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Semaine du 15 au 21 juillet 2009

 

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Les objectifs de Hamid Temmar

 

 

 

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Les objectifs de Hamid Temmar

Pertinent est le dernier briefing du cabinet britannique Oxford Business Group sur l’industrie algérienne, et plus particulièrement sur la stratégie industrielle.

Ce dernier briefing, qui équivaut à une  sorte de note de conjoncture intitulée «Algérie : l’industrie vise la croissance», vient pour la première fois apporter un éclairage sur les objectifs de la stratégie industrielle, chère à Hamid Temmar, et qui demeure malheureusement incomprise par beaucoup de décideurs et pas seulement par une partie de l’opinion nationale.

D’emblée, cette stratégie est mise dans le contexte d’une réaction des autorités face à la forte désindustrialisation qu’a connue et subie le pays depuis la fin des années 1980 jusqu’au début des années 2000. Un processus inverse s’est donc engagé depuis l’avènement des éminences grises désignées par le président Bouteflika et qui ont rapidement conclu aux limites d’une stratégie qui mettrait la privatisation au centre des réformes dites de deuxième génération. Cette privatisation a démontré sa faible portée à relancer l’économie, d’abord parce que la moitié des entreprises publiques ne sont pas vendables en l’état ; mais aussi parce que la privatisation elle-même n’est pas forcément une action conforme aux objectifs des autorités, à savoir maintenir l’emploi et l’activité. Enfin, le flux des investissements directs étrangers ayant été en deçà des attentes d’Alger et des promesses des milieux d’affaires étrangers, il devenait évident que l’Etat se devait  de conserver une partie de l’outil de production, autant pour poursuivre ses plans de reconstruction du pays et de son développement que pour disposer d’une alternative face au privé national ou étranger et se mettre toujours en situation de force dans la négociation des grands contrats. C’est ce constat, rapidement fait, qui a mené à la réorientation des réformes dites de seconde génération qui, après celles ayant ciblé le cadre macro-économique, ont mis au centre de leurs préoccupations l’entreprise, en tant que centre de création de richesse et d’emploi, seul moyen par lequel l’Algérie peut aller vers une croissance moyenne de 7 à 8% par an pendant plusieurs années afin de rattraper ses multiples retards.

Ce point de vue est, on le constate aujourd’hui, partagé par l’expertise étrangère. Oxford Business Group nous dit justement que «compte tenu des ressources naturelles abondantes et du fort taux de chômage chez les jeunes, la croissance industrielle en Algérie fait figure à la fois de possibilité économique et de nécessité». Le contexte politique, selon OBG, s’y prête. «Bouteflika en avril dernier, le gouvernement semble prêt à renouveler les efforts afin d’accroître la participation du secteur privé au niveau national, alors que la communauté internationale se concentre de plus en plus sur le transfert des connaissances», est-il estimé.

L’étude rappelle l’importance des propos de Hamid Temmar, vu qu’ils constituent un indicateur important de l’orientation donnée par le gouvernement aux efforts de ré-industrialisation du pays. En effet, lors d’une conférence organisée le mois dernier au Palais de la Culture par l’Agence nationale de développement de l’investissement (ANDI) et EAST Invest, le ministre de l’Industrie, a déclaré aux délégués qu’en Algérie le secteur de l’industrie «se portait beaucoup mieux que ce qu’on pouvait entendre », sans toutefois « avoir encore atteint un niveau pour être compétitif». Selon M. Temmar, le rôle de l’Etat consiste «précisément à aider l’industrie à atteindre ce niveau» de compétitivité.

Lequel ? Il s’agit d’un niveau qui soit supérieur dans la contribution actuelle de l’industrie, qui est à environ 25% du PIB seulement.

Le gouvernement veut aussi une plus forte dose de privé, vu que l’industrie est détenue jusqu’à 75% par le secteur public. Et, ce qui n’arrange pas tout, il s’agit d’un secteur industriel totalement dépendant de l’étranger. En fait, 75% des biens de consommation sont importés, ce qui signifie que l’Algérie a tout simplement échoué en matière de transfert technologique.

Hamid Temmar garde l’optimisme. Selon lui, il y a toujours un marché pour les entreprises nationales pouvant produire ou remplacer les produits importés, mais à condition qu’elles subissent des améliorations afin d’être compétitives.

Bel exemple en la matière, celui de la SNVI. M. Temmar a reconnu, rappelle OBG, que des domaines comme la mécanique avancée, la fabrication d’équipement et la production d’acier étaient presque exclusivement du ressort d’entreprises publiques et qu’en conséquence, l’Etat cherchait à « revitaliser et à mettre à jour » ces industries - une référence aux investissements réalisés actuellement par le gouvernement dans le cadre d’un programme de travaux d’infrastructure d’un montant de 107 milliards d’euros.

Plus que jamais donc, l’orientation vers le remplacement des importations prise par le gouvernement pourrait bien se révéler une décision clé. A l’heure actuelle, les biens manufacturés ou semi-transformés représentent moins de 2 % des exportations algériennes. En revanche, et nul de l’ignore, les hydrocarbures représentent 97% des exportations et contribuent à 30% du PIB. «Compte tenu de l’expérience limitée des initiatives privées dans le secteur et du rôle de chef de file de l’Etat dans la provision des finances, le gouvernement vient en aide dans un premier temps, et ce, à juste titre, au secteur privé pour les questions de remplacement des importations», écrit encore Oxford Business Group.

Voilà ce qui est d’une puissance d’éclairage sans pareil au moment où tout le monde se pose la question de savoir si le gouvernement Ouyahia a une alternative par rapport à sa politique de réduction des importations qui explosent au niveau record de 40 milliards de dollars par an. Ce qui ne veut pas dire qu’on va cesser de compter sur le pétrole. Bien au contraire. Tout comme ce fut le cas lors de la première phase d’industrialisation du pays, c’est avec l’argent du pétrole que seront financés l’investissement, la mise à niveau et le développement dans les différentes filières de l’industrie. «Compte tenu des importants programmes d’investissement prévus dans le secteur des hydrocarbures et de la vaste réserve de clients dans le sud de l’Europe désireux de détourner leur approvisionnement en énergie d’une Russie de plus en plus chimérique, l’Algérie, et sa politique industrielle à deux volets, semble  prête à approvisionner ses partenaires de manière constante si une croissance ordinaire s’installe au cours des dix prochaines années», nous dit encore l’étude du cabinet britannique, à titre de condition inévitable.

Et de dire, ce qui sera de nature à soulager le patronat algérien que «certains obstacles demeurent, et en premier lieu, celui relatif à la transition vers une économie post-hydrocarbures, où le secteur privé aura à jouer un rôle beaucoup plus important».

Par Nabil Benali

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