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Afghanistan
Le Pentagone
envisage d'envoyer des renforts
Les Etats-Unis,
réticents jusqu'à présent à envoyer des renforts en Afghanistan,
envisagent d'envoyer 3 000 hommes supplémentaires pour lutter contre
le regain de violence des taliban, leurs appels à la contribution
des alliés de l'OTAN étant restés lettre morte.
Une proposition,
soutenue par les responsables militaires américains en Afghanistan,
sera soumise au patron du Pentagone. Washington avait multiplié les
appels à ses alliés de l'Otan, qui gère sur place la Force
internationale d'assistance à la sécurité (Isaf), forte d'environ
40 000 soldats, à augmenter leurs contributions en troupes. Les
responsables militaires sur le terrain se plaignent du fait qu'il
leur manque 7 500 hommes promis par des membres de l'Otan, alors
qu'une insurrection "classique" se développe dans le pays.
Lors d'une
rencontre à Edimbourg mi-décembre entre Robert Gates, secrétaire
américain à la Défense, et ses homologues britanniques et de six
autres pays engagés en Afghanistan (Canada, Australie, Pays-Bas,
Danemark, Estonie et Roumanie), la question de la contribution en
troupes avait ainsi été au cœur des discussions. Quelques jours
avant cette rencontre, le chef d'état-major interarmées américain,
l'amiral Michael Mullen, avait affirmé qu'il y avait des limites à
ce que l'armée américaine pouvait faire alors que la plus grande
partie de ses ressources étaient concentrées sur la guerre en Irak.
"La guerre en Afghanistan est par nature et nécessité une
opération à l'économie" avait-il dit, "notre principal
objectif militaire dans la région et dans le monde en ce moment se
trouve en Irak". Les Etats-Unis disposent de 26 000 soldats en
Afghanistan contre plus de 160 000 en Irak.
Le projet des
militaires américains qui doit être entériné par Robert Gates vise à
déployer une force de Marines soutenus par des hélicoptères et
quelque 2 200 troupes de combat d'ici avril, les insurgés risquant
de lancer de nouvelles offensives à l’arrivée du printemps. Selon ce
projet, un bataillon de Marines se rendrait également sur place pour
entraîner les forces de sécurité afghanes. Ce qui porterait
l'ensemble des renforts à quelque 3 000 hommes. Si le projet est
approuvé, les Marines se rendront dans la province de Helmand, un
bastion taliban dans le sud du pays.
Il faut savoir que
l’Afghanistan, en proie à un regain de violence des taliban, a connu
en 2007 son année la plus sanglante depuis 2001, date du
déclenchement de la guerre conduite par les Américains contre ce
pays. L’envoi de milliers de Marines en renfort reflète avant tout
une détérioration de la situation dans le pays ; il trahit
l'inquiétude croissante des Américains face au regain de violence
des taliban, à la résurgence d'Al-Qaîda et à l'instabilité dans le
Pakistan voisin. Malgré tout, soulignent les experts, ces troupes
américaines supplémentaires ne constitueraient qu'une "béquille" et
non une solution globale au conflit en Afghanistan.
Le fait que les
Etats-Unis envisagent d'envoyer plus d'hommes "témoigne d'une
inquiétude croissante concernant l'instabilité au Pakistan après
l'assassinat de l'ancien Premier ministre Benazir Bhutto",
estime Sam Brannen, expert au Centre d'études internationales et
stratégiques. Les troubles politiques "ont détourné le président
Musharraf du problème des extrémistes soutenant des éléments
extérieurs, ce qui leur offre un sanctuaire encore plus sûr
qu'auparavant".
Des responsables
américains sont convaincus que le réseau d'Oussama ben Laden et des
taliban afghans et pakistanais ont reconstitué leurs forces dans les
régions tribales du nord-ouest du pays pour déclencher des attaques
de l'autre côté de la frontière, en Afghanistan. "Al-Qaîda a
perdu du terrain en Irak, et est en train de redéployer ses
ressources en Afghanistan", explique Sam Brannen. Si la
perspective de troupes américaines supplémentaires a été saluée par
Kaboul, certains observateurs se montrent sceptiques sur
l'efficacité d'un tel geste. "L'augmentation du nombre de
militaires est une bonne nouvelle. Mais le problème central est
d'établir une stratégie unifiée" entre alliés et avec le
gouvernement afghan, estime Ali Jalali, ancien ministre afghan de
l'Intérieur. "L'Otan mène des combats tactiques, mais sans
stratégie. Tant qu'il n'y aura pas de vision unifiée, rajouter des
troupes ne va pas faire de grande différence."
Pour Marc Brannen,
"une décision américaine unilatérale n'est pas une bonne chose",
car elle risque d'encourager Al-Qaîda à plus de violence. "Al-Qaîda
cherche toujours de nouveaux conflits pour se régénérer. Plus nous
envoyons de troupes américaines, plus nous leur offrons de cibles et
d'occasions de propagande et de recrutement. Une attaque
d'Américains a plus d'impact qu'un attentat contre les forces de
l'Otan", fait-il valoir.
Quoi qu’il en
soit, l’envoi de militaires en renforts en Afghanistan signifie,
sept années après le déclenchement de la guerre, que la situation
est loin d’évoluer dans le sens voulu par Washington….
Haut
Pakistan
Musharraf met en garde
les USA en cas d'incursion non autorisée
Le Président
pakistanais a mis en garde les Etats-Unis et les troupes de la
coalition présente en
Afghanistan contre toute incursion non
autorisée sur le territoire pakistanais, dans un entretien au
journal de Singapour, The Straits Times.
"Personne ne viendra ici tant que nous ne leur aurons pas
demandé. Et nous ne le leur avons pas demandé", a déclaré
Musharraf. Il a expliqué que ni les Etats-Unis ni les troupes de la
coalition en Afghanistan ne pourront entrer au Pakistan à moins d'y
être invités pour une raison particulière, par exemple pour capturer
le chef du réseau islamiste Al-Qaîda, Oussama Ben Laden.
Interrogé pour savoir si une incursion sans autorisation d'Islamabad
serait considérée comme une invasion, le chef de l'Etat pakistanais
a répondu : "Certainement, s'ils venaient sans notre permission,
ce serait une atteinte à la souveraineté du Pakistan."
Le
6 janvier, le Pakistan avait vivement réagi à des informations du
New York Times selon lesquelles le gouvernement américain
envisageait des opérations clandestines dans les zones tribales
frontalières avec l'Afghanistan. Cette région du nord-ouest du
Pakistan est le théâtre d'une insurrection de combattants islamistes
proches des taliban et d'Al-Qaîda. Le Pakistan, qui a envoyé ces
derniers mois 90 000 soldats dans cette région montagneuse très
difficile d'accès où certains experts pensent que Ben Laden est
réfugié, n'est toujours pas parvenu à prendre le pas sur les
rebelles. Musharraf s'est montré convaincu dans l'interview que
l'armée américaine ne serait pas plus efficace. "Les Etats-Unis
semblent penser qu'ils peuvent réussir à faire ce que notre armée ne
parvient pas à réaliser, c'est une sensation très fausse", a
déclaré le Président pakistanais au Straits Times. "Je
mets au défi n'importe qui de venir dans nos montagnes, ils le
regretteront. Ce n'est pas du tout facile là-bas", a-t-il
poursuivi.
L. H.
Haut
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