétuellement depuis 5 ou 6 ans. Des événements comme le Salon du livre, la Foire de la production algérienne, le Salon de l’auto, le Batimatec pour ne citer que ceux-là, drainent les foules quand ils sont populaires (livre, automobile ou production algérienne) ou bien des dizaines de milliers de professionnels dans des salons «pro» comme le Batimatec, par exemple. On verra bientôt se tenir la première édition de la foire maghrébine ou alors une foire des soldes. Les salons «pro» ont prouvé  qu’ils drainaient aussi des entreprises étrangères qui sont d’ailleurs plus enclines à venir discuter avec des décideurs que d’accueillir des visiteurs désœuvrés  ou des badauds. Des pays ont tenté aussi l’expérience des salons spécifiques (la Turquie ou l’Iran).

Alors que faire de la FIA ? Décider qu’une des prochaines éditions sera la dernière ou bien changer sa vocation ? En faire une sorte de grand-messe sociale et culturelle permettant de voyager et de voir du monde et des gens venus d’ailleurs. Satisfaire le sentiment de nostalgie de la jeunesse des quadragénaires et des quinquagénaires qui veulent maintenir la FIA comme on préserve un patrimoine culturel en péril.

La question se pose avec autant d’acuité que l’on risque de voir à terme les entreprises déserter la FIA au profit des salons professionnels et annoncer l’échec prévisible des prochaines éditions.

Amine Esseghir   

 

Saison estivale
Des vacances sécurisées

50 000 gendarmes assureront cette année la sécurité des estivants, voilà de quoi rassurer les plus craintifs et les plus récalcitrants. Mieux encore, 8 000 véhicules, hélicoptères et motocyclettes sillonneront les abords des plages, les complexes touristiques et les camps de vacances.
En effet, la saison estivale qui a commencé le premier de ce mois promet d'être mieux servie que les précédentes en matière de sécurité. Le plan Delphine, qui n'est plus à sa phase expérimentale, est amélioré chaque année ; il  prévoit cet été de couvrir 250 plages, soit plus de 80% des plages autorisées à la baignade, pour sécuriser les estivants. Aussi bien ceux qui préfèrent passer une journée au bord de la mer que ceux qui y passent toutes leurs vacances. Les gendarmes seront confortés dans leur tâche quotidienne par des unités spécialisées : brigades cynophiles, formation aérienne, section de sécurité et de maintien de l'ordre. Car il est connu que les agressions sur les lieux publics et de loisirs créent un sentiment d'insécurité chez les citoyens. Ces efforts sont déployés pour prendre en charge les spécificités de chaque région et la nature des crimes. Les enseignements tirés des plans passés servent, à chaque fois, à améliorer des interventions. En effet, depuis sa première application en 2004, le plan Delphine n'a pas cessé de s'améliorer pour s'inscrire finalement dans une pratique courante et régulière.

Sécurité maximale

L'idéal serait d'arriver à un comportement civique sur les lieux de plaisance et sur les routes et de faire participer le citoyen à cette démarche qui vise à sécuriser les personnes et les biens.

Ce n'est pas tout, le plan Delphine prévoit aussi des dispositifs de prévention, de contrôle et de régulation de la circulation routière, surtout aux heures de grande affluence et sur les axes routiers importants pour assurer la fluidité du trafic. Car il n'est un secret pour personne que pendant la saison estivale, tous les axes routiers proches de la mer connaissent des bouchons incroyables qui durent des heures et incommodent sérieusement les automobilistes qui, très souvent tentent des manœuvres pour échapper à ce blocage et accentuent sans le vouloir les encombrements. L'application du plan Delphine ne concerne pas Alger seulement, mais 14 wilayas côtières où les estivants affluent très nombreux. Ainsi, toutes les informations qui touchent les conditions d'hygiène et de sécurité dans les centres d'accueil sont retransmises aux autorités territorialement compétentes. Autrement dit, le plan Delphine contribue sérieusement à améliorer les conditions d'accueil des estivants mais aussi les conditions de sécurité et la santé publique.

Tout est donc fin prêt pour recevoir les estivants et surtout les touristes. Les plages sont nettoyés, les routes sécurisées il ne reste q'un aspect qui, chaque année, décourage beaucoup de familles émigrées de faire le voyage jusqu'en Algérie pour y passer leurs vacances. Les vols affichent complet dés le début de la saison estivale et obtenir un billet de voyage équivaut à décrocher le gros lot. Cette année, la compagnie algérienne Air Algérie et les compagnies maritimes CNAN et Algérie ferries ont élaboré des programmes spécialement pour cette saison estivale 2008. Ainsi, un plan régulier de vols est prévu du 29 juin au 10 août et permettra d'assurer 79 562 sièges au départ de Paris et vers toutes les destinations de l'Algérie. Pour la phase aller, deux vols supplémentaires sont assurés de Mulhouse, 13 de Metz et 8 de Lille. Les représentations d'Air Algérie de Lyon et de Marseille prévoient pour leur part des vols supplémentaires afin que tout ceux qui le désirent puissent voyager sans contrainte. Les transporteurs maritimes ne sont pas en reste et comptent mettre les moyens qu'il faut pour permettre aux voyageurs de faire le déplacement sans encombre. Pour cela, Algérie- ferries a mobilisé 3 car-ferries (Tarik Ibn Zyad, El Djazaïr ll et Tassili) et un navire affrété, le Riviera Adriatica. 348 traversées sont prévues pour les lignes France, Algérie et Espagne. Ainsi, pour la période qui s'étale du 15 juin au 15 septembre, 233 030 passagers pour la première liaison et 195 024 pour la seconde seront transportés par la compagnie maritime. En plus des voyageurs, 119 145 véhicules auront leur place à bord des ferries, car il va de soi que de nombreux voyageurs préfèrent ramener leur véhicule pour éviter les problèmes de transport qui ne manquent pas de surgir une fois arrivés en Algérie.
Le maillon  faible

La saison estivale 2008 sera t-elle mieux réussie que celles qui l'ont précédée ? Cette question tire son opportunité du fait que cette saison coïncide avec une conjoncture spécifique : l'Algérie s’est lancé un défi. Le défi est de taille puisqu'il s'agit de rattraper le retard enregistré en matière de tourisme durant des années. Pourtant, les atouts pour attirer les touristes ne manquent pas : des paysages variés, une côte qui n'a rien à envier à celles des autres pays sinon qu'elle manque cruellement d'infrastructures hôtelières et de loisirs, un tourisme de quatre saisons, un Sud aux paysages époustouflants, des montagnes magnifiques, des stations thermales... On peut compter à l'infini les charmes du pays mais l'on ne dira jamais assez l'hospitalité et le bon accueil de sa population.

Mais ces ingrédients aussi alléchants soient-ils, ne sont pas suffisants pour relancer un tourisme moribond. Le ministre du Tourisme et de l'Aménagement du territoire qui est bien conscient de cette réalité, affirme qu’«il faut revoir l'image Algérie, la signature Algérie, la notoriété et le logo». Beaucoup de travail reste à faire pour combler le creux qui nous sépare de la Tunisie, du Maroc et de l'Égypte, des pays qui ont su profiter de leurs richesses naturelles et de leurs traditions pour s'attirer le plus grand nombre de touristes et engranger une manne financière importante. L'Algérie, qui compte s'y mettre sérieusement pour retrouver la place qu'il lui faut, devrait commencer tout de suite, c'est à dire dès cette saison estivale, au moins pour tester les capacités à assurer des séjours agréables. La tâche, on le sait parfaitement, est loin d'être facile et essayer de rattraper un retard qui s'est accumulé sur plusieurs années n'est pas aisé. Mais il n'est pas impossible de faire beaucoup mieux que ce qui se fait aujourd'hui et qui est loin d'encourager les touristes à affluer. En attendant, les plages de sable fin, le ciel bleu, les paysages encore à l'état vierge sont une invite à se prélasser et oublier le stress et la pression d'une année de travail. Les insuffisances en matière d'accueil et d'hygiène ne sont jamais réellement des empêchements pour passer de bonnes vacances, du moins pour nous qui avons l'habitude de ces manques. Mais il ne faudrait pas que les choses continuent sur cette lancée.
Khadidja Mohamed Bouziane

 

 

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