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Nouvelle
crise au CFCM
Les limites de
«l’islam de France»
Les divergences
entre les différentes composantes composant le Conseil français du
culte musulman (CFCM) risquent de reporter les élections de
renouvellement prévues pour le 8 juin prochain, voire de faire voler
en éclats cette institution. A l’origine, une offensive imputée au
Maroc qui entend mettre fin à la suprématie de la Grande Mosquée de
Paris, mais surtout une conception discutable de la place des
musulmans en France.
A qui doit revenir
la constitution et surtout la très symbolique présidence du CFCM ?
Pour certains, aux organisations totalisant le plus de fidèles. Pour
d'autres, selon la surface de culte que chacune des organisations
encadre et peut faire valoir. Après de multiples rencontres sans
succès, Dalil Boubekeur a finalement décidé qu’il ne ferait aucune
concession. En réaction à un découpage électoral dont il ne partage
pas le principe, la Fédération nationale de la Grande Mosquée de
Paris a rendu public, ce samedi, un communiqué qui dénonce
catégoriquement le fait que le mode d’évaluation au mètre carré
«réduise injustement la représentativité de la première communauté
de France liée historiquement et cultuellement à la longue histoire
de la France avec l’Algérie». Il en veut pour preuve que «la
présence et la démographie de cette communauté, ancienne et bien
intégrée dans la société française, se voit considérablement réduite
au profit de lieux de culte récemment édifiés, en périphérie urbaine
voire dans les campagnes, qui ont des surfaces importantes leur
permettant d’exploiter à leur avantage le critère électif inique».
Un critère qui «a favorisé l’émergence d’une représentativité
qui ne reflète en rien la sociologie de l’islam de France». Et
le CFCM d’ironiser, du reste, que cette forme de représentativité
mène à mesurer la foi au mètre carré.
Au cours des deux
précédentes élections du CFCM, en 2003 et 2005, ce problème du mode
de scrutin avait été dépassé par un consensus qui avait pu s’établir
sous l’autorité de l’Etat pour donner la priorité à la
représentation des communautés. Ce consensus est donc brisé, depuis
que certaines fédérations estiment que l’heure est venue pour la GMP
de passer le témoin.
Deux jours plus
tard, c’est au tour de la Grande Mosquée d’annoncer qu’elle ne
participerait pas aux prochaines élections du CFCM. Pour ses
responsables, «la communauté la plus importante va se retrouver
dans une position qui n’est pas conforme à la réalité du terrain».
L’allusion est à peine voilée quant à son opposition à
l’offensive de la Fédération nationale des musulmans de France,
considérée comme l’une des principales fédérations du Conseil.
Soutenue, notamment financièrement, par le Maroc, elle a surtout
fait preuve de pragmatisme en passant des alliances avec des
mosquées plus ouvertes, pas forcément représentatives de la
communauté maghrébine et parfois liées au confréries des frères
musulmans.
Pour beaucoup
d’analystes, si aucun compromis n’est trouvé et si ces élections
n’ont pas lieu, le CFCM entrera dans une crise sans précédent
puisque ses instances (Conseil d’administration, bureau exécutif et
conseils régionaux, tous à élire en même temps) basculeront dans
l’illégitimité. Situation qui privera le Conseil de toute
possibilité de fonctionnement légal et donc risque de précipiter son
éclatement.
Que est l’impact
de ces divisions sur la communauté musulmane en France ? Cela reste
difficile à dire, mais l’on devine néanmoins que les efforts de
mobilisation des différentes fédérations en vue de rallier la
majorité des musulmans à leur cause ne doit pas être sans envenimer
l’atmosphère dans les lieux de culte où la politique prend déjà le
pas sur les préoccupations religieuses et spirituelles. C’est dire
qu’au lieu de participer à l’unité des musulmans en France, cette
instance n’aura fait que raviver des convoitises et entretenir des
enjeux qui sont désormais devenus politiques, puisque le CFCM est
devenu un lieu où se règlent visiblement les comptes à propos de
passifs qui n’ont rien à voir avec la religion, mais avec la
politique et, pour tout dire, avec la politique qui ne concerne pas
la France elle-même.
Lors d’une
conférence donnée à Paris en septembre 2007, l’initiateur du CFCM,
l’ancien ministre de l’Intérieur Jea-Pierre Chevènement,
reconnaissait que «le poids
des organisations liées à des gouvernements d’Afrique du Nord en est
une des caractéristiques principales. La rivalité entre l’Algérie et
le Maroc est un fait mais le CFCM n’est pas absorbé par elle».
Mais il n’y a pas
que les aspects de conjoncture. Car, plus important encore, c’est le
fondement même de ce Conseil dans sa vocation et ses objectifs qui
est matière à débat. S’il se veut une instance religieuse, on le
critique souvent pour être devenu, en réalité, une entité purement
politique qui sert plusieurs objectifs qui sont à la fois politiques
et sécuritaires. Au plan politique, cela sert aux autorités
françaises à avoir un interlocuteur au nom de la communauté
musulmane, le tout dans le respect du cadre laïc de la République
française. Le CFCM doit donc permettre de rendre l’islam soluble
dans la laïcité et si l’on comprend bien que ce point de vue soit
forcément inspiré de la culture politique française, il faut dire
cependant que l’approche quant à sa mise en œuvre pêche dans sa
quête de mettre l’islam sous une chapelle donnée. Ce qui distingue
l’islam d’une autre religion est justement le fait qu’il n’admet
aucun intermédiaire entre le croyant et son Créateur et n’a jamais
donc été une religion qui a produit l’équivalent de l’Eglise pour le
christianisme. La religion des musulmans est par essence diffuse
dans la société, dans toutes les mosquées, dans les foyers et son
organisation n’attend aucune hiérarchie entre croyants. C’est ce qui
explique que la tentative de faire passer les phases historiques
qu’a connu l’Eglise à la communauté musulmane, celle qui a généré
l’idée même de l’existence d’un «islam de France» plutôt que de
«l’islam en France» n’a jamais eu grand avenir. D’autant que, du
point de vue du gouvernement français, le CFCM devait représenter
non pas les musulmans de France, mais le culte musulman en France.
Une spécificité qui n’existe pas, ce qui permet de comprendre
pourquoi elle est si difficile à servir…
En ce qui concerne
l’aspect sécuritaire, la tentative de structuration de la communauté
musulmane en favorisant ses représentants les plus légalistes, sinon
ceux désignés par leurs pays d’origine, peut effectivement être de
nature à aboutir à une meilleure maîtrise des lieux du culte,
entreprise où les musulmans sont eux-mêmes impliqués. Cela peut
effectivement contrecarrer l’intégrisme. Quant au terrorisme, cela
est une autre paire de manches depuis que le terrorisme islamiste a
revu ses méthodes clandestines et affûté ses aires de recrutement
qui ne se limitent plus aux seules affinités d’origine ou de
religion.
Dans un rapport
sur le CFCM élaboré en 2000 (soit une année après les premières
consultations lancées par Jean-Pierre Chevènement), le Haut Conseil
à l’intégration, après avoir constaté l’échec des précédentes
tentatives qui datent de 1973 (Conseil de réflexion sur l’islam en
France - CORIF - puis le Conseil représentatif de l’islam de France)
a noté le succès des conseils nationaux des musulmans qui existent
en Espagne, en Belgique ou en Grande-Bretagne. Un succès qu’il ne
s’expliquait pas, alors qu’il est évident que dans les autres Etats
où la laïcité n’a pas connu le même cheminement qu’en France,
celle-ci sert à protéger la religion de l’Etat et non l’inverse.
Nabil Benali
Conseil
français du culte musulman
Une entité
hétéroclite
Le CFCM est une
association régie par la loi de 1901 destinée à représenter les
musulmans de France. La consultation initiée en 1999 par Jean-Pierre
Chevènement, poursuivie par Daniel Vaillant, aboutira en 2003. Cette
association sera officiellement créée avec le soutien de Nicolas
Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur. Le CFCM, qui veut
représenter les plus de 3,5 millions de musulmans en France, voit en
fait sa représentativité contestée. Le CFCM intervient dans les
relations avec le pouvoir politique, la construction des mosquées,
le marché de la viande hallal, la formation des imams et le
développement de représentations musulmanes dans les prisons et dans
l’armée. Il fixe également les dates du mois du ramadan en France
et, à travers le Conseil européen de la recherche et de la fatwa,
décrète des fatwas d’applications en France.
Les différentes
organisations qui le composent sont :
- la Fédération
nationale des musulmans de France (FNMF, proche du Maroc)
- l’Union des
organisations islamiques de France (UOIF, proche des frères
musulmans)
- la Grande
Mosquée de Paris (GMP, proche de l’Algérie)
- le Comité de
coordination des musulmans turcs de France (CCMTF)
- la Fédération
française des associations islamiques d’Afrique, des Comores et des
Antilles (FFAIACA).
- la fédération
Invitation et mission pour la foi et la pratique.
Conjoncture
Les crises
économiques à travers le monde
Il est certain que
nous ne sommes pas face à une crise économique mondiale mais à
plusieurs crises économiques, chacune ayant ses particularités et sa
localisation géographique. Chaque crise nécessitant un traitement
particulier qui ne serait valable que pour l’une d’elles et non pas
pour les autres. Cependant il y a des régions ou des pays qui
subissent deux ou plusieurs crises simultanément ; dans ce cas
plusieurs traitements seraient nécessaires pour les combattre. Par
ailleurs, ces crises différent aussi par leur intensité aussi leur
traitement peut être intensif ou allégé. Enfin, tous les pays ou
régions ne peuvent accéder facilement à ces traitements faute de
moyens. C’est un peu cela la situation du monde actuel, alors que
tous les pays se plaignent de maux qui ne semblent pas prêts de
disparaître de sitôt...
Pour ce qui est de
la grande crise des subprimes, selon M. Junkerkam,président de la
Deutsch Bank, elle serait sur le point d’être surmontée, ce qui
pourrait lever les dernières hypothèques qui empêchent le système
financier de fonctionner dans un cadre normal en retrouvant sa
solidarité qui n’a pu s’exprimer durant la poussée de fièvre qui a
enflammé les marché financiers durant les deux derniers trimestres
de l’année 2007, où les banques ont failli à leur devoir de
solidarité en ne volant pas au secours de leurs consœurs plongées
dans des crises de liquidités qui les ont amenées au bord de la
faillite.
Qu’en est-il de
la crise et de ses conséquences ?
Le monde de la
finance est resté suspendu aux annonces des résultats des
principales banques américaines ainsi que des grandes entreprises
industrielles et technologiques. Tour à tour, plusieurs banques
d’affaires annonçaient des résultats positifs pour le premier
trimestre 2008 alors que d’autres annonçaient des résultats négatifs
mais dans des proportions moindres que ce qui était escompté, ce qui
a amené à l’apparition d’un sentiment d’optimisme dans les milieux
financiers mondiaux. Par ailleurs, toutes les grandes banques qui
avaient décidé de faire appel à de nouveaux fonds pour se
recapitaliser ont pu le faire sans difficulté. Ce retour de la
confiance a été mesuré par l’offre de rachat par la J.P. Morgan (
une grande banque d’affaires) de la Bear Stearns une banque
d’affaires en grande difficulté, offre qui a subi au cours de la
période un accroissement considérable, passant de 1 à plus de 5,
soit de 240 millions de dollars à plus de 1,5 milliard de dollars,
alors qu'elle était cotée avant la crise des subprimes à plus de 5
milliards de dollars. Dans le même temps, de grandes entreprises
industrielles et des nouvelles technologies de l’information et des
télécommunications affichent des résultats positifs pour le premier
trimestre 2008, ce qui a pour conséquence de conforter ce mouvement
de reprise de la confiance.
Pour ne parler que
des Etats-Unis desquels dépendent en grande partie des économies du
monde, y compris celles d’ Asie, beaucoup d’indices sont là pour
signifier qu’une légère reprise est en train de s’amorcer, ce qui
éloigne le spectre de la récession. Ce sursaut va être renforcée par
la reprise de la demande domestique. L’Etat vient de commencer à
distribuer aux ménages des chèques de remises d’impôt, une décision
prise par le président Bush au début de l’année en cours pour
encourager leur consommation et entraîner la reprise de la
production et in fine celle des investissements. L’autre mesure
prise par les Etats Unis, la décision de la Réserve Fédérale (banque
centrale) de baisser son taux directeur d’escompte, le ramenant par
plusieurs paliers successifs de baisse au niveau actuel de 2%. Le
paradoxe de cette décision c’est qu’alors que la Banque centrale
européenne (BCE) relevait son taux directeur par paliers successifs,
au cours des années 2004-2007, de 2% à 4%, la Réserve fédérale avait
suivi le chemin inverse. Nous assistons là à un scénario inverse, au
grand dam de certains gouvernements européens, dont la France. Ce
qui est frappant c’est que les indices boursiers des principales
places financières des pays développés donnent des signes qui ne
reflètent pas la réalité de leurs économies. Par exemple, les
Etats-Unis, qui sont présentés par la presse spécialisée comme étant
le pays le plus touché par la crise économique, apparaissent en
relative bonne santé reflétée par les niveaux des principaux titres
affichés à la bourse de Wall Street, où l’indice boursier Dow Jones
qui en fait la synthèse est passé de son niveau historique affiché à
l’été 2007 (14.000 points) à 12.800 points, après être passé par
11.500 en janvier 2008. Ce qui apparemment serait la marque d’un
retour de confiance important . Il faut rappeler que cet indice
s’affichait à 11.000 points avant septembre 2001 et représentait
déjà un record historique pour l’époque. Dans le même temps, les
places boursières européennes sont toutes revenues à leur niveau
d’avant septembre 2001, à l’exception de l’Allemagne qui reste plus
haut avec un indice de plus de 6.000 points ( 5.700 avant 2001)
après avoir atteint un niveau historique l’été dernier à plus de
7.500 points .Le recul des places boursières européennes vers leur
niveau d’avant 2001 a été plus accentué que celui qui a touché les
Etats Unis qui donc apparemment résisteraient mieux que les pays
européens. En Asie, où les économies se trouvent très imbriquées
avec celles des Américainsd’abord et des Européens ensuite, les
principales places boursières, à l’exception de celle du Japon, ont
mieux résisté aux évènements. La place de Hong Kong affiche
toujours des niveaux historiques à plus de 24.000 points ; son
principal indice, le Hang Seng, s’affichait avant 2001 aux environs
de 18.000 points alors qu’il était à 22.000 points l’été dernier,
période au cours de laquelle toutes les places boursières
occidentales affichaient leur pic historique. Pendant ce temps le
principal indice boursier japonais, le Nikkei, après avoir lui
aussi battu son niveau historique d’avant 2001 en s’affichant
autour de 18.000 se retrouve maintenant avec un niveau inférieur
avec moins de 13.500 points.
A la crise des
subprimes qui a provoqué une véritable cure d’amaigrissement dans
les places boursières mondiales s’ajoutent, pour les économies
développées occidentales et asiatiques, la crise de l’énergie chère
et du dollar faible dont les Etats Unis n’arrivent pas à tirer
profit pour rétablir l’équilibre de leur balance commerciale qui
enregistre depuis des années un déficit important particulièrement
avec les pays d’Asie (Chine, Japon, Corée du Sud). La crise du
dollar faible affecte d’autres pays dont l’Algérie qui avec les pays
arabes exportateurs du pétrole se trouve pénalisée par cette érosion
continue du pouvoir d’achat du dollar américain , ce qui nous
entraîne à parler de ce qui se passe dans les pays arabes et
africains avant d’aller à examiner la situation de notre pays dans
cette revue générale de l’économie mondiale exposée à travers le
prisme des différentes crises à la fois économique et financières
qui l’affecteraient …
Situation des
pays arabes et africains
Il y a
grossièrement celle des pays producteurs de pétrole et celle de pays
qui importent leur pétrole qu’ils soient arabes ou africains ou les
deux à la fois comme pour les pays de l’Afrique du Nord.
Pour les pays
arabes producteurs de pétrole , la crise s’appelle crise de la
faiblesse du dollar arabe , et crise de liquidités importantes dont
le pouvoir d’achat s’érode à grande vitesse car constitue en
majorité dollars américains et pour lesquelles ces pays n’ont pas
d’emploi immédiat .A l’intérieur de cette catégorie des pays arabes
producteurs de pétrole , il faudrait distinguer ceux dont les
populations sont peu nombreuses de ceux dont les populations sont
importantes , ces derniers pays connaîtraient une crise particulière
celle de l’augmentation des prix alimentaires sur les marchés
mondiaux quand on sait que ces pays importent pour plus de 40% de
leurs besoins alimentaires , cet accroissement des prix des produits
alimentaires importés vient ajouter une autre difficulté à celle du
dollar faible le tout se traduisant par une atteinte directe au
pouvoir d’achat de l’Etat et de ses citoyens .Ces deux
inconvénients sont aussi présents dans les pays arabes producteurs
de pétrole mais à faible population comme la Libye et ceux du Golfe
à l’exception de l’Arabie Saoudite , cependant leur impact sur le
pouvoir d’achat de l’Etat et de ses citoyens est moins violent
qu’il ne l’est pour les pays plus populeux . La facture alimentaire
globale des pays arabes était de l’ordre de 20 milliards de dollars
an, elle sera cette année certainement de plus de quarante milliards
de dollars. Pour les pays arabes moins populeux et non producteur de
pétrole , Tunisie , Jordanie , Liban , il y a de la difficulté
cependant ces pays semblent avoir davantage de ressorts pour y faire
face , si le premier pays s’en sort avec une balance agricole
équilibrée et une balance alimentaire en excèdent , les seconds
arrivent à équilibrer leurs économies en bénéficiant de soutien
financiers importants arabes et étrangers .pour la Jordanie les
aides proviennent de l’Arabie Saoudite un peu plus de sept cents
millions de dollars an entre aide financière directe et aide
indirecte liée au pétrole livré à un prix subventionné et des Etats
Unis six cents de milliards an . Le Liban lui a reçu cette année
pour plus de 1 milliards de dollars de la part de l’Arabie Saoudite
et 500 millions de dollars de la part du Koweït, ce dernier pays
pourrait voir sa situation s’améliorer avec le déblocage des aide
promises par les bailleurs occidentaux et dont le montant
s’élèverait à 4 milliards de dollars, les bailleurs arabe ayant en
partie honoré leurs engagements (3 milliards de dollars).
Les pays populeux
producteurs de pétrole comme l’Egypte le Yémen ou le Soudan, pour
ces pays l’impact de la crise sur les produits alimentaires est
dramatique, le Soudan qui devait être le grenier des pays arabes
importe pour plus de deux millions de tonnes de céréales. Si les
médias mondiaux ont rendu davantage compte des émeutes pour le pain
en Egypte , les émeutes au Yémen et au Soudan organisées contre la
cherté des produits alimentaires ont également eu lieu, ces trois
pays ayant par ailleurs d’autres problèmes que ceux liés au pain il
s’ensuit des situations d’instabilité qui pourraient perdurer .L’Egypte
avec une équipe gouvernementale moderne , la meilleure du monde
arabe ,semble dans l’incapacité d’apporter des réponses correctes
aux crises qui la secouent .De plus les partis d’opposition dont
celui des frères musulmans ont trouvé dans cette crise du pain le
moyen de réapparaître sur la scène politique comme l’alternative au
pouvoir capable de porter le flambeau du nationalisme que la
population égyptienne dans sa majorité considère quelque peu comme
écorché par la décision des autorités égyptiennes de livrer du gaz
aux Israéliens , les Egyptiens sont sur le point de mettre en
service le gazoduc qui relie leur pays à Israël pour y livrer 6
milliards de mètres cubes de gaz annuellement et ce sur 20 ans ,
décision que les autorités égyptiennes auraient du expliquer depuis
longtemps à leurs citoyens . Ce simple exercice pédagogique aurait
placé ce problème dans le cadre qui est le sien et qui consistait à
dire que leur pays a pris des engagements vis à vis de la communauté
internationale et que cette livraison de gaz à Israël participait de
cet engagement. En rappelant que cet engagement a valu à l’Egypte de
recevoir de la part de Américains pour plus de 2 milliards de
dollars par an et ce depuis plus de 18 ans ainsi que des aides de la
part des pays Européens …Et si l’Egypte et ses citoyens se portent
mieux aujourd’hui c’est en partie grâce à ces aides et au soutien
des pays occidentaux.
Si l’on part de
l’idée que le peuple ne comprend rien à l’économie ou à la politique
on ira au devant de difficultés lorsque les choses se compliquent et
ou il devient urgent de prendre les décisions impopulaires c’est ce
que ne semble pas avoir compris les dirigeants actuels de l’Egypte
qui à leur tour s’étonnent de l’apparition de cette marée
contestataire qui s’exprime dans la rue égyptienne et ou tout se
mélange revendications sociales, économiques et politiques, les
frères musulmans qui participent à ce mouvement, opportunistes comme
à leur habitude ont l’habileté d’occulter leurs revendications
religieuses et culturelles pour être en phase avec le mouvement de
contestation générale exprimée par le peuple du "bas"…
De leur coté les
pays africains les plus nombreux souffrent, peuplés ou non, d’une
part de la cherté des produits alimentaires qui se font rares parce
que chers à l’importation et souffrent de la cherté du pétrole qui
produit à son tour la cherté des produits faits localement .Les
Institutions internationales chiffrent le déficit en produits
alimentaires de l’Afrique à 35 millions de tonnes. C’est le moment
de rappeler une réalité cruelle qui concerne à la fois tous les pays
africains , et les pays arabes pétroliers ou non mais dont le lien
serait leur population nombreuse, c’est que tous ses pays sont
menacés par l’accroissement démographique sans contrôle . L’Afrique
compte une population de 800 millions d’habitants, pays nord
africains compris, et se présente avec un déficit de 35 millions de
tonnes en produits alimentaires. Dans 40 ans l’Afrique comptera 1,8
milliards d’habitants sera t’elle à ce moment là capable de nourrir
ce milliards d’africains supplémentaires quand elle n’arrive pas à
nourrir les 800 millions d’africains maintenant …Les Organisations
internationales y compris l’Union africaine devraient se préoccuper
prioritairement d’inscrire comme préoccupation centrale de leurs
agendas de travail cette question de la croissance démographique
des pays africains à laquelle il faut remédier , avant que d’aller à
parler des aides financières à apporter à ces pays pour leur
développement il s’agit d’une question de vie ou de mort y compris
pour un pays considéré comme riche comme l’Algérie …Pays qui n’a pas
été affecté par la crise des subprimes ni par celle du pétrole cher
mais qui l’est par l’accroissement des prix des produits
alimentaires avec son cortège de baisse du pouvoir d’achat des
citoyens …Dans l’ordre des priorités de ces pays il faut placer la
maîtrise de la croissance démographique avant celle du développement
sinon tout ce qui pourrait être construit dans le cadre d’un plan
de développement se trouvera irrémédiablement détruit par une
croissance non contrôlée de la population et c’est ce qui vient
d’arriver à beaucoup de pays africains considérés comme des modèles
de développement et que la flambée des prix du pétrole associée à
celle des produits alimentaires sur le marché international a amené
à l’annulation des gains en développement réalisés jusque là …
L’Algérie face
aux crises mondiales
Avec
l’accroissement du prix des produits alimentaires sur le marché
mondial l’Algérie se trouve contrainte de financer sur les
ressources publiques un certain nombre de produits essentiels
entrant dans l’alimentation de base de la population, le blé et le
lait pour l’instant , les autres produits tout aussi essentiels que
sont l’huile , le sucre le café , le beurre végétal, les viandes,
les œufs les légumes secs, le mais, etc. sont laissés pour le moment
à l’appréciation du marché alors qu’ils constituent plus de 80% de
la dépense alimentaire des ménages algériens , c’est dire donc que
l’Etat algérien a la main légère quand il s’agit de distribuer une
partie de la rente pétrolière au peuple. Tout comme les pays
africains et les pays arabes très peuplés, l’Algérie ne pourrait se
passer d’un plan draconien de maîtrise de sa croissance
démographique. Avec un baril de pétrole à 125 dollars pour le
pétrole algérien l’Algérie ne peut assurer une vie digne à ses 33,5
millions d’habitants. Dans 20 ans et un baril de pétrole qu’il
faudra acheter que voulez vous que le pays fera pour assurer le pain
à ses 45 millions d’habitants si d’ici là rien n’était fait d’une
part pour réduire le niveau l’extraction du pétrole en vue d’en
laisser une partie aux générations qui arrivent et d’autre part pour
amenuiser l’intensité de la croissance démographique en vue
d’arriver dans 20 ans à une population qui ne devrait pas excéder
les 36 millions d’habitants au lieu des 45 que nous atteindrons
sûrement tant il est certain que l’actuel gouvernement n’a pas
l’intention de s’engager sur ce terrain parce que faisant
certainement sien l’adage "après moi le déluge" . L’autre problème
c’est cette non gestion des réserves de change du pays ou ni le Chef
du Gouvernement ni le Ministre des Finances ne semblent en mesure de
dire d’abord ou se trouvent ses réserves de change ni préconiser le
meilleur emploi pour elles, devant tant de passivité on ne peut que
prédire des dégâts à venir…
B. Hachemane
Haut
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