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Le Hamas perd
des batailles politiques
Le Fatah se
renforce
Le Hamas perd du
terrain dans la bataille politique et symbolique que lui livrent
conjointement le Fatah, les partisans du président Mahmoud Abbas, et
désormais Israël.
Ecartés du
gouvernement depuis leur coup de force à Gaza il y a un mois, les
partisans du Hamas se considèrent toujours comme légitimes, leur
chef charismatique Ismaïl Haniyeh en premier lieu.
Haniyeh pense
toujours s'exprimer au nom du peuple palestinien en tant que Premier
ministre légal alors qu'il est de plus en plus isolé politiquement,
confiné dans la bande de Gaza, sujette par ailleurs à un blocus
israélien et cisjordanien.
Le Hamas a essuyé
un revers politique dimanche en ne parvenant pas à réunir le quorum
nécessaire au Conseil législatif, basé à Gaza, pour contester le
décision d'Abbas d'avoir mis sur pied un gouvernement rival au nom
de l'état d'urgence.
Les partisans d'Haniyeh,
vainqueurs des élections législatives de janvier 2006, rejettent le
déni d'Abbas de la légitimité des urnes et sa conviction qu'en cas
de crise majeure, une décision de l'Organisation de libération de la
Palestine (OLP) prévaut sur le Conseil législatif.
67 députés
minimum
Seuls vingt-huit
députés sur 132 se sont présentés au Conseil législatif alors que la
présence de 67 députés minimum était nécessaire au Hamas pour
contester le choix d'Abbas.
La plupart des
élus du mouvement (74%) n'ont pas pu siéger, se trouvant aux mains
d'Israël. Les autres parlementaires, issus du Fatah, ont tous
boycotté la réunion extraordinaire.
Parallèlement,
Mahmoud Abbas a annoncé la tenue mercredi d'une réunion du Conseil
central (mini-parlement) de l'OLP destinée à renforcer la légitimité
du cabinet de crise nommé après le coup de force de Gaza.
Haniyeh, convaincu
de n'avoir "aucun regret quant à la prise de Gaza", a accusé
dimanche les partisans du président Abbas d'avoir interdit l'accès
aux députés du Hamas de Cisjordanie à la salle de vidéoconférence de
Ramallah utilisée lors des réunions du Conseil législatif.
"Nous avons un
message clair à envoyer. Le pouvoir du Conseil législatif ne doit
pas être remis en cause. Personne ne doit sous-estimer la loi
fondamentale palestinienne", a prévenu un des chefs du Hamas de
Gaza, Ahmed Bahar.
Au lieu de siéger
normalement au Conseil législatif, les partisans d'Haniyeh ont donc
improvisé une réunion informelle à distance en établissant un
contact téléphonique avec leurs homologues coincés à Ramallah.
250 membres du
Fatah libères
De leur côté, les
militants du Fatah de Cisjordanie ont commencé à signer leurs
promesses de renoncement aux violences contre Israël, dans le cadre
d'un accord passé avec l'Etat juif qui se dit prêt à abandonner ses
poursuites contre quelque 180 activistes.
Les membres des
Brigades des martyrs d'Al Aksa, considérées comme le bras armé du
Fatah, se sont pressés dimanche matin dans les locaux des forces de
sécurité palestiniennes de Cisjordanie pour entériner leurs
promesses de bonne conduite à l'égard d'Israël.
L'initiative entre
dans le cadre des mesures que le Premier ministre israélien Ehud
Olmert présentera à Abbas à l'occasion de leur prochaine entretien,
prévu semble-t-il lundi, à Jérusalem.
Le geste politique
d'Israël va dans le sens d'un rétablissement de la sécurité et de
l'autorité du Fatah en Cisjordanie, et prévoit également de libérer
250 activistes détenus par l'Etat juif.
Les 250 futurs
bénéficiaires de la grâce qu'Olmert s'apprête à accorder sont issus
à 85% de la formation présidentielle, les autres appartenant à des
mouvements laïques.
La mise en place
de cette initiative commune entre Israël et Abbas a pour but
d'asseoir la légitimité du Fatah et celle de son cabinet de crise,
ainsi que de réduire l'influence des partisans du Hamas, élus
pourtant majoritairement il y a plus d'un an et demi par le peuple
palestinien.
Après un rapport
sécuritaire américain
L'Irak se dit
prêt à assurer sa sécurité
Le chef du
gouvernement irakien a estimé samedi que son pays était prêt à
assurer sa sécurité et égratigné un rapport américain critique sur
ce point, tandis que des députés ont dénoncé les pressions de
Washington pour l'adoption d'une loi controversée sur le pétrole.
"Nous sommes
totalement confiants dans le fait que nous sommes capables d'assumer
pleinement la responsabilité de la sécurité dès que les forces
internationales souhaiteront se retirer" d'Irak, a affirmé le
Premier ministre Nouri al-Maliki.
"Le gouvernement
entend sérieusement augmenter ses forces de sécurité et les équiper,
afin d'être mieux préparé à en prendre la responsabilité au cas où
les troupes étrangères décident de se retirer", a-t-il ajouté au
cours d'une conférence de presse à Bagdad.
Ces déclarations
interviennent deux jours après la publication par la Maison Blanche
d'un rapport d'étape sur les progrès en Irak, qui relève notamment
que le pays a échoué à préparer ses forces pour les opérations de
sécurité dans ce pays ravagé par les violences.
En réaction à ce
document, M. Maliki s'est montré prudent: "Nous pensions que la plus
grande partie du rapport était positive", a-t-il dit, en laissant
entendre que ses auteurs n'avaient peut-être pas pris en compte
"tous les problèmes avec précision".
"C'est normal pour
une situation compliquée comme l'Irak. Nous ne pouvons pas dire que
la situation politique en Irak est facile car c'est la première fois
dans notre histoire que nous avons un gouvernement d'unité
nationale", a argumenté M. Maliki.
Le rapport
américain de 25 pages montre que sur 18 objectifs au total, les
progrès sont "insatisfaisants" pour huit d'entre eux,
"satisfaisants" pour huit autres, tandis que pour les deux derniers
les résultats sont mitigés.
Il critique le
gouvernement Maliki pour n'avoir pas réussi à faire passer une loi
facilitant l'accès à des postes publics pour les anciens membres du
parti Baas de Saddam Hussein, dont certains auraient rejoint
l'insurrection.
Mais la
publication du document n'a pas entamé la détermination du président
George W. Bush, qui a réaffirmé sa confiance en la victoire et en
Nouri al-Maliki.
La sécurité et la
réintégration de anciens "Baasistes" sont des aspects considérés par
Washington comme des points essentiels pour la réconciliation
nationale en Irak, de même que l'adoption d'une loi pour l'industrie
pétrolière du pays, visant à partager équitablement les revenus du
pétrole brut entre les 18 provinces.
Les pressions
américaines sur ce sujet sensible en Irak suscitent des critiques
nourries dans les rangs des députés.
"Les Américains
mettent la pression pour que nous adoptions une loi sous quelque
forme que ce soit", a déclaré à l'AFP le député sunnite
Abdoul-Sattar Mahmoud, du Front irakien de la Concorde nationale.
"Ils sont
davantage préoccupés par la forme que par le contenu de la loi. Ils
la considèrent comme une partie du processus de réconciliation.
Nous, non", a critiqué le parlementaire.
De son côté, le
député kurde Mahmoud Othman, a mis en garde contre les effets
"contre-productifs" des pressions américaines. Nombre de
parlementaires sont en effet maintenant opposés à l'adoption de ce
projet de loi. "Ils pensent que c'est une loi américaine et ils ne
l'ont même pas encore lue", a-t-il dit.
Cette loi est un
sujet particulièrement délicat dans ce pays qui possède les
troisièmes réserves mondiales d'or noir. Elles sont concentrées dans
le sud chiite et le nord majoritairement kurde, peu disposés à
partager cette manne, tandis que les sunnites, écartés du pouvoir
après la chute du régime de Saddam Hussein, vivent dans des régions
dénuées de pétrole.
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