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Semaine du 14 au 20 février 2007

Palestine

Quelles chances de succès pour l'accord de La Mecque ?

Irak

Un institut d'études américain respecté appelle au retrait

Vladimir  Poutine

Les Américains ont fait plus de mal à l'Irak que Saddam Hussein

Le peuple sahraoui réaffirme sa souveraineté sur son territoire

La RASD proclamée le 27 février 1976

 

 
 
 Monde

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  Palestine

Quelles chances de succès pour l'accord de La Mecque ?

L'accord conclu le 8 février à la Mecque par le Hamas et le Fatah palestiniens pour la formation d'un gouvernement d'union ne satisfait comme il fallait s’y attendre  ni les Etats-Unis ni  Israël mais pourrait fournir l'occasion à certains Etats européens, voire des pays arabes, d'assouplir leur blocus économique.

En chargeant l'actuel Premier ministre issu du Hamas Ismaïl Haniyeh de  former le gouvernement d'union, le président Mahmoud Abbas a affirmé que  le cabinet attendu devait "respecter" les accords conclus par l'Organisation de  libération de la Palestine (OLP), y compris ceux signés avec Israël, ce qui  revient à une reconnaissance implicite de l'Etat juif. Or les Etats-Unis et l'Europe exigent pour renouer avec le gouvernement  palestinien qu'ils boycottent politiquement et financièrement depuis l'arrivée  du Hamas à sa tête, qu'il reconnaisse explicitement Israël, les accords passés,  et, disent-ils, "renonce" à la violence. Mais le Hamas a insisté sur le fait que l'accord de la Mecque ne  l'obligeait en rien à reconnaître Israël même si le gouvernement d'union  nationale auquel il participera s'engage à respecter les accords signés par  l'OLP. Plusieurs analystes estiment toutefois, que l'accord de la  Mecque devrait amener l'Europe à lâcher du lest, surtout si l'Arabie saoudite,  qui a parrainé les discussions, use de son influence pour desserrer l'étau  occidental.  "Cet accord va conduire à l'élaboration d'une nouvelle position arabe  envers le gouvernement palestinien et amènera aussi des changements dans la  politique des pays européens à son égard", estime Samir Awad, chef du  département des sciences politiques à l'université de Bir-Zeit en Cisjordanie.  "Le fait que l'Arabie saoudite ait parrainé cet accord va encourager de  nombreux pays arabes à briser le blocus imposé au Hamas et au gouvernement  palestinien. Au niveau international, l'accord va créer des brèches dans la  position européenne et cela pourrait mettre Israël et les Etats-Unis dans  l'embarras", ajoute-il. George Giacaman, directeur de l'Institut palestinien pour l'étude de la  démocratie, prédit que "l'Arabie saoudite va jouer un rôle important pour  obtenir une reconnaissance internationale du nouveau cabinet palestinien".  "Je ne pense pas que l'Arabie saoudite ait pris une telle initiative (de parrainer un accord) sans avoir consulté au préalable les Européens et les  Etats-Unis", ajoute-il.  "La réussite de ce gouvernement est tributaire de la politique de la  communauté internationale à son égard. Je pense que les Européens sont plus ou  moins prêts à traiter avec lui. Quant aux Américains et aux Israéliens, il ne  le feront pas à mon avis dans l'immédiat", poursuit M. Giacaman.

Une analyse partagée par le journal Al-Qods, le principal quotidien des  territoires palestiniens. Les arrangements à la Mecque "devraient satisfaire la  communauté internationale et l'amener à lever le blocus injuste imposé au  peuple palestinien et reprendre ses efforts en vue de relancer le processus de  paix après plus de six ans d'impasse", écrit le journal.  "Les Palestiniens renvoient la balle dans le camp d'Israël, des Etats-Unis  et de l'Europe", ajoute-t-il.  A ce stade, les principaux acteurs ont réservé un accueil prudent à  l'accord de la Mecque. L'Union européenne a ainsi indiqué qu'elle l'analysait "de façon positive  mais prudente" alors que les Etats-Unis et Israël ont répété leurs conditions  pour coopérer avec un gouvernement palestinien, à commencer par la  reconnaissance de l'Etat juif. Signé sous le parrainage du souverain saoudien, cet accord met néanmoins en position inconfortable les Américains. Ils peuvent  difficilement se permettre un différend avec l'Arabie saoudite et leurs autres alliés arabes, dits "modérés", au moment où leur soutien leur est nécessaire pour contrer le programme nucléaire de l'Iran et endiguer les violences en Irak.

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Irak

Un institut d'études américain respecté appelle au retrait

Un institut d'études américain respecté a  exhorté l'armée américaine à se retirer d'Irak avant la fin 2008, quel que soit  le résultat du renforcement des troupes sur le terrain, dans un rapport rendu 

Public dernièrement. Dans ce rapport, le Conseil pour les relations étrangères, un institut  indépendant basé à Washington, estime qu'une victoire militaire est impossible  en Irak, où la politique américaine après l'invasion de mars 2003, marquée par  l'"amateurisme", a entraîné le déclenchement d'une guerre civile. "Il est temps d'admettre que les Etats-Unis doivent entièrement revoir leur 

engagement en Irak", écrit Steven Simon, l'auteur du rapport intitulé "Après le  renforcement (des troupes), arguments pour un désengagement". Washington doit "clairement faire comprendre au gouvernement irakien qu'une  fois que les résultats des nouveaux déploiements seront visibles, les deux  parties devront entamer des négociations en vue d'un retrait militaire des 

Etats-Unis", poursuit-il.  "Certaines catastrophes ne peuvent être réparées", ajoute-t-il, en  demandant un retrait des troupes "dans 12 à 18 mois après l'envoi des troupes  supplémentaires en Irak", soit à la fin de l'année 2008.  "Les Etats-Unis ont déjà réalisé tout ce qu'il était possible de faire en  Irak (...) Rester davantage ne peut que leur coûter en termes de position  stratégique", estime l'auteur du rapport.  "L'invasion américaine a plongé le pays dans une guerre civile qui a  entraîné la mort de dizaines de milliers de civils irakiens, détruit les  infrastructures déjà affaiblies du pays et entraîné de violentes rivalités  inter-confessionnelles", juge-t-il.  "Les Etats-Unis manquent des moyens militaires et de soutien, au plan  national comme international, pour contrôler la situation", a-t-il encore  prévenu.

 La nouvelle stratégie américaine prévoit un renforcement progressif des  troupes, avec l'arrivée de 21.500 hommes supplémentaires sur le terrain, ce qui  portera, en mai, à plus de 150.000 le nombre de soldats américains en Irak.  "En détournant les ressources et l'attention de l'Afghanistan, la poursuite  de l'engagement militaire en Irak peut conduire à des pertes américaines" dans  cette région, avertit le rapport. "C'est une question de temps", affirme l'auteur, soulignant qu'"il valait  mieux décider de façon réfléchie et cohérente un retrait plutôt que de le faire  sous la pression d'une opinion américaine hostile à la guerre".

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Vladimir  Poutine

Les Américains ont fait plus de mal à l'Irak que Saddam Hussein

Le président russe multiplie ces derniers temps les déclarations critiques contre l’unilatéralisme américain. Vladimir Poutine s’est également exprimé sur l’Irak dans une interview à une chaîne satellitaire arabe. Il a estimé  que l'intervention américaine avait fait plus de mal au pays que Saddam  Hussein. Rappelant que Saddam Hussein a été pendu le 30 décembre pour l'exécution de  148 villageois chiites, Vladimir Poutine a souligné que "pendant les combats en Irak  plus de 3.000 Américains ont été tués et (que) les victimes civiles en Irak  sont estimées à des centaines de milliers". "Peut-on comparer l'un et l'autre?", s'est-il interrogé.  Il a une nouvelle fois appelé les Etats-Unis à établir un délai pour le  retrait des troupes multinationales d'Irak et a critiqué la stratégie 

américaine. "Je pense que les délais pour le retrait des troupes doivent être définis", a déclaré le locataire du Kremlin , avant d’entamer une tournée en Arabie Saoudite, au  Qatar et en Jordanie, dans le pré-carré américain au Proche-Orient. "Dans tout conflit et dans tout pays, les gens doivent savoir à quel moment  ils doivent être prêts à assumer la responsabilité", a-t-il déclaré.

"Quand on parle d'une nouvelle stratégie, nous attendons une nouvelle  approche à la résolution d'un tel ou tel problème", a poursuivi Poutine.  Mais "quand nos partenaires américains parlent de l'augmentation du  contingent, il n'y a rien de nouveau dans cela", a-t-il souligné.

 

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Le peuple sahraoui réaffirme sa souveraineté sur son territoire

La RASD proclamée le 27 février 1976

Dans la nuit du 26 au 27 février 1976, la République arabe sahraouie démocratique est née. La proclamation de la RASD, par le Front Polisario, mouvement sahraoui de Libération de l’ex-colonie espagnole, intervenait le lendemain du retrait officiel de la puissance coloniale du territoire. Elle répondait à un double objectif : prendre à témoin la communauté internationale, l’organisation des Nations unies et l’opinion publique internationale  sur le départ précipité des derniers soldats espagnols et affirmer la souveraineté exclusive du peuple sahraoui sur le territoire non autonome du Sahara occidental.

Malgré la signature, par Madrid, d’accords secrets avec le Maroc et la Mauritanie (qui s’est retirée du conflit fratricide en 1979), portant sur le partage de son ancienne colonie, et en dépit de l’annexion du territoire sahraoui par le Maroc, le royaume alaouite, soutenu principalement par la France et l’Espagne, et aidé par certaines ONG, a échoué dans sa mission de réécrire l’histoire du dernier territoire colonisé comme il l’entendait. En attendant l’aboutissement du processus de décolonisation, qui passe par le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance, l’Espagne reste l’unique puissance administrante du Sahara occidental. Et ce, conformément au droit international, à l’avis consultatif de la Cour internationale de la Haye (d’octobre 1975) et à l’avis juridique de l’ONU (de janvier 2002), ainsi qu’aux nombreuses résolutions de l’assemblée générale des Nations unies et du Conseil de sécurité, dont les premières remontent aux années 1960.

Trente et un ans après l’annonce de la création de la RASD, les Sahraouis sont aujourd’hui séparés par « le mur de la honte » érigé par les autorités marocaines il y a deux décennies : les uns tentent de survivre dans les territoires occupés et au Maroc, en affichant leur opposition aux forces d’occupation, les autres sont livrés à l’exil, aux conditions de vie difficiles dans les territoires libérés par le Polisario et les camps de réfugiés, étrangement garrottés par une soi-disant aide humanitaire internationale, après avoir été arrosés au napalm et au phosphore blanc.

« Si l'âge et la mentalité séparent ces deux types de Sahraouis, leur anti-marocanisme et leur conviction tenace d'avoir un avenir sans nous — même si ce n'est pas sous la botte du Polisario — les réunissent irrémédiablement. » Ces propos émanent du journaliste marocain Ali Lmrabet. Dans un article (voir ci-après) publié dernièrement dans les colonnes du quotidien El Mundo, notre confrère révèle les raisons du mûrissement de « l’identité nationaliste » de la nouvelle génération des Sahraouis des territoires sous occupation marocaine, des conséquences du conflit sur l’économie du royaume et de l’échec de la politique d’assimilation du nouveau colonisateur.

En dépit du plan de règlement de l’ONU de 1991 et des accords conclus, sept plus tard, à Houston (Etats-Unis), entre le Polisario et le Maroc, et malgré l’adoption à l’unanimité, en 2003, par le Conseil de sécurité, du plan de paix pour l’autodétermination du peuple du Sahara occidental (plan Baker), les autorités de Rabat ont tourné le dos à leurs propres engagements internationaux parce qu’elles redoutent la tenue du référendum qu’elles voudraient coûte que coûte confirmatif. Pourtant le Maroc, conforté par un cessez-le-feu instauré depuis septembre 1991, la complaisance, voire la complicité d’Etats, notamment européens, de même que le silence des instances des Nations unies devant le pillage des richesses du territoire non autonome, veut mettre une fois de plus la communauté internationale devant le fait accompli. Il promet en effet de soumettre prochainement un plan d’autonomie au nouveau secrétaire général de l’ONU, en prévision de la réunion du Conseil de sécurité qui se tiendra en avril 2007.

Faut-il alors donner crédit aux arguments défendus dernièrement par l’universitaire espagnol Bernabé López García, qui confortent ceux, pas seulement le Makhzen, qui ne désespèrent pas de chasser le Front Polisario de la table des négociations ? Faut-il suivre cette logique aventureuse qui espère peut-être imposer au Polisario des Sahraouis, à l’exemple des membres du Corcas qui ont été désignés par Mohammed VI ?

Certes, le processus de décolonisation grince et le contexte de globalisation n’est pas favorable à l’affranchissement des peuples. Notamment les peuples appartenant à l’espace arabo-musulman. Cela ne doit pas pour autant nous détourner du véritable coupable qui occupe illégalement une partie de la Saguia el-Hamra et du Rio de Oro ni faire de l’ombre à la résistance des Sahraouis des camps de réfugiés, des territoires occupés ou résidant au Maroc, qui revendiquent leur droit d’être consultés librement sur le sort de leur territoire. Encore moins se taire devant les violations des droits humains à l’encontre des Sahraouis qui affrontent quotidiennement les affres de la colonisation marocaine.

Z’hor Chérief

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