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Palestine
Quelles chances
de succès pour l'accord de La Mecque ?
L'accord conclu le
8 février à la Mecque par le Hamas et le Fatah palestiniens pour la
formation d'un gouvernement d'union ne satisfait comme il fallait
s’y attendre ni les Etats-Unis ni Israël mais pourrait fournir
l'occasion à certains Etats européens, voire des pays arabes,
d'assouplir leur blocus économique.
En chargeant
l'actuel Premier ministre issu du Hamas Ismaïl Haniyeh de former le
gouvernement d'union, le président Mahmoud Abbas a affirmé que le
cabinet attendu devait "respecter" les accords conclus par
l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), y compris ceux
signés avec Israël, ce qui revient à une reconnaissance implicite
de l'Etat juif. Or les Etats-Unis et l'Europe exigent pour renouer
avec le gouvernement palestinien qu'ils boycottent politiquement et
financièrement depuis l'arrivée du Hamas à sa tête, qu'il
reconnaisse explicitement Israël, les accords passés, et,
disent-ils, "renonce" à la violence. Mais le Hamas a insisté sur le
fait que l'accord de la Mecque ne l'obligeait en rien à reconnaître
Israël même si le gouvernement d'union nationale auquel il
participera s'engage à respecter les accords signés par l'OLP.
Plusieurs analystes estiment toutefois, que l'accord de la Mecque
devrait amener l'Europe à lâcher du lest, surtout si l'Arabie
saoudite, qui a parrainé les discussions, use de son influence pour
desserrer l'étau occidental. "Cet accord va conduire à
l'élaboration d'une nouvelle position arabe envers le gouvernement
palestinien et amènera aussi des changements dans la politique des
pays européens à son égard", estime Samir Awad, chef du département
des sciences politiques à l'université de Bir-Zeit en Cisjordanie.
"Le fait que l'Arabie saoudite ait parrainé cet accord va encourager
de nombreux pays arabes à briser le blocus imposé au Hamas et au
gouvernement palestinien. Au niveau international, l'accord va
créer des brèches dans la position européenne et cela pourrait
mettre Israël et les Etats-Unis dans l'embarras", ajoute-il. George
Giacaman, directeur de l'Institut palestinien pour l'étude de la
démocratie, prédit que "l'Arabie saoudite va jouer un rôle important
pour obtenir une reconnaissance internationale du nouveau cabinet
palestinien". "Je ne pense pas que l'Arabie saoudite ait pris une
telle initiative (de parrainer un accord) sans avoir consulté au
préalable les Européens et les Etats-Unis", ajoute-il. "La
réussite de ce gouvernement est tributaire de la politique de la
communauté internationale à son égard. Je pense que les Européens
sont plus ou moins prêts à traiter avec lui. Quant aux Américains
et aux Israéliens, il ne le feront pas à mon avis dans l'immédiat",
poursuit M. Giacaman.
Une analyse
partagée par le journal Al-Qods, le principal quotidien des
territoires palestiniens. Les arrangements à la Mecque "devraient
satisfaire la communauté internationale et l'amener à lever le
blocus injuste imposé au peuple palestinien et reprendre ses
efforts en vue de relancer le processus de paix après plus de six
ans d'impasse", écrit le journal. "Les Palestiniens renvoient la
balle dans le camp d'Israël, des Etats-Unis et de l'Europe",
ajoute-t-il. A ce stade, les principaux acteurs ont réservé un
accueil prudent à l'accord de la Mecque. L'Union européenne a ainsi
indiqué qu'elle l'analysait "de façon positive mais prudente" alors
que les Etats-Unis et Israël ont répété leurs conditions pour
coopérer avec un gouvernement palestinien, à commencer par la
reconnaissance de l'Etat juif. Signé sous le parrainage du souverain
saoudien, cet accord met néanmoins en position inconfortable les
Américains. Ils peuvent difficilement se permettre un différend
avec l'Arabie saoudite et leurs autres alliés arabes, dits
"modérés", au moment où leur soutien leur est nécessaire pour
contrer le programme nucléaire de l'Iran et endiguer les violences
en Irak.
Haut
Irak
Un institut
d'études américain respecté appelle au retrait
Un institut
d'études américain respecté a exhorté l'armée américaine à se
retirer d'Irak avant la fin 2008, quel que soit le résultat du
renforcement des troupes sur le terrain, dans un rapport rendu
Public
dernièrement. Dans ce rapport, le Conseil pour les relations
étrangères, un institut indépendant basé à Washington, estime
qu'une victoire militaire est impossible en Irak, où la politique
américaine après l'invasion de mars 2003, marquée par
l'"amateurisme", a entraîné le déclenchement d'une guerre civile.
"Il est temps d'admettre que les Etats-Unis doivent entièrement
revoir leur
engagement en
Irak", écrit Steven Simon, l'auteur du rapport intitulé "Après le
renforcement (des troupes), arguments pour un désengagement".
Washington doit "clairement faire comprendre au gouvernement irakien
qu'une fois que les résultats des nouveaux déploiements seront
visibles, les deux parties devront entamer des négociations en vue
d'un retrait militaire des
Etats-Unis",
poursuit-il. "Certaines catastrophes ne peuvent être réparées",
ajoute-t-il, en demandant un retrait des troupes "dans 12 à 18 mois
après l'envoi des troupes supplémentaires en Irak", soit à la fin
de l'année 2008. "Les Etats-Unis ont déjà réalisé tout ce qu'il
était possible de faire en Irak (...) Rester davantage ne peut que
leur coûter en termes de position stratégique", estime l'auteur du
rapport. "L'invasion américaine a plongé le pays dans une guerre
civile qui a entraîné la mort de dizaines de milliers de civils
irakiens, détruit les infrastructures déjà affaiblies du pays et
entraîné de violentes rivalités inter-confessionnelles",
juge-t-il. "Les Etats-Unis manquent des moyens militaires et de
soutien, au plan national comme international, pour contrôler la
situation", a-t-il encore prévenu.
La nouvelle
stratégie américaine prévoit un renforcement progressif des
troupes, avec l'arrivée de 21.500 hommes supplémentaires sur le
terrain, ce qui portera, en mai, à plus de 150.000 le nombre de
soldats américains en Irak. "En détournant les ressources et
l'attention de l'Afghanistan, la poursuite de l'engagement
militaire en Irak peut conduire à des pertes américaines" dans
cette région, avertit le rapport. "C'est une question de temps",
affirme l'auteur, soulignant qu'"il valait mieux décider de façon
réfléchie et cohérente un retrait plutôt que de le faire sous la
pression d'une opinion américaine hostile à la guerre".
Haut
Vladimir Poutine
Les Américains
ont fait plus de mal à l'Irak que Saddam Hussein
Le président russe
multiplie ces derniers temps les déclarations critiques contre
l’unilatéralisme américain. Vladimir Poutine s’est également exprimé
sur l’Irak dans une interview à une chaîne satellitaire arabe. Il a
estimé que l'intervention américaine avait fait plus de mal au pays
que Saddam Hussein. Rappelant que Saddam Hussein a été pendu le 30
décembre pour l'exécution de 148 villageois chiites, Vladimir
Poutine a souligné que "pendant les combats en Irak plus de 3.000
Américains ont été tués et (que) les victimes civiles en Irak sont
estimées à des centaines de milliers". "Peut-on comparer l'un et
l'autre?", s'est-il interrogé. Il a une nouvelle fois appelé les
Etats-Unis à établir un délai pour le retrait des troupes
multinationales d'Irak et a critiqué la stratégie
américaine. "Je
pense que les délais pour le retrait des troupes doivent être
définis", a déclaré le locataire du Kremlin , avant d’entamer une
tournée en Arabie Saoudite, au Qatar et en Jordanie, dans le
pré-carré américain au Proche-Orient. "Dans tout conflit et dans
tout pays, les gens doivent savoir à quel moment ils doivent être
prêts à assumer la responsabilité", a-t-il déclaré.
"Quand on parle
d'une nouvelle stratégie, nous attendons une nouvelle approche à la
résolution d'un tel ou tel problème", a poursuivi Poutine. Mais
"quand nos partenaires américains parlent de l'augmentation du
contingent, il n'y a rien de nouveau dans cela", a-t-il souligné.
Haut
Le peuple sahraoui réaffirme sa souveraineté sur son territoire
La RASD
proclamée le 27 février 1976
Dans la nuit du 26
au 27 février 1976, la République arabe sahraouie démocratique est
née. La proclamation de la RASD, par le Front Polisario, mouvement
sahraoui de Libération de l’ex-colonie espagnole, intervenait le
lendemain du retrait officiel de la puissance coloniale du
territoire. Elle répondait à un double objectif : prendre à témoin
la communauté internationale, l’organisation des Nations unies et
l’opinion publique internationale sur le départ précipité des
derniers soldats espagnols et affirmer la souveraineté exclusive du
peuple sahraoui sur le territoire non autonome du Sahara occidental.
Malgré la
signature, par Madrid, d’accords secrets avec le Maroc et la
Mauritanie (qui s’est retirée du conflit fratricide en 1979),
portant sur le partage de son ancienne colonie, et en dépit de
l’annexion du territoire sahraoui par le Maroc, le royaume alaouite,
soutenu principalement par la France et l’Espagne, et aidé par
certaines ONG, a échoué dans sa mission de réécrire l’histoire du
dernier territoire colonisé comme il l’entendait. En attendant
l’aboutissement du processus de décolonisation, qui passe par le
droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance,
l’Espagne reste l’unique puissance administrante du Sahara
occidental. Et ce, conformément au droit international, à l’avis
consultatif de la Cour internationale de la Haye (d’octobre 1975) et
à l’avis juridique de l’ONU (de janvier 2002), ainsi qu’aux
nombreuses résolutions de l’assemblée générale des Nations unies et
du Conseil de sécurité, dont les premières remontent aux années
1960.
Trente et un ans
après l’annonce de la création de la RASD, les Sahraouis sont
aujourd’hui séparés par « le mur de la honte » érigé par les
autorités marocaines il y a deux décennies : les uns tentent de
survivre dans les territoires occupés et au Maroc, en affichant leur
opposition aux forces d’occupation, les autres sont livrés à l’exil,
aux conditions de vie difficiles dans les territoires libérés par le
Polisario et les camps de réfugiés, étrangement garrottés par une
soi-disant aide humanitaire internationale, après avoir été arrosés
au napalm et au phosphore blanc.
« Si l'âge et
la mentalité séparent ces deux types de Sahraouis, leur anti-marocanisme
et leur conviction tenace d'avoir un avenir sans nous — même si ce
n'est pas sous la botte du Polisario — les réunissent
irrémédiablement. » Ces
propos émanent du journaliste marocain Ali Lmrabet. Dans un article
(voir ci-après) publié dernièrement dans les colonnes du quotidien
El Mundo, notre confrère révèle les raisons du mûrissement de
« l’identité nationaliste » de la nouvelle génération des Sahraouis
des territoires sous occupation marocaine, des conséquences du
conflit sur l’économie du royaume et de l’échec de la politique
d’assimilation du nouveau colonisateur.
En dépit du plan
de règlement de l’ONU de 1991 et des accords conclus, sept plus
tard, à Houston (Etats-Unis), entre le Polisario et le Maroc, et
malgré l’adoption à l’unanimité, en 2003, par le Conseil de
sécurité, du plan de paix pour l’autodétermination du peuple du
Sahara occidental (plan Baker), les autorités de Rabat ont tourné le
dos à leurs propres engagements internationaux parce qu’elles
redoutent la tenue du référendum qu’elles voudraient coûte que coûte
confirmatif. Pourtant le Maroc, conforté par un cessez-le-feu
instauré depuis septembre 1991, la complaisance, voire la complicité
d’Etats, notamment européens, de même que le silence des instances
des Nations unies devant le pillage des richesses du territoire non
autonome, veut mettre une fois de plus la communauté internationale
devant le fait accompli. Il promet en effet de soumettre
prochainement un plan d’autonomie au nouveau secrétaire général de
l’ONU, en prévision de la réunion du Conseil de sécurité qui se
tiendra en avril 2007.
Faut-il alors
donner crédit aux arguments défendus dernièrement par
l’universitaire espagnol Bernabé López García, qui confortent ceux,
pas seulement le Makhzen, qui ne désespèrent pas de chasser le Front
Polisario de la table des négociations ? Faut-il suivre cette
logique aventureuse qui espère peut-être imposer au Polisario des
Sahraouis, à l’exemple des membres du Corcas qui ont été désignés
par Mohammed VI ?
Certes, le
processus de décolonisation grince et le contexte de globalisation
n’est pas favorable à l’affranchissement des peuples. Notamment les
peuples appartenant à l’espace arabo-musulman. Cela ne doit pas pour
autant nous détourner du véritable coupable qui occupe illégalement
une partie de la Saguia el-Hamra et du Rio de Oro ni faire de
l’ombre à la résistance des Sahraouis des camps de réfugiés, des
territoires occupés ou résidant au Maroc, qui revendiquent leur
droit d’être consultés librement sur le sort de leur territoire.
Encore moins se taire devant les violations des droits humains à
l’encontre des Sahraouis qui affrontent quotidiennement les affres
de la colonisation marocaine.
Z’hor Chérief
Haut
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