hjk

 

Semaine du 14 au 20 mai 2008

 

Nouvelle crise au CFCM

Les limites de «l’islam de France»

Conjoncture

Les crises économiques à travers le monde

 

 

 

 Monde


Accueil

 Nouvelle crise au CFCM

Les limites de «l’islam de France»

Les divergences entre les différentes composantes composant le Conseil français du culte musulman (CFCM) risquent de reporter les élections de renouvellement prévues pour le 8 juin prochain, voire de faire voler en éclats cette institution. A l’origine, une offensive imputée au Maroc qui entend mettre fin à la suprématie de la Grande Mosquée de Paris, mais surtout une conception discutable de la place des musulmans en France.

A qui doit revenir la constitution et surtout la très symbolique présidence du CFCM ? Pour certains, aux organisations totalisant le plus de fidèles. Pour d'autres, selon la surface de culte que chacune des organisations encadre et peut faire valoir. Après de multiples rencontres sans succès, Dalil Boubekeur a finalement décidé qu’il ne ferait aucune concession. En réaction à un découpage électoral dont il ne partage pas le principe, la Fédération nationale de la Grande Mosquée de Paris a rendu public, ce samedi, un communiqué qui dénonce catégoriquement le fait que le mode d’évaluation au mètre carré «réduise injustement la représentativité de la première communauté de France liée historiquement et cultuellement à la longue histoire de la France avec l’Algérie». Il en veut pour preuve que «la présence et la démographie de cette communauté, ancienne et bien intégrée dans la société française, se voit considérablement réduite au profit de lieux de culte récemment édifiés, en périphérie urbaine voire dans les campagnes, qui ont des surfaces importantes leur permettant d’exploiter à leur avantage le critère électif inique». Un critère qui «a favorisé l’émergence d’une représentativité qui ne reflète en rien la sociologie de l’islam de France». Et le CFCM d’ironiser, du reste, que cette forme de représentativité mène à mesurer la foi au mètre carré.

Au cours des deux précédentes élections du CFCM, en 2003 et 2005, ce problème du mode de scrutin avait été dépassé par un consensus qui avait pu s’établir sous l’autorité de l’Etat pour donner la priorité à la représentation des communautés. Ce consensus est donc brisé, depuis que certaines fédérations estiment que l’heure est venue pour la GMP de passer le témoin.

Deux jours plus tard, c’est au tour de la Grande Mosquée d’annoncer qu’elle ne participerait pas aux prochaines élections du CFCM. Pour ses responsables, «la communauté la plus importante va se retrouver dans une position qui n’est pas conforme à la réalité du terrain». L’allusion est à peine voilée quant à son opposition à l’offensive de la Fédération nationale des musulmans de France, considérée comme l’une des principales fédérations du Conseil. Soutenue, notamment financièrement, par le Maroc, elle a surtout fait preuve de pragmatisme en passant des alliances avec des mosquées plus ouvertes, pas forcément représentatives de la communauté maghrébine et parfois liées au confréries des frères musulmans.

Pour beaucoup d’analystes, si aucun compromis n’est trouvé et si ces élections n’ont pas lieu, le CFCM entrera dans une crise sans précédent puisque ses instances (Conseil d’administration, bureau exécutif et conseils régionaux, tous à élire en même temps) basculeront dans l’illégitimité. Situation qui privera le Conseil de toute possibilité de fonctionnement légal et donc risque de précipiter son éclatement.

Que est l’impact de ces divisions sur la communauté musulmane en France ? Cela reste difficile à dire, mais l’on devine néanmoins que les efforts de mobilisation des différentes fédérations en vue de rallier la majorité des musulmans à leur cause ne doit pas être sans envenimer l’atmosphère dans les lieux de culte où la politique prend déjà le pas sur les préoccupations religieuses et spirituelles. C’est dire qu’au lieu de participer à l’unité des musulmans en France, cette instance n’aura fait que raviver des convoitises et entretenir des enjeux qui sont désormais devenus politiques, puisque le CFCM est devenu un lieu où se règlent visiblement les comptes à propos de passifs qui n’ont rien à voir avec la religion, mais avec la politique et, pour tout dire, avec la politique qui ne concerne pas la France elle-même.

Lors d’une conférence donnée à Paris en septembre 2007, l’initiateur du CFCM, l’ancien ministre de l’Intérieur Jea-Pierre Chevènement, reconnaissait que «le poids des organisations liées à des gouvernements d’Afrique du Nord en est une des caractéristiques principales. La rivalité entre l’Algérie et le Maroc est un fait mais le CFCM n’est pas absorbé par elle».

Mais il n’y a pas que les aspects de conjoncture. Car, plus important encore, c’est le fondement même de ce Conseil dans sa vocation et ses objectifs qui est matière à débat. S’il se veut une instance religieuse, on le critique souvent pour être devenu, en réalité, une entité purement politique qui sert plusieurs objectifs qui sont à la fois politiques et sécuritaires. Au plan politique, cela sert aux autorités françaises à avoir un interlocuteur au nom de la communauté musulmane, le tout dans le respect du cadre laïc de la République française. Le CFCM doit donc permettre de rendre l’islam soluble dans la laïcité et si l’on comprend bien que ce point de vue soit forcément inspiré de la culture politique française, il faut dire cependant que l’approche quant à sa mise en œuvre pêche dans sa quête de mettre l’islam sous une chapelle donnée. Ce qui distingue l’islam d’une autre religion est justement le fait qu’il n’admet aucun intermédiaire entre le croyant et son Créateur et n’a jamais donc été une religion qui a produit l’équivalent de l’Eglise pour le christianisme. La religion des musulmans est par essence diffuse dans la société, dans toutes les mosquées, dans les foyers et son organisation n’attend aucune hiérarchie entre croyants. C’est ce qui explique que la tentative de faire passer les phases historiques qu’a connu l’Eglise à la communauté musulmane, celle qui a généré l’idée même de l’existence d’un «islam de France» plutôt que de «l’islam en France» n’a jamais eu grand avenir. D’autant que, du point de vue du gouvernement français, le CFCM devait représenter non pas les musulmans de France, mais le culte musulman en France. Une spécificité qui n’existe pas, ce qui permet de comprendre pourquoi elle est si difficile à servir…

En ce qui concerne l’aspect sécuritaire, la tentative de structuration de la communauté musulmane en favorisant ses représentants les plus légalistes, sinon ceux désignés par leurs pays d’origine, peut effectivement être de nature à aboutir à une meilleure maîtrise des lieux du culte, entreprise où les musulmans sont eux-mêmes impliqués. Cela peut effectivement contrecarrer l’intégrisme. Quant au terrorisme, cela est une autre paire de manches depuis que le terrorisme islamiste a revu ses méthodes clandestines et affûté ses aires de recrutement qui ne se limitent plus aux seules affinités d’origine ou de religion.

Dans un rapport sur le CFCM élaboré en 2000 (soit une année après les premières consultations lancées par Jean-Pierre Chevènement), le Haut Conseil à l’intégration, après avoir constaté l’échec des précédentes tentatives qui datent de 1973 (Conseil de réflexion sur l’islam en France - CORIF - puis le Conseil représentatif de l’islam de France) a noté le succès des conseils nationaux des musulmans qui existent en Espagne, en Belgique ou en Grande-Bretagne. Un succès qu’il ne s’expliquait pas, alors qu’il est évident que dans les autres Etats où la laïcité n’a pas connu le même cheminement qu’en France, celle-ci sert à protéger la religion de l’Etat et non l’inverse.

Nabil Benali

 

 

Conseil français du culte musulman

Une entité hétéroclite

Le CFCM est une association régie par la loi de 1901 destinée à représenter les musulmans de France. La consultation initiée en 1999 par Jean-Pierre Chevènement, poursuivie par Daniel Vaillant, aboutira en 2003. Cette association sera officiellement créée avec le soutien de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur. Le CFCM, qui veut représenter les plus de 3,5 millions de musulmans en France, voit en fait sa représentativité contestée. Le CFCM intervient dans les relations avec le pouvoir politique, la construction des mosquées, le marché de la viande hallal, la formation des imams et le développement de représentations musulmanes dans les prisons et dans l’armée. Il fixe également les dates du mois du ramadan en France et, à travers le Conseil européen de la recherche et de la fatwa, décrète des fatwas d’applications en France.

Les différentes organisations qui le composent sont :

- la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF, proche du Maroc)

- l’Union des organisations islamiques de France (UOIF, proche des frères musulmans)

- la Grande Mosquée de Paris (GMP, proche de l’Algérie)

- le Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF)

- la Fédération française des associations islamiques d’Afrique, des Comores et des Antilles (FFAIACA).

- la fédération Invitation et mission pour la foi et la pratique.

 

Conjoncture

Les crises économiques à travers le monde

Il est certain que nous ne sommes pas face à une crise économique mondiale mais à plusieurs crises économiques, chacune ayant ses particularités et sa localisation géographique. Chaque crise nécessitant un traitement particulier qui ne serait valable que pour l’une d’elles et non pas pour les autres. Cependant il y a des régions ou des pays qui subissent deux ou plusieurs crises simultanément ; dans ce cas plusieurs traitements seraient nécessaires pour les combattre. Par ailleurs, ces crises différent aussi par leur intensité aussi leur traitement peut être intensif ou allégé. Enfin, tous les pays ou régions ne peuvent accéder facilement à ces traitements faute de moyens. C’est un peu cela la situation du monde actuel, alors que tous les pays se plaignent de maux qui ne semblent pas prêts de disparaître de sitôt...

Pour ce qui est de la grande crise des subprimes, selon M. Junkerkam,président de la Deutsch Bank, elle serait sur le point d’être surmontée, ce qui pourrait lever les dernières hypothèques qui empêchent le système financier de fonctionner dans un cadre normal en retrouvant sa solidarité qui n’a pu s’exprimer durant la poussée de fièvre qui a enflammé les marché financiers durant les deux derniers trimestres de l’année 2007, où les banques ont failli à leur devoir de solidarité en ne volant pas au secours de leurs consœurs plongées dans des crises de liquidités qui les ont amenées au bord de la faillite.

Qu’en est-il de la crise et de ses conséquences ?

Le monde de la finance est resté suspendu aux annonces des résultats des principales banques américaines ainsi que des grandes entreprises industrielles et technologiques. Tour à tour, plusieurs banques d’affaires annonçaient des résultats positifs pour le premier trimestre 2008 alors que d’autres annonçaient des résultats négatifs mais dans des proportions moindres que ce qui était escompté, ce qui a amené à l’apparition d’un sentiment d’optimisme dans les milieux financiers mondiaux. Par ailleurs, toutes les grandes banques qui avaient décidé de faire appel à de nouveaux fonds pour se recapitaliser ont pu le faire sans difficulté. Ce retour de la confiance a été mesuré par l’offre de rachat par la J.P. Morgan ( une grande banque d’affaires)  de la Bear Stearns une banque d’affaires en grande difficulté, offre qui a subi au cours de la période un accroissement considérable, passant de 1 à plus de 5, soit de 240 millions de dollars à plus de 1,5 milliard de dollars, alors qu'elle était cotée avant la crise des subprimes à plus de 5 milliards de dollars. Dans le même temps, de grandes entreprises industrielles et des nouvelles technologies de l’information et des télécommunications affichent des résultats positifs pour le premier trimestre 2008, ce qui a pour conséquence de conforter ce mouvement de reprise de la confiance.

Pour ne parler que des Etats-Unis desquels dépendent en grande partie des économies du monde, y compris celles d’ Asie, beaucoup d’indices sont là pour signifier qu’une légère reprise est  en train de s’amorcer, ce qui éloigne le spectre de la récession. Ce sursaut va être renforcée par la reprise de la demande domestique. L’Etat vient de commencer à distribuer aux ménages des chèques de remises d’impôt, une décision prise par le président Bush au début de l’année en cours pour encourager leur consommation et entraîner la reprise de la production et in fine celle des investissements. L’autre mesure prise par les Etats Unis, la décision de la Réserve Fédérale (banque centrale) de baisser son taux directeur d’escompte, le ramenant par plusieurs paliers successifs de baisse au niveau actuel de 2%. Le paradoxe de cette décision c’est qu’alors que la Banque centrale européenne (BCE) relevait son taux directeur par paliers successifs, au cours des années 2004-2007, de 2% à 4%, la Réserve fédérale avait suivi le chemin inverse. Nous assistons là à un scénario inverse, au grand dam de certains gouvernements européens, dont la France. Ce qui est frappant c’est que les indices boursiers des principales places financières des pays développés donnent des signes qui ne reflètent pas la réalité de leurs économies. Par exemple, les Etats-Unis, qui sont présentés par la presse spécialisée comme étant le pays le plus touché par la crise économique, apparaissent en relative bonne santé reflétée par les niveaux des principaux titres affichés à la bourse de Wall Street, où l’indice boursier Dow Jones qui en fait la synthèse est passé de son niveau historique affiché à l’été 2007 (14.000 points) à 12.800 points, après être passé par 11.500 en janvier 2008. Ce qui apparemment serait la marque  d’un retour de confiance important . Il faut rappeler que cet indice s’affichait à 11.000 points  avant septembre 2001 et représentait déjà un record historique pour l’époque. Dans le même temps, les places boursières européennes sont toutes revenues à leur niveau d’avant septembre 2001, à l’exception de l’Allemagne qui reste plus haut avec un indice de plus de 6.000 points ( 5.700  avant 2001) après avoir atteint un niveau historique l’été dernier à plus de 7.500 points .Le recul  des places boursières européennes vers leur niveau d’avant 2001 a été plus accentué que celui qui a touché les Etats Unis qui donc apparemment résisteraient mieux que les pays européens. En Asie, où les économies se trouvent très imbriquées avec celles des Américainsd’abord et des Européens ensuite, les principales places boursières, à l’exception de celle du Japon, ont mieux résisté aux évènements. La place de Hong Kong  affiche toujours des niveaux historiques à plus de 24.000 points ; son principal indice, le Hang Seng, s’affichait avant 2001 aux environs de 18.000 points alors qu’il était à 22.000 points l’été dernier, période au cours de laquelle toutes les places boursières occidentales affichaient leur pic historique. Pendant ce temps le principal indice boursier  japonais, le Nikkei, après avoir lui aussi battu son niveau historique d’avant 2001 en s’affichant  autour de 18.000 se retrouve maintenant avec un niveau inférieur avec moins de 13.500 points.

A la crise des subprimes qui a provoqué une véritable cure d’amaigrissement dans les places boursières mondiales s’ajoutent, pour les économies développées occidentales et asiatiques, la crise de l’énergie chère et du dollar faible dont les Etats Unis n’arrivent pas à tirer profit pour rétablir l’équilibre de leur balance commerciale qui enregistre depuis des années un déficit important particulièrement avec les pays d’Asie (Chine, Japon, Corée du Sud). La crise du dollar faible affecte d’autres pays dont l’Algérie qui avec les pays arabes exportateurs du pétrole se trouve pénalisée par cette érosion continue du pouvoir d’achat du dollar américain , ce  qui nous entraîne à parler de ce qui se passe dans les pays arabes et africains avant d’aller à examiner la situation de notre pays dans cette revue générale de l’économie mondiale exposée à travers le prisme des différentes crises à la fois économique et financières qui l’affecteraient …

Situation des pays arabes et africains

Il y a grossièrement celle des pays producteurs de pétrole et celle de pays qui importent leur pétrole qu’ils soient arabes ou africains ou les deux à la fois comme pour les pays de l’Afrique du Nord.

Pour les pays arabes producteurs de pétrole , la crise s’appelle crise de la faiblesse du dollar arabe , et crise de liquidités importantes dont le pouvoir d’achat s’érode à grande vitesse car constitue en majorité  dollars américains et pour lesquelles ces pays n’ont pas d’emploi immédiat .A l’intérieur de cette catégorie des pays arabes producteurs de pétrole , il faudrait distinguer ceux dont les populations sont peu nombreuses de ceux dont les populations sont importantes , ces derniers pays connaîtraient une crise particulière celle de l’augmentation des prix alimentaires sur les marchés mondiaux quand on sait que ces pays importent pour plus de 40% de leurs besoins alimentaires , cet accroissement des prix des produits alimentaires importés vient ajouter une autre difficulté à celle du dollar faible le tout se traduisant par une atteinte directe au pouvoir d’achat de l’Etat et de ses  citoyens .Ces deux inconvénients sont aussi présents dans les pays arabes producteurs de pétrole mais à faible population comme la Libye et ceux du Golfe à l’exception de l’Arabie Saoudite , cependant leur impact sur le pouvoir d’achat de l’Etat et de ses  citoyens est moins   violent qu’il ne l’est pour les pays plus populeux . La facture alimentaire globale des pays arabes était de l’ordre de 20 milliards de dollars an, elle sera cette année certainement de plus de quarante milliards de dollars. Pour les pays arabes moins populeux et non producteur de pétrole , Tunisie , Jordanie , Liban , il y a de la difficulté cependant ces pays semblent avoir davantage de ressorts pour y faire face , si le premier pays s’en sort avec une balance agricole équilibrée et une balance alimentaire en excèdent , les seconds arrivent à équilibrer leurs économies en bénéficiant de soutien financiers importants arabes et étrangers .pour la Jordanie les aides proviennent de l’Arabie Saoudite un peu plus de sept cents millions de dollars an entre aide financière directe et aide indirecte liée au pétrole livré à un prix subventionné et des Etats Unis six cents de milliards an . Le Liban lui a reçu cette année pour plus de 1 milliards de dollars de la part de l’Arabie Saoudite et 500 millions de dollars de la part du Koweït, ce dernier pays pourrait voir sa situation s’améliorer avec le déblocage des aide promises par les bailleurs occidentaux  et dont le montant s’élèverait à 4 milliards de dollars, les bailleurs arabe ayant en partie honoré leurs engagements (3 milliards de dollars).

Les pays populeux producteurs de pétrole comme l’Egypte le Yémen ou le Soudan, pour ces pays l’impact de la crise sur les produits alimentaires est dramatique, le Soudan qui devait être le grenier des pays arabes importe pour plus de deux millions de tonnes de céréales. Si les médias mondiaux ont rendu davantage compte des émeutes pour le pain en Egypte , les émeutes au Yémen et au Soudan organisées contre la cherté des produits alimentaires ont également eu lieu, ces trois pays ayant par ailleurs d’autres problèmes que ceux liés au pain il s’ensuit des situations d’instabilité qui pourraient perdurer .L’Egypte avec une équipe gouvernementale moderne , la meilleure du monde arabe ,semble dans l’incapacité d’apporter des réponses correctes aux crises qui la secouent .De plus les partis d’opposition dont celui des frères musulmans ont trouvé dans cette crise du pain le moyen de réapparaître sur la scène politique comme l’alternative au pouvoir capable de porter le flambeau du nationalisme que la population égyptienne dans sa majorité considère quelque peu comme écorché par la   décision des autorités égyptiennes de livrer du gaz aux Israéliens , les Egyptiens sont sur le point de mettre en service le gazoduc qui relie leur pays à Israël pour y livrer 6 milliards de mètres cubes de gaz annuellement et ce sur 20 ans , décision que les  autorités égyptiennes auraient du expliquer depuis longtemps à leurs citoyens . Ce simple exercice pédagogique aurait placé ce problème dans le cadre qui est le sien et qui consistait  à dire que leur pays a pris des engagements vis à vis de la communauté internationale et que cette livraison de gaz à Israël participait de cet engagement. En rappelant que cet engagement a valu à l’Egypte de recevoir de la  part de Américains pour plus de 2 milliards de dollars par an et ce depuis plus de 18 ans ainsi que des aides de la part des pays Européens …Et si l’Egypte et ses  citoyens se portent mieux  aujourd’hui c’est en partie grâce à ces aides et au soutien des pays occidentaux.

Si l’on part de l’idée que le peuple ne comprend rien à l’économie ou à la politique on ira au devant de difficultés lorsque les choses se compliquent et ou il devient urgent de prendre les décisions impopulaires c’est ce que ne semble pas avoir compris les dirigeants actuels de l’Egypte  qui à leur tour s’étonnent de l’apparition de cette marée contestataire qui s’exprime dans la rue égyptienne et ou tout se mélange revendications sociales, économiques et politiques, les frères musulmans qui participent à ce mouvement, opportunistes comme à leur habitude ont l’habileté d’occulter leurs revendications religieuses et culturelles  pour être en phase avec le mouvement de contestation générale exprimée par le peuple du "bas"…

De leur coté les pays africains les plus nombreux souffrent, peuplés ou non, d’une part de la cherté des produits alimentaires qui se font rares parce que chers à l’importation et souffrent de la cherté du pétrole qui produit à son tour la cherté des produits faits localement .Les Institutions internationales chiffrent le déficit en produits alimentaires de l’Afrique à 35 millions de tonnes. C’est le moment de rappeler une réalité cruelle qui concerne à la fois tous les pays africains , et les pays arabes pétroliers ou non mais dont le lien serait leur population nombreuse, c’est que tous ses pays sont menacés par l’accroissement démographique sans contrôle  . L’Afrique compte une population de 800 millions d’habitants, pays nord africains compris, et se présente avec un déficit de 35 millions de tonnes en produits alimentaires. Dans 40 ans l’Afrique comptera 1,8 milliards d’habitants sera t’elle à ce moment là capable de nourrir ce milliards d’africains supplémentaires quand elle n’arrive pas à nourrir les 800 millions d’africains maintenant …Les Organisations internationales y compris l’Union africaine devraient se préoccuper prioritairement  d’inscrire comme préoccupation centrale de  leurs agendas de travail  cette question de la croissance démographique des pays africains à laquelle il faut remédier , avant que d’aller à parler des aides financières à apporter à ces pays pour leur développement il s’agit d’une question de vie ou de mort y compris pour un pays considéré comme riche comme l’Algérie …Pays qui n’a pas été affecté par la crise des subprimes ni par celle du pétrole cher mais qui l’est   par l’accroissement des prix des produits alimentaires avec son cortège de baisse du pouvoir d’achat des citoyens …Dans l’ordre des priorités de ces pays il faut placer la maîtrise de la croissance démographique avant celle du développement sinon tout ce qui pourrait  être construit dans le cadre d’un plan de développement se trouvera irrémédiablement détruit par une croissance non contrôlée de la population et c’est ce qui vient d’arriver à beaucoup de pays africains considérés comme des modèles de développement et que la flambée des prix du pétrole associée à celle des produits alimentaires sur le marché international a amené à l’annulation des gains en développement réalisés jusque là … 

L’Algérie face aux crises mondiales

Avec l’accroissement du prix des produits alimentaires sur le marché mondial l’Algérie se trouve contrainte de financer sur les ressources publiques un certain nombre de produits essentiels entrant dans l’alimentation de base de la population, le blé et le lait pour l’instant , les autres produits tout aussi essentiels que sont l’huile , le sucre le café , le beurre végétal, les viandes, les œufs les légumes secs, le mais, etc. sont laissés pour le moment à l’appréciation du marché alors qu’ils constituent plus de 80% de la dépense alimentaire des ménages algériens , c’est dire donc que l’Etat algérien a la main légère quand il s’agit de distribuer une partie de la rente pétrolière au peuple. Tout comme les pays africains et les pays arabes très peuplés, l’Algérie ne pourrait se passer d’un plan draconien de maîtrise de sa croissance démographique. Avec un baril de pétrole à 125 dollars pour le pétrole algérien l’Algérie ne peut assurer une vie digne à ses 33,5 millions  d’habitants. Dans 20 ans et un baril de pétrole qu’il faudra acheter que voulez vous que le pays fera pour assurer le pain à ses 45 millions d’habitants si d’ici là rien  n’était fait d’une part pour réduire le niveau l’extraction du pétrole en vue d’en laisser une partie aux générations qui arrivent et d’autre part pour amenuiser l’intensité de la croissance démographique en vue d’arriver dans 20 ans à une population qui ne devrait pas excéder les 36 millions d’habitants au lieu des 45 que nous atteindrons sûrement tant il est certain que l’actuel gouvernement n’a pas l’intention de s’engager sur ce terrain parce que faisant certainement sien l’adage "après moi le déluge" . L’autre problème c’est cette non gestion des réserves de change du pays ou ni le Chef du Gouvernement ni le Ministre des Finances ne semblent en mesure de dire d’abord ou se trouvent ses réserves de change ni préconiser le meilleur emploi pour elles, devant tant de passivité on ne peut que prédire des dégâts à venir…

B. Hachemane

 

Haut

e-mail :contact@lesdebats.com

 

Copyright © 2001-2002 - MAHMOUDI INFO Sarl - Tous droits réservés.

Conception M.Merkouche