Semaine du 18 au 24  juillet 2007

 

Terrorisme

Le GSPC : avec ou sans Al-Qaida ?

 

 
 
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Le GSPC : avec ou sans Al-Qaida ?

Cou manqué du GSPC à Yakouren ? “Al-Qaïda-Algérie, c’est-à-dire l’ex-GSPC, a tenté un véritable coup d’Etat dans la nuit de mardi à mercredi. Simultanément, dans trois wilayas de Kabylie, Tizi-Ouzou, Boumerdès et Bouira, des attentats ont ciblé des points fixes des forces de l’ordre (ANP, gendarmerie et garde communale).” C’est Le Soir d’Algérie qui donne l’information en même temps que tous les médias nationaux et étrangers, après que l’attaque de Lakhdaria ait fait le tour du monde. Et Le Soir d’Algérie de commenter les faits : “Heureusement, ces assauts n’ont pas fait de victime, de fortes appréhensions demeurent quant à la résurrection de la bête terroriste ces dernières semaines. Particulièrement depuis l’adhésion du GSPC à Al-Qaïda, l’organisation du sinistre Ben Laden. Une affiliation qui a eu pour effet immédiat de doter les terroristes algériens des nouvelles ‘technologies de la terreur’, comme en témoignent les récents attentats perpétrés dans l’Algérois et dans la région de Kabylie”.  El Watan souligne dans son éditorial que “la sauvagerie qui a caractérisé l’attaque perpétrée, mercredi dernier, contre un cantonnement de l’ANP à Lakhdaria et le mode opératoire adopté par le GSPC — devenu aujourd’hui Al Qaïda Maghreb — dans ses actions terroristes (attentats kamikazes) montrent que les groupes islamistes armés, bien que battus militairement depuis déjà des années, sont encore prêts à tout pour donner l’illusion qu’ils peuvent un jour parvenir à renverser la vapeur”. Plus explicite, l’éditorialiste estime que “la décision du GSPC de frapper au moment justement où l’Algérie abrite les Jeux africains participe à corroborer cette hypothèse. Droukdel et ses sinistres acolytes semblent saisir l’opportunité de la présence de plus de 400 journalistes à Alger pour multiplier les attentats spectaculaires et démontrer ainsi que les autorités sont loin d’avoir les choses en main, contrairement à ce que soutient le gouvernement”.

Si l’appréciation sur les objectifs du GSPC font l’unanimité, un sujet semble faire débat et tourne autour de la véracité de l’adhésion de ce dernier à l’organisation d’Oussama Ben Laden. Le Quotidien d’Oran ne décline pas cette thèse et évoque plutôt les besoins d’une coopération régionale : “Le Maroc et l’Algérie devraient renforcer leur coopération dans la lutte contre le terrorisme pour faire face à la menace que représente Al-Qaida au Maghreb.” Dans un message de condoléances adressé par le roi du Maroc Mohamed VI au président de la République Abdelaziz Bouteflika, au lendemain de l’attentat-suicide de Lakhdaria (un message diffusé par l’APF, mais pas par l’APS), le souverain marocain a proposé à l’Algérie “une coopération bilatérale solide” pour lutter contre le terrorisme. “Le roi du Maroc a affirmé sa disposition permanente en faveur d’une coopération bilatérale solide, d’une mobilisation de toutes les énergies et la conjugaison de tous les efforts des deux pays, pour, dira-t-il, extirper le terrorisme de notre région”, note encore Le Quotidien d’Oran. Et de révéler que pour Mohamed VI, “le terrorisme représente le premier danger qui menace cette région”. En revanche, une analyse annoncée à la Une de Liberté estime, de son coté que “Droudkel a fait le pari du terrorisme international et de l'intégration dans le djihad mondial, affirment les experts. Ces mêmes experts s’interrogent à juste titre si cette allégeance n’est pas purement formelle et si les actions du groupe ne sont pas avant tout dictées par des considérations économiques, la puissance militaire du groupe, qui se résume aujourd’hui à quelques centaines d'individus, est désormais limitée”. Et l’analyste d’allumer un contre-feu sur un lieu commun, puisque selon lui, “la carte du terrorisme international constitue pour le GSPC une sorte d’issue de secours, d’autant mieux que le GSPC a pratiquement perdu ses soutiens, notamment en Kabylie et à Boumerdès. Et il suffit donc d'un noyau de quelques dizaines de personnes pour créer l’illusion d’une véritable force de frappe”. 

Le spécialiste du dossier sécuritaire au Jour d’Algérie, lui, apporte les éléments d’une jonction avérée. “L’organisation terroriste d’Abou Mossaâb Abdelouadoud,, qui souffrait de manque de financement, aurait bénéficié de sommes d’argent considérables ces derniers temps, puisqu’elle recourt de moins en moins au vol de voitures, se permettant d’acheter des voitures cash pour les utiliser dans des attentats ou dans des déplacements. Ce sont des enquêtes sur de récents attentats qui auraient découvert cette réalité”, écrit Mounir Abi. Pour sa part, le chroniqueur du même journal explique qu’en vérité, “le terrorisme s’est aguerri, il s’est professionnalisé”. “Ce qu’il cherche désormais, ce n’est plus entretenir la flamme, donner la mort tout en s’y abîmant une fois sur deux, c’est remporter des succès militaires à chacune de ses opérations.” Et de soutenir également que “la finalité est la même, si la méthode a changé. C’est moins de kamikaze que d’attentat-suicide qu’il convient aujourd’hui de parler. Le soldat qui se dévoue veut entraîner plusieurs ennemis dans sa mort. Al-Qaïda, contrairement au GIA, est économe de ses hommes”.

R. A.

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