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A
deux semaines du Nouvel an
Rien de particulier !
Lu sur El Watan
du samedi 8 décembre, « les citoyens des villages de Tikatine,
Klada, Aït Hamidouche et Aït Amer Moussa se sont réunis afin de
discuter du projet de création d’un comité inter villages». Les
quatre villages partagent le même tronçon routier, le même château
d’eau et la même école primaire. A ce jour, les problèmes n’ont pas
pu être réglés car chaque comité travaillait de son côté. L’absence
d’union a été ressentie puisque les citoyens ont reconnu leur part
de responsabilité dans ce mauvais état dans lequel se trouvent leurs
villages. «C’est dans le but d’offrir u avenir meilleur pour nos
enfants qu’on a pris cette décision.» Quel commentaire peut
susciter pareille décision, si ce n’est de dire que ce genre
d’exemple devrait être légion dans notre pays où la démobilisation
citoyenne a atteint le seuil de l’intolérable au point où l’on a
l’impression que plus personne n’est responsable de quoi que se
soit ?
Un autre exemple
rapporté par Liberté, dans son édition du dimanche 9
décembre, devrait être pris en considération et réveiller bien des
consciences. C’est celui de cinq courageux enfants qui ont trouvé
la mort par noyade.
Morts pour des sacs
de semoule vides
Liberté rapporte
que «selon les témoins, il était environ 13 h quand les six
enfants – le sixième a été sauvé in extremis – se trouvaient au
niveau d’une mare creusée par les nomades l’été dernier». Et
d’ajouter que les enfants «y étaient venus juste pour laver les
sacs de semoule vides pour pouvoir les réutiliser après». Une
minute de silence a été observée dans les établissements scolaires.
Question : peut-on mourir aussi bêtement ? Réponse : oui, lorsque
dans un pays dont les réserves de change ont atteint des centaines
de milliards de dollars, des enfants sont obligés qui de laver des
sacs de semoules vides pour les réutiliser afin de vendre du pain au
bord de l’autoroute, au péril de leur vie. Un pays aussi qui ne
finira pas de nous surprendre.
Ainsi, cette semaine
nous avons pu constater un fait inédit dans la presse écrite. Un
quotidien, Le Maghreb, réserve sa pleine Une à une publicité.
Celle d’un fabriquant d’automobiles. C’est tellement inhabituel que
c’en est presque choquant. Heureusement que nous avons les
politiques pour nous rappeler que nous sommes toujours sur la
planète Algérie. Et ce rappel, nous le devons entre autres à L’Authentique :
«Aït Ahmed refuse la démission de Tabbou.» Encore une
occasion ratée de ressembler à ces pays démocratiques où, après un
échec électoral, le premier responsable du part est tenu d’assumer
et de présenter sa démission en guise d’excuses pour les mauvais
résultats obtenus lors de la consultation électorale. Non, Aït Ahmed
lui a refusé cette exception qu’aurait pu constituer son premier
secrétaire national. Et Tabbou est tenu de rester à son poste et de
prolonger la tradition algérienne qui veut que quel que soit le
bilan d’un responsable, à n’importe quel poste donné, il ne quitte
pas de son propre chef son poste. Il attendra qu’il soit démis de
ses fonctions et là, il pourra crier sur tous les toits qu’il a été
limogé pour d’autres considérations qui n’ont rien à voir avec ses
responsabilités antérieures. A relever toutefois, selon Le Soir
d’Algerie, que le DG de Mobilis a démissionné de son poste
suite aux réserves formulées par le commissaire aux comptes. Il
serait bon aussi que ces réserves soient rendues publiques. Car
elles permettraient de se faire une idée sur les raisons réelles de
la démission et, partant, de jauger de la «noblesse» du geste. En
fait, d’autres préfèrent demeurer en poste jusqu’à leur
incarcération.
Ces affaires qui n’en
finissent pas !
Le Soir d’Algérie
de ce même samedi 8 décembre nous apprend que le directeur technique
d’Air Algérie a été arrêté et que trois autres cadres autres ont été
placés sous contrôle judicaire. A en croire ce quotidien, «une
enquête diligentée depuis plusieurs mois par les services de
sécurité a conclu à une malversation» dans la conclusion des
contrats. Si ce genre d’affaires éclate de temps à autre, mettant à
nu l’avidité de certains cadres qui profitent leur poste pour
améliorer de manière substantielle leur mode de vie, il se trouve
qu’il existe une majorité d’Algériens qui éprouvent du mal à
subvenir à leurs besoins alimentaires. Une situation appelée à se
compliquer face à la flambée des prix du blé et des oléagineuxs sur
le marché international. De quoi conduire La Nouvelle République
à se poser la question suivante : «L’Etat doit-il revenir à
la politique de soutien des prix ?» Le commentateur fait
remarquer que «le paradoxe économique algérien voit s’élargir le
clivage qui le sous-tend et on assiste à une concurrence folle
entre la cherté de la vie et le niveau de vie des populations dans
un contexte d’embellie financière inédite depuis l’indépendance de
l’Algérie».
Le Jeune Indépendant,
lui, souligne qu’à moins de deux semaines de l’Aïd el-Adha, «les
prix des moutons atteignent 34 000 DA !». Un niveau qui, de
l’avis de ce quotidien, «dépasse de loin les capacités des bourses
moyennes». L’explication de cette cherté est à cherche dans le fait
que «les éleveurs semblent avantager beaucoup plus la
spéculation, préférant temporiser avant de vendre, d’autant qu’il
n’y a pas de risque de sécheresse».
Dure, dure est désormais
la vie en Algérie. Même les endroits autrefois sécurisés ne le sont
plus. A la Une d’El Djazaïr News, cette nouvelle faisant état
de la mort par arme blanche d’un étudiant alors qu’il se trouvait
dans sa chambre de la cité universitaire, à Boumerdès. Mais cette
délinquance n’est pas propre à l’Algérie puisque, selon El Khabar
du dimanche 9 décembre, 14 hadjis algériens ont été volés lors de
lors pèlerinage aux Lieux Saints de l’islam.
La bonne nouvelle est
que, selon El Youm, le mois de novembre écoulé est le moins
sanglant depuis l’apparition du terrorisme. Il a enregistré quatre
victimes. Mais c’est toujours quatre victimes de trop.
Nadia Kerraz
Haut
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