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Semaine du 16 au 22 janvier 2008

 

Afghanistan 

Le Pentagone envisage d'envoyer des renforts

Pakistan

Musharraf met en garde les USA en cas d'incursion non autorisée

 

 

 

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Afghanistan 

Le Pentagone envisage d'envoyer des renforts

Les Etats-Unis, réticents jusqu'à présent à envoyer des renforts en Afghanistan, envisagent d'envoyer 3 000 hommes supplémentaires pour lutter contre le regain de violence des taliban, leurs  appels à la contribution des alliés de l'OTAN étant restés lettre morte. 

Une proposition, soutenue par les responsables militaires américains en  Afghanistan, sera soumise au patron du Pentagone. Washington avait multiplié les appels à ses alliés de l'Otan, qui gère sur place la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf), forte d'environ 40 000 soldats, à augmenter leurs contributions en troupes. Les responsables militaires sur le terrain se plaignent du fait qu'il leur  manque 7 500 hommes promis par des membres de l'Otan, alors qu'une insurrection  "classique" se développe dans le pays.

Lors d'une rencontre à Edimbourg mi-décembre entre Robert Gates, secrétaire américain à la Défense, et ses homologues britanniques et de six autres pays engagés en Afghanistan (Canada,  Australie, Pays-Bas, Danemark, Estonie et Roumanie), la question de la  contribution en troupes avait ainsi été au cœur des discussions.  Quelques jours avant cette rencontre, le chef d'état-major interarmées  américain, l'amiral Michael Mullen, avait affirmé qu'il y avait des limites à ce que l'armée américaine pouvait faire alors que la plus grande partie de ses ressources étaient concentrées sur la guerre en Irak. "La guerre en Afghanistan est par nature et nécessité une opération à  l'économie" avait-il dit, "notre principal objectif militaire dans la région et  dans le monde en ce moment se trouve en Irak". Les Etats-Unis disposent de 26 000 soldats en Afghanistan contre plus de  160 000 en Irak.

Le projet des militaires américains qui doit être entériné par Robert Gates vise à déployer une force de  Marines soutenus par des hélicoptères et quelque 2 200 troupes de combat d'ici avril, les insurgés risquant de lancer de nouvelles offensives à l’arrivée du printemps. Selon ce projet, un bataillon de Marines se rendrait également sur place pour entraîner les forces de sécurité afghanes. Ce qui porterait l'ensemble des renforts à quelque 3 000 hommes. Si le projet est approuvé, les Marines se rendront dans la province de Helmand, un bastion taliban dans le sud du pays.

Il faut savoir que l’Afghanistan, en proie à un regain de violence des taliban, a connu en 2007 son année la plus sanglante depuis 2001, date du déclenchement de la guerre conduite par les Américains contre ce pays. L’envoi de milliers de Marines en renfort reflète avant tout une détérioration de la  situation dans le pays ; il trahit l'inquiétude croissante des Américains face au regain de violence des taliban, à la résurgence d'Al-Qaîda et à l'instabilité dans le Pakistan voisin. Malgré tout, soulignent les experts, ces troupes américaines supplémentaires ne constitueraient qu'une "béquille" et non une solution globale au conflit en Afghanistan.

Le fait que les Etats-Unis envisagent d'envoyer plus d'hommes "témoigne  d'une inquiétude croissante concernant l'instabilité au Pakistan après  l'assassinat de l'ancien Premier ministre Benazir Bhutto", estime Sam  Brannen, expert au Centre d'études internationales et stratégiques. Les troubles politiques "ont détourné le président Musharraf du problème  des extrémistes soutenant des éléments extérieurs, ce qui leur offre un  sanctuaire encore plus sûr qu'auparavant".

Des responsables américains sont convaincus que le réseau d'Oussama ben Laden et des taliban afghans et pakistanais ont reconstitué leurs forces dans les régions tribales du nord-ouest du pays pour déclencher des attaques de  l'autre côté de la frontière, en Afghanistan. "Al-Qaîda a perdu du terrain en Irak, et est en train de redéployer ses  ressources en Afghanistan", explique Sam Brannen. Si la perspective de troupes américaines supplémentaires a été saluée par  Kaboul, certains observateurs se montrent sceptiques sur l'efficacité d'un tel geste.  "L'augmentation du nombre de militaires est une bonne nouvelle. Mais le  problème central est d'établir une stratégie unifiée" entre alliés et avec le  gouvernement afghan, estime Ali Jalali, ancien ministre afghan de l'Intérieur.  "L'Otan mène des combats tactiques, mais sans stratégie. Tant qu'il n'y aura  pas de vision unifiée, rajouter des troupes ne va pas faire de grande  différence." 

Pour Marc  Brannen, "une décision américaine unilatérale n'est pas une bonne  chose", car elle risque d'encourager Al-Qaîda à plus de violence. "Al-Qaîda cherche toujours de nouveaux conflits pour se régénérer. Plus nous envoyons de troupes américaines, plus nous leur offrons de cibles et d'occasions de propagande et de recrutement. Une attaque d'Américains a plus  d'impact qu'un attentat contre les forces de l'Otan", fait-il valoir.

Quoi qu’il en soit, l’envoi de militaires en renforts en Afghanistan signifie, sept années après le déclenchement de la guerre, que la situation est loin d’évoluer dans le sens voulu par Washington….   

 

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Pakistan

Musharraf met en garde les USA en cas d'incursion non autorisée

Le Président pakistanais a mis en garde les Etats-Unis et les troupes de la coalition présente en Afghanistan contre toute incursion non autorisée sur le territoire pakistanais, dans un entretien au journal de Singapour, The Straits Times. "Personne ne viendra ici tant que nous ne leur aurons pas demandé. Et nous ne le leur avons pas demandé", a déclaré Musharraf. Il a expliqué que ni les Etats-Unis ni les troupes de la coalition en Afghanistan ne pourront entrer au Pakistan à moins d'y être invités pour une raison particulière, par exemple pour capturer le chef du réseau islamiste Al-Qaîda, Oussama Ben Laden.

Interrogé pour savoir si une incursion sans autorisation d'Islamabad serait considérée comme une invasion, le chef de l'Etat pakistanais a répondu : "Certainement, s'ils venaient sans notre permission, ce serait une atteinte à la souveraineté du Pakistan."  

Le 6 janvier, le Pakistan avait vivement réagi à des informations du New York Times selon lesquelles le gouvernement américain envisageait des opérations clandestines dans les zones tribales frontalières avec l'Afghanistan. Cette région du nord-ouest du Pakistan est le théâtre d'une insurrection de combattants islamistes proches des taliban et d'Al-Qaîda. Le Pakistan, qui a envoyé ces derniers mois 90 000 soldats dans cette région montagneuse très difficile d'accès où certains experts pensent que Ben Laden est réfugié, n'est toujours pas parvenu à prendre le pas sur les rebelles. Musharraf s'est montré convaincu dans l'interview que l'armée américaine ne serait pas plus efficace. "Les Etats-Unis semblent penser qu'ils peuvent réussir à faire ce que notre armée ne parvient pas à réaliser, c'est une sensation très fausse", a déclaré le Président pakistanais au Straits Times. "Je mets au défi n'importe qui de venir dans nos montagnes, ils le regretteront. Ce n'est pas du tout facile là-bas", a-t-il poursuivi.

L. H.

 

 

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