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Terrorisme
Le GSPC : avec
ou sans Al-Qaida ?
Cou manqué du GSPC
à Yakouren ? “Al-Qaïda-Algérie, c’est-à-dire l’ex-GSPC, a tenté
un véritable coup d’Etat dans la nuit de mardi à mercredi.
Simultanément, dans trois wilayas de Kabylie, Tizi-Ouzou, Boumerdès
et Bouira, des attentats ont ciblé des points fixes des forces de
l’ordre (ANP, gendarmerie et garde communale).” C’est Le Soir
d’Algérie qui donne l’information en même temps que tous les
médias nationaux et étrangers, après que l’attaque de Lakhdaria ait
fait le tour du monde. Et Le Soir d’Algérie de commenter les
faits : “Heureusement, ces assauts n’ont pas fait de victime, de
fortes appréhensions demeurent quant à la résurrection de la bête
terroriste ces dernières semaines. Particulièrement depuis
l’adhésion du GSPC à Al-Qaïda, l’organisation du sinistre Ben Laden.
Une affiliation qui a eu pour effet immédiat de doter les
terroristes algériens des nouvelles ‘technologies de la terreur’,
comme en témoignent les récents attentats perpétrés dans l’Algérois
et dans la région de Kabylie”. El Watan souligne dans
son éditorial que “la sauvagerie qui a caractérisé l’attaque
perpétrée, mercredi dernier, contre un cantonnement de l’ANP à
Lakhdaria et le mode opératoire adopté par le GSPC — devenu
aujourd’hui Al Qaïda Maghreb — dans ses actions terroristes
(attentats kamikazes) montrent que les groupes islamistes armés,
bien que battus militairement depuis déjà des années, sont encore
prêts à tout pour donner l’illusion qu’ils peuvent un jour parvenir
à renverser la vapeur”. Plus explicite, l’éditorialiste estime
que “la décision du GSPC de frapper au moment justement où
l’Algérie abrite les Jeux africains participe à corroborer cette
hypothèse. Droukdel et ses sinistres acolytes semblent saisir
l’opportunité de la présence de plus de 400 journalistes à Alger
pour multiplier les attentats spectaculaires et démontrer ainsi que
les autorités sont loin d’avoir les choses en main,
contrairement à ce que soutient le gouvernement”.
Si l’appréciation
sur les objectifs du GSPC font l’unanimité, un sujet semble faire
débat et tourne autour de la véracité de l’adhésion de ce dernier à
l’organisation d’Oussama Ben Laden. Le Quotidien d’Oran ne
décline pas cette thèse et évoque plutôt les besoins d’une
coopération régionale : “Le Maroc et l’Algérie devraient
renforcer leur coopération dans la lutte contre le terrorisme pour
faire face à la menace que représente Al-Qaida au Maghreb.” Dans
un message de condoléances adressé par le roi du Maroc Mohamed VI au
président de la République Abdelaziz Bouteflika, au lendemain de l’attentat-suicide
de Lakhdaria (un message diffusé par l’APF, mais pas par l’APS), le
souverain marocain a proposé à l’Algérie “une coopération bilatérale
solide” pour lutter contre le terrorisme. “Le roi du Maroc a
affirmé sa disposition permanente en faveur d’une coopération
bilatérale solide, d’une mobilisation de toutes les énergies et la
conjugaison de tous les efforts des deux pays, pour, dira-t-il,
extirper le terrorisme de notre région”, note encore Le
Quotidien d’Oran. Et de révéler que pour Mohamed VI, “le
terrorisme représente le premier danger qui menace cette région”.
En revanche, une analyse annoncée à la Une de Liberté estime,
de son coté que “Droudkel a fait le pari du terrorisme
international et de l'intégration dans le djihad mondial, affirment
les experts. Ces mêmes experts s’interrogent à juste titre si cette
allégeance n’est pas purement formelle et si les actions du groupe
ne sont pas avant tout dictées par des considérations économiques,
la puissance militaire du groupe, qui se résume aujourd’hui à
quelques centaines d'individus, est désormais limitée”. Et
l’analyste d’allumer un contre-feu sur un lieu commun, puisque selon
lui, “la carte du terrorisme international constitue pour le GSPC
une sorte d’issue de secours, d’autant mieux que le GSPC a
pratiquement perdu ses soutiens, notamment en Kabylie et à Boumerdès.
Et il suffit donc d'un noyau de quelques dizaines de personnes pour
créer l’illusion d’une véritable force de frappe”.
Le spécialiste du
dossier sécuritaire au Jour d’Algérie, lui, apporte les
éléments d’une jonction avérée. “L’organisation terroriste d’Abou
Mossaâb Abdelouadoud,, qui souffrait de manque de financement,
aurait bénéficié de sommes d’argent considérables ces derniers
temps, puisqu’elle recourt de moins en moins au vol de voitures, se
permettant d’acheter des voitures cash pour les utiliser dans des
attentats ou dans des déplacements. Ce sont des enquêtes sur de
récents attentats qui auraient découvert cette réalité”, écrit
Mounir Abi. Pour sa part, le chroniqueur du même journal explique
qu’en vérité, “le terrorisme s’est aguerri, il s’est
professionnalisé”. “Ce qu’il cherche désormais, ce n’est plus
entretenir la flamme, donner la mort tout en s’y abîmant une fois
sur deux, c’est remporter des succès militaires à chacune de ses
opérations.” Et de soutenir également que “la finalité est la
même, si la méthode a changé. C’est moins de kamikaze que d’attentat-suicide
qu’il convient aujourd’hui de parler. Le soldat qui se dévoue veut
entraîner plusieurs ennemis dans sa mort. Al-Qaïda, contrairement au
GIA, est économe de ses hommes”.
R. A.
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