Semaine du 12 au 18 décembre  2007

 

A deux semaines du Nouvel an

Rien de particulier !

 

 
 
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 A deux semaines du Nouvel an

Rien de particulier !

 Lu sur El Watan du samedi 8 décembre, « les citoyens  des villages de Tikatine, Klada, Aït Hamidouche et Aït Amer Moussa se sont réunis  afin de discuter du projet de création d’un comité inter villages». Les quatre villages partagent le même tronçon routier, le même château d’eau et la même école primaire.  A ce jour, les problèmes n’ont pas pu être réglés car chaque comité travaillait de son côté. L’absence d’union a été ressentie puisque les citoyens ont reconnu leur part de responsabilité dans ce mauvais état dans lequel se trouvent leurs villages. «C’est dans le but d’offrir u avenir meilleur pour nos enfants qu’on a pris cette décision.» Quel commentaire peut susciter pareille  décision, si ce n’est de dire que ce genre d’exemple devrait être légion dans notre pays où la démobilisation citoyenne a atteint le seuil de l’intolérable au point où l’on a l’impression que plus personne n’est responsable de quoi que se soit ?

Un autre exemple rapporté par Liberté, dans son édition du dimanche 9 décembre, devrait être pris en considération et réveiller bien des consciences.  C’est celui de cinq courageux enfants qui ont trouvé la mort par noyade.

Morts pour des sacs de semoule vides 

Liberté rapporte que «selon les témoins, il était environ 13 h quand les six enfants – le sixième a été  sauvé in extremis – se trouvaient au niveau d’une mare creusée par les nomades l’été dernier». Et d’ajouter que les  enfants «y étaient venus juste pour laver les sacs de semoule vides pour pouvoir les réutiliser après». Une minute de silence a été observée dans les établissements scolaires. Question : peut-on mourir aussi bêtement ? Réponse : oui, lorsque dans un pays dont les réserves de change  ont atteint des centaines de milliards de dollars, des enfants sont obligés qui de laver des sacs de semoules vides pour les réutiliser afin de vendre du pain au bord de l’autoroute, au péril de leur vie. Un pays aussi qui ne finira pas de nous surprendre.

Ainsi, cette semaine nous avons pu constater un  fait inédit dans la presse écrite. Un quotidien, Le Maghreb, réserve sa pleine Une à une publicité. Celle d’un fabriquant d’automobiles. C’est tellement inhabituel que c’en est presque choquant.  Heureusement que nous avons les politiques pour nous rappeler que nous sommes toujours sur la planète Algérie.  Et ce rappel, nous le devons entre autres à L’Authentique : «Aït Ahmed refuse la démission de Tabbou.» Encore une occasion ratée de ressembler à ces pays démocratiques où, après un échec électoral,  le premier responsable du part est tenu d’assumer et de présenter sa démission en guise d’excuses pour les mauvais résultats obtenus lors de la consultation électorale. Non, Aït Ahmed lui a refusé cette exception qu’aurait pu constituer son premier secrétaire national. Et Tabbou est tenu de rester à son poste et de prolonger la tradition algérienne qui veut que quel que soit le bilan d’un responsable, à n’importe quel poste donné, il ne quitte pas de son propre chef son poste. Il attendra qu’il soit démis de ses fonctions et là, il pourra crier sur tous les toits qu’il a été limogé pour d’autres considérations qui n’ont rien à voir avec ses responsabilités antérieures.  A relever toutefois, selon Le Soir d’Algerie, que  le DG de Mobilis a démissionné de son poste suite aux réserves formulées par le commissaire aux comptes. Il serait bon aussi que ces réserves soient rendues publiques. Car elles permettraient de se faire une idée sur les raisons réelles de la démission et, partant, de jauger de la «noblesse» du geste. En fait, d’autres préfèrent demeurer en poste jusqu’à leur incarcération.

Ces affaires qui n’en finissent pas !

Le Soir d’Algérie de ce même samedi 8 décembre nous apprend que le directeur technique d’Air Algérie a été arrêté et que trois autres cadres autres ont été placés sous contrôle judicaire. A en croire ce quotidien, «une enquête diligentée  depuis plusieurs mois par les services de sécurité a conclu à une malversation» dans la conclusion des contrats. Si ce genre d’affaires éclate de temps à autre, mettant à nu l’avidité de certains cadres qui profitent leur poste pour améliorer de manière substantielle leur mode de vie, il se trouve qu’il existe une majorité d’Algériens qui éprouvent du mal à subvenir à leurs besoins alimentaires. Une situation appelée à se compliquer face à la flambée des prix du blé et des oléagineuxs sur le marché international. De quoi conduire La Nouvelle République à se poser la question suivante : «L’Etat doit-il revenir à la politique de soutien des prix ?» Le commentateur fait remarquer que «le paradoxe économique algérien voit s’élargir le clivage qui le sous-tend et on assiste  à une concurrence folle  entre la cherté de la vie et le niveau de vie des populations dans un contexte d’embellie financière inédite depuis l’indépendance de l’Algérie».

Le Jeune Indépendant, lui, souligne qu’à moins de deux semaines de l’Aïd el-Adha, «les prix des  moutons atteignent 34 000 DA !».  Un niveau qui, de l’avis de ce quotidien, «dépasse de loin les capacités des bourses moyennes». L’explication de cette cherté est à cherche dans le fait que «les éleveurs semblent avantager beaucoup plus la spéculation, préférant temporiser avant de vendre, d’autant qu’il n’y a pas de risque de sécheresse». 

Dure, dure est désormais la vie en Algérie. Même les endroits autrefois sécurisés ne le sont plus. A la Une d’El Djazaïr News, cette nouvelle faisant état de la mort par arme blanche d’un étudiant alors qu’il se trouvait dans sa chambre de la cité universitaire, à Boumerdès. Mais cette délinquance n’est pas propre à l’Algérie puisque, selon El Khabar du dimanche 9 décembre, 14 hadjis algériens ont été volés lors de lors pèlerinage aux Lieux Saints de l’islam.

La bonne nouvelle est que, selon El Youm, le mois de novembre écoulé est le moins sanglant depuis l’apparition du terrorisme. Il a enregistré quatre victimes. Mais c’est toujours quatre victimes de trop.

Nadia Kerraz 

   

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