Semaine du 18 au 24  juillet 2007

 

L'éditorial

Le FLN à la croisée des chemins

 

 
 
 Editorial

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Le FLN à la croisée des chemins

Il serait faux de croire que le parti de Abdelaziz Belkhadem soit effectivement le grand perdant des dernières législatives. Si le FLN a reculé dans les scores, autant en nombre de sièges qu'en voix exprimées en sa faveur, avec pas moins de 1 million d'électeurs qui ne lui ont pas renouvelé leur confiance, son plus grand objectifs lors aura été réalisé, en réunissant la conservation de son statut de première force politique du pays tout en s'effaçant au profit des autres, afin de se débarrasser quelques peu de cette image hégémonique qui n'était pas pour le servir et qui a très tôt donné l'impression d'un Etat-FLN, avec la domination des figures issues de ses rangs de la quasi-totalité des institutions de la républiques. Le fait d'être passé de la majorité absolue à la majorité relative a servi cet objectif que le FLN n'aurait cependant pas forcément recherché. Il n'y a qu'à constater le nombre de députés indépendants qui se sont tous mis sous sa bannière, avant même d'être installée à l'hémicycle de Zighout Youcef pour se rendre compte que tous les moyens avaient été mis à contribution pour préserver les positions antérieures. Dans ce cas de figure, comme dans celui qui a réellement eu lieu, il ne faut pas perdre de vue que cela ne devait avoir aucune influence sur la composition du gouvernement. Que le FLN ait conservé sa majorité absolue ou qu'il l'ait perdue, comme il s'est produit le 17 mai, cela n'a aucun rapport avec l'Exécutif, puisque le système politique actuel n'oblige pas le président de la république à choisir parmi la majorité son chef du gouvernement. Le maintien de Abdelaziz Belkhadem à ses fonctions, après un intermède de quelques jours encore plein de mystères, ainsi que l'écrasante majorité de l'ancienne équipe, à deux départ près, a tôt fait de couper la route aux spéculations qui mettaient le FLN en obligation de marchander une quelconque alliance afin de pouvoir continuer à diriger l'Exécutif. L'on sait très bien, et ce n'est pas nouveau, que les résultats des législatives et la composition du gouvernement sont deux faits totalement distincts, l'un n'étant pas la conséquence de l'autre, ou alors pour si peu. Il n'y a qu'à se souvenir quand Abdelaziz Belkhadem demandait publiquement le départ de sept d'entre ses ministres, au moment où le FLN paraissait sur une lancée inexorable, alors qu'il ne bénéficiait du dixième du répondant qu'il se croyait en droit d'attendre d'El Mouradia.

Il est permis de penser, cependant, que le FLN aurait souhaité parvenir à une plus grande participation des autrtes formations dans le gouvernement, sans que cela bien sûr ne vienne lui chicaner sa place à la chefferie du gouvernement, meilleure garantie n'est-ce pas pour qu'il puisse démontrer que lui, mieux que quiconque, est bien placé pour donner sa traduction concrète au programme du Président. Ce partage, qui n'est pas inspiré par une sorte de générosité nouvelle, aurait eu pour effet d'atténuer le passif gestionnel du FLN et de le diluer parmi une noria de partis politiques, un peu comme ce parti a quelque peu réussi à faire durant les gouvernements d'Ahmed Benbitour et de Ali Benflis. Cela aurait donné, entre autres résultats, que l'on ne puisse pas attribuer une aussi forte abstention que celle enregistrée le 17 mai dernier à la seul gestion du FLN, mais que cette responsabilité soit partagée On voit bien, en somme, comment le fait d'accuser les petits partis et les candidats indépendants d'être à l'origine de l'abstention et de l'émiettement des voix n'a pas été une version vraiment admise par tous, à supposer qu'il y 'en ait qui croit vraiment que c'est ainsi que l'opinion pense.

Somme toute, tout en opérant quelques concessions de formes, qui ne vise en vérité qu'à donner encore plus de marge de manoeuvre au FLN en le débarrassant de la casserole de l'abstention, ce parti n'a d'autre choix que de continuer et à réussir, avec le peu de temps qui lui est encore imparti, ce qu'il n'a pu faire depuis qu'il a évincé Ahmed Ouyahia de la chefferie du gouvernement. Il devra dans cette optique trouver toutes les ressources nécessaires pour faire en moins de temps qu'avant, deux fois plus, pour retrouver un crédit laminé, ne serait-ce qu'eu égard aux critiques maintes fois publiquement exprimées envers les ministres du gouvernement Belkhadem par le président Bouteflika en premier chef. On devine bien qu'une telle tâche, herculéenne, n'a absolument rien de facile. Elle pourrait même s'avérer impossible, s'agissant non pas des gros dossiers et des chantiers de réformes à tous les niveaux, mais juste au niveau de la qualité de vie des Algériens, là où ces derniers l'attendent précisément, comme ils en ont exprimé le mécontentement généralisé en ce 17 mai. Nous disons que le FLN est conscient de l'utilité d'un partage du bilan, pas très reluisant de la gestion des affaires publiques et cela est d'autant plus vrai à l'approche des élections locales, partant du principe que la majorité des assemblées est justement entre ses mains. Le FLN devra-t-il, suivant une tendance lourde commandée par une conjoncture difficile, se résoudre une nouvelle fois à un repli tactique, juste pour ne pas insulter l'avenir et mieux appréhender ce dernier pour le quinquennat suivant ? On ne peut répondre immédiatement par la négative, au train où vont les choses. Après avoir perdu la moitié de ses électeurs, le parti de Belkhadem a toutefois le choix entre deux options. Soit se contenter d'une kyrielle d'élus "mal élus" et qui risquent de faire l'objet de contestations encore plus marquées au niveau local, soit se résoudre à passer des alliances avec ses alliés les plus proches pour un partage qui amoindrisse le nombre des sièges, sans toucher à son influence sur la scène politique. Ce serait là un dilemme difficile à trancher, si la base du parti n'avait pas à coeur de ne rien laisser, pas même des miettes, à la concurrence une fois ouverte la compétition pour les assemblées et les privilèges qui vont avec.

Nabil Benali

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