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Semaine du 22 au 28 juillet 2009

 

Après les accusations fracassantes de Farouk El Kaddoumi

L’OLP au bord de l’implosion

Rapprochement Suisse-Hamas

Israël proteste

Gouvernance

«way of life»

La grippe porcine révèle les inégalités devant la maladie

Va-t-on laisser le H1N1 tuer les pauvres ?

 

 

 

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Après les accusations fracassantes de Farouk El Kaddoumi

L’OLP au bord de l’implosion

Contrairement à El Kaddoumi, l’actuel chef de l’Autorité palestinienne est considéré comme un modéré et un partisan d’une normalisation avec l’Etat hébreu. Le numéro 2 de l’OLP est quant à lui un opposant acharné aux Accords d’Oslo et prône la ligne dure dans les négociations bilatérales.

De son exil doré de Tunis, Farouk El Kaddoumi a donc jeté un nouveau pavé dans la mare. Proche parmi les proches de feu Yasser Arafat, le chef de la section politique de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a accusé nommément le président Abou Mazen et Mohamed Dahlan d’avoir une part de responsabilité dans la mort en novembre 2004 du leader palestinien. Une accusation loin d’être surprenante quand on connaît l’animosité qui caractérise les rapports entre Farouk El Kaddoumi et Mahmoud Abbas.

Les deux hommes ont de tout temps été considérés comme de possibles successeurs d’Abou Ammar, même si ce dernier n’a en réalité jamais caché sa préférence pour Abbas. Une préférence en partie dictée par les Etats-Unis.

El Kaddoumi, l’anti-Abbas

Contrairement à El Kaddoumi, l’actuel chef de l’Autorité palestinienne est considéré comme un modéré et comme un partisan d’une normalisation avec l’Etat hébreu. Le numéro 2 de l’OLP est quant à lui un opposant acharné aux Accords d’Oslo et prône la ligne dure dans les négociations bilatérales. L’accession au pouvoir d’Abou Mazen dès décembre 2004 a donc déplu à tous ceux qui voulaient rompre avec le caractère pacifique de l’attitude officielle palestinienne, et les a condamnés au silence forcé. Aujourd’hui, ce long silence est rompu pour laisser place à des révélations pour le moins fracassantes. Fracassantes, mais loin d’être convaincantes. Dans son réquisitoire, Farouk El Kaddoumi n’apporte aucune preuve tangible de ce qu’il avance, et sombre dans des généralités un peu confuses. Il précise simplement qu’un complot concocté par le président Abbas et Mohamed Dahlan se serait soldé par la mort d’Abou Ammar, et cela avec la complicité d’Israël et des Etats-Unis. Touché dans son amour-propre, Mahmoud Abbas aurait fait part à ses proches à Ramallah de sa colère envers l’exilé de Tunis et aurait lancé à son encontre une procédure d’exclusion des structures du parti. Une réaction faite sous le coup de la colère – et de la haine – et qui pourrait donner un sérieux coup à la crédibilité du président palestinien. Car quel que soit le caractère incongru des révélations de Farouk El Kaddoumi, ce dernier jouit d’une grande popularité auprès des Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Ghaza.

Enième reprise du dialogue interpalestinien

A propos de Ghaza, ce minuscule territoire palestinien dans lequel vivent entassé plus d’un million de Palestiniens, est encore sous le joug du Hamas qui tente tant bien que mal d’aplanir ses divergences avec le mouvement Fatah. Cette semaine a vu les frères ennemis palestiniens se réunir de nouveau au Caire. Les protagonistes de la crise interne se sont parlé sans rien se dire. Les deux camps campent encore sur leurs positions concernant la formation d’un futur gouvernement d’union nationale et la libération des prisonniers politiques des deux mouvements. Plus de deux ans après le coup d’Etat du Hamas à Ghaza, le dialogue avec le Fatah est plus que jamais dans l’impasse, et les efforts de la médiation égyptienne s’apparentent à des coups d’épée dans l’eau.

Première rencontre Erakat-Mottaki

Un des principaux négociateurs palestiniens, Saëb Erakat, s’est entretenu cette semaine en Egypte avec le ministre iranien des Affaires étrangères lors d’une rencontre sans précédent, a annoncé dimanche un responsable palestinien. «Saëb Erakat a rencontré (le ministre iranien) Manouchehr Mottaki à Charm El-Cheikh il y a trois jours», en marge du sommet des Non-alignés, a précisé ce haut responsable sous condition d’anonymat. Une rencontre à ce niveau est sans précédent depuis la création en 1994 de l’Autorité palestinienne, a-t-il ajouté. «Tous deux ont discuté de la situation interne des Palestiniens et de la nécessité d’une réussite dans les négociations entre le Hamas et le Fatah», a ajouté ce responsable en référence au dialogue de réconciliation entre les deux principaux mouvements palestiniens rivaux, mené depuis le 10 mars à travers une médiation égyptienne.

Par Mohamed Khaled Drareni

 

Rapprochement Suisse-Hamas

Israël proteste

Après les protestations d’Israël consécutives à la venue en Suisse d’un haut représentant du Hamas, le Département fédéral suisse des affaires étrangères a reçu Ilan Elgar, l’ambassadeur de l’Etat hébreu à Berne, pour lui expliquer la «politique du dialogue» menée par la Confédération. La Suisse se distancie ainsi du camp de la modération, a critiqué l’ambassade de l’Etat hébreu en Suisse. Ilan Elgar a rencontré le Secrétaire d’Etat adjoint, Pierre Helg, puis la ministre des affaires étrangères Micheline Calmy-Rey, selon une porte-parole du DFAE, qui lui ont expliqué que la politique de la Suisse consistait à dialoguer avec toutes les parties impliquées dans un conflit, donc également avec le mouvement radical islamiste Hamas. Micheline Calmy-Rey avait confirmé la veille une rencontre «au niveau des experts» avec le Hamas. Et l’un des représentants les plus radicaux du mouvement islamiste, Mahmoud al-Zahar, aurait déjà discuté fin juin à Genève avec des diplomates helvétiques, selon la presse suisse.

 

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Gouvernance «way of life»

Devant le monde entier, les GI en Irak déclaraient aux télévisions la raison de leur présence dans ce pays en récitant ce credo : «Nous sommes là pour défendre notre ‘‘way of life’’ menacé par nos ennemis.» C’est la méthode sanglante de la «démocratisation» qui s’exprime ostensiblement. La force absolue n’a pas besoin de prouver la réalité de la menace.

George W. Bush a déjà claironné : «Les luttes incessantes qui, au 20e siècle, ont opposé totalitarisme et liberté se sont terminées par la victoire décisive des forces de la liberté…» Il continue : «[…] Et par un SEUL MODELE ACCEPTABLE pour la réussite des nations, la liberté, la démocratie et la LIBRE ENTREPRISE.»(1) Nous évacuons la question du développement de la culture démocratique au sein des populations. Nous évacuons l’exposé, trop long, de l’action des médias et des institutions dans la détermination idéologique et politique des individus. Nous évacuons aussi le rôle des empires de l’audiovisuel et de la presse écrite dans la fabrication de l’univers politique, pour nous attacher au mot démocratie qui doit signifier, dans l’une de ses acceptions, le gouvernement par le peuple.

Soit, sur le plan pratique, un système de gouvernement dont la source est la souveraineté populaire, librement exprimée par des élections. Mais voilà, depuis plus d’une dizaine d’années, s’est mise au jour une tutelle de ce concept, brutale, autoproclamée, qui a fait irruption sur la scène internationale. La souveraineté territorialisée, pour reprendre Tony Negri, a définitivement vécu en cédant devant la déterritorialisation universelle.

Les lois du néolibéralisme ne tolèrent plus aucune entrave. Surtout que l’ennemi mortel, le «socialisme réel», s’est effondré dans son principal bastion, et que presque tous les nationalismes ont troqué leur souverainisme contre «l’ouverture» au marché et l’adhésion au temple OMC et autres espaces commerciaux vestibules. Les sociétés civiles nées à la faveur des illusions semées ont vainement, parfois naïvement, donné de la voix.

L’adhésion au «monde» formaté passe, selon les maîtres de la planète, par une condition : l’instauration de régimes démocratiques. Ce qui signifie aussi et d’abord un désengagement immédiat de l’Etat de la sphère économique.

Cette condition n’est, bien sûr, pas énoncée dans les discours officiels. Les dictatures les plus asphyxiantes des libertés qui y souscrivent sont décorées du label des bons élèves et les démocraties qui la rejettent sont inscrites au registre des «Etats voyous».

Dans cette seconde catégorie figure le Venezuela dont le régime ne déroge pourtant à aucun des principes connus en matière de démocratie.

La condition figure en tête, ailleurs, dans la liste des clauses du FMI, de la BIRD et des «accords d’association pour les zones de libre-échange». Là où l’opinion populaire n’ira pas fouiner. Si tant est que le niveau culturel des multitudes, noyées dans le quotidien de la survie, peut leur permettre de fouiner, de s’informer justement et de juger. Pourtant, elle reste déterminante.

En attendant, les produits chinois sont les malvenus en Occident et les capitaux arabes perdent leur pouvoir d’achat quand ils s’aventurent dans le patrimoine américain. La démocratie comme système de gouvernement serait donc secondaire, si les intérêts stratégiques des puissances occidentales et si la liberté du marché sont contrariés ? Sur cette question, Danièle, l’épouse de Mitterrand, nous apporte un élément de réponse : «Alors je lui demandais, à François : Pourquoi maintenant que tu en as le pouvoir ne fais-tu pas ce que tu avais offert ? Il me répondait qu’il n’avait pas le pouvoir d’affronter la Banque mondiale, le capitalisme, le néolibéralisme. Qu’il avait gagné un gouvernement, mais non pas le pouvoir.

J’appris ainsi que d’être le gouvernement, être Président, ne sert pas à grand-chose…» (2) Il est inutile de rappeler que Mitterrand s’exprimait en tant que Président, démocratiquement élu, d’une puissance économique mondiale, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies et patrie «incontestée», depuis 1789, des droits de l’Homme et du citoyen. Un dirigeant arabe, isolé, regrettant, en souvenir lointain, les massifs élans nationalistes et l’équilibre de la terreur assuré par l’URSS, aura beaucoup de peine à s’opposer à la férocité de la politique étatsunienne.  Cette dernière le sait et passe à l’humiliation, voire à l’insulte, en exigeant la soumission à Israël.

La situation au Moyen-Orient est assez mûre pour que l’on passe à une phase qualitativement supérieure. Le marché peut maintenant exiger la levée des blocages en démantelant les dernières réticences de pays, supposés à bout, et en ouvrant ainsi l’espace méditerranéen à l’économie israélienne.  La Banque mondiale, le capitalisme, le néolibéralisme se poseront alors comme le vrai pouvoir, appuyé par la puissance armée, comme en Afghanistan, en Irak et en Palestine, si nécessaire. Cela porte un nom : la ploutocratie qui chevauche la mondialisation du marché. Rappelons que “ploutos” signifie «richesse» et «kratos» signifie «le pouvoir». «Les intérêts des Etats-Unis sont définis comme l’accès sans entraves aux ressources naturelles, à la main-d’œuvre, et aux marchés des pays tiers» disait Philip Agee, ancien agent de la CIA. Des vérités qu’il faut aller dénicher au plus profond des alcôves des puissants et qui ne figurent dans aucun discours aux musulmans ou aux autres.

Maison-Blanche, 17 septembre 2002

Interview réalisée par le journaliste et écrivain Hernando Calvo Ospina pour Rebelion

Par Ahmed Halfaoui

 

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La grippe porcine révèle les inégalités devant la maladie

Va-t-on laisser le H1N1 tuer les pauvres ?

Un coup de gueule tout empreint de langage diplomatique mais tout à fait audible. Celui de la directrice de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) Margaret Chan ce 14 juillet devant les participants à une conférence de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI): «En matière de santé, les politiques publiques resteront imparfaites tant que l’accès aux actions qui sauvent des vies sera biaisé en faveur des plus aisés».

En fait, mme Chan déplorait une immense injustice devant la maladie. L’accès au vaccin contre la grippe A (grippe porcine)  qui ne sera disponible qu’à la fin de l’année sera d’abord réservé aux pays les plus riches au détriment des habitants des pays les plus pauvres.

Elle avait précisé préalablement que «les capacités de production de vaccin contre la grippe ne sont pas infinies, et malheureusement insuffisantes pour un monde de 6,8 milliards de personnes, dont près de la totalité sont susceptibles d’être contaminées par ce virus entièrement nouveau et hautement contagieux». Cette situation fait même craindre une baisse de production de vaccins anti-grippaux traditionnels, situation contre laquelle l’OMS a mis en garde les Etats.

Chan a tenu ces propos à Cancun, ville d’un pays qui a été le plus sévèrement touché par cette nouvelle grippe – le Mexique – et qui a vu se tenir en ses murs un âpre débat sur l’accès équitable aux progrès de la médecine dans le cadre d’un conférence de l’OMC en 2003 (lire encadré). 

Au moment même où la directrice de l’OMS tenait son discours, le monde comptabilisait  plus de 90 000 malades et près de 400 décès. Des chiffres que les experts estiment être en deçà de la réalité, car beaucoup de cas bénins ne sont pas enregistrés. Ces mêmes experts ont indiqué que les pays de l’hémisphère Sud sont actuellement les plus touchés, tout en considérant la possibilité d’un rebond de la pandémie dans les pays du Nord lors de l’hiver boréal, comme cela se passe pour toutes les grippes.

Pour l’OMS, le virus «se répand au niveau international à une vitesse sans précédent», et au bout de six semaines de la mise en place du niveau d’alerte 6,  «le virus A/H1N1 ne peut plus être arrêté», a indiqué  Gregory Hartl, porte-parole de l’OMS, si bien  que l’on a déjà arrêté de faire les comptes. Depuis le 6 juillet en fait, il n’y a plus de statistiques mises à jour.

«Tous les pays vont avoir besoin de vaccins» a ajouté Hartl, et donc l’urgence  est à la mobilisation sur les contaminations graves et à la vaccination dès que possible pour espérer réduire le risque d’infection. C’est à ce moment-là donc que la directrice de l’OMS constate que l’avantage va à la richesse et que «l’accès (aux médicaments) est refusé en raison de l’impossibilité de les payer».

Comment remédier ?

Quels palliatifs devant un tel désastre ? Mme Chan et le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, vont prendre leurs écuelles et demander l’aumône. Ils vont rencontrer les riches de la terre – le président de la Banque mondiale et d’autres bailleurs de fonds – pour plaider la cause des pauvres et trouver des financements pour l’achat de vaccins destinés aux pays les plus démunis. Et déjà Margaret Chan avait exhorté les pays riches à ne pas accaparer les vaccins lors d’une réunion à huis clos avec les ministres de la santé de pays comme les Etats-Unis ou le  Canada.

Un premier accord avait été trouvé avec deux groupes pharmaceutiques pour un don de 150 millions de doses aux pays en voie de développement, un nombre «à l’évidence insuffisant, a-t-on indiqué à l’OMS.

Le directeur général adjoint de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) Keiji Fukuda a indiqué pour sa part que la fourniture de vaccins aux pays pauvres est «un problème critique qui nécessite une volonté politique».

Pour le docteur Walter Orenstein, de la Fondation Bill Gates «on estime que 96% des décès dus à une pandémie de grippe sévère se produiront dans les pays en voie de développement. Actuellement, 90% des vaccins dont la production est prévue ont été achetés par anticipation par les pays riches».

Cette situation rappelle à s’y méprendre celle qui a prévalu lorsqu’on a découvert il y a 15 ans la trithérapie.  Les africains subsahariens, les populations les plus touchées par l’épidémie de sida, ont été les derniers à profiter de ces évolutions scientifiques. Le sida, lui, ne cesse de croître en Afrique. Ses répercussions sur les économies de certains pays africains  sont désastreuses. L’impact sur l’agriculture est effarant. Les jeunes adultes touchés par cette maladie abandonnent le travail, puis meurent, abandonnant leurs enfants sans que personne ne puisse cultiver les terres. La maladie engendre carrément misère et famine. En fait, c’est près de 80% des 4 millions de personnes sous traitement dans le monde qui vivent en Afrique et  80% des médicaments distribués sur le continent sont importés. 

Les traitements du sida, devenu une maladie chronique en Europe, demeurent inaccessibles pour une frange importante des séropositifs africains à cause de leur prix. L’absence de contrôle  laisse aussi passer des contrefaçons de qualité moindre, et pire, lorsque les traitements sont disponibles, il s’agit souvent de médicaments délaissés par les patients du Nord à cause d’effets indésirables lourds, alors que dans le même temps, la palette de médicaments disponibles reste limitée.

Aujourd’hui, l’ONUSIDA, le programme commun des Nations unies sur le VIH/Sida,  rêve alors d’une agence pharmaceutique africaine unique, mise aux normes, qui puisse fournir des traitements de deuxième intention contre le sida dont manque cruellement la population. Alors qu’on en est aux balbutiements de la trithérapie en Afrique, moins de 4% des patients bénéficient d’un traitement de deuxième intention sur ce continent, alors que beaucoup de patients en ont besoin pour que le traitement soit efficace.

Sursauts de consciences ?

En 2001, à la Conférence ministérielle de l’OMC de Doha, la déclaration sur l’Accord ADPIC (Aspects des Droits de Propriété Intellectuelle qui touchent au Commerce) avait été adoptée. Elle demandait de trouver une solution pour autoriser les pays sans industrie pharmaceutique à importer des génériques sous licence obligatoire depuis des pays tiers. Un compromis qui a perpétué l’inégalité entre les pays de l’OMC. Les pays en développement étant les moins pourvus en industrie pharmaceutique ne pourront donc utiliser les licences obligatoires pour importer des génériques que sous certaines conditions. On avait vu ainsi le Brésil menacer les laboratoires  d’accorder des licences obligatoires s’ils ne réduisaient pas les prix de leurs médicaments anti-sida. Des pays plus faibles comme le Guatemala, le Kenya ou les Philippines ne pouvaient le faire qu’avec l’aval de l’OMC parce sans capacités de production suffisantes. L’inégalité était entérinée dans les textes. En 2003, on s’interrogeait à Berne. Qui étaient les véritables bénéficiaires du compromis à l’OMC en matière d’accès aux médicaments ? On excluait les pays du Sud puisque dépourvus pour la plupart d’industrie pharmaceutique. Pour nombre d’observateurs,  les négociateurs des pays industrialisés (dont la Suisse) ont œuvré avec succès pour un compromis temporaire, compliqué et entouré de conditions lourdes tendant à une solution quasiement impraticable et d’aucune utilité pour les populations du Sud qui en auraient besoin. La réunion de Cancun en 2003 avait confirmé l’accord de Berne. Selon la doctrine du texte, les pays pauvres peuvent importer des médicaments génériques en cas d’urgence sanitaire. L’accord est inscrit définitivement dans l’Accord général sur la propriété intellectuelle adopté par l’OMC. Pour les ONG, il s’agit de faire durer le provisoire.

Les Etats africains ont déposé, en avril 2005, une demande de simplification de la procédure prévue dans ce texte destiné à permettre notamment aux pays dépourvus d’industrie pharmaceutique d’importer, grâce à des «licences obligatoires», des médicaments génériques d’Inde ou du Brésil pour faire face à une urgence sanitaire. Sur ce point, les urgences ne manquant  pas (sida, paludisme, etc.). L’UE a refusé la modification du système.

Le système consiste pour les pays demandeurs à changer les emballages des médicaments à chaque nouvelle commande. Ce qui nécessite une organisation et des moyens dont les pays concernés ne disposent pas. Preuve de l’inefficacité dudit système malgré la progression de l’épidémie de sida et le nombre croissant de malades, depuis 2003, aucun Etat n’a utilisé cette procédure pour s’approvisionner en médicaments. De toute évidence les conditions à remplir pour obtenir le droit d’importer des traitements à bas prix ont été définies en protégeant les intérêts des laboratoires. Ceux-ci font prévaloir le risque de voir les médicaments génériques envoyés dans les pays d’Afrique réexportés vers les marchés des pays industrialisés, là où les molécules sous brevet sont vendues au prix fort. Les firmes pharmaceutiques indiquent que ce sont les revenus des brevets qui leur permettent de dégager les bénéfices nécessaires pour financer les efforts de recherche et la mise au point de nouvelles molécules contre le sida ou d’autres maladies.

Qu’en sera-t-il lorsque l’épidémie de grippe A exterminera des populations entières en Afrique ?

Faudra-t-il en plus envoyer la troupe –  certes vaccinée – contre ces gens contaminés qui sont incapables de se soigner si jamais ils décidaient de voyager en masse vers l’Europe, comme ils le font aujourd’hui, fuyant les misères et les dictatures que l’on sait si bien soutenir en occident ?   

Par Amine Esseghir

 

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