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Nouvelle
loi électorale
La
controverse !
Présentés à l’APN
par le ministre de l’Intérieur, Yazid Zerhouni, les amendements de
la loi électorale divisent la classe politique. Entre les “petits“
partis et leurs aînés, les seconds étant sans surprise les
initiateurs du nouveau texte, le torchon brûle et les consensus
d’hier ne sont plus. A travers les médias, la controverse sur la
question est évidente. Ainsi, un journaliste de L’Authentique écrit
qu’“à l’annonce des législatives du 17 mai dernier, le patron du
ministère de l’Intérieur a clairement ciblé les petits partis en les
rendant responsables de l’abstention, dont le taux de 60% n’a jamais
été atteint en Algérie auparavant”.
Un commentateur
plutôt inspiré, nous semble-t-il, occupe la page noble du Citoyen pour
prédire que “tous les indices sont là pour dire que les élections
locales de novembre 2007 se joueront dans un ‘mouchoir de poche’. La
tendance actuelle, qui est à l’abstention, pourrait encore prendre
de l’ampleur si les petits partis, par la faute des lois
électorales, qui se sont déjà soumis à l’Assemblée, se retrouvent
subitement mis ‘hors jeu’. Le très grand taux d’abstention
enregistré lors des législatives du 17 mai, a été ressenti par les
autorités comme un discrédit porté à la politique de l’Etat. De
fait, le ministre de l’Intérieur, en voulant combler cette faille,
qui peut à la longue constituer une rupture avec l’Etat, a voulu
mettre sur place des mesures opérationnelles qui tentent, certes, à
rendre plus crédible le scrutin, mais qui risque d’un autre côté de
renforcer le verrouillage politique du moment, d’éliminer les partis
politiques dits ‘petits’…”. Pour lui, cela risque “de
consacrer aussi la seule hégémonie des trois partis de l’Alliance,
qui auront pour eux le bénéfice des nouvelles lois”. Pour sa
part, Midi Libre estime que
“le débat à l’APN autour de
l’amendement de la loi électorale, prévu ce mercredi, promet d’être
brûlant. Les partis de l’opposition comptent, en effet, proposer
moult amendements à la copie présentée avant-hier devant la
commission des affaires juridique de la Chambre basse par le
ministre de l’Intérieur, Nouredine Yazid Zerhouni, au nom du
gouvernement. Des formations politiques comme le RCD, le PT, le FNA,
avec l’appui des députés des petits partis qui ont réussi à se faire
élire lors du scrutin du 17 mai dernier, vont ainsi s’opposer avec
force au projet de loi organique modifiant et complétant
l’ordonnance n° 97-07 du 6 mars 1997, portant loi organique relative
au régime électoral”.
La Nouvelle
République ouvre ses
colonnes à l’Alliance pour la sauvegarde de la démocratie et relève
que “pour l’Alliance, les balises que dresse l’avant-projet de
loi électorale sont des faux barrages, car elles sont
anticonstitutionnelles, illégales et illogiques, elles procèdent
d’une violence politique en ce qu’elles avalisent l’effet
rétroactif, contrairement au principe de non-rétroactivité des lois.
Pour l’ASD, le fait de ne pas atteindre les 4% des suffrages leur
permettant de se présenter aux prochaines élections, la
responsabilité incombe à l’Etat qui n’a pas su mener, comme il le
fallait, sa mission de consolidation du processus démocratique”.
Le même traitement est réservé à cette mobilisation par Le Soir
d’Algérie, selon lequel “l’Alliance pour la sauvegarde de la
démocratie (ASD), qui vient de s’élargir à trois autres partis,
poursuit de militer pour le retrait de l’avant-projet de loi
organique relatif au régime électoral qui projette de soumettre la
participation au jeu électoral à des conditions hautement
drastiques. Elle sollicite, après une dénonciation publique des
amendements proposés à la loi électorale, l’intervention du conseil
constitutionnel, convaincue qu’elle prétend être de l’anticonstitutionnalité
du texte avalisé dernièrement par le conseil des ministres”.
Mustapha Hammouche,
le chroniqueur de Liberté, nous avertit sans détour :
“Le temps de passer cette loi, le
régime est peut-être en passe de franchir une nouvelle étape dans la
logique de restriction de la vie publique nationale, se cherchant
des critères pour légaliser tout nouvelle infiltration de la scène
publique. Le système de l’agrément, parfois arbitrairement
discriminatoire, est à l’origine de l’incohérence de la carte
politique : des abréviations fortuites émergent à chaque échéance
pendant que disparaissent des sigles qui, préalablement, semblaient
avoir une réelle existence”.
L’éditorialiste du
Jour d’Algérie n’en est pas moins d’accord. “Pour
justifier ce nouveau tour de vis déjà décrié, l’exposé des motifs de
ce projet de loi dit tirer les leçons des législatives du 17 mai et
tente, par un argumentaire complètement décousu, de nous démontrer
que c’est aux petits partis et aux listes indépendantes que l’on
doit la forte abstention enregistrée. Tout cela pour aboutir à ce
qui n’est rien moins qu’une atteinte à la liberté d’association
telle que consacrée par la Constitution”, dénonce-t-il.
Redouane A.
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