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Semaine du 12 au 18 décembre  2007

 

Iran 

Quelles options pour les Etats-Unis ?

 

 

 

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Quelles options pour les Etats-Unis ?

Avec le reflux de la menace d'une guerre  contre l'Iran et de nouvelles sanctions de l'ONU plus difficiles à vendre à leurs  alliés, les Etats-Unis se trouvent face à un nombre limité d'options face au  régime de Téhéran, estiment des experts. Le président américain George W. Bush insiste sur le fait que l'Iran reste  une menace, après la publication récente d'un rapport retentissant des agences de  renseignement américaines selon lequel l'Iran aurait arrêté, en 2003, un  programme secret pour fabriquer l'arme nucléaire et paraîtrait moins déterminé  aujourd'hui à avoir la bombe atomique. Mais après ce rapport, "l'option militaire non seulement n'est plus sur la  table, mais elle est passée par la fenêtre", résume Ray Takeyh, spécialiste du Proche-Orient au Council on Foreign Reactions. La Russie et la Chine ont pratiquement exclu un nouveau train de sanctions  de l'ONU contre l'Iran à la suite de la publication des conclusions des 16 agences de renseignement américaines. 

Ces conclusions sapent l'argumentaire du président Bush et du  vice-président Dick Cheney, selon lequel l'Iran représente une menace imminente  qui pourrait nécessiter une réponse militaire, estime Bruce Riedel, spécialiste  du Proche-Orient à la Brookings Institution.  "Une attaque militaire américaine unilatérale contre l'Iran n'est plus à  l'ordre du jour désormais, même si Bush dit que 'toutes les options sont sur la  table'" et comme de nouvelles sanctions sont exclues, selon cet expert, "un  dialogue bilatéral fait sens".  Mais le président Bush, selon lui, "ne le fera pas et laissera le prochain  président arriver avec une nouvelle approche".

Même si les Etats-Unis ont rompu leurs liens diplomatiques avec l'Iran  après la révolution islamique en 1979, les deux pays ont eu récemment une série  de contacts à Bagdad pour discuter de la sécurité en Irak. Selon certains experts, ces discussions ont contribué à la diminution des  violences en Irak et pourraient se poursuivre discrètement en s'élargissant à  d'autres sujets, comme le nucléaire iranien.

Mais si la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, se dit prête à  rencontrer les responsables iraniens n'importe quand et n'importe où, c'est à  la condition que l'Iran mette fin à son programme d'enrichissement d'uranium.  Or, avec ce programme, Téhéran ne contrevient pas au droit international,  qui autorise ces activités à des fins civiles.

Le rapport du renseignement  américain précise que les Etats-Unis suspectent à tort l'Iran de mener en  secret un programme d'armement.  "L'erreur de l'administration Bush est qu'elle a surestimé les capacités  nucléaires de l'Iran et qu'elle a surestimé la menace iranienne", explique Vali  Nasr, professeur de politique internationale irano-américain à l'université Tufts, qui se dit cependant "sceptique quant à la volonté de l'administration à  mener une nouvelle politique envers l'Iran".

Karim Sadjadpour, du Carnegie Endowment for International Peace, souligne  que les "faucons" des deux pays ont subi un revers, mais lui non plus ne pense  pas que la position américaine va changer face à l'Iran.  "Le meilleur allié des Américains et des Européens pour isoler l'Iran, ce sont les Iraniens eux-mêmes", estime cet expert, citant l'"intransigeance" du  président Ahmadinejad et du nouveau négociateur iranien sur le nucléaire, Saïd  Jalili.  Ahmadinejad utilise la controverse sur le nucléaire pour marginaliser  l'opposition et détourner l'attention de l'opinion publique des problèmes  économiques, selon les analystes. C'est pourquoi, selon M. Nasr, la meilleure  approche pour les Etats-Unis serait de cesser d'alimenter son nationalisme  agressif, dans l'espoir que son parti perde les élections législatives en mars  prochain.

Moscou ne veut pas de sanctions

La Russie a ajouté sa voix à celle de  la Chine, comme elle traditionnellement réticente à des sanctions de l'ONU  contre l'Iran, en annonçant qu'elle "prendrait en compte" le rapport du  renseignement américain dédouanant Téhéran, lors de prochains débats au Conseil  de sécurité. "Nous allons réfléchir à une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de  l'ONU en prenant en compte tous ces nouveaux facteurs, y compris évidemment les  informations américaines (...) selon lesquelles il n'y a pas de programme  militaire nucléaire secret en Iran", a déclaré le chef de la diplomatie russe. Moscou "n'a pas d'informations selon lesquelles de telles recherches ont  été effectuées, même avant 2003", a insisté Sergueï Lavrov.

Le 1er décembre, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Chine,  Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et l'Allemagne s'étaient réunis à Paris pour mettre au point une stratégie commune face à l'Iran. A l'issue de cette réunion, ils avaient dit être prêts à commencer à travailler en vue d'une résolution sur de nouvelles sanctions de l'ONU.

Mais avec ces déclarations de Sergueï Lavrov, la Russie semble, comme la Chine,  laisser entendre que de nouvelles sanctions sont de moins en moins probables, alors que les Etats-Unis veulent maintenir la pression sur l'Iran avec des  sanctions plus dures de l'ONU.  L'ambassadeur de Chine à l'ONU, Wang Guangya, a estimé  le 4 décembre qu'en ce qui  concerne l'étude de nouvelles sanctions, "les membres du Conseil devront y  réfléchir (...) maintenant les choses ont changé". Depuis le début de l'affaire du nucléaire iranien, la Chine et la Russie ont toujours été réticentes à l'idée d'infliger des sanctions à Téhéran. En revanche, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a engagé les membres permanents du Conseil à ne pas relâcher leurs efforts pour faire plier Téhéran.

L'Iran fait l'objet de trois résolutions du Conseil de sécurité, dont deux  assorties de sanctions, à cause de son refus de suspendre notamment son  enrichissement d'uranium.  Il est aussi soumis à des sanctions unilatérales des Etats-Unis et aux  pressions de ces derniers sur les grandes banques internationales pour cesser  toute relation avec la République islamique.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a qualifié de "victoire  pour l'Iran" le rapport du renseignement américain et y a vu une raison  supplémentaire pour Téhéran de poursuivre ses activités nucléaires. La Russie, qui construit en Iran la centrale nucléaire de Bouchehr, au grand  dam des Etats-Unis, insiste cependant pour que l'Iran gèle l'enrichissement  d'uranium qui irrite la communauté internationale. Le président russe Vladimir Poutine a "une nouvelle fois appelé avec  insistance la direction iranienne à prendre au sérieux les exigences" de  l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et du Conseil de sécurité  de l'ONU "qui appellent à geler les travaux d'enrichissement d'uranium", au  cours d'une récente rencontre avec Saïd Jalili, le principal négociateur sur le  nucléaire iranien, a souligné M. Lavrov.

L. H.

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